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  • Les exploits des fouteballeux français à la coupe de monde en Afrique du Sud

    23h – Le traître, le traître, le traître !

    Incroyable, le traître n’a toujours pas été dénoncé et n’est donc pas encore identifié ni tondu. Pour nous faire patienter au cœur de cette attente insupportable, nous avons eu droit à quelques interviews de joueurs (Ribery notamment) et c’est toujours un grand plaisir d’entendre s’exprimer les porteurs de maillots Carrefour sur leur souffrance et leur stratégie.

    On peut même remarquer dans la masse des fouteux grévistes en Afrique du Sud un grand black avec une crête blonde, façon punk et un autre avec des locks également blonds me rappelant le sketch des Guignols dans lequel on voyait les divas se faire retoucher leurs permanentes sous les casques du coiffeur avant de rentrer sur le terrain.

    Cette coupe du monde est absolument exaltante pour les allergiques du foute, un moment inoubliable dans les annales de la beaufitude. Et on n’a pas tout vu, il reste un match qui promet d’être extatique. Il va falloir se précipiter mercredi matin sur Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo pour y dévorer les reportages sur ce sujet brûlant.

    Allez la France, allez la France, allez !

    17h – Allez la France, allez la France, allez !

    L’auteur du « … va t’faire enculer… » a été mis dans un avion retour pour Londres, privé de match pour la suite de la Coupe, et ses petits camarades de jeux le soutiennent en faisant la grève de l’entraînement en Afrique du Sud. Ils veulent se consacrer à la recherche du traître qui a fait fuiter le « … va t’faire enculer… » dans la presse.

    Allez la France, allez la France, allez !

    Oui, oui, oui, il faut tondre le traître et puis le promener dans les rues de Paris une pancarte autour du cou.

    Questions : impact d’une grève des joueurs de fouteballe sur l’économie française ? Nul. Sur l’âge légal de départ à la retraite ? Nul. Sur le résultat des épreuves du bac ? Nul. Sur le développement spirituel de la nation ? Positif.

    Suggestion : on arrête les frais, on met tout ce petit monde dans un bateau pour Le Havre, c’est plus économique que l’avion et çà leur laissera le temps de régler leurs comptes dans les cales, et on passe au sujet suivant.

    Allez la France, allez la France, allez !

    11h – Hi, hi…

    Le « …va t’faire enculer… » du fouteux français dépité fait le tour de la planète et provoque une hilarité quasi-générale en dehors de l’hexagone. C’est déjà une remarquable performance ! Même Sarko l’agité, célèbre auteur d’un retentissant « …casse toi pauv’con… » asséné à un citoyen rebelle croisé dans les allées du salon des paysans, y ajoute son grain de sel et se croit autorisé à faire la morale à l’occasion d’un forum économique à Saint-Pétersbourg. Ça aussi il fallait le faire.

    Libé rappelle le florilège de l’insulte fouteballeuse avec le « sac à merde » proféré par Cantona contre un sélectionneur et le « qu’ils me la sucent et continuent à me sucer » de Maradona contre les journalistes.

    Au-delà des défaites footeuses et du vocabulaire d’un président de rencontre, ces évènements semblent confirmer un récurrent problème de mauvaise éducation au niveau mondial, et tout particulièrement en France.

  • Le langage fleuri des fouteballeurs français

    Ah, ah… « …va te faire enculer, sale fils de pute… » c’est en ces termes fleuris qu’un des fouteballeux de l’équipe de France aurait dialogué avec son chef à la mi-temps. Il est bien élevé le garçon, la défaite enrichi son vocabulaire. Bon, cela dit il faut les comprendre les pousse-ballons, ils ont Roseline Bachelot sur le dos depuis plusieurs jours dans leur hôtel et cela doit quand même leur porter sur les nerfs.

  • AC/DC – 2010/06/18 – Paris Stade de France

    AC/DC – 2010/06/18 – Paris Stade de France

    Douze mois exactement après leur dernier Stade de France les rockers australiens reviennent pour un deuxième Stade pour une nouvelle et immuable messe rock. Rien n’a changé, on dirait qu’ils n’ont même pas refait leurs valises entre les deux shows qui se déroulent à l’identique. Le gigantesque Stade de France est toujours accueillant et bien organisé : merguez, bière, posters et articles dérivés à profusion ; hôtesses-sandwichs numériques portant le programme et les horaires sur un écran fixé sur leurs épaules ; infirmiers et videurs pour parer aux excès. Même les verres sont recyclables alors que dire de notre combo des antipodes ?

