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  • BRMC – 2010/05/12 – Paris le Bataclan

    BRMC – 2010/05/12 – Paris le Bataclan

    On croyait Los Angeles dédiée au new age et autres fantaisies technoïsantes, aux surfeurs blonds et airhead et aux bombasses hollywoodiennes siliconées et bardées d’iphones, eh bien certains ignoraient que cette ville a engendré l’un des plus fantastiques groupes de rock de la planète : les Black Rebel Motorcycle Club ! Leur retour à Paris ce 12 mai lèvera toute ambigüité sur le sujet.

    Le Groupe affiche une nouvelle batteuse, Lea Shapiro, ex-Raveonettes, appliquée, frappeuse et jolie, à l’aise dans ce monde de mecs, et un nouveau disque, Beat The Devil Tatoo.

    Ils entrent sur scène au son de Please don’t leave me de ce bon vieux Buddy Gut joué sur  la sono qui déjà fait trembler le Bataclan sous les coups de bass. Tous habillés de noir, Robert et sa bass au bois aussi éraillé que son blouson-cuir, coiffe en bataille, Peter en chemise cow-boy, clope au bec et rouflaquettes, Lea cheveux au vent, les yeux grand ouverts comme étonnée au milieu de ses fûts. Les affaires commencent sur War Machine et Mama Taught Me Better extraits du dernier disque. Robert n’a pas même pris le temps de chausser la bandoulière de sa bass qu’il tient des deux mains alternativement sur ses genoux ou comme une mitrailleuse dont il arrose la foule. Sniper de génie, il touche au but à chaque coup. Dès les premières notes 80% des spectateurs se massent dans les 20% d’espace aux pieds de la scène ; pression et transpiration, telles sont les mamelles de l’évangile selon le Club. L’éclairage est minimal, des projecteurs aux pieds des micros donnent un air crépusculaire à nos deux héros qui sont le plus souvent plongés dans le noir, les yeux fermés, les doigts virevoltant sur les manches, délivrant leur épitre, celle des Dieux du Rock ‘n Roll, non point perdus dans une stratosphère cosmique et épurée, mais bien au centre de notre monde, celui de brutalité de la cité et des rythmes du combat. Car ces trois là sont bien sur le sentier de la guerre, fils d’une Amérique fondée sur la conquête et la salvation.

    Une petite respiration sur Red Eyes And Tears et les choses repartent encore plus haut avec Bad Blood puis la suite ininterrompue d’une musique qui fait vibrer les murs et nos âmes, d’une noirceur vertigineuse et d’une énergie surhumaine, désespérément inspirée par un blues des plus véridique. Rob et Pete chante d’une voix similaire, aigüe et torturée, plaçant des mots simples sur la vie, évacuant les peines avec les notes. Ils parlent des épreuves et des déchirures, des pertes et des rédemptions. Ils parlent de notre existence et l’éclaire de leur brûlante vision de sac et de cordes. Ils sont les Black Rebel.

    Whatever Happened To My Rock’n’Roll (Punk Song) qui termine la première partie est une envolée démesurée qui tend à l’épopée ; les musiciens ont quitté la scène et les larsens distordus des guitares jetées sur les amplis continuent de siffler. L’atmosphère est vitrifiée par l’émotion.

    Mais ils reviennent bien vite pour un nouveau 3/4 d’heure de Rock qui débute par une reprise de Dylan jouée par Robert, seul à la guitare acoustique, à genoux devant le premier rang. Ils interrompront Conscience Killer  le temps d’évacuer un spectateur qui n’a pas tenu le choc et poursuivront par un deuxième rappel après Spread Your Love se termine sur Shadow’s Keeper dans un déluge sonique où Peter transforme le son de sa guitare en une éruption volcanique où l’électronique se substitue à la lave, générant la même dévastation.

    Cette fois-ci après 2h1/4 de furie l’on croit le concert terminé mais retentit alors la bass lente et assourdie de Rob alors que se déploient des faisceaux de fin lasers verts à travers la salle et que les Black entonnent Open Invitation qui nous sera servi comme épitaphe d’un show d’anthologie :


    On and on/ I’ve been waiting on the open invitation/ You’re silent show me no relation/ In the rising cold/ Don’t you feel alone/ I’ll be standing with your sorrow/ All you left me’s gone away tomorrow/ And we may never be here again/ And we may never be here again/ Pull me up/ On either side/ Don’t leave me standing alone in the light/ Pull me up/ On either side/ Don’t leave me standing alone in the light

    On and on/ I’ve been waiting on the open invitation/ You’re silent show me no relation In the rising cold/ Don’t you feel alone/ I’ll be standing with your sorrow/ All you left me’s gone away tomorrow/ And we may never be here again/

    And we may never be here again

    Comme à son habitude Robert viendra jouer quelques morceaux acoustiques sur le trottoir du boulevard de la République pour les fans fidèles à la sortie du show.

