Catégorie : Afrique

  • Fillon en goguette en Egypte

    Le Canard Enchaîné publie aujourd’hui une information sur les vacances de Fillon en Egypte à Noël dernier, invité officiel semble-t-il, avec petit tour à l’œil dans un avion de la flotte du président Moubarak.

    Le président Sarkozy annonce de nouvelles règles pour encadrer les voyages de ses ministres à l’étranger. On ne sait pas encore à ce stade s’il s’inclut dans cette nouvelle contrainte ? Mme. Alliot-Marie et consorts doivent maudire ces révolutions arabes qui leur coupent les ailes de leurs vacances exotiques car il est bien entendu que sans ces changements de régimes jamais ces affaires aéronautiques n’auraient fait tant de bruit et généré de si fâcheuses conséquences pour les gouvernants français. MAM pourra méditer les pensées de son héros, MonGénéral, qui avait sorti en 1968 quelque chose du genre : la révolution c’est la chienlit !

    Lire aussi : La famille Alliot-Marie en goguette en Tunisie

    Le mieux est sans aucun doute que les ministres et sous-ministres de la République passent leurs vacances en France. C’est très bien aussi, moins cher et meilleur pour leur réputation.

  • L’autocrate autoreproductible

    L’Egypte s’agite et après la fuite de l’autocrate tunisien en Arabie Saoudite, les jeunes pharaons ne voient pas pourquoi le vieux Moubarak ne suivrait pas la même voie ! En place depuis 30 ans, en train d’essayer de caser son fiston pour la succession, il est effectivement envisageable qu’il passe la main via des élections et non pas un conseil de famille.

    Le problème avec ces autocrates du monde en développement n’est pas tellement leur autocratie mais leur incapacité à céder le pouvoir. Ben Ali : 23 ans avant de recevoir un coup de pied dans le derrière, Moubarak 30 ans à la même place… L’alternance est impossible avec ces dirigeants qui s’accrochent à leur fauteuil comme un moule à son rocher dans la Baie de Saint-Brieuc.

    Après avoir déboulonné le roi Farouk, les militaires égyptiens (Nasser est lieutenant-colonel, Sadate est officier, Moubarak est général) ont installé au Caire des monarques civils que seul leur mort permet de remplacer…

  • La Tunisie dans le chaos

    Joyeux boxon en Tunisie, mais comment pourrait-il en être autrement ? Pour le moment on évite de comité de salut public, mais on pille les biens de la famille et belle famille Ben Ali, on manifeste à tout va, on démissionne du gouvernement, on pactise avec l’armée, on crie gloire au Peuple, on hue les milices à la solde du dictateur déchu. Bientôt la fête va se terminer et il va falloir se remettre au boulot et se colleter aux dures réalités. Courage !

  • De l’intelligence en Tunisie

    Un texte sympathique du 16/01/2011 du professeur Haddad sur la révolutiontunisienne :

    La liberté a un prix, nous sommes disposés à le payer.

    Cher(s) amie(s)  

    Bonjour 

    Je remercie ceux d’entre vous qui m’ont envoyé des messages et qui s’inquiétaient pour moi. Je vais bien, ainsi que toute ma famille. L’important est de voir comment va la Tunisie. Je vous expose la situation et je demanderai de nous aider sur un problème crucial.

    La Révolution des jasmins est une révolution qui a été initiée et conduite par les jeunes. Les forces politiques essayent de suivre ; les intellectuels, moi compris, sont abasourdis par un événement qui nous ne pouvions imaginer dans les plus beaux de nos rêves. Dans la journée, les jeunes investissent pacifiquement les faubourgs des villes et brandissent clairement et courageusement leur revendication : un changement réel et pas seulement un changement de façade. La nuit, ce sont les milices qui, profitant de couvre-feu et de la complicité des forces de l’ordre, investissent les quartiers résidentiels, terrorisent les gens, se livrent au pillage, empêchent les citoyens de dormir pour les conduire à la dépression nerveuse. Ils veulent par ce billais pousser la population à accepter les compromis douteux.

