Catégorie : Asie

  • Castro raccroche : c’est sans doute la première fois qu’un monarque communiste abandonne de lui-même le pouvoir ! Fidel en survêtement Adidas végétait dans sa chambre d’hôpital depuis des mois. C’est le dernier héros du marxisme du XXème siècle, de ceux qui ont masqué leurs crimes idéologiques derrière un romantisme révolutionnaire qui en a séduit tant dans notre Europe envahie par le cholestérol. D’ailleurs, Danièle Mitterrand vient de rendre hommage ce soir une nouvelle fois aux acquis de la Révolution. Il refile quand même les clés de la taule à son frangin guère plus brillant que lui, marxiste alcoolique de la première heure, plus ou moins compromis dans des trafics douteux et qui a fait fusiller nombre de sociaux-traîtres.

    Pendant ce temps, Poutine prend déjà les mesures de son futur fauteuil de premier ministre qu’il s’est auto-attribué sans attendre le résultat d’une élection présidentielle qui n’intéresse pas grand monde. En fait la démocratie en Russie semble être le cadet des soucis du peuple russe comme d’ailleurs du reste de la planète. Le dézingage de journalistes, la poloniuminisation d’opposants, l’anarchie sauvage qui régit le business et autres comportements propres à la Russie désoviétisée, finalement ce sont les règles d’un jeu auquel tout le monde joue. Et pourtant Chostakovitch y a composé une la musique du XXème siècle.

  • L’Australie bien informée

    Un journal australien de Perth a annoncé que la Carla était enceinte, a priori de Sarkozy ! Heureusement qu’il nous reste les antipodes pour se pencher sur la vie politique française.

  • La Syrie : un régime en lutte perpétuelle contre l’Occident

    Avec opiniâtreté, constance et délectation, la Syrie continue à faire des pieds de nez au monde occidental, à exécuter des députés libanais et à faire en sorte que le pays du cèdre reste dans son orbite. Elle marque un intérêt tout particulier à mener la France par le bout du nez et à lui tirer le tapis sous les pieds dès que nos diplomates mondains et peu avisés annoncent leur retour sur la scène du Proche-Orient. Après Chirac qui s’est fait balader par les Assad et fut le seul chef d’Etat occidental à assister aux obsèques de Hafez avant de se fâcher avec son fils Bachar, c’est notre ultra agité Sarkozy qui lui se réconcilie puis se fâche avec le même Bachar, le tout en deux mois, trop pressé sans doute pour attendre la génération Assad suivante avant de changer d’avis. Pour faire de la politique en Orient petit Nicolas, il faut savoir être patient pour réussir.

    Et attendant, la Syrie millénaire, berceau de l’humanité, est toujours à l’affut avec une très forte capacité de nuisance : elle récupèrera son plateau du Golan aussi sûrement qu’elle gardera sa mainmise sur le Liban. C’est écrit dans les courbes de l’Euphrate !

  • Violences politiques sur tous les continents

    Des cinglés font exploser Bénazir Butho ce 21 décembre au Pakistan, causant une vingtaine de morts « collatéraux » et déclenchant des émeutes dans ce pays déjà chaud qui n’avait pas besoin de ça.

    Les cinglés boliviens s’apprêtent à relâcher quelques otages détenus depuis plusieurs années. L’une d’entre eux revient avec un gosse sous le bras dont le père serait l’un des geôliers… Bon, le retour va être difficile à gérer si elle ne veut pas être tondue !

  • La Libye, joli port de pêche

    Les infirmières bulgares se lâchent et détaillent les tortures auxquelles elles ont été soumises durant leur détention de plusieurs années en Libye. Cela relève de la gégène telle qu’elle était pratiquée à la Villa Susini aux heures sombres de la bataille d’Alger. Si ce qu’elles disent est vrai, on peut vraiment se demander quels étaient les buts de telles tortures ? Les aveux arrachés révélant qu’elles avaient intentionnellement inoculé le sida à des gamins dans un hôpital ont fait hurler de rire le reste de la planète. Qu’est ce qui a pu bien passer par la tête des dirigeants libyens pour ordonner de telles pratiques au XXIe siècle ? Quoi qu’il en soit, la Libye a reçu argent et contrats commerciaux en échange de la libération de ces infirmières. Comme quoi finalement cela n’a guère porté préjudice au pays et à son colonel d’opérette.

