Catégorie : Asie

  • La marche des forbans vers l’inconnu

    La marche des forbans vers l’inconnu

    Le déclenchement de la guerre américano-israélienne de février 2026 contre l’Iran est politiquement comparable à l’invasion russe de l’Ukraine lancée en février 2022. Les deux sont le fait de régimes qui ont décidé que le concept de « droit international » ne s’appliquait plus à elles car bridant leur ambitions historiques et civilisatrices. Etats-Unis et Russie ont lancé leurs forces armées contre leurs ennemis en pensant qu’elles n’en feraient qu’une bouchée et que les régimes politiques gouvernant l’Ukraine comme l’Iran tomberaient comme des fruits mûrs en quelques semaines de combat.

    L’ex-empire soviétique pensait que les citoyens ukrainiens accueilleraient les soldats de l’armée rouge comme des libérateurs venant les sortir des griffes du régime de « nazis drogués » qui les gouverne. Le nouvel empire américain s’attendait à ce que la population iranienne descende dans la rue pour achever le travail de déstabilisation déjà bien entamé par des campagnes de bombardement intenses. Dans les deux cas, jusqu’ici, la réalité ne s’est pas déroulée comme les plans le prévoyaient. Après plus de quatre années de guerre l’Ukraine se défend toujours avec vaillance et l’armée russe n’a que peu progressé au-delà de la province du Donbass depuis trois ans. En Iran, malgré les rodomontades du gouvernement américain et ses communiqués de victoire, le régime tient bon, les dirigeants assassinés ont été remplacés, l’armée religieuse continue à lancer missiles et drones à tout-va, bloque partiellement le détroit d’Ormuz créant ainsi une crise économique mondiale et, surtout, attaque les pays arabes du Golfe persique ruinant sans doute pour longtemps leur réputation de havre de paix particulièrement attractif pour les touristes blingblings du monde entier, les narco-trafiquants et le recyclage de capitaux de toutes origines.

    Ce chaos guerrier aux forts relents post-coloniaux, néo-impérialistes, risque de laisser des traces durables dans la géopolitique mondiale, sans parler de la crise économique qui sourd sur la planète entière. Les pays agresseurs n’arrivent pas pour le moment à mettre fin aux guerres qu’ils ont initiées. Ils présentent l’un et l’autre des revendications pour le moment inacceptables par les pays agressés. Comme ceux-ci continuent de résister militairement contre vents et marées, ou, à tout le moins, d’être en mesure de déployer une capacité de nuisance certaine, ils ne sont pas acculés à signer leurs redditions comme le furent l’Allemagne ou le Japon en 1945. Alors ils continuent à faire valoir leurs « arguments » et leur volonté de survivre à coups de missiles ou de canons, et surtout à force de beaucoup d’ingéniosité, comme inspirés par le désespoir.

    Evidement tout est relatif : vu de « l’Occident collectif » on préfèrerait que l’Ukraine s’en sorte et que l’Iran tombe. Ce serait une espèce de revanche pour toutes les attaques subies en provenance de l’ex-empire soviétique depuis la révolution bolchevique de 1917, et d’Iran depuis la chute du Shah, plutôt prooccidental, en 1979. Mais du côté du « Sud global » c’est exactement la position inverse et on ne serait pas mécontent que les Etats-Unis avalent leur chapeau comme revanche contre « l’impérialisme occidental », dont ils furent les leaders depuis la fin de IIe guerre mondiale, comme gage d’un certain rééquilibrage géopolitique du monde du XXIe siècle.

    Les grandes puissances émergentes, voire déjà significativement émergées, comme la Chine et l’Inde penchent nettement en faveur de ce rééquilibrage et le font savoir. Le plus édifiant dans cette affaire est que les deux forbans qui gouvernent aux destinées de la Russie et des Etats-Unis semblent creuser leurs propres tombes. Les années à venir diront si l’occident continuera vers ce déclin déjà maintes fois annoncé depuis cinquante ans, ou si un ultime sursaut lui permettra de repousser cette échéance. Désormais « Sud global » et « Occident collectif » utilisent les mêmes méthodes en cherchant à obtenir par la force ce qu’elles échouent à convenir par la diplomatie. Toujours membre de cet occident tant rejeté par une partie de la planète, l’Europe reste l’une des dernières entités à défendre l’Etat de droit et les valeurs internationales telles que définies par l’Organisation des Nations Unies, notions en grave danger d’extinction. Elle est bien seule dans ce combat.

    Quoi qu’il en soit il est peu probable que tout revienne comme avant, un « avant » où le système international avait été bâti, par et pour l’URSS et les Etats-Unis, sur les ruines de l’Europe de 1945. Les deux guerres en cours, dont on ignore encore quand et comment elles se termineront, semblent avoir déjà sérieusement entamé le crédit de la Russie et des Etats-Unis. L’avenir à court terme dira si, en plus, elles ont affaibli ces deux Etats hégémoniques au profit des nouvelles puissance mondiales dominées par l’Inde et la Chine, plutôt avec brio, et où le concept de démocratie est relayé aux oubliettes.

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    Du Rubicon au Golfe persique

  • Du Rubicon au Golfe persique

    Du Rubicon au Golfe persique

    Une coalition américano-israélienne a franchi le Rubicon et lancé un assaut militaire aérien important contre l’Iran ce 28 février dernier. Dès la première nuit de l’intervention armée le « guide suprême », sorte de grand chef religieux qui préside à la destinée du pays depuis 1989, est bombardé et y laisse la vie avec une partie son équipe dirigeante. Depuis un mois les raids aériens coalisés se succèdent nuits et jours et les destructions matérielles semblent assez importantes à Téhéran comme dans d’autres villes. En principe ne sont visées que les infrastructures liées au pouvoir et à ses forces de sécurité mais il est à craindre d’inévitables dommages collatéraux. D’ores et déjà une école de jeunes filles située à côté d’une installation militaire aurait été bombardée « par erreur » et les autorités iraniennes parlent de 150 fillettes mortes.

    Quoi qu’il en soit, cette guerre déclarée contre le régime religieux iranien est un coup de tonnerre dans un monde déjà sérieusement bouleversé par les errements des nations et, surtout, par le désir de revanche du « Sud global » contre « l’Occident collectif ». L’Iran fait partie du premier groupe et a su liguer contre lui nombre de pays occidentaux à force d’avoir favorisé ou mené des actions terroristes qui ont fait des milliers de morts dans ces pays, ou de citoyens occidentaux tués dans des pays proche ou moyen-orientaux. La France n’est pas en reste qui a vu se déchaîner le terrorisme sur son territoire depuis les années 1980 via des attentats d’inspiration, ou d’exécution directe par des religieux iraniens, sans parler des attentats contre ses troupes au Liban en 1983 (58 morts militaires français et 241 morts militaires américains).

    L’Iran n’est donc pas vraiment un pays ami de l’Occident ni d’Israël (« l’Etat sioniste » comme il est appelé dans la doxa iranienne officielle), sur qui il déverse sa haine et ses menaces d’anéantissement depuis des décennies. Après avoir été porté au pouvoir dans l’enthousiasme en 1979 par une révolution populaire pour mettre fin au régime autocratique du Chah d’Iran, le régime religieux est désormais régulièrement contesté de l’intérieur par une partie de sa population mais le pouvoir exerce une répression féroce pour se maintenir aux commandes, avec succès jusqu’ici. Comme toujours dans les dictatures, une autre partie de la population vit de celle-ci et lui apporte son soutien. La haine ancestrale entre les Arabes et les Perses fédère également nombre de pays voisins du Golfe persique contre ce pays et vice versa.

    Fort de son histoire millénaire et de ses ambitions islamiques plus récentes, le pouvoir iranien affiche sa volonté d’imposer un modèle politique et religieux à sa population (90 millions d’habitants) et au reste du monde. Pour assurer sa survie et accroître son « influence » le pays développe un programme nucléaire militaire qui effraie considérablement le reste de la planète tant imaginer un bouton nucléaire au bout des doigts d’un descendant de Prophète laisse craindre le pire.

    Depuis un mois que dure cette guerre les dirigeants politiques américains, et surtout le président Trump, paradent dans les médias en assénant des communiqués militaires de victoire décousus, les militaires sont beaucoup plus discrets, mais, surtout, l’Iran ne semble pas vraiment à genoux et riposte contre ses agresseurs et les pays arabes avoisinants, tout spécialement ceux abritant des structures militaires américaines. Accessoirement le détroit d’Ormuz est bloqué. Des avions américains ont été abattus ou détruits au sol, des morts civils sont à déplorer dans les pays de Golfe et en Israël. Les milices alliées du pouvoir iranien attaquent les intérêts américains et israéliens partout où elles peuvent. Les bombardements respectifs touchent maintenant les installations pétrolières et gazières de ces pays dont les économies sont plus ou moins à l’arrêt. Dans le reste du monde les prix de l’énergie augmentent significativement. On découvre par ailleurs que les pays du Golfe persique produisent des produits sidérurgiques et des engrais dont les exportations sont actuellement impossibles du fait du blocage du détroit d’Ormuz. La crise économique mondiale couve.

    Une nouvelle fois, « l’Orient compliqué » perturbe le reste de la planète, cette fois-ci avec la participation active des Etats-Unis d’Amérique. La religion plane au-dessus de ce nouveau conflit, même les dirigeants américains invoquent Dieu dans leurs communiqués. L’incertitude est totale ce qui ne présage rien de bon.

  • La Russie telle qu’en elle-même

    La Russie telle qu’en elle-même

    Alors que la guerre d’Ukraine va bientôt célébrer son 4e anniversaire une frange d’intellectuels russes publient régulièrement des essais et réflexions qui prônent la poursuite assumée, voire l’approfondissement, de la politique actuelle basée sur un nationalisme exacerbé, une volonté de conquête territoriale et le phantasme de rétablir l’empire soviétique, politiquement et géographiquement.

    L’interview donnée par Sergueï Karaganov en juin 2025 au site d’information Le Grand Continent va dans ce sens. M. Karaganov est qualifié « d’architecte de la géopolitique de Poutine » par le site. Plus factuellement il dirige un institut d’analyse en politique étrangère et de défense et participe à différents Think Tanks russes. Il est à l’origine d’une doctrine qui porte son nom et qui inspirerait le pouvoir actuel de Moscou.

    On suppose que la traduction française de l’interview est correcte. Il y développe la théorie que la guerre d’Ukraine est économiquement bénéfique aux Etats-Unis qui chercheraient aussi à l’utiliser pour « écraser » la Russie et qui n’ont donc pas intérêt à y mettre fin. Il préconise donc l’option nucléaire :

    La défaite totale de l’Ukraine — avec sa capitulation pure et simple qui pourrait avoir un effet domino sur l’Europe — reste notre objectif, mais elle sera extrêmement coûteuse, voire prohibitive, car elle conduirait à la mort de plusieurs milliers de nos meilleurs enfants, si elle n’était pas renforcée par un recours plus actif à la dissuasion nucléaire, ce que je préconise pour sortir de cette impasse.

    Le penseur est bien obligé de reconnaître que Moscou n’arrive pas à conquérir l’Ukraine aves des moyens militaires conventionnels, pas plus qu’un élan populaire ne porte les Ukrainiens de l’ouest à une annexion par la Russie, d’où sa volonté de casser cette résistance, quoi qu’il en coûte.

    L’idéologue détaille ainsi sa pensée sur la difficulté qu’il y aurait pour son pays à s’entendre avec les Etats-Unis ou avec l’Europe contre laquelle il marque encore plus d’agressivité que contre Washington :

    Je suis affligé par la trajectoire qu’empruntent les pays européens et l’Union européenne.

