Catégorie : Europe

  • Tragique retour de l’Histoire

    Quel tragique clin d’œil de l’Histoire ! L’état-major de l’armée polonaise décimé lors d’un accident d’avion dans la forêt de Katyn alors qu’il se rendait en compagnie du président de la République et autres notables, eux aussi décédés à cette occasion, à une cérémonie associant la Russie, successeur de l’Union Soviétique coupable du massacre de 20 000 officiers polonais dans cette forêt, et la Pologne en une espèce de réconciliation-vérité autour de cet épisode barbare de la deuxième guerre mondiale.

  • La Grèce à la recherche de financements

    La Grèce pourra finalement faire la manche auprès du FMI et de l’Union européenne si jamais elle ne pouvait plus trouver de sous auprès des marchés financiers internationaux. L’intervention conjointe du FMI et des contribuables européens est adaptée à la situation, permet de répartir la charge et surtout d’introduire une instance multilatérale mieux à même d’imposer des mesures de redressement économique aux pays défaillants.

    Les engagements pris par la Grèce en matière de redressement budgétaire sont parfaitement irréalistes et chacun le sait, mais un voile pudique a été jeté sur cet aspect des choses. Des efforts vont être menés et vont dans le bon sens, outre qu’ils indiquent également le chemin à suivre sous peu par d’autres.

    L’Allemagne dont les exigences ont retardé l’accord final, est accusée de toutes parts de manquer de solidarité, y compris bien sûr par la France jamais en retard pour faire la morale aux autres. Les allemands sont outragés ; on le serait à moins. Il est en train de se passer exactement ce qu’ils avaient prévu qu’il se passerait lors de la création de l’euro : les pays incapables de gérer leur budget dépensent sans compter en pensant « l’Allemagne paiera… » Le pacte de stabilité qui avait été imposé outre-Rhin pour forcer les cigales à un peu de rigueur, ou du moins à s’engager à le faire, a été balayé et ce bien avant la crise de 2008. La France et l’Italie ont largement dépassé la norme maximum de déficit public de 3% du PIB, une nouvelle fois avant le déclenchement de la crise de 2008 de la spéculation des nouveaux barbares, et n’ont éprouvé bien sûr aucun remord à ravaler leurs engagements.

    Pendant ce temps les allemands finissaient d’absorber leurs régions de l’Est, augmentaient la durée du travail, redressaient leurs exportations et leurs finances publiques, amélioraient leur compétitivité et se maintenait donc comme première puissance économique de l’Europe.

    Alors maintenant que la Grèce tend la main et que d’autres pays ne vont pas tarder à faire de même, ils vivent assez mal de devoir payer et en plus de se faire critiquer par le reste de l’Europe. La ministre française des finances est même allée jusqu’à leur reprocher leur compétitivité et leur faibles salaires… Il faut le faire et elle l’a dit. On peut craindre que lorsque Paris aura à son tour besoin des subsides de ses pairs ce genre de reproches déplacés ne soient resservis un jour.

    Mais les allemands ont aussi besoin d’une économie européenne qui fonctionne alors ils vont payer, mais il serait tout de même plus décent que les pays impécunieux fassent preuve d’un peu plus de décence dans leur demande d’aide. Il ne faut jamais taper sur la main qui signe le chèque.

  • L’Islande et la spéculation

    L’Islande, qui a été gérée comme un fonds spéculatif en confiant son système financier à une bande de vikings délinquants, vote aujourd’hui pour savoir si ses contribuables vont devoir payer environ 4 milliards d’euros aux gouvernements britanniques et néerlandais pour rembourser ces Royaumes qui eux-mêmes ont déjà couvert leurs nationaux ayant déposé leur épargne dans la banque en ligne Icesave. C’est une incroyable histoire dans laquelle cette banque islandaise est allé démarcher des déposants à l’extérieur de son marché national, est tombée ne pouvant ainsi rembourser ses déposants, et met son gouvernement dans une impossible situation. Ces déposants qui ont pris leurs risques et perdu ont réussi à se faire rembourser par leurs Trésors publics respectifs en agitant plus ou moins consciemment le chiffon rouge de la panique bancaire. Pour le moment le contribuable britannique a payé pour le déposant britannique, mais voudrait transférer la charge sur le contribuable islandais. Idem pour les Pays-Bas.