    Des comités de quartiers se sont constitués partout et les citoyens assurent eux-mêmes leur sécurité. Partout, la population est à bout des nerfs, mais tout le monde est décidé à ne pas céder à ce chantage odieux. Ils nous empêchent de dormir, faisant exprès d’intervenir sporadiquement à des moments séparés de la nuit en provoquant beaucoup de tapage et en lançant les menaces : « vous avez lâché votre bon président, vous aurez affaire à nous maintenant », a martelé l’un d’eux sous ma fenêtre.

    Si la journée du 14 janvier sera marquée dans les annales de la Tunisie comme étant l’une des plus belles pages de son histoire, la nuit entre le 14 et le 15 janvier a été certainement la nuit la plus cauchemardesque que les Tunisiens ont eu à vivre depuis 50 ans. Ce qui s’est passé est horrible. Les miliciens ne se sont plus contentés de brandir des menaces et de piller de l’extérieur, ils ont forcé les portes des maisons, se livrant aux pires atrocités contre de paisibles citoyens sans défense. En effet, avant de fuir lâchement le pays, Ben Ali et ses beaux-parents les Trabelsi ont légué leurs armes et leurs voitures aux plus fidèles de leurs miliciens. Les comités de quartiers se sont retrouvés soudain face à des criminels armés. Partout, on implorait l’intervention de l’armée pour mettre un terme à un pillage systématique du pays. Il faut rendre hommage à l’armée qui, vers 2 h. du matin, est parvenue plus ou moins, très lentement et avec beaucoup de difficulté, à sécuriser tant soit peu plusieurs quartiers.

    Autre chose qui a attiré mon intention : ces milices se sont systématiquement attaquées aux boulangeries, aux pharmacies, aux grandes surfaces et aux petites épiceries, les pillant ou brulant. La situation était déjà difficile, puisqu’il y avait une pénurie de matière de base, il était difficile de trouver du pain, du lait ou des médicaments. Elle risque de s’aggraver après les événements d’hier. A mon avis, ils veulent brandir la menace d’une famine et embraser les quartiers populaires notamment. Car si certains citoyens avaient fait des provisions suffisantes, les gens modestes n’avaient pas les moyens de se payer de grandes courses ; il y a aussi ceux qui ne s’attendaient pas à ce que les événements prennent une telle ampleur. Des témoignages m’arrivent signalant que dans certains quartiers populaires les habitants eux-mêmes ont commencé à se livrer au vol et au pillage par nécessité. Un autre témoignage me signale que les milices ont bloqué depuis des jours le marché de gros, empêchant les commerçants de s’y approvisionner. La situation sécuritaire dissuade les camionneurs de livrer les marchandises entre les villes. Peut-être que tout cela sera résolu dans quelques heures, avec l’annonce prévue du gouvernement d’union nationale. Mais il est possible aussi que cet état dure plus longtemps ; dans ce cas, il y a une menace sérieuse sur les quartiers populaires. Je propose la solution suivante : nous devons réfléchir dès à présent à une possibilité de faire appel à des associations spécialisées dans la gestion de ce genre de crise et recevoir des aides de l’étranger, comme cela se passe lors des catastrophes naturelles. Ainsi, je demande à nos amis hors de la Tunisie de réfléchir avec nous sur d’éventuelles associations que nous pourrions contacter en cas de besoin et nous les remercions d’avance pour toute aide et suggestion sur ce thème.

    Maintenant, revenons à l’aspect « politique » de la situation. La plupart des leaders de l’opposition avaient accepté la proposition de Ben Ali de rester au pouvoir jusqu’en 2014, en échange d’une promesse ferme de ne pas se représenter de nouveau à la candidature suprême et de former un gouvernement d’union nationale. La France a donné son soutien à ce scénario. C’était sans compter avec la détermination des jeunes qui se sont mobilisés toute la journée du vendredi pour revendiquer le départ de Ben Ali et le jugement de sa famille. Excédé par la situation, Ben Ali a décidé de s’enfuir, non sans avoir donné l’ordre de massacrer les jeunes qui manifestaient pacifiquement devant le ministère de l’intérieur. La suite, vous l’avez tous suivi sur toutes les chaines de télévisions du monde.

