Auteur/autrice : Rehve

  • Le fouteballe en émoi

    La semaine dernière c’était Waterloo avec une défaite des footeux français en Ukraine dans on ne sait plus quelle compétition mondiale de fouteballe. Ce matin c’est Austerlitz avec une victoire des mêmes footeux surpayés qui leur donne accès à on ne sait plus quelle compétition mondiale de fouteballe. La politicaille franchouillarde s’empresse de parader sur les plateaux de télévisions pour se féliciter de cette victoire et faire des allusions grossières à la situation politique interne sur le thème : « quand on veut, on peut ! »

    En revenant d’Ukraine il fallait les raser en place publique (ce qui vu les coupes de cheveux ridicules qu’ils arborent n’aurait pas été un mal), quatre jours après il fallait les transférer du Stade de France au Panthéon.

    14 millions de téléspectateurs auraient regardé le match hier soir, ce qui permet de déduire que 51 millions ne l’ont pas regardé. Il reste encore un peu d’espoir, le pays entier n’est pas encore contaminé par ce virus pernicieux aboutissant à une dégénérescence des fonctions vitales des patients qui en sont atteint.

  • Nick Cave & the Bad Seeds – 2013/11/19 – Paris le Zénith

    Nick Cave & the Bad Seeds – 2013/11/19 – Paris le Zénith

    Nick Cave & The Bad Seeds au Zénith ce soir pour un concert flamboyant après la sortie de son dernier disque: Push the sky away à la couverture polissonne et dépouillée.

    Nick Cave, artiste australien touche-à-tout, punk-rocker à ses débuts, écrivain, poète, scénariste, compositeur de bandes originales, fondateur des Bad Seeds depuis les années 80, il promène son look de dandy sur les scènes du monde à la tête d’un groupe de vieux grognards qui manifestent une efficace complicité musicale.

    Habillé ce soir de son habituel costume noir, la chevelure permanentée de la même couleur, il alterne du micro au piano, saute comme un cabri pour diriger l’orchestre et envoûte la salle de sa voix de crooner.

    A ses cotés le vieux compagnon Warren Ellis, la barbe au vent sur son costume strict, guitare, violon et pitreries. Il démarre le show avec les notes lancinantes à la guitare de We No Who U R sur lesquelles apparaît notre héros puis ils enchaînent Jubilee Street, deux morceaux emblématiques de l’atmosphère sombre du dernier disque. La montée en tension de Jubilee se termine en apothéose où tout s’emmêle dans un déchaînement bruitiste : guitares, claviers, batteries pour atteindre au sublime lorsque Warren s’empare de son violon, jouant arc-bouté, dos au public, une stridence explosive avant de lancer son archet dans les airs quand Nick marque la fin du jeu par un de ces sauts désarticulés dont il a le secret : On Jubilee Street there was a girl named Bee/ …The problem was she had a little black book/ And my name ws written on every page/ … I am alone now. I am beyond recrimination/ Curtains are shut/ The furniture has gone/ I am transforming/ I am vibrating/ I’m glowing/ I’m flying/ Look at me now/ I’m flying/ Look at me now.

    Le ton est donné et le show sera de la même facture. Des moments de gravité entrecoupés d’instants de folie menés par un artiste original et envoutant, menant une espèce de glam-rock relooké XXIème siècle !