    Eva Joly a été mandatée par le gouvernement islandais pour essayer de comprendre comment 50 barbares locaux, financiers au sein d’un pays de 300 000 habitants, ont pu provoquer quelques unes des plus formidables faillites bancaires de l’humanité. On peut compter sur sa perspicacité pour gratter le fumier et on peut imaginer que l’Etat Islandais sera moins pervers que le français pour couvrir les turpitudes de ses élites financières.

    Le peuple islandais a voté « Non » et ne veut pas rembourser les contribuables britanniques et néerlandais. C’est un problème car des accords gouvernementaux auraient plus ou moins été convenus pour ce transfert de charges. Le gouvernement islandais va devoir trouver une solution plus présentable mais il semble bien qu’à la fin il va payer d’une façon ou d’une autre puisque les déposants qui ont pris leurs risques n’ont pas voulu assumer leurs responsabilités. Eternel renvoi de patate chaude entre le consommateur et le contribuable dans nos civilisations-providence !

  • La Grèce au ClubMed

    La crise grecque est très intéressante. La spéculation des nouveaux barbares est dirigée, pour le moment, contre un Etat clubmed (comme qualifié par les allemands) qui a géré son budget pas beaucoup plus mal que la France, soit dit en passant, mais moins habilement semble-t-il. Ladite France qui oublie d’ailleurs qu’en 1983, après 18 mois de nationalisations à marche forcée, elle avait fait la manche auprès de la Communauté européenne pour obtenir un prêt de trésorerie de plusieurs milliards de francs et éviter le déshonneur d’aller frapper à la porte du FMI. Mais tout ceci est du passé et nous pouvons maintenant faire la morale aux autres membres de l’Union en difficulté. L’une des caractéristiques majeures du politique communicant (comme d’ailleurs de l’électeur) est son absence de mémoire au-delà du jour de son élection.

    • Le premier impact de cette spéculation effrénée est la baisse du cours de l’euro contre le dollar. Qui s’en plaint en Europe ? Pas grand monde bien entendu, et surtout pas EADS ou Volkswagen…
    • La deuxième conséquence est la hausse du taux d’intérêt exigée de la Grèce par ses prêteurs. Est-ce un problème ? Non puisque c’est la seule solution pour forcer un Etat à équilibrer son budget pour moins s’endetter.
    • Existe-t-il un risque de défaut de la Grèce (et demain de l’Espagne ou de la France) comme hier l’Amérique latine ou la Russie ? S’il existe il est très théorique, le contribuable allemand paiera (le contribuable français quant à lui a déjà du mal à couvrir sa propre dette) car les conséquences d’un défaut d’un des Etats de la zone euro seraient trop négativement considérables pour tous les autres. Il s’en suivrait bien entendu des règlements de compte à Bruxelles post-sauvetage, mais l’honneur serait sauf.
    • La Grèce a-t-elle des difficultés pour se financer ? Non, ses émissions de bons du trésor sont couvertes sans difficulté. Le banquier gorgé de liquidités (générés par l’émission monétaire et les versements du contribuable) qui a prêté pendant des années à des ménages américains impécunieux tient avec le débiteur grec un bien meilleur risque.
    • Conclusion, jusqu’ici tout va bien même si les nouveaux barbares-traders arrivent à déclencher des frayeurs mondiales incontrôlées à coup de menaces en chocolat.
  • Les forbans à l’attaque

    On nous ressasse avec les marchés financiers attaquant l’euro et la Grèce, en attendant que Portugal, Espagne ou France passent également à la moulinette de ces marchés financiers. Il est toujours étrange de voir comment le monde extérieur évoque les marchés financiers comme une abstraction que l’on dirait émanant du Saint-Esprit.

    Comme nous l’avons déjà fait à de nombreuses reprises dans ces lignes, rappelons quelques évidences permettant de se remettre les idées en place et de démystifier ce qui n’a vraiment pas lieu de l’être.