    Après cet événement, il a été déclaré la vacance du pouvoir en vertu de l’article 56 de la Constitution tunisienne. Ce que nous voulons maintenant, c’est de passer à l’article 57. Ce n’est pas une question formelle, c’est tout l’enjeu du moment : L’article 56 est consacré aux cas de vacance temporaire du pouvoir. Il permet donc, du moins en théorie, le retour de Ben Ali ; il lui préserve surtout son immunité de Président de la République pour quelque temps, lui permettant ainsi de bénéficier d’un répit pour négocier un départ paisible dans ses propriétés en Argentine. En vertu de l’article 56, le Premier ministre devient Président par intérim ; or les Tunisiens craignent de tomber dans un « 7 novembre bis », c’est-à-dire de refaire ce que Ben Ali lui-même avait fait le 7 novembre 1987 : d’un intérim, il est passé à un gouvernement qui a duré 23 ans.

    En revanche, l’article 57 prévoit une vacation de pouvoir définitive, le premier ministre sortant sera chargé simplement de gérer les affaires courantes en attendant la tenue des élections. La présidence par intérim sera assurée dans ce cas par le Président de l’Assemblée nationale (qui, par ailleurs, est très vieux et ne pourra pas de toute façon rester longtemps au pouvoir).

    Il ne serait pas exclu que le traumatisme que les milices ont fait subir au peuple dans la nuit d’hier avait pour objectif de les dissuader de cette revendication. En tout cas, j’ai remarqué que dans les médias benalistes, les journalistes miliciens qui se sont convertis subitement en maitre de pensée révolutionnaire, ne cessaient de marteler qu’il ne s’agit là que d’un problème formel et que le plus important était de rétablir l’ordre public. Mais non, c’est très important. A la fin du règne de Bourguiba, j’ai vécu le traumatisme d’une transition agitée du pouvoir qui avait duré plusieurs années. Aujourd’hui, je vis le même cauchemar une deuxième fois. Je ne voudrais pas le revivre encore, ni le faire subir à ma fille. Il faut absolument régler les problèmes dès le départ sur des bases juridiques clairs, indépendamment des bonnes intentions que l’on pourrait prêter aux uns et autres. Ma petite fille a pleuré le premier jour au vacarme intimidant qu’elle entendait sous notre fenêtre. Par la suite, elle élevait la voix et prenait le ton d’une maîtresse d’école menaçant les miliciens de les punir ! Elle a appris rapidement à ne plus avoir peur ! C’était la première manifestation de conscience politique chez une gamine de cinq ans !

    Une nouvelle génération est née en Tunisie ; elle se sent libre et audacieuse. Je salue la mémoire de tous les jeunes qui ont conduit la Révolution des jasmins. Je m’incline à la mémoire des héros qui se sont sacrifiés pour faire triompher la cause de la liberté et de la dignité, à commencer par le regretté Mohamed Bouazizi qui, sentant l’injustice atteindre le seuil de l’insupportable, s’est immolé par le feu plutôt que de faire violence à autrui. Le jeune et pauvre marchand ambulant a abattu le puissant et milliardaire dictateur. Je suis persuadé que la nouvelle génération fera mieux que nous en matière de liberté. Il faut l’écouter et être à la hauteur de ses sacrifices. L’enjeu n’est pas de se débarrasser d’un homme mais d’un système. La liberté a un prix, nous sommes disposés à le payer. Nous comptons sur l’appui de nos amis.

    Professeur Mohamed Haddad

    PS. Texte à diffuser à volonté.  

  • La France ferait mieux de se taire

    La presse des cancans s’émeut que la France ne prenne pas fermement position en faveur de la démocratie en Tunisie. Les mêmes critiquaient il y a 8 jours les prises de position de la même France en faveur d’Alassane et de la démocratie en Côte d’Ivoire.

    Dans un cas comme dans l’autre l’ancienne puissance coloniale devrait s’imposer un devoir de réserve car de toute façon ce qu’un ministre parisien peut dire n’a absolument aucune influence politique sur les évènements locaux. Au pire cela peut déclencher des réactions populaires négatives (là-bas comme à Paris où habite une forte communauté tunisienne ou franco-tunisienne), au mieux cela n’a pas d’effet. Donc réserve et discrétion doivent être les deux mamelles guidant les déclarations françaises. Dans quelques mois le contribuable français annulera de la dette tunisienne, ce sera notre participation à l’évolution démocratique tunisienne.

