Catégorie : No Europe

  • Compromissions occidentales avec la Libye

    Le satrape libyen Kadhafi s’est bien débrouillé, il a fait ravaler son chapeau à l’Occident en réussissant à obtenir une contrepartie aux indemnisations de Lockerbie réglées par son pays aux victimes de l’explosion d’un Boeing 747 menée par ses agents terroristes. Il a en effet récupéré une espèce de reconnaissance internationale en libérant les infirmières bulgares qui étaient accusées d’avoir soi-disant contaminé des enfants libyens avec le virus du sida. Les deux évènements sont mis au même niveau par Tripoli.

    C’est tout de même très fort de la part de Kadhafi, exceptionnel même ! Nos démocraties sont faibles et continuent à parler à ce personnage, ou comment les petits arrangements prennent le dessus sur les grands principes.

  • Cynisme à Tripoli, mais pourquoi se priver ?

    Avec un cynisme assez exceptionnel dans les discussions internationales, pourtant très performantes en la matière, la Lybie négocie la libération des « infirmières bulgares » accusées d’avoir propagé le sida à des enfants, contre des compensations financières à peu près équivalentes à celles versées par ce pays aux Etats-Unis et à la France à la suite des attentats contre les avions de la TWA et d’UTA qui avaient faits quelques centaines de morts. Et la Lybie va sans doute obtenir satisfaction. C’est la quintessence de la prise d’otages par un Etat, une remarquable négociation libyenne, assez ubuesque, où la raison des Etats les plus riches fait pencher la balance du côté du plus faible qui en profite pour régler ses comptes avec brio.

  • Le Liban à feu et à sang

    Les bombes continuent d’exploser à Beyrouth, décimant politiques et journalistes, sans parler des anonymes qui se trouvent au mauvais moment au mauvais endroit. Tout le monde désigne bien entendu la Syrie, c’est facile. On a du mal à considérer que ce pays puisse être aussi malfaisant, ou à tout le moins qu’il soit si efficace dans la nuisance chez ses voisins alors qu’il est tellement la tête sous l’eau à l’intérieur de ses propres frontières. Après tout, les Libanais sont sans doute aussi capables de faire exploser des voitures suicides sans l’aide de personne. 

    A Gaza le Hamas massacre le Fatah et vice versa en Cisjordanie. Pauvre Proche-Orient qui n’a pas mérité tout ceci !

  • Du rififi à la Banque Mondiale

    Le patron de la Banque Mondiale Wolfowitz continue à s’accrocher à son siège malgré son aveu d’avoir favoriser sa copine travaillant dans l’institution. C’est assez fort pour un pourfendeur de la mauvaise gouvernance des pays du tiers-monde bénéficiaires des prêts de la Banque Mondiale. Certains pays doivent se tenir les côtes à la lecture des conditionnalités anti-corruption imposées par la Banque dans ses programmes.

    On ne sait plus qui a dit « le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument » mais il y a de ça. On a vraiment l’impression qu’un sentiment d’impunité totale, une perte de contact avec les réalités, animent les actions de nos puissants et ce n’est pas bien, même s’il ne s’agit que de corruption intellectuelle.

  • Les dépenaillés face aux armées occidentales

    « Vous avez aimé Saigon ? Vous allez adorer Mogadiscio ! » avait annoncé l’ambassadeur américain en Somalie lors du lancement de l’opération Restore Hope. On a aimé, spécialement les forces internationales envoyées dans ce pays sans foi ni loi pour atténuer la famine. Et ça continue ; ce sont maintenant les Éthiopiens qui ne savent plus comment se sortir du bourbier local. Stalingrad, Alger, Saigon, Kaboul, Bagdad, et d’autres ; toutes les armées étrangères ont été défaites par ces guérillas urbaines dépenaillées mais volontaires. Seule Berlin a ployé sous l’assaut, mais c’était en 1945, l’enjeu était légitime et la planète entière s’en était emparé !

  • La Côte d’Ivoire à la dérive

    Un rebelle ivoirien est nommé premier ministre à Abidjan. L’Afrique se retrouve dans le consensus qui lui est si cher. Il y a peu de chances que cela dure très longtemps, il faut d’urgence retirer les troupes françaises avant que l’orage ne reprenne le dessus.

  • La France s’enfonce en Afrique

    Une escouade rebelle centrafricaine attaque un détachement militaire français au nord-est du pays. La France riposte à coups de Mirage F1 que l’on fait venir du Tchad pour canarder depuis les airs ce qui sera sans doute l’ossature de l’armée centrafricaine après que les « rebelles » d’un jour seront devenus les forces « loyales » du lendemain. Qui sait, en voulant faire voir qui est le patron, nos galonnés franchouillards ont-ils blessé un 2ème classe, futur ministre de la défense ?