    • Les marchés financiers sont une bande de forbans, quelques milliers à travers la planète, qui jouent derrière des écrans d’ordinateur à être les maîtres du Monde, grassement payés par des banques et établissements financiers.
    • Ces forbans jouent avec notre argent, celui de nos petites économies placées de ci de là, et non avec le leur ou celui de leurs employeurs, et nous n’avons pas les moyens d’empêcher leurs jeux diaboliques car nous nous sommes dépossédés de cet argent en le confiant à des banques.
    • Comment peut-on attaquer une monnaie. Il suffit de spéculer à la baisse en vendant à terme aujourd’hui un euro que l’on ne possède pas encore mais dont on parie qu’il va baisser. Exemple : aujourd’hui l’euro vaut 1,35 dollar et je parie que dans un mois il vaudra 1,20 dollar, donc je vends aujourd’hui mon euro, que je ne possède pas, au cours d’aujourd’hui de 1,35 dollar avec promesse de le livrer dans un mois ; dans 29 jours je l’achète sur le marché à 1,20 et le trentième jour je le livre au prix convenu de 1,35 ; j’ai gagné 1,35 – 1,20 = 0,15 dollar.
    • Et comment peut-on attaquer un pays qui n’a plus de monnaie nationale mais l’euro, monnaie multilatérale ? Il suffit de faire monter les taux d’intérêt auquel les forbans leur prêtent nos petites économies, puisque bien entendu ce ne sont pas les leurs qu’ils prêtent à la Grèce.
    • Comment les forbans ont-ils inventé le mouvement perpétuel ? En vendant à terme l’euro, je précipite la baisse de son cours contre dollar ; plus l’euro baisse et plus je vais gagner ; et plus je vais pousser la spéculation à la baisse. On les avait vus, à l’inverse, spéculer à la hausse des produits alimentaires en 2007, alors que les stocks ne justifiaient en rien un tel accroissement des cours. Il suffisait d’acheter aujourd’hui un kilo de blé à 100 pour réception dans un mois lorsqu’il vaudrait 130.
    • Et l’on voit les forbans faire la morale au monde politique en expliquant que la Grèce est mal gérée. Alors là on tire son chapeau devant ce culot qui dépasse l’entendement, lesdits forbans ayant mis le système financier international en faillite en 2008 du fait de leur incompétence, et n’ayant survécu pour la plupart que grâce aux subsides des contribuables mondiaux. En gros, les Etats se sont endettés pour sauver les banques qui maintenant spéculent joyeusement contre ces mêmes Etats.
    • Qu’attendent les forbans ? De fourguer leur risque sur quelqu’un d’autre. En fait ils paniquent à l’idée qu’ils puissent ne pas être remboursés des prêts faits à quelques pays exotiques comme la Grèce. Le contribuable européen a réaffirmé sa volonté de soutenir la Grèce, c’est-à-dire de payer si ce pays faisait défaut et de lui imposer un régime de rigueur. Comme à leur habitude les marchés financiers encaissent les profits et nationalisent les risques mais ils arrivent par la menace à forcer un pays à rentrer dans le rang là où la politique échoue.
    • Comment arrêter les forbans ? Il faut les taxer sur les profits générés par la spéculation. Est-ce facile ? Non, mais est-il satisfaisant de voir quelques centaines de forbans mettre à bas un ou des Etats ? Pas plus, alors il faut les attaquer.
    • Est-ce que tout ceci est condamnable ? C’est surtout cocasse et symptomatique des dérèglements de notre monde où la spéculation est érigée en régulateur et seule capable d’imposer la rigueur à un pays clubmed. En ce sens ce n’est pas sain.
  • Il vaut mieux éviter d’être soupçonné de trafic de drogue à l’étranger

    C’est a priori moins fun d’être emprisonné pour trafic de drogue en Chine qu’en République Dominicaine. Un ressortissant britannique doit être exécuté demain alors que les deux gamines de Saint-Domingue seront dans l’avion du retour vers Paris.