    À cause de la déchéance morale de ses élites, le projet européen est aujourd’hui dans l’impasse, après avoir atteint un certain apogée. La génération politique actuelle échoue sur tous les fronts et cherche son salut dans l’entretien d’une hostilité croissante, voire dans une préparation à la guerre contre la Russie, ce qui est proprement sidérant, une sorte de préparatif à un suicide rapide. Je pense que l’Europe collective est inévitablement amenée à se dissoudre. Il ne me semble pas qu’elle puisse tenir longtemps en tant qu’entité sans se désagréger.

    Je rappelle que je suis un Européen russe, bien qu’eurasiatique. Mais cela ne retire rien au fait que l’Europe a été la source des principales calamités de l’humanité au cours de ces cinq derniers siècles. 

    Il renouvelle la position largement diffusée en Russie et dans le « Sud global » que l’Europe est la puissance hostile à la Russie, voir l’entité qui l’attaque. Il se félicite que la guerre d’Ukraine ait provoqué le départ des citoyens russes européanisés, corrompus par les valeurs occidentales, attirés par la déchéance morale des élites européenne et par « l’eurofascisme ». La Russie est ainsi purifiée de ces traîtres qui ne reviendront jamais plus à la mère patrie.

    À la faveur de l’opération militaire, nous nous sommes débarrassés en un temps record d’une quantité considérable de personnes que je désigne comme de la « racaille ».

    Les Etats-Unis qui souhaiteraient la poursuite de la guerre d’Ukraine par intérêt, l’Europe qui « a été le berceau des pires courants idéologiques, de guerres monstrueuses, de génocides de masse » et qui est en pleine déliquescence, l’Alliance atlantique (OTAN) qui est un cancer qui va « crever », l’arme nucléaire comme seule porte de sortie pour vaincre l’Ukraine, l’homme ne mâche pas ses mots et il n’est pas le seul.

    Lire aussi : La Russie constante dans sa volonté de nuire à l’Occident

    Il est difficile de mesurer l’audience de ces théories radicales en Russie mais il est probable qu’elles sont inspirantes au moins pour les stratèges du Kremlin qui les mettent en œuvre avec « enthousiasme » dans les frontières russe reconnues internationalement mais aussi dans les territoires occupés en Ukraine, en Moldavie ou en Géorgie. On ne sait pas bien non plus si ces idéologues pensent vraiment ce qu’ils affichent ou s’ils élaborent ce discours paranoïaque et victimaire uniquement pour justifier leur soif de conquêtes, leur besoin de vengeance par suite de l’humiliation subie lors de l’effondrement de l’Union soviétique au siècle dernier. Quel que soit l’hypothèse, la Russie est devenue un pays hostile à « l’Occident collectif », avec une forte capacité de nuisance et sans doute pour longtemps encore.

    Cette guerre d’Ukraine a déjà bouleversé l’environnement géopolitique planétaire, et pas dans le sens du monde apaisé vers lequel l’Occident croyait avoir tracé une ligne droite depuis 1945. Personne ne sait bien quelle direction va prendre maintenant cette nouvelle route à l’heure où le système international, laborieusement construit depuis 80 ans, basé sur le droit et le consensus, au moins s’agissant d’un certain nombre de sujets communs (décolonisation, prévention des guerres, droits de l’homme, commerce, santé, réfugiés, culture, etc.) est en train de disparaître au profit d’un environnement sauvage et violent, où des camionneurs bas du front remplacent des diplômés de Harvard pour diriger les grandes puissances de ce monde. Les choses changent et bien malin qui peut prédire aujourd’hui si ce sera profitable ou non pour les générations futures, celles de nos enfants. Les « boomers » nés au cours des « trente glorieuses » craignent que non, mais les générations suivantes qui scrollent dans le métro des vidéos d’influenceuses à forte poitrine et faux-ongles extra-longs, résidant à Dubaï, ne sont pas forcément de cet avis. Sont-ils inquiets d’ailleurs ? Ils prennent progressivement les commandes du monde au fur et à mesure où les boomers le quittent. L’avenir dira ce qu’ils en feront.

  • FRANCHINI Philippe, ‘Continental Saïgon’.

    FRANCHINI Philippe, ‘Continental Saïgon’.

    Sorti : 1976, Chez : Equateurs (2015).

    Philippe Franchini est né à Saïgon en 1928. Son père, Mathieu, né en 1900 à Ajaccio en Corse, s’est installé en Indochine au temps de la présence française. Sa mère est vietnamienne, issue d’une riche famille locale. Mathieu est arrivé dans le pays à la suite d’un oncle pour y monter une petite affaire de mécanique automobile en 1924 avant d’acheter l’Hôtel Continental quelques années plus tard. L’établissement construit en 1880 dans la célèbre rue Catinat, en face du théâtre, présente un style colonial aujourd’hui un peu suranné. Il devint assez rapidement le centre du petit monde colonial français et de la grande bourgeoisie vietnamienne.

    Enfant à Saïgon Philippe découvre cet univers colonial, pas toujours très brillant, entre soirées mondaines dans la capitale et plantations dans les deltas, entre le business de l’opium et une armée en lutte contre différents mouvements de rébellion. Durant la deuxième guerre mondiale il apprend les compromissions du pouvoir colonial avec les forces de l’Axe pour conserver une illusion d’indépendance de l’Empire colonial français en Asie, jusqu’à ce que les Japonais occupent finalement le pays.

    Lui-même métis il est victime du racisme ambiant autant de la part des colons que des « indigènes ». Lorsqu’il reprend le Continental en 1965 des mains de son père, après quelques années passées en France, la défaite militaire française de Dien Bien Phu de 1954 a marqué la fin de la colonie indochinoise et l’indépendance du Viêt Nam qui reste divisé en deux entre le Sud et le Nord avec les germes de la guerre civile entre ces deux parties, l’une d’obédience communiste, l’autre pro-occidentale, division qui s’atténuera en 1975 avec la conquête du Viêt Nam du Sud par les forces communistes du Nord.

    Franchini raconte dans ce récit la vie en ex-Indochine (Viêt Nam, Cambodge et Laos) qui a fasciné tant d’apprentis colons, d’expatriés, de Corses ou de militaires : de la beauté des « congaï » à la langueur des fumeries d’opium, de la douceur des apéritifs mondain au Continental quand la chaleur humide de l’après-midi commence à baisser aux business douteux d’affairistes européens ambitieux, sans oublier un concept de domination coloniale dépassé mais qui n’abdiquera que par la force des armes rebelles.

    Durant l’épopée coloniale française, et même après, les Corses ont souvent été en bonne place en Asie et en Afrique, pour de bonnes et moins bonnes causes. A Bangui (République Centrafricaine) par exemple il existe encore une « rue des Corses » où est domicilié… le casino de la ville. Certains clans corses ont investi les colonies puis les ex-colonies, dans un environnement plus « souple » pour y dévelloper leurs affaires. Franchini les décrit d’ailleurs comme une communauté spécifique en Indochine.

    Enfant métis issu des deux mondes, il est aussi imprégné par les traditions vietnamiennes que lui enseigne la famille de sa mère décédée alors que Philippe n’avait que quelques années. Il raconte les séjours enchanteurs dans l’ile Ngu Hiêp propriété de ses grands-parents dans la région de Mytho mais aussi les relations un peu moyenâgeuses qui lient les différentes communautés vietnamiennes.

    Bien sûr le récit revient sur la guerre américaine quand le Continental était devenu le point de rencontre de la presse internationale couvrant ce conflit. On voyait alors se presser dans cette institution journalistes, écrivains, espions, « congaïs, barbouzes, militaires et idéalistes. Nombre d’auteurs ont cité ou mis en scène le Continental dans leurs œuvres, Graham Green (Un Américian bien tranquille), Malraux, Schoendoerffer, Lucien Bodard, Michael Herr (Putain de mort)… Mais l’aventure a pris fin en 1975 avec l’arrivée du Viêt-Cong à Saïgon pour rétablir l’unicité du pays sous la bannière communiste. L’Histoire a montré que le pays s’en est plutôt bien tiré et est devenu aujourd’hui l’un des farouches dragons asiatiques.

    « Continental Saïgon » a été publié pour la première fois en 1976, un an après la réunification. Philippe Franchini était revenu en France en 1975 juste avant la chute de Saïgon, sans doute plein des souvenirs encore prégnants de toute une époque qui a disparu alors que les Bô Dôi nord vietnamiens en pyjamas noirs, juchés sur leurs chars, défonçaient la grille du palais du président Thieu pour s’y installer. Franchini garde manifestement une certaine mélancolie de la vie asiatique qu’il a menée à la tête d’un hôtel devenu mythique, qu’il narre avec douceur et subtilité, et beaucoup de réalisme sur ce melting-pot de populations si fascinantes. Fin lettré il utilise dans son récit la graphie Viêt Nam qui fleure bon l’Indochine française, et non le Vietnam anglicisé comme adopté désormais aux Nations Unies ou sur le site de l’ambassade de ce pays en France…

    Franchini a repris le chemin de la France avec sa femme chinoise et leurs enfants. Il est devenu écrivain, historien et peintre, entre Ajaccio Paris.

  • La Géorgie regarde vers l’Est

    La Géorgie regarde vers l’Est

    La Géorgie, ex-république Soviétique (Staline est d’ailleurs né en Géorgie), à qui l’Union européenne a bien imprudemment délivré le statut de candidat à l’adhésion à l’UE, est confrontée à une contestation interne entre les proeuropéens et les prorusses. À la suite de la guerre de Géorgie en 2008, la Russie occupe deux régions géorgiennes et ne compte pas les rendre. Celles-ci, russophones et russophiles, ne semblent d’ailleurs pas très intéressées par quitter le parapluie russe.

    Lire aussi : La Géorgie et la Moldavie tiraillées entre l’Est et l’Ouest

    Pour le reste de la Géorgie toujours souveraine, le gouvernement en place affiche ses tendances prorusses et les sondages locaux, pour autant que ceux-ci soient fiables, montrent que seule une petite moitié de la population regarde vers l’ouest et serait intéressée par une adhésion à l’Union européenne (UE) qui impliquerait leur éloignement du monde russe.

    Ce pays, instable et pauvre, de 4 millions d’habitants, toujours entre un coup d’Etat et une invasion russe n’est clairement pas en mesure de remplir les conditions d’adhésion à l’UE. Il ne représente pas vraiment d’intérêt pour l’Union elle-même mais plutôt une source potentielle d’ennuis assez considérable si son adhésion devenait effective un jour. La motivation de sa population pour une adhésion semblant plus que modérée le mieux serait de ne pas insister et de laisser ce pays vivre sa vie, sans bien sûr s’empêcher de coopérer avec lui. Mais en faire un membre à part entière de l’UE est un défi hors de portée des deux parties. Quel besoin avait alors l’UE de délivrer un statut de candidat à l’adhésion à la Géorgie ? Il va être difficile de s’en défaire comme on n’a pas su l’annuler dans le cas de la Turquie même si plus grand monde ne pense que ce pays pourrait un jour devenir membre de l’UE. Juridiquement la candidature à l’adhésion tient toujours, comme pour l’Ukraine d’ailleurs.

    Lire aussi : Le syndrome de l’adhésion

  • La Russie constante dans sa volonté de nuire à l’Occident

    La Russie constante dans sa volonté de nuire à l’Occident

    En juillet 2021 le président russe a signé un long article de 15 pages qui justifiait comment l’Ukraine et la Russie ne formeraient qu’un seul et même pays que seules les forces maléfiques de « l’Occident collectif » s’évertuent à vouloir diviser pour monter la première contre la seconde.

