Catégorie : France

  • Le fouteballe encore à la une

    Fouteballe-201509_Valbuena

    Un match de fouteballe à sensations la semaine dernière entre Lyon (l’OL) et Marseille (l’OM) où le public marseillais s’en est pris à Valbuena coupable d’avoir quitté le club de Marseille pour rejoindre celui de Lyon. Pour les supporters de l’OM cette traîtrise est insupportable et ils le font savoir en balançant des bouteilles de bière sur les joueurs, en pavoisant des banderoles dénonçant le collabo et même en montant dans les tribunes un gibet sur lequel est pendu un mannequin représentant le traître. Le match est interrompu, puis repris et terminé sur on ne sait quel score.

    Valbuena est un petit teigneux surpayé qui n’a guère d’importance dans cette affaire. On se souvient de l’un de ses exploits lorsqu’il insulta un gamin énamouré qui voulait un autographe en frappant à la vitre de son automobile bling-bling au risque d’en salir la carrosserie immaculée :

    Non, le plus édifiant dans cette affaire n’est pas ce personnage assez insignifiant finalement (à la différence de son salaire) mais le niveau d’abêtissement d’une bande de supporters exprimant bruyamment toutes les pathologies attisées par ce sport où se côtoient des pousseurs de balle dopés aux anabolisants et aux salaires démesurés, avec des supporters frustrés et ivrognes, les deux parties partageant généralement le même niveau de mauvaise éducation. Les autorités en charge de ce sport s’émeuvent de ces dérapages et ils ont raison. Une première série de condamnations à de la prison ferme a été prononcée contre ceux de ces trublions qui ont pu être arrêtés par la police. La ligue de fouteballe a par ailleurs fermé « les virages Nord et Sud » du stade marseillais :

    Au vu de la gravité des faits, la Commission a décidé de placer le dossier en instruction. Après ouverture du dossier et désignation de l’instructeur, la Commission convoque les dirigeants de l’Olympique de Marseille pour la séance du jeudi 15 octobre dans le respect des dispositions des règlements disciplinaires et du Code du Sport imposant 15 jours de délai minimum. A l’issue de cette réunion au cours de laquelle l’instructeur rendra ses conclusions, la Commission rendra sa décision. En attendant, au regard de la gravité des faits, la Commission décide de fermer à titre conservatoire les virages Nord et Sud du Stade Vélodrome.

    On se demande bien si une telle mesure est capable de reconnecter les neurones de supporters qui pourront toujours aller dans les lignes droites puisque les virages sont fermés. La question de fond est plutôt comment faire remonter le niveau d’intelligence dans et sur les stades de fouteballe ? Ce sera le combat de plusieurs générations en admettant qu’elles y arrivent…

    Dans le même temps les combats sont engagés par les dirigeants du fouteballe mondial et national :

    • En France pour une sombre histoire d’investisseurs, de droits télévisés et de montée ou descente d’une division vers l’autre, à laquelle personne ne comprend rien, des clubs créent une énième organisation fouteballistique qui va venir encore un peu plus agiter le marigot nauséabond de ces consommateurs d’argent public,
    • A l’international la succession à la tête de la fédération internationale de Blatter, vieux (80 ans) et convaincu de corruption, bat son plein et les coups bas pleuvent. Platini qui est candidat doit affronter une affaire de paiement déloyal de 1,8 MEUR qu’il aurait encaissé de ladite fédération pour un travail effectué… Il va falloir qu’il se justifie s’il espère vaincre, ou alors sortir un dossier encore plus puant sur ses adversaires, ce qu’il doit être en train d’essayer de rechercher.

    Un certain Ali ben Al Hussein (40 ans), prince jordanien, demi-frère de l’actuel roi Abdallah II est candidat au remplacement de Blatter, vieux (80 ans) et convaincu de corruption. Le mieux serait à n’en pas douter de laisser le Moyen-Orient prendre en main l’organisation du fouteballe mondial pour en sortir nos tacticiens occidentaux qui ont montré si souvent leur défaillance, voire pire. Les pays pétroliers de ce Moyen-Orient sont plutôt riches, ont acquis une bonne expérience dans la construction de stades climatisés au milieu du désert et à l’organisation d’évènements sportifs mondiaux.

    Platini (60 ans) a mangé toutes les écuelles du fouteballe mondial depuis les années 70’, gagné beaucoup de compétitions, montré qu’un fils de migrant italien pouvait réussir, casé son propre fiston Laurent dans le business fouteballistique en lien avec le Moyen-Orient riche, bref, il a bien mérité sa retraite.

    Laissons l’organisation du fouteballe mondial au Qatar et à la Jordanie, au passage délocalisons le PSG audit Qatar et que la France se consacre à tenter de relever le niveau d’éducation de ses enfants, particulièrement ceux fréquentant les stades. La tâche sera longue et couteuse. Elle mérite toutes nos énergies et nos ressources.

    La simple image des stades transformés en arènes où doit intervenir la force publique pour contenir la bêtise est une vision d’horreur et d’argent public dilapidé. Notons au passage qu’il y a régulièrement des blessés, parfois des morts…

    Fouteballe-201509_Valbuena-b

  • La France vend des armes

    Après avoir annulé la vente de deux navires porte-hélicoptères à la Russie pour cause du comportement impérial de Moscou en Ukraine, la France les vend à l’Egypte avec qui elle a déjà négocié des avions de combat Rafale. Evidemment ces transactions font un peu frémir et l’on craint que ces armes sophistiquées se retrouvant dans un Moyen-Orient très agité se retournent un jour contre nous…

    Idéalement il serait plus rassurant de vendre les armes françaises à de vrais amis, hélas les aléas du commerce de ce genre de produits font que la République vend aux clients qu’elle trouve pour assurer la survie de cette industrie sophistiquée. Accessoirement ces pays émergeants acheteurs s’acquittent rarement de 100% de leurs factures dont une partie est en réalité financée par les contribuables via des annulations de dettes aux pays acheteurs ou des subventions à l’industrie.

  • Inattendu !

