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  • Les politiques et la bicyclette

    Pauvre Éric Woerth, non seulement il est attaqué de toutes parts, y compris par ses « amis » politiques, pour ses supposées compromissions avec Mémé Bettencourt et ses milliards, mais en plus il a dû se colleter une étape du tour de France de bicyclettes dimanche dernier pour faire populo. Des champs de course de Chantilly à la caravane du tour de France en casquette Ricard, pauvre Éric Woerth ! Et il a dû emmener bobonne pour une journée dans la voiture du chef du tour de France de vélo. Mais qu’est-ce qu’ils ont bien pu se dire pendant des heures dans cette automobile, en plein cagnard et au milieu des coups d’avertisseurs de la caravane et des hurlements d’une foule enthousiaste ? Il faut aimer faire de la politique.

  • Les fouteux et la prostituée mineure

    Exceptionnel ! Deux joueurs de fouteballe de l’équipe de France sont mis en examen pour sollicitation de prostituée mineure. Et l’un des deux est accompagné de son beau-frère dans cette partie judiciaire. En gros il allait aux putes avec le frère de sa femme !

    Si une telle histoire n’existait pas on aurait du mal à l’inventer tellement elle est croquignolette. Il n’y a vraiment que les fouteux franchouillards pour se mettre dans de telles situations après leurs exploits en Afrique du Sud. Incroyable, vraiment exceptionnellement exceptionnel.

  • La loi n’est pas respectée par les magistrats

    A peine terminée vendredi la garde à vue du gestionnaire de la fortune Bettencourt, son procès-verbal se retrouve publié dans Le Monde du lendemain. C’est tout de même étonnant. Qui balance ainsi ce genre de document ? Ce ne peut-être que le juge (le procureur en l’occurrence), son greffier ou l’un des auditionnés. Au total, les personnes ayant eu accès au procès-verbal doivent se compter sur les doigts d’une main.

    Bien que tout ceci soit contraire à la Loi qui régit le secret de l’instruction personne ne semble s’émouvoir de ces illégalités, ni au niveau du coupable de la fuite (il suffirait de sanctionner le procureur qui soit est lui-même coupable, soit tient mal son greffier) ni au niveau du journal qui publie des documents légalement protégés par le secret.

    En réalité ce secret est devenu une galéjade dont tout le monde se moque sauf peut-être les témoins et autres mis en examen qui retrouvent le lendemain dans tous les médias bien intentionnés leurs déclarations de la veille au juge. Dans certains cas cela ne doit pas être très agréable pour eux. Si l’on admet que la Loi ne soit pas respectée, peut-être faudrait-il la changer ou alors la faire appliquer. A défaut on se retrouve avec un arsenal juridique qui est en fait utilisé à la tête du client et au bon vouloir de l’administration. Ce n’est pas bien.

  • « The Doors – When you’re Strange” de Tom Dicillo

    Un documentaire sur le groupe américain The Doors : When You’re Strange ; pas inoubliable si ce ne sont les rushes d’un film tourné à l’époque (qui n’a jamais dû sortir) où l’on voit un Morrison christique, barbu, seul au volant d’une vieille Mustang au milieu d’un désert. Le réalisateur insiste un peu trop sur les dérapages de Jim qui ne sont sans doute pas l’aspect le plus intéressant de ce groupe dont la musique a survécu au temps. Le texte est lu en « off » par la voix de Johnny Deep.

    Evidemment l’autodestruction dans laquelle se lance consciencieusement Morrison est désarmante et plutôt désespérée. Arrivé à la musique, à laquelle il ne connaissait rien, par la poésie, il s’est imposé non seulement par sa personnalité lumineuse mais aussi par la puissance de son groupe : Ray Manzareck, ami de de l’université de Los Angeles, aux claviers avec la particularité de jouer de la bass de sa main gauche sur un clavier-basse en même temps que la mélodie et les accords de la main droite sur un autre clavier, Robby Krieger à la guitare et John Densmore à la batterie. Krieger compose certains des morceaux les plus célèbres des Doors et joue avec un style très personnel inspiré de sa formation au flamenco. C’est l’époque du flower-power, tout ce petit monde californien est épris de transcendance, de psychédélisme et de poésie.