    Je suis convaincu que c’est en partenariat avec la Russie que la véritable souveraineté de l’Ukraine est possible. Nos liens spirituels, humains, civilisationnels se sont tissés depuis des siècles, remontent aux mêmes sources, se sont endurcis par les épreuves, les réalisations et victoires communes. Notre parenté se transmet de génération en génération. Elle est dans les cœurs, dans la mémoire des personnes vivant dans la Russie et l’Ukraine modernes, dans les liens du sang qui unissent des millions de nos familles. Ensemble, nous avons toujours été et serons bien plus forts et performants. Après tout, nous sommes un seul peuple.

    Huit mois plus tard, en février 2022, les troupes russes envahissaient le voisin ukrainien et, presque quatre années plus tard la guerre fait toujours rage. Une partie de l’Ukraine est détruite ; on parle de centaines de milliers de morts et blessés des deux côtés ; on déplore les centaines de milliards d’euros déjà partis en fumée dans les chars et les canons ; on envisage avec crainte les centaines de milliards qu’il faudra dépenser pour reconstruire ce qui a été pulvérisé par les bombes et les obus.

    Lire aussi : Le président russe et l’Histoire

    Contre toutes attentes les troupes russes n’ont pas réussi à progresser en Ukraine au-delà de la partie est du pays, le Donbass frontalier avec la Russie. Elles occupent environ 20% du territoire, y compris la Crimée qui elle a été envahie en 2014. Depuis le déclenchement du conflit par Moscou le discours officiel russe consiste à asséner que c’est la Russie qui est attaquée et qu’elle est bien obligée de se défendre contre « l’Occident collectif », bien que ce soient des militaires russes qui stationnent sur le territoire ukrainien et non l’inverse.

    Un certain nombre d’idéologues nationalistes, voire slavophiles, appuient largement ce discours en l’assortissant de menaces pas du tout voilées contre cet Occident qui les obsèdent. L’hebdomadaire Le Point a publié en mars 2025 une interview de Vladislav Sourkov, l’inspirateur des premières années de la stratégie déroulée par le président Poutine. Son personnage avait été repris dans le roman de Giulano da Empoli « Le Mage du Kremlin » sorti en 2022. Dans son interview Sourkov explique qu’une victoire pour la Russie serait :

    L’écrasement militaire ou militaro-diplomatique de l’Ukraine. Le partage de ce quasi-Etat artificiel en ses fragments naturels. Il pourra y avoir, en cours de route, des manœuvres, des ralentissements ou des pauses. Mais cet objectif sera atteint.

    Plus inquiétant il développe l’idée que « Le monde russe est partout où l’on trouve une influence russe, sous une forme ou une autre : culturelle, informationnelle, militaire, économique, idéologique ou humanitaire… C’est-à-dire qu’il est partout. […] Nous nous étendrons donc dans toutes les directions, aussi loin que Dieu le voudra et que nous en aurons la force. » C’est en termes plus sophistiqués le slogan russe que M. Poutine a repris à de nombreuses reprises : « La Russie n’a pas de frontières, c’est là où des soldats russes ont posé leurs bottes. »

    Pour M. Sourkov l’Ukraine a été entraînée dans sa rébellion contre la Russie par les deux coups d’Etats soutenus par l’Occident en 2005 et 2014. La partie antirusse de sa population est minoritaire selon lui. Il prédit par ailleurs que la culture du Grand Nord unissant la Russie, l’Europe et les Etats-Unis s’affirmera comme seul gage de survie face au développement démographique insoutenable du Sud, mais cette unité sera faite au prix de conflits et de tragédies.

    Sinon, pour vous faire une idée de l’avenir de la France et des autres, vous n’avez qu’à lire Soumission, de Michel Houellebecq.

    Aujourd’hui ce sont trois diplomates russes qui publient un article intitulé « Brûler jusqu’à la Manche ? Quelles garanties de sécurité efficaces à l’heure d’un affrontement historique entre la Russie et l’Occident ». Le « Brûler jusqu’à la Manche » fait référence au refrain d’une chanson écrite par un groupe de rock pro-régime. L’article se réfère à l’histoire de la Russie et des multiples conflits dans lesquels elle fut impliquée. Le ton retenu par les rédacteurs est celui de la victimisation de la Russie sous les coups de l’Occident. De Napoléon à Hitler, les ennemis historiques de la Russie restent les mêmes et sont à l’œuvre aujourd’hui pour tenter de détacher l’Ukraine de la Russie et, plus généralement, de coloniser la Russie et de « déslaviser » la région. Alors la seule façon pour la Russie de négocier sa survie est d’abord de vaincre militairement l’Occident.

    Les expériences passées montrent que les pays occidentaux sont toujours mieux disposés à écouter nos propositions de refonte de l’architecture de sécurité (ou de simples garanties de sécurité) lorsque les troupes russes mettent le pied à Paris ou à Berlin.

    Les rappels historiques de ce papier passent sous silence les conquêtes territoriales russes obtenues par les armes sous la dynastie des Romanov (1613-1917) période durant laquelle le territoire russe s’est significativement agrandi gagnant des accès à la mer Baltique et à la mer Noire, et vers le sud. L’Union soviétique qui lui succéda ne fut pas en reste non plus et, au-delà des conquêtes territoriales, son impérialisme fut aussi idéologique en tentant d’élargir le champ d’action du communisme et de son « avenir radieux ». Alors tous ces conflits ont opposé la Russie à l’Occident (mais aussi au Japon) se sont terminés par des victoires ou des défaites, militaires ou idéologiques, des uns et des autres. Les Russes en concluent qu’ils ont été la victime permanente de ces tragédies de l’Histoire, c’est leur vision des choses et elle semble justifier pour eux à « redoubler d’agressivité ».

    Nous n’oublierons pas les leçons du passé. L’Occident n’a jamais voulu de la Russie en qualité de partenaire puissant et indépendant ; s’il la tolère, c’est comme victime ou comme trophée. L’heure est venue d’agir avec fermeté, assurance et détermination : c’est seulement alors que nous parviendrons à garantir notre sécurité et obtenir une paix durable à des conditions avantageuses pour nous. Toute hésitation et tout signe de compromis seront interprétés par nos ennemis comme une invitation à redoubler d’agressivité.

    On voit que l’invasion en cours de l’Ukraine n’est qu’un élément de la stratégie russe de lutte contre l’Occident, sans doute pas le dernier. Il est probable que la Russie va faire reparler d’elle tant elle affiche une volonté « d’agir avec fermeté, assurance et détermination ». Ces « actions » seront très certainement dirigées majoritairement contre l’Occident collectif qui doit s’y préparer et, pour ce faire, accepter de sortir du confort douillet dans lequel s’endorment les nations qui le composent. L’avenir risque de secouer un peu le cocotier de son immobilisme. Les pays voisins de l’ogre russe seront sans doute les plus « secoués ».

    Les sources

    L’article « Brûler jusqu’à la Manche ? Quelles garanties de sécurité efficaces à l’heure d’un affrontement historique entre la Russie et l’Occident » (décembre 2025)

    L’interview de Vladislav Sourkov (mars 2025)

  • Tentative risquée de réhabilitation de la Syrie

    Tentative risquée de réhabilitation de la Syrie

    Après avoir été reçu à la présidence de la République française avec gardes républicains au garde-à-vous dans la cour de l’Elysée le chef d’Etat syrien par intérim Ahmed al-Charaa a pu afficher sa barbe noire dans le bureau ovale de la Maison Blanche en compagnie du président américain. Au vu du pédigré terroriste du personnage, dont il ne s’est jamais caché, on frémit un peu de voir les pays occidentaux lui déployer le tapis rouge. Certes il faudra bien renouer un jour avec la Syrie, pays clé du Moyen-Orient, à l’histoire millénaire, mais qui aussi été à l’origine de bien des déconvenues pour les pays occidentaux qui ont tenté d’entretenir des relations d’Etat à Etat. Une nation dirigée par des forbans, une économie menée par des voyous, un pouvoir central contesté les armes à la main par les Kurdes toujours entre deux sécessions, les Alaouites, les Druzes et bien d’autres, des clans politico-religieux qui s’entretuent depuis des décennies, un territoire occupé par la Turquie au nord, par Israël sur le plateau du Golan, par des bases militaires américaines et russes plus ou moins sollicitées, une population ballotée au milieu de ces canailles, entre corruption, idéologies religieuses et pauvreté, qui a même été attaquée avec des gaz de combat par le pouvoir Assad (père puis fils) pour réprimer les contestations populaires, ce pays n’a quasiment jamais vécu en paix depuis son indépendance et s’est retrouvé un peu contre son gré au centre d’enjeux moyen-orientaux qui le dépassent.

    Cerise sur le gâteur, Alois Brunner, officier nazi qui fut un élément clé dans l’extermination des juifs durant la IIe guerre mondiale s’est réfugié en Syrie où il fut protégé par le régime d’Hafez el Assad et aurait même œuvré comme conseillé des services de sécurité syriens, services réputés pour leur barbarie. Lâché par Bachar, le fils d’Hafez qui a repris le pourvoir à la mort de celui-ci, il serait mort en prison dans les années 1990 ou 2000. Le gouvernement syrien n’a jamais collaboré avec les pays occidentaux qui demandaient l’extradition du chef nazi, ce qui n’empêcha le président français Chirac d’être le seul chef d’Etat occidental venu à Damas en 2000 assister aux obsèques d’Hafez el-Assad.

    La Syrie a elle-même toujours revendiqué sa prééminence sur le Liban dont elle n’a jamais véritablement accepté l’indépendance. Son armée a occupé ce pays et y a commis moulte attentats dont l’assassinat du premier ministre libanais Rafiq Hariri en 2005. Damas a copiné avec l’Iran de nombreuses années, participant activement au business diplomatique des otages, soutenant les mouvements terroristes de tous ordres pour nuire à l’Occident coupable de tous les maux ce qui n’empêchait ses dirigeants d’acquérir des biens immobiliers luxueux sur l’avenue Foch à Paris, à Londres et ailleurs.

    C’est en Syrie que le groupe terroriste religieux « Etat islamique » a installé ses bases dans les années 2010 et organisé, notamment, les massacres de novembre 2015 à Paris. La guerre civile durant ces années entre les groupes religieux syriens et le régime Assad a été terrible (plusieurs centaines de milliers de morts, souvent torturés dans des conditions effroyables), le pays grandement détruit et il faudra encore longtemps pour évaluer les conséquences financières, politiques et sociales de cette guerre sauvage !

    C’est la Syrie qui a majoritairement alimenté la crise migratoire des années 2020 durant lesquelles entre un et deux millions de réfugiés ont fuit leurs pays pour l’Europe. C’est aussi la Syrie du clan el-Assad qui a développé une industrie productrice du Captagon, une drogue dont elle a inondé le marché international et dont le pouvoir post-Assad chercherait à se débarrasser.

    Bref, au cœur de « l’Orient compliqué », la Syrie est un cauchemar pour les pays occidentaux et il existe une très forte probabilité pour qu’elle continue à l’être dans les décennies à venir. Un premier réflexe voudrait que les pays occidentaux se retirent définitivement de ce bourbier pour se consacrer à l’Europe où les défis militaires et financiers s’accumulent. Les dirigeants français et américain viennent d’en décider autrement en recevant le président syrien intérimaire, avec son lourd passé de terrorisme religieux, en déployant les flonflons de leur protocole. Notons tout de même que M. al-Charaa est entré à la Maison-Blanche par la porte de service et non par l’entrée officielle.

    Peut-être les Etats-Unis et la France font-ils preuve de vision en pariant sur ce dirigeant barbu, qui a au moins eu le mérite de faire tomber le clan el-Assad par les armes, mais on a du mal à être optimistes après des décennies de dérives dictatoriales et d’échecs dans tous les domaines des relations avec ce pays maudit.