    Il s’avère que les migrants qui affluent en Europe pour fuir le Moyen-Orient en guerre, ceux qui ont le plus de chance d’obtenir un statut de réfugié, sont assez peu intéressés par la destination France. Ils préfèreraient a priori les pays mieux gérés… Certains déjà accueillis en France seraient déjà repartis vers l’Allemagne ou la Scandinavie. Paris aura peut-être du mal à remplir son quota, un comble.

    De toute façon une fois obtenu son statut de réfugié dans un pays ou un autre, l’impétrant pourra voyager librement partout où il le voudra à l’intérieur de la zone Schengen. A court terme ce rejet de la France fera plutôt les affaires de ses dirigeants et de nombre de ses citoyens. A plus long terme ce n’est pas forcément un bienfait. Au-delà de l’éventuelle blessure d’ego qui sera vite digérée, cela veut dire que les meilleurs iront de préférence chez nos voisins. La-aussi la loi de l’offre et la demande est maître du jeu.

  • I have a dream…

    On aurait espéré que sur un sujet comme celui de la crise actuelle des migrants le monde politique français républicain fasse preuve d’un peu de réflexion avec une parcelle de responsabilité et de sens de l’intérêt général. Las, il n’en est rien. Ce sujet qui touche d’abord à l’humain déclenche des batailles politicardes navrantes. Lorsqu’un chroniqueur ou un élu est interrogé sur le sujet dans une presse avide de sensations il répond en critiquant ce que fait ou pense la partie adverse avec une argumentation de café du commerce. Et l’on ne parle même pas des éructations de l’extrême droite qui veut repousser les immigrants à la mer sans trop expliquer par quels moyens il procédera s’il en avait un jour le pouvoir.

    En réalité l’immigration est un phénomène ancien en Europe comme en France et la partie illégale de celle-ci ne date pas des accords de libre circulation de Schengen et encore moins de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2012. Elle est consubstantielle de l’immigration légale et existait déjà bien entendu du temps où les frontières entre les Etats n’avaient pas encore été démantelées dans le cadre des accords dits de Schengen.

    Aucun pouvoir en France, de droite comme de gauche, n’a jamais réussi à enrayer significativement cette immigration illégale, ni même à renvoyer les immigrés illégaux en dehors de France. Des charters Pasqua dans les années 80’ aux conférences sur l’identité nationale dans les années 2000, en passant par les régularisations d’illégaux, toutes ces politiques ont échoué à remplir leurs objectifs. Il fallait sans doute les tenter ne serait-ce que pour en mesurer les limites. Mais surtout, aucun pouvoir en France, de droite comme de gauche, n’a jamais réussi à faire en sorte que ces candidats à l’immigration préfèrent rester chez eux plutôt que de venir en France. Les actions de co-développement et autres lubies tiers-mondistes ont des effets tellement microscopiques et de long terme que la richesse et la démocratie de notre vieille Europe continue pour le moment à attirer les citoyens du monde en développement. Les Etats-Unis d’Amérique connaissent une immigration comparable en provenance du Mexique, sous présidence démocrate comme républicaine, avec ou sans le mur en construction à la frontière entre ces deux pays.

    L’immigration des pays pauvres et en guerre ou sous dictature vers les pays riches en démocratie est donc un mouvement ancien, puissant, profond, irréversible qu’il faut gérer avec intelligence et autorité, si possible avec unité, au moins au niveau national, en évitant les coups de menton démagogiques.

    La seule mesure qui n’a jamais été véritablement tentée serait de repousser ces flux d’immigration par la force, c’est-à-dire en déployant l’armée aux frontières et la marine de guerre sur mer. La force cela veut dire l’utilisation des armes et des militaires tirant sur des populations civiles, autant dire un massacre. Cette option n’est pas sur la table dans notre démocratie. Certains de ceux qui prônent la répression contre l’immigration y pensent sans doute sans pour autant oser la formuler.

    Entre les armes et l’ouverture complète des frontières il faudrait compromettre et définir une politique saine et évolutive en fonction des évènements. C’est difficile. A ce jour tout le monde y a échoué, c’est la raison pour laquelle une union nationale entre gens intelligents et de bonne compagnie est souhaitable, au-delà des slogans de circonstances agitant des sentiments nauséabonds racoleurs de votes. Tout doit pouvoir être discuté, y compris les accords de Schengen qui ne sont pas tabous et peuvent être remis en cause si une analyse fondée et documentée montre qu’il y a avantage à le faire pour l’intérêt général de la République. La convention de 1951 relative au statut des réfugiés, à laquelle adhère la majorité de nos Etats, doit pouvoir également être discutée, ajustée, adaptée, confirmée, conditionnée, toujours en fonction de l’évolution de la situation géopolitique mondiale, qui n’est plus la même qu’en 1951, et du sens de l’intérêt général, de la France comme de l’Humanité.

    Bien sûr l’Europe avec ses valeurs et son PIB représente un appel d’air pour des migrants issus de de pays pauvres ou en guerre, comme la Suisse représente un appel d’air pour les français vivant le long de sa frontière et qui ne se gênent pas pour aller y travailler et y bénéficier de salaires plus élevés. Bien sûr ces personnes cherchant à fuir leurs pays en guerre ou dévastés par un sous-développement endémique viennent d’abord en Europe de l’Ouest où l’herbe est plus verte et l’accueil plus généreux, plutôt qu’en Russie ou en Arabie Saoudite. Bien sûr l’accueil de ces populations va générer des dépenses publiques imprévues. Bien sûr au sein de ces flux peuvent se cacher des gens aux idées malveillantes et des extrémistes de tous poils.

    Est-ce que monde (et la France) seraient plus tranquilles si ces migrants ne fuyaient pas leur pays pour venir chez nous ? Certainement. Est-ce que l’arrivée de ces migrants va créer des perturbations et des réactions de rejet au sein des populations accueillantes ? Certainement aussi. Est-ce qu’il serait plus moral de financer les besoins de ces arrivants plutôt que dilapider des centaines de millions d’euros pour organiser des compétitions de pousseurs de ballons (notamment des stades de fouteballe climatisés au Qatar…) ? Certainement encore.