    Mais que fait-on encore dans cette galère ? Nous avons pourtant vu de nos yeux vu le départ « définitif » de l’armée française de son condominium bantou lorsque nous traînions dans ces contrées sauvages il y a une dizaine d’années ! Et on ressert le couvert ; quelle abnégation ou quel aveuglement militaro-politique. Comme il y a dix ans, il n’y a que des coups à prendre et strictement aucun bénéfice à engranger, pas plus pour la France que pour l’Afrique. Faire tirailler des Mirage sur des hordes dépenaillées et avinées au milieu de la brousse centrafricaine…, qui peut donner des ordres pareils dans les palais vieillissants de la République ? Les bras nous en tombent !

    Au moins la Cote d’Ivoire a-t-elle l’air de s’assagir pendant ce temps. Un énième accord vient d’être signé entre rebelles et gouvernement en place. Comme ni la France ni l’ONU n’ont dû tordre le bras des signataires pour finaliser ce parchemin, sa durée de vie devrait être un peu plus longue que les n-1 précédents, quelques semaines tout au plus. Le créneau va être court, il faut en profiter pour retirer « définitivement » les 3 500 soldats français de l’armée néocoloniale qui stationnent encore dans ce pays bourbeux avant que les hostilités ne reprennent. L’art de la retraite en douceur, et que les Etats-Unis en prennent de la graine !

  • Le chaos de l’Afrique centrale ne date pas d’aujourd’hui

    Un intéressant article de Ngoupandé, ex-premier ministre centrafricain, dont j’avais connu le frère à Bangui. Il développe une analyse sur la traite arabe et ses scories actuelles dans le Darfour, une vaste et déserte région au carrefour du Soudan, du Tchad et de la Centrafrique. Pendant des siècles cette immensité a été un vaste marché aux esclaves où s’effectuaient des razzias vers le Proche et Moyen-Orient. La conscience collective des populations noires de cette région est restée marquée par cette traite arabe. Ce qui se passe aujourd’hui n’est que la suite logique d’un « esclavage arabe » qui ne veut pas dire son nom. Ngoupandé insiste sur le caractère « racial » de ce drame dont la seule évocation dérange car révélateur de traumatismes anciens et de désunion actuelle entre les populations africaines. Pour exorciser cette Histoire qui n’a jamais donné lieu à repentance, il appelle les pays arabo-africains à condamner clairement les exactions des hordes janjawids. La patience est une vertu africaine, heureusement…

  • Les Soudanais palabrent

    Les parties soudanaises signent un vague papier au sommet franco-africain de Cannes, s’engageant à ce que la guerre civile ne déborde pas trop sur le Tchad et la Centrafrique. Cet engagement ne vaut évidemment rien et suivra le sort de ses prédécesseurs, la guerre ancestrale entre les nomades arabes et les sédentaires noirs, anciens esclaves, reprendra de plus belle d’autant qu’elle est largement encouragée par le gouvernement en place à Khartoum. Le président El Béchir a d’ailleurs réaffirmé à Cannes son refus de recevoir des troupes internationales sur son territoire pour mettre fin au massacre. Le temps où le Soudan livrait Carlos à la France est bien terminé. Soutenu par la Chine qui pompe son pétrole, délaissé par l’Occident qui n’envisage pas de se colleter ce nouveau conflit, négligé par le reste de l’Afrique qui a autre chose à faire, le Soudan continue tranquillement sa guerre d’un autre âge.

  • Terrorisme au Moyen-Orient

    L’Irak cherche à battre le record du monde du terrorisme et devrait y arriver sans trop de difficultés ; aujourd’hui nous avons deux bombes qui explosent à ¼ d’heure d’intervalle juste au début et à la fin du ¼ d’heure de silence en ce jour anniversaire de l’attentat contre une mosquée chiite il y a deux ans. Résultat, 80 morts !

  • A Dubaï

    Arrivée à Dubaï dans un avion plein de touristes. La ville se développe toujours plus avec une « sky line » de buildings très élégants, dont la future « plus haute tour du monde ». Pour une fois qu’un pays arabe réussi son développement économique, c’est plutôt bien. Tout est basé sur les services, beaucoup de sociétés viennent établir leur base moyen-orientale à Dubaï pour profiter du régime libéral et de la parfaite qualité et modernité des infrastructures.

    Dubaï est une destination très « tendance », les rues de la ville sont parcourues de voitures de grand luxe et d’occidentaux fringués mode. C’est New York au milieu des sables ! Mais toujours aussi peu d’âme dans cette cité riche et superficielle.

  • L’exécution de Saddam Hussein

    Une vidéo piratée sur un téléphone mobile montrant la pendaison de Saddam est diffusée sur Internet et déclenche des réactions diverses, plutôt négatives. C’est curieux de constater que c’est plus l’image qui scandalise que l’acte lui-même. Que l’on soit pour ou contre cette exécution, le fait qu’elle soit filmée et diffusée ne me semble pas changer grand-chose. Notre civilisation de l’image et du paraître a tellement corrompu les comportements que l’on en arrive à réagir sur du virtuel quand la vraie vie laisse indifférente !