Auteur/autrice : Rehve

  • Polynésie et indépendance

    La Polynésie de nouveau inscrite sur les territoires à décoloniser. Cette indépendance est inévitable, et probablement souhaitable, de même que celle des autres poussières d’empire toujours rattachées à la République dans d’autres océans.

    Tahiti vient de réélire à la présidence de sa collectivité territoriale Gaston Flosse, l’un des repris de justice élu au passé judiciaire le plus lourd (corruption, emplois fictifs, condamnations à de la prison ferme, etc.), longtemps protégé du clan Chirac, 86 ans. Vieux et nuisible, sa principale compétence est de distribuer aux copains et aux coquins locaux des subventions financées par les contribuables métropolitains. Il a été réélu à peu démocratiquement, il faut donc faire avec, c’est ainsi.

    Le mieux est de laisser ce territoire prendre son indépendance et se gérer seul, avec l’aide désintéressée de son ancienne puissance coloniale si elle est souhaitée. Après tout la Polynésie a servi des années durant de bac à sable où la République a fait péter nos bombinettes nucléaires et largement pollué la région. Cela mérite bien des dommages et intérêts, mais au moins l’indépendance rétablira aux polynésiens la responsabilité de leurs décisions et de la politique de leurs futurs dirigeants, et non plus l’éternelle et désespérante déresponsabilisation liée au statut actuel.

  • Rachid Taha – 2013/05/16 – Paris le Trianon

    Rachid Taha nous met un joyeux boxon ce soir dans un Trianon qui n’est pas plein. Petit bonhomme nerveux qui a défrayé la chronique avec son premier groupe Carte de Séjour, il est définitivement engagé en faveur de meilleurs comportements de la France vis-à-vis de ses immigrés. Il a collaboré avec quelques grands du rock : Eno, Mick Jones, Steve Hillage… sans doute touchés par sa capacité à orientaliser tout ce qu’il touche et commis une inoubliable reprise de Rock in the Casbah des Clash !

    Mal fagoté dans un costume noir-cravate rouge-et-chapeau hauteforme, mais qu’importe, il anime sa joyeuse bande avec un entrain tout méditerranéen. Guitaristes, claviériste, batteur et un musicien qui joue d’une sorte de bouzouki électrifié sous un chapeau cuir et en tire des sons qui marquent le coté arabe de cette musique.

    Rachid court et se déchaîne, chante alternativement en anglais, en arabe, en français, mais quel que soit le langage choisi, l’enthousiasme des rythmes fait onduler l’assistance. Il mêle le Raï et le Punk, Oum Kalsoum et l’électronique, la France avec Pigalle où il joue ce soir, et accueille toute une bande de potes pour marquer son message de musicien engagé du monde.

    L’arrivée de Mick Jones, co-fondateur du mythique The Clash fait frémir d’émotion les quinquas présents qui se souviennent de leurs grandes heures de rockers rebelles. Il passera la moitié du concert sur scène, nouera nos tripes sur les riffs de Rock in the Casbah et cassera ses cordes sur Should I Stay or Should I go. Rachid fait venir tous ses potes sur la scène pour partager sa musique : Jeanne Added qui assure aussi la première partie, pour une reprise d’Elvis Presley, Rodolphe Burger grand gaillard guitariste présent sur la scène française depuis des années, l’ex-leader des Têtes Raides, et d’autres.

    Il rend hommage aux grands disparus : Alain Bashung, Joe Strummer, Daniel Darc… Il sait d’où il vient et ce qu’il leur doit. Exilé, écorché, il reprend Voilà, Voilà (pamphlet anti-FN) comme un hymne avec l’assistance, au cœur de Barbès. Il s’agite, il bout, il pulse, il se révolte et il se marre, la musique et le rythme collés à la peau, et laisse le Trianon épuisé par tant d’énergie communicative.

  • Morano + fouteballe : une défaite de la pensée !

    Une équipe de fouteballe parisienne gagne hier soir un championnat de France et vient fêter l’évènement avec son public ce soir sur la place du Trocadéro. Comme il se doit des bandes de décérébrés encapuchonnés viennent casser du CRS, brûler des voitures et dévaster des vitrines. Les joueurs ayant grosso-modo la même allure que les casseurs ne serait-ce leurs costumes-cravates, ne demandent pas leur reste et vu la tournure des évènements tournent rapidement casaque. C’est le lot du fouteballe, ainsi va la vie.