    Le chroniqueur bouleversé a déjà en poche son billet de Rock en Seine pour leur apparition parisienne du 27 août. Il surfe fébrilement sur leur site (d’excellente facture) pour sélectionner un prochain concert accessible : ce sera à Londres le 11 décembre.

    Set list: War Machine / Mama Taught Me Better / Red Eyes And Tears / Bad Blood / Beat The Devil’s Tattoo / Love Burns / Ain’t No Easy Way / Aya / Berlin / Weapon Of Choice / Annabel Lee / Whatever Happened To My Rock’n’Roll (Punk Song) //

    Encore1: Visions Of Johanna [Bob Dylan] / Shuffle Your Feet / River Styx / Half-State / Conscience Killer / Six Barrel Shotgun / Spread Your Love //

    Encore2: Stop / Shadow’s Keeper / Open Invitation

    Warm up: Zaza

  • La folie des grandeurs

    « La Force de tout un peuple déferle sur la France », des footeux marseillais délirent après la victoire de leur équipe et couvrent Paris (et sans doute d’autres villes) d’autocollants et de peintures au pochoir. On sait le marseillais porté à l’exagération, on en trouve ici la confirmation…

  • Les impôts vont augmenter

    Un des grands mensonges d’Etat en cours tient toujours le haut du pavé des enfumages politiques d’électeurs naïfs : les impôts n’augmenteront pas. En fait il reste assez peu de citoyens qui y croient encore ne serait-ce car ils ont vu augmenter leurs propres prélèvements fiscaux comme nous tous.

    Cette grande escroquerie intellectuelle vit ses dernières heures avec les plans d’austérité qui déboulent sur l’Europe surendettée et qui ne vont pas épargner la France malgré les ridicules circonvolutions du monde politique et médiatique sur « rigueur ou pas rigueur » !

  • Des forbans mal éduqués

    Le plus rageant dans l’agitation actuelle qui saisit les marchés est que dans le fond ils ont (tardivement) raison mais la forme est insupportable. Ces forbans ont prêté jusqu’à plus soif à des Etats défaillants, se sont fait sauver de la faillite pour incompétence par les contribuables mondiaux, se gorgent à nouveau de profits et bonus indécents, et finalement se permettent de faire la morale à nos Etats en jouant les vierges effarouchées par le risque et diffusant un message de rigueur et de bonne gestion.

    Ces barbares ont même eu le culot de baptiser PIGS (Portugal, Italy, Greece & Spain) les Etats qualifiés de club-méditerranée par Angela. Et ils viennent d’inventer un nouvel acronyme pour désigner leurs prochaines cibles : FUK (France & United-Kingdom). On marche sur la tête.

    Mais dans le fond ils vont réussir là où les contraintes économiques de la crise, les pressions politiques de l’Allemagne et autres gouvernements vertueux et les propositions de la commission européenne ont échoué : faire entendre raison aux Etats en les alignant sur Madame Michu qui ne peut pas durablement dépenser plus qu’elle ne gagne.

    Eh oui, la réalité revient au galop : lorsque l’on est endetté on dépend de ses créanciers. Heureusement les débiteurs gardent quelques moyens de pression, dont celui de faire exploser le système en cas de défaut, il leur reste à savoir en jouer avec subtilité face aux nouveaux barbares.

  • Mauvaise gestion étatique

    L’un des problèmes de fond de la dette publique est qu’elle relève du tonneau des Danaïdes : on emprunte toujours plus pour rembourser la dette. Au moins lorsque Madame Michu prend un découvert à sa banque pour payer sa machine à laver chez Darty, elle passe trois mois difficiles le temps de rembourser sa banque puis retrouve son pouvoir d’achat jusqu’à ce qu’elle reprenne un crédit pour changer sa voiture.

    Sauf quelques rares exceptions les Etats ne savent pas équilibrer leurs dépenses et leurs recettes ou quand ils le font c’est sur période si limitée qu’elle ne suffit pas à inverser la tendance de fond d’augmentation de la dette publique. La période actuelle va peut-être entraîner des révisions déchirantes !