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  • La Russie campe sur ses positions conquérantes

    La Russie campe sur ses positions conquérantes

    Avec une constance qui forcerait l’admiration s’il ne s’agissait d’une guerre fratricide contre l’Ukraine, le pouvoir russe continue à bombarder sans relâche son voisin et à exiger la cession des territoires du Donbass que Moscou a déjà juridiquement annexés sans les avoir encore totalement conquis, pour faire taire ses armes. Et on ne parle même pas de la Crimée qui, elle, est déjà conquise et annexée depuis 2014 par la Russie.

    Une partie de l’Europe continue à s’opposer politiquement à ces pratiques de voleurs mais n’a que des moyens limités pour ce faire et n’est pas prête à « mourir pour Kiev ». Les Etats-Unis et leur président populiste-conservateur font plus ou moins « ami-ami » avec la Russie et veulent en finir avec ce conflit qui les empoisonne et coûte cher. La malheureuse Ukraine continue à se battre vaillamment avec les armes et l’argent… des autres, même si son industrie militaire se renforce, mais elle recule sur le terrain. Et la guerre dure depuis 3 ans ½…

    Le texte fondateur de l’idéologie russe publié en 2021 pour justifier l’invasion est toujours d’actualité. Persévérance et mauvaise foi sont les armes déployées depuis trois ans par Moscou pour mettre œuvre ses conclusions.

    Je suis convaincu que c’est en partenariat avec la Russie que la véritable souveraineté de l’Ukraine est possible. Nos liens spirituels, humains, civilisationnels se sont tissés depuis des siècles, remontent aux mêmes sources, se sont endurcis par les épreuves, les réalisations et victoires communes. Notre parenté se transmet de génération en génération. Elle est dans les cœurs, dans la mémoire des personnes vivant dans la Russie et l’Ukraine modernes, dans les liens du sang qui unissent des millions de nos familles. Ensemble, nous avons toujours été et serons bien plus forts et performants. Après tout, nous sommes un seul peuple.

    Lire l’article complet (10 pages) : Le président russe et l’Histoire

    Tout le monde est fatigué de ce conflit et voudrait passer à autre chose. Il est à craindre que l’Ukraine ne soit le dindon de la farce et que l’Europe en sorte fragilisée avec une frontière russe qui se rapprochera des siennes. La Russie restera une puissance nuisible et antioccidentale pour encore des générations. Une espèce de nouveau « rideau de fer » va être tiré, tout de même plus à l’est que le précédent issu de la guerre froide, mais sans doute plus dangereux encore. Les mois à venir diront où il va être tiré exactement, à la frontière du Donbass ou sur celle de la Pologne avec l’Ukraine ?

    Les leçons qu’il va falloir bientôt tirer de cette guerre de conquête russe risquent d’être douloureuses pour « l’occident collectif » !

  • La dévastation continue au Proche-Orient

    La dévastation continue au Proche-Orient

    Les derniers mois ont été fertiles en « victoires » militaires israéliennes mais fort peu productifs en termes d’avancées vers une résolution du conflit millénaire qui ravage cette région. L’ingéniosité et la puissance de l’armée israélienne lui ont permis d’affaiblir considérablement les mouvements terroristes Hezbollah au Liban et Hamas dans la bande Gaza mais les soldats israéliens sont restés sur place à Gaza et les combats continuent. Des campagnes de bombardements ont été menées contre la Syrie et l’Iran, avec la participation des Etats-Unis contre ce dernier pays qui s’est défendu en tirant lui aussi des missiles sur le territoire d’Israël qui ont fait des morts.

    Les réservistes israéliens sont mobilisés de façon quasi-permanente depuis deux ans et on se demande d’ailleurs quelle est l’ampleur des effets négatifs sur l’économie du pays. On imagine que l’allié américain fait les fins de mois de l’Etat d’Israël en plus de financer son approvisionnement en armes. Les colons israéliens de la Cisjordanie occupée profitent de cette atmosphère guerrière pour accroître leur mainmise sur ce territoire. A Tel-Aviv, les ministres extrémistes de la coalition gouvernementale proposent de profiter de la situation « favorable » pour Israël pour annexer la Cisjordanie et expulser les populations palestiniennes de la bande de Gaza vers une destination qui reste à déterminer. Le président américain avait proposé après son investiture en début d’année de transformer cette bande en riviera méditerranéenne en endossant l’idée d’une expulsion de ses habitants, sans plus déterminer le ou les pays qui accueilleraient les quelques deux millions d’habitants, ni, bien entendu, prendre en compte leur volonté à quitter leur terre…

    Le cas de la bande de Gaza est particulièrement représentatif de l’imbroglio politique et militaire dans lequel est enfermé le Proche-Orient avec des effets dévastateurs sur les populations locales qui ont à déplorer des milliers de morts depuis le déclenchement de la guerre au lendemain des attaques terroristes contre Israël du 7 octobre 2023 et souffrent d’une très grave crise humanitaire. Après presque deux ans de guerre sur le terrain, des soldats israéliens continuent de tomber au combat et une cinquantaine d’otages (vivants et morts) sont toujours retenus à Gaza que l’armée de Tel-Aviv ne réussit pas à libérer. Des négociations pour un cessez-le-feu sont menées à Doha avec… le Hamas qui était supposé être détruit. L’embargo de ce territoire est quasi-total : les points d’entrée avec Israël sont fermés mais ceux aussi avec l’Egypte, ce que l’on a plus de mal à comprendre. On parle de famine et de pénurie de médicaments à l’intérieur de la bande alors que des centaines de camions attendent à l’extérieur pour délivrer des produits alimentaires et pharmaceutiques.

    Israël et les Etats-Unis ont mis en place une organisation non gouvernementale (ONG) spécifique pour distribuer de l’aide qu’elle est seule habilitée à distribuer dans des zones au sud de la bande, ceci afin d’éviter la mainmise du Hamas sur la distribution et l’utilisation politique qu’il en ferait immanquablement. Alors des flots d’habitants se précipitent vers les lieux de distribution dans un chaos indescriptible, sous le nez des soldats israéliens qui occupent Gaza. Des escarmouches se déroulent régulièrement qui se traduisent par des tirs. Un millier de morts serait à déplorer depuis la mise en place de cette organisation, chiffre fourni par les autorités locales, celles du Hamas donc. On ne sait pas bien qui déclenche ces fusillades. Israël se justifie en avançant le comportement « menaçant » de certains réfugiés qui se rapprocheraient trop dangereusement de ses positions déclenchant ainsi leur riposte. On sait le Hamas capable de manipuler les populations pour les lancer à l’assaut des points de contrôle israéliens alors la seule réalité sur laquelle on peut s’appuyer pour le moment est l’existence de ces personnes tuées alors qu’elles viennent s’approvisionner.

    Israël n’arrive pas vraiment à se sortir de la situation. Son gouvernement a choisi la guerre totale contre ses ennemis et cette politique est soutenue par les Etats-Unis d’Amérique. Les pays arabes qui craignent plus que tout l’extrémisme du Hamas et de ses mouvements affiliés, ainsi que celui de l’Iran, restent discrets sur les multiples conflits dans lesquels Israël est engagé. La voie est libre pour les jusqu’au-boutistes qui voient l’occasion rêvée d’accomplir la prophétie de l’ancien testament en étendant le « Grand Israël » du Jourdain jusqu’à la mer, le « pays où ruisselle le lait et le miel » promis par Moïse après l’exode du peuple juif d’Egypte où il était réduit à l’esclavage.

    Lire aussi : Anonyme, ‘La Bible – l’Exode’.

    La seule question qui vaille est de savoir si une telle politique est efficace pour amener la paix dans cette région et envisager, enfin, une cohabitation apaisée des pays qui la composent. On peut craindre que la réponse ne soit négative, d’autant plus quand certains envisagent calmement d’expulser les 2 millions d’habitants de la bande de Gaza, on ne sait où. La leçon de l’exode en 1948 de 700 mille Palestiniens après la défaite des forces arabes dans la guerre de 1948, dont on subit encore aujourd’hui les conséquences, n’a pas été tirée. Il est probable que les prochaines générations auront encore pour longtemps à gérer les suites de ce qui se passe actuellement au Proche-Orient qui n’est autre que la poursuite d’un conflit qui envenime les relations internationales depuis 80 ans, voire depuis 4000 ans.

    C’est en ça que l’on peut conclure que la politique des parties engagées dans ce chaudron n’est pas efficace. Mais qui aura de meilleures idées ?

  • Le Hamas et ses affidés sont toujours là !

    Le Hamas et ses affidés sont toujours là !

    Alors que la guerre entre Israël et le Hamas qui gouverne la bande de Gaza, continue de faire rage, ce dernier est toujours actif malgré la lutte à mort engagée par Tel Aviv dont l’un des objectifs de guerre est la « destruction du Hamas ». Ces derniers jours des soldats israéliens sont encore morts au combat, des roquettes étaient encore tirées depuis Gaza contre Israël le jour « anniversaire » de l’attaque du 7 octobre 2023 et, surtout, les otages israéliens sont toujours détenus dans les fameux tunnels creusés depuis des années par les forces du Hamas sous le territoire de la bande de Gaza sans que l’armée israélienne pourtant présente sur le terrain n’arrivent à les localiser et encore moins à les libérer.

    Certes le Hamas est sans doute considérablement affaibli au niveau militaire mais ses dirigeants sont remplacés les uns après les autres au fur et à mesure de leur élimination par Israël et l’idéologie du Hamas semble survivre à tout ce chaos. Malgré toute sa force brute et sa technologie de pointe Israël n’arrive pas pour le moment à vaincre cette idéologie. Et d’ailleurs, encore aujourd’hui, les Etats-Unis et Israël négocient avec… le Hamas pour obtenir la libération des otages détenus par celui-ci lui reconnaissant une certaine légitimité.

    Depuis le déclenchement de la guerre de Gaza au lendemain de l’attaque contre Israël des mouvements palestiniens terroristes en octobre 2023 qui a causé la mort de plus 1 200 israéliens, souvent dans des conditions effroyables, les forces armées israéliennes ont considérablement détruit les bâtiments et infrastructures de Gaza, éliminés sans doute une bonne partie des forces palestiniennes mais au prix de dizaines de milliers de morts gazaouis, de déplacements de populations civiles importants et de l’émergence d’une crise humanitaire sans précédent sur ce territoire minuscule sous blocus israélien et égyptien depuis des années.

    En tentant de faire abstraction de considérations morales on peut se demander si la politique israélienne actuelle envers Gaza (et la Cisjordanie) est efficace, en d’autres termes, met-elle fin à la menace palestinienne contre Israël ? La réponse est probablement négative. Elle ne fait que repousser le problème à plus tard. L’affaiblissement du Hamas n’implique pas son élimination et même si celle-ci était effective, les idées qu’il porte pourront aisément se réincarner sous une autre forme mais ne semble pas en voie de disparaître. L’ampleur des destructions constatées à Gaza et les violences silencieuses en cours dans les colonies de Cisjordanie ne devraient pas affaiblir les revendications palestiniennes.

    Les Etats-Unis proposent « d’évacuer » sans espoir de retour le peuple gazaoui (2 millions de personnes tout de même) et de transformer la bande de Gaza en « riviera méditerranéenne ». Les ministres israéliens religieux extrémistes veulent eux-aussi un « transfert définitif » des palestiniens vers un « Etat musulman » pour recoloniser Gaza. Pour le moment il y a assez peu de pays arabes qui se soient montrés volontaires pour accueillir cette population, c’est le moins que l’on puisse dire…

    La France et quelques pays raisonnables continuent à promouvoir la solution des Nations-Unies prévoyant de créer un Etat palestinien à côté de celui d’Israël. La faisabilité d’une telle restructuration s’éloigne de jour en jour tant que parlent les armes.