    Nous sommes à la fin des années 1960, la guerre bat son plein au Vietnam (le propre père de Jim est amiral dans la Marine en poste dans ce pays, le chanteur n’a plus de relation avec sa famille…), Martin Luther King et les Kennedy sont assassinés, la bataille pour les droits civiques des noirs aux Etats-Unis est violente, la drogue fait des ravages, Jimi Hendrix et Janis Joplin meurt de surdose, les hippies sont en train de perdre leurs illusions. Morrison s’éloigne du groupe, publie des recueils de poésie s’exile à Paris avec sa « fiancée cosmique » Pam Courson, où il décède le 03/07/1971 dans des conditions restées un peu mystérieuses mais une issue hélas inévitable tant, à 27 ans, son corps était au bout de ce qu’il pouvait endurer à force d’excès, de drogue et d’alcool. Pam héritera des droits de « son Jim » et le suivra dans la mort trois années plus tard d’une surdose d’héroïne…

    La musique inspirée des Doors fut la bande son d’une époque pour des Etats-Unis déboussolés, le dernier éclat d’un monde hippie qui allait bientôt laisser la place au mouvement punk !

  • Une affaire de corneculs à la française

    Une grand-mère milliardaire un peu sourde, un ministre et sa femme amateurs de champs de course et mêlés plus ou moins directement à la famille Bettencourt, première fortune de France, un valet de chambre indélicat qui enregistre des conversations de circonstance à l’insu de la grand-mère, une administration fiscale peut-être pas suffisamment prudente à l’égard de « l’optimisation fiscale » à laquelle se livrent riches particuliers et grands groupes, et, surtout, des articles du Canard Enchaîné qui laissent fort peu planer le doute. Tous les éléments du scandale mondain à la française sont réunis, et l’affaire Bettencourt-Woerth promet d’aller loin.

  • Vive le peuple

    Oui, oui, oui ! Faisons payer les banques… et Madame Bettencourt ! Oui, oui, oui !

  • Un grand cru de la coupe du monde de fouteballe

    Il semble que la coupe du monde de fouteballe se soit terminée ce soir par la victoire de je ne sais plus quelle équipe. Nous pouvons maintenant sereinement nous consacrer au tour de France de vélo. Je retiens trois faits majeurs de cette confrontation des pousseurs de ballons :

    • Le « Va te faire enculer, sale fils de pute » d’un joueur français à l’encontre de son chef.
    • Le remarquable article de Charlie-Hebdo sur les supporters à vuvuzela.
    • Et, hélas, le traître au cœur de notre équipe de fouteux intellectuels et surpayés, qui n’a toujours pas été identifié ni tondu en place publique. Mais que fait la police ?
    • Encore quatre ans avant la prochaine coupe du monde de fouteballe, cela va être long.
  • Sarkozy sur Facebook : consternant

    Sarkozy reporte sur sa page Facebook, comme tout le monde. Le 9 juin il poste :

    – Je viens d’avoir une longue conversation téléphonique avec Raymond Domenech pour lui faire part de mon soutien à l’équipe de France de football pour la coupe du monde. Je lui ai dit que tout le pays et tous les Français seraient derrière nos joueurs dans cette compétition, pour que l’équipe porte haut nos couleurs et …les valeurs du sport français. Allez les Bleus!

    Florilège de quelques réponses :

    – monsieur pour quoi tout le monde vous déteste en plus il vous insulte pour quoi monsieur le président

    – equipe de franc c dla merde

    – ça pue l’équipe de France, apprend à gouverner un pays, gros nul.

    – Sinon vous démissionnez quand ? Il faudrait vous dépêcher !!!!
    LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE faites nous rire !!!!!

    – Espèce d’enculé ! c’est toi qui pourrit nos couleurs avec toute des démarche qui servent à rien sauf à tous nous enfoncé ! Pauvre connard va ! tu mérite des grosse droites !

    – Corrupt and a son of a bitch….

    – ptdr c koi cte gueule

    – je t adore Nico ET BON COURAGE une admiratrice

    – chére Mr le président va niquer t’es mort ta mère et ta grand mère la pute fils de pute t’es grié on ta grié fils de lache

    – on t’aime pas Nicolas Sarkozy Nicolas je vais lui donner du chocolat et Sarkozy il va me manger le zizi

    Etc. etc. S’il a lu ces commentaires (et il y en avait plus de 4 200 lorsque j’ai consulté) Sarko a du ressentir un grand moment de solitude. Je ne sais pas si son webmaster lit les commentaires, en tout cas il n’est pas rapide pour les effacer. Il ne doit pas savoir comment faire. Non, finalement cela doit être une blague cette page Facebook.