  • Les agences de notations notent

    L’agence de notation Moody’s offre des comptes gratuits pour ceux qui veulent découvrir les antres de ces institutions. Beaucoup de documents sont réservés en accès payant mais on peut quand même accéder à certains et notamment constater que l’Etat français est toujours affublé de la meilleure note Aaa, « sans surveillance » (la meilleure, par exemple le Portugal est Aa2 « sous surveillance négative ») quand la Grèce est A3, la pire note étant C, réservée aux valeurs spéculatives.

    L’agence explique par ailleurs que le plan d’austérité mis en place en Grèce aura des conséquences négatives sur la qualité du crédit de ce pays, donc nouvelle dégradation de note à prévoir. C’est le serpent qui se mord la queue. S’il faut augmenter la dette pour financer la croissance et rembourser la dette on est dégradé, si on lance un plan de rigueur pour contrôler la dette on est dégradé. Entre les deux, personne n’ose vraiment annoncer la solution qui sera un défaut partiel de la Grèce (et probablement d’autres pays) sur une partie de la dette. Le mot qui fâche est celui de restructuration et il est plus que probable qu’une partie de la dette gigantesque qui pèse sur les économies occidentales ne sera pas remboursée.

    Les créanciers largement appuyés par les agences de notation panurgistes anticipent ce risque. L’énergie qu’ils ont déployée pour forcer l’Union européenne à mettre en place un plan de sauvetage de la Grèce procède de cette évaluation. Ils ont réussi à forcer les Etats européens à prendre en charge la dette publique grecque en cas de défaut de cet Etat. En gros ils ont mutualisé leur risque en le transférant sur le contribuable européen. C’est l’éternelle histoire de la privatisation des profits et de la publicisation des pertes. Des banques et fonds privés qui ont prêté à leurs propres risques à des Etats impécunieux ont réussi à faire prendre en charge leurs pertes futures par les contribuables. Evidemment ce sont notamment nos petites économies que ces banques ont prêtées et un défaut total des débiteurs posera des problèmes non seulement aux banques, mais aussi à leurs déposants, c’est-à-dire nous tous.

    C’est à ça que servent les restructurations de dettes. Créanciers et débiteurs se mettent autour d’une table et discutaillent sur ce qu’il est possible d’abandonner. L’exercice a été mené en Amérique Latine dans les années 80, en Asie en 1998. Il y a eu de la casse mais chacun y a mis du sien : les contribuables des Etats concernés, les banques créancières et une solution a été trouvée. Il s’agit que les prêteurs qui ont pris du risque y laisse quelques plumes, ni trop ni pas assez, cela amènera une baisse provisoire de leurs profits. Les contribuables devront payer un peu plus d’impôt, c’est la vie et l’inéluctable conséquence d’avoir vécu trop longtemps au-dessus de ses moyens.

  • Des agences de notation moutonnières

    Les agences de notation se payent désormais le Portugal et l’Espagne. En gros elles délivrent un bonnet d’âne à la dette de ces pays qui est désormais mal notée. Du coup les créanciers qui achètent les bons du trésor de ces pays en exigent une rémunération supérieure.

    Ces agences ont fait preuve de leur incompétence lors de la crise financière de 2008, sans remonter jusqu’aux scandales Enron, WorldCom ou Vivendi auxquels elles n’ont vu que du feu. Leur caractère moutonnier n’est plus à démontrer et l’on se demande bien sur quoi elles se basent pour attaquer le Portugal et pas la France, dont le niveau d’endettement et l’incapacité à équilibrer leurs budgets sont tout à fait comparables.

    Le plus étonnant dans l’affaire est le suivisme des investisseurs, c’est à dire des spéculateurs, certes, mais aussi de toutes les banques et institutions financières qui investissent nos petites économies dans l’achat de titres de ces Etats. En principe les fameux génies des mathématiques qui peuplent leurs salles de marché ne devraient pas avoir eu besoin d’agences de notation pour analyser depuis des années que l’endettement de nos pays européens n’est pas financièrement tenable et que cela dure depuis des décennies. Ce qui arrive est une crise de l’endettement comme celle que subit ma concierge lorsqu’elle prend un découvert à la banque pour acheter une voiture au-dessus de ses moyens et qui ne peut plus rembourser. La France n’a pas eu de budget en équilibre depuis plus de 35 ans. Qu’elle fut en croissance ou en récession, gouvernée par la droite ou par la gauche, elle a systématiquement dépensé plus qu’elle n’encaissait et financé la différence avec de la dette qui pèsera sur les enfants de nos enfants. Il n’y a pas besoin d’être un grand clerc pour diagnostiquer un léger problème, il suffit d’ailleurs de lire les rapports de la cour des comptes… mais les agences de notation continuent à surnoter la France alors qu’elles se tapent l’Espagne e le Portugal.