  • Le dictateur se réfugie dans une dictature

    Après un mois d’agitation populaire, quelques morts sous les balles des sicaires tunisiens, le président Ben Ali saute dans un avion et part se réfugier en Arabie Saoudite après 23 ans de pouvoir absolu à Tunis.

    Ce départ est une bonne chose pour la Tunisie. Il est pathétique qu’au XXIème siècle un changement de gouvernant dans ce pays ne puisse passer que par une révolution, c’est une lâcheté de la part de Ben Ali et sa diabolique famille de fuir ainsi leurs responsabilités, c’est une grande incertitude pour l’avenir de ce pays et de ses voisins.

    Comme il se doit en de pareilles circonstances les pilleurs ont envahi les rues. Petits dommages collatéraux et malheureusement inévitables. Le clan Ben Ali qui a mangé dans la bonne soupe tunisienne 23 années durant va sans doute s’accrocher encore un peu à ses prébendes par crainte des règlements de comptes. Espérons que la maturité et l’âme du peuple tunisien prendront le dessus pour gérer ce pays qui mérite sérénité et stabilité.

  • Les exploits du barreau français en Côte d’Ivoire

    AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

    Le site web de Gbagbo publie de larges extraits des médiatiques visites des avocats français MM. Dumas et Vergès :

    LA NEUTRALITE

    « On ne prend pas parti. On vient étudier le dossier. Et on s’aperçoit de plus en plus que plus on avance, on s’aperçoit qu’il y a des choses inexactes qui se sont produites.»

    LE ROLE DE L’ONU

    Jacques Vergès : « L’ONU en Afghanistan a reconnu un Gouvernement élu par la corruption et la fraude. Et la communauté internationale le reconnait. Et précisément ce que nous sommes venus dire au Président Gbagbo : c’est que le Gouvernement français n’est pas encore rentré dans l’histoire. Il pense encore à une Afrique où il y avait les Gouverneurs ; les juges de paix à compétence étendue, des canonnières et puis des dirigeants corrompus qui volaient leurs peuples et partageaient le fruit de la corruption avec les dirigeants français ».

    LAURENT GBAGBO : UN SYMBOLE

    Jacques Vergès : « il rêve d’une Afrique nouvelle, une Afrique qui ne s’incline pas ; une Afrique qui n’est pas une Afrique de boys ; une Afrique qui est indépendante ; ce qui est intolérable pour les Français pour les dirigeants français. C’est pourquoi il est devenu un symbole. Quand le Président du Nigéria admet que Sarkozy lui téléphone dix fois par jours. Est- ce que ce dernier téléphone à Sarkozy lorsqu’il chasse les rom de France ?

    AXE ABIDJAN–PARIS : POUR UNE NOUVELLE COOOPERATION

    Jacques Vergès : « Vous avez 15 milliers français qui vivent honnêtement ici. Vous avez les sociétés françaises qui ont obtenu le pétrole, l’eau, le pétrole, le port avec des accords normaux. Maintenant, il ne s’agit pas de traiter la Côte d’Ivoire comme une colonie. Il ne s’agit pas de demander au patron de Côte d’Ivoire de donner un peu d’argent pour les élections en France, comme cela se passe avec d’autres pays africains. Relisez les documents de wikileaks et vous verrez. »

    LAURENT GBAGBO : PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

    Roland Dumas : « nous obtenu de le voir en premier parce qu’il est Président de la Côte d’Ivoire. Dès demain, on rentre à Paris on va faire des conférences de presse. On nous a donné un certain nombre de documents. Nous allons les dépouiller, les regarder et faire un livre blanc et assurer la défense des autorités en place »

    LA COTE D’IVOIRE : UN ETAT INDEPENDANT

    Jacques Vergès : « La France n’a pas à traiter la Côte d’Ivoire comme une colonie. La Côte d’Ivoire est un pays indépendant qui doit être respecté. La Côte d’Ivoire a consenti à des sociétés françaises des accords extrêmement favorables : Total pour le pétrole ; Bolloré pour le Port ; Bouygues pour l’eau. Les Ivoiriens n’entendent pas à être traités en domestiques. Nous ne pouvons pas admettre que l’Ambassadeur de la France prenne le patron de la Commission Electorale Indépendante (CEI) par le bras. Ce n’est pas possible !