  • Pete Doherty – 2010/07/07 – Paris la Cité de la Musique

    Le sympatique festival Days Off se poursuit avec une remarquable prestation solo de Pete Doherty. Après les Libertines et Babyshamble l’anglais rebelle se produit seul sur scène avec chapeau et guitare électro-acoustique. Son disque Grace/Wastelands, sorti en 2009, a fait un tabac chez la critique musicale. Sur le CD une photo entremêle Rimbaud et Pete dans un patchwork ambitieux… Ange et démon, le rocker sait où prendre modèle.

    Reconverti en folk-singer après des années punk de dévastation, on a découvert avec ce disque un artiste accompli que le show de ce soir vient confirmer, si besoin en était.

    Il arrive, à l’heure…, sanglé dans un impeccable costume gris assorti à son couvre-chef, chemise blanche, grosse chaîne autour du cou. Un roadie attentionné a posé une bouteille de vin rouge sur l’ampli et voici Pete qui nous emmène pour une balade presque romantique de 60 minutes. Il a l’air un peu perdu, solitaire sur cette grande scène face à un public déjà conquis. Mais après quelques pas timides autour de son micro, le voici à l’oeuvre des riffs sur sa guitare et la magie opère. Il laisse couler les doigts sur les cordes avec indifférence et chante trois extraits du dernier disque: Arcady, Last of the English Roses et Sweet by and by. La voix légèrement brumeuse et délicieusement forcée, il baguenaude sur les planches, se retrouvant à peu près quand il faut derrière son pied de micro pour y clamer des mots étranges et désabusés.

    Il tombe la veste après cette superbe entrée en matière, ramasse les petits mots jetés sur scène par ses admirateurs, allume un clope et boit une gorgée, puis se lance dans des reprises de ses précédents groupes, interprétant des titres à la demande. Deux danseuses en tutus viennent tourbillonner sur ses notes, un peu désordre mais dans l’atmosphère du show. La bouteille est partagée avec le public puis remplacée par une nouvelle. Ses pas deviennent peut-être un peu plus hésitants, mais rien ne vient freiner l’inspiration de l’artiste qui promène sa morgue avec délicatesse sur cette scène dépouillée. Une heure à peine et le concert se termine sur Albion des Babyshambles, les danseuses déploient l’Union Jack, et il s’éclipse : Aaa-nywhere in Albion. La presse people le retrouvera le lendemain attablé à un bistrot du Marais alors qu’il était censé faire un sound-check au même moment pour un concert à Nice le soir… qui sera annulé.

    Loin de l’électricité et des excès du rock on a l’impression que Pete a trouvé sa voie pour exprimer son âme, avec sa guitare et son chapeau. Un air de chanteur de métro mais un talent immense. Finalement le chroniqueur en est à se dire que la photo de Rimbaud n’était sans doute pas aussi incongrue. Les prochaines étapes sont à suivre de près.

    In Arcady, your life trips along/ Pure and simple as the shepherd’s song.

    LA SET LIST : ARCADY/ LAST OF ENGLISH ROSES/ SWEET BY AND BY/ FROM BOLLYWOOD TO BATTERSEA/ FOR LOVERS/ YOU’RE MY WATERLOO/ SHEEPSKIN TEARAWAY/ FRANCE/ CAN’T STAND ME NOW/ BLUE MOON/ BACK FROM THE DEAD/ SALOME/ THE GOOD OLD DAYS/ THE LOST ART OF MURDER/ ROBIN HOOD/ SMASHING/ALBION

  • Mensonge d’Etat et réalités

    Le grand mensonge d’Etat sur la non-augmentation des impôts étant maintenant tombé, on commence par diminuer les baisses d’impôt dont certains bénéficiaient. Et se lève la cohorte des lésés qui chacun prêche pour sa paroisse en décrépitude et préconise toujours de commencer à récupérer de la matière fiscale dans la niche du voisin plutôt que la sienne.