    Il y a du blues dans cette musique, il y a des restes de punk dans sa folie (Barry Adamson, ex-Magazine, a fait partie des Seeds), il y a de la poésie dans les textes de Nick Cave et comme le narre la chanson qui clôt le set : And some people say that it is just Rock and Roll/ Oh but it gets right down to your soul/ You’ve gotta just keep on pushing/ Keep on pusching/ Push the sky away…

    Setlist : We No Who U R/ Jubilee Street/ Tupelo/ Red Right Hand/ Mermaids/ The Weeping Song/ From Her to Eternity/ West Country Girl/ God Is in the House/ People Ain’t No Good/ Into My Arms/ Higgs Boson Blues/ The Mercy Seat/ Stagger Lee (Fred Waring & His Pennsylvanians cover)/ Push the Sky Away

    Encore : We Real Cool/ Papa Won’t Leave You, Henry/ Deanna

  • NKM aux cheveux fous

    NKM-et-ses-cheveux-fous déclare dans Elle à propose du métropolitain parisien : « Un lieu de charme à la fois anonyme et familier » en poursuivant « Il m’arrive de faire des rencontres incroyables. Je ne suis pas en train d’idéaliser le métro, c’est parfois pénible, mais il y a des moments de grâce. »

    On se rappelle l’inoubliable épisode de Balladur lors de campagne présidentielle de 1995 lorsque Sa-Suffisance était descendue dans le métropolitain avec son pardessus étriqué et ne savait pas même où il fallait introduire le ticket pour le valider.

    Que ce personnages politiques ne prennent pas le métro on peut le comprendre mais comment ne se rendent-ils pas compte du ridicule de leur situation lorsqu’ils s’y aventurent pour faire populo et qu’ils assènent des commentaires aussi surréalistes que ceux récents de NKM-et-ses-cheveux-fous ?

  • Les Balkany inquiétés pour fraude fiscale

    Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale contre le couple Balkany, élus de la République. Les tourtereaux ont été aimablement dénoncés par un de leur ancien copain, le repris de justice Schuller qui les accuse dans un livre d’avoir financé leur important patrimoine immobilier via des détournements de fonds liés à l’affaire des HLM des Hautes-de-Seine dans laquelle Schuller a été condamné après avoir s’être exilé à l’étranger pour fuir la justice.

    Que la Justice passe !

  • Réglement de comptes

    Le chef des talibans pakistanais a été tué par les Etats-Unis via un de leurs fameux drones, indument qualifiés d’avion sans pilote, puisque ces aéronefs ont bien un pilote mais qui n’est pas dans l’avion. Il a été immédiatement remplacé par un autre chef taliban du nom de Fazullah qui s’est déjà rendu célèbre ces dernières années en faisant brûler les écoles de filles et en assassinant les personnels chargés des campagnes de vaccination des enfants, éducation et vaccination étant considérés comme contraire à la charia…

  • Diversité fiscale européenne

    Rigolo : alors que comme de bien entendu, désormais tous les lobbies de camionneurs et les régions suivent les contestations bretonnes et réclament l’abolition définitive de l’écotaxe « qui va créer des centaines de milliers de chômeurs » seule l’Alsace se plaint de la suspension de ladite taxe. Evidemment, la taxe étant en vigueur en Allemagne le trafic de camions se détourne par l’Alsace où la circulation n‘est pas écotaxée…

  • Bob Dylan – 2013/11/13 – Paris le Grand Rex

    Bob Dylan – 2013/11/13 – Paris le Grand Rex

    Bob Dylan est à Paris pour trois soirées. Un mythe de la culture américaine, mondiale et de la musique folk. 73 ans, musicien, poète, peintre, observateur de la vie sociale, engagé politique, amoureux flamboyant lorsqu’avec Joan Baez il défilait contre la guerre du Viêt-Nam, inspirateur majeur de la musique du XXème siècle, annoncé pour le prix Nobel de littérature, décoré par la majorité des pays de la planète… bref, une référence de la culture occidentale n’avait plus joué à Paris depuis 20 ans.

    Sa venue déclenche une ferveur certaine dans le monde intello-médiatique français, et même politique puisqu’il semble que le principe de la remise de sa légion d’honneur ait été discuté pour cause d’apologie de la drogue…, finalement tout est rentré dans l’ordre et la République a décoré le grand homme.

    L’entrée du Grand Rex est cernée par des clones de Dylan qui jouent Blowin’ in the Wind pour les spectateurs faisant la queue pour gagner leur place à plus de 100 euros.