    Les investisseurs continuent du coup à prêter à taux préférentiel à la France. Tant mieux pour les contribuables que nous sommes tous mais tout ceci est parfaitement illogique et bien loin de reposer sur une soi-disant analyse mathématique des situations respectives de ces pays. Et confirme une fois encore que les investisseurs ne mènent pas leurs propres analyses économiques mais se cachent derrière celles des agences alors que ce sont eux qui devraient être décisionnaires sur ces sujets puisqu’ils détiennent les cordons de la bourse ?

  • L’amour…

    Dans notre bas monde mené par l’hystérie, la propagande et l’absence totale de spiritualité, il reste encore quelques romantiques tel celui qui a ajouté un « A » malin devant le nom de Charles Moureu, savant chimiste mort au vingtième siècle et qui a sa rue à Paris.

  • La folie et la cupidité

    Kerviel le trader-fraudeur mène sa campagne de communication à la veille de son procès : interview dans le Journal du dimanche ce matin, interview sur France 2 ce soir, publication d’un livre le mois prochain, et ce n’est probablement pas fini. Il prépare sa défense plutôt bien il nous semble pour sensibiliser la ménagère de moins de cinquante ans. Propres sur lui et modeste, il ne nie pas sa faute mais cherche à mouiller sa direction qui selon lui, était au courant et couvrait ses agissements, qui avaient abouti, rappelons-le, à engager 50 milliards d’euros dans une opération de casino qui a mal tourné.

    Peut-être sera-t-il entendu par le juge mais à défaut, et si au moins sa culpabilité est prouvée et pas celle de sa direction, que la justice passe. Ce n’est pas parce que ses chefs ont été plus malins que lui qu’il faudrait l’absoudre. Et si et lui et sa direction sont convaincus d’actes illégaux, eh bien que la justice passe avec la même sévérité pour tout ce petit monde qui a failli par cupidité et folie des grandeurs avec, notamment, l’argent des déposants.

  • Pernicieux et malin

    AFP PHOTO ALAIN JOCARD

    Liès Hebbadj, détenteur d’une double nationalité française et algérienne, et sa femme sont très tendance. Ils apparaissent sur toutes les télévisions depuis quelques jours pour expliquer, entre avocats et gardes du corps, comment conduire avec un niquab ou comment concilier une femme et des maîtresses avec la loi française. Le Canard Enchaîné le décrit comme un taliban endimanché : plutôt bien vu. A chaque apparition il fait monter le score du Front national de 5% d’un coup, s’écharper les partis politiques sur ce qu’il faut penser de cette histoire et s’étrangler de fureur quelques ministres du gouvernement confronté à l’impossible : comment réguler ce genre de comportements dans nos vieilles démocraties qui ne peuvent émettre des règles ou des lois contre des individus ou des communautés, encore moins contre des religions. Le garçon est malin, il connaît bien le système et l’utilise au mieux, alors il en profite, s’installe, pérore et provoque. Une remarquable application de l’entrisme et autre agit-prop, pratiques dans lesquelles excellaient notre défunte extrême-gauche. Il est aussi accusé d’escroquerie aux allocations familiales, peut-être un moyen de le prendre en défaut. Après tout Al Capone est tombé pour fraude fiscale.

  • Conroy Pat, ‘Charleston Sud’.

    Sortie : 2009, Chez : Albin Michel. Le nouveau roman-fleuve de Pat Conroy ; comme les précédents c’est une histoire sur le Sud dans lequel se déchirent les familles sur fond de senteurs tropicales et de déchaînements climatiques, de douceur de vivre et de réglements de compte, de bonne éducation affichée et de perversions introverties, de nobles traditions et de haines ancestrales. Un groupe d’amis de l’université qui ont survécu aux barrières raciales et sociales, partent à la recherche de l’un d’entre eux, mourant du Sida à San-Francisco. Ils le ramènent à Charleston où ils auront à affronter les remugles du passé. L’histoire est haletante, l’écriture simple, comme toujours s’y mêlent naïveté de certains sentiments et noirceur de la vision du Monde et de la famille. Un bon cru.

