Auteur/autrice : Rehve

  • L’Italie à la recherche de la rigueur

    Beppe Grillo, le Coluche italien qui a remporté un franc succès aux dernières élections législatives italiennes, déclare souhaiter « une invasion allemande » en Italie pour avoir des hommes politiques honnêtes et compétents. Il n’est pas sûr qu’il obtienne satisfaction mais il n’est finalement pas si comique que ça cet homme !

  • C’est fait

    On vous l’avait bien dit…

    La loi sur le mariage homosexuel a été votée. Il reste encore une petite étape au conseil constitutionnel qui ne devrait pas poser trop de problèmes, puis elle sera promulguée, puis les premiers mariages de personnes de même sexe seront réalisés civilement avec sans doute force flonflons pour les premiers avant que tout ceci ne rentre dans les habitudes.

    Une minorité agissante, celle des homosexuels, aura donc réussi à imposer à la majorité une réforme du mariage. Au motif « d’égalité » on a décrété l’équivalence de tout avec tout. Ainsi va la République ! Personne n’en mourra, et cela ne changera pas la face du monde. Le combat suivant de cette minorité est maintenant de faire reconnaître la procréation médicale assistée (PMA) pour les couples homosexuels et, à terme, pour respecter l’égalité entre les couples d’hommes et les couples de femmes, la gestion pour autrui (GPA) si elle était un jour légalisée en France. C’est écrit, on voit mal quels arguments juridiques pourraient désormais être avancés pour refuser ces PMA-GPA maintenant que le mariage a été octroyé !

    Les derniers jours de navette du texte entre les assemblées ont donné lieu à de pathétiques éclats de nos élus nationaux qui en sont venus aux mains à l’assemblée nationale. En pointe, le chefaillon du groupe UMP auprès de cette institution, avec une tête de maquignon de province mal dégrossi à qui on ne confierait pas ses économies. Flingueur de service de la droite, il en endosse tous les combats et attaque la majorité avec une mauvaise foi et une énergie comme si sa vie en dépendait. Il s’appelle Christian Jacob et on peut dire qu’il y met du sien. Ce garçon mériterait d’être récompensé si la droite revenait au pouvoir. La République n’y gagnerait pas mais ce ne serait que justice pour ce croisé de l’opposition.

  • Sortons nos mouchoirs

    Thierry Mandon, porte-parole du groupe PS à l’assemblée nationale explique que les députés ont aussi « leur forme de souffrance au travail »… On se demande dans quel monde vivent nos parlementaires.

  • Attentat à Boston

    Un attentat lors du marathon de Boston lundi dernier fait trois morts et une centaine de blessés. En quelques jours la vidéo-surveillance permet d’identifier les suspects et de les arrêter. Evidemment ces systèmes de vidéo-surveillance qui épient et archivent de plus en plus chacun de nos faits et gestes font un peu frémir pour leur coté « big brother is watching you » mais il convient toutefois d’admettre que cela fonctionne plutôt bien en matière criminelle.

  • Mauvaise gestion du comité d’entreprise d’Air France

    Le comité d’entreprise d’Air France, après des années de mauvaise gestion et de plans de redressement inaboutis va être déclaré en cessation des paiements. Comme désormais des syndicats vont siéger dans les conseils d’administration des grandes entreprises, aux termes de la future loi sur la compétitivité, voilà qui promet de la compétitivité chez Air France dans les mois à venir…

  • Les démagogues du déficit

    Deux économistes d’Harvard (MM. Reinhart et Rogoff) expliquaient dans une étude de 2010 que lorsque la dette d’un pays dépasse 90% de son produit intérieur brut, sa croissance chute brutalement. Des étudiants découvrent qu’une erreur technique s’est glissée dans les tableaux de calcul Excel de l’étude et qu’en réalité au-delà de 90% de dette la croissance de chute pas brutalement mais linéairement. Evidemment tous les parangons de la dépense, les thuriféraires de la redistribution et les démagogues du déficit se précipitent pour prôner le retour à la relance budgétaire en open bar par dépenses publiques de sous que la République n’a plus mais est obligée de quémander auprès des investisseurs internationaux puisque son dernier budget équilibré date de plus de trente ans.

  • Christine versus Caroline

    Le mariage gay et la loi qui va l’autoriser continuent à déclencher toute la beaufitude auquel l’hexagone est habitué, et en ce domaine, comme dans celui des déficits publics, la France est capable de tous les records.

    La cause et la contre-cause ont désormais chacune leur pythie : la Boutin pour les anti-mariage homosexuel et Caroline Fourest pour les pro.

    La première est grotesque comme à son habitude, comparant la République aux nazis après qu’elle eut été incommodée par les gaz lacrymogènes de la police au cours d’une manifestation. La seconde est tête-à-claques répétant jusqu’à la nausée que le mariage homosexuel n’enlève de droits à personnes et ne fait qu’en donner à une nouvelle catégorie de citoyens.

    Heureusement le sujet offre quelques moments de détente, voire de franche rigolade : la Boutin allongée sur le pavé incommodée par les gaz lacrymogène ; la Fourest se faisant répondre que si elle veut des enfants il existe des moyens naturels et pas toujours désagréables d’en faire.