    On ne sait pas ce qu’Israël et la communauté internationale compte faire de cette bande de gaza dans les mois à venir. Il n’y reste plus grand-chose à détruire mais plus de 2 millions de personnes à nourrir. Il est des problèmes pour lesquels il faut se résoudre à ce qu’il n’y ait pas de solution, ni à court ni à moyen terme. Après tout ce conflit dure militairement depuis 1948, et religieusement depuis 4000 ans, depuis que « le peuple élu » est sorti d’Egypte pour traverser la Mer Rouge derrière les bras tendus de Moïse qui séparaient les eaux de la mer.

    La loi du plus fort va continuer de prévaloir au moins pour quelques générations mais sur la durée, la force peut aussi changer de camp, un jour, c’est l’inconvénient des conflits non résolus politiquement.

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  • KIEJMAN Claude-Catherine, ‘Svetlana, la fille de Staline’.

    KIEJMAN Claude-Catherine, ‘Svetlana, la fille de Staline’.

    Sortie : 2018, Chez : Editions Tallandier & Texto

    Il n’est sans doute pas facile d’être un enfant de Staline. Il en eut trois : Iakov issu d’un premier mariage avec Ekaterina Svanidzé, soldat de l’Armée Rouge, fait prisonnier par les Allemands durant le IIe guerre mondiale et que son père refusa d’échanger avec le maréchal von Paulus qui perdit la bataille de Stalingrad. Il se serait suicidé en se jetant contre les barbelés électrifiés du camp de concentration où il était détenu.

    Deux autres enfants issus de son second mariage avec Nadejda Alliloueva : Vassili, mort alcoolique dans les années 1960 après une vie tumultueuse, et Svetlana, sujet de cette intéressant biographie.

    Ekaterina est morte du typhus quatre ans après son mariage avec le dictateur. Nadejda s’est suicidée en 1932 probablement en raison de ses désaccords politiques avec son mari. Les belles-familles de Staline ont soit été liquidées soit enfermées de longues années dans les goulags du régime.

    Svetlana (1926-2011) était l’enfant préféré de son père et la traversée de tous les drames de son pays l’a durablement perturbée. Elle a été élevée jusqu’à l’adolescence dans le douillet confort d’un appartement au Kremlin et des datchas de la nomenklatura, situation à peine dégradée par la guerre contre l’Allemagne. Elle ignorait tout des purges sanguinaires menées par son père contre ses opposants et une grande partie du peuple soviétique, ni de la barbarie de la guerre mondiale.

    Elle découvre progressivement la tyrannie du régime soviétique mené d’une main de fer par son père en sortant de son cocon protégé et en arrivant à l’université pour y mener des études d’histoire sur « recommandation » de Staline qui refuse qu’elle suive une filière de lettres. Elle s’oppose à lui sur le choix de ses maris successifs. Son premier fiancé, bien plus âgé qu’elle, a été envoyé au goulag après que Staline ait forcé à leur rupture. Son premier mari était juif ce qui poussa Staline à refuser de le voir. Ils eurent un fils, Iossif, avant de divorcer rapidement. Un second mariage avec le fils d’un militaire de haut rang dans l’entourage direct du « petit père des peuples » dura à peine plus de temps et leur donna une fille, Ekaterina. Un troisième mariage en URSS fut anecdotique.

    1953 : Staline meurt au mois de février, le monde est troublé, le communisme mondial bouleversé et Svetlana se retrouve seule avec cette terrible hérédité. Des changements politiques apparaissent en URSS mais la nature profonde du régime ne varie guère. La fille du tyran reste sous la surveillance étroite du parti compte tenu du symbole qu’elle représente, surtout à l’extérieur du pays. Elle n’est pas vraiment libre de ses faits et gestes et doit se colleter avec les survivants de la répression ou les familles de ceux qui n’ont pas survécu. Le nom de « Staline » est tout de même lourd à porter, ce n’était d’ailleurs pas le vrai nom de son père. Elle obtient de reprendre celui de sa mère, « Allilouïeva », dont elle découvre d’ailleurs le suicide qui lui avait été caché au moment des faits.

    Elle poursuit des quêtes amoureuses sans lendemain jusqu’à ce qu’elle rencontre un communiste indien soigné en URSS qui meurt à Moscou quelques années plus tard. Elle est autorisés avec un visa « de sortie » de quelques mois à accompagner le rapatriement des cendres dans son village en Inde en 1967. C’est lors de ce voyage qu’elle demande l’asile politique aux Etats-Unis d’Amérique, ennemis jurés de l’URSS. C’est la stupeur, d’autant qu’elle laisse ses deux enfants à Moscou… Quelques mois après son transfuge à l’Ouest le premier ministre soviétique dira à l’occasion de son intervention à la tribune des Nations Unies :

    Svetlana est une personne moralement instable, une malade et nous ne pouvons avoir que de la pitié pour ceux qui l’utilisent pour discréditer l’Union Soviétique.

    Alexeï Kossyguine

    Elle publie alors une autobiographie « Vingt lettres à un ami » centrée sur la vie familiale avec son père qui crée quelques remous en pleine guerre froide, puis deux autres livres dont les droits d’auteur l’enrichissent avant qu’un nouveau mari américain et endetté ne la ruine. Ils ont une fille, Olga, et divorcent. Elle continue une vie d’errance dans différents Etats américains, assaillie par la nostalgie de la Russie et le souvenir de ses enfants restés sur place avec qui les liens sont quasiment coupés. Elle est aussi ballotée, voire manipulée, entre les intérêts géopolitiques de Moscou et de Washington. Elle n’arrive plus à écrire et voit ses rêves de devenir écrivaine s’envoler, comme d’ailleurs le reste de ses illusions.

    Elle est à la dérive lorsqu’en 1982 elle décide de revenir en URSS avec sa fille américaine, tant ses enfants russes lui manquent. Le régime est ravi de cette décision, lui réattribue la nationalité soviétique en lui faisant renoncer à l’américaine. Le retour est rude. Son fils, médecin, sombre dans l’alcool. Sa fille refuse de la rencontrer. En 1986 elle obtient l’autorisation (délivrée par Gorbatchev) de revenir aux Etats-Unis où elle meurt en 2011 après ses dernières années durant lesquelles elle vivait de l’aide sociale.

    Svetlana n’a pas réussi à s’extraire de sa terrible paternité ni de la dévastation qui l’entourait. Enfant elle a sauté sur les genoux de Beria, adolescente elle a assisté à des dîners-beuveries réunissant Staline, Molotov, Kroutchev, Boulganine et toute la fine-fleur de la barbarie soviétique. De multiples mariages, des enfants avec nombre de ces maris dont certains l’ont exploitée, d’autres l’ont quittée et, sans doute le seul avec lequel elle a pu partager un peu de sérénité, l’Indien, est mort de maladie. D’ailleurs le régime soviétique lui avait interdit de se marier avec lui. Fille adorée de Staline, sans doute le seul être humain pour lequel le tyran savait manifester de la tendresse, elle a été sa vie durant le jouet d’intérêts qui la dépassaient et dont elle n’a pas su se libérer. Comment l’aurait-elle pu d’ailleurs face à un père dont l’action et l’ambition l’ont amené à diriger la mort de vingt millions de personnes ? Comment ne pas se sentir plus ou moins complice d’un père à qui elle a été attachée dans sa tendre enfance ?

    Elle a cherché toute sa vie à devenir une russe « ordinaire » puis une américaine « comme tout le monde » et elle a échoué. C’était juste impossible lorsqu’on s’appelle Staline ! Elle mena à la place une vie d’errance sentimentale, géographique, familiale et politique. Un destin émouvant face au tumulte du monde dans lequel elle fut embarquée bien contre son gré. Il est définitivement difficile d’échapper à son hérédité !

  • Règlements de comptes en Syrie

    Règlements de comptes en Syrie

    Depuis le renversement en décembre 2024 du régime Al-Assad en Syrie un nouveau satrape dirige le pays, Ahmed al-Charaa. Celui-ci est issu du mouvement terroriste religieux Al-Qaïda dont il a appliqué l’idéologie mortifère durant la guerre civile syrienne, conflit interne qui est d’ailleurs loin d’être terminé. Depuis sa prise du pouvoir il essaye d’afficher une image plus lisse de sa personnalité ; il a coupé ses cheveux, ajusté sa barbe et porte des costumes-cravate sombres à l’occidentale. Son implication passée dans le mouvement terrorisme Al-Quaïda qui a été à l’origine d’une campagne de terrorisme d’une violence jamais vue, faisant des milliers de morts sur tous les continents de la planète, de l’effondrement des tours du World Center à New York en 2001 aux attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper-Cascher à Paris en 2015, devrait en faire un personnage indésirable à tout jamais.

    Il n’en reste pas moins qu’il est arrivé au pouvoir à Damas et se retrouve à la tête d’un pays dans un état de décomposition avancée dans lequel les tribus, les factions, les communautés religieuses, les intérêts économiques s’affrontent violemment. Quelle-que soit l’idéologie que le nouveau président auto-proclamé compte mettre en œuvre il va lui falloir gérer ces antagonismes. Il est à craindre que les règlements de compte entre communautés soient inévitables. Depuis quelques semaines ce sont les Alaouites qui sont massacrés par les autres communautés. Cette branche du chiisme est minoritaire dans le pays, le clan Assad en était issu. Il eut été étonnant qu’après 50 années de dictature barbare menées par les Assad les Alaouites puissent reprendre leurs habitudes comme si de rien n’était et sans que le reste de la population ne leur demande des comptes… Les forces religieuses officielles soutien de M. al-Charaa seraient directement impliquées dans les attaques contre les Alaouites mais leur dirigeant appelle à l’apaisement. C’est hélas une étape souvent inévitable dans ce genre de situation. La France a elle-même eu à faire face à une épuration extra-judiciaire après la libération entre 1944 et 1945 qui aurait fait dans les 10 000 morts. Certaines estimations parlent de 100 000 victimes…

    La pacification du pays ne sera pas facile après un demi-siècle de dérives sanguinaires. Les influences troubles de pays tiers, occidentaux comme arabes, dans le passé comme aujourd’hui ne vont pas faciliter cette tâche.

    La France serait bien avisée de ne pas s’impliquer politiquement dans ce processus où il n’y a que des coups à prendre. Après le désastre des expériences Kadafi et Assad reçus avec faste par la République avant de devoir être combattus militairement par Paris via des coalitions internationales, il serait opportun à l’avenir de ne considérer la Syrie et ses nouveaux dirigeants qu’avec des pincettes. Ne pas oublier le passé des dirigeants devrait être un mantra de la politique étrangère française. On peut rétablir des relations diplomatiques avec la Syrie, participer à la reconstruction du pays et son accompagnement via les organisations internationales de l’ONU et assimilées, mais surtout pas s’impliquer directement.

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  • Le Hamas et Rima Hassan en pleine forme

    Le Hamas et Rima Hassan en pleine forme

    L’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas sur la bande de Gaza continue à dérouler les différentes étapes convenues pour les libérations réciproques d’otages israéliens contre détenus palestiniens. Ce jeudi ce sont des cercueils qui ont été rendus par les Palestiniens à Israël, ceux de deux enfants et de leur mère, la famille Bibas, dont le père, lui aussi otage, a été échangé, vivant, il y a déjà quelques jours.

    Le Hamas et ses groupes assimilés ont utilisé la même mise en scène pour restituer les morts que pour les vivants : foule populaire rassemblée sur le lieu de remise des cercueils noirs à la Croix Rouge, soldatesque armée en uniformes rutilants, exposition des cercueils sous une grande affiche représentant le premier ministre israélien transformé en vampire. Et, bien sûr, une multitude de vidéastes officiels filmant la scène sous tous ses angles.