    Mais les migrants sont là, avec leur lot de réfugiés et de misère, qui forcent tous les barrages. Et ils sont là pour longtemps alors Il faut bien en faire quelque chose ne serait-ce que pour s’occuper de ceux qui sont déjà rendus chez nous et essayer de tarir le flux des départs. C’est ce à quoi s’essayent les dirigeants européens dans la plus grande division. Ils tentent de parer au plus pressé et de reprendre le contrôle d’une situation qui leur échappe. Alors il est facile de critiquer sur Tweeter et de faire dans la polémique sur les plateaux télévisés, il est plus difficile d’agir dans la vraie vie pour ceux qui sont aux commandes, comme toujours.

    A défaut de stratégie évidente qui ménage les valeurs humaines et le refus majoritaire des citoyens français d’accueillir ces migrants, qu’ils soient réfugiés ou immigrants, le pouvoir devrait au minimum expliquer et réexpliquer ce qu’on l’on tente de faire et pourquoi on le fait. Si une seule photo d’un gamin mort sur une plage a pu émouvoir à ce point la planète entière eh bien pour une fois utilisons les ficelles de la communication pour une bonne cause et communiquons sur une position française républicaine, arrêtée de façon unanime par les partis. L’image de ces mêmes partis remonterait d’un coup dans l’opinion si au moins, pour une fois, des dirigeants responsables arrivaient à un consensus sur un sujet si brûlant et si humain. On peut rêver…

    Ensuite il resterait à arrêter une position commune avec les 27 autres membres de l’Union européenne ce qui relèverait sans doute du miracle, mais au moins la France aurait eu la décence de surmonter ses petits égoïsmes nationaux et son court-termisme politicard pour s’élever, un peu, au-dessus de la mêlée.

  • Les indemnités de départ du dégé d’Alcatel-Lucent

    Michel Combes est un garçon qui a une bonne cinquantaine d’années, polytechnicien et titulaire de quelques autres diplômes universitaires. Il a travaillé dans l‘administration, des entreprises publiques puis des sociétés privées du secteur des télécommunications pour finalement prendre la direction du groupe Alcatel-Lucent en 2013 pour deux ans et demi. Il y dirigera les sévères restructurations nécessaires à cette entreprise à la dérive depuis plusieurs années pour abouti à la vente de la compagnie à Nokia. Depuis le 1er septembre il a pris des fonctions de direction au sein du groupe Altice. Il semble avoir plutôt bien réussi dans les positions qu’il a occupées.

    Le conseil d’administration d’Alcatel-Lucent a voté un bonus pour son départ comportant différents éléments qui valorisés aux cours d’aujourd’hui avoisinent les 14 millions d’euros à verser sur plusieurs années, sachant qu’en fonction de l’évolution des cours sur la période de paiement la somme finale à la fin de l’histoire peut être supérieure ou inférieure.

    Celle-ci une fois publiée dans la presse a créé un peu d’émotion : 14 millions d’euros en bonus de départ, pour deux années et demie de direction, qui s’additionnent à une retraite chapeau de 50 000 EUR/an lorsqu’il prendra sa retraite. Le patronat français s’est demandé ouvertement si cette rémunération était conforme à la lettre et à l’esprit de ses Recommandations sur la rémunération des dirigeants, mandataires sociaux de sociétés dont les titres sont admis aux négociations sur un marché réglementé sorti en octobre 2008 précisant notamment en son chapitre 2 Mettre définitivement un terme aux indemnités de départ abusives (« parachutes dorés ») :

    Le versement d’indemnités de départ à un dirigeant mandataire social doit être exclu s’il quitte à son initiative la société pour exercer de nouvelles fonctions, ou change de fonctions à l’intérieur d’un groupe, ou encore s’il a la possibilité de faire valoir à brève échéance ses droits à la retraite.

    L’indemnité de départ ne doit pas pouvoir excéder, le cas échéant, deux ans de rémunération (fixe et variable). Ces règles et ce plafond s’appliquent à l’ensemble des indemnités et incluent notamment les éventuelles indemnités versées en application d’une clause de non concurrence.

    Tout gonflement artificiel de la rémunération dans la période préalable au départ est à proscrire.

    A priori le conseil d’administration a considéré qu’il avait outrepassé cette chartre patronale, qui n’a pas valeur légale mais uniquement morale, puisque le 11 septembre il a publié le communiqué suivant qui, grosso-modo divise par deux le bonus de départ de son ex-dirigeant qui passe ainsi de 14 à 7 millions d’euros pour 2 années et demie de service.

    L’application de cette chartre est opportune. Le seul problème est sans doute qu’Alcatel-Lucent ait cherché à s’en exonérer en espérant que cela ne se verrait pas. Ce ne fut pas le cas, l’entreprise est rentrée dans le rang et Michel Combes devra se contenter de 7 millions d’euros au cours d’aujourd’hui ce qui intuitivement apparaît comme une récompense substantielle pour les efforts qu’il a déployés durant 29 mois.

    Paris, France, 11 septembre 2015

    Communiqué de presse Alcatel-Lucent

    Le Conseil d’administration d’Alcatel-Lucent s’est réuni jeudi 10 septembre 2015. Il a pris en compte les recommandations émises par le Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise concernant la conformité avec le code Afep-Medef, et les observations de l’Autorité des Marchés Financiers relatives à la rémunération à long terme de M. Combes.

    Le Conseil d’administration d’Alcatel-Lucent a revu, avec le plein accord et à la demande de M. Combes, les différents éléments de rémunération et la clause de non concurrence.

    Concernant la rémunération pluriannuelle de M. Combes : le Conseil d’administration se conforme à l’interprétation retenue par le Haut Comité qui détaille et consacre un principe d’acquisition prorata temporis. Il note que ce principe est plus exigeant que la pratique internationale en vigueur. Prenant en compte les observations du Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise, le Conseil a décidé un versement en numéraire, et non en actions, de la rémunération pluriannuelle de M. Combes sur la base de la moyenne des 20 cours d’ouverture de l’action d’Alcatel-Lucent précédent son dernier jour d’activité. Ces éléments soumis à réalisation des critères de performance associés seront, pour la tranche 2015, évalués en 2016 à l’issue de l’exercice annuel.

    Les éléments des plans de rémunération pluriannuelle constituent des droits acquis de rémunération passée, présentés aux dernières Assemblées générales de l’entreprise et dont la conformité est confirmée par le Haut Comité.