    Bob Dylan est devant nous ce soir, coiffé de son éternel chapeau Stetson et habillé en Santiag et cravate cow-boy. L’homme est fragile, un peu chancelant devant son micro et chaudement soutenu par ses musiciens dont Charlie Sexton à la guitare. Dylan lui ne jouera pas de guitare, on dit ses doigts handicapés par le rhumatisme. Par contre il joue du piano debout et sort son harmonica de temps à autres.

    Sa voix, de tous temps nasillarde, est maintenant dévastée par les années, et sans doute les cigarettes. A peu près incompréhensible pour ceux qui ne connaissent pas par cœur les vers du poète, il termine certaines phrases par des décrochements dans le aigus comme un adolescent en pleine mue. C’est étrange mais on ne s’y arrête pas.

    Il paraît planer sur le nuage du vieil homme qu’il est devenu, proche de la sagesse. Sans trop d’attention pour son public énamouré, guère plus jeune que le héros. Il joue son concert et tient son rôle, celui d’un mythe qu’il n’a jamais voulu être, rejetant avec constance le rôle de porte-parole d’une génération que la critique a voulu accrocher à ses vestons.

    Il est probablement l’un des musiciens les plus repris de toute l’Histoire du rock et tant de débutants ont gratouillé leurs guitares sur Blowin’ In The Wind.

    Le concert est organisé en deux sets entrecoupés d’un entracte. Le rappel se termine bien sûr sur Blowin’ In The Wind : How many roads most a man walk down/ Before you call him a man?/ How many seas must a white dove sail/ Before she sleeps in the sand?/ Yes, how many times must the cannon balls fly/ Before they’re forever banned?/ The answer my friend is blowin’ in the wind/ The answer is blowin’ in the wind.

    Le public touché par cette légende dont il a partagé les visions, quitte doucement le théâtre en sifflotant dans le vent de ses illusions perdues.

    Setlist : Set 1

    Things Have Changed/ She Belongs to Me/ Beyond Here Lies Nothin’/ What Good Am I?/ Duquesne Whistle/ Waiting for You/ Pay in Blood/ Tangled Up in Blue/ Love Sick

    Set 2

    High Water (For Charley Patton)/ Simple Twist of Fate/ Early Roman Kings/ Forgetful Heart/ Spirit on the Water/ Scarlet Town/ Soon after Midnight/ Long and Wasted Years

    Encore : All Along the Watchtower/ Blowin’ in the Wind

  • Armes chimiques au rebut


    Les stocks de produits chimiques, destinés aux armes du même nom employées récemment dans la guerre civile locale contre les rebelles, mis sous scellé en Syrie par l’ONU, avec l’accord du pouvoir en place, attendent maintenant bien sagement qu’un pays puisse les importer et les détruire. Il ne semble guère possible techniquement ni politiquement de le faire sur place, même si cela serait souhaitable.

    Le clan Assad, après avoir trempé dans tous les complots terroristes anti-occidentaux depuis les années 70’s, avoir constitué un arsenal d’armes chimiques particulièrement bien fourni, l’avoir utilisé contre son opposition interne, finalement reconnu son existence et accepté d’y renoncer, continue à nuire avec efficacité en imposant à ceux qui ont voulu l’empêcher de disposer de ces armes chimiques de maintenant s’en débrouiller en les récupérant chez eux.

    L’Albanie un moment approchée pour ce faire à décliné l’offre. Elle avait été mise à contribution pour le démantèlement de son propre arsenal chimique après la déchéance de son dictateur stalinien dans les années 90. Elle n’a pas envie de renouveler l’expérience moyennement goûtée par les populations locales.