    Un avantage fiscal c’est en principe octroyé par le législateur clairvoyant que s’il rapporte plus qu’il ne coûte : on baisse la TVA dans la restauration car les prix vont baisser ou les patrons vont recruter ; on déduit de ses revenus les coûts de personnel de maison pour qu’il y ait moins de travail au noir et plus de recrutement, etc. Donc si on supprime une niche fiscale, l’animal lové à l’intérieur va ressentir la bise lui rafraîchir les oreilles et il sera peut-être moins enclin à investir.

    Si la suppression d’une niche fiscale n’a aucun effet économique négatif c’est donc qu’elle ne servait à rien et était bonne à fermer. Toute la question est d’évaluer les impacts d’un avantage fiscal sur l’économie, et donc de sa disparition. Pas facile à faire.

  • Trop « mort de rire »

    Hilarant ! Standard & Poor’s dégrade Moody’s ; les agences de notation qui se déchirent c’est peu comme deux vieux caïmans qui s’entredéchirent au fond du marigot pour savoir qui mangera la charogne pour lui seul… Il va y avoir des batailles de petits-fours aux prochains cocktails mondains d’analystes financiers !

  • Arcade Fire – 2010/07/05 – Paris le Casino de Paris

    Les Arcade Fire font un passage surprise au Casino de Paris, les places en vente sont parties en cinq minutes pour cette salle de dimension modeste versus l’aura du groupe canadien. Heureusement quelques ebayeurs ont du surplus pour satisfaire les retardataires.

    Le prochain album The Suburbs est annoncé pour la rentrée. Les Arcade viennent sans doute tester si leur extraordinaire popularité française est restée intacte. La réponse sera au-delà de leurs espérances !

    Au fond de la scène un vaste écran est posé sur pied, style drive in, les instruments sont étagés sur deux niveaux, le tout un peu à l’étroit. Pas de première partie, les canadiens arrivent à 20h30 pour installer leur joyeuse confusion musicale. Win affiche le drapeau haïtien sur son blouson, Régine cheveux longs et bouclés, Dock marteens et robe vaporeuse, Richard et sa chevelure rousse dégoulinante, les deux filles aux violons, et les autres ; le groupe entamme sur deux nouveautés plus intimes, à découvrir, avant d’attaquer Laika qui bouscule le Casino et replonge les fans dans l’incroyable profusion qui fut la marque de fabrique de Funeral, le disque légendaire qui a fait ce groupe en Europe. Les huit sont en ligne sur le devant de la scène, Régine à l’accordéon place sa ritounelle de guinguette, et tout le monde déclame : Our older brother bit by a vampire!/ For a year, we caught his tears in a cup/ And now we’re gonna make him drink it/ Come on Alex, don’t die or dry up!/ Our mother shoulda just named you Laika! Enchaînement sur No Cars Go et la température du Casino prend 5° d’un coup. Le public ne se tient plus, il a retrouvé l’incroyable énergie communicative du groupe qui choisit ce moment pour calmer le jeu et chanter le mélancolique Haïti, rappelant son engagement pour l’ile caraïbe dont la famille de Régine est originaire.

    Retour sur The Suburbs avec quelques nouveaux morceaux, dont le très beau Suburban War, qui précèdent l’enchaînement détonnant de Power Out et Rebellion Lies, attendu de tous, qui marque comme toujours le point d’orgue du show : fusion débridée des guitares hallucinées, des violons rassurants, des batteries furieuses, des textes fous et des voix déchaînées.

    Le concert se poursuit et se termine avec Intervention (dédié à François Chevallier, compagnon et producteur d’Emilie Simon, collaborateur des Arcade, décédé l’an passé de la grippe A) et Wake Up. Il n’y aura pas de deuxième rappel.

    Bien sûr nous n’avons pas retrouvé ce soir le sentiment de stupeur nouveau monde balancé lors de la découverte sur scène en 2007 de ce groupe à l’Olympia et Rock en Seine. L’effet de surprise s’est légèrement dilué, d’autant plus que les nouvelles compositions semblent relever d’une inspiration différente, plus sereine, dont il faudra s’imprégner progressivement à l’écoute de The Suburbs dès sa sortie. Mais on reste pour sûr face à un groupe impressionnant dont les performances scéniques ne doivent pas cacher la richesse des textes et de la musique. L’incroyable patchwork des personnalités de ces musiciens, des instruments et des compositions, assemblé dans une musique tellement originale relève toujours de l’exploit et produit un son tout à fait original et délirant. Bref, de la création et de la joie à l’état chimiquement pur.