    Quelques heures plus tard on apprenait des autorités israéliennes que les corps des deux enfants avaient bien été identifiés mais que celui devant être leur mère était celui d’une femme inconnue. Le Hamas reconnaît rapidement une possible confusion dans les corps. On ignore pour le moment s’il s’agit d’une véritable erreur ou d’un acte réfléchi du groupe terroriste religieux. Un nouveau cercueil est ensuite remis à la Croix Rouge qui, cette fois-ci, contient bien le corps de Mme. Bibas.

    Les pays occidentaux, et même l’ONU, sont révulsés par ce théâtre médiatisé des échanges, appliqué aux morts comme aux vivants. Les non-occidentaux sont plutôt silencieux sur le sujet. De son côté, Israël qui libère des centaines de détenus palestiniens en application de ses engagements ne se résout pas à appliquer la même méthode audiovisuelle et il n’y a pas d’images diffusées de leur sortie d’Israël. Il y en a cependant de nombreuses de leurs arrivées en bus à Gaza. En revanche, les télévisions israéliennes diffusent des images des retrouvailles des otages avec leurs familles sans que l’on sache si lesdites familles sont d’accord pour cette publicité. On pourrait se passer de ces reportages un peu racoleurs et un peu plus de discrétion serait bienvenue sur ces moments d’intimité !

    La mort de ces trois otages, dont deux enfants enlevés alors qu’ils avaient 8 mois et 4 ans, est attribuée à l’une ou l’autre partie selon les cas. La Palestine qui a enlevé cette famille le 7 octobre 2023 accuse un bombardement israélien qui aurait atteint cette famille. Israël accuse le Hamas de les avoir assassinés. La députée française au parlement européen Rima Hassan a en tout cas tranché la question dans l’un des très nombreux messages propalestiniens diffusés sur son compte « X ».

    Rima Hassan sur « X » (19/02/2025)

    De nouvelles négociations seraient en cours pour arrêter les prochaines étapes de ce cessez-le-feu. Si elles échouent on peut imaginer la reprise de la guerre qui, probablement, n’atteindrait pas plus qu’avant le cessez-le-feu actuel son objectif de « la destruction du Hamas ». Entre temps, le nouveau président des Etats-Unis a proposé sa solution : déplacement des 2 millions de Palestiniens de la bande de Gaza en Egypte et en Jordanie, sans droit au retour, « prise de contrôle » de l’enclave par les Etats-Unis (?) et transformation de celle-ci en « riviera ». A ce stade les pays arabes ont manifesté leur opposition à ce projet.

    Il est à craindre que les générations futures aient encore à entendre parler longtemps du conflit israélo-palestinien et à payer pour la énième reconstruction de Gaza !

    Lire aussi : Le Hamas toujours là

  • Le Hamas toujours là

    Le Hamas toujours là

    A l’occasion d’un cessez-le-feu convenu entre Israël et les belligérants palestiniens de la bande de Gaza, entré en vigueur ce 19 janvier, on constate que le mouvement terroriste religieux Hamas et ses affidés (Jihad islamique et différents petits mouvements assimilés) n’ont pas été anéantis comme le souhaitait le gouvernement israélien lorsqu’il a déclenché la guerre en réaction à l’attaque meurtrière du 7 octobre 2023 contre son territoire. Malgré sa puissance militaire et les destructions considérables réalisées par son armée depuis plus d’un an dans la bande de Gaza, malgré les assassinats ciblés d’une grande partie des états-majors de ces mouvements, à Gaza comme au Liban, il apparaît que cet accord de cessez-le-feu a été négocié entre Israël et… le Hamas. Les otages israéliens emmenés le 7 octobre sont restés emprisonnés tout ce temps dans les fameux tunnels de Gaza sans que l’offensive israélienne ne parvienne à libérer la majorité d’entre eux.

    Les premiers échanges de prisonniers ont été réalisés la semaine dernière et « mis en scène » par le Hamas et le Djihad islamique d’une façon dont le professionnalisme ferait pâlir d’envie n’importe quel spécialiste de « l’évènementiel ». Des soldats en uniforme impeccable, affichant fièrement un armement rutilant, le front barré du bandana vert-islam, le site pavoisé de drapeaux palestiniens et des mouvements terroristes, une foule de Gazaouis plus ou moins menaçante et des opérateurs vidéo partout ; avant d’être remis à la Croix rouge, les otages israéliens sont passés sur une scène surélevée où leur ont été remis un « certificat de captivité » devant des slogans palestiniens graphés dans plusieurs langues sur une vaste toile en fond de scène. Avant de monter dans les véhicules de la Croix rouge ils ont fait un signe de la main en souriant à l’assistance sifflante. On peut imaginer aisément que ces manifestations « de joie » leur ont été imposées. On se croyait dans une émission de téléréalité…

    A leur arrivée en Israël d’autres caméras attendent les otages pour filmer le retour dans leur pays et les embrassades familiales. Bien sûr, ces reportages télévisés sont moins racoleurs que ceux réalisés à leur départ de Palestine mais on aurait pu se satisfaire de pas d’image du tout pour laisser à ces otages, plus tard, la décision de paraître, ou pas, devant les médias israéliens.

    L’armée de Tel-Aviv estime qu’une trentaine d’otages encore à Gaza sont morts. Ils sont probablement décédés soit du fait des bombardements israéliens, soit exécutés par leurs geôliers. Ce sont donc des cadavres qui vont être restitués. Sans doute le Hamas sera plus modeste pour la mise en scène de ces échanges, mais in ne peut jurer de rien.

    Depuis le début de ces échanges, Israël a libéré des dizaines de Palestiniens emprisonnés dans ses prisons et dont certains ont été condamnés pour de graves crimes de terrorisme. L’histoire se rejoue à peu près dans les mêmes conditions à chaque échange de prisonniers des deux camps. Lors de la libération en 2006 du soldat israélien Gilad Shalit après cinq ans de détention par le Hamas, Tel-Aviv avait dû libérer 1 000 Palestiniens. Parmi ceux-ci se trouvait Yahya Sinouar devenu ensuite chef du Hamas à Gaza et qui aurait conçu et dirigé l’opération du 7 octobre 2023, puis éliminé par l’armée israélienne en octobre dernier. Quelques jours plus tard, le mouvement nommait son frère, Mohammed Sinouar pour le remplacer.

    Près de 20 ans plus tard le même type de processus d’échange risque d’aboutir à des résultats comparables. Ces derniers jours ont montré que le Hamas et les autres mouvements sont toujours là, très certainement sévèrement affaiblis militairement parlant, mais, on peut le craindre, sans doute renforcés idéologiquement par suite des plus de 40 000 morts palestiniens (bilan présenté par le ministère de la santé de Gaza) et des destructions considérables du territoire.

    Le Proche-Orient se retrouve aujourd’hui face au même dilemme qu’avant le 7 octobre : comment faire voisiner deux peuples qui se haïssent, et qui ont chacun leurs bonnes raisons pour fonder cette haine ? Le nouveau président américain Trump vient de proposer de réinstaller les Palestiniens de Gaza en Jordanie et en Egypte… Pas sûr que ce projet rencontre un franc succès côté arabe !

    Accessoirement il va falloir dégager des financements importants pour reconstruire la bande de Gaza dévastée par cette guerre. Les pays européens vont sans doute être considérés comme de bons candidats pour cette mission. Un pays comme la France, financièrement exsangue, devra sans doute faire des choix raisonnables pour être à la hauteur des attentes : Jeux Olympiques 2030 ou reconstruction de Gaza ?

  • Accidents d’avion en Corée du sud

    Accidents d’avion en Corée du sud

    Un accident d’avion fait 179 morts et 2 survivants aujourd’hui sur un aérodrome de province en Corée du sud. Unanime, la presse française qualifie de drame de « pire catastrophe aérienne de l’histoire du pays ».

    C’est oublier un peu vite le vol de la Korean Airlines n°007 reliant New York et Séoul le 01/09/1983 qui fut abattu par la chasse soviétique, faisant 269 morts, après s’être « égaré » au-dessus du territoire soviétique. Moscou accusât l’appareil de faire de l’espionnage. C’est seulement après la dissolution de l’URSS que Moscou rendit les « boîtes noires » de l’appareil dont le dépouillement conclut à une négligence des pilotes.

    269 étant supérieur à 179 on se demande pourquoi l’accident d’aujourd’hui est considéré comme le plus grave de l’histoire de la Corée du sud ? Et pourtant l’intelligence artificielle fait des miracles pour retrouver les archives. Celles de 1983 n’étant pas des plus anciennes, cette qualification est probablement le fait de la paresse intellectuelle de jeunes journalistes. A moins qu’ils ne jouent sur les mots, une « attaque de chasseur » n’étant pas à proprement parler un « accident ». ? Comme personne ne rappelle cette attaque dans la presse, on peut raisonnablement opter pour l’insuffisance des journalistes.

    Puisque nous somme dans les accidents d’avion coréens, rappelons l’attentat à la bombe dont fut victime un vol de la Korean Airlines en 1987. Deux agents nord-coréens avaient déposé une bombe en cabine et quitté l’avion avant l’explosion à une escale à Abu Dhabi. Il y avait eu 115 morts. Les agents nord-coréens avaient ensuite été identifié et arrêtés à Bahreïn, l’homme se suicidant lors de l’intervention de la police et la femme tentant également de se suicider mais échouant dans cette tentative. Elle fut récupérée par la Corée du sud, condamnée à mort puis graciée. Réalisant à Séoul que la situation de la Corée du sud n’était celle qu’on lui décrivait en Corée du nord elle a exprimé des remords et présenté des excuses. Elle vivrait toujours cachée et sous protection en Corée du sud, de peur de représailles que pourrait exercer la Corée du nord pour qui elle est une traitresse à la cause.

  • Syrie : un barbu pour remplacer une canaille

    Syrie : un barbu pour remplacer une canaille

    La famille Assad trustait le pouvoir en Syrie depuis 1971 et le coup d’Etat mené par Hafez el-Assad (1930-2000). Son fils Bachar, 59 ans, a succédé à Hafez après sa mort en 2000, ce qui a été validé par un référendum. L’opposition islamique vient de renverser Bachar el-Assad qui a fui le pays et se serait réfugié en Russie. Le père et le fils ont globalement utilisé les mêmes méthodes pour asservir le peuple syrien et servir leurs intérêts familiaux. Le pays est une dictature d’un modèle sévère. Père et fils ont utilisé des armes chimiques contre leur propre peuple, ce qui est assez unique et dénote une absence totale de scrupules de cette famille. Les prisons syriennes sont réputées parmi les plus barbares de la planète. L’un et l’autre ont placé leur famille à la tête des intérêts économiques du pays où la corruption est érigée en mode de fonctionnement depuis des décennies. Les frères de ces présidents père et fils sont soit affairistes de haut vol, soit à la tête de gardes prétoriennes protégeant le pouvoir de la famille. Dans un domaine comme dans l’autre, ils ont agi sans pitié ni aucune humanité.

    Lire aussi : « Les âmes perdues » de Stéphane Malterre et Garance Le Caisne

    Ils font partie de la communauté minoritaire alaouite, une branche du chiisme musulman dans un pays qui est majoritairement sunnite. Mais il apparaît que les alaouites qui occupent les postes clés dans l’armée n’ont que très peu combattu contre les rebelles qui viennent de conquérir le pays en une dizaine de jours. Sans doute ont-ils été démotivés par la fuite peu glorieuse vers Moscou de leur président ces jours derniers.

    Tous deux n’ont négligé aucune méthode pour renforcer leur pouvoir. Hafez a accueilli et protégé à Damas le nazi Aloïs Brunner qui a été un des artisans de l’extermination des juifs sous le régime nazi. Brunner deviendra le conseiller de Hafez el-Assad en matière de sécurité et aurait formé les responsables des redoutables services secrets syriens. Bachar lui accepte le renforcement significatif de la présence militaire russe en Syrie qui était directement engagée contre les différentes rebellions qui agitent le pays depuis le début de la guerre civile en 2011 et qui aurait fait environ un demi-million de morts ainsi que des millions de déplacés, dans et en-dehors du pays.