    Le plus navrant et dommageable dans cette histoire c’est que Nadine Morano, la poissonnière de l’UMP, a passé sa soirée sur son aïe-phone à balancer des tweets aussi décérébrés que les casseurs. Qu’on en juge :

    Les incontournables tweets d’une élue de la Républiquue…
    …suite…

    …et un petit dernier. On ne s’en lasse pas !

    Au secours ! Il faut empêcher la Morano de s’exprimer, les casseurs nous cassent les pieds (et nos vitrines) mais la Morano nous casse le moral. Que fait la police devant une telle agression ?

  • The Raveonettes – 2013/05/12 – Paris la Maroquinerie

    The Raveonettes @ la Maroquinerie, Paris, 12/05/2013

    The Raveonettes à la Maroquinerie : un duo nerveux et séduisant venu du Danemark. Deux guitaristes/chanteurs : lui Sune Rose Wagner, elle Sharin Foo, et un batteur. Leur ancienne batteuse Leah Shapiro a rejoint le Black Rebel Motorcycle Cub depuis quelques années et quitté Copenhague pour Los Angeles !

    Le fond de la scène est tendu d’un simple drap blanc, Sharin blouse jaune et dégoulinante de blondeur, Sune casquette sur frisures brunes ; tous les deux armés de guitares redoutables, sur-saturées d’effets électroniques, l’ambiance est électrique.

    La musique est ambigüe, d’apparence un peu pop-sucrée (effet cheveux blonds sans doute) mais résolument moderne et undergroud. Il y a du Blondie dans ce duo danois inspiré Velvet Underground ! La miss joue parfois de la bass mais reste le plus souvent à la guitare et le jeu des deux instruments superposant leurs distorsions sur la batterie abusant des cymbales avec éclairage stroboscopique, donne un rendu suraigu plutôt hystérique.

    Des chansons courtes, un format qui fuse, une ambiance urgente, un climat urbain. Une de leur chanson récente s’appelle War in Heaven, on ne saurait mieux les qualifier. Comment se fait-il que ce groupe de soit pas plus apprécié ?

  • Cahuzac au marché

    Cahuzac le ministre-fraudeur fait son petit tour de marché à Villeneuve-sur-Lot, son ancienne circonscription, comme si de rien n’était. Il serre quelques paluches, discute avec Madame Michu, se fait prendre en photo avec la crémière et baguenaude tranquillement. Il a sans doute en ligne de mire de se représenter à des élections dans son bled, après tout les élus repris de justice en France sont souvent réélus avec les honneurs à l’issue de leurs périodes d’inéligibilité : Juppé, Tibéri, Emmanuelli, Flosse,… Guérini, mis en examen à Marseille, pourra sans doute bientôt concourir pour le score du meilleur repris de justice élu ? Et on attend Tapie.

  • Le massacre démocratique

    Un gamin américain de 5 années et des poussières tue sa petite sœur avec la carabine que ses parents lui avaient offerte pour son anniversaire de 5 ans. Les mots manquent pour qualifier de tels errements éducatifs mais la constitution américaine maintient le droit pour tous les citoyens à s’armer, donc le massacre continuera, au moins est-il un massacre démocratique et librement consenti.

  • L’occupation des mots

    Alors qu’un projet de loi proposerait d’introduire l’enseignement en anglais dans les universités, comme cela existe déjà dans certaines grandes écoles, Michel Serres note qu’il y a déjà plus de mots anglais affichés aujourd’hui dans nos villes que de mots allemands pendant l’occupation. On comprendra que le philosophe déplore ce projet de loi…

  • Exposition Dynamo au Grand Palais

    Exposition Dynamo au Grand Palais : « un siècle de lumière et de mouvement dans l’art 1913-2014 ». Des néons, des mobiles, des couleurs, des miroirs, des effets d’optique ; Vasarely n’est jamais loin.

    Beaucoup de néons à la lumière violente ; je ne voudrais pas être rabat-joie mais le concept néons stroboscopiques, Bowie nous l’avait déjà inventé en 1975 pour sa légendaire tournée de Heroes. Je le sais, j’y étais !

