Auteur/autrice : Rehve

  • Nouvelle faillite argentine

    2001, l’Argentine est en faillite, la communauté des créanciers se réunit pour pleurer sur son sort et ses créances. Un accord est trouvé, les prêteurs renoncent à une partie des dettes, se font progressivement rembourser du reste et les affaires reprennent. Tout irait bien sauf que dans la communauté des créanciers des fonds vautours, essentiellement américains, refusent l’accord car ils ne veulent pas abandonner une partie de leurs créances. Du coup les autorités financières argentines ont remboursé les bons créanciers, ceux qui avaient accepté de renoncer à une partie de leurs droits, et rien remboursé aux autres.

    Les vautours sont donc restés dans leurs arbres avec leurs bouts de barbaques dans le bec et sans vouloir partager. Ils ont engagé procédures judiciaires sur procédures judiciaires pour faire valoir leurs droits, et ils ont commencé à faire saisir de par le monde les biens publics argentins : bateaux appartenant à des compagnies publiques, avion présidentiel, parc immobilier (les ambassades à l’étranger, comptes bancaires, etc.

    Un tribunal américain vient de confirmer les droits des fonds vautours et a condamné l’Etat argentin à rembourser car n’a pas respecté le principe du parri-passu cher au monde de la finance qui veut que les créanciers soient traités sur un pied d’égalité.

    Rien n’obligeait les vautours à signer l’accord d’annulation/ rééchelonnement de la dette argentine. Ils ne l’ont pas fait et l’Argentine devait respecter leur volonté et les rembourser proportionnellement aux autres au regard du droit international.

    Ce jugement va faire du bruit. Il est peu probable que le droit soit changé sur ce point de protection des créanciers, sous peine que ce petit monde ne prête plus s’il n’était pas protégé. Dans le cas d’espèce, le droit n’empêche les accords de restructuration de dette mais il n’impose pas à tous les créanciers d’y adhérer et lorsque l’adhésion est partielle, le débiteur doit néanmoins rembourser des prêteurs sur la base du parri-passu. On pourrait imaginer un système comparable à celui des offres publiques d’achat (OPA) pour les actions, à partir du moment où x% des porteurs de titres les ont apportés à l’acheteur,  les autres sont rachetés automatiquement. Pour le moment il n’en est pas vraiment question.

  • Les Caïmans contre les Piranhas dans le marigot capitaliste

    Dans le bocal franchouillard de la famille Lacoste nageaient en eau trouble les petits piranhas, descendants de l’ancêtre René Lacoste, tennisman et affairiste, ayant créé la célèbre marque de polos au logo en forme de crocodile. Les piranhas faisaient des ronds dans le marigot y allant de temps en temps d’un petit coup de dent sur un frère ou un cousin histoire de rougir l’eau d’un filet de sang, mais tous unanimes ils arrivaient à se goberger de leur nourriture favorite : l’attrait des petits poissons pour leur marque, prêts à dépenser leurs sous pour parader en polos crocodilés dans les beaux quartiers, générant ainsi de généreux dividendes pour la famille.

    Et puis un gros requin est arrivé par l’odeur du sang alléché, a agité un peu le marigot avec quelques mouvements de nageoire, remué la boue, poussé les petits piranhas à s’entredévorer joyeusement, puis ouvrant sa grande gueule aux dents affûtés, le squale a croqué toute la bande de petits piranhas sanguinolents.

    Et ainsi, l’une des dernières familles françaises capitalistes industrielles, qui plus est dans le textile, oubliant l’honneur, délaissant la tradition, reniant ses promesses, s’est donnée à l’ennemi contre de l’argent. Ainsi vont les affaires, même les plus florissantes.

  • C’est la faute à l’Etat !

    Carmignac gestion continue à édifier Mme. Michu en publiant de pleines pages dans la presse française pour expliquer comment il faut gouverner la France et diriger son économie, et surtout comment le fonds d’investissement Carmignac Gestion va sauver le monde grâce à ses conceptions d’altruisme toutes entières dévouées à la protection des épargnants. Que serions-nous devenus si Carmignac n’avait pas existé ?