  • Le clown de Rome

    Berlusconi, premier ministre italien, perd deux dents après avoir reçu un projectile sur la figure au cours d’une cérémonie de serrage de mains de militants. L’acte est le fait d’un déséquilibré et ce n’est pas bien pour la démocratie. Mais tout le monde rigole car Berlu a élevé sa fonction au rang de clownerie de première catégorie alors on imagine une nouvelle facétie en voyant son nez rouge de sang.

  • Le Mur

    20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Les anciennes puissances d’occupation de l’Allemagne se réunissent sous le parapluie d’Angela Merkel pour fêter le temps qui passe. Les médias français ressortent les émouvantes archives de l’époque, et d’autres un peu moins glamour où l’on redécouvre les aspects sinistres d’une dictature communiste qui fut parmi les plus « brillantes » de sa génération, un des meilleurs élèves du grand frère soviétique. Une police politique Stasi particulièrement retorse en lavage de cerveaux, délation, flicage généralisé, répression sanglante de mouvements populaires, recyclage de vieux nazis mal dénazifiés (mais l’Occident a su faire également dans ce domaine), vente à la République fédérale d’Allemagne d’opposants contre espèces sonnantes et trébuchantes, financement de mouvements terroristes antioccidentaux souvent meurtriers, promotion de taupes et espions à tous les étages et autres perversités propres à ces institutions. Le plus fascinant dans cette affaire est que toute cette tyrannie a été le fait d’une moitié du peuple allemand et que les comptes n’ont finalement jamais été vraiment soldés. Honecker a dû être vaguement condamné avant de mourir de son cancer du foie au Chili.

    On peut rester sceptique sur la capacité des peuples à absorber de telles déchirures sans procès des responsables, même symbolique. Le cas se présente aujourd’hui au Cambodge. Nuremberg à cet égard fut exemplaire : une quarantaine de dignitaires nazis ont payé pour les dérives d’un peuple qu’il convenait de ramener dans le droit chemin. Les procès de Pétain et Laval, puis plus tard de Barbie, ont également permis de marquer le coup des compromissions de la France dans les années 40. L’Allemagne réunifiée semble avoir fait preuve de générosité alors qu’il s’agit sans doute de faiblesse. Le chapitre final de l’histoire d’une Allemagne divisée a été discrètement évacué par la porte mais risque un jour de revenir par la fenêtre.

  • A la soupe

    En pleine crise financière et économique l’Irlande se sent soudainement plus proche de l’Union européenne et a finalement approuvé le Traité de Lisbonne à plus de 60% par référendum. Comme l’Islande en plein effondrement financier, l’Irlande se sent soudain pousser des ailes européennes. En gros, l’Union européenne est vue comme un vulgaire tiroir-caisse. Il y a encore à faire pour forger l’idéal européen que les pères fondateurs ont tenté avec mérite d’insuffler lors de sa construction.

  • Du rififi dans l’industrie automobile allemande

    Dénouement de l’affaire Porsche / Volkswagen (VW), ou comment le capitalisme allemand se déchire et l’arroseur se retrouve arrosé. Les deux groupes dirigés par deux familles aux intérêts entrecroisés (c’est le fils de Ferdinand Porsche, le créateur de la première Volkswagen, qui a fondé Porsche) vont finalement fusionner mais c’est clairement VW qui absorbe Porsche et non l’inverse comme l’histoire avait commencé.

    Cette affaire avait déjà entraîné indirectement le chute de l’empire Merckle : Adolph Merckle a la tête d’un groupe industriel d’importance (pharmacie et construction), une espèce de Bouygues outre-rhénan, dans le top 10 des plus grosses fortunes allemandes, au lieu de mener tranquillement son business, avait spéculé très lourdement sur la baisse du titre VW fin 2008 au moment où la rumeur de la montée de Porsche dans le capital de VW avait fait exploser le cours en bourse. Du coup, le groupe est ruiné (on parle de 800 MEUR de pertes à couvrir), les banques démantèlent l’empire à vendre par appartements, et Adolphe se suicide en se jetant sous un train le 7 janvier 2009, à 74 ans. Triste fin.