  • Goldman Sachs avoue

    L’état-major de Goldman Sachs passe au confessionnal devant les sénateurs américains agacés par l’affairisme spéculateur du Dark Vador de la communauté des nouveaux barbares. Les gros poissons de Goldman ont amené avec eux un de leur fusible de service, un matheux français qui a conçu des produits financiers toxiques en se qualifiant lui-même de Frankenstein, pour expliquer leurs intentions si pures que jamais ils n’auraient joué à la baisse contre des produits qu’ils vendaient en même temps à leurs clients.

    En fait depuis la crise financière de 2008 et la succession des affaires Kerviel, Madoff et autres, sans parler des fonds spéculatifs pariant sur la hausse des produits alimentaires en 2007 au point de favoriser cette hausse et de provoquer des émeutes de la faim dans nombre de pays alors qu’il n’y avait pas de pénurie, on sait que ces forbans sont capables de tout et surtout du pire. Donc Goldman peut tout à fait être coupable de ce dont on l’accuse, cela ne surprendrait personne et a priori pas les sénateurs. Si même le Sénat des Etats-Unis d’Amérique se pose la question de la culpabilité des barbares de la finance c’est que l’on peut raisonnablement croire que celle-ci ne soit avérée.

    La plainte déposée contre Goldman Sachs par l’autorité des marchés financiers américains va suivre son cours qui ne va pas manquer d’être intéressant.

  • Tape-à-l’œil

    Avez-vous vu les phares des voitures Audi récentes ? Difficile de faire plus clinquant et nouveau riche. Déjà l’Audi, nouvelle voiture des mafieux, fait très fort dans le luxe ostentatoire mais alors les phares à eux seuls sont un concentré de beaufitude. En position « lanterne » on dirait une guirlande chromée posée sur une pièce montée en loukoum !

  • Gaëtan Roussel – 2010/04/28 – Paris la Cigale

    Gaëtan Roussel à la Cigale vient nous faire partager son enthousiasme et son nouveau disque solo, Ginger, sur la sympathique scène de la Cigale. Les lumières s’éteignent sur une bande des Beatles au milieu de laquelle déboule Gaëtan impatient qui démarre les riffs de Clap Hands avant même que son guitariste ne soit arrivé. La bande pétillent d’énergie : deux guitaristes/ un bassiste sur la ligne d’attaque, deux choristes dont une aux cuivres derrière, et une ligne de trois défenseurs batteur-percussionniste-claviers sur les arrières. Ce petit monde est emmené par son leader détendu et pressé qui enchaîne tout Ginger sans respiration : nous ne faisons que passer/ dans l’ombre et la lumière/ nous ne faisons que traverser/ des océans des déserts/ nous ne faisons que passer/ dans l’ombre sous la lumière.

    Les yeux fermés et les paupières plissés, grand échalas en polo noir accroché à son pied de micro, délivrant sur sa guitare une rythmique simple et efficace, Gaëtan décline un mélange de pop tendre et de boucles technos, de mots rieurs et de thèmes mélancoliques, de paroles en français et de refrains en anglais, d’électricité furieuse et d’acoustique doucereuse. Son dernier disque est un modèle du genre, poly-influences mais rousselien au possible. C’est l’influence d’un parcours musical original qui l’a mené de Louise Attaque à Tarmac, lui a fait commettre de fructueuses collaborations artistiques avec Bashung (le marquant Bleu Pétrole), Vanessa Paradis (Il y a), Rachid Taha, lui a fait ingérer les Violent Femmes, Mark Plati (qui est aux crédits de Ginger) comme les Talking Heads, pour synthétiser le tout dans le concert ce soir.

    Gordon Gano des Violent Femmes est là ce soir pour chanter Troubles sur une lancinante rythmique de chœurs et claviers, pendant que Gaëtan est passé à la basse. En premier rappel, après le très pur Les Belles Choses  le groupe se lance dans un inédit (1000 milliards de dollars) et Psycho Killer une superbe reprise des Talking Heads dont on prend soudain conscience combien les guitares ravageuse ont inspiré notre artiste.

    Comme il ne reste plus grand-chose de neuf à jouer pour le deuxième rappel et Gaëtan ne voulant pas compromettre avec le passé, après une reprise de Nazareth, le groupe termine la soirée sur un deuxième Help Myself.