    APPEL AUX AUTORITES FRANCAISES

    Jacques Vergès : « Nous voulons dire aux autorités françaises : n’oubliez pas le Vietnam, vous étiez plus fort parait-il ; il y a eu Bien Dien Phu. En Algérie vous étiez plus forts en votre temps. Il ya eu la défaite. Si vous attaquez la Côte d’Ivoire comme vous voulez le faire, ce sera votre tombeau »

    APPEL AUX IVOIRIENS

    Roland Dumas : « Il faut que les Ivoiriens aient confiance en leur avenir, en leur Président et en nous ; Parce que la vérité finit par toujours pas triompher et elle triomphera »


    M° Vergès, trublion du barreau et de l’anticolonialisme rappelle comme à son habitude quelques vérités douloureuses de la France pots-coloniale et prévoit le pire si elle mettait le doigt dans l’engrenage militaire, un peu comme cet ancien ambassadeur américain qui à la veille de l’intervention d’une force onusienne en Somalie dirigée par les Etats-Unis avait dit : « Vous avez aimé Saigon ! Vous allez adorer Mogadiscio ! » Et effectivement ce fut un désastre militaire suivi d’une retraite piteuse même si les populations civiles avait pu bénéficier d’aide alimentaire. Depuis la Somalie est retournée sous l’emprise de ses chefs de guerre, n’a plus d’Etat et a développé énergiquement une juteuse industrie de piratage maritime et de prise d’otages.

    Vergès a raison, il faut rester loin d’Abidjan mais il eut été également opportun qu’il ne s’y rendit point pour faire le mondain devant les télévisions. Quant à Dumas, son âge et son sulfureux passé plaident plutôt pour une retraite paisible au milieu des porcelaines délicates de son Limoges natal qu’au cœur d’un conflit qui le dépasse.

    Messieurs les avocats mondains : tirez les premiers ! Et restez chez vous plutôt que d’attiser le trouble dans un pays qui n’est pas le vôtre ; laissez faire la palabre africaine qui parviendra bien à trouver une solution présentable. Après tout Soro (ex-rebelle du nord) a bien été premier ministre de Gbagbo président de la République (ex-rebelle du sud) plusieurs années durant. On pourrait peut-être trouver un compromis de ce style dans le nouveau contexte d’aujourd’hui ?

  • Les avocats français de l’ex-président Gbagbo

    AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

    Côte d’Ivoire : toujours l’impasse ; Gbagbo : toujours aussi malin !

    Le voilà maintenant qui reçoit devant toutes les télés mondiales Roland Dumas et l’inénarrable Jacques Vergès. Il arrive à réactiver la Françafrique moribonde. Pendant ce temps les médias franchouillards rivalisent de débats oiseux sur le sujet et nos politicards y vont chacun de leurs communiqués dans un sens ou l’autre. Gbagbo réussit à impliquer la France là où elle ne devrait pas l’être. La facilité avec laquelle nos élites se laissent embobiner dans un conflit qui ne concerne pas la République est affligeante d’absence totale de vision politique et subtilité.

  • Gbagbo menace

    Les pays africains demandent à Gbagbo de laisser le pouvoir et menacent, Nigéria en tête, de lever une armée pour l’y aider s’il ne s’exécutait pas assez vite… Gbagbo crie au complot international dirigé par la France. On n’est pas sortis de l’auberge !

    En principe l’armée ivoirienne devrait se débiner assez vite quand elle verra une force étrangère montrer les dents mais on ne peut exclure une résistance de forme qui, dans les rues d’Abidjan, risque d’être sanglante. Le temps que ses pairs se mettent d’accord et trouvent les financements nécessaires à leurs bataillons il risque de couler un peu d’eau sous le pont de Gaulle qui survola la lagune au bout de l’avenue Giscard d’Estaing, le temps peut-être d’un palabre africain qui pourrait déboucher sur un compromis ?