    Pendant ce temps, Porsche qui veut devenir majoritaire au capital de VW s’endette à coups de milliards d’euros pour acheter des actions, la conjoncture se retourne, le constructeur le plus rentable du monde affronte la mévente et ne peut plus supporter son endettement, sans parler des batailles d’égos surdimensionnés qui agitent les conseils d’administration des deux groupes, et qui influent considérablement décisions et stratégies. Fin de l’histoire, Porsche doit avaler son chapeau et pour respecter ses engagements (en clair, payer ses dettes) accepter l’arrivée d’un fonds souverain du Qatar et devenir la 10ème marque du groupe Volkswagen… Les égos surdimensionnés ont du mal à digérer le chapeau.

  • Kiev

    Dîner à Kiev, Ukraine. Ambiance architecture néostalinienne, le tout bien délabré, nous sommes 20 ans après la chute du mur de Berlin et du système de l’URSS dont l’Ukraine était une pièce importante. La roue tourne et le pays ne sait pas bien encore vers quel Saint se tourner…

    Dans un bar de la ville, nous discutons avec un ami serbe (plutôt modéré), il confirme que le problème du Kosovo est loin d’être résolu, qu’il ne s’agit pas d’une excitation de nationalistes enfiévrés mais bien du cœur de la Nation serbe. Jamais la Serbie ne reconnaîtra l’indépendance du Kosovo et le peuple entier soutient ses dirigeants dans cette position, pour toujours et à jamais.

    Donc on n’a pas fini d’entendre parler de cette question kosovare. Nous sommes d’ailleurs dans une situation internationale plutôt inédite avec un paquet d’Etats ayant reconnu et un autre paquet refusant de reconnaître, sur des motifs plus ou moins avouables. Il est difficile de prononcer le match nul sur ce genre de sujets…

  • Un investisseur imprudent met fin à ses jours

    Adolphe Merkle dont nous avons narré les exploits boursiers qui se seraient terminés en 1 milliard de pertes, s’est suicidé. 100ème fortune mondiale il avait spéculé à la baisse contre le titre Volkswagen (VW). Du coup la survie de son groupe familial aux multiples activités (construction, pharmacie) était en jeu et il avait dû s’abaisser à négocier avec les banques des crédits de sauvetage, ce qu’il n’a pas supporté. Quelle absurdité ! Bêtise d’avoir été attiré par le mirage des jeux boursiers alors que la crise financière déjà battait son plein, surestimation de sa compétence dans un domaine où les meilleurs s’étaient déjà cassé les dents, égo démesuré qui n’a pas supporté l’échec alors que ses actifs auraient pu compenser ses pertes, mais bien entendu au prix de la diminution de son pouvoir. Il est allé au bout de l’absurdité et a préféré mourir plutôt que d’affronter le déshonneur de sa chute. Comme tout ceci est affligeant !

  • Un forban financier pris à son propre piège

    Adolf Merckle, un milliardaire de 74 ans qui est à la tête de la cinquième fortune d’Allemagne (7,3 milliards d’euros), avait parié sur la baisse en Bourse de Volkswagen. Il a perdu. Beaucoup, on parle de 700 millions d’euros. Pas moins de quarante banques seraient actuellement en discussion afin de porter secours à VEM, sa société d’investissements d’Adolf Merckle.

    Quand Porsche a annoncé le 26 octobre détenir 74% du capital de VW, tous les investisseurs qui avaient des positions de vente à découvert sur le titre, c’est-à-dire qui pariaient sur la baisse du titre, parmi lesquels des hedge funds et des banques, ont dû chercher en catastrophe des titres pour respecter leurs engagements de vendre des actions qu’ils n’avaient pas encore achetées, amplifiant l’envolée du titre dans un marché où l’action Volkswagen était soudainement devenue une denrée rare. Ce fut l’explosion du cours de Bourse de VW. Le 28 octobre, l’action Volkswagen avait atteint en séance un plus haut de 1 005 euros alors qu’elle cotait 211 euros 4 jours plus tôt.

    Adolf Merckle s’est fait surprendre comme les autres. Désormais, c’est tout son empire qui est peut-être en danger. Un empire qui génère chaque année un chiffre d’affaires de 30 milliards d’euros. C’est un signe des temps qu’un conglomérat familial allemand spécialisé dans l’investissement de long terme se retrouve piégé par des manipulations boursières de court terme.