    Nous sommes le 18 juin (qui plus est le 70ème anniversaire d’un 18 juin plus historique et dramatique), alors l’appel a été fort et les rockeux européens convergent vers Paris Nord cloutés et bardés des différents oripeaux aux couleurs des 35 ans de carrière des AC/DC, avec bien sûr les cornes rouges clignotantes de circonstance. Bedaine et calvitie ont souvent pris le dessus. Le headshaking est moins éclatant quand on est chauve mais la foi est toujours là et d’aucun sont venus avec les enfants.

    Après le warm-up des antédiluviens Slash le show des australiens se déroulera sans accroc et sans surprise : le strip-tease d’Angus sur The Jack, le bombardier cartoon qui balance ses flots de guitares électriques sur War Machine, la cloche qui fait vibrer Paris-Nord sur Hells Beels, la grosse Rosie gonflable sur Whole Lotta Rosie, les flammes sur Highway To Hell, les canons tonitruants sur We Salute You, l’interminable solo d’Angus sur on ne sait plus quel morceau, tellement c’était long, les filles qui montrent leurs poitrines sur grand écran, le batteur qui allume ses tiges et frappe sur ses caisses la clope au bec comme un camionneur dans son semi-remorque !

    Deux heures du grand spectacle de la comédie hard-rock où chacun a joué sagement son rôle, public et musiciens, avec suffisamment d’autodérision pour en faire une excellente soirée parisienne. On parlait l’an passé du concert des adieux. Un an de patience et les AC/DC étaient de nouveau sur la scène et quelque chose nous dit que ce ne sera pas la dernière…

    Set-List : Rock N’ Roll Train/ Hell Ain’t a Bad Place to Be/ Back in Black/ Big Jack/ Dirty Deeds Done Dirt Cheap/ Shot Down in Flames/ Thunderstruck/ Black Ice/ The Jack/ Hells Bells/ Shoot to Thrill/ War Machine/ High Voltage/ You Shook Me All Night Long/ T.N.T./ Whole Lotta Rosie/ Let There Be Rock
    Encore : Highway to Hell/ For Those About to Rock (We Salute You)

  • C’est pas nous…

    Hé, hé… il semble que les fouteux franchouillards n’aient pas brillé ce soir avec une défaite contre le Mexique. Comme pour Kerviel le trader-fraudeur, il semble également, si l’on en croit la presse, que nos pousseurs de balle surpayés et avachis ne soient responsables de rien dans ce bilan catastrophique qui relèverait uniquement de leur entraîneur ! Il aurait été étonnant que le fouteballe ne soit pas touché lui aussi par le syndrome de déresponsabilisation collective générale qui gangrène notre société.

  • Le fraudeur dans l’embarras

    Kerviel le trader-fraudeur est en train d’expliquer à la justice pourquoi il a dû passer de fausses écritures comptables dans le système d’information de la Société Générale afin de cacher ses positions spéculatives.

    Puisqu’il plaide sur le thème je ne suis pas responsable car ma hiérarchie connaissait (et donc approuvait silencieusement) les engagements de milliards d’euros pris, alors il lui est demandé quel besoin il avait de masquer ces positions ? Il semble qu’il ait un peu de mal à expliquer cette contradiction.

  • Le Monde à la dérive

    Quelle tristesse : le journal Le Monde est encore une fois au bord du dépôt de bilan et de nouveau acculé à faire la manche. Il va malheureusement arriver un moment où l’on manquera de généreux donateurs prêts à renflouer ce quotidien de qualité, mais dont le seul défaut est de ne pas se vendre assez.

  • Trop de fouteballe

    Le journal télévisé de France 2 consacre désormais environ 15 minutes sur 30 à la coupe du monde de fouteballe. Afin de rassurer le spectateur qui aurait des doutes sur le sujet abordé, un logo « coupe du monde » apparaît en haut et à gauche de l’écran durant ces 15 minutes. C’est une bonne idée qui permet d’éviter de confondre les images et comptes-rendus de match avec un exposé sur la philosophie hégélienne ou la mécanique quantique.