    Bachar el-Assad reçu à l’Elysée par Nicolas Sarkozy en juillet 2008

    La France qui fut la puissance mandataire du Liban et de la Syrie jusqu’à la fin des années 1940 continue à vouloir s’ingérer dans la vie politique de ces deux pays en cherchant aveuglément à vouloir se rapprocher de cette famille sanguinaire. Le Président Jacques Chirac fut le seul président occidental à assister sur place aux obsèques d’Hafez en 2000. En 2008, Bachar fut reçu à l’Elysée par le président Nicolas Sarkozy. Et toutes ces amabilités ont été déployées malgré l’implication de la Syrie dans nombre d’opérations de terrorisme international ayant touché directement citoyens et intérêts français, dont l’assassinat de l’ambassadeur de France au Liban Louis Delamarre en 1981, ce qui n’empêcha pas Paris d’accueillir les membres de la famille Assad qui étaient déclarés persona non grata par Damas et se sont installés à Paris des années durant…

    Les rebelles qui ont chassé le président Assad se réclament de l’islamisme. Leur chef est un ancien affilié du mouvement Al-Qaida responsable des attentats de septembre 2001 aux Etats-Unis qui a consisté à détourner et jeter quatre avions de ligne plein de passagers sur différents sites, dont les Twin towers de New York qui se sont effondrées causant environ 2 600 morts. Le groupe terroriste religieux s’est aussi particulièrement distingué par sa barbarie hors norme Le garçon qui aurait quitté Al-Qaida taille sa barbe d’un peu plus près désormais, mais on peut douter qu’il soit soudain devenu poète et démocrate. Il serait opportun que Paris attende un peu avant de le recevoir avec les fastes de la République. Il n’est d’ailleurs pas écrit que la famille Assad soit à passer définitivement par pertes et profits. Il reste la génération suivante. Qui sait si elle ne réapparaîtra pas un jour ?

    Il est sans doute un peu prématuré pour se réjouir pour l’avenir de la Syrie. La « libération » est certes une première étape mais il est peu probable que le pays se remette avant plusieurs générations des dictatures et des guerres qui le déchirent depuis des décennies. Il est encore moins probable que si redressement il y avait il puisse être menée sous la direction d’islamistes.

    La Syrie va devoir encore attendre pour retrouver la liberté, si elle y arrive un jour. Ce pays est le fruit d’une histoire millénaire, après tout c’est là que l’histoire occidentale a commencé il y a plus de 2000 ans. On parlerait encore l’araméen, la langue de Jésus, dans certaines parties du pays. Les Syriens ont su traverser l’Histoire et survivre à ses à-coups tragiques. Gageons qu’ils arriveront aussi à absorber ces 50 années de férule Assad.

  • La Géorgie et la Moldavie tiraillées entre l’Est et l’Ouest

    La Géorgie et la Moldavie tiraillées entre l’Est et l’Ouest

    En Géorgie (4 millions d’habitants) ce week-end les électeurs ont donné une majorité de 53% au parti prorusse Rêve géorgien laissant un peu dépités les minoritaires plutôt proeuropéens.

    En Moldavie (3 millions d’habitants) le week-end dernier, un référendum sur l’Union européenne (UE) a abouti à une courte majorité en faveur de l’adhésion de 50,43%.

    Dans les deux pays la tradition démocratique est assez récente et on peut facilement imaginer que le processus électoral n’a pas été d’une parfaite objectivité. L’influence russe est aussi évidente, en Géorgie comme en Moldavie qui toutes deux, non seulement partagent une frontière avec la Russie mais ont une partie de leur territoire occupé par la Russie. Ces deux pays firent partie de l’Union soviétique et Moscou voit d’un mauvais œil leur éventuel rapprochement avec l’UE. C’est pour rappeler fermement sa position que Moscou a déployé son armée dans deux provinces de Géorgie par suite de la guerre éclair de 2008 et n’a jamais lâché son occupation de la Transnistrie depuis son intervention militaire dans cette partie de la Moldavie en 1992.

    Comme l’Ukraine, ces deux ex-Républiques soviétiques restent tiraillées entre l’Est et l’Ouest. Même si ces élections ont sans doute été entachées de fraude celle-ci n’a certainement pas fondamentalement changé le fait que les populations sont sérieusement divisées sur le sujet et quelle que soit l’orientation qui sera prise par ces pays elle montera la moitié de la population contre l’autre.

    L’UE peut aussi se poser légitimement la question de son intérêt à intégrer un jour ces pays comme le souhaite une partie de leurs peuples. Mis à part une espèce de victoire « morale » sur la Russie qui a succédé à l’ennemi soviétique, l’adhésion de la Moldavie et de la Géorgie est une mine de difficultés (et de coûts substantiels) à venir. Faire adhérer des pays occupés par une armée étrangère est déjà arrivé avec l’intégration en 2003 de Chypre occupée par la Turquie. Est-ce une raison pour renouveler l’erreur qui est d’ailleurs en contradiction avec les règles de l’Union qui requièrent des « institutions stables » avant l’adhésion ? Difficile de plaider la stabilité quand des pays sont occupés par la Russie. Au-delà, les intérêts européens commerciaux, industriels ou financiers que rapporteraient leur adhésion sont difficiles à identifier.

    Malgré tout l’UE, plus diplomatique que pragmatique, ne sait pas dire non et dès qu’un pays fait mine de se diriger vers elle, bonne mère, elle lui ouvre les bras et ses poches, négligeant ses propres intérêts le cas échéant. Et c’est ainsi que l’UE a attribué le statut de candidat à la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Serbie, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine avant donc de l’octroyer récemment à l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie. Il suffit d’imaginer demain la table du conseil européen avec les 27 pays actuels plus les 8 candidats pour avoir au mieux, une vision d’un blocage institutionnel total, et, au pire, une idée de l’enfer politique sur terre.

    Il est sans doute trop tard pour inverser le mouvement avec l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie à qui le statut de candidat a été accordé en 2023 et, pour les deux premiers, avec qui les négociations ont officiellement démarré le 25 juin dernier. Mais pour les quatre autres (dont la Serbie prorusse, ennemie affichée de la Croatie, sans parler du Kosovo qui n’est pas encore candidat) il n’est pas sûr que leur désir d’adhésion soit tellement partagé par les populations locales et, même s’il l’était, faut-il quand même envisager les négociations ? Celles-ci ne sont pas forcé d’aboutir favorablement, le cas de la Turquie est là pour le confirmer, mais généralement, une fois engagées elles débouchent quasi mécaniquement sur l’adhésion. Pour Chypre par exemple où une « ligne rouge » de la résolution de conflit avec la Turquie avait été posée par l’UE, cette réserve de bon sens a finalement été balayée devant la faiblesse des diplomates. La Grèce qui avait bien évidement annoncé son veto a finalement été poussée à le lever et Chypre est entrée dans l’UE en 2003 avec… la moitié de son territoire occupé par la Turquie qui a créé la République turque de Chypre du Nord (RTCN). Vous remplacez Turquie par Russie et vous avez une situation très similaire avec la Géorgie et la Moldavie. Il est à craindre que les choses se terminent de la même façon, c’est-à-dire de manière défavorable aux intérêts de l’Union européenne.

    L’importation du chaos au sein de l’UE est une première victoire pour la Russie. Même si sa conquête de l’Ukraine est poussive et ne concernera probablement que le Dombass, l’adhésion de l’Ukraine résiduelle sera néfaste pour l’Europe ce dont ne pourra que se réjouir le « Sud global ». Compte tenu de la guerre en cours entre Russie et Ukraine on voit mal comment les pays-membres actuels pourraient s’opposer à l’adhésion. Les obstacles structurels qui ne manqueront pas de se présenter seront probablement balayés pour des « raisons politiques ».

    L’article 88.5 de la constitution française stipule :

    Tout projet de loi autorisant la ratification d’un traité relatif à l’adhésion d’un État à l’Union européenne est soumis au référendum par le Président de la République.

    Toutefois, par le vote d’une motion adoptée en termes identiques par chaque assemblée à la majorité des trois cinquièmes, le Parlement peut autoriser l’adoption du projet de loi selon la procédure prévue au troisième alinéa de l’article 89.

    [cet article n’est pas applicable aux adhésions faisant suite à une conférence intergouvernementale dont la convocation a été décidée par le Conseil européen avant le 1er juillet 2004]

    Le moment venu, et si cet article n’est pas modifié d’ici là, le peuple, par référendum, ou le parlement, à la majorité des trois-cinquièmes, devront valider une éventuelle adhésion de l’Ukraine, comme celles de tous les autres candidats. L’UE imposant pour le moment l’unanimité pour approuver l’adhésion, en théorie le peuple français, ou ses représentants, pourraient s’y opposer.

    Il sera intéressant de voir comment ces adhésions seront soumises à l’article 88.5 et les réponses qui seront apportées à ces projets d’adhésion !

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  • Israël renforce l’option militaire

    Israël renforce l’option militaire

    Avec constance et une relative efficacité, au moins à court terme, l’armée israélienne réussit à tuer les cadres des mouvements terroristes qui cernent son territoire. Les conditions dans lesquelles sont « neutralisés » ces chefs de guerre dépassent souvent l’entendement et marquent à quel point les services israéliens ont infiltré leurs ennemis. L’histoire donnera sans doute un jour les détails de ces opérations d’infiltration, qui, et comment, délivre les informations nécessaires à Israël pour tuer les dirigeants ennemis.

    Certaines opérations sont assez peu « chirurgicales » et lorsque que l’armée est informée de la présence d’un ou plusieurs chefs dans un endroit précis c’est tout l’immeuble qui est bombardé sans trop s’inquiéter d’éventuels « dégâts collatéraux » parmi les populations civiles environnantes. D’autres sont réellement ciblées comme l’assassinat d’Ismaël Haniyeh, le chef du mouvement religieux Hamas qui gouverne la bande de Gaza, réalisé en plein Téhéran le 31 juillet dernier, alors qu’il effectuait une visite officielle dans ce pays. Cette opération n’est pas sans rappeler celle contre Ayman Al-Zawahiri, le dirigeant du groupe religieux terroriste « Al-Qaida », atteint par un missile américain en plein Kaboul en août 2022, alors qu’il était à son balcon. La munition semble avoir visé directement le balcon sans avoir causé aucun autre dommage que la mort du chef terroriste. On se souvient également que quelques mois plus tard, un physicien haut responsable du programme nucléaire iranien avait été assassiné dans Téhéran, sans doute à l’initiative d’Israël, malgré la protection renforcée dont il bénéficiait.

    La guerre en cours au Proche-Orient déclenchée depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a entraîné une avalanche d’innovations techniques sidérantes mises en œuvre et employées dans des assassinats plus ou moins ciblés. Il y a quinze jours on a assisté avec stupéfaction à l’affaire dite des « bipeurs ». Le mouvement terroriste religieux Hezbollah avait interdit à ses membres d’utiliser des téléphones mobiles dont tout le monde sait désormais qu’ils sont traçables et écoutables et les avait remplacés par des bipeurs et des talkies-walkies, outils plus anciens et en principe moins visibles par « l’ennemi ». Eh bien mi-septembre, ce sont des milliers de ces instruments qui ont explosé quasiment au même moment au Liban dans les mains ou à la ceinture de leurs détenteurs. Il y a eu des milliers de blessés et quelques dizaines de morts. A priori tout le management moyen du Hezbollah a été blessé ou mis hors d’état de combattre d’un seul coup. Les « experts » de plateaux télévisés soupçonnent que les services secrets israéliens aient pu détourner les bipeurs et talkies-walkies avant leur livraison pour introduire quelques grammes d’explosif dans chacun dont l’explosion aurait été déclenchée à distance par Israël le moment venu. On découvre par ailleurs que l’ambassadeur iranien au Liban avait son propre bipeur et a donc été blessé dans l’opération, confirmant au passage par l’absurde les liens entre ce mouvement et Téhéran.