  • Des Touaregs à la dérive

    Il semble que les deux journalistes assassinés au Mali au début du mois l’aient été par des rebelles Touaregs enrôlés dans l’islamisme, mêlant revendications d’indépendance et de charia après avoir vendu leurs services au clan Kadhafi des années durant et s’être recyclés depuis dans le juteux business des otages. Ont-ils même les idées au clair sur ce qu’ils veulent ou ce qu’ils sont ? En tout cas ces groupes dépenaillés, disséminés dans l’immensité du Sahara, se déjouant des frontières invisibles et se défiant d’Etats locaux inexistants, ayant troqué les chameaux pour des Toyota, tiennent tête à l’Occident dans leurs dunes. Tout ça n’est pas bien brillant.

  • Les catacombes de Paris


    Visite des Catacombes de Paris : les ossements de 6 millions de parisiens entassés dans d’anciennes carrières qui mitent les sous-sols de la ville. C’est impressionnant et un peu morbide. C’est en tout cas un must sur tous les guides touristiques vu le nombre d’étrangers prêts à faire la queue des heures pour y accéder.

  • Centrafrique ou Francafrique ?

    La grande asperge Christine Okrent (70 ans) qui anime l’émission Affaires Etrangères le samedi sur France-Culture (sans égaler son prédécesseur Jean-Marie Colombani [65 ans]) consacre son émission d’aujourd’hui à la Centrafrique suite à la décision française d’y envoyer un contingent militaire, une nouvelle fois, pour essayer d’y rétablir l’ordre et de préserver les populations civiles des exactions de voyous dépenaillés qui mettent le pays à feu et à sang.

    Ses invités chercheurs y assènent quelques contre-vérités étonnantes, notamment que les pillages actuels du pays sont du « jamais vu » ! Le garçon devrait retourner à ses chères études et relire Gide dans Voyage au Congo de 1927 dans lequel il raconte comment toute sa caravane a été intégralement pillée lors de son étape à Bossangoa…

    Bossangoa c’est justement devant la cathédrale de ce bourg de brousse que des milliers de villageois des environs sont actuellement réfugiés en espérant que Dieu les protégera des leurs.

    En matière d’inepties, le pouvoir politique français n’est pas en reste en ânonnant sur les risques « pré-génocidaires », les nécessités du développement pour compléter l’opération sécuritaire et le rôle de l’armée française comme supplétive de la force interafricaine, sans parler de l’habituel couplet sur les droits de l’homme.

    Soyons réalistes et arrêtons de confondre massacres délinquants et génocide. Ce dernier terme a une définition bien précise donnée par l’ONU : il s’entend comme des crimes « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Il se caractérise par l’intention d’extermination totale ou partielle d’une population et la mise en œuvre systématique de cette volonté. Nous n’en sommes pas là semble-t-il en Centrafrique ou plus simplement des voyous surarmés sans foi ni loi pillent et massacrent en toute impunité du fait de la disparition de toute autorité. Cela fait des décennies que cela dure dans ce pays, avec plus ou moins d’intensité, au hasard des errements des pouvoirs en place et des dérives de la Francafrique.

    Car Dieu seul sait que la France a des choses à se reprocher dans la déliquescence de ce pays depuis sa décolonisation. Il a servi de camp d’entraînement pour l’armée française jusqu’en 1995, de terrain de chasse pour Giscard d’Estaing durant sa présidence, de bac à sable pour les centurions de la République envoyés à Bangui pour gouverner le pays, de théâtre pour Grand Guignol avec l’avènement de Bokassa 1er, de terre d’accueil pour des corses, des repris de justice, des agents secrets, bref tout un monde franchouillard interlope qui se retrouvait au bord de l’Oubangui pour festoyer dans cette poussière d’Empire au milieu des diamants, des jeunes filles, des casinos véreux et de l’illusion du pouvoir.