    L’impayable Boutin, twitos de premier ordre (https://twitter.com/christineboutin), a d’ailleurs commis quelques inoubliables tweets dont voici un petit florilège :

  • Le patriotisme d’Arnault

    Dans un grand élan de réalisme Bernard Arnault explique au Monde qu’il va finalement renoncer à demander la nationalité belge, conscient de l’image négative donnée au groupe LVMH. Accessoirement son dossier semblait plutôt mal embringué compte tenu de son aspect plutôt fiscal que patriotique. Au passage il  distribue quelques compliments au gouvernement socialiste français, il vaut mieux protéger ses arrières puisqu’a priori il va rester citoyen français, on est jamais trop prudent et il ne faut pas insulter l’avenir.

  • La presse fait le boulot de lutte contre la fraude fiscale

    Le nouveau ministre du budget demande à la presse impliquée dans l’étude OffshoreLeaks de livrer ses fichiers. Le Monde s’y refuse. On se demande pourquoi un gouvernement, voire plusieurs, n’aurait pas pu mener ce travail d’investigation lui-même ?

  • Le ministre-fraudeur à la télé

    Le Cahuzac, ministre-fraudeur, ne peut s’empêcher de venir faire le zouave auto-contrit sur un plateau de télévision pour une confession psycho-communicante sans grand intérêt. Il serait plus décent que ce garçon reste discret plutôt que de se remettre à parader huit jours après ses aveux de fraude.

  • Des intérêts corporatistes font renoncer à la simplification en Alsace

    Dans un salutaire élan de dé-bureaucratisation l’Alsace a organisé le 7 avril un référendum pour proposer à ses citoyens de simplifier son organisation administrative en fusionnant les conseils généraux et régionaux des deux départements. Las, les électeurs qui se sont fort peu déplacés aux urnes pour l’occasion, ont repoussé le projet qui leur était proposé de montrer l’exemple de la simplification et de l’économie.

    Il aurait fallu pour ce faire renoncer aux querelles picrocholines entre les intérêts du Bas Rhin et du Haut Rhin, c’était trop demander !

  • Bonjour la Croatie

    Avec la même aveugle constance, l’Union européenne s’apprête à faire adhérer un nouvel Etat qui n’y est pas prêt. Ce sera la Croatie au 1er juillet prochain. Et suivront certainement plus tard la Serbie, la Macédoine et autre Kosovo, paralysant ainsi encore plus une organisation multilatérale étouffant sous sa bureaucratie et sa complexité.

  • Pete Townshend en livre


    Pete, guitariste des Who, publie ses mémoires
  • La fraude fiscale mondialisée

    Un collectif de journaux, dont Le Monde, le Washington Post, le Guardian, a travaillé pendant des mois sur des fichiers concernant les paradis fiscaux et dévoile l’opération « OffshoreLeaks ». Ce consortium commence à dévoiler comment ces organisations (banques, sociétés, particuliers) évoluent dans un monde de non-droit, et réussissent à mettre à l’abri des administrations fiscales des centaines de milliards d’euros/dollars.

    Evidemment, les intéressés sont peu enthousiastes de voir des noms et des combines à la une de journaux intelligents. Peut-être la presse par son pouvoir de jeter en pâture à l’opinion publique pourra pousser les dirigeants politiques à s’unir pour limiter les dégâts causés, aux finances publiques comme à la morale, par ces gigantesques fraudes fiscales.

  • Les forbans de Dexia

    Inextricable : les collectivités locales incompétentes qui se sont fait fourguer des emprunts « toxiques » par les flibustiers de Dexia se tournent vers les tribunaux pour faire baisser les taux d’intérêt usuraires qu’elles ont pourtant acceptés. Ainsi faisant, Dexia étant en liquidation et ses dettes reprises par la République, le tribunal fait ainsi passer la charge de ces intérêts du contribuable local au contribuable national. Dans le cas d’espèce la banque félonne a payé puisqu’elle est morte, mais pour autant que l’on sache, ses dirigeants n’ont pas eu de comptes à rendre.

  • Free Angela

    Magnifique documentaire sur Angela Davis, icône américaine des années 70 qui lutta avec les Black Panthers et le parti communiste de son pays pour la défense des droits civiques de la population noire américaine.

    Accessoirement elle rendit célèbre la coupe afro en boule. Assistante à UCLA en philosophie européenne elle est d’abord exclue pour être communiste et révolutionnaire, Ronald Reagan est alors gouverneur de Californie et vote bien sûr pour cette décision. Cela ne la décourage pas dans son engagement en faveur des prisonniers politiques afro-américains et de la Révolution, elle est ensuite impliquée dans une sanglante évasion de prison, passe dans la clandestinité avant d’être arrêtée puis acquittée (par un jury de blancs) avec un soutien populaire dans le monde entier.