    Dès lors, le montant correspondant à la rémunération variable pluriannuelle sera au maximum de 4 845 109 euros, ajusté à la baisse pour la tranche 2015 en fonction de l’atteinte des critères de performance fixés pour 2015. Le montant effectivement payé à M. Combes sera bien sur réduit des prélèvements sociaux associés. Il sera versé uniquement en cas de réussite de l’opération de rapprochement avec Nokia.

    Concernant l’application de la clause de non concurrence, M. Combes a sollicité sa reconsidération de la part du Conseil d’administration. Le Conseil confirme l’importance de cette clause pour la protection des intérêts stratégiques du Groupe et la prévention de préjudices majeurs : elle interdit à M. Combes d’exercer toute responsabilité chez un concurrent, ni comme dirigeant, ni comme administrateur ou consultant. Lorsque le Conseil a négocié avec M. Combes cette clause de non concurrence stricte, il n’avait aucune certitude quant au futur professionnel de M. Combes. Son existence a sans doute orienté sa décision de rejoindre un opérateur.

  • Guillaume Roquette déverse sa haine

    Et hop, encore un éditorial de Guillaume Roquette dans le Fig-Mag, récupéré dans la salle d’attente d’un médecin généraliste. Il est daté de mars 2015, après les élections communales qui a vu un score significatif du Front National. Cette fois-ci tout le monde en prend pour son grade : la gauche donneuse de leçons qui abandonne le peuple (Manuel Valls est qualifié de télévangéliste de Matignon), la droite qui n’a pas su empêcher l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand (c’était il y a 35 ans mais représente manifestement un traumatisme jamais digéré par M. Roquette)…

    Il reproche aux politiques de ne pas savoir expliquer qu’il serait suicidaire « d’instaurer le protectionnisme ou de sortir en solo de l’euro » (noter le en solo) et de refuser de parler de son triptyque favori immigration-islam-insécurité qui devrait représenter la mère de toutes les batailles.

    On sera d’accord avec Guillaume Roquette sur le déficit criant de pédagogie dont font preuve les élus et dirigeants de tous bords qui confondent démocratie participative avec explication de la politique menée ou proposée, ou qui s’imaginent pouvoir décliner le budget de la République dans un tweet de 140 signes. On rappellera simplement à ce représentant teigneux de la presse française que l’un des rôles de celle-ci est aussi de pallier à cette défaillance politique et d’expliquer, d’analyser sans relâche à ses lecteurs les ressorts de l’économie, de la politique, bref, de la vie, donnant accès aux citoyens à l’information qu’ils ne peuvent ou ne savent pas trouver.

    C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le contribuable français subventionne la presse : le Figaro a perçu 15,3 millions en euros, financés par l’impôt, car la République, bonne et généreuse mère considère en quelque sorte cette tâche pédagogique comme une mission de service publique qu’elle délègue en partie à la presse écrite. Il n’est pas sûr qu’elle s’en acquitte parfaitement, préférant souvent la polémique simpliste à la pédagogie apaisée et intelligente.

    Lire aussi -> Les aides du contribuable à la presse

  • Les aides du contribuable à la presse

    La presse papier oublie souvent de rappeler qu’elle touche des subventions versées par le contribuable pour aider à sa survie, sans parler des niches fiscales qui permettent aux journalistes de payer un peu moins d’impôt sur le revenu que le commun des mortels.

    Pour réparer cet oubli il suffit de surfer sur le site web du gouvernement et y découvrir que les aides directes ou indirectes pour les 200 titres les plus aidés furent :

    • En 2014 > 227 millions d’euros
    • En 2013 > 289 millions d’euros
    • En 2012 > 306 millions d’euros

    Le Figaro et Le Monde trustent les deux premières places depuis quelques années. En 2014 le premier a perçu 15,3 millions du contribuable et le second 14 millions, ce qui ne manque pas de sel pour Le Figaro quand on lit ses articles sur la dépense publique qu’il voue aux gémonies et l’assistanat qu’il qualifie de plaie française…

    Evidemment tous les journaux émargent à ce guichet et on y rencontre en 2014 également, par exemple, Paris-Match (14ème rang avec 3,6 millions), L’Equipe (22ème rang avec 3 millions), Valeurs Actuelles (53ème rang avec 1 million), etc. Et encore ne s’agit-il seulement que des 200 titres les plus aidés !

    Subventionner la presse peut être considéré comme une dépense nécessaire afin de maintenir un niveau minimum d’information des consommateurs qui ne sont pas prêts à payer le vrai prix de leur journal. Nous sommes en France, alors évidemment on se tourne vers le contribuable pour équilibrer le compte d’exploitation d’entreprises privées. Et l’on critique à longueur de colonnes les impôts de la République. Au Figaro on n’attaque pas son actionnaire industriel (de l’armement) mais on tape sur l’Etat, c’est moins risqué.

  • La Morano se jette à l’eau

    LCE_Morano_20150826

    Arghhhhhhh ! La Morano annonce sa candidature aux élections primaires de Les Républicains pour élire un candidat/candidate à l’élection présidentielle de 2017. Voilà qui promet des débats tout en finesse comme à son habitude et lors de ce tweet d’hier :

    Tweet_Nadine_Morano_20150903_Immigration

    L’incroyable foi qu’elle a en elle mérite le respect. Sa combativité est également un modèle du genre. Ces deux qualités sont malgré tout insuffisantes pour gouverner la France.

  • Tics verbaux dans l’armée

    Depuis la généralisation des interventions armées aériennes occidentales ou onusiennes au Moyen-Orient on parle moins de bombardements que de « frappes ». Cette subtilité sémantique est destinée à être moins effrayante sur l’acte lui-même qui consiste, quelle que soit son appellation, à balancer une ou des bombes depuis un avion sur des cibles humaines et matérielles comme le rappelle Wikipedia :

    Le bombardement (mot dérivé de bombarde) est une opération consistant à attaquer un objectif à l’aide d’éléments d’artillerie, qu’il s’agisse de boulets ou de toute variété de bombe.