    Set list : Ready to Start/ Modern Man/ Neighborhood #2 (Laika)/ No Cars Go/ Haïti/ Empty Room/ The Suburbs/ Suburban War/ We Used to Wait/ Neighborhood #3 (Power Out)/ Rebellion (Lies)/ Month of May/ Keep the Car Running

    Encore: Neighborhood #1 (Tunnels)/ Intervention/ Wake Up

  • Emilie Simon – 2010/07/02 – Paris la Cité de la Musique

    C’est l’été qui annonce la saison des festivals pour notre grand bonheur. La Cité de la Musique nous offre une très jolie programmation pour son Days Off.

    Emilie Simon fait l’ouverture ce soir. Exilée aux Etats-Unis elle a publié The Big Machine l’an passé, un agréable disque qu’elle va jouer ce soir dans la salle de Pantin. Habillée d’une robe verte à paillettes, collant noir, béret vert rétro avec pétales de fleur en flèche, une longue natte sur le coté, les épaules façon boa et toujours son appareillage électronique sur le bras gauche comme une armure style Mad Max qui lui permet de mixer sa voix. Elle est installée derrière un clavier délicatement décoré bois et dorures, avec une pieuvre naïve face aux public, et nombre d’excroissances d’appareillages électroniques variés. Un platineur-percussionniste, un batteur, un bassiste et une percussionniste (avec de drôles d’instruments) l’accompagnent, mais elle occupe définitivement le centre de la scène.

    Le DJ ouvre le show seul avec un set de percussions délivré à partir d’une bonbonne à eau minérale sonorisée, il faut quand même inventer un tel instrument… et nous ne seront pas au bout de nos surprises technologiques ! Emilie et les autres se mettent en place alors que les derniers effluves sonores de la bonbonne se dissipent dans l’atmosphère et là, et là, et là… laissez vous porter par le charme qui fait immédiatement succomber la salle entière.

    Emilie joue les morceaux de The Big Machine dans un charmant concert électro-pop, énergique et subtil. Sa voix est merveilleuse, à la fois sucrée et agile, tendre et virtuose. Elle monte en octaves avec une incroyable souplesse de diva. Ses compositions sont toutes en ruptures : les tonalités changent soudainement alors que s’envolent ses trémolos ; les mesures se brisent sur le mur des boîtes à rythmes ; l’électronique fait se mouvoir et superposer les sons étranges. Un light show intelligent donne à l’ensemble une touche de magie venue des galaxies.

    Et lorsque s’éclipsent les musiciens elle s’empare d’une guitare acoustique et à défaut de pied de micro s’agenouille devant un spectateur du premier rang qui lui tiendra le micro à bout de bras pour chanter la très bouleversante Fleur de Saison : Condamnée chaque année à l’amnésie/ …Dès les premières lueurs d’octobre/ En tout bien tout honneur/ Je sombre/ Oh le temps a tourné je compte les pousses des autres fleurs de saison/ Je ne sortirai pas encore de la mousse pas plus qu’une autre fleur de saison.

    Pour le premier rappel, assise devant le piano à queue elle reprend deux très beaux morceaux de La Marche de l’Empereur avec un percussionniste invité qui répartit d’improbables objets sur le bois noir réfléchissant du Pleyel pour en extraire des sons venus d’un autre Monde, et Kira Kira (Islandaise contemporaine qui a fait la première partie) qui superpose ses vocalises vocodées sur cette musique majestueuse.

    Après les derniers saluts et embrassades avec tous ses musiciens, Emilie seule sur la scène nous envoie baisers virevoltants et mercis stridents, avant de nous laisser enchantés et déjà frustrés de sentir le plaisir éphémère de cette soirée se dissoudre lentement dans nos neurones qui gardent l’image d’une Emilie délicieusement artiste, adorablement superficielle, définitivement électro, instantanément romantique. Comme la pieuvre rieuse qui décore le clavier, elle a lancé ses bras multiples qui nous ont entourés, caressés, effleurés, sans rien accrocher, diffusant juste le glissement du plaisir sur notre peau électrisée.

    Au piano, à la guitare, aux machines bizarres, elle place sa voix merveilleuse et agile au-dessus de tout avec un enthousiasme sans borne et, telle une Marlène bionique, a enchanté la Villette ce soir pour le lancement de ce sympathique festival Days Off.