    Cette fois-ci Monsieur Carmignac a laissé la plume à l’un de ses portes-flingues, un certain Frédéric Leroux, qui déblatère grosso-modo la même logorrhée anti-impôt, on en est ému aux larmes, qu’on en juge :

    Parution de la lettre ouverte de Frédéric Leroux dans Le Monde du 24 octobre 2012

    Madame, Monsieur,
    Mes amis et nos clients français et étrangers me demandent souvent ces temps-ci pourquoi je reste en France. La société de gestion de portefeuille pour laquelle j’ai l’honneur de travailler, détenue intégralement par ses dirigeants-fondateurs et ses employés est en effet parvenue à grandir et prospérer sans le moindre euro de fonds publics dans une crise qui mit pourtant à genoux l’ensemble du système financier international. Avoir réussi à protéger l’épargne de nos clients dans un environnement si hostile nous a permis de gagner la confiance de plus d’un million d’épargnants à travers l’Europe. 

    Nous devons cette réussite à notre volonté farouche d’indépendance et à l’implication de l’ensemble de nos salariés, motivés par leur statut d’actionnaire ou la perspective d’y accéder. Chacun des actionnaires est un entrepreneur, quelque soit sa participation au capital de la société. Sa confiance dans notre projet social l’a en effet conduit, en fonction de ses moyens et ses responsabilités, à en acquérir des actions, le plus souvent au prix d’un nécessaire endettement personnel. L’incitation financière au succès offerte par l’actionnariat est un formidable moteur pour la croissance économique. Tuer cette incitation par une taxation mal calibrée de l’actionnaire, c’est se garantir une croissance en berne.

    Nous voulons chez Carmignac  Gestion poursuivre l’aventure entrepreneuriale en France, continuer à apporter de la performance à nos clients, les aider à se préparer une retraite plus sereine, comme nous nous y employons depuis plus de vingt ans. N’est-ce pas là un beau dessein d’entrepreneurs, aussi financier soit-il ? Mais pourquoi poursuivre cette mission depuis la France, alors que la taxation de l’actionnaire pourrait devenir parmi les plus élevées au monde ?

    Comment continuer à motiver nos équipes par notre démarche entrepreneuriale si la France traite ceux qui réussissent dans leur vie professionnelle avec la méfiance et le mépris que l’on réserve partout ailleurs aux repris de justice ? Comment attirer  les nouveaux talents si la France décourage la prise de risque et favorise l’exode mortifère de ses propres talents les plus créatifs, les plus ardents à la victoire ?

    Comment poursuivre, à partir de la France, notre mission auprès de l’épargnant européen dans des conditions qui ne le défavorisent pas ? Comment protéger notre belle aventure humaine contre l’assassinat, fut-il inconscient, de la volonté d’entreprendre, créatrice de valeur, d’emplois et parfois même, de bonheur ?

    Les réponses appartiennent aujourd’hui au gouvernement et à nos députés. Nous voulons encore croire que la fiscalité sera utilisée comme une arme économique plutôt que politicienne car les décisions qui se préparent n’engagent  pas la France seule, mais l’Europe entière. Quels que soient les choix opérés, nos clients savent pouvoir compter sur notre détermination à répondre à leurs attentes. La force de notre équipe, comme de toute grande équipe, c’est son collectif. Nous resterons soudés, à domicile comme à l’extérieur, pour continuer à assurer la sérénité de tous les épargnants qui nous ont accordé leur confiance.

    Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de toute ma considération.

    Frédéric Leroux, Gérant Associé, Carmignac Gestion

    Après avoir séché mes larmes à l’idée que les revenus du capital vont être imposés au barème de l’impôt sur le revenu et devant les sacrifices personnels incommensurables de Monsieur Carmignac pour rester en France, j’ai maintenu mes instructions à ma banque de ne pas investir un sou de mon épargne personnelle dans le fonds de ce forban donneur de leçons.

