Catégorie : Asie

  • Gorges Frèche à Shanghai

    Je suis à Shanghai, Nanjing Road, une espèce de rue de la Paix en buildings peuplée de boutiques de luxe dédiées à toutes les marques bling-bling de la planète (surtout occidentales d’ailleurs). Devant les devantures Rolex, de vieux chinois vendent des fausses Piaget.

    Le Shanghai Daily célèbre le 60ème anniversaire de la guerre de Corée où l’indéfectible amitié entre les peuples chinois et coréen a permis la victoire contre l’envahisseur américain… Hum, hum, je ne sais pas bien si l’on peut vraiment parler de victoire mais un général chinois trône fièrement sur la photo entre Kim Jong-Il (le Cher Dirigeant) et son fiston Kim Jung-Un promis également à un grand avenir.

    On y découvre aussi une interview de Georges Frèche qui était en Chine encore quelques jours avant sa crise cardiaque fatale, où il visitait sa fille qui y fait ses études. Sinophile et sans doute, comme bien d’autres, ex-Mao reconverti au PS avec le fracas que l’on sait, Frèche y détaille son projet d’ajouter les statuts de Mao et Deng Xiaoping aux cinq statuts de bronze « des grands hommes du XXème siècle » où se côtoient déjà sur une place de Montpellier Jaurès, Lénine, de Gaulle, Churchill et Roosevelt. Il n’est pas bien sûr que ce projet survive à son bruyant initiateur…

  • Jeu de rôles et clowneries macabres à l’ONU

    Comme chaque à l’assemblée générale de l’Organisation des Nations-Unies le président iranien y est allé de sa provocation verbale et comme chaque année les délégations des pays occidentaux ont majestueusement quitté la salle décorée par Chagall pendant son discours. Cette fois-ci l’impétrant a évoqué le complot américain des attentats du 11 septembre, d’autres années il s’en prenait à Israël. Ce petit jeu de rôles est maintenant traditionnel à New-York et semble réglé comme du papier à musique. Il ne fait pas beaucoup avancer les choses.

  • Pas joli-joli

    Après l’attaque israélienne contre la flottille humanitaire en route pour Gaza, et le tollé international provoqué par cet action, l’incapacité du conseil de sécurité de l’ONU à pondre une résolution condamnant Israël, toute nouvelle résolution instaurant des sanctions contre l’Iran semblait impossible à faire voter par ledit conseil de sécurité.

    Eh bien une nouvelle résolution a été votée à l’unanimité des membres permanents et deux votes contre de la Turquie et du Brésil qui n’ont pas de droit de veto en tant que membres non permanents. Les nouvelles sanctions visent des responsables et des entreprises engagés dans le programme nucléaire iranien.

    Comme toujours la discussion a dû avoir lieu dans les couloirs où on ne sait quelles compromissions ont pu être montées entre les Etats-Unis d’une part, Russie et Chine d’autre part, pour emporter le morceau… Cela doit être du genre : « Je te laisse tranquille sur Tibet et Tchétchénie et tu me votes ma résolution ! » Tout ceci n’est guère brillant mais ainsi vont les affaires du monde. L’ONU n’est pas une place pour les idéalistes.

  • Israël à l’assaut d’un bateau humanitaire turc

    L’armée d’Israël prend à l’abordage des bateaux turques tentant de faire passer de l’aide humanitaire à la bande de Gaza sous embargo israélien et égyptien : bilan officiel 10 morts, quelques blessés, 600 arrestations et autant d’expulsions. La cargaison est arraisonnée, inspectée puis sera en principe acheminée par les militaires israéliens à Gaza après sans doute prélèvement de quelques produits interdits (dont le ciment utilisable pour les maisons à reconstruire certes, mais aussi pour les bunkers).

    L’assaut des navires tel que montré à la télévision est impressionnant, il démarre par descente en rappel de soldats depuis des hélicoptères, de nuit. On distingue clairement sur le pont du navire principal les passagers qui se rassemblent sur le pont pour accueillir les militaires à coup d’objets contondants qui n’ont pas l’air d’être des bouquets de roses. Le premier commando à descendre sur sa corde s’est donc jeté dans la gueule du loup. Le temps qu’il soit rejoint par ses petits camarades, les militants pacifistes du comité d’accueil ont tapé dans le tas, déclenché la panique chez les militaires qui ont tiré. La presse a dit qu’un des passagers se serait saisi d’un des fusils des militaires et aurait blessé un assaillant.