  • Le fouteballe à l’assaut des consciences

    15 chaînes de télévision et 30 journalistes (source BFM) passent l’après-midi devant la fédération de fouteballe française pour attendre le verdict concernant deux crétins du PSG, un pousseur de baballe et un dirigeant, coupables de violences lors d’un match. C’est vraiment la crise en France !

  • Coûts de production et faux-jettonerie

    Une usine textile s’effondre au Bangladesh, le décompte atteint 1 000 morts. Dans un bel ensemble les bonnes âmes des pays riches à travers la planète s’émeuvent que les vêtements de marque qu’ils portent fièrement, où les aïe-phones qu’ils manipulent si hystériquement, puissent être fabriqués dans ces usines du tiers-monde aux conditions de sécurité si déplorables… Il suffit de regarder les étiquettes et lorsque l’on voit Bangladesh ou Chine ou Inde, on peut, sans trop de risques de se tromper, imaginer que les conditions de travail dans ces contrées ne sont pas les plus généreuses de notre pauvre monde !

    Comme de bien entendu, si l’on veut mettre ces usines aux normes occidentales, les coûts de production vont augmenter, et probablement aussi les prix de vente. Alors lorsque les consommateurs, mêmes aisés, doivent arbitrer entre leur porte-monnaie et le bien-être de l’ouvrier bangladais, leur choix est souvent le même. Il serait donc aussi bien qu’ils nous évitent leurs cris d’orfraie dont la faux-jetonnerie n’a d’égal que la gloutonnerie de leur consumérisme.

    C’est un peu comme le soutien à notre agriculture nationale : tout le monde est d’accord pour déplorer le faible niveau des prix à la production mais personne n’est prêt à payer son bifteck ou ses tomates plus chers pour acheter des fruits et légumes issus de l’agriculture française, ou tout simplement à manger des aliments de saison pour éviter de consommer des tomates marocaines ou des kiwis néozélandais en hiver.

  • Exposition Boudin au musée Jacquemart-André

    Exposition Boudin au musée Jacquemart-André

    Boudin au musée Jacquemart-André, le « roi des ciels » du XIXème siècle nous régale de ses paysages et marines où le ciel et la mer dévorent les tableaux. Le bleu est vraiment la couleur des rêves.

  • Guéant les doigt dans le pot de miel

    Claude Guéant, ex-ministre de droite et âme damnée de Sarko l’agité, a touché 500 000 EUR en provenance d’un compte à l’étranger et payé quelques dizaines de milliers d’euros en liquide. Ces joyeusetés ont été révélées par Le Canard Enchaîné et auraient été identifiées lors de perquisitions judiciaires effectuées chez l’impétrant dans le cadre de l’information judiciaire en cours sur d’éventuels financements libyens de la campagne électorale présidentielle 2007 de l’agité.

    Rien de bien neuf sous le soleil, il y a du liquide qui circule, des sommes rondelettes sur des comptes privés. Nous somme dans le cadre d’une information judiciaire, il suffit que l’intéressé réponde aux questions du juge qui avisera si ce sont des faits légaux ou illégaux. Si l’on est dans le premier cas c’est la fin de l’histoire, circulez il n’y a plus rien à voir ; si c’est le second, un tribunal se prononcera in fine sur la culpabilité ou non du Guéant, et en attendant présomption d’innocence.

    Hélas, hélas, hélas, plutôt que d’adopter une attitude sereine face à l’adversité, Guéant s’est précipité sur les plateaux médiateux et a passé son jeudi entier à tenter de s’expliquer dans les journaux, les radios et les télés. Il a raconté des bribes d’histoires maladroites, des tableaux vendus en Malaisie, des fonds secrets ministériels reçus à Paris ; c’est peut-être vrai, sans doute faux, certainement incomplet, sûrement inutile !

    Guéant a agi comme une midinette attirée par une émission de télé-réalité, une guêpe aimantée par un pot de miel, les doigts d’un gamin se dirigeant vers la prise électrique. Personne ne l’obligeait à bondir face aux caméras mais il n’a pas su résister, s’imaginant qu’il pourrait embobiner le gogo avec ses historiettes en milliers d’euros. Mais qu’il ait dit la vérité ou non, cela n’aucune importance car personne de l’a cru. Cette incontrôlable attirance pour la communication vide de sens tue les politicards à petit feu, ils le savent et se précipitent dans le vide en criant banzaï ! C’est édifiant.

  • Un monde d’esclaves ?