  • Retour sur le pouvoir maoïste au Cambodge

    Une série de passionnantes émissions sur France Culture accompagne le café du matin depuis plusieurs jours : l’Histoire des quatre années Khmères rouges au Cambodge entre 1975 et 1979, ou comment ce régime est arrivé au pouvoir, l’a exercé, l’a plus ou moins quitté et n’a toujours pas rendu compte du massacre d’un tiers de sa population en relativement peu de temps. Il s’est agi de la mise en œuvre de la Vraie Révolution, telle que même Mao l’a rêvée sans arriver à l’appliquer en Chine. La Révolution pure !

    Ces quatre années dépassent l’entendement : la ville de Phnom Penh vidée de ses deux millions d’habitants le jour de sa libération par les Khmers rouges (2 millions d’habitants expulsés en une journée !!!), le peuple ancien composé des bons paysans et le peuple nouveau des mauvais citadins pollués par l’Occident. Tout ce petit monde envoyé dans les rizières, l’esclavage, la famine, les camps de rééducation, les millions de morts, l’Organisation Angkar, anonyme et toute puissante (pendant les deux premières années le nom des dirigeants du pays restera inconnu, une première dans la diplomatie internationale !) décide de tout. La fermeture totale du Royaume à toute influence externe en dehors de la Chine qui ne ménage pas son soutien à cette expérience révolutionnaire et qui accueille d’ailleurs le prince Sihanouk quelque peu dépassé par les évènements.

    L’aveuglement du reste du monde, médias comme politiques, personne n’a cru à ce qui se passait : le massacre idéologisé et industrialisé des cambodgiens par d’autres cambodgiens, fomenté par une clique maoïste, en partie formée par l’Université française (Khieu Samphan a soutenu sa thèse à la Sorbonne dans les années 50, détaillant grosso modo le programme polico-économique qu’il mettra en œuvre avec L’Angkar) germé sur le fumier de la guerre civile et des guerres sud-asiatiques attisées par l’Occident en lutte contre le communisme.

    C’est le Vietnam, ennemi historique du Cambodge, qui mettra fin à l’expérience sanglante. Du coup, la Chine et les Etats-Unis, ennemis historiques du Vietnam soutiendront longtemps la représentation Khmer rouge à l’ONU pour éviter d’y accueillir un représentant cambodgien provietnamien ! Grandeur et décadence de la politique internationale.

    Le plus incroyable est que le pouvoir actuel provietnamien reste plus ou moins issu du régime Khmer rouge et que cela ne dérange personne. Ieng Sary et Khieu Samphan, Frères n° « 3, 4 ou 5 » de l’Angkar coulent des jours paisibles à Phnom Penh en assistant goguenards à la constitution d’un Tribunal international pour juger les crimes contre l’Humanité Khmers rouges, jugement dont personne ne veut, ce qui laisse douter de la tenue d’un procès avant la disparition des derniers protagonistes vivants. Jacques Vergès est bien entendu déjà sur les rangs pour défendre Khieu Samphan… En attendant, le peuple Khmer vaque à ses occupations et gère ses traumatismes. Dans les campagnes, comme au Rwanda, les anciens tortionnaires cohabitent avec les survivants, sans trop de problèmes semble-t-il.

    Cette Histoire est proprement incroyable, et tout se passait dans les années 70, si près. La seule leçon à en tirer : livré à lui-même, laissé à la merci de l’idéologie et sans contrôle démocratique, l’Homme laisse libre cours à sa noirceur et n’est pas capable de réfréner ses ambitions de domination et ses instincts sanguinaires. C’est malheureusement un axiome confirmé quel que soit le continent.

    Depuis le régime cryptocommuniste au pouvoir a rétabli une république populaire moitié mafieuse, moitié capitaliste qui n’a pas vraiment sorti le pays de ses démons passés. Le peuple bouddhiste continue à méditer dans ses rizières sur l’une de ses rengaines favorites :

    Quand tu entres dans la rivière, le crocodile t’attend ; quand tu montes sur la berge c’est le tigre qui t’attend !

  • La leçon du Vietnam en Iraq ?