    Les 15 minutes du jour consacrées au fouteballe comportent notamment un reportage sur les vouvouzellas sorte de trompette en plastique dans lesquelles soufflent les supporters et qui répandent un impressionnant bruit de fond style essaim d’abeilles. Un fan français interrogé sur le sujet regrette ces vouvouzellas « …qui nous empêchent de chanter » [sic]. La vie est dure.

  • Pas joli-joli

    Après l’attaque israélienne contre la flottille humanitaire en route pour Gaza, et le tollé international provoqué par cet action, l’incapacité du conseil de sécurité de l’ONU à pondre une résolution condamnant Israël, toute nouvelle résolution instaurant des sanctions contre l’Iran semblait impossible à faire voter par ledit conseil de sécurité.

    Eh bien une nouvelle résolution a été votée à l’unanimité des membres permanents et deux votes contre de la Turquie et du Brésil qui n’ont pas de droit de veto en tant que membres non permanents. Les nouvelles sanctions visent des responsables et des entreprises engagés dans le programme nucléaire iranien.

    Comme toujours la discussion a dû avoir lieu dans les couloirs où on ne sait quelles compromissions ont pu être montées entre les Etats-Unis d’une part, Russie et Chine d’autre part, pour emporter le morceau… Cela doit être du genre : « Je te laisse tranquille sur Tibet et Tchétchénie et tu me votes ma résolution ! » Tout ceci n’est guère brillant mais ainsi vont les affaires du monde. L’ONU n’est pas une place pour les idéalistes.

  • Le pétrole fuit toujours

    Le pétrole continue de couler dans le Golfe du Mexique. Tout le monde tombe à bras raccourcis sur la compagnie pétrolière BP qui essaye désespérément de boucher le trou avec des idées qui paraissent émaner d’un inventeur de la fête à Neuneu : on pose un couvercle, on essaye un entonnoir, on échoue à injecter des boues boucheuses, on creuse un puits de dérivation, etc. Et le pétrole coule toujours.

    La vérité c’est qu’on ne sait pas faire, BP ou une autre, et encore s’agit-il d’un accident à 1 500 mètres de profondeur quand le Brésil est en train de forer à 7 000 mètres !

    En parallèle, BP qui a perdu la moitié de sa valeur boursière depuis l’explosion de sa plate-forme, est en train de soumettre au vote de ses actionnaires le versement de son dividende 2009. Certaines voix politiques, dont celle d’Obama, se demandent s’il ne serait pas plus raisonnable de mettre ces sous de côté pour indemniser les pêcheurs de crevettes de la Louisiane. Le capitalisme est pris à ses propres contradictions : BP qui représente la plus grosse capitalisation boursière britannique est une valeur présente dans tous les portefeuilles du Royaume-Uni, y compris bien sûr ceux des fonds de pension qui financent les retraites privées. Du fait de la dévalorisation du titre BP les retraites futures seront obérées si la dégringolade se poursuit. Et comme on ne peut rien exclure, y compris une OPA contre BP, voire même sa liquidation si le désastre écologique se poursuit, le sujet commence à devenir sensible, au-delà des pêcheurs de crevette louisianais.

  • La stratégie du fraudeur

    L’indulgence pour Kerviel le trader-fraudeur est de mise dans les dîners en ville comme autour des machines à café dans les bureaux, sur le double thème : (i) sa hiérarchie devait être au courant de ses agissements et (ii) quand on gère des milliards en permanence on peut perdre le sens des réalités. Le trader-fraudeur base sa défense sur cette stratégie : sans nier ses fautes il cherche à mouiller les dirigeants de sa banque et à transformer son procès en procès de la Société Générale. C’est plutôt malin d’autant plus qu’il surfe sur la vague médiatique en sa faveur, en effet qui ne rêverait pas de se taper une grosse banque par les temps qui courent.

    Peut-être ses chefs étaient effectivement au courant des dérapages du fraudeur, la justice le déterminera, jugera si cela est une faute pénale et la condamnera le cas échéant. Comme elle jugera et, éventuellement, condamnera le Kerviel qui a tout de même engagé 50 milliards d’euros en passant de fausses écritures comptables pour masquer son forfait. Cette faute là si elle est avérée ne doit pas rester sans punition, quelles que soient l’incompétence ou la rouerie de sa hiérarchie.