    Le seul point qui prêche en faveur de ce libéro-démagogue est qu’il a organisé un concert privé des Rolling Stones pour son personnel. Mais cela ne rattrape pas le reste, loin de là.

  • Le rapport Gallois : un diagnostic de bon sens

    Le rapport Gallois pour la compétitivité de l’industrie française est paru. Tout le monde l’a commenté sans l’avoir lu depuis un mois, donc maintenant qu’il est disponible ce n’est plus la peine de le lire puisque on ne va plus s’y intéresser, le zapping de l’actualité nous fait passer à d’autres sujets, dont l’élection du président américain.

    La première phrase de ce document dresse le bilan :

    Tous les indicateurs le confirment : la compétitivité de l’industrie française régresse depuis 10 ans et le mouvement semble s’accélérer. La diminution du poids de l’industrie dans le PIB français est plus rapide que dans presque tous les autres pays européens ; le déficit croissant du commerce extérieur marque nos difficultés à la fois vis-à-vis des meilleures industries européennes et face à la montée des émergents.

    La perte de compétitivité industrielle est le signe d’une perte de compétitivité globale de l’économie française. Car l’industrie ne se développe pas en vase clos : elle dépend des autres secteurs de l’économie, des services et de l’énergie en particulier ; elle dépend de l’écosystème créé par les politiques publiques, de la dynamique des dépenses et des recettes publiques, ou du fonctionnement des services publics, des grandes infrastructures, comme de l’appareil de formation et de recherche ou du marché du travail. Cette perte de compétitivité est, pour une large part, à l’origine des déséquilibres des finances publiques comme du chômage ; elle limite notre marge de manœuvre en Europe et dans le monde ; elle menace notre niveau de vie et notre protection sociale ; elle réduit la capacité de croissance de l’économie.

    Rapport Gallois

    Ce n’est pas la première fois que pareilles phrases sont écrites mais la répétition commence à avoir vertu pédagogique, surtout après une campagne électorale présidentielle française qui a été tournée sur ce sujet.

    La France et ses citoyens commencent à admettre que la République vit au-dessus de ses moyens depuis plus de 35 ans et que l’une des conséquences de cette gabegie irresponsable est que notre économie n’arrive plus à vendre ses produits et services. C’est ainsi. 

  • Le rapport attendu

    Lundi doit sortir le célèbre rapport Gallois, que personne n’a lu puisqu’il n’est pas encore sorti mais que tout le monde commente. C’est intéressant de voir l’hystérie qui saisit l’information, ceux qui la créent et ceux qui la diffusent.

    Le rapport sort le 5 novembre, est-ce que cela change la face du monde d’attendre le 5 novembre pour le lire et l’analyser ? Ne serait-ce pas plus intelligent de le commenter sur base d’une lecture complète que plutôt que sur des on-dit qui relèvent plus de l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’ours qu’a tué le facteur que du comportement raisonné d’un être humain doué de neurones ?

    Nous lirons donc ce rapport la semaine prochaine.

  • Le nettoyage des écuries d’Augias semble avoir commencé en Chine

    Différentes enquêtes de la presse occidentale mettent à jour les fortunes colossales (cela se chiffre en milliards de dollars) qu’auraient accumulées les dirigeants chinois. Un procès officiel retentissant a actuellement lieu en Chine contre Bo-Xilai un apprenti dirigeant qui était promu aux plus hautes fonctions et qui est accusé de corruption, et sa femme de meurtre.

    Le reste est du même acabit : le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. C’est Françoise Giroud qui avait sorti cette vérité.

  • Fraude confirmée pour le forban Kerviel

    Un premier jugement avait condamné Kerviel-le-trader-fraudeur à 4,9 milliards d’euros et 5 ans de prison dont 3 fermes pour « abus de confiance, faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque ».