  • Conseils de prudence

    La France suggère à ses ressortissants de quitter provisoirement la Côte d’Ivoire tout en précisant qu’il n’y a pas de danger immédiat. Eh bien nous leur conseillons ici de quitter définitivement ce pays car le danger est réel, immédiat et, malheureusement, permanent.

  • Gbagbo joue la montre en Côte d’Ivoire

    Il est malin Gbagbo, il est très malin. Il s’est exprimé calmement à la télévision en expliquant qu’il est le président élu de la Côte d’Ivoire mais qu’il est tout disposé à coopérer avec tout le monde, tout en qualifiant Ouattara de rebelle : « Je tends la main du dialogue. Je tends la main à l’opposition, à M. Ouattara et à la rébellion armée (Forces nouvelles, FN) qui le soutient »,

    Gbagbo s’incruste et le temps joue sans doute pour lui. Qui est prêt à lever une armée pour aller le déloger ? La France ? J’espère que non… L’ONU ? Cela me paraît très peu probable. Les Etats-Unis ? Ils sont déjà suffisamment occupés entre Kaboul et Bagdad.

    En fait il sait que pas grand monde n’est prêt à mourir pour Abidjan pour y déloger un roitelet pas plus mal élu que Loukachenko en Biélorussie, ou bien d’autre. Gbagbo et les siens jouent très habilement sur la fibre populiste, réclament le départ de l’armée française (c’est toujours un message porteur) et propose aux emmurés de l’hôtel du Golf de rejoindre leurs domiciles sains et saufs. Ils sont un peu réticents ce qui est compréhensible quand on sait comment le Général Guéi (ex-chef d’Etat arrivé au pouvoir en 2000 par un coup d’Etat) a été assassiné avec sa femme en 2002 et comment Ouattara lui-même n’a dû sa survie qu’en escaladant son mur mitoyen avec la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne).

    Le plus drôle dans l’histoire c’est que la communauté internationale a déclaré Ouattara gagnant car estimant qu’il y a eu autant de fraude des deux côtés et que donc les résultats sont acceptables.

  • La France se mêle de ce qui ne la regarde pas beaucoup

    Des députés socialistes français pro-Gbagbo devisent sur les plateaux télévisés face à des Ivoiriens pro-Ouattara installés en France, sur les fraudes électorales des deux camps. Dialogues de sourds, parfaitement inutiles et particulièrement inopportuns depuis la capitale de l’ancienne puissance coloniale. Galouzeau de Villepin y est aussi allé aujourd’hui de son interview appelant à la concertation des parties.

    Il faudrait surtout que les hommes politiques français fassent silence sur ce sujet bien trop compliqué pour être laissé à leurs débats simpliste et populistes. La simple parole d’un responsable français dans un sens ou dans l’autre ne fait qu’attiser le feu qui couve. Il faut juste se taire et laisser faire la communauté internationale qui pour le moment est assez unanime.

  • La réponse du berger à la bergère…

    Et voilà : en réponse à l’ultimatum du président français Sarkozy, son alter-ego ivoirien Gbagbo demande le départ des troupes françaises et de l’ONU et son ministre de la Jeunesse M. Blé-Goudé appelle à la révolte des jeunes patriotes.

    Une partie des Français qui avaient été évacués de Côte d’Ivoire après les très violents affrontements entre l’armée française, sous mandat de l’ONU, qui avaient déclenché des agressions diverses des jeunes patriotes contre des Français, sont revenus dans ce pays ensuite. Il est à craindre qu’ils doivent une nouvelle fois refaire leurs valises sous peu.

    Il faudrait aussi qu’ils se posent une nouvelle fois la question du sens de leur présence dans ce pays, leur « risque vital » est engagé par les temps qui courent. Certes certains d’entre eux y ont accumulé toute leur vie, économique et affective, mais à trop insister ils risquent de l’y perdre. Et puis le nombre de militaires français a considérablement diminué et il vaut mieux ne pas trop parier sur la combattivité des bataillons de forces multinationales de l’ONU en cas de coup dur.