  • La stratégie du fouteballe

    On nous rebat les oreilles avec la stratégie 4-3-3 de l’équipe de France de fouteballe qui ne serait pas optimale. Comme les termes stratégie et fouteballe paraissent oximoriens au possible on se précipite sur Wikipédia pour en savoir plus. Bon, en gros, il s’agit de placer 4 crétins puis 3 abrutis devant 3 débiles, pour défendre un filet. Très honnêtement on n’est toujours pas sûrs d’avoir compris la différence avec le 4-5-1 ou le 5-3-2, il s’agit comme toujours de mêler une bande de 11 benêts devant un stade de 80 000 beaufs pour taper dans une baballe.

  • Un dirigeant instable

    Horst Köhler, président fédéral allemand démissionne à la suite de ses déclarations contestées dans la presse sur les liens entre l’intervention des militaires allemands en Afghanistan et les intérêts économiques de son pays. Cela n’a guère d’importance compte tenu du statut plutôt honorifique du président en Allemagne, mais après avoir déjà démissionné du poste de chef du Fonds monétaire international en 2004 il faudrait que ce garçon se stabilise un peu, on ne va tout de même pas continuer à le désigner à des postes dont il se carapate systématiquement avant la fin de son mandat ?

  • Israël à l’assaut d’un bateau humanitaire turc

    L’armée d’Israël prend à l’abordage des bateaux turques tentant de faire passer de l’aide humanitaire à la bande de Gaza sous embargo israélien et égyptien : bilan officiel 10 morts, quelques blessés, 600 arrestations et autant d’expulsions. La cargaison est arraisonnée, inspectée puis sera en principe acheminée par les militaires israéliens à Gaza après sans doute prélèvement de quelques produits interdits (dont le ciment utilisable pour les maisons à reconstruire certes, mais aussi pour les bunkers).

    L’assaut des navires tel que montré à la télévision est impressionnant, il démarre par descente en rappel de soldats depuis des hélicoptères, de nuit. On distingue clairement sur le pont du navire principal les passagers qui se rassemblent sur le pont pour accueillir les militaires à coup d’objets contondants qui n’ont pas l’air d’être des bouquets de roses. Le premier commando à descendre sur sa corde s’est donc jeté dans la gueule du loup. Le temps qu’il soit rejoint par ses petits camarades, les militants pacifistes du comité d’accueil ont tapé dans le tas, déclenché la panique chez les militaires qui ont tiré. La presse a dit qu’un des passagers se serait saisi d’un des fusils des militaires et aurait blessé un assaillant.

    Que la réaction des militaires israéliens soit légitime ou non, elle fut désastreuse, son bilan humain pour les militants humanitaires et politique pour Israël est là pour le montrer.

    Aussitôt connue, cette affaire a déclenché un tollé dans la « rue arabe », les organisations internationales et associations diverses, pacifistes ou non, qui en profitent pour organiser des défilés dans les rues occidentales avec keffiehs et de drapeaux palestiniens.

    Le Conseil de sécurité des Nations-Unies pond un communiqué mou :

    1 juin 2010 – Le Conseil de sécurité appelle à engager une enquête « transparente, crédible, impartiale et rapide » sur le raid contre la flottille humanitaire en route pour la bande de Gaza et exhorte Israël à « libérer immédiatement les navires et les civils détenus » et à « garantir la livraison de l’aide du convoi ».

    L’assaut, qui s’est soldé par la mort d’au moins 10 civils, a également été condamné lundi par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui s’est dit « choqué » par le raid meurtrier. Le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU a également convoqué une réunion spéciale sur l’incident, mardi à Genève, en Suisse.

    Le Conseil de sécurité a également souligné que la situation à Gaza n’était pas « durable ». Il a exprimé son « inquiétude » sur la situation humanitaire, tout en réaffirmant la nécessité de laisser transiter l’aide vers la Bande de Gaza.

    À plusieurs reprises, les Nations Unies ont dénoncé le blocus de ce territoire palestinien et fait part de leurs préoccupations quant à l’entrée insuffisante de matériel pour répondre aux besoins élémentaires de la population et poursuivre la reconstruction.

    Dans une précédente réunion sur ce dossier, Ban Ki-moon avait fait déjà estimer que le blocus « créait des souffrances inacceptables, affaiblissait les forces modérées et renforçait les extrémistes ».

    Le Conseil de sécurité a souligné que la seule « solution viable » au conflit israélo-palestinien était un accord entre les deux parties sur l’établissement de deux Etats indépendants vivants côte à côte en paix. Le Conseil a aussi exprimé son soutien aux pourparlers indirects de paix et son inquiétude sur les conséquences que l’incident pourrait avoir sur ces discussions.