    La cour d’appel d’appel en octobre 2012 a confirmé le jugement et la condamnation à 4,9 milliards d’euros et 5 ans de prison dont 3 fermes pour « abus de confiance, faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque ».

    Les plaintes déposées par Kerviel-le-trader-fraudeur contre sa banque employeuse ont été classées sans suite. Il aurait pu être mis en prison à sa sortie du tribunal qui l’a finalement laissé libre pour le moment.

    L’affaire est donc plutôt mal engagée pour le garçon qui va se pourvoir en cassation. Sa vie est foutue sauf coup de théâtre improbable de la Cour de cassation.

  • Zola Emile, ‘L’Argent’.

    Sortie : 1890, Chez : Folio 1222.

    Inspiré d’une véritable faillite bancaire en cette fin du XIXème siècle, L’Argent de Zola est une plongée dans le monde de la finance de l’époque qui n’est guère différent de celui d’aujourd’hui : ambition, manipulation, relations douteuses avec le pouvoir, grandes escroqueries et petits arrangements, rachat de ses propres actions pour soutenir artificiellement ses cours de bourse, fuite en avant, cavalerie, business de créances douteuses, etc. Bref, tout y est, il y a même la touche d’antisémitisme de circonstance, remplacez l’Universelle par Lehman-Brothers, la place de la Bourse à Paris par le marché financier mondialisé et vous avez tous les ingrédients de la crise de 2008.

    Le tout est narré par le style de Zola qui ne gâche rien. Du grand art.

  • Cancans et vérités fiscales documentées

    Dans un dîner en ville les hôtes abordent le sujet des Pigeons, corporation d’entrepreneurs ayant défendu ses intérêts avec succès et malhonnêteté intellectuelle. Nous en avons parlé ici mais revenons-y avec les documents officiels : le projet de Loi de finance 2013, document didactique plutôt bien écrit qui explique que l’objectif est soumettre les plus-values mobilières au barème de l’impôt sur le revenu et non plus à un prélèvement libératoire proportionnel de 19%.

    Dès publication du projet les pigeons ont agité les réseaux sociaux, puisque c’est maintenant le nouvel endroit où il faut être vu et entendu, pour faire une description apocalyptique de ce statut fiscal qui allait les tondre, décourager tout esprit d’entreprise dans notre beau pays et entraîner un départ en exil de tous ces brillants cerveaux, exil à coté duquel celui des nobles et de chouans en 1789 passerait désormais pour une promenade de santé.

    Certes les entrepreneurs vendant leur entreprises devaient soumettre leur éventuelle plus-value au taux marginal de leur impôt sur le revenu, mais ce qui a été passé soigneusement sous silence c’est que le dispositif prévoyait un système de quotient et d’abattement introduisant la notion de plus-value à court terme (revente de l’entreprise moins de deux ans après sa création ou son achat), plus taxée, et de plus-value à long terme avec imposition dégressive. Bref, comme à la maison lorsqu’un particulier revend son appartement, et encore, la progressivité de la décote étant bien plus longue pour l’investissement immobilier que mobilier (la plus-value met 30 années avant d’être complètement exonérée).

    Afin d’inciter les contribuables à privilégier une épargne longue, et, transitoirement, d’atténuer la progressivité de l’imposition sur ces revenus acquis sur une période pluriannuelle, deux mécanismes sont proposés :
    – un système de quotient variable en fonction de la durée de détention des titres cédés permettra de tenir compte du caractère pluriannuel de la plus-value pour les trois premières années d’application du barème progressif de l’IR (c’est-à-dire pour les cessions intervenues en 2012, 2013 et 2014). Le bénéfice du quotient s’appliquera sans condition de montant ;
    – l’introduction d’un abattement proportionnel et progressif en fonction de la durée de détention des titres permettra de favoriser la détention longue. Il sera de 5% pour une durée de détention de deux à moins de quatre ans, 10 % pour une durée de quatre ans à moins de sept ans, puis sera augmenté de 5 points par année de détention supplémentaire au-delà de la sixième année, pour atteindre 40% la douzième année. La période de détention sera décomptée à partir du 1er janvier 2013 pour les titres