    Que la réaction des militaires israéliens soit légitime ou non, elle fut désastreuse, son bilan humain pour les militants humanitaires et politique pour Israël est là pour le montrer.

    Aussitôt connue, cette affaire a déclenché un tollé dans la « rue arabe », les organisations internationales et associations diverses, pacifistes ou non, qui en profitent pour organiser des défilés dans les rues occidentales avec keffiehs et de drapeaux palestiniens.

    Le Conseil de sécurité des Nations-Unies pond un communiqué mou :

    1 juin 2010 – Le Conseil de sécurité appelle à engager une enquête « transparente, crédible, impartiale et rapide » sur le raid contre la flottille humanitaire en route pour la bande de Gaza et exhorte Israël à « libérer immédiatement les navires et les civils détenus » et à « garantir la livraison de l’aide du convoi ».

    L’assaut, qui s’est soldé par la mort d’au moins 10 civils, a également été condamné lundi par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui s’est dit « choqué » par le raid meurtrier. Le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU a également convoqué une réunion spéciale sur l’incident, mardi à Genève, en Suisse.

    Le Conseil de sécurité a également souligné que la situation à Gaza n’était pas « durable ». Il a exprimé son « inquiétude » sur la situation humanitaire, tout en réaffirmant la nécessité de laisser transiter l’aide vers la Bande de Gaza.

    À plusieurs reprises, les Nations Unies ont dénoncé le blocus de ce territoire palestinien et fait part de leurs préoccupations quant à l’entrée insuffisante de matériel pour répondre aux besoins élémentaires de la population et poursuivre la reconstruction.

    Dans une précédente réunion sur ce dossier, Ban Ki-moon avait fait déjà estimer que le blocus « créait des souffrances inacceptables, affaiblissait les forces modérées et renforçait les extrémistes ».

    Le Conseil de sécurité a souligné que la seule « solution viable » au conflit israélo-palestinien était un accord entre les deux parties sur l’établissement de deux Etats indépendants vivants côte à côte en paix. Le Conseil a aussi exprimé son soutien aux pourparlers indirects de paix et son inquiétude sur les conséquences que l’incident pourrait avoir sur ces discussions.

    Enfin, le Conseil a appelé les parties à agir avec « retenue » et à éviter « toutes actions unilatérales et provocantes ».

    La Haute-commissaire adjointe aux droits de l’homme, Kyung-wha Kang s’est dit choquée « que l’aide humanitaire soit confrontée à une telle violence », lors d’une réunion spéciale sur l’incident organisée mardi au Conseil des Droits de l’homme de l’ONU. « Nous condamnons explicitement ce qui semble être un usage disproportionné de la force », a-t-elle ajouté.

    Kyung-wha Kang a réitéré son appel aux autorités israéliennes à lever le blocus sur la Bande de Gaza qui constitue un « affront à la dignité humaine ».

    Elle a exprimé son souhait de voir « le gouvernement israélien de prendre les décisions nécessaires afin de démontrer à la communauté internationale un engagement clair pour respecter le droit international ».

    Les 47 membres du Conseil des droits de l’homme devraient adopter une résolution à la fin de cette session.

    Les membres du Conseil de sécurité n’ont pas réussi à se mettent d’accord sur une véritable condamnation de cette action militaire. On aurait pu penser que devant les effets de cette opération tout le monde se soit accordé sur un blâme un peu plus appuyé. En retour, il ne faudra pas donc s’étonner que le même Conseil n’arrive point à se mettre d’accord sur des résolutions condamnant les développements nucléaires de l’Iran.

    En attendant les projecteurs sont de nouveau braqués sur ce blocus israélo-égyptien de Gaza que l’opinion internationale (à la mémoire éphémère) avait un peu oublié. Même les Etats-Unis demandent maintenant son assouplissement. Israël continue à se protéger du Hamas au pouvoir à Gaza, considéré comme un parti taliban, ce qui n’est sans doute pas très éloigné de la réalité. Un nouveau bateau est affrété pour Gaza et sans doute d’autres suivront. L’Egypte a rouvert un de ses points de passage vers Gaza, au moins pour le moment. La Turquie dont relève la majorité des morts est remontée contre Israël avec qui elle entretenait malgré tout des relations diplomatiques, et même de coopération militaire.