    Enfin, le Conseil a appelé les parties à agir avec « retenue » et à éviter « toutes actions unilatérales et provocantes ».

    La Haute-commissaire adjointe aux droits de l’homme, Kyung-wha Kang s’est dit choquée « que l’aide humanitaire soit confrontée à une telle violence », lors d’une réunion spéciale sur l’incident organisée mardi au Conseil des Droits de l’homme de l’ONU. « Nous condamnons explicitement ce qui semble être un usage disproportionné de la force », a-t-elle ajouté.

    Kyung-wha Kang a réitéré son appel aux autorités israéliennes à lever le blocus sur la Bande de Gaza qui constitue un « affront à la dignité humaine ».

    Elle a exprimé son souhait de voir « le gouvernement israélien de prendre les décisions nécessaires afin de démontrer à la communauté internationale un engagement clair pour respecter le droit international ».

    Les 47 membres du Conseil des droits de l’homme devraient adopter une résolution à la fin de cette session.

    Les membres du Conseil de sécurité n’ont pas réussi à se mettent d’accord sur une véritable condamnation de cette action militaire. On aurait pu penser que devant les effets de cette opération tout le monde se soit accordé sur un blâme un peu plus appuyé. En retour, il ne faudra pas donc s’étonner que le même Conseil n’arrive point à se mettre d’accord sur des résolutions condamnant les développements nucléaires de l’Iran.

    En attendant les projecteurs sont de nouveau braqués sur ce blocus israélo-égyptien de Gaza que l’opinion internationale (à la mémoire éphémère) avait un peu oublié. Même les Etats-Unis demandent maintenant son assouplissement. Israël continue à se protéger du Hamas au pouvoir à Gaza, considéré comme un parti taliban, ce qui n’est sans doute pas très éloigné de la réalité. Un nouveau bateau est affrété pour Gaza et sans doute d’autres suivront. L’Egypte a rouvert un de ses points de passage vers Gaza, au moins pour le moment. La Turquie dont relève la majorité des morts est remontée contre Israël avec qui elle entretenait malgré tout des relations diplomatiques, et même de coopération militaire.

    Bref, la force a parlé mais le bilan politique de cette affaire est mauvais pour Israël qui se retrouve un peu comme à l’issue de l’opération militaire plomb durci contre Gaza en 2009 : il y a moins de roquettes tirées sur Israël, mais le Hamas est toujours là et se retrouve politiquement renforcé, voire soutenu par un certain nombre de pays arabes qui le redoutent.

    La force a encore eu le dessus, pour cette fois… mais cela ne durera peut-être pas indéfiniment. Il va falloir quand même arriver à mettre en œuvre une stratégie alternative car le temps joue contre Israël.

  • Sophie Hunger – 2010/06/02 – Paris la Cigale

    De la Boule Noire à la Cigale il n’y a qu’une porte et 900 spectateurs de plus. Douze mois plus tard, et un deuxième disque sorti, Sophie Hunger en a franchi le seuil ce 2 juin amenant avec elle musiciens et émotion. Emotion est d’ailleurs un mot bien faible pour traduire le bouleversant torrent de tendresse et de subtilité qui a emporté l’assistance deux heures durant.

    Sophie fait cette année le show debout avec ses cinq même musiciens venus de Zurich, Lausanne, Berne et Frankfort, quand l’an passé ce petit monde était assis sur des chaises de bistrot dans l’espace intime de la Boule Noire. Plutôt éloignée de l’image guerrière de la couverture de 1983, elle est habillée ce soir en robe rouge et collant noir pour lancer le show avec un a capella en alémanique avant de s’emparer d’une guitare électrique qui ne fonctionnera pas avant que l’ampli ne soit changé « … c’est l’émotion qui la rend muette… » dira Sophie, dans un français hésitant, de son instrument rebelle.