    Le documentaire mêle les programmes d’époque entrecoupés d’une longue interview d’Angela aujourd’hui et, hélas, des incontournables moments de fiction joués par des acteurs et que les réalisateurs de documentaires se croient désormais obligés d’incorporer dans ce genre qui n’en a vraiment pas besoin tant les informations d’époque sont percutantes.

    Chaque matin Angela entrait dans le tribunal le point levé à la Black Panthers, comme les sprinters américains aux jeux olympiques de Mexico en 1968, ou comme, vingt ans plus tard, Nelson Mandela au sortir de 30 années d’emprisonnement à Robben Island !

    Avec Free Angela c’est toute une tranche de vie qui repasse sous nos yeux, celle de l’Amérique violente et primaire qui n’avait pas encore vraiment admis sa diversité, celle des combats politiques majeurs pour les droits civiques, contre la guerre du Vietnam, mais aussi celle de l’Amérique et ses alliés occidentaux empêtrés dans une guerre froide contre le monde soviétique qu’ils vont finalement gagner avec des moyens pas toujours complètement légaux ni moraux. Dans cette lutte à mort entre les empires, ce n’est pas le plus mauvais qui a vaincu, mais combien les combats d’Angela et des siens paraissent à la fois dérisoires face aux enjeux mondiaux de l’époque. Mais eux aussi ont vaincu d’une certaine façon, même si la Révolution n’a jamais été instaurée aux Etats-Unis.

    Woodstock et les solos désespérés de Jimi Hendrix ne sont jamais loin !

  • André Fontaine (1921-2013)

    André Fontaine

    André Fontaine est décédé. Il fut l’un des directeurs emblématiques du Monde. Au moins n’aura-t-il pas à vivre la fin programmée de ces grands journaux progressivement remplacés par Twetter et autres feuilles gratuites diffusant de l’information vulgarisée et prédigérée en 140 signes.

  • Franche rigolade en Corée du Nord

    Kim Jong Un

    Le cinglé de Pyongyang continue à menacer la Corée du Sud et les Etats-Unis du feu nucléaire. Ce garçon d’une trentaine d’années a de qui tenir, ses père et grand-père ayant dirigé avant lui cette Corée stalinienne avec le même sens appuyé de gigantesque clownerie. On ne sait pas trop pourquoi Kim junior s’agite ainsi alors qu’il est bien installé aux commandes de son pays, sans menace réelle de son pouvoir ? La vraie question est de savoir s’il est capable de balancer la bombe qui aurait sans doute comme conséquence immédiate la destruction (nucléaire ou classique) de son pays par l’Occident.

  • Des marathoniens en troupeaux

    50 000 coureurs au départ du marathon de Paris, 10 000 de plus que l’an passé : quel peut-être l’intérêt de courir à 50 000 sur le même pavé parisien ? Probablement l’instinct grégaire qui pousse les zébus à migrer en troupeau dans le parc du Serengeti lorsque vient la saison sèche.

  • Jean-Louis Murat – 2013/04/05 – Paris le Trianon

    Une merveilleuse surprise que ce concert de Jean-Louis Murat au Trianon ce soir. Accompagné d’un batteur, il joue presqu’en solitaire sur une scène obscure. Costumé-cravaté, sombre et lumineux, il y a du Bryan Ferry dans cet artiste élégant et ténébreux.

    Trois écrans sont tendus sur le fond de la scène où sont projetés des films et animations en clair-obscur, souvent sur les artistes eux-mêmes, les fondant ainsi dans le décor. C’est peu dire qu’ils ne se mettent pas en avant, laissant parler la musique et les mots.

    Murat joue de la guitare dobro majestueusement et avec brio. Il n’y a pas de bass, la rythmique obsédante est marquée par les riffs et la batterie sur lesquels se pose une voix caverneuse récitant des textes poétiques. Ne délaissant pas quelques effets sur sa guitare, il dégage un son saturé et enveloppant, marque de fabrique pour sa musique mélancolique.

    Over and over/ Comme après un mariage/ N’aurais tu plus le courage/ Qui sauvait de ce naufrage/ Quand la dernière chose au monde/ N’a plus rien de Dieu…

    Jean-Louis Murat c’est quarante années de chanson, avec des hauts et des bas, peu de succès commerciaux mais beaucoup de poésie sur accords mineurs. Des tournées sans relâche, quelques éclats sur les plateaux de télévision, le retour régulier dans son Auvergne régénératrice, et la musique vrillée au cœur !

    Il joue ce soir son dernier disque Tobbogan, électrifié pour la scène et qui défile comme les images étranges sur les écrans. Retour vers plus d’intimisme parfois comme sur Le Chat Noir introduit sur une mélodie sifflotée et distordue par l’électronique, un croissant de lune mouvant sur l’écran noir : Le chat noir pris dans le vent/ Passe son âme passe son âme/ Le chat noir pris dans le vent/ Passe sa vie en cabriolant…

    Murat, romantique impénitent, guitariste talentueux, arrangeur original, nous a enchanté ce soir en nous faisant partager son univers musical et poétique si personnel, et finalement assez peu reconnu dans notre monde où la parure prime sur les compositions : le Trianon n’était pas plein ce soir !