    Set list : Intro/ Clap Hands/ Tokyo/ Inside Outside/ Si l’on comptait les étoiles/ Dis-moi encore que tu m’aimes/ Mon nom/ Des questions me reviennent/ Help Myself (Nous ne faisons que passer)/ Backgammon/ Trouble (with Gordon Gano)/ DYWD//

    Encore : Les Belles Choses/ 1000 milliards de dollars/ Psycho Killer (Talking Heads cover)//

    Encore 2 : Love (Bassiste au chant – Nazareth cover)/ Help Myself (Nous ne faisons que passer)

    Warm up : Sharitah Manush

  • Dépenses inconséquentes

    A quoi sert une exposition universelle ? Pour le moment à pas grand-chose sinon pour la France à s’incliner devant l’Empereur du Milieu qui organise l’actuelle exposition et à dépenser les sous de ses contribuables dans des futilités.

  • Désarmante faute de goût en Grèce

    Le premier ministre grec demande l’aide européenne sonnante et trébuchante au bord de la Méditerranée. C’est touchant mais signe d’un manque total de psychologie. Faire la manche sur fond de mer bleue et de village néo-classique c’est prendre les mouches allemandes avec du vinaigre méditerranéen. Les allemands sont déjà outragés de devoir payer pour les dépenses incongrues des cigales athéniennes, mais alors leur annoncer le presque défaut de paiement de son pays devant un paysage de rêve, c’est au mieux maladroit, au pire provocateur. Un vieux bureau de l’administration grecque aurait été mieux indiqué.

  • De mieux en mieux

    Oui, oui, oui ! La retraite à 60 ans (voire à 55 ans). Un vrai sujet pour les campagnes de communication pour les partis politiques en ce moment.

  • Les nouveaux barbares de la finance

    Quelques soucis pour le Dark Vador des nouveaux barbares : Goldman Sachs, banque d’affaires new-yorkaises, officine à traders bonusés et services sophistiqués. Les autorités financières américaines attaquent cette banque pour fraude. Un trader français est même expressément désigné dans l’acte d’accusation, rejetant ainsi les performances de Kerviel-le-fraudeur au niveau de l’école maternelle.

    En gros, Goldman Sachs a constitué pour le compte du fonds spéculatifs John Paulson (par ailleurs donateur à l’association humanitaire de Carla Bruni-Sarkozy) un portefeuille de titres plus ou moins immobiliers comme actifs de ce nouveau fonds. Goldman aurait ensuite fourgué ce produit financier à des investisseurs alors que dans le même temps Paulson, pariant sur à la baisse des titres immobiliers gangrénés par les subprimes, achetait des Credit default swap – CDS sorte de certificats d’assurance contre l’insolvabilité des émetteurs des titres qui prennent de la valeur à mesure que le risque augmente.

    Dans un monde financier basé sur la spéculation on trouve toujours des hurluberlus prêts à parier sur des positions opposées. Paulson qui avait pressenti à l’avance l’effondrement des titres subprimes avait trouvé des investisseurs prédisant le contraire. C’est Paulson qui a gagné, il a revendu ses CDS et les gogos investisseurs dans le fonds Goldman Sachs ont tout perdu.

    L’Etat américain s’émeut du rôle trouble de Dark Vador. On pourrait l’être à moins. A suivre.

  • « Turner et ses peintres » au Grand Palais

    Turner au Grand Palais : on y découvre les inspirateurs du maître britannique et son incroyable technique pour peindre la lumière, surtout celle du lever de soleil sur la Tamise embrumée. Des peintures parfois un peu grandiloquentes, surtout celles des références antiques.

  • Le risque et la vie

    Des français sont coincés un peu partout dans le monde suite au nuage volcanique islandais qui paralyse le ciel européen. Bien sûr ils se plaignent de ce que leur gouvernement ne leur paye pas l’hôtel dans les villes où ils sont bloqués ni n’affrète bateaux et bus pour les ramener sans délai à bon port.

    Bien que notre parlement ait introduit le principe de précaution dans la Constituion (l’une des dernières déplorables lubies de Chirac « roi-fainéant ») ils en oublient que l’action humaine est sujette au risque et qu’un avion qui vole le lundi peut ne pas voler le mardi, voire s’écraser le mercredi. Donc le consommateur de voyages veut mutualiser ses pertes et les faire payer par le contribuable.

    Pendant ce temps la SNCF continue sa grève comme si de rien n’était, quelques soient les circonstances. Des voyageurs éplorés ramenés tant bien que mal sur les aéroports encore ouverts du sud de la France campent à la gare Saint-Charles après avoir squatté les halls d’aéroports.

    Tout ceci n’est quand même pas la fin du monde. Le peuple des touristes ferait mieux de méditer sur ce que disait ce vieux Joe Strummer (The Clash) :