    Plus électrique, mais pas moins sensible, le show déroule les deux derniers disques dans la magie du live. L’assortiment inattendu du trombone à sourdine avec la voix romantique de Sophie produit un effet chair de poule instantané et irradiant. Qu’elle déclame sa révolte à poumons ouverts telle une suffragette ou qu’elle susurre une berceuse en allemand, qu’elle martèle l’électricité de ses guitares, qu’elle frappe ses cordes acoustiques ou qu’elle effleure l’ivoire de son piano, l’empathie est instantanée et le spectateur ne rêve que de repousser le terme de ces moment de charme absolu mais éphémère que sont les interprétations de ses chansons qui hélas ne durent que trois minutes. Dès que l’une se termine la frustration nous envahit car elle ne pourra plus faire mieux, mais cette triste perspective est immédiatement démentie par la chanson suivante, et ainsi de suite jusqu’à la fin du show, qui elle est écrite dans ces moments hors du temps.

    Sophie et sa bande déclenche une sensation d’émoi amoureux et artistique qui est la marque des grands artistes. La complicité magique qui l’unit à ses musiciens est palpable, forge l’unité et la finesse de cette musique. Le guitariste allemand Christian Prader sous ses airs de barbu crypto-baba est présent là où il faut avec juste ce qu’il faut de virtuosité de volume. Le tromboniste Michael Flury tire d’incroyables déchirements de ses sourdines qui portent si bien cette musique mi-jazz mi-folk, et pour tout dire assez inqualifiable. Parfois même, abandonnant leurs instruments, ces deux compères assurent un chœur de basses pour enrober la voix de Sophie dans un écrin sonore.

    Elle démarre la reprise de Noir Désir « Le Vent l’Emportera » après en avoir récité le refrain traduit en allemand. Elle introduit Valzer für Niemand en expliquant sa relation « avec personne » qui est « importante et permanente ».

    Il faudra trois rappels pour se résoudre à les laisser repartir vers leur concert du lendemain. Le deuxième bis se termine par trois longues minutes de silence et d’immobilité, les mains suspendues au-dessus de piano dont les notes disparues depuis longtemps virevoltent encore dans nos âmes. Le dernier rappel est joué débranché et sans micro, tous assis sur le bord de la scène. Saluant le public avec ses musiciens Sophie se frappe le cœur, l’air de ne pas en revenir d’avoir dissipé une telle émotion sur un public en liesse et au bord des larmes. Elle est auteur, compositeur, elle chante merveilleusement, elle joue de la guitare, du piano, de l’harmonica, elle est folk, elle est rock, elle est jazz, elle est belle et pure, elle est subtile et fragile, timide et émouvante. Et elle a dédié son disque 1983 aux enfants de Suisse « May you grow up to take a part. » Quel immense talent !

    Warm up : Mark Berube

  • Pierre Ménès en vrai : encore mieux que sa marionnette

    Les Guignols de l’info présentent la marionnette d’un journaliste footeux, Pierre Ménès, dont seuls les spécialistes n’ont jamais entendu parler, comme un homme obèse, vulgaire, braillard, envahissant, beauf et mal élevé. On ne doutait pas qu’un journaliste sportif puisse cumuler certaines de ces qualités, mais quant à les accumuler toutes cela devait relever de l’exploit. Nous sommes donc allés voir l’original un soir sur Canal+ et il faut dire que le modèle dépasse toutes les espérances et, largement sa marionnette. Il vaut vraiment le déplacement. Allez-y 10 minutes le dimanche soir vous ne regretterez pas le spectacle.

  • Angela s’attaque à Monsieur le Marché

    On aime bien ici Angela Merkel, elle décide de s’attaquer à un des fondements de la spéculation désordonnée : la vente à découvert à nu (y compris les Credit default swap – CDS), et n’écoutant que son courage elle décide de l’interdire pour une année en Allemagne sur les titres d’une dizaine d’institutions financières germaniques. Tout le monde en a rêvé, Angela l’a osé avec la certitude qui sied aux rigoureux. Depuis des années l’Allemagne explique que le surendettement des Etats n’est pas durablement viable, il aura fallu attendre la crise financière de 2008 pour que certains envisagent du bout des lèvres qu’elle pouvait peut-être avoir raison. Aujourd’hui elle se paye l’un des outils les plus pervers de la finance. Elle aurait sûrement préféré que les pays Européens, voire aussi les Etats-Unis, agissent de concert pour tuer cet instrument félon. Las, les autres en sont encore à discuter du sexe des anges qu’elle décide. Elle est critiquée, qu’à cela ne tienne elle prend cette mesure pour ses frontières nationales ! Les nouveaux barbares financiers hurlent à la castration, eh bien qu’ils aillent spéculer à Londres ou à Zurich.