    Les bombardements ont généralement pour objectif la destruction des défenses ou des ressources de l’adversaire, ayant un intérêt stratégique, tactique ou psychologique. Ils peuvent être terrestres (bombardement d’artillerie), maritimes (bombardement côtier) ou aériens (lâcher de bombes par des avions).

    Appelons les choses par leur nom : un bombardement est un bombardement ! La frappe devrait être réservée à la monnaie, à la machine à écrire ou aux joues des enfants mal élevés.

  • Désastre à l’OL

    OL_cours-bouse_201509

    Cette courbe ne représente pas l’évolution de la popularité du président de la République mais le cours de bourse du club de fouteballe Olympique Lyonnais : un franc succès financier !

    Au cours de son exercice 2013/14 cette société cotée en bourse a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 121 MEUR et une perte de -26 MEUR soient 22 centimes perdus sur chaque euro facturé. La dette est de 105 MEUR et les capitaux propres restent positifs pour un montant équivalent à la dette. Ils sont consommés au fur et à mesure des pertes annuelles.

    On voit ainsi qu’un club de fouteballe est non seulement une défaite de l’esprit mais aussi un désastre financier.

  • En lutte contre les tics verbaux compulsifs

    En parallèle à l’envahissant « on va dire » on déplore l’utilisation compulsive des termes « voilà » et « instrumentaliser ».

    Le premier ponctue les phrases de ceux qui ne savent pas comment les poursuivre ou les terminer, alors lorsque l’on cherche un mot que l’on ne trouve pas on le remplace par « voilà ».

    Le verbe « instrumentaliser » est utilisé à tort et à travers et donne un aspect un peu techno au vocabulaire. C’est mieux de dire instrumentaliser qu’utiliser, alors on s’en donne à cœur joie.

  • Une bonne nouvelle

    Tweet_Wauquiez_20150829_Ministre

    Wauquiez le cornecul affiche son souhait de ne pas devenir ministre si les conservateurs reviennent au pouvoir en 2017. Voilà au moins une bonne nouvelle mais gageons que l’impétrant se laissera convaincre par le sens du devoir si jamais il était appelé.

  • Attaque dans le Thalys

    Un citoyen marocain de 26 ans sort des toilettes d’un train Amsterdam-Paris ce 21 août, torse nu, armé d’une kalachnikov, d’un pistolet, de nombreuses munitions et d’un cutter. Des passagers s’interposent et le neutralisent. Il blesse deux des hommes qui tentaient de l’arrêter dont l’un en lui tirant une balle qui lui traverse le poumon. On peut imaginer que s’il n’avait pas été interrompu dans sa besogne il aurait fait usage de son arsenal avec des résultats potentiellement terrifiants.

    Les premières informations laisse apparaître un profil d’islamiste radical mais l’intéressé plaide pour le moment qu’il a « trouvé les armes dans un parc à Bruxelles » et qu’il s’apprêtait à rançonner les passagers. Des informations judiciaires sont ouvertes en France et en Belgique, le suspect est en garde à vue à Paris.

    Depuis les attaques contre Charlie-Hebdo et l’Hypercasher en janvier dernier, la France a été soumise à un attentat (ou une tentative de) religieux à peu près tous les mois, commis par des citoyens français pour la majorité. Il faut désormais vivre avec cette menace dont la résolution va prendre des décennies, si on y arrive. La lutte de la raison contre la religion, dont l’issue n’est plus si sûre !

  • La Morano veut le pouvoir !

    LCE_Morano_20150826Impayable : Nadine Morano, la poissonnière de Les Républicains, affiche son projet de se présenter à l’élection primaire de son parti pour désigner le candidat pour les présidentielles de 2017 dans Le Parisien du 23/08/2015. Evidemment cela déclenche l’hilarité générale mais ses concurrents connaissent l’incroyable pugnacité de la Morano dont l’énergie sans faille et la haute idée qu’elle se fait d’elle-même la rendent capable de tout, y compris de dévorer son idole Sarkozy.

    Faisons confiance à ses concurrents de droite pour la pousser dans l’escalier afin de l’empêcher de se présenter mais le culot hors norme de la donzelle force le respect.

    Tweet_Nadine_Morano_20150824

  • Les ayatollahs de la dépense sont de retour

    Montebourg_ParisMath_201508Arnaud Montebourg, ancien ministre socialiste recyclé dans le privé, ne délaisse pas pour autant le plaisir égocentrique de voir sa binette affichée en première page de Paris-Match. Et comme il aime vraiment les médias, il a organisé ce week-end son annuelle « fête de la rose » où il a reçu Varoufakis, ex-ministre grec des finances marxiste-libertaire, qui lui aussi avait les honneurs de Paris-Match, mais pas en couverture.

    Ensemble ils ont ânonné, devant micros, caméras et quelques militants, leur désaccord sur « les-politiques-d’austérité-inspirées-par-Angela-Merkel-qui-poussent-les-Etats-à-la-faillite ». Ils ont au moins le mérite de la permanence dans leurs idées. En fait le problème de fond de leur critique est qu’ils n’énoncent pas de solution alternative sinon de reprendre la dépense publique. Oui, très bien, mais avec quels sous ? Dans le cas de la Grèce, si Athènes avait refusé de signer le programme international d’aide proposé, où aurait-elle trouvé les financements nécessaires pour financer son propre programme ? La réponse est hélas claire et c’est la raison pour laquelle son premier ministre a signé un plan auquel il ne croyait pas mais qui a évité la catastrophe financière immédiate qu’aurait représenté l’effondrement de la Grèce comme un château de cartes.

    Le cas de la France est assez similaire bien que moins aigu. Il serait évidemment sympathique de pouvoir augmenter le nombre et la rémunération des fonctionnaires, de baisser les impôts, d’augmenter les prestations sociales etc. Mais qui finance ces dépenses ?

    Varoufakis comme Montebourg étaient partisans d’un passage en force espérant que les créanciers suivraient leur programme de reprise de la dépense publique. Pour l’un comme pour l’autre ce ne furent qu’effets de manche et ventilation médiatique. Leur solution n’a pas été mise en œuvre. Leurs chefs respectifs ont fait prévaloir le principe de réalité et les impétrants ont quitté le pouvoir politique.