    Le chroniqueur se souvient lorsque perdu au milieu de la brousse centrafricaine en 1996/97 il a vu les troupes françaises se retirer et remettre les clés de leurs bases aux forces locales, avoir été moyennement rassuré…

    Le tribunal pénal international commence à rappeler que Gbagbo et les siens pourront y être inculpés en cas de dérapages violents. Sera-ce suffisant pour effrayer les usurpateurs ? C’est peu probable, ce qui se passera demain est un autre jour.

  • La guerre civile s’aggrave en Côte d’Ivoire

    Les armes sont en train de parler en Côte d’Ivoire entre les partisans d’Alassane et l’armée qui a fait allégeance à Gbagbo : quelle tristesse ! La prochaine étape va être un déchaînement anti-étranger ciblé contre la France.

    Le président français Sarkozy s’agite et a pris la parole aujourd’hui pour fixer un ultimatum à Gbagbo pour qu’il remette le pouvoir à celui qui semble avoir gagné les élections. Il ferait mieux de se taire et de laisser parler le président de l’Union européenne plutôt que d’agiter le chiffon rouge devant des gens qui haïssent la France et y trouveront, comme souvent, prétexte pour la rendre responsable de tous leurs maux. En attendant c’est l’ONU qui est la cible des agités locaux.

    Quelle tristesse !

  • Compromission française

    Le député socialiste Guy Labertit a assisté à l’investiture discutée de Laurent Gbagbo à la présidence de la Côte d’Ivoire. Il a été délégué à l’Afrique du Parti Socialiste des années durant et semble particulièrement proche de Gbagbo. Pas sûr que sa présence à une investiture faisant suite à une élection pour le moins discutée ne soit bien appropriée !

  • Confusion en Côte d’Ivoire

    Ça y est, Gbagbo a franchi le rubicond. Il s’est fait investir président de la République de Côte d’Ivoire après que le conseil constitutionnel a invalidé les votes de plusieurs régions du nord du pays. De ce fait il devient majoritaire alors qu’en décomptant toutes les voix, Alassane l’emportait. L’ONU, la commission électorale locale et quelques Etats, dont la France, ont reconnu Alassane.

    Le site web de Gbagbo diffuse des messages haineux (et ponctués de fautes d’ortographe) :

    La sévère mise en garde des autorités ivoiriennes à Young Jin Choi

    Sem Alcide DJÉDJÉ, ambassadeur de la Côte d’Ivoire auprès des nations unies et conseiller diplomatique du président de la république, était hier soir sur les antennes de la télévision nationale. Le diplomate ivoirien que la présentatrice du journal télévisé, Awa Tabitha recevait sur son plateau, est venu protester énergiquement contre les (déclarations tonitruantes ), les ( dérives graves) auxquelles s’adonnerait le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire.

    En effet, il est reproché au patron de l’organisation des nations unies pour la cote d’ivoire (Onuci) d’avoir déclaré sur la chaine onusienne (onuci-fm= qu’il reconnaissait uniquement comme président de la république de cote d’ivoire (en sa qualité de certificateur du processus électoral), le candidat que selon lui , la commission électorale indépendante aurait annoncé comme vainqueur provisoire du second tour de la présidentielle ivoirienne.

    Une telle déclaration, dans le contexte post électoral ivoirien, très surchauffé, ressemble fort à une invite faite aux partisans de l’adversaire du chef de l’Etat Laurent Gbagbo, à contester dans la rue, par des méthodes non légale, le verdict des élections que vient de donner le conseil constitutionnel ivoirien.

    Choi serait allé très loin, (il est en pleine dérive), il traite certains observateurs qui ont suivi l’élection présidentielle sur le territoire national, notamment les africains de peu crédibles, contrairement aux observateurs occidentaux.

    En se positionnant par ailleurs comme le dernier recours au niveau des institutions républicaines ivoiriennes, après la Cei et le conseil constitutionnel, Choi outre passe ses prérogatives et devient, aux dires de Sem alcide DJEDJE, un (agent de déstabilisation).

    Car dans son entendement de ce fonctionnement onusien, il peut casser la décision prise par le professeur agrégé de droit, Paul Yao N’dré, président du conseil Constitutionnel de cote d’ivoire. Evidemment, les attitudes et comportements de ce fonctionnaire onusien, en charge d’accompagner le processus de paix en cote d’Ivoire, heurtent les consciences en cote d’Ivoire.