    Le développement économique, n’y pensons même pas pour le moment ; l’implication de la force interafricaine, une vraie blague ; les droits de l’homme, on en reparlera au siècle prochain. L’armée française va là-bas pour rétablir l’ordre, montrer son gros bâton et mettre fin au banditisme. Elle peut le faire (elle l’a d’ailleurs déjà fait), c’est bien le moins qu’elle doive à ce pays qu’il faudrait mettre sous tutelle avec finesse et subtilité en attendant des jours meilleurs.

  • Nos amis banquiers

    Les contours de l’immense scandale financier à venir de la manipulation des marchés de change par des banquiers félons se mettent en place. Plus fort que l’escroquerie des subprimes, plus profond que la manipulation des taux d’intérêt, ce scandale promet de battre tous les records de cupidité encore jamais vus à ce jour ! Et montrer une nouvelle fois, si la preuve devait encore en être faite, que le marché livré à lui-même ne conduit qu’au néant.

  • La paix introuvable au Congo ex-Zaïre

    La guerre dans l’est du Congo continue dans le même anonymat. Les puissances locales s’affrontent par l’intermédiaire de mouvements de rébellions créés et utilisés comme des marionnettes. La Rwanda et l’Ouganda veulent rester à l’avant-garde du pillage des ressources minières congolaises et soutiennent le mouvement rebelle M23. Cette fois-ci cette union hétéroclite perd un point contre l’Etat congolais soutenu par une force des Nations Unies. Mais l’hydre renaîtra de ses cendres dans cette région incontrôlable selon des critères onusiens. Il faudra faire un jour le bilan des millions de morts décomptés dans l’est congolais, depuis Kolwezi jusqu’au M23 en passant par le génocide rwandais. Tout le monde a participé à la curée : les forces coloniales, le Roi des belges, les sociétés minières, l’élite zaïroise affidée à Mobutu, les pays de la région, les ethnies locales. Tout le monde s’est ligué pour piller et asservir ce pauvre coin de la planète, loin de tout et riche de tant. L’affaire est loin d’être terminée et la paix semble un objectif inatteignable.

  • Morcheeba – 2013/11/07 – Paris l’Olympia

    Et revoilà les Morcheeba à Paris pour la deuxième fois en 2013, année de la sortie de leur dernier disque Head Up High ! C’est propre et naturel, léché et enthousiasmant, Sky tient la vedette et minaude sur nouvelle robe blanche à frou-frou. Elle rit à gorge renversée, se retourne pour faire briller son dos dénudé sous les sunlights et elle continue à nous envoûter de son exceptionnelle voix black-soul utilisée sur le registre trip-hop des Morcheeba.

    La setlist est renouvelée par rapport à juillet dernier, le groupe dispose d’un répertoire fourni et d’une inspiration originale qui ne rend pas nécessaire des tournées ampoulées aux setlists rigoureusement identiques. Ils nous offrent même une reprise tropicale de Let’s Dance de David Bowie.

    Concert agréable qui se roule dans la félicité des spectateurs.

    Lire aussi : Morcheeba au Trianon

    Setlist : Make Believer/ Never an Easy Way/ Part of the Process/ The Sea/ Gimme Your Love/ Shoulder Holster/ Otherwise/ Let’s Dance (David Bowie cover)/ Crimson/ Trigger Hippie/ Blindfold/ Release Me Now

    Encore : I’ll Fall Apart/ Rome Wasn’t Built in a Day/ Face of Danger

  • Lobbies contre efficatité économique

    Avec constance la presse à sensation assène ses jugements à l’emporte-pièce sur la politique, aussi vides de réflexion que remplis d’approximations, les hebdomadaires affichent des titres vengeurs et racoleurs, les tweets crétins de la classe politique déclassent leurs auteurs. Il s’agit d’appliquer sur l’électeur-consommateur les mêmes recettes commerciales qui permettent de vendre des barils de lessive à Mme. Michu : répéter en boucle des messages simplistes, en quelques signes seulement, dont l’essentiel n’est pas tant le contenu que la répétition obsessionnelle : « le gouvernement n’a pas de cap » ou « la droite a augmenté la dette publique de 600 milliards pendant son quinquennat », etc. etc.