    Montebourg travaille désormais dans le secteur privé chez le distributeur de meubles Habitat, dont il est membre du conseil de surveillance, et la société de services informatiques Talan où il participe au comité d’orientation stratégique. On est curieux d’imaginer les positions qu’il affiche dans ces organisations où il assure des responsabilités de gestion ?

  • Et l’on continue dans la désinformation…

    Le président de la République annonce « une baisse des impôts » pour 2016. Hélas, il oublie de préciser quelles dépenses seront diminuées en parallèle ! C’est toujours le même syndrome français de la dé-corrélation entre recettes et dépenses, syndrome qui a mené les finances publiques françaises dans la déplorable situation où elles se trouvent. On peut comprendre que Mme. Michu soit saisie de cette incompréhension que grosso-modo les dépenses doivent égaler les recettes, c’est plus difficilement admissible de la part d’un chef d’Etat.

    La mission des dirigeants et des élus est aussi (et surtout) pédagogique, notamment expliquer comment on ne peut pas diminuer des impôts en période de croissance quasi-nulle sans baisser des dépenses pour un montant au moins équivalent, comme à la maison. A défaut l’ajustement doit être fait par une augmentation de la dette que devront payer nos enfants. C’est un principe dont la simplicité effraie même nos dirigeants surdiplômés.

  • L’abominable Guillaume Roquette tout en finesse

    On ne se lasse pas des chroniques de l’abominable Guillaume Roquette et de son infinie capacité à utiliser tout et n’importe quoi pour déverser sa bile sur tout ce qui ressemble à un socialiste. Dernier sujet en date dans le Fig-Mag du 12 juillet 2015 : Au revoir la Grèce. Cette chronique, écrite après que le référendum grec se fut prononcé pour un non au programme d’aide européen, prend clairement le parti d’en tirer les conséquences en montrant la porte de sortie de la zone euro à ce pays en déconfiture financière. C’est une opinion tout à fait légitime d’autant plus qu’elle n’est pas loin d’être partagée par votre serviteur, non point par souci de vengeance comme l’exprime Guillaume Roquette, mais parce qu’elle permettrait de revenir à une monnaie grecque autorisant ainsi une dévaluation par rapport à l’euro et à un ajustement structurel de l’économie locale moins violent. C’est d’ailleurs ce qu’a fait la France durant les trois dernières décennies du Franc français en dévaluant celui-ci régulièrement face au Deutsche Mark.

    Bref, à peine après avoir rappelé les errements grecs en matière de finances publiques et déclamé son choix pour une sortie de ce pays de la zone euro, Guillaume Roquette en profite immédiatement pour crier haro sur François Hollande et la France « de gauche », qui sont bien entendu responsables de tous les péchés d’Athènes et qui auraient opté pour le maintien de la zone monétaire commune en l’état est : « une martingale qui permet à François Hollande d’échapper à toute politique d’austérité (surtout à moins de deux ans de l’échéance présidentielle) en continuant à nous endetter à des taux incroyablement bas. »

    Le lien est osé et il fallait le faire. On ne peut pas complètement l’exclure même s’il est plus probable que le saut dans l’inconnu qu’aurait représenté l’exclusion de fait d’un pays-membre de la zone euro a sans doute largement autant compté dans la décision communautaire de faire payer les contribuables européens plutôt que de risquer un nouveau cataclysme financier. Le problème est repoussé à un peu plus tard et reviendra sur le tapis.

    Le plus caractéristique dans cette chronique du Fig-Mag est la réaction pavlovienne de ce journal et de ses employés à rejeter sur la « France de gauche » la responsabilité de tous les malheurs de notre pays. Rien ne trouve grâce à leurs yeux, tout le passé conservateur de la France est oublié, des décisions et stratégies de la majorité précédente sont portées au débit de la gauche quand elles échouent, bref, on en reste au niveau zéro de la pensée, à la bataille de cour de récréation. Les slogans de Guillaume Roquette sont ensuite ressassés par Mme. Michu et ses congénères. Plus grave, ils sont tweetés par les dirigeants de l’opposition en mal d’idées pour leurs programmes et en constituent l’ossature dans le cadre de la démocratie médiatique.

    Le cas de la Grèce est emblématique de la responsabilité collective politique française : le traité d’adhésion a été signé en mai 1979 (présidence Giscard dit d’Estaing, gouvernement Barre), adhésion en janvier 1981 (présidence Giscard dit d’Estaing, gouvernement Barre), adhésion à la zone euro en janvier 2001 (présidence Mitterrand, gouvernement Jospin), premier plan d’aide international en mai 2010 (présidence Sarkozy, gouvernement Fillon), second plan d’aide international en février 2012 (présidence Sarkozy, gouvernement Fillon), troisième plan d’aide international en août 2015 (présidence Hollande, gouvernement Valls).

    On voit que la France dans sa diversité politique, comme les autres membres de l’Union européenne, n’a jamais su dire « non » à la Grèce au sein des institutions de Bruxelles. Cette succession d’accords signés par les dirigeants de notre pays (et de financements assurés par les contribuables communautaires) a échappé à Guillaume Roquette. Il aurait pu essayer de comprendre ce qui explique et motive cette faiblesse européenne qui tend au dysfonctionnement. En réalité chaque pays a ses intérêts et objectifs et il faut bien trouver des positions acceptées par l’ensemble : grandeur et décadence de la négociation européenne. Le troisième plan de sauvetage européen de la Grèce a d’ailleurs été voté à l’unanimité. M. Roquette aurait certainement voté « non » s’il s’était trouvé au pouvoir. C’était une solution. Ce n’est pas celle qui a été retenue par les dirigeants de l’Union européenne élus démocratiquement.

    Ce réflexe pavlovien du Fig-Mag d’imputer à la France de gauche de tous les maux de la planète relève sans doute de la psychanalyse et certainement pas des compétences que l’on s’attend à trouver chez des titulaires de cartes de presse.

    Accessoirement on rappellera à Monsieur Roquette que l’endettement public français à des taux incroyablement bas permet notamment à la République de verser des subventions au journal qui l’emploie (16,3 millions d’euros en 2014).