     Kira Kira fait la première partie, venue d’Islande.

  • Powers Richard, ‘Le temps où nous chantions’.

    Sortie : 2003, Chez : 10/18_5053. Un roman fleuve (1100 pages en format poche) sur les aventures musicales d’une famille américaine qui traverse le 20ème siècle. Dans l’entre deux guerres mondiales, un juif allemand exilé aux Etats-Unis épouse une femme noire, ils ont trois enfants, deux suivront la voie de la musique et la petite dernière empruntera le chemin les Black Panthers. Leur père scientifique participe à la mise au point de la première bombe atomique, leur mère cherche à les élever comme des enfants « sans couleur » et doit compromettre avec la Cause défendue par sa propre famille. Les uns meurent, les autres luttent ; tout explose au cœur d’une Amérique violente et déchirée par ses guerres, ses races, ses rêves ; mais la musique rassemble cette famille improbable, fondée sur les ruines du massacre de deux peuples.

  • La France entière suspendue à une grève de fouteballeurs !

    Roselyne Bachelot, ministre de la santé et du sport, vient rendre des comptes à l’Assemblée nationale sur les performances de l’équipe de France de fouteballe. Pour ce faire elle planche devant la commission des affaires culturelles de ladite Assemblée. Oui, vous avez bien lu « culturelles », la commission des affaires culturelles !

  • Retour annoncé à la réalité

    Par petites touches les dirigeants français sont en train d’abattre l’un des derniers grands mensonges d’Etat : oui les impôts vont augmenter, oui encore, les dépenses vont diminuer. Quelques symboles sont également en train de tomber dont les chasses présidentielles dont le chroniqueur, à la suite du rapport de la Cour des comptes, prônait déjà la disparition il y a quelques temps.

  • Un président âgé paye pour une bande de jeunes grévistes

    Nouvelle tragédie nationale : la démission annoncée ce soir du chef de la fédération française de fouteballe, suite à la grève des joueurs à la coupe du monde en Afrique du Sud,un certain Escalettes dont je n’avais jamais entendu parler. D’ailleurs à quoi sert un chef de fédération française de fouteballe ? L’histoire ne le dit pas, mais le garçon a l’air gentil dans son survet Carrefour, il est né en 1935 ce qui doit lui faire pas loin de 75 ans, un âge où il sera bien mieux à la retraite pour s’occuper de ses enfants et petits-enfants qu’à faire le zouave en baskets Adidas sur les terrains de foute. Qu’il se repose en paix, il l’a mérité.

  • Le sens des priorités

    Un ou deux millions de manifestants dans la rue, une grève générale dans un pays en faillite, un système de retraite au bord du collapsus, et un président agité qui passe une partie de journée à recevoir un fouteballeur surpayé et avachi, Thierry Henry, et à organiser une réunion de ministres consacrée à la restructuration du foute franchouillard. On se demande si ce garçon a pleine conscience des priorités du pays qu’il gouverne pour encore quelques temps ?

    On n’a pas su si le fouteux accueilli sous les ors de l’Elysée a porté son T-shirt Carrefour ou s’il a préféré le modèle Crédit-Agricole ?

  • Charlie aime le fouteballe

    « … Que les supporteurs sud-africains qui s’époumonent pendant quatre-vingt-dix minutes dans leur cornet multicolore soient de gros cons ne fait aucun doute. Mais que ces gros cons reçoivent des leçons des gros cons du reste du monde sur comment se comporter comme un gros con avec classe, c’est insupportable. … Maintenant, que la vuvuzela pourrisse le spectacle des dingues du ballon rond, c’est une bonne chose. Le foot est omniprésent, obligatoire pour tous, partout. Impossible d’échapper à cette vérole. Soit. Avec la vuvuzela, les fans de foot pourraient comprendre la douleur de ceux que le ballon rond laisse froids. La vuvuzela, on l’a dans la tête toute l’année. Notre vuvuzela à nous, ce sont les commentaires débiles de sous-journalistes qui squattent les journaux, les télés, les radios. La vuvuzela, c’est la rumeur insupportable des adeptes de la secte foot qui prient et disent la messe en permanence. La vuvuzela ne peut pas rendre plu con qui s’en sert, mais si elle peut faire chier le con qui ne s’en sert pas, alors, vive la vuvuzella ! »

    Charb / Charlie Hebco