    Les donneurs de leçons n’hésitent devant aucune contradiction, accusant pêle-mêle le pouvoir en place de céder à tous les groupes de pressions (bonnets rouges, pigeons, poussins, Leonarda, etc.) et de ne pas écouter les revendications du peuple (impôts, rythmes scolaires, etc.). C’en est risible d’absence de réflexion et de populisme.

    En fait la France est difficilement gouvernable du fait du jeu des corporatismes, des intérêts particuliers, des copinages et des lobbies ; bref, du fait de la perte totale de sens de l’intérêt général. Chaque fois qu’un gouvernement a essayé un grand soir des réformes il a du s’incliner devant la colère du peuple et renoncer à ses projets : l’école publique en 1984, la réforme des retraites en 1995, le contrat premier emploi (CPE) en 2006…
    La gestion budgétaire à l’anglo-saxonne fait rêver certains économistes. Aux Etats-Unis : coupes automatiques des dépenses publiques édictées par la Loi, fermeture de pans entiers de l’administration fédérale pour non-accord parlementaire sur le niveau de la dette ; au Royaume-Uni : licenciement de centaines de milliers de fonctionnaires depuis 2008. Le déficit public français lui se réduit lentement du fait d’un mix d’augmentation des recettes et de baisses des dépenses. La conséquence est que le retour à la croissance en France est plus lent qu’ailleurs, comme le choc de la crise a été plus amorti que chez nos voisins.

    Les méthodes énergiques n’ont pas cours en France et nous en sommes tous responsables. Le gouvernement actuel (comme les précédents) a pris acte de cette inertie et procède par petites touches. Il a a priori renoncé à une grande réforme fiscale, pourtant nécessaire, mais qui fera forcément des gagnants et… des perdants. La capacité de nuisance des futurs perdants fait reculer.

    Quand on voit que le lobby du cinéma a réussi en septembre dernier à faire renoncer le gouvernement à l’augmentation du taux de TVA sur les billets qui auraient fait augmenter le prix de 20 ou 30 centimes, on prend conscience de l’ampleur des blocages sociétaux de notre pauvre nation. Et on ne parle même pas du lobby des taxis parisiens et de bien d’autres. Ni même de la réforme des niches fiscales que tout le monde appelle de ses vœux du moment que l’on commence… par la niche du voisin !

    La vraie question est de savoir comment l’Etat doit affronter les lobbies. Faut-il faire dans la pédagogie ou la brutalité ?

  • L’écotaxe ou la défaite de la classe politique

    Le dossier de l’écotaxe est édifiant de la paralysie de la société française et de l’indigence intellectuelle de sa classe politique. Cette taxe écologique destinée à pénaliser la circulation routière des marchandises au profit des moyens de transport moins polluants avait été élaborée lors du soit-dit Grenelle de l’environnement mené sous le quinquennat Sarkozy sous l’aimable inspiration d’un ministre de l’écologie nommé Borloo-ex-avocat-d’affaires-de-Bernard-Tapie. Elle fut votée en 2009 par la droite et par la gauche et malgré l’opposition des écologistes qui ne la trouvaient pas assez contraignantes.

    Aujourd’hui, quatre années plus tard, et dans le contexte politique et fiscal que nous connaissons : la gauche suspend cette taxe, la droite attaque la taxe et la gauche, et les écologistes qui avaient voté contre en 2009 sont les seuls à la défendre. La palme de la faux-jettonerie revenant de loin, de très très loin, à Borloo-ex-avocat-d’affaires-de-Bernard-Tapie, père moral de la taxe qui maintenant lui trouve tous les défauts. C’est « courage, fuyons » !
    Cerise sur le gâteau : le recouvrement de cette taxe avait été privatisé via un contrat de Partenariat Public-Privé (PPP) signé par la ministre de l’écologie NKM ayant succédé à Borloo-ex-avocat-d’affaires-de-Bernard-Tapie et actuelle candidate à la mairie de Paris. Ce contrat est maintenant qualifié de sulfureux et tous ceux qui l’ont approché de près ou de loin sont menacés d’implication dans une affaire financière.