  • Egocentrisme des stars de la politique

    Avez-vous remarqué cette détestable habitude des hommes politiques d’aujourd’hui de se faire tirer le portrait dans Paris-Match et autre presse de midinettes, pour ne pas dire de caniveau ? Le dernier en date bien sûr : l’inénarrable Sarkozy, chef de Les Républicains avec sa nunuche sur une plage corse :

    Sarkozy_ParisMath_201508-c

    Bien entendu, dans la minute qui a suivi la publication de cette passionnante couverture les internautes ont fait assaut de malice en remarquant que le mari avait réussi à se faire aussi grand que sa femme qui doit bien mesurer 20 cm de plus que lui… Sans doute les hasards du dénivellement des dunes de sable corses :

    Sarkozy_ParisMath_201508-d

    Pour faire bonne mesure rappelons que la couverture de Paris-Match est désormais une vraie stratégie politique comme l’ont illustré Manuel Valls :

    Manuel_Valls_2013-08

    Varoufakis :

    GR_Vafourakis_201502

    Et bien d’autres.

    Tout ce petit monde trouve sans doute plus simple d’afficher sa binette en quadrichromie plutôt que d’expliquer la gestion budgétaire aux citoyens… C’est une dérive regrettable !

    Luttons contre le populisme photographique : refusons nos voix aux candidats qui paradent dans la presse de midinettes. J

  • L’ineffable Guillaume Roquette

    On connaît déjà les exploits journalistiques de Guillaume Roquette, patron du Fig-Mag, mais il faut bien avouer qu’il nous surprend toujours plus au gré de ses chroniques polémiques à courte vue. Celle du 12 juin dernier, sobrement intitulée : Inconséquence d’Etat, traite du sujet délicat de l’immigration. Face au phénomène de l’immigration Guillaume Roquette saute comme un cabri sur son fauteuil Louis XV en criant : « répression, répression, répression » sans autre forme de procès. Laissons-le s’égosiller mais regrettons que Le Figaro, un des plus anciens journaux français qui a connu tant de grandes plumes, laisse publier un pareil néant de la réflexion dans ses colonnes.

    L’immigration qu’elle soit légale ou illégale est un sujet qui hante le débat politique français et même mondial d’ailleurs, tout en créant son lot de nuisances et de bienfaits. Que ce soient des mexicains qui rentrent aux Etats-Unis, des syriens en Italie, des roumains en France, des maliens au Gabon ou des français en Suisse, quand il s’agit de pauvres qui émigrent vers un pays plus riche que celui d’origine (tout est dans la différence de richesse, pas dans son niveau) cela crée un phénomène de rejet sur le thème « on n’est plus chez soi, renvoyons donc ces va-nu-pieds d’où ils viennent ». Par contre, quand un magnat russe milliardaire migre vers Londres, ou un joueur de tennis surpayé vers Lausanne, son intégration se déroule en principe sur un mode relativement apaisé, surtout quand il achète au passage un club de fouteballe local. Il y a parfois des exceptions et quelques monarques du Golfe persique ne sont plus forcément accueillis avec le sourire dans la vieille Europe, mais leur rejet reste rare.

    Aujourd’hui notre monde globalisé a considérablement facilité le transport et les flux de population. C’est ainsi. Tous les continents ont suivi le mouvement, qu’ils soient riches ou pauvres, gouvernés par des conservateurs, des centristes ou des socialistes ; voire même des communistes, on peut maintenant faire facilement du tourisme en Chine ou au Vietnam, où très certainement se vend le Fig-Mag. D’ailleurs les enfants de Guillaume Roquette profitent sans doute de ces facilités d’émigration/immigration pour aller faire des stages Erasmus dans des pays européens, voire même travailler et vivre dans des contrées plus lointaines où certainement leur papa ira les visiter.

    A cela se greffent les situations politiques de pays d’émigration où règnent guerre, impéritie ou dictature, ou les trois à la fois, poussant encore plus de monde vers la sortie en direction des démocraties qui, en plus d’être riches, présentent l’avantage attractif d’à peu près respecter les droits de l’Homme.

    Une fois répétées ces évidences il reste à constater que l’on arrivera sans doute pas à endiguer le flux d’une partie des citoyens des pays pauvres et en guerre vers les pays plus riches et démocratiques. Comme disait Snoopy dans les années 30’ : « il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade ». Mais que Guillaume Roquette se rassure, seule une partie infinitésimale de ces va-nu-pieds cherche à rentrer dans l’Europe forteresse. Il propose d’endiguer le flux « avec des mesures répressives fortes » sans vraiment donner plus de détails mais faisant référence à la politique australienne en la matière.

    Guillaume Roquette n’ayant pas eu le temps de s’informer sur le régime australien de l’immigration, ni sur les conditions de son éventuelle réplication en France, nous allons donc le faire ici. Il est vrai que Monsieur Roquette n’a pas pour habitude de documenter ses saillies il se contente seulement de les utiliser pour démolir tout ce qui ressemble à un dirigeant un peu plus à gauche que le courant de la droite forte de Les Républicains. Et que Mme. Michu s’y retrouve dans son galimatias immature.

    L’Australie fait face (comme bien d’autres démocraties) à des afflux de réfugiés venant des zones de guerre du Moyen-Orient : Irak, Afghanistan, Syrie, etc. le plus souvent de confession musulmane. Elle a passé des accords diplomatiques avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui, contre financements des contribuables australiens, réserve une de ses iles (Manus Island) à l’accueil des boat-people que la marine australienne intercepte en mer et reconduit donc sur cette ile sous souveraineté papoue. De cette façon les immigrants ne mettent pas le pied sur le territoire australien et ils ne peuvent pas se targuer de la protection de la loi australienne. On imagine aisément que la loi papoue est moins protectrice et avantageuse… C’est de là que les candidats font leur demande d’immigration. S’il est acceptée ils peuvent se rendre en Australie, dans le cas contraire c’est l’affaire des papous de les garder ou de les expulser dans un autre pays. Le processus d’immigration est sous-traité, externalisé à une autre nation. Manus Island c’est une espèce de Sangate délocalisé en dehors des frontières.