    Projet de Loi de Finance 2013

    Une page sur Facebook et le gouvernement a oublié son projet de progressivité pour revenir à la proportionnalité ; voilà la vérité, texte officiel à l’appui. Le plus incompréhensible c’est la facilité avec laquelle le gouvernement a cédé et l’incompétence des chroniqueurs mondains qui ne lisent même pas les textes et assènent des contre-vérités patentes en se drapant derrière le « devoir d’informer ». Ces gens font mal leur boulot.

  • Ce sera pour une autre fois

    La fusion envisagée entre les groupes britannique et européen d’aéronautique et d’armement, BAE et EADS, ne se fera pas, du moins pour le moment, les gouvernements allemand et français n’ayant pas réussi à s’entendre. Il n’est pas sûr que cette non-fusion ne soit à déplorer.

  • Les beaux-parleurs du CAC40

    Un quarteron de patrons du CAC40, salariés surpayés, publie une tribune pour réclamer qu’on les débarrasse de la patate chaude des charges sociales qui pèsent sur les entreprises. C’est une vieille histoire, en gros l’impôt c’est bien mais quand ce sont d’autres qui le payent. Il s’agit donc de diminuer les charges des entreprises pour faire payer la protection sociale par les consommateurs via la TVA et les contribuables via la CSG. Les entreprises deviendraient plus compétitives et les citoyens un peu plus tondus. L’un dans l’autre, personne ne sait vraiment quel serait l’effet économique de ce petit jeu de transfert de charges.

    Et tout le monde affirme être dans la ligne d’un rapport Gallois sur la compétitivité qui doit sortir la 5 novembre, que tout le monde commente sans l’avoir lu. Certains l’enterrent, d’autres le glorifient, mais le rapport n’est pas encore sorti. Comment font tous ces augures des plateaux médiatiques pour ainsi parler dans le vide ? C’est l’un des grands mystères de la Création.

  • Cessons de décorer n’importe qui !

    Un scandale de pédophilie implique un ex-animateur de la BBC, décédé depuis, et fait grand bruit au Royaume-Uni car l’impétrant était anobli par la Reine et aurait été proposé pour une distinction papale. Eh oui ! Mais il faudrait aussi que la Couronne d’Angleterre, le Saint-Siège et tous autres gouvernements cessent de faire dans la pipolisation et de distribuer des décorations à tout va à des présentateurs télé, tout ça pour aspirer les votes de Mme. Michu.

    Un présentateur télé, ça présente à la télé, éventuellement avec talent, mais en aucun cas ça ne mérite une décoration de la République ou de la Monarchie.

  • Boutique off-shore

    Si vous avez besoin d’ouvrir une boutique off-shore pour y localiser quelques revenus qui échapperaient ainsi aux impôts français, eh bien rendez-vous 161 bis rue de la Roquette où cette officine vous propose ses services.

  • Un premier ministre sans histoire

    Les chroniqueurs mondains et les journalistes savants continuent à s’attaquer au premier ministre Ayrault accusé de tous les maux. En fait ces stars des médias sont déconfites car elles aimeraient voir à Matignon un présentateur télé en costume cintré, affublé d’un compte Twitter et d’une page Facebook sur lesquels il publierait la couleur de ses chaussettes et les photos de bombasses hollywoodiennes qui fréquenteraient ses soirées dans un Ryad à Marrakech.

    Hélas pour la vente de leurs journaux, elles ont écopé d’un premier ministre un peu tristoune en costume gris, dont la principale activité est de récolter les 40 milliards qu’il manque à la République pour son budget 2013, et non pas d’écouter les conseils sans intérêt de conseilleurs dont les papiers ne dépassent guère les 20 lignes et les chroniques les 45 secondes.