    Les bretons qui bénéficiaient quant à eux d’une niche fiscale dans ce dossier avec une réduction de la taxe, sont ceux par qui cette Bérézina politico-financière est arrivée, et en attendant des jours meilleurs ils continuent de casser et de brûler les portiques qui étaient destinés à mesurer les kilomètres parcourus par les camions à taxer. La société privée qui était chargée de ces mesures et du recouvrement (celle du contrat sulfureux) aurait déjà dépensé 800 millions d’euros qu’il faudra bien lui payer un jour ou l’autre si elle ne peut pas déduire ces charges de la taxe recouvrée pour le compte de l’Etat.

    Il n’y a pas un élu qui n’a pas retourné sa veste dans cette affaire, renié sa signature ou piétiné ses engagements. Il est difficile de faire plus faux-cul dans toute l’histoire de la Vème République.

  • Navrant

    Des gamins tendent des bananes et crient « Guenon, guenon… » au passage de la ministre Taubira d’origine guyanaise et noire de peau. C’est le comble de la beaufitude qui exsude d’une population abrutie par des générations de journaux télévisés de TF1 et de matchs de fouteballe où s’affrontent des abysses de connerie face à des montagnes de fric. C’est sans doute plus un drame de la bêtise qu’une recrudescence du racisme.

    Cela mériterait une bonne paire de claques, au lit sans dessert et privation d’aïe-phone pour 8 jours. Mais les châtiments corporels sont désormais politiquement très incorrects.

  • Roy Lichtenstein au Centre Pompidou


    Derniers jours de l’exposition Roy Lichtenstein au Centre Pompidou. Le pop-art qui éclate de couleurs sur tableaux et sculptures, toute une époque.

  • Grossman Vassili, ‘Pour une juste cause’.

    Sortie : 1952, Chez : Le Livre de Poche 32072. Correspondant de l’Etoile Rouge (le journal de l’armée soviétique) durant la deuxième guerre mondiale, Grossman s’y révèlera un écrivain de grande valeur. Dans ce roman (de 1 000 pages) il décrit la vie d’une famille modeste de Stalingrad alors que l’armée allemande s’approche de la ville et finalement, l’attaque. On y suit, surtout du coté russe, mais aussi un peu du coté ennemi, la destruction de Stalingrad et l’incroyable résistance de l’armée rouge face aux nazis. Certaines descriptions de combat sont hallucinantes comme l’attaque allemande contre la gare, à la fin de l’ouvrage, et font vivre l’horreur des combats urbains de Stalingrad qui ont marqué le tournant de cette guerre mondiale.
    Grossman a vécu ces moments terribles et sait les transcrire sur le papier avec talent.

  • Récupération d’otages libérés d’Afrique

    Quatre otages français, retenus dans le Sahara par des barbus sont libérés après trois années de captivité qui n’ont pas dues être faciles tous les jours. Comme de bien entendu, le ballet des politicards accompagne cette salutaire libération. Président et ministres se bousculent devant les micros et sur le tarmac où atterrit l’avion les ramenant à la mère-patrie.

    Hollande est de la partie : serrage de paluches et discours au programme. Toute cette agitation est-elle bien nécessaire ? A-t-elle le moindre impact sondagier et populaire ? On peut en douter, il ne se passerait rien de différent si les choses étaient faites avec un peu plus de discrétion. Il n’y aurait sans doute ni plus d’électeurs ni moins qui voteraient pour les uns ou pour les autres aux prochaines échéances électorales. Peut-être même la décence pourrait être portée au crédit de ceux qui en ferait preuve…