    Une vieille dame aux grands yeux bleus, plutôt bien mise, m’arrête dans la rue pour me demander : « n’avez-vous pas l’impression d’être un esclave qui vit dans un monde d’esclaves ? » Je n’ai pas trop le temps d’entamer un débat sur le sujet, je réponds non !

  • de Chateaubriand François-René, ‘Mémoires d’Outre-Tombe Tome 1’.

    Sortie : 1951, Chez : Livre de Poche 1327, 28 & 29. Les mémoires d’un romantique qui a traversé les XVIII et XIXème siècles, fut présenté à Louis XVI, vécut la révolution française, l’exil, la réconciliation avec Bonaparte, se fâche avec Napoléon, écrit des romans, voyage des Etats-Unis à Jérusalem, exerce des fonctions politiques, pour, enfin, commettre ces mémoires monumentales. Le style est merveilleux, celui d’un autre temps, les références historiques sont passionnantes. Chateaubriand nous parle de lui, mais à travers ses pérégrinations, revient sur cette période clé que fut la Révolution dans l’Histoire de la France.

  • 3 heures sur Closer

    Ma voisine de train passe 3 heures, sur 4 que dure le voyage, à lire un seul numéro de Closer. Cela nous plonge dans des abysses de perplexité… Sait-elle lire d’ailleurs ?

  • Mentir c’est péché

    Même les chefs religieux mentent maintenant. Le grand rabbin de France doit démissionner suite à une sombre affaire de plagiats et de faux diplômes. Un grand rabbin cela doit être l’équivalent d’un évêque ou d’un archevêque, mais ça a quand même besoin de se pousser du col. Quelle époque !

  • Désopilant : ils se trompent de boutons

    Fantastique : Henri Guaino a voté pour la loi sur le mariage homosexuel d’après le décompte de l’assemblée nationale ! Une mise au point a été publiée par l’assemblée notant :

    « M. Marcel Bonnot, M. Luc Chatel, M. Alain Chrétien, Mme Marianne Dubois, M. Henri Guaino qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote ont fait savoir qu’ils avaient voulu « voter contre ». » =

    Luc Chatel a aussi fait partie de lot de députés UMP s’étant trompé de vote. Au total ce sont six députés qui ont voté pour alors que deux seulement soutenaient la loi : Benoist Apparu et Franck Riester. A chaque scrutin il y a ce type d’erreur technique, mais dans le cas de Guaino c’est vraiment impayable compte tenu des positions du bonhomme ces dernières semaines. On note aussi sur le site de l’assemblée nationale que Nathalie Kosciusko-Morizet, Pierre Lellouche et Bruno Le Maire, cadors de l’UMP se sont abstenus. Coté centriste, Borloo a voté pour avec quelques inconnus de son parti.

    Le Guaino file un mauvais coton ces derniers temps, il devient de plus en plus colérique. On l’a vu perdre ses nerfs à plusieurs reprises sur les plateaux de télévision sur différents sujets : la mise en examen de Saint-Sarkozy, le mariage homosexuel, les simples questions insignifiantes de journalistes voyeurs, bref Guaino s’énerve à tout va, fait monter sa tension artérielle et risque l’accident vasculaire cérébral à tout instant dès qu’il franchit le seuil d’un salon médiatique.

    Ce garçon était un bon commissaire du plan, un chroniqueur intéressant lorsqu’il publiait dans la presse, un polémiste convaincant lorsqu’il bataillait contre le traité de Maastricht, il se révèle un piètre élu, pas assez pernicieux, trop entier, peu porté sur le marketing et la communication qui sont les deux mamelles de la réussite en politique aujourd’hui. Il devrait donc changer de métier et consacrer sa belle intelligence à écrire ses pensées et théories plutôt qu’à chercher vainement à convaincre des journalistes racoleurs. Il n’est pas fait pour les messages tweetés en 140 signes, il peut être plus utile au débat de fond plutôt que dans l’arène politicarde. Accessoirement cela lui éviterait de voter par erreur contre ses idées.

  • La Russie et l’homosexualité

    Le président russe menace de revoir les accords bilatéraux concernant l’adoption d’enfant que la Russie a signé avec certains pays ayant légalisé le mariage homosexuel. Ce pays, ou en tout cas son président, ne souhaite pas voir ses enfants adoptés par des homosexuels. Il suffit de modifier les accords en question.