    On aime décidément bien Angela Merkel !

  • Retraite et réalisme

    La presse n’a qu’une question en bouche sur le sujet des retraites, faire dire à la droite que l’âge légal sera repoussé au-delà de 60 ans, et faire avouer à la gauche qu’elle renonce à son dogme des 60 ans.

    Chacun est lancé dans une danse du ventre incontrôlable sur le sujet et chacun sait ou ressent qu’il est plus que très probable que cet âge de la retraite sera repoussé d’une façon ou d’une autre mais la question à ce jour sans réponse est : « comment avaler son chapeau » sur ce sujet sensible.

  • L’invasion du foute

    Très vives recommandations pour le hors-série de Charlie Hebdo consacré au fouteballe avec le message de promotion suivant :

    « Pendant cinq semaines, du 11 juin au 11 juillet, le temps et l’espace vont se figer en Afrique du Sud. La vie va avoir l’apparence d’un stade, la pensée va se faire ballon et le dialogue crampon. Le pire étant toujours possible, la France ne sera peut-être même pas éliminée dès les premiers matchs, et il sera dès lors impossible d’échapper à la messe footballistique permanente. Tous ceux qui tenteront de s’y soustraire seront frappés d’indignité nationale.

    C’est pour eux, pour vous, donc, amis lecteurs, que nous avons concocté ce hors-série. Vous qui souhaitez la défaite des Bleus, qui, comme nous, ignorez tout de la passion qui enflamme les commentateurs sportifs et les supporters, suivez-nous dans notre exploration de ce monde absurde qu’est le football.

    Ensemble, parcourons la jungle gazonnée des stades, voguons sur les rivières de pognon, repoussons les assauts des tribus de hooligans, partageons les angoisses existentielles des sponsors confrontés aux appétits sexuels des idoles, décryptons les étranges hiéroglyphes qui ornent les banderoles, bref, devenons les Jules Verne du football, les Lévi-Strauss du penalty, les Indiana Jones du Loto sportif. Mais attention où vous mettez les pieds, le sol est miné de seringues usagées. »

    on ne saurait mieux dire.

  • Monnaie d’échange

    L’étudiante française Clotilde Reiss, passionnée de culture persane, condamnée en Iran à 10 ans de prison pour espionnage, a finalement été libérée après que sa peine ait été commuée en amende. L’une des hypothèses avancées par spécialistes est que sa libération aurait été obtenue en échange de celle de l’assassin de l’ex-premier ministre iranien Chapour Bakhtiar (dernier premier ministre du Shah) réfugié en France.

    L’échange de prisonniers est une pratique assez courante du régime iranien. Le mieux est sans doute de ne pas se rendre en Iran si l’on veut éviter de risquer de servir de monnaie d’échange.

    Clotilde Reiss fait aussi la une de la presse après qu’un ex-pied-nickelé des services secrets français en mal de sensationnalisme pour vendre un bouquin affirme qu’elle aurait fourni des renseignements à la DGSE. Tout est possible dans notre bas monde, y compris qu’une gamine persophile balance des informations (sans doute pas d’une grande importance stratégique) à son gouvernement, même si cela est peu probable.

    Ce qui est en tout cas peu admissible c’est qu’un ancien responsable des services de renseignements français raconte des histoires pareilles dans un livre avant que le temps n’ait fait son œuvre. Si ce qu’il dit est vrai il fait le jeu de l’Iran et n’aurait pas dû trahir une telle affaire. Si ce qu’il dit est faux, ce n’est pas bien de le dire. Dans un cas comme dans l’autre il devrait pouvoir être puni par notre droit.

  • Beuveries mortifères

    C’est la dernière mode : les apéros géants organisés par Facebook où quelques milliers de jeunes se retrouvent joyeusement pour picoler en bande. Il y eu un mort hier à Nantes, un gamin qui avait 2,40 grammes d’alcool et qui est tombé d’une balustrade en voulant glisser sur la rampe. Les ministres s’emparent du sujet qui tourne en boucle sur les médias. Tout ceci est bien triste pour ce garçon et sa famille mais il n’y a tout de même pas matière à transformer ce fait divers en affaire d’Etat et à monopoliser des ministres qui ont sans doute mieux à faire par les temps qui courent. Combien de y-a-t-il eu au même moment de morts par arrêt cardiaques de petits vieux sortant d’un bistrot ? Sans doute beaucoup plus.