    Au point ou l’ambassadeur alcide DJEDJE, d’un ton ferme , à déclaré que , « si Choi continue d’agir comme il est en train de le faire actuellement, nous serons obligés de demander son départ de la cote d’ivoire », qui faut-il le rappeler , est un État membre à part entière de l’organisation des nations unies. Un État souverain qui ne saurait s’encombrer des maladresses d’un fonctionnaire onusien qui devient un problème pour le pays.

    Dépêche – 04/12/2010 | 12:13

    S’autoproclamant président de la république de Côte d’Ivoire, en méconnaissance totale des lois ivoiriennes qui régissent les élections, Alassane Ouattara, pour sa première déclaration médiatique en cette qualité (surfaite) aurait déclaré ceci sur des médias étrangers : « …je demande aux fds de libérer la radio diffusion télévision ivoirienne….je demande au conseil constitutionnel de revenir sur sa décision…. » Comme c’est pitoyable et risible de la part de ce mauvais perdant.

    Les dés sont jetés et on peut craindre que les prochaines semaines ne soient sanglantes. Ce coup de force va laisser des traces. L’acharnement d’un clan à refuser l’alternance risque de mener au pire. Pauvre Côte d’Ivoire.

  • La Côte d’Ivoire à la dérive

    La Côte d’Ivoire au bord du gouffre : quelle tristesse ! Laurent Gbagbo, un dictateur d’opérette refuse de laisser le pouvoir à l’issue de la victoire électorale de son opposant n°1 qui ne vaut sans doute guère mieux mais à qui on attribue une compétence en matière de gestion suite à de nombreuses années passée au Fonds monétaire internationale. Laissons le bénéfice du doute à Alassane Ouattara et espérons qu’une alternance sera possible sans trop de morts !

    Gbagbo et ses affidés s’accrochent au pouvoir car il est très probable qu’il y aura des règlements de comptes sanglants entre le nord et le sud du pays, et ils craignent pour leur peau. Espérons qu’Alassane saura retenir ses troupes. Mais comme tout ceci est regrettable.

  • Succession dynastique au Gabon

    Le Gabon qui a été géré de façon relativement opaque et autocratique par Omar Bongo 41 ans durant, va maintenant devoir se colleter le fiston : Ali. Il est peu probable qu’il réitère l’exploit de papa qui a tenu presqu’un demi-siècle mais comme tout ceci est indécent, pauvre Gabon !

  • Lutte de classe

    Retour sur le discours d’Obama au Ghana le 11 juillet 2009 qui est marquant. Son statut afro-américain et son charisme lui ont permis les mots que beaucoup de monde pense mais que rares sont ceux qui se risquent à les prononcer de peur de les prendre en boomerang-retour. Obama rend hommage à la vigueur du Ghana, sa route vers la démocratie et la réussite économique tout en rappelant que l’Occident n’est plus responsable de tous les malheurs du continent et que l’Afrique doit s’atteler à la résolution des maux qui la pénalisent. Pour ce faire elle aura l’aide des Etats-Unis. Il a fait un triomphe !

    Le plus cocasse c’est que le fameux discours de Sarkozy à Dakar en 2007 ne disait pas des choses fondamentalement différentes. Elles étaient exprimées de façon sensiblement plus maladroite : beaucoup trop de « je » (c’est l’égocentrisme, péché-mignon propre à Sarkozy), un ton professoral et moralisateur, et beaucoup trop de temps passé à l’autojustification de la colonisation tout en admettant ses excès. Le fonds y était mais la forme a fait défaut. Il y a des choses que l’ancienne puissance coloniale ne peut pas dire, Sarkozy en a fait l’expérience.

  • Prise d’otages français en Somalie

    Deux officiers français en mission d’on ne sait trop quoi se font enlever en Somalie par des hordes locales. Quels que soient les contours (plutôt flous) de leur mission, il faut quand même avoir du cran pour aller marauder dans ce pays alors que l’armée française y a tué plusieurs pirates dans des opérations médiatisées de récupération de navires et la justice française détient certains autres dans ses geôles à Paris, et que l’on connait la frénésie de vengeance qui anime ces pirates !