    Quelques jours plus tard c’est le grand chef du Hezbollah qui était à son tour assassiné dans la banlieue de Beyrouth. Il semble que l’absence de moyens de communication après la destruction des bipeurs ait forcé les hauts dirigeants à se réunir en face à face dans un bunker hypersécurisé. Un bombardement avec des munitions appropriées capables de forer le béton a fait le reste. Depuis d’autres attaques se poursuivent contre des dirigeants de la hiérarchie du Hezbollah, dont la tête pensante des attentats contre les forces françaises et américaines qui, il y a 40 ans, essayaient de mettre fin à la guerre dans le cadre d’une mission internationale de maintien de la paix. Il y avait eu 58 militaires tués côté français et 220 côté américain.

    Cette inventivité technologique israélienne n’est pas exclusive, malheureusement, de destructions massives comme celles engagées dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre qui auraient fait plus de 40 000 morts selon les chiffres du Hamas.

    Mais la supériorité militaire de Tel Aviv sur les pays et mouvements qui la cernent n’est que tactique. Elle n’est d’ailleurs pas nouvelle et n’a jamais permis d’apporter la paix dans cette région sur une base durable. Elle a permis d’éloigner les ennemis du front pour un moment mais toujours ils sont revenus après avoir repris des forces. La guerre « des 6 jours », la guerre « du Kippour », les invasions passées du Liban et autres actions n’ont pas empêché chaque fois OLP, Hamas, Hezbollah de revenir sur le devant de la scène sous un nom ou sous un autre, avec de nouveaux dirigeants quand les précédents avaient été assassinés, et en générant toujours plus de haine et d’esprit de vengeance contre l’état religieux d’Israël. Les seuls pays frontaliers avec lesquels Tel Aviv entretient des relations à peu près apaisées sont ceux avec lesquels des accords de paix ont été signés : l’Egypte en 1979 et la Jordanie en 1994. Ces accords durent et permettent même à ces Etats de collaborer avec Israël dans la lutte anti-terrorisme.

    Il faudra sans doute un jour aller dans la même voie avec la Palestine et savoir développer une créativité cette fois-ci au service de la paix dans un contexte encore plus délicat qu’avec l’Egypte et la Jordanie car la Palestine n’est pas un Etat et sa représentation est très morcelée.

    En attendant, le Hamas et le Hezbollah, même considérablement affaiblis, continuent à tirer des missiles contre Israël et ne semblent pas rencontrer trop de difficultés pour recruter des soldats !

  • « The ratlines »

    « The ratlines »

    On se souvient qu’après la reddition de l’Allemagne en août 1945, les chefs nazis qui avaient survécu ont tenté d’échapper à la justice des vainqueurs en cherchant à fuir le continent européen. Pour beaucoup la destination fut l’Amérique du Sud, mais aussi certains pays du Proche et Moyen-Orient. Alois Brunner, notamment, adjoint d’Adolph Eichmann s’est recyclé en Syrie où il aurait été conseillé d’Hafez El-Assad (1930-2000), père de l’actuel président Bachar El-Assad, pour monter ses services secrets. Il serait mort à Damas dans les années 1990 ou 2000 et serait enterré dans cette capitale. Les fuyards nazis ont bénéficié de l’aide de réseaux (dont certains liés à l’Eglise catholique) pour échapper à leur arrestation. On les a baptisés « the ratlines », les lignes des rats !

    On constate aujourd’hui que les « lignes » fonctionnent en sens inverse pour les tortionnaires du « Sud global » qui, lorsqu’ils fuient leur pays, viennent plutôt se réfugier en « Occident collectif » (expression utilisée par le pouvoir russe) où ils se sentent sans doute mieux protégés et pris en charge. C’est ainsi que Rifaat El-Assad, le frère d’Hafez, qui s’était illustré dans divers massacres lorsqu’il était militaire puis vice-président, s’est réfugié à Paris dans les années 1980 après sa tentative de coup d’État contre son frère. A la tête d’un confortable patrimoine immobilier dans l’hexagone via un réseau de prête-noms il est rattrapé par les justices de différents pays européens dont la française qui le condamne en 2021 à quatre années de prison pour biens mal acquis et saisi 90 millions d’euros de patrimoine immobilier. Pour échapper aux poursuites occidentales il est alors contraint de rentrer en Syrie où il bénéficie d’une sorte d’absolution prononcée par Bachar, son neveu.

    Lire aussi : Négociations de dupes ?

    Plus récemment, nombre de tortionnaires rwandais impliqués dans le génocide des Tutsis en 1994 sont venus se réfugier en France, dont l’épouse du président Hutu Habyarimana (assassiné au début des massacres et dont le parti avait planifié ce génocide), elle-même plutôt favorable au « Hutu-power », et qui s’y trouve toujours. On a découvert en 2020 que l’un de ceux qui avait financé les massacres, Félicien Kabuga, vivait en France sous une fausse identité avec une partie de sa famille depuis de nombreuses années. Sa famille l’y avait fait venir pour bénéficier de soins médicaux. Il a été arrêté après avoir été démasqué et n’est qu’un exemple parmi bien d’autres.

    Lire aussi : Un des leaders du génocide rwandais arrêté… en France

    On apprend aujourd’hui (Le Monde du 20/07/2024) qu’un ancien gouverneur syrien vient d’être arrêté aux Etats-Unis où il vivait sous son identité réelle depuis 2020 après avoir menti dans ses documents d’immigration pour obtenir un visa. Il a été directeur de prison en Syrie, puis gouverneur d’une province syrienne, le tout sous la présidence de Bachar El-Assad. On peut supposer que ce personnage ne récitait pas que des poésies dans l’exercice de ses fonctions… Il n’est pas précisé pourquoi il a souhaité émigrer de Syrie mais sans doute était-il devenu contestataire du régime qui n’a pas l’habitude de faire de quartiers, même en faveur de ses meilleurs ex-serviteurs lorsque ceux-ci sont tombés en disgrâce.

    Au-delà des situations particulières de criminels en déshérence, le plus fascinant dans ces affaires est leur tendance naturelle à venir s’installer dans les pays occidentaux après avoir commis des actes qu’ils savent répréhensibles au regard du droit de ces pays, profitant des largesses de ceux-ci et de leurs politiques en faveur des droits de l’homme qui rend difficile le refus d’accueil. La justice des pays occidentaux est généralement en mesure de les juger, ou de les livrer à la justice internationale, mais après un processus démocratique qui peut durer des années et, sous réserve bien entendu, de les avoir identifiés et localisés. C’est le côté sombre de l’Etat de droit qui considère tout le monde sur un pied d’égalité jusqu’à preuve juridique du contraire. Les tyrans le savent et en jouent à leur bénéfice. Un nombre infime de ceux-ci sont finalement arrêtés mais beaucoup passent au travers des mailles du filet démocratique et poursuivent une vie paisible à l’ombre du droit de leurs pays d’accueil. Grandeur et décadence de la démocratie !

  • Au Proche-Orient rien de nouveau

    Au Proche-Orient rien de nouveau

    La guerre entre Israël et le mouvement palestinien Hamas continue sans que personne n’en voit vraiment la fin. Elle avait été déclenchée par suite de l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël depuis la bande de Gaza « gouvernée » par ce mouvement. Le bilan a été de plus de 1 200 morts côté israélien, souvent dans des conditions barbares par la branche armée du Hamas mais aussi semble-t-il par des civils gazaouis qui se sont mêlés à la curée. Environ 250 otages israéliens avaient été ramenés à Gaza par le Hamas, une centaine ont été libérés à l’occasion d’une trêve, une trentaine seraient morts, il reste donc autour de 120 otages toujours disparus dont on ne sait pas trop combien sont encore vivants.

    La guerre fait rage depuis le mois d’octobre dernier. Les autorités palestiniennes parlent de 40 000 morts depuis le début du conflit et sans doute encore bien plus de blessés. L’objectif de Tel Aviv est de « détruire » le Hamas mais il peine manifestement à l’atteindre malgré une supériorité militaire évidente. La force des bombardements de l’Etat hébreux à entraîné des destructions considérables, des mouvements de population désespérés pour fuir la violence et l’on a peine à imaginer quel pourrait être le futur à Gaza. Le plus stupéfiant est qu’après presque 10 mois d’une guerre féroce et très manifestement asymétrique du point de vue de la force militaire en faveur d’Israël, les combats durent toujours, des roquettes continuent à être tirées depuis Gaza vers le Nord, des soldats israéliens à se faire tuer et la centaine d’otages est toujours détenue par le Hamas, dans ces fameux tunnels ou ailleurs, sans avoir été libérée par la force ou la négociation.

    Certes le Hamas doit être significativement affaibli sur le plan militaire, mais sans doute assez peu au niveau politique, voire renforcé, puisqu’il continue à refuser les conditions d’une nouvelle trêve. On apprend dans la presse que des délégations israéliennes et palestiniennes négocient par l’intermédiaire du Qatar, de l’Egypte, ou d’autres, sans trouver les bases d’un accord pour cesser les combats. Cela en dit long sur la prétention d’un but de guerre qui est de vouloir « détruire une idée ». Très probablement le Hamas, soit ne sera pas détruit, soit renaîtra de ses cendres sous une forme ou sous une autre pour continuer à combattre Israël, comme les Palestiniens le font depuis 1948, date de la création de l’Etat d’Israël.

    A Tel Aviv les oppositions entre partis politiques vont également bon train sur ce qu’il faudra faire après la guerre : occuper Gaza, l’annexer, envisager une administration provisoire sous contrôle israélien, arabe, international ? Dans le reste du monde, le « Sud global » et leurs soutiens russes et chinois regardent avec plus ou moins de satisfaction l’Occident mené par les Etats-Unis d’Amérique s’enferrer dans le piège du soutien inconditionnel à Tel Aviv. En Occident même on s’écharpe sur la sémantique, le Hamas est-il « terroriste » ou « résistant » ? Les universités s’enflamment pour soutenir la Palestine, de Sciences-Po à Paris à Colombia à New-York. En France la gauche radicale a axé toute sa campagne des élections européennes du 9 juin sur le soutien à la cause palestinienne, parlant très peu de l’Europe ou de la France. La France insoumise (LFI) mit en avant et fit élire Rima Hassan, une avocate née en 1992 dans un camp palestinien en Syrie puis naturalisée française en 2010. Très médiatisée, toujours affublée d’un keffieh et auteure de tweets tonitruants sur les réseaux dits « sociaux » elle a choisi de mener son combat en faveur de la Palestine depuis la France et se sert de son appartenance politique à LFI comme tremplin pour le poursuivre, le renforcer et le populariser auprès de la frange de l’électorat français plus intéressée par ce qui se passe au Proche-Orient que par les déficits des finances publiques de la France.

    Personne ne sait bien où tout cela mènera, mais ce qui semble à peu près certain c’est que l’on ne sortira pas de ce chaos qui dure depuis 1948 avec son cortège d’horreurs, de guerres terribles et d’actes de terrorisme sanglants. Avec un sens aigu de la propagande, le Hamas a réussi à exporter sa cause dans les pays occidentaux et même à jeter le trouble au sein de la classe politique israélienne. C’est un moyen comme un autre de ne pas tomber dans les oubliettes de l’histoire même si cela n’apportera pas de solution à court terme mais peut-être faut-il admettre que certains problèmes sont insolubles ?

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