    Les Etats-Unis s’énervent car le parlement irakien envisageait de prendre deux mois de vacances cet été, retardant d’autant l’adoption de réformes et de lois chères à l’Amérique. Il parait qu’il fait chaud à Bagdad en été, et les parlementaires américains de préciser qu’il fait également chaud pour leurs soldats basés en Irak… Du coup les vacances ont été ramenées à un mois seulement.

    On retrouve l’ambiance du Sud-Vietnam qui a perdu sa guerre contre le Nord par manque de motivation contre une idéologie parfaitement rodée. Les Américains avaient un plan de retrait de leurs troupes qui devaient être remplacées par l’armée du Sud-Vietnam. Après moult formations en tous genres, les sud-vietnamiens ont révélé une persistante compétence à refuser de se battre contre leur coreligionnaire du Nord, tout communistes qu’ils soient. La guerre a donc été perdue et quelques mois après les accords de Paris, le Nord « unifiait » le Sud, toujours aussi peu convaincu de la nécessité de se battre. Il devrait logiquement se passer la même chose en Irak après la défaite américaine, l’Iran chiite remettra de l’ordre et mettra fin à la guerre civile irakienne, à sa manière !

  • Cynisme à Tripoli, mais pourquoi se priver ?

    Avec un cynisme assez exceptionnel dans les discussions internationales, pourtant très performantes en la matière, la Lybie négocie la libération des « infirmières bulgares » accusées d’avoir propagé le sida à des enfants, contre des compensations financières à peu près équivalentes à celles versées par ce pays aux Etats-Unis et à la France à la suite des attentats contre les avions de la TWA et d’UTA qui avaient faits quelques centaines de morts. Et la Lybie va sans doute obtenir satisfaction. C’est la quintessence de la prise d’otages par un Etat, une remarquable négociation libyenne, assez ubuesque, où la raison des Etats les plus riches fait pencher la balance du côté du plus faible qui en profite pour régler ses comptes avec brio.

  • Le Liban à feu et à sang

    Les bombes continuent d’exploser à Beyrouth, décimant politiques et journalistes, sans parler des anonymes qui se trouvent au mauvais moment au mauvais endroit. Tout le monde désigne bien entendu la Syrie, c’est facile. On a du mal à considérer que ce pays puisse être aussi malfaisant, ou à tout le moins qu’il soit si efficace dans la nuisance chez ses voisins alors qu’il est tellement la tête sous l’eau à l’intérieur de ses propres frontières. Après tout, les Libanais sont sans doute aussi capables de faire exploser des voitures suicides sans l’aide de personne. 

    A Gaza le Hamas massacre le Fatah et vice versa en Cisjordanie. Pauvre Proche-Orient qui n’a pas mérité tout ceci !

  • Terrorisme au Moyen-Orient

    L’Irak cherche à battre le record du monde du terrorisme et devrait y arriver sans trop de difficultés ; aujourd’hui nous avons deux bombes qui explosent à ¼ d’heure d’intervalle juste au début et à la fin du ¼ d’heure de silence en ce jour anniversaire de l’attentat contre une mosquée chiite il y a deux ans. Résultat, 80 morts !

  • A Dubaï

    Arrivée à Dubaï dans un avion plein de touristes. La ville se développe toujours plus avec une « sky line » de buildings très élégants, dont la future « plus haute tour du monde ». Pour une fois qu’un pays arabe réussi son développement économique, c’est plutôt bien. Tout est basé sur les services, beaucoup de sociétés viennent établir leur base moyen-orientale à Dubaï pour profiter du régime libéral et de la parfaite qualité et modernité des infrastructures.

    Dubaï est une destination très « tendance », les rues de la ville sont parcourues de voitures de grand luxe et d’occidentaux fringués mode. C’est New York au milieu des sables ! Mais toujours aussi peu d’âme dans cette cité riche et superficielle.

  • L’exécution de Saddam Hussein

    Une vidéo piratée sur un téléphone mobile montrant la pendaison de Saddam est diffusée sur Internet et déclenche des réactions diverses, plutôt négatives. C’est curieux de constater que c’est plus l’image qui scandalise que l’acte lui-même. Que l’on soit pour ou contre cette exécution, le fait qu’elle soit filmée et diffusée ne me semble pas changer grand-chose. Notre civilisation de l’image et du paraître a tellement corrompu les comportements que l’on en arrive à réagir sur du virtuel quand la vraie vie laisse indifférente !