    Un vieux milliardaire allemand, en pleine crise financière planétaire, spécule sur la baisse d’un des paquebots de l’industrie allemande. Si mêmes les allemands rigoureux, à la limite du rigide en matière économique se mettent à spéculer contre leurs propres entreprises, où va-t-on ? C’est vraiment le capitalisme sans foi ni loi qui est en train de confectionner « la corde pour le pendre ».

  • Le bilan des bombardements de Dresde revu à la baisse

    Une commission d’historiens allemands réévalue le nombre de morts des bombardements de Dresde en 1945 à 18 ou 20 000 au lieu de 150 ou 200 000 comme initialement vulgarisé. On avait quasiment accusé les alliés de crime contre l’humanité pour avoir lancé ces bombardements alors que la guerre était déjà presque gagnée. Il semble que les morts furent exclusivement civils. La ville a été anéantie par plusieurs vagues de bombardiers à coups de milliers de tonnes de bombes incendiaires. Il s’agissait de détruire le nœud de communication ferroviaire et d’empêcher l’armée allemande de se redéployer vers l’est. Finalement ce ne serait que 20 000 morts !

  • Décès boursier

    Le cours de bourse de PININFARINA a bondi de 10% après l’annonce du décès accidentel de son pédégé, petit-fils du fondateur. Le marché, toujours subtil et délicat, fête ainsi la perspective de rachat pur et simple du designer automobile par des investisseurs prêts à le payer au prix fort. On connaissait déjà les licenciements boursiers, va-t-on, en venir aux décès boursiers ?

  • Retour de Berlusconi au pouvoir en Italie

    Berlusconi revient au pouvoir en Italie. Le clown vieilli reprend les commandes de la péninsule en changeant le nom de son parti comme à chaque élection, c’est maintenant Le Peuple de la Liberté. A quel niveau de décadence sont arrivées nos démocraties européennes pour se reconnaître de tels chefs ? On peut craindre plus simplement n’avoir que les dirigeants que l’on mérite, à Rome comme à Paris.

  • Majestueux

    Qu’y a-t-il de formidablement innovant, absurdement novateur, au cœur de notre monde moderne ?

    Les chapeliers de la Couronne britannique !

    Depuis des décennies ils coiffent les souveraines des plus improbables couvre-chefs, aux couleurs indescriptibles, bardés d’accessoires inqualifiables, sans jamais remettre en cause la noblesse de celles qui les portent, ni atteindre le moins du monde leur royal maintien.

  • Pour prix de la paix sociale

    La fonction publique française invente le concept de « prime de fusion permanente » pour faire passer la pilule de la fusion des services fiscaux. En gros, une augmentation de salaire pour acheter la paix sociale et faire accepter cette réforme à des personnels à forte capacité de nuisance. Drôle d’avancée sociale !

  • Le Kosovo source de troubles

    Le Kosovo déclare son indépendance, poussé par l’Union européenne. Le peuple slave (Serbie et Russie notamment) s’y oppose. On se souvient de la réaction mitigée du gouvernement français lorsque les pays du Pacifique votaient à la tribune des Nations Unies pour l’indépendance de la Polynésie française ou de la Nouvelle Calédonie. On imagine sans trop de difficultés la réaction du Roi d’Espagne lorsque Moscou prôna l’indépendance du Pays basque espagnol… Bref, le Kosovo grand comme deux départements français se veut indépendant, après le Monténégro à peine plus petit. Tout ceci est un peu surréaliste mais sans doute inévitable. Tito doit s’en retourner dans sa tombe !

  • Les Balkans lorgnent vers l’Union européenne

    Les élections en Serbie penchent en faveur d’un nationaliste pro-russe mais il y aura un deuxième tour. Après l’indépendance du Kosovo soutenue par l’Union européenne, il va falloir intégrer la Serbie qui a bien entendu « vocation à adhérer à l’Union ». Vous avez aimé Chypre intégrée à l’Union avec une partie de son territoire occupé par la Turquie ? Vous allez adorer le Kosovo séparatiste et la Serbie extrémiste…