    Le gouvernement australien est relativement discret vis-à-vis de sa population sur les méthodes employées pour refouler les bateaux car il y a sans doute de la violence au moins de temps en temps pour empêcher les rafiots de passer les barrages de sa marine de guerre. Il y a en tout cas régulièrement des émeutes dans les centres de tri de Manus Island. On jette un voile pudique sur le sujet à Cambera et on espère que personne ne posera trop de questions.

    L’Australie dispose d’un territoire à Christmas Island, une ile dans l’océan indien au sud de l’Indonésie, très éloignée du pays continent, une sorte de DOM-TOM australien. Evidemment, étant proche de l’Indonésie, l’une des plus grands pays musulmans de la planète, et très loin de l’Australie, Christmas Island est l’un des points d’entrée préférés des migrants illégaux. Afin la aussi de les décourager, le parlement australien a exclu Christmas Island de la zone d’immigration australienne ce qui veut dire que les immigrants touchant l’Australie à Christmas Island ne peuvent pas faire de demande d’immigration. C’est un peu comme si le parlement français accordait un statut d’extraterritorialité à Nice pour que les immigrants en provenance de Vintimille ne puissent arguer de leur présence à Nice pour y déposer une demande officielle d’immigration.

    L’Australie diffuse par ailleurs des campagnes de publicité dans les pays d’émigration sur le thème : « ce n’est pas la peine de tenter le voyage vers l’Australie car vous serez systématiquement refoulés sur Manus Island ».

    Malgré tout quelques bateaux d’immigrants passent quand même les barrages et échouent sur le sol australien, certains obtiennent un statut leur permettant de rester, les autres sont a priori destinés à être renvoyés d’où ils viennent mais dans le cadre de la loi qui n’autorise pas à faire n’importe quoi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la stratégie numéro 1 est d’abord de les empêcher de mettre le pied en Australie.

    Voilà comment se passent les choses en Australie monsieur Guillaume Roquette. Il eut été intéressant que vous les exposassiez dans votre chronique afin de donner à vos lecteurs une présentation complète du sujet. Il aurait même été encore plus productif que vous expliquassiez comment les répliquer en France ! Car le plus affligeant dans cette histoire c’est que les pays du Sud de l’Europe s’inspiraient d’assez près de cette tactique il y a encore quelques années quand des accords étaient passés (contre espèces sonnantes et trébuchantes) avec les dictatures en Lybie et en Tunisie notamment pour qu’elles bloquent les réfugiés africains à leurs frontières. Mais les printemps arabes sont passés par là, et parfois avec l’aide des armées occidentales dans le cas de la Lybie, pour bouter les dictateurs hors du pouvoir. Il semble même nous souvenir qu’à l’époque de la guerre contre la Lybie la gauche française honnie par le Fig-Mag n’était pas au pouvoir… Depuis le chaos règne dans ces territoires qui ne sont plus capables de maintenir les accords passés. Ils n’en ont d’ailleurs pas vraiment la volonté compte tenu du moyen de pression que cela représente sur les démocraties européennes. Entre temps le nombre des réfugiés a cru de façon considérable avec les conflits en Syrie, en Irak et depuis peu en Turquie.

    Bref, la situation est complexe et ne se résoudra pas facilement. Elle reste quand même assez marginale quand on la compare aux flux de millions de migrants apparus après la deuxième guerre mondiale alors que le découpage de l’Europe se mettait en place (le partage dit de Yalta), ou, plus récemment lors de la crise des boat-people vietnamiens et cambodgiens fuyant le communisme en Asie du Sud-est. A long terme, seuls l’apaisement et l’enrichissement des pays d’émigration permettra de réduire le flux de candidats au départ. Cela va prendre du temps… En attendant il va sans doute falloir se résoudre à ce que le monde occidental accueille et finance chaque année quelques dizaines de milliers de ces migrants.

    On peut être pour, on peut être contre, le principe de réalité va devoir primer. Aucun pouvoir en France, qu’il soit de droite ou de gauche, n’a réussi à bloquer cette immigration. On se souvient des charters Pasqua que le corse gouailleur alors ministre de l’intérieur sous la présidence Chirac avait tenté de mettre en place (une mesure répressive forte comme les aime Guillaume Roquette) : les immigrés clandestins que, déjà, même Pasqua le matamore, n’arrivait pas à empêcher de rentrer en France, étaient censés être reconduits dans leurs pays. Dans un premier temps par vols réguliers avant que les compagnies aériennes ne s’y opposent compte tenu du grabuge provoqué par ces opérations (auxquelles votre serviteur a assisté à de nombreuses reprises). Puis la République a affrété des vols charters qui ont connus le même sort. Et enfin des avions officiels ont été utilisés jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit mis à sac sur l’aéroport de Bamako par la population locale sans doute largement inspirée par ses dirigeants… Et on a plus parlé des charters Pasqua… c’était il y a 35 ans !

    Guillaume Roquette, la solution forte est sans doute possible, probablement moins facilement qu’en Australie qui est… une ile, mais si un pouvoir démocratiquement élu la décide, eh bien allons-y. Mais que diable Guillaume Roquette : investiguez, informez, fouillez, analysez, faites votre métier de journaliste avant de lancer des slogans comme de la bouillie pour chat. Vous avez des neurones en état de fonctionnement, vous avez fait des études supérieures, vous travaillez dans un journal qui a des moyens : faites le pari de l’intelligence Monsieur Roquette, c’est aussi votre devoir d’informer.

    Rappelons que l’Etat inconséquent vilipendé par Guillaume Roquette à longueur de colonnes verse au nom de ses contribuables, lecteurs ou pas du Fig-Mag, des subventions annuelles pour aider la presse. Le Figaro a perçu 16 millions d’euros en 2014.

  • Les privilèges

    PDG_20150804C’est l’anniversaire de la nuit du 4 août 1789 au cours de laquelle les révolutionnaires français et leur assemblée constituante ont aboli les droits et privilèges féodaux. La Butte-aux-Cailles fête l’évènement avec le parti de gauche et des « chansons révolutionnaires en yiddish », un hommage à Serge Torrano, cheminot militant communiste-libertaire décédé en début de cette année, etc. Le tout sur la place de la commune, beau programme ! Il reste encore des militants dans ce pays.