Auteur/autrice : Rehve

  • Laurent Wauquiez, toujours dans la subtilité

    Emmanuel Macron n’a pas d’idéologie, pas de boussole, pas de valeurs.

    Le Monde – 14/07/2017

  • La République se compromet avec les forbans du sport

    Le président de la République française se rend en Suisse chez les mafieux-fraudeurs en charge de l’organisation des jeux olympiques et, surtout, du choix de la ou les villes où se dérouleront ces compétitions de sport à forte consommation d’argent des contribuables. Il ne reste plus que deux villes en lice pour les jeux de 2022 et 2026, Los Angeles et Paris, toutes les autres cités ont retiré leur candidature sous la pression de leurs citoyens responsables préférant que l’argent public soit affecté à des dépenses plus productives et nécessaires, ou par choix de de leurs dirigeants clairvoyants qui estiment avoir d’autres priorités. Deux villes pour deux séries de jeux, elles sont donc assurées d’emporter