Catégorie : No Europe

  • La dévastation continue au Proche-Orient

    La dévastation continue au Proche-Orient

    Les derniers mois ont été fertiles en « victoires » militaires israéliennes mais fort peu productifs en termes d’avancées vers une résolution du conflit millénaire qui ravage cette région. L’ingéniosité et la puissance de l’armée israélienne lui ont permis d’affaiblir considérablement les mouvements terroristes Hezbollah au Liban et Hamas dans la bande Gaza mais les soldats israéliens sont restés sur place à Gaza et les combats continuent. Des campagnes de bombardements ont été menées contre la Syrie et l’Iran, avec la participation des Etats-Unis contre ce dernier pays qui s’est défendu en tirant lui aussi des missiles sur le territoire d’Israël qui ont fait des morts.

    Les réservistes israéliens sont mobilisés de façon quasi-permanente depuis deux ans et on se demande d’ailleurs quelle est l’ampleur des effets négatifs sur l’économie du pays. On imagine que l’allié américain fait les fins de mois de l’Etat d’Israël en plus de financer son approvisionnement en armes. Les colons israéliens de la Cisjordanie occupée profitent de cette atmosphère guerrière pour accroître leur mainmise sur ce territoire. A Tel-Aviv, les ministres extrémistes de la coalition gouvernementale proposent de profiter de la situation « favorable » pour Israël pour annexer la Cisjordanie et expulser les populations palestiniennes de la bande de Gaza vers une destination qui reste à déterminer. Le président américain avait proposé après son investiture en début d’année de transformer cette bande en riviera méditerranéenne en endossant l’idée d’une expulsion de ses habitants, sans plus déterminer le ou les pays qui accueilleraient les quelques deux millions d’habitants, ni, bien entendu, prendre en compte leur volonté à quitter leur terre…

    Le cas de la bande de Gaza est particulièrement représentatif de l’imbroglio politique et militaire dans lequel est enfermé le Proche-Orient avec des effets dévastateurs sur les populations locales qui ont à déplorer des milliers de morts depuis le déclenchement de la guerre au lendemain des attaques terroristes contre Israël du 7 octobre 2023 et souffrent d’une très grave crise humanitaire. Après presque deux ans de guerre sur le terrain, des soldats israéliens continuent de tomber au combat et une cinquantaine d’otages (vivants et morts) sont toujours retenus à Gaza que l’armée de Tel-Aviv ne réussit pas à libérer. Des négociations pour un cessez-le-feu sont menées à Doha avec… le Hamas qui était supposé être détruit. L’embargo de ce territoire est quasi-total : les points d’entrée avec Israël sont fermés mais ceux aussi avec l’Egypte, ce que l’on a plus de mal à comprendre. On parle de famine et de pénurie de médicaments à l’intérieur de la bande alors que des centaines de camions attendent à l’extérieur pour délivrer des produits alimentaires et pharmaceutiques.

    Israël et les Etats-Unis ont mis en place une organisation non gouvernementale (ONG) spécifique pour distribuer de l’aide qu’elle est seule habilitée à distribuer dans des zones au sud de la bande, ceci afin d’éviter la mainmise du Hamas sur la distribution et l’utilisation politique qu’il en ferait immanquablement. Alors des flots d’habitants se précipitent vers les lieux de distribution dans un chaos indescriptible, sous le nez des soldats israéliens qui occupent Gaza. Des escarmouches se déroulent régulièrement qui se traduisent par des tirs. Un millier de morts serait à déplorer depuis la mise en place de cette organisation, chiffre fourni par les autorités locales, celles du Hamas donc. On ne sait pas bien qui déclenche ces fusillades. Israël se justifie en avançant le comportement « menaçant » de certains réfugiés qui se rapprocheraient trop dangereusement de ses positions déclenchant ainsi leur riposte. On sait le Hamas capable de manipuler les populations pour les lancer à l’assaut des points de contrôle israéliens alors la seule réalité sur laquelle on peut s’appuyer pour le moment est l’existence de ces personnes tuées alors qu’elles viennent s’approvisionner.

    Israël n’arrive pas vraiment à se sortir de la situation. Son gouvernement a choisi la guerre totale contre ses ennemis et cette politique est soutenue par les Etats-Unis d’Amérique. Les pays arabes qui craignent plus que tout l’extrémisme du Hamas et de ses mouvements affiliés, ainsi que celui de l’Iran, restent discrets sur les multiples conflits dans lesquels Israël est engagé. La voie est libre pour les jusqu’au-boutistes qui voient l’occasion rêvée d’accomplir la prophétie de l’ancien testament en étendant le « Grand Israël » du Jourdain jusqu’à la mer, le « pays où ruisselle le lait et le miel » promis par Moïse après l’exode du peuple juif d’Egypte où il était réduit à l’esclavage.

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    La seule question qui vaille est de savoir si une telle politique est efficace pour amener la paix dans cette région et envisager, enfin, une cohabitation apaisée des pays qui la composent. On peut craindre que la réponse ne soit négative, d’autant plus quand certains envisagent calmement d’expulser les 2 millions d’habitants de la bande de Gaza, on ne sait où. La leçon de l’exode en 1948 de 700 mille Palestiniens après la défaite des forces arabes dans la guerre de 1948, dont on subit encore aujourd’hui les conséquences, n’a pas été tirée. Il est probable que les prochaines générations auront encore pour longtemps à gérer les suites de ce qui se passe actuellement au Proche-Orient qui n’est autre que la poursuite d’un conflit qui envenime les relations internationales depuis 80 ans, voire depuis 4000 ans.

    C’est en ça que l’on peut conclure que la politique des parties engagées dans ce chaudron n’est pas efficace. Mais qui aura de meilleures idées ?

  • SANSAL Boualem, ‘Poste restante : Alger – lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes’.

    SANSAL Boualem, ‘Poste restante : Alger – lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes’.

    Un court livre réjouissant et décapant de Boualem Sansal, écrivain algérien né en 1944 qui fut d’abord haut-fonctionnaire de son pays puis se consacra à l’écriture à partir de la fin des années 1990. D’abord tournés contre l’islamisme en Algérie, ses romans se sont de plus en plus transformés en une critique acerbe et ironique du régime plus ou moins militaire aux commandes du pays depuis son indépendance en 1962. A tel point que beaucoup de ses livres sont censurés localement et publiés en France.

    « Poste restante » est rédigé sous forme d’une lettre adressée à « Sœurs et frères, Mes chers compatriotes, mes bons amis, » et dans laquelle M. Sansal se fait un malin plaisir de mettre le doigt sur toutes les contradictions dans lesquelles s’enferre le régime qui le gouverne. Celles-ci, nombreuses, sont passées à la paille de fer de son œil acerbe qui fait dans la dérision tout en ne manquant pas d’humour. Ceux qui connaissent un peu ce pays savent que les Algériens pratiquent beaucoup l’auto-dérision. Ils n’apprécient par contre que modérément la critique quand vient de l’étranger, d’autant moins si elle provient de France, l’ancienne puissance coloniale chassée avec perte et fracas en 1962, mais ils aiment se régaler en critiquant les puissants et les moins puissants qui transforment depuis quelques décennies ce pays en un aimable foutoir dont sa jeunesse est prête à tout pour émigrer.