    Bref, la force a parlé mais le bilan politique de cette affaire est mauvais pour Israël qui se retrouve un peu comme à l’issue de l’opération militaire plomb durci contre Gaza en 2009 : il y a moins de roquettes tirées sur Israël, mais le Hamas est toujours là et se retrouve politiquement renforcé, voire soutenu par un certain nombre de pays arabes qui le redoutent.

    La force a encore eu le dessus, pour cette fois… mais cela ne durera peut-être pas indéfiniment. Il va falloir quand même arriver à mettre en œuvre une stratégie alternative car le temps joue contre Israël.

  • Monnaie d’échange

    L’étudiante française Clotilde Reiss, passionnée de culture persane, condamnée en Iran à 10 ans de prison pour espionnage, a finalement été libérée après que sa peine ait été commuée en amende. L’une des hypothèses avancées par spécialistes est que sa libération aurait été obtenue en échange de celle de l’assassin de l’ex-premier ministre iranien Chapour Bakhtiar (dernier premier ministre du Shah) réfugié en France.

    L’échange de prisonniers est une pratique assez courante du régime iranien. Le mieux est sans doute de ne pas se rendre en Iran si l’on veut éviter de risquer de servir de monnaie d’échange.

    Clotilde Reiss fait aussi la une de la presse après qu’un ex-pied-nickelé des services secrets français en mal de sensationnalisme pour vendre un bouquin affirme qu’elle aurait fourni des renseignements à la DGSE. Tout est possible dans notre bas monde, y compris qu’une gamine persophile balance des informations (sans doute pas d’une grande importance stratégique) à son gouvernement, même si cela est peu probable.

    Ce qui est en tout cas peu admissible c’est qu’un ancien responsable des services de renseignements français raconte des histoires pareilles dans un livre avant que le temps n’ait fait son œuvre. Si ce qu’il dit est vrai il fait le jeu de l’Iran et n’aurait pas dû trahir une telle affaire. Si ce qu’il dit est faux, ce n’est pas bien de le dire. Dans un cas comme dans l’autre il devrait pouvoir être puni par notre droit.

  • Des pirates turcs

    Notre site a été piraté et à la place de la page d’accueil apparaissait une page à la gloire de Mustapha Kemal Atatürk. Ce fut certes un personnage historique mais que ses descendants lui ouvrent un blog que diable plutôt que de pirater ceux des autres !

    La miséricorde qui néglige le devoir est une trahison envers le pays

    Traduction Google translate
  • Il faut renoncer au business avec l’Irak qui se termine toujours très mal

    « Moustaches en ballet de chiottes », ainsi nommé le pédégé de Total, porteur de la moustache la plus ridicule du CAC 40, regrette de n’avoir pu emporter de marchés significatifs lors d’un appel d’offres de champs pétroliers en Irak.

    Il a bien fait de ne pas surenchérir pour aller pomper de l’or noir dans ce pays dans lequel de tous temps le business s’est terminé en faillites, non-paiement de dettes et pertes gigantesques comblées généralement par les contribuables des pays fournisseurs. Il vaut mieux consentir directement de l’aide au développement à ce pays plutôt que d’y lancer les entreprises françaises privées qui, d’une façon ou d’une autres, vont se retourner vers les contribuables français après le défaut de l’Irak.

  • Spéculation immobilière à Dubaï

    Après l’Islande qui a été gérée comme un hedge-fund et s’est écroulée comme Lehman-Brothers, voici l’Emirat de Dubaï qui a été administré comme un promoteur immobilier, en sérieuses difficultés financières. A l’occasion d’un voyage à Dubaï on avait relevé que la sky line, une espèce de 5ème avenue au milieu du désert, avait encore progressé de quelques kilomètres, bordé de buildings futuristes et généralement plutôt élégants, depuis le voyage précédent. A la question sur qui pouvait habiter des immeubles si nombreux, on me répondait : « les personnes qui construisent les immeubles suivants. »

    Bref, une parfaite définition de bulle auto-entretenue, jusqu’à ce que le cercle vicieux se brise, généralement sur l’écueil du prix au m² qui ne peut grimper jusqu’au ciel malgré l’appellation sky-line de ce lotissement de luxe au milieu du désert.

  • Déjeuner à Almaty

    Déjeuner à Almaty

    Déjeuner à Almaty (Kazakhstan) entouré d’une slave Russe, grande blonde aux yeux bleus, d’une Kazakh, longue tige aux yeux bridés, lunette de soleil dans ses cheveux teints en blond peroxydé à la Annie Lennox, une chinoise petit modèle et une ouzbèk en bottes à parements brillants. Le déjeuner est excellent… Quel doux mélange dans ces terres d’Asie centrale et tout ce petit monde semble cohabiter sereinement à l’abri du passeport kazakh.

  • Des morts dans la guerre d’Afghanistan

    Un soldat français est tué en Afghanistan et un deuxième décède à l’hôpital en Allemagne, suite à une attaque à la bombe d’un convoi de l’OTAN. Dans le même temps un bombardement bavure fait 50 ou 80 morts civils, y inclus sans doute quelques talibans, personne ne sait exactement. La disproportion de l’information sur ces morts est frappante et à l’image des contradictions de cette guerre qualifiée « d’asymétrique ».

  • Les relations troubles franco-iraniennes

    Une gamine française de 24 ans, Clotilde Reiss, accusée d’espionnage est mise en scène dans un procès à grand spectacle en Iran pour avoir participé aux manifestations post-élection présidentielles. On espère que les agents des services secrets français sont plus féroces que cette Mata-Hari à peine sortie de l’adolescence. On ne peut évidemment rien exclure ni que cette jeune femme soit une espionne de haut vol, mais le plus probable est qu’elle soit ce qu’elle dit : une passionnée de la civilisation perse venue enseigner en Iran pour s’imprégner de cette culture millénaire qui l’intéresse depuis toujours.

    Le pouvoir conservateur local organise des aveux collectifs avec auto-flagellation, télévisions et diffusion internationale. Le pouvoir iranien est malin, très malin et imbattable pour mettre l’Occident face à ses faiblesses. On se souvient de l’affaire Walid Gordji…, peut-être pas alors la-voici résumée.

    En 1974 la France de Giscard dit d’Estaing (président)/ Chirac (premier ministre) signe des accords de coopération nucléaire avec le Shah d’Iran, qui prévoient notamment des transferts de technologie, la construction de réacteurs et le cofinancement par ce pays du consortium Eurodif à hauteur de 1 milliard d’USD. Arrivée au pouvoir en 1979 la théocratie iranienne dénonce les accords et réclame le remboursement du prêt. De 1980 à 1988 la France soutient lourdement l’Irak dans la guerre qui l’oppose à Téhéran. Des navires français sont attaqués dans le golfe persique.

    Anis Nacache, chiite d’origine libanaise tente d’assassiner à Neuilly en 1980 avec des complices iraniens et palestiniens de Chapour Bakhtiar, organisateur de la répression des derniers mois de la monarchie en Iran. Cette tentative infructueuse avait quand même fait deux morts dont un policier, plus quelques blessés. Les coupables sont arrêtés et condamnés à des peines entre perpétuité et 20 ans.

    En 1985/86, vague d’attentats à la bombe dans Paris et en province, une douzaine de morts et de nombreux blessés, prise d’otages français au Liban (2 journalistes et 2 diplomates). Paris voit la main de Téhéran dans toutes ces actions et négocie plus ou moins officiellement avec ce pays pour traiter le problème « politique ». Un accord est trouvé pour rembourser le prêt et au passage évacuer des opposants iraniens du sol français. On dit qu’une clause secrète prévoyait également la fourniture par Paris de combustible nucléaire pour les futures centrales nucléaires iraniennes. On ne sait si cette clause a véritablement existé ni si, le cas échéant, elle a été appliquée.

    Dans le même temps la justice française instruit le dossier des attentats de 1986 et veut entendre Walid Gordji, officiellement interprète de l’ambassade d’Iran, soupçonné d’avoir trempé dans les attentats de Paris. Il est réfugié dans son ambassade d’Iran à Paris dont le blocus est mis en place par la police. Rétorsion immédiate des autorités iraniennes qui bloquent l’ambassade de France et accuse le consul Paul Torri d’espionnage, de soutien à la contre-révolution, de participation à des trafics divers de stupéfiants, œuvres d’art, etc. Il se réfugie dans l’ambassade de France dans un surréaliste parallélisme des formes. La France rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran, qui seront rétablies un an plus tard. Les négociations se poursuivent et aboutissent en novembre 1986 à l’expulsion de Gordji vers Téhéran après un passage éclair au Palais de justice pour la forme. Torri lui rentre à Paris.

    Au même moment les derniers otages du Liban sont libérés. Ils faisaient sans doute partie de la négociation avec l’Iran. On dit que Chirac aurait demandé à Téhéran de faire retarder leur libération après les législatives de 1986 pour ne pas avantager la gauche alors au pouvoir à Paris.

    En 1990 Anis Nacache est gracié par les autorités françaises avec ses comparses, après 10 de réclusion criminelle par suite de la tentative d’assassinat de Chapour Bakhtiar, organisateur de la répression des derniers mois de la monarchie en Iran. Cet attentat de Neuilly en 1980 qui a quand même fait deux morts dont un policier, plus quelques blessés.

    Voilà pour quelques années de piètre politique, coups bas, affairisme entre deux pays qui ont décidemment du mal à se comprendre. Et encore n’est-pas remonté aux temps de Mossadegh ou de Neauphle-le-Château… Vingt ans plus tard, on remet ça sur fond d’embargo, d’industrie nucléaire (toujours…), de re-battage des cartes au Moyen-Orient, d’élection présidentielle contestée en Iran. Alors tout ceci est bien compliqué pour Clotilde qui paraît légèrement dépassée par les évènements et qui doit de demander ce qu’elle fait dans ce panier de serpents. Le mieux aurait sans doute été de rester chez elle durant les manifestations iraniennes.

  • Contestations de rue en Iran

    L’Iran s’agite par suite de la réélection du président islamiste Ahmaninejad. Des manifestations urbaines dénoncent la fraude électorale et se frottent aux nervis du pouvoir. L’Occident hésite à se prononcer avant de savoir de quel côté va tourner le vent. Après tout le perdant est un ancien premier ministre de Khomeiny et n’apparaît pas comme un libéral de première catégorie. Et puis on ne peut pas exclure totalement que même sans fraude le vainqueur M. Ahmaninejad n’ait pas remporté ces élections. La plupart des pays de confession islamique où sont organisées de libres élections vont généralement vers les extrêmes plutôt que dans la modération.

  • Tourisme en famille au Baloutchistan

    Des touristes français voyagent au Baloutchistan avec deux enfants. Ils se font attraper par une bande de forbans locaux : bilan un otage, le reste de la famille est libéré. Passer des vacances au Baloutchistan c’est comme de faire une croisière au large de la Somalie. Qu’est ce qui peut pousser des citoyens du Monde à partir en vacances au Baloutchistan ? Un engagement militant, le goût du risque, un désir d’exotisme forcené, l’ignorance de ce qui s’y passe ? Il semble se confirmer qu’il n’est pas raisonnable de voyager au Baloutchistan comme en Somalie.

  • Canons et religion ne font pas bon ménage

    La Turquie fait un psychodrame et cherche à empêcher la nomination d’un danois comme secrétaire-général de l’OTAN à cause des publications dans la presse danoise des fameuses caricatures du prophète. Ce n’est pas très malin de la part du gouvernement turc, pourtant habituellement plus avisé, d’introduire des critères religieux dans une alliance militaire. Il donne les cordes pour le battre.

  • Kiev

    Dîner à Kiev, Ukraine. Ambiance architecture néostalinienne, le tout bien délabré, nous sommes 20 ans après la chute du mur de Berlin et du système de l’URSS dont l’Ukraine était une pièce importante. La roue tourne et le pays ne sait pas bien encore vers quel Saint se tourner…

    Dans un bar de la ville, nous discutons avec un ami serbe (plutôt modéré), il confirme que le problème du Kosovo est loin d’être résolu, qu’il ne s’agit pas d’une excitation de nationalistes enfiévrés mais bien du cœur de la Nation serbe. Jamais la Serbie ne reconnaîtra l’indépendance du Kosovo et le peuple entier soutient ses dirigeants dans cette position, pour toujours et à jamais.

    Donc on n’a pas fini d’entendre parler de cette question kosovare. Nous sommes d’ailleurs dans une situation internationale plutôt inédite avec un paquet d’Etats ayant reconnu et un autre paquet refusant de reconnaître, sur des motifs plus ou moins avouables. Il est difficile de prononcer le match nul sur ce genre de sujets…

  • Le Proche-Orient en feu

    Jeu de rôles sordide au Proche-Orient entre Israël et le Hamas sur fond de mésentente internationale. Chacun plonge jusqu’à l’absurde dans la violence qui sied à son rôle et laisse parler les armes. Chacun sait que la guerre ne solutionnera pas ce conflit millénaire. On attend les hommes intelligents et visionnaires qui pourraient transcender la haine. Peu d’espoir à l’horizon pour le moment.

  • L’Orient toujours (trop) compliqué

    Après les attaques aériennes contre Gaza, l’armée israélienne est entrée dans le territoire à coups de chars et de commandos. Cela va être saignant et ne réglera probablement pas grand-chose sur la durée.

    Il y a tout de même un truc que l’on ne saisit pas bien dans cet Orient compliqué : qu’Israël exerce un blocus sur sa frontière sud depuis plusieurs mois on peut en comprendre les raisons, mais pourquoi l’Egypte fait-elle de même ? Si on ouvrait coté Sinaï cela ferait quand même un peu d’air frais pour Gaza, susceptible de faire baisser la pression ? Cela doit être un raisonnement trop primaire…

    Le plus absurde dans cette situation est que Gaza et le Hamas se rebellent, entre autres, à cause du blocus israélien qui empêche les Gazaouites d’entrer sur le territoire de l’ennemi juré. Evidemment c’est une question de survie économique pour Gaza d’avoir accès à Israël, mais on marche un peu sur la tête devant de telles contradiction. Ce mélange inextricable entre les populations d’Israël et arabes de la région sera aussi la force qui rend inévitable un accord à terme comme préconisé par l’ONU et la communauté internationale. Reste à évaluer le terme…

  • Le Proche-Orient sans cesse agité

    La guerre reprend au Proche-Orient, cette fois entre Israël et son front sud. Les mêmes arguments ressassés, l’agresseur qui se présente comme l’agressé et vice versa, la violence identique, les roquettes de Dieu, de moins en moins artisanales, face aux jets de la puissance, l’éternel recommencement de gens qui ne savent pas s’entendre. Comme cela est triste.

  • L’Union soviétique passée par pertes et profits

    L’Union soviétique passée par pertes et profits

    Désopilant : la Russie de Poutine, ex-porte-flingue du KGB réhabilite officiellement le dernier tsar et sa famille, massacrés en 1918 par les bolchéviques. C‘est à s’en tenir les côtes. Vraiment la fin de l’Union soviétique.

  • Le grand Monopoly des frontières asiatiques

    Pierre Lelouche explique sur France Culture que la bourde monumentale de « son ami » Saakachvili a permis à la Russie de se remettre d’une immense humiliation (la chute de l’URSS) à bon compte, et de montrer aux ex-républiques soviétiques du Caucase que le concept Brejnev de souveraineté limitée s’appliquait toujours pour son périmètre immédiat. Il semble que la leçon puisse porter pour ces pays caucasiens dont aucun n’a à ce jour reconnu l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, préférant le profil bas aux fanfaronnades, afin de voir où le vent va tourner. La prudence n’est sans doute pas la pire des politiques en la matière, surtout lorsqu’il y environ 18 millions de russophones(iles) répartis hors de Russie, y compris dans l’Union européenne en Estonie d’ailleurs…

    La prochaine étape va être la fin du bail accordé par l’Ukraine à la Russie pour le port de Sébastopol en Crimée. Là encore, on a beau dire que la situation est différente, mais les russes ne manqueront pas de demander quand et comment les Etats-Unis comptent évacuer leur base de Guantanamo à Cuba afin qu’ils s’inspirent du mécanisme… Il n’est d’ailleurs pas dit que le nombre d’ukrainiens pro-russes soit sensiblement différent du nombre de cubains pro-américains, et vice-versa.