    Tous ces mondains ont également été désespérés par l’absence de violences verbales entre Copé et Fillon qui passaient à la télévision en vue de l’élection du futur président de l’UMP. Enfer et damnation, les deux impétrants sont restés polis et mesurés, les chroniqueurs en restent muets car ils n’ont pas de temps à perdre à analyser le fond des programmes et des propositions. Alors ils ont qualifié le débat d’inintéressant et terne.

  • La folie des iles de la République

    Dans un grand élan de responsabilité, le fiston de l’avocat corse assassiné, lui aussi avocat, explique doctement que c’est la police qui est responsable du meurtre de son père. C’est étrange cette capacité qu’ont les iles de la République à sans arrêt rejeter toute responsabilité sur le continent.

    On a quand même l’impression ces dernières semaines qu’il y a tout de même un petit problème de violence et d’omerta au sein du « peuple corse ». Ce n’est sans doute pas la police qui appuie sur la gâchette de tous ces meurtres, mais on ne peut rien exclure. Après-tout on a bien vu un préfet incendier une paillotte… Ces iles rendent fous, c’est un phénomène sociologique qu’il faudrait un jour comprendre.

    En attendant si le fiston a les noms des assassins de son père, qu’il ne se gêne pas pour les indiquer à la justice.

  • Choc de bla-bla-bla

    Glissement sémantique, on passe du choc de compétitivité au pacte de compétitivité. En gros, quel que soit le patronyme retenu, le plan consiste à déplacer une masse de charges des entreprises vers les consommateurs et contribuables. On va donc payer ces charges sociales directement à l’Etat au lieu de les payer dans le prix des produits consommés. Le reste n’est que billevesées.

  • Baby-Copé

    L’opposition a recruté un nouveau petit roquet : Geoffroy Didier, le cheveu châtain savamment ondulé rejeté en arrière, le menton volontaire et la joue creuse, la chemise blanche largement ouverte sur blazer bleu ; le garçon a l’arrogance et la futilité d’un vieux politicard, la mauvaise foi d’un professionnel aguerri et le niveau de raisonnement d’un peintre en bâtiment. C’est un baby-Copé promis à un grand avenir.

    Et en plus il a la même tête que David Martinon, l’éphémère porte-parole de Sarkozy à l’Elysée et candidat UMP à la députation de Neuilly avant d’être trahi par l’un des rejetons Sarkozy.

  • La bougeotte des ministres

    Avez-vous remarqué comment dès qu’un nouveau ministre français de l’éducation s’installe dans son fauteuil les premiers dossiers auxquels il s’attaque sont le calendrier des congés et l’étalement des heures de classe sur 4, 5 ou 6 jours. C’est comme une espèce de réflexe pavlovien : le nouveau ministre s’assied dans son nouveau fauteuil en cuir et il ouvre un parapheur pour signer l’arrêté qui va chambouler les horaires et les vacances. C’est ainsi, c’est surtout irrésistible, chaque nouveau ministre pense qu’il faut immédiatement bouleverser le calendrier scolaire pour exister.

  • Qu’est-ce qui intéresse les citoyens ?

    Les journalistes savants et les analystes mondains glosent sans fin sur les « couacs » de nos gouvernants qui se prennent un peu les pieds dans le tapis de la communication déployé par les plateaux télé. Tout ceci n’a guère d’importance, ce qui compte c’est comment ces braves gens vont récupérer les 40 milliards d’euros qui manquent à la République en 2013.

    On peut imaginer que le peuple se moque de ces querelles picrocholines qui ne dépassent guère les rédactions de Paris intra-muros. Les sondeurs obsessionnels devraient sonder les citoyens sur leurs centres d’intérêt pour savoir s’ils sont plus intéressés par connaître (i) qui a la plus longue quéquette entre Copé et Fillon ou (ii) quels seront les taux et les assiettes des impôts du budget 2013.

  • Les ambitieux bavards

    Copé et Fillon, les deux ambitieux qui visent le leadership de l’opposition, s’expriment désormais sur tout, n’importe quoi et de façon désordonnée.