    Dans un style que ne renierait pas le « Canard Enchaîné », Boualem se régale en s’attaquant à toutes les vaches sacrées de l’imaginaire de ce pays défendues par les « GAT » (gardiens autoproclamés du temple) : l’arabité unique du peuple algérien alors qu’il est composé d’une mosaïque de Kabyles, de Mozabites, de Touaregs, de Turcs, d’Africains, de Juifs… ; l’Islam comme religion dans un pays où subsistent bien d’autres croyances et l’athéisme ; la langue arabe classique comme langue nationale alors que cohabitent partout dans le pays le kabyle, le tamashek, l’arabe dialectal, le petit français colonial et de conclure « L’arabe classique est la langue de l’Algérie mais les Algériens parlent d’autres langues » ; la guerre de libération devenue la « propriété exclusive » du FLN (parti au pouvoir depuis l’indépendance) alors que bien d’autres mouvements ont participé à la lutte anticoloniale ; l’amnistie décrétée en 2005 à l’issue de la décennie noire pour blanchir en masse « des islamistes névrosés et [leurs] commanditaires »…

    Et comme le dit le dicton « qui aime bien châtie bien », Sansal s’en prend aussi aux Français, sans cesse en train de se lamenter sur la dette, la sécurité sociale, les faillites de l’école, de l’hôpital, de la Sécurité Sociale, les grèves, les multinationales…

    Mon Dieu, mais dans quel pays vivent ces pauvres Français ? Une République bananière, un pays en guerre civile, une dictature obscure, une République préislamique ?
    A leur place, j’émigrerais en Algérie, il y fait chaud, on rase gratis et on a des lunettes pour non-voyants.

    Mais les généraux et les services de sécurité algériens n’ont manifestement pas le même sens de l’humour que leur compatriote, qui vient d’ailleurs d’acquérir la double nationalité française, et qui commit l’imprudence de retourner en Algérie fin 2024. Il est depuis en prison à Alger où il purge une peine de 5 années de prison pour « atteinte à l’unité nationale » après avoir déclaré qu’une partie de l’ouest algérien était auparavant marocain et aurait été algérianisé durant la colonisation française.

    Circonstance aggravante il avait cité Ferhat Abbas dans « Poste restante ».

    J’ai cherché le peuple algérien partout, jusque dans les cimetières, je ne l’ai pas trouvé, la nation algérienne est née avec la colonisation.

    Ferhat Abbas fut l’éphémère président du gouvernement provisoire puis de l’assemblée nationale constituante avant de se retirer en 1963 en opposition avec la « soviétisation » du pays, d’être exclu du FLN et de replonger dans un anonymat agrémenté de quelques séjours en prison et d’assignations à résidence.

    En Algérie mieux vaut ne pas provoquer un pouvoir qui n’a définitivement ni le sens de l’humour, ni celui de la démocratie !

  • L’Afrique entre les vieux caïmans et les jeunes galonnés

    L’Afrique entre les vieux caïmans et les jeunes galonnés

    Le président du Cameroun, Paul Biya, 92 ans, en poste depuis presque 43 ans, âgé et à la santé fragile, vivant une partie de l’année en Suisse, vient d’annoncer dans un message alambiqué qu’il était candidat aux nouvelles élections présidentielles prévues en 2025 au Cameroun.

    Entre les jeunes galonnés qui ont pris le pouvoir par les armes dans les Etats du Sahel ces dernières années, dont ils ont expulsé la France pour y accueillir la Russie, et les vieux caïmans du modèle de Paul Biya qui gagnent les élections avec des scores autour des 90% ses suffrages depuis un demi-siècle, il n’est pas sûr que l’Afrique soit mieux partie en ce XXIe siècle qu’elle ne le fut au précédent.

  • L’armée française termine son évacuation de l’Afrique de l’Ouest

    L’armée française termine son évacuation de l’Afrique de l’Ouest

    Les soldats français qui étaient encore présents au Sénégal sont en train de transmettre leurs implantations militaires aux autorités locales et d’évacuer ce pays d’Afrique de l’Ouest. Ce transfert se fait dans un cadre négocié et plus harmonieux qu’avec les trois pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina-Faso) qui ont mis dehors l’armée française pour la remplacer par l’armée russe.

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    Après ce dernier mouvement de repli il ne restera quasiment plus de troupes françaises en Afrique de l’Ouest et centrale si ce ne sont quelques « formateurs » à l’importance symbolique. Pour le moment la France garde une base importante à Djibouti à côté d’implantations militaires américaines et chinoises qui lui ont fait perdre son « monopole ». Cette évolution fut majoritairement contrainte et forcée. Jusqu’à récemment Paris continuait à se complaire dans une position postcoloniale nuisible à tous. Les coups d’Etat qui se sont succédé au Sahel avec l’appui remarqué de la Russie ont amené au pouvoir des galonnés nationalistes qui ont mis fin plutôt brutalement à la coopération avec la France. D’autres anciennes colonies comme le Gabon et le Sénégal se sont inspirés de cette tendance pour la mettre en œuvre dans leur pays en y mettant un peu plus de forme.

    Alors que se ferme la page de la présence militaire française en Afrique, 60 ans après l’indépendance des colonies africaines, les tensions sont à leur comble entre la Russie et l’Occident. Ce redéploiement des troupes françaises est finalement très bénéfique pour toutes les parties. Il entraîne certes une légère blessure d’égo pour Paris puisqu’il n’était pas souhaité par la France, mais les militaires ainsi rapatriés sont ainsi très avantageusement redéployés sur des fronts directement liés à la sécurité française et européennes, et non plus réduits à servir d’oripeaux à un néocolonialisme français hors d’âge. De toutes façons, même sans avoir été mise dehors, l’armée française aurait sans doute été obligée de réduire la voilure en Afrique pour pouvoir disposer d’effectifs sur le nouveau front chaud de l’Est de l’Europe. Le rejet de la France par certaines de ses anciennes colonies n’a fait que précipiter un mouvement qui était déjà écrit.

    Il y a bien sûr quelques autres conséquences à cette situation dont certaines peuvent être considérées comme négatives. L’influence française sur ce continent est progressivement remplacée, parfois par l’influence russe ou parfois plus simplement par l’ouverture de ces pays au monde : Turquie, Emirats arabes unis… et c’est très bien ainsi. Il s’agit évidemment d’un déclassement pour la France qui perd un peu plus de son aura de « grande puissance », qui a déjà sérieusement pâli depuis plusieurs décennies. Les troupes françaises ne seront plus à disposition pour défendre des régimes, souvent fantoches, dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne furent pas très positifs pour le développement socio-économique des pays dont ils avaient la charge. Plus sérieux, l’armée française ne sera plus sur place pour intervenir rapidement afin de préserver le sort des expatriés européens en cas de guerre civile ou de coup d’Etat les mettant en danger et il n’est pas certain que les Russes soient disposés à se substituer aux Français en pareilles circonstances, on peut même être certains du contraire…

    Il reste maintenant à planter le dernier clou dans le cercueil de la Francafrique avec l’extinction du dernier symbole d’une période qui n’est plus : le Franc CFA. Celle-ci a été décidée par les pays concernés, y compris la France, mais pas encore mise en œuvre tant elle nécessite un courage politique certain pour les pays qui adopteraient une nouvelle devise qui ne serait pas adossée à l’euro (via le soutien financier de la France).

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  • Iran-Algérie même combat contre la France

    Iran-Algérie même combat contre la France

    Le psychodrame franco-algérien qui dure depuis 1962, année de l’indépendance de ce pays, connaît ces derniers temps des épisodes plus dramatiques que psychologiques. Après la condamnation à cinq années d’emprisonnement de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, c’est un journaliste sportif français Christophe Gleises qui vient d’être condamné à sept années de prison alors qu’il menait une enquête sur un club de fouteballe kabyle dont le président est qualifié d’indépendantiste, donc terroriste, par les autorités locales.

    Depuis la reconnaissance de la « marocanité » du Sahara ex-espagnol, l’Algérie se déchaîne pour nuire à la France, son ancienne puissance coloniale. Il s’agit clairement d’une vengeance d’Alger qui n’a pas digéré cette prise de position en faveur du Maroc, son meilleur ennemi avec qui les relations diplomatiques sont rompues depuis 2021.

    Lire aussi : Paris franchit le Rubicon de la discorde

    On se demande d’ailleurs toujours pourquoi la France a pris parti alors qu’elle défendait jusque là la position neutre des Nations-Unies ? Il y a probablement eu des contreparties délivrées côté marocain. On espère qu’elles font plus que compenser les inconvénients générés par la dégradation des relations franco-algériennes. Il faudra faire le bilan dans vingt ans et, en attendant, le mieux serait que les citoyens français ne se rendent plus en Algérie pour le moment sauf en cas de nécessité absolue. Sans doute un reportage sur un club de fouteballe kabyle ne justifiait pas le risque pris par ce journaliste qui se retrouve en prison. Pas plus que le déplacement à Alger de Boualem Sansal, qui détient la double nationalité franco-algérienne, ne semblait indispensable.

    L’Algérie a une forte capacité de nuisance à l’encontre de son ancienne puissance coloniale et elle l’exerce sans retenue. Il est peu probable que Paris renvoie la flotte comme en 1830 en réponse au « coup d’éventail (chasse-mouches) » asséné par le Dey d’Alger au consul de France alors qu’il lui réclamait le paiement des dettes françaises. Alors il faut faire avec, chercher à être efficace, et non pas sauter sur son fauteuil comme les « journalistes » des médias du groupe Bolloré criant vengeance. Le gouvernement algérien est malin et, parfois, pervers, sans doute soutenu par une bonne partie de sa population. On se souvient de l’interview donnée à L’Opinion en début d’année par le président algérien qui marquait sa parfaite connaissance du système politique français et de ses contradictions avec lesquelles il sait jouer avec malice.

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    Il s’agit pour la France d’être plus maligne que lui sans utiliser ses propres armes réprouvées par le droit international que Paris s’enorgueillit de respecter, encore pour le moment. La voie est étroite, il y a des intérêts économiques et de population (environ 8 à 10% de la population en France serait d’origine algérienne, détenant la double nationalité ou uniquement algérienne) non négligeables. Pour le moment, il est approprié pour les citoyens français de ne pas faire de tourisme en Algérie, ou de reportages de fouteballe. Il reste bien d’autres endroits sur la planète plus accueillants pour eux.

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  • Le Hamas et ses affidés sont toujours là !

    Le Hamas et ses affidés sont toujours là !

    Alors que la guerre entre Israël et le Hamas qui gouverne la bande de Gaza, continue de faire rage, ce dernier est toujours actif malgré la lutte à mort engagée par Tel Aviv dont l’un des objectifs de guerre est la « destruction du Hamas ». Ces derniers jours des soldats israéliens sont encore morts au combat, des roquettes étaient encore tirées depuis Gaza contre Israël le jour « anniversaire » de l’attaque du 7 octobre 2023 et, surtout, les otages israéliens sont toujours détenus dans les fameux tunnels creusés depuis des années par les forces du Hamas sous le territoire de la bande de Gaza sans que l’armée israélienne pourtant présente sur le terrain n’arrivent à les localiser et encore moins à les libérer.

    Certes le Hamas est sans doute considérablement affaibli au niveau militaire mais ses dirigeants sont remplacés les uns après les autres au fur et à mesure de leur élimination par Israël et l’idéologie du Hamas semble survivre à tout ce chaos. Malgré toute sa force brute et sa technologie de pointe Israël n’arrive pas pour le moment à vaincre cette idéologie. Et d’ailleurs, encore aujourd’hui, les Etats-Unis et Israël négocient avec… le Hamas pour obtenir la libération des otages détenus par celui-ci lui reconnaissant une certaine légitimité.

    Depuis le déclenchement de la guerre de Gaza au lendemain de l’attaque contre Israël des mouvements palestiniens terroristes en octobre 2023 qui a causé la mort de plus 1 200 israéliens, souvent dans des conditions effroyables, les forces armées israéliennes ont considérablement détruit les bâtiments et infrastructures de Gaza, éliminés sans doute une bonne partie des forces palestiniennes mais au prix de dizaines de milliers de morts gazaouis, de déplacements de populations civiles importants et de l’émergence d’une crise humanitaire sans précédent sur ce territoire minuscule sous blocus israélien et égyptien depuis des années.

    En tentant de faire abstraction de considérations morales on peut se demander si la politique israélienne actuelle envers Gaza (et la Cisjordanie) est efficace, en d’autres termes, met-elle fin à la menace palestinienne contre Israël ? La réponse est probablement négative. Elle ne fait que repousser le problème à plus tard. L’affaiblissement du Hamas n’implique pas son élimination et même si celle-ci était effective, les idées qu’il porte pourront aisément se réincarner sous une autre forme mais ne semble pas en voie de disparaître. L’ampleur des destructions constatées à Gaza et les violences silencieuses en cours dans les colonies de Cisjordanie ne devraient pas affaiblir les revendications palestiniennes.

    Les Etats-Unis proposent « d’évacuer » sans espoir de retour le peuple gazaoui (2 millions de personnes tout de même) et de transformer la bande de Gaza en « riviera méditerranéenne ». Les ministres israéliens religieux extrémistes veulent eux-aussi un « transfert définitif » des palestiniens vers un « Etat musulman » pour recoloniser Gaza. Pour le moment il y a assez peu de pays arabes qui se soient montrés volontaires pour accueillir cette population, c’est le moins que l’on puisse dire…

    La France et quelques pays raisonnables continuent à promouvoir la solution des Nations-Unies prévoyant de créer un Etat palestinien à côté de celui d’Israël. La faisabilité d’une telle restructuration s’éloigne de jour en jour tant que parlent les armes.

    On ne sait pas ce qu’Israël et la communauté internationale compte faire de cette bande de gaza dans les mois à venir. Il n’y reste plus grand-chose à détruire mais plus de 2 millions de personnes à nourrir. Il est des problèmes pour lesquels il faut se résoudre à ce qu’il n’y ait pas de solution, ni à court ni à moyen terme. Après tout ce conflit dure militairement depuis 1948, et religieusement depuis 4000 ans, depuis que « le peuple élu » est sorti d’Egypte pour traverser la Mer Rouge derrière les bras tendus de Moïse qui séparaient les eaux de la mer.

    La loi du plus fort va continuer de prévaloir au moins pour quelques générations mais sur la durée, la force peut aussi changer de camp, un jour, c’est l’inconvénient des conflits non résolus politiquement.

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  • KIEJMAN Claude-Catherine, ‘Svetlana, la fille de Staline’.

    KIEJMAN Claude-Catherine, ‘Svetlana, la fille de Staline’.

    Sortie : 2018, Chez : Editions Tallandier & Texto

    Il n’est sans doute pas facile d’être un enfant de Staline. Il en eut trois : Iakov issu d’un premier mariage avec Ekaterina Svanidzé, soldat de l’Armée Rouge, fait prisonnier par les Allemands durant le IIe guerre mondiale et que son père refusa d’échanger avec le maréchal von Paulus qui perdit la bataille de Stalingrad. Il se serait suicidé en se jetant contre les barbelés électrifiés du camp de concentration où il était détenu.

    Deux autres enfants issus de son second mariage avec Nadejda Alliloueva : Vassili, mort alcoolique dans les années 1960 après une vie tumultueuse, et Svetlana, sujet de cette intéressant biographie.

    Ekaterina est morte du typhus quatre ans après son mariage avec le dictateur. Nadejda s’est suicidée en 1932 probablement en raison de ses désaccords politiques avec son mari. Les belles-familles de Staline ont soit été liquidées soit enfermées de longues années dans les goulags du régime.

    Svetlana (1926-2011) était l’enfant préféré de son père et la traversée de tous les drames de son pays l’a durablement perturbée. Elle a été élevée jusqu’à l’adolescence dans le douillet confort d’un appartement au Kremlin et des datchas de la nomenklatura, situation à peine dégradée par la guerre contre l’Allemagne. Elle ignorait tout des purges sanguinaires menées par son père contre ses opposants et une grande partie du peuple soviétique, ni de la barbarie de la guerre mondiale.

    Elle découvre progressivement la tyrannie du régime soviétique mené d’une main de fer par son père en sortant de son cocon protégé et en arrivant à l’université pour y mener des études d’histoire sur « recommandation » de Staline qui refuse qu’elle suive une filière de lettres. Elle s’oppose à lui sur le choix de ses maris successifs. Son premier fiancé, bien plus âgé qu’elle, a été envoyé au goulag après que Staline ait forcé à leur rupture. Son premier mari était juif ce qui poussa Staline à refuser de le voir. Ils eurent un fils, Iossif, avant de divorcer rapidement. Un second mariage avec le fils d’un militaire de haut rang dans l’entourage direct du « petit père des peuples » dura à peine plus de temps et leur donna une fille, Ekaterina. Un troisième mariage en URSS fut anecdotique.

    1953 : Staline meurt au mois de février, le monde est troublé, le communisme mondial bouleversé et Svetlana se retrouve seule avec cette terrible hérédité. Des changements politiques apparaissent en URSS mais la nature profonde du régime ne varie guère. La fille du tyran reste sous la surveillance étroite du parti compte tenu du symbole qu’elle représente, surtout à l’extérieur du pays. Elle n’est pas vraiment libre de ses faits et gestes et doit se colleter avec les survivants de la répression ou les familles de ceux qui n’ont pas survécu. Le nom de « Staline » est tout de même lourd à porter, ce n’était d’ailleurs pas le vrai nom de son père. Elle obtient de reprendre celui de sa mère, « Allilouïeva », dont elle découvre d’ailleurs le suicide qui lui avait été caché au moment des faits.

    Elle poursuit des quêtes amoureuses sans lendemain jusqu’à ce qu’elle rencontre un communiste indien soigné en URSS qui meurt à Moscou quelques années plus tard. Elle est autorisés avec un visa « de sortie » de quelques mois à accompagner le rapatriement des cendres dans son village en Inde en 1967. C’est lors de ce voyage qu’elle demande l’asile politique aux Etats-Unis d’Amérique, ennemis jurés de l’URSS. C’est la stupeur, d’autant qu’elle laisse ses deux enfants à Moscou… Quelques mois après son transfuge à l’Ouest le premier ministre soviétique dira à l’occasion de son intervention à la tribune des Nations Unies :

    Svetlana est une personne moralement instable, une malade et nous ne pouvons avoir que de la pitié pour ceux qui l’utilisent pour discréditer l’Union Soviétique.

    Alexeï Kossyguine

    Elle publie alors une autobiographie « Vingt lettres à un ami » centrée sur la vie familiale avec son père qui crée quelques remous en pleine guerre froide, puis deux autres livres dont les droits d’auteur l’enrichissent avant qu’un nouveau mari américain et endetté ne la ruine. Ils ont une fille, Olga, et divorcent. Elle continue une vie d’errance dans différents Etats américains, assaillie par la nostalgie de la Russie et le souvenir de ses enfants restés sur place avec qui les liens sont quasiment coupés. Elle est aussi ballotée, voire manipulée, entre les intérêts géopolitiques de Moscou et de Washington. Elle n’arrive plus à écrire et voit ses rêves de devenir écrivaine s’envoler, comme d’ailleurs le reste de ses illusions.

    Elle est à la dérive lorsqu’en 1982 elle décide de revenir en URSS avec sa fille américaine, tant ses enfants russes lui manquent. Le régime est ravi de cette décision, lui réattribue la nationalité soviétique en lui faisant renoncer à l’américaine. Le retour est rude. Son fils, médecin, sombre dans l’alcool. Sa fille refuse de la rencontrer. En 1986 elle obtient l’autorisation (délivrée par Gorbatchev) de revenir aux Etats-Unis où elle meurt en 2011 après ses dernières années durant lesquelles elle vivait de l’aide sociale.

    Svetlana n’a pas réussi à s’extraire de sa terrible paternité ni de la dévastation qui l’entourait. Enfant elle a sauté sur les genoux de Beria, adolescente elle a assisté à des dîners-beuveries réunissant Staline, Molotov, Kroutchev, Boulganine et toute la fine-fleur de la barbarie soviétique. De multiples mariages, des enfants avec nombre de ces maris dont certains l’ont exploitée, d’autres l’ont quittée et, sans doute le seul avec lequel elle a pu partager un peu de sérénité, l’Indien, est mort de maladie. D’ailleurs le régime soviétique lui avait interdit de se marier avec lui. Fille adorée de Staline, sans doute le seul être humain pour lequel le tyran savait manifester de la tendresse, elle a été sa vie durant le jouet d’intérêts qui la dépassaient et dont elle n’a pas su se libérer. Comment l’aurait-elle pu d’ailleurs face à un père dont l’action et l’ambition l’ont amené à diriger la mort de vingt millions de personnes ? Comment ne pas se sentir plus ou moins complice d’un père à qui elle a été attachée dans sa tendre enfance ?

    Elle a cherché toute sa vie à devenir une russe « ordinaire » puis une américaine « comme tout le monde » et elle a échoué. C’était juste impossible lorsqu’on s’appelle Staline ! Elle mena à la place une vie d’errance sentimentale, géographique, familiale et politique. Un destin émouvant face au tumulte du monde dans lequel elle fut embarquée bien contre son gré. Il est définitivement difficile d’échapper à son hérédité !

  • Dissolution des partis politiques au Mali

    Dissolution des partis politiques au Mali

    Le fil d’information sur « X » de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) publie la décision du conseil des ministres du Mali qui a dissous aujourd’hui tous les partis et associations politiques et interdit toute réunion politique. C’est plus simple ainsi. Le général Assimi Goïta, ancien colonel qui s’est fait nommer général d’armée à 5 étoiles en octobre dernier, préside le pays depuis le coup d’Etat de 2020, il aura ainsi les mains libres pour gouverner selon ses idées avec l’aide de son nouveau partenaire russe.

    D’ailleurs une réaction publiée à 18h41 marque le soutien d’un citoyen à cette mesure.

    Cette décision a été prise en application des recommandations des « assises nationales de la refondation » qui ont d’ailleurs aussi préconisé que le Général Goïta soit « nommé » président de la République pour les cinq années à venir ce qui éviterait de passer par la case élection et tous les soucis conséquents.

    AES INFO avait réalisé un sondage sur « X » le 30 avril montrant que 73% des sondés étaient « très favorable » ou plus simplement « favorable » à cette dissolution des partis.

    Souhaitons donc bonne chance au Mali qui entame un nouveau parcours à l’ombre de ses galonnés !

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  • Règlements de comptes en Syrie

    Règlements de comptes en Syrie

    Depuis le renversement en décembre 2024 du régime Al-Assad en Syrie un nouveau satrape dirige le pays, Ahmed al-Charaa. Celui-ci est issu du mouvement terroriste religieux Al-Qaïda dont il a appliqué l’idéologie mortifère durant la guerre civile syrienne, conflit interne qui est d’ailleurs loin d’être terminé. Depuis sa prise du pouvoir il essaye d’afficher une image plus lisse de sa personnalité ; il a coupé ses cheveux, ajusté sa barbe et porte des costumes-cravate sombres à l’occidentale. Son implication passée dans le mouvement terrorisme Al-Quaïda qui a été à l’origine d’une campagne de terrorisme d’une violence jamais vue, faisant des milliers de morts sur tous les continents de la planète, de l’effondrement des tours du World Center à New York en 2001 aux attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper-Cascher à Paris en 2015, devrait en faire un personnage indésirable à tout jamais.

    Il n’en reste pas moins qu’il est arrivé au pouvoir à Damas et se retrouve à la tête d’un pays dans un état de décomposition avancée dans lequel les tribus, les factions, les communautés religieuses, les intérêts économiques s’affrontent violemment. Quelle-que soit l’idéologie que le nouveau président auto-proclamé compte mettre en œuvre il va lui falloir gérer ces antagonismes. Il est à craindre que les règlements de compte entre communautés soient inévitables. Depuis quelques semaines ce sont les Alaouites qui sont massacrés par les autres communautés. Cette branche du chiisme est minoritaire dans le pays, le clan Assad en était issu. Il eut été étonnant qu’après 50 années de dictature barbare menées par les Assad les Alaouites puissent reprendre leurs habitudes comme si de rien n’était et sans que le reste de la population ne leur demande des comptes… Les forces religieuses officielles soutien de M. al-Charaa seraient directement impliquées dans les attaques contre les Alaouites mais leur dirigeant appelle à l’apaisement. C’est hélas une étape souvent inévitable dans ce genre de situation. La France a elle-même eu à faire face à une épuration extra-judiciaire après la libération entre 1944 et 1945 qui aurait fait dans les 10 000 morts. Certaines estimations parlent de 100 000 victimes…

    La pacification du pays ne sera pas facile après un demi-siècle de dérives sanguinaires. Les influences troubles de pays tiers, occidentaux comme arabes, dans le passé comme aujourd’hui ne vont pas faciliter cette tâche.

    La France serait bien avisée de ne pas s’impliquer politiquement dans ce processus où il n’y a que des coups à prendre. Après le désastre des expériences Kadafi et Assad reçus avec faste par la République avant de devoir être combattus militairement par Paris via des coalitions internationales, il serait opportun à l’avenir de ne considérer la Syrie et ses nouveaux dirigeants qu’avec des pincettes. Ne pas oublier le passé des dirigeants devrait être un mantra de la politique étrangère française. On peut rétablir des relations diplomatiques avec la Syrie, participer à la reconstruction du pays et son accompagnement via les organisations internationales de l’ONU et assimilées, mais surtout pas s’impliquer directement.

    Lire aussi : Syrie : un barbu pour remplacer une canaille

  • Il ne fait plus bon avoir la nationalité française en Afrique

    Il ne fait plus bon avoir la nationalité française en Afrique

    La Côte d’Ivoire organise des élections présidentielles pour la fin de l’année. On ne sait pas si leur président actuel, Alassane Ouattara, 83 ans, en poste depuis 13 ans, envisage de se représenter pour un nouveau mandat, ce qui serait déraisonnable vu son âge, mais ce qui est sûr c’est que son principal opposant, Tidjane Thiam, 62 ans, vient d’être déclaré inéligible car il ne serait plus considéré comme ivoirien, suite à l’acquisition de la nationalité française, au titre d’un vieil article de loi exhumé par une juge et quasiment jamais appliqué, sauf pour l’occasion permettant ainsi d’éliminer le patron du premier parti d’opposition.

    L’homme a fait une longue et plus ou moins brillante carrière à la tête ou dans les équipes dirigeantes de grandes entreprises européenne, dont le Crédit Suisse. Il habite à Paris et ne semble pas particulièrement imprégné de la Côte d’Ivoire, bien que favori dans les « sondages » locaux. Il vient de renoncer à cette nationalité française ce qui fait de lui un apatride puisqu’il n’est plus considéré comme ivoirien mais il affirme rester dans la course pour l’élection présidentielle de cette fin d’année.

    Au-delà de son cas personnel, l’ironie de cette situation est le retour de flammes subi par ces très nombreux citoyens africains, du Maghreb à l’Afrique centrale, qui bénéficient de la nationalité française, généreusement distribuée par Paris depuis des décennies, en plus de la leur. Cette nationalité française était autrefois un gage de sécurité et de supériorité pour les élites locales qui en bénéficiaient, c’est devenu un boulet depuis que nombre de pays africains sont fâchés avec la France.

    On avait ainsi découvert avec stupeur en 2023 que le ministre malien de la défense avait la double nationalité en pleine crise entre son pays et la France. La même année c’est le président malgache qui était pris dans un imbroglio politico-juridique du fait de sa double nationalité. La moitié du conseil des ministres des Comores bénéficierait également de la nationalité française alors que l’archipel agit depuis des années contre les intérêts de Paris dans le cadre de sa revendication du territoire « français » de Mayotte.

    Lire aussi : Le ministre malien de la défense bénéficie de la nationalité française

    La logique et un minimum de cohérence voudraient que ces dirigeants en conflit idéologique avec l’ancienne puissance coloniale renoncent à leur nationalité française et en fassent la publicité. Ils ne l’ont fait que très exceptionnellement ou alors, poussés par les évènements comme récemment M. Thiam. Dans un autre domaine, certains des Etats qu’ils dirigent n’arrivent toujours pas à quitter la zone Franc tant honnie, au moins dans leur communication. Ces pays continuent donc à bénéficier de la liaison de leur devise avec l’Euro, tout en la critiquant.

    Il n’est pas toujours facile de mettre ses actes en accord avec ses idées, dans la vie comme en politique. Mais en ce qui concerne certains pays africains en opposition frontale avec la France le grand écart parait intenable mais contre toute attente il est maintenu. Le sens des responsabilités est une qualité qui n’est pas donné à tout le monde.

    Lire aussi : L’éternel syndrome des citoyens d’anciennes colonies françaises

  • L’éducation aux Etats-Unis

    L’éducation aux Etats-Unis

    Les Etats-Unis ont décidé de fermer le ministère fédéral de l’éducation. Les citoyens et le monde médiatique français sont stupéfaits devant une telle disruption. Evidemment, en France, l’éducation nationale est « nationale » comme l’indique son nom. Cette administration compte plus de 1,3 millions de personnels dont 0,8 d’enseignants. Le choix français, comme dans beaucoup d’autres domaines, est celui de la centralisation. Les Etats-Unis ont décentralisé la gestion de l’éducation au niveau des Etats américains. Ce sont des options différentes. Si l’on en juge les résultats des différentes évaluations internationales (PISA et similaires), il n’est pas démontré que le système américain soit moins efficace que les autres.

    Plus surprenant, on apprend que l’Etat fédéral américain vient de suspendre le versement de subventions aux universités de Colombia et de Harvard accusées de tendances pro-palestiennes. Il s’agitait de sommes significatives : 400 millions USD pour la première, 2,5 milliards USD pour la seconde. On pensait ces universités américaines totalement privées, d’où les droits d’inscription très élevés par rapport aux standards français. Ils le sont en effet mais une partie du financement relevait de l’argent public américain jusqu’à ce qu’ils soient suspendus par l’administration.

    Avec les termes fleuris qui lui sont chers le président Trump règle son compte à Harvard et tout ce que représente dans le monde cette université d’élite.

    Harvard est une BLAGUE, qui enseigne la Haine et la Stupidité, et ne doit plus recevoir de fonds fédéraux.

    Tout en subtilité…

  • Les ‘Ricains

    Les ‘Ricains

    On ne dit plus « les Etats-Unis ont élu un président ruffian-marchand de bétail » mais « le président américain est un être transactionnel ».

  • Mali, Burkina Faso et Niger quittent l’organisation de la Francophonie

    Mali, Burkina Faso et Niger quittent l’organisation de la Francophonie

    Les trois pays sahéliens membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) annoncent leur sortie de la l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Il s’agit du Mali, du Burkina Faso et du Niger, trois pays qui ont pour caractéristique commune d’avoir rompu leur coopération civile et militaire avec la France pour se tourner vers la Russie. C’est une bonne décision de leur part et le maintien de leur présence dans la Francophonie n’avait plus beaucoup de sens dans le contexte des relations sévèrement détériorées entre Paris et ses trois anciennes colonies. Il vaut mieux laisser les choses décanter et en reparler dans 150 ans. Notons que le communiqué de l’AES est rédigé en… français !

    D’ailleurs il n’est pas sûr que ce « machin » multilatéral soit très utile ni pour la France ni pour les autres pays membres. L’organisation accueille maintenant des pays non-francophones comme la Bulgarie, le Cap Vert, Chypre, l’Egypte, la Grèce, le Ghana, etc. Certains Etats membres comme le Togo et le Ghana adhèrent en parallèle au Commonwealth, entre l’anglais et le français leur cœur balance !

    Certes, on doit bien trouver quelques universitaires qui parlent encore français au Caire ou à Nicosie mais la très grande majorité de ces populations ne parlent pas un mot de français et il fort peu probable qu’elles s’intéressent un jour à la langue de Molière dans un avenir prévisible.

    Le budget de l’OIF 2025 est de 69 millions d’euros. Il est à craindre que la France ne soit le premier contributeur.

  • Les lubies du pouvoir américain

    Les lubies du pouvoir américain

    On va de surprise en surprise dans la révolution trumpiste en cours aux Etats-Unis d’Amérique. Certaines sont assez fondamentales et bouleversent l’ordre du monde, d’autres sont plutôt anecdotiques comme la volonté du nouveau président de rebaptiser le Golfe du Mexique en Golfe d’Amérique. Il y a d’ailleurs dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington une carte d’Amérique du Nord mentionnant cette nouvelle appellation.

    Certains organes de presse américains se refusant à cette gymnastique sémantique et se sont vu du coup interdire l’accès au pool de presse présidentiel. On ne sait pas bien qui détermine les noms géographiques ni s’il existe une organisation internationale en charge d’enregistrer ces dénominations. Des pays riverains de l’océan pacifique peuvent-ils librement le rebaptiser « océan agressif » ?  Le président Trump ne s’embarrasse pas de ces détails juridiques et on va voir à court terme qui le suit, ou pas. En attendant, Google Map est prudent et affiche déjà les deux dénominations…

    Google Maps – Golfe d’Amérique
  • Guerre économique

    Guerre économique

    Depuis la prise de fonction de leur nouveau président les Etats-Unis d’Amérique ont initié une guerre mondiale économique en rehaussant, souvent de façon significative, les droits de douanes imposés aux pays tiers exportateurs. Cela va renchérir le coût des produits importés par les Etats-Unis, qu’il s’agisse de produits finis, semi-finis ou de matières premières. Les chaînes de valeur commencent déjà à en être désorganisées et, in fine, le consommateur final, notamment américain, devrait avoir à payer ces surcoûts.

    Selon les cas, ces hausses de droits de douane auraient été décidées pour forcer les pays exportateurs à prendre des mesures pour lutter contre les immigrés illégaux, l’exportation de Fentanyl ou d’autres motifs plus ou moins réels. C’est ainsi que les Etats-Unis accusent l’Europe d’un excédent commercial indécent qu’il faut réduire, avançant à l’appui de cette assertion des chiffres qui sont contestés par Bruxelles car ne prendraient en compte que la balance commerciale, effectivement excédentaire pour l’Europe, « oubliant » la balance des services qui, elle, est excédentaire en faveur des Etats-Unis. Les pays touchés par ces hausses de droits ont déjà pris des mesures de rétorsion à l’encontre de Washington.

    On suppose que si les pays « accusés » venaient à régler les dysfonctionnements dont les accusent les Etats-Unis, la hausse des droits de douane qui leur sont imposées seraient réduites, voir supprimées, mais l’histoire ne le dit pas. On peut d’ailleurs s’étonner que le président américain puisse décider de ces bouleversements économiques, qui touchent le monde entier, seul dans son bureau ovale. Mais autant certaines décisions intempestives du président américain sont actuellement contestées en justice, autant celles concernant les droits de douanes ne semblent pas discutées et elles s’appliquent actuellement. Quant aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui sont clairement violées par ces méthodes, plus personne n’en parle, sauf peut-être la Chine qui vient de déposer plainte auprès de cette organisation multilatérale honnie par le nouveau pouvoir américain qui en perturbe le fonctionnement.

    La théorie économique établit qu’une telle guerre commerciale aboutit immanquablement à une récession économique. Mais la théorie économique s’est déjà beaucoup trompée dans l’histoire. L’avenir devrait dire assez rapidement si, cette fois-ci, elle est confirmée, ou pas, dans cette nouvelle période de chaos économique.

    Et pendant ce temps la France regarde comment abaisser l’âge légal de la retraite…

  • Les Etats-Unis veulent annexer le Canada

    Les Etats-Unis veulent annexer le Canada

    Le président des Etats-Unis d’Amérique affiche vigoureusement son objectif d’annexer le Canada pour en faire le 51e état américain. On a du mal à y croire tant l’outrance apparaît farfelue mais ce n’est pas une hallucination, l’objectif est répété par le président à toutes sortes d’occasions. En attendant « mieux », une guerre commerciale a plus ou moins été ouverte par Washington pour tenter de forcer la Canada à « demander » lui-même ce rapprochement et sa disparition en tant qu’Etat indépendant.

    Ce nouvel impérialisme ressemble à bien des égards à celui de la Russie qui dénie à l’Ukraine son droit d’exister comme Etat indépendant et a donc envoyé ses chars en février 2022 pour atteindre son objectif. Dans un premier temps, la Russie a annexé sans autre forme de procès les provinces du Donbass sur lesquelles se déroulent encore des combats. Cette annexion, comme celle de la Crimée en 2014, n’est reconnue que par les amis de Moscou.

    On a du mal à imaginer que Washington puisse faire de même en faisant parler les armes contre le voisin canadien, mais dans cette période de chaos international causé par la remise en cause de l’organisation du monde, et particulièrement des frontières, issue de l’après-seconde guerre mondiale, on se dit que tout est possible. Après tout les Etats-Unis revendiquent également le Groenland qu’ils veulent racheter au Danemark et le retour à leur souveraineté sur le canal de Panama !

    Ces revendications inattendues brisent les certitudes des générations européennes post-seconde guerre mondiale qui croyaient « l’allié » américain solide comme le roc et mené par des dirigeants visionnaires, défenseurs de la démocratie et du libéralisme économique. Les choses changent !

    Juin / Charlie Hebdo (09/03/2016)
  • Le Hamas et Rima Hassan en pleine forme

    Le Hamas et Rima Hassan en pleine forme

    L’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas sur la bande de Gaza continue à dérouler les différentes étapes convenues pour les libérations réciproques d’otages israéliens contre détenus palestiniens. Ce jeudi ce sont des cercueils qui ont été rendus par les Palestiniens à Israël, ceux de deux enfants et de leur mère, la famille Bibas, dont le père, lui aussi otage, a été échangé, vivant, il y a déjà quelques jours.

    Le Hamas et ses groupes assimilés ont utilisé la même mise en scène pour restituer les morts que pour les vivants : foule populaire rassemblée sur le lieu de remise des cercueils noirs à la Croix Rouge, soldatesque armée en uniformes rutilants, exposition des cercueils sous une grande affiche représentant le premier ministre israélien transformé en vampire. Et, bien sûr, une multitude de vidéastes officiels filmant la scène sous tous ses angles.

    Quelques heures plus tard on apprenait des autorités israéliennes que les corps des deux enfants avaient bien été identifiés mais que celui devant être leur mère était celui d’une femme inconnue. Le Hamas reconnaît rapidement une possible confusion dans les corps. On ignore pour le moment s’il s’agit d’une véritable erreur ou d’un acte réfléchi du groupe terroriste religieux. Un nouveau cercueil est ensuite remis à la Croix Rouge qui, cette fois-ci, contient bien le corps de Mme. Bibas.

    Les pays occidentaux, et même l’ONU, sont révulsés par ce théâtre médiatisé des échanges, appliqué aux morts comme aux vivants. Les non-occidentaux sont plutôt silencieux sur le sujet. De son côté, Israël qui libère des centaines de détenus palestiniens en application de ses engagements ne se résout pas à appliquer la même méthode audiovisuelle et il n’y a pas d’images diffusées de leur sortie d’Israël. Il y en a cependant de nombreuses de leurs arrivées en bus à Gaza. En revanche, les télévisions israéliennes diffusent des images des retrouvailles des otages avec leurs familles sans que l’on sache si lesdites familles sont d’accord pour cette publicité. On pourrait se passer de ces reportages un peu racoleurs et un peu plus de discrétion serait bienvenue sur ces moments d’intimité !

    La mort de ces trois otages, dont deux enfants enlevés alors qu’ils avaient 8 mois et 4 ans, est attribuée à l’une ou l’autre partie selon les cas. La Palestine qui a enlevé cette famille le 7 octobre 2023 accuse un bombardement israélien qui aurait atteint cette famille. Israël accuse le Hamas de les avoir assassinés. La députée française au parlement européen Rima Hassan a en tout cas tranché la question dans l’un des très nombreux messages propalestiniens diffusés sur son compte « X ».

    Rima Hassan sur « X » (19/02/2025)

    De nouvelles négociations seraient en cours pour arrêter les prochaines étapes de ce cessez-le-feu. Si elles échouent on peut imaginer la reprise de la guerre qui, probablement, n’atteindrait pas plus qu’avant le cessez-le-feu actuel son objectif de « la destruction du Hamas ». Entre temps, le nouveau président des Etats-Unis a proposé sa solution : déplacement des 2 millions de Palestiniens de la bande de Gaza en Egypte et en Jordanie, sans droit au retour, « prise de contrôle » de l’enclave par les Etats-Unis (?) et transformation de celle-ci en « riviera ». A ce stade les pays arabes ont manifesté leur opposition à ce projet.

    Il est à craindre que les générations futures aient encore à entendre parler longtemps du conflit israélo-palestinien et à payer pour la énième reconstruction de Gaza !

    Lire aussi : Le Hamas toujours là

  • « Personne n’y comprend rien » de Yannick Kergoat

    « Personne n’y comprend rien » de Yannick Kergoat

    Le journal en ligne Mediapart s’est spécialisé dans les enquêtes d’investigation concernant généralement le personnel politique français. Il a ainsi notamment dévoilé les scandales Cahuzac et Bettencourt-Worth. Depuis plusieurs années il s’est attaqué à l’hypothèse de fonds en provenance de Libye pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Mediapart a décidé d’en faire un documentaire diffusé dans les salles de cinéma et, ce n’est sans doute pas un hasard, au moment où s’est ouvert le procès de l’ancien président de la République et certains de ses proches pour, notamment, corruption et association de malfaiteurs.

    Mediapart et Fabrice Arfi, son principal en quêteur, sont sans doute persuadés qu’il a eu un « pacte de corruption » entre le candidat aux élections françaises et le clan Kadhafi qui gouvernait alors la Libye, mais le documentaire est relativement factuel, la plupart des faits étant d’ailleurs reconnus par les accusés en ce moment au tribunal, sauf bien entendu le fait que des fonds libyens auraient été reçus par l’équipe de campagne Sarkozy.

    L’un des personnages centraux côté libyen est Abdallah Senoussi, beau-frère du dictateur, chargé de la sécurité intérieure du pays. A ce titre, la justice française l’a jugé coupable d’avoir organisé avec quelques comparses l’attentat contre le DC10 de la compagnie française UTA en 1989 qui a fait 170 morts. Ils ont été condamnés par contumace avec émission d’un mandat de recherche international.

    Près de vingt ans plus tard, un certain nombre de proches de Sarkozy (Brice Hortefeux, Claude Guéant, notamment) font le voyage de Tripoli et rencontrent… Senoussi. Ils se sont défendus ces derniers jours devant les juges qu’ils n’étaient pas au courant que le repris de justice était invité au dîner auquel ils participaient, et qu’ils n’ont pas voulu claquer la porte de la soirée pour éviter un « incident diplomatique ». La thèse du film est que la Libye monnayait un éventuel financement contre un élargissement du personnage par la justice française.

    Et on ne parle même pas ici de tout le petit monde interlope d’intermédiaires affairistes ou délinquants, évoqué dans le film, qui rôdent et servent d’intermédiaires douteux entre ces dictatures et des représentants de l’Etat français…

    La justice se prononcera bientôt mais quelle que soit la décision elle sera probablement contestée par la partie en défaveur de laquelle elle sera rendue. Quoi qu’il en soit on voit avec effarement, dans le documentaire et dans la vraie vie au tribunal, les petits arrangements que la France a mené avec le dictateur libyen initiateur d’actions de terrorisme international, sans parler de la gestion sanguinaire de son propre pays. Tout aussi consternant, dans le cadre de la réhabilitation du dirigeant libyen, la France a envisagé de lui vendre des centrales nucléaires civiles…

    La France s’est cassé les dents à plusieurs reprises en essayant de réhabiliter d’anciens dictateurs, probablement avec naïveté et bonne foi mais que ce soient Bachar El-Assad ou Mouammar Kadhafi, ces dirigeants ont à chaque fois renoué avec leurs mauvaises habitudes. Dictateur un jour, dictateur toujours !

    Paris devrait s’en souvenir alors que le nouveau dirigeant syrien est issu des mouvements terroristes islamiques et se tourne vers l’Occident, ou que le président russe, une fois la guerre d’Ukraine terminée, cherchera lui aussi à renouer. On doit pouvoir continuer les relations diplomatiques et commerciales avec les dictatures, mais le faire modestement, et sans leur vendre des centrales nucléaires ou les recevoir sur les Champs Elysées, ni bien sûr leur faire financer la politique intérieure française. C’est au moins une conclusion que l’on peut tirer de ce documentaire avant même toute décision judiciaire.

  • L’analyse du président américain sur un accident d’avion

    L’analyse du président américain sur un accident d’avion

    Quelques jours après l’intronisation du nouveau président américain Donald Trump, un crash s’est produit le 30 janvier entre un avion civil et un hélicoptère militaire à Washington. Les deux aéronefs ont plongé dans le Potomac. Il n’y a eu aucun survivant parmi les 67 personnes, passagers et membres des équipages. A peine 24 h après le crash, le président Trump a fait part de son analyse technique de ce drame sur le réseau Truth Social :

    Truth Social – message de Donald Trump

    Bonne nouvelle : ce message n’a reçu que 53 000 « likes » ce qui, pour une population de 350 millions de personnes, est finalement assez peu.

    Il a également accusé l’administration en charge du contrôle aérien d’avoir recruté des agents incompétents en ouvrant le recrutement à la « diversité ». Au-delà de ce diagnostic présidentiel, les enquêtes techniques habituels en ce genre de circonstances pour comprendre ce qui s’est passé et en tirer les leçons nécessaires.

  • SENGHOR Léopold Sédar, ‘Ce que je crois’.

    SENGHOR Léopold Sédar, ‘Ce que je crois’.

    Sortie : 1988, Chez : Les Cahiers Rouges – Grasset

    Léopold Sédar Senghor (1906-2001), homme d’Etat français, puis sénégalais après l’indépendance du Sénégal, fut surtout un poète et un visionnaire africain qui, en compagnie d’Aimé Césaire (1913-2008, martiniquais) et de quelques autres, développa le concept de « négritude » entre les deux guerres, courant littéraire et politique qui accompagna l’émancipation des peuples africains et la décolonisation de leurs pays. Senghor fut aussi président du Sénégal de son indépendance en 1960 jusqu’à 1980.

    Ce « Ce que je crois » laisse au lecteur une impression mitigée. Toute la première partie ressemble à une tentative touchante de démontrer que « l’homme africain » fut à l’origine de l’Humanité, comme pour compenser, excuser, le fait que le continent soit resté à l’écart du développement occidental des derniers siècles. Et d’insister sur l’invention du fer en Nubie 4 000 ans avant notre ère, l’apparition de l’art avec les roches peintes dans le Sahara au Magdalénien (15 000 ans avant JC), etc. Senghor mène ensuite une analyse statistique des groupes sanguins des peuples du monde, se référant au concept de « caractérologie » qui associe le « tempérament » et le groupe sanguin, et, plus ou moins directement à l’origine géographique. Le groupe O serait majoritaire en Afrique, le A en Europe et le B en Asie. Le fait qu’il y a plus de groupe O en Grèce montrerait, par exemple, des mélanges anciens avec des populations africaines. Idem au Proche-Orient qui aurait donc été le fuit de mélanges ethniques avec des populations d’Afrique noire à un moment ou un autre de son histoire. Même les Japonais présenteraient une proportion de groupe sanguin attestant une présence africaine. Il passe ensuite de la biologie à la culture en trouvant des caractéristiques culturelles communes aux peuples présentant des similitudes dans la répartition de leurs groupes sanguins.

    Il est maintenant démontré et admis qu’Homo Sapiens a vu le jour en Afrique et que ses migrations progressives au cours des millénaires ont initié le développement de la population mondiale. La théorisation de l’influence de « l’homme africain » via l’analyse des groupes sanguins mondiaux semblent un peu acrobatique et on frémit en lisant ces rapprochements osés entre groupes sanguins, origines et cultures, dont on se demande s’ils seraient retenus par la science génétique moderne (le livre a été écrit en 1988)…

    La suite de l’essai est plus légère et développe l’action et la pensée de son auteur dans les domaines qui lui étaient plus familiers : la linguistique, la poésie, la francophonie et l’émancipation des peuples africains qu’il souhaitait par-dessus-tout sans rompre les liens avec la France, puissance coloniale de la plupart des pays dont il parle. Homme de culture et d’une grande élévation morale il a gouverné le Sénégal devenu indépendant plutôt mieux que ses coreligionnaires des nations avoisinantes démontrant qu’un poète peut aussi développer un pays.

    La fin de son « règne » fut un peu chaotique mais le Sénégal est désormais assis sur des bases démocratiques qui perdurent tant bien que mal, exemple plutôt unique dans la région. Son attachement à la France, un peu suranné, à son histoire et à sa langue, fut émouvant. Pas sûr qu’il serait apprécié des Sénégalais par les temps actuels de rejet total de l’ancien colonisateur qui n’a pas laissé que des bons souvenirs dans le pays. Le temps des dirigeants modérés, apaisés et poètes est terminé depuis longtemps en Afrique. Une voie aura quand même été défrichée par ces grands intellectuels africains au mitan du XXe siècle qui sera peut-être, un jour, retrouvée par les générations futures du Sénégal.

    Il nous reste la poésie de Senghor :

    Ma négritude point n’est sommeil de la race mais soleil de l’âme, ma négritude vue et vie
    Ma négritude est truelle à la main, est lance au poing
    Récade. Il n’est question de boire de manger l’instant qui passe
    Tant pis si je m’attendris sur les roses du Cap-Vert !
    Ma tâche est d’éveiller mon peuple aux futurs flamboyants
    Ma joie de créer des images pour le nourrir, ô lumières rythmées de la Parole !

    (in Elégie des Alizés – Léopold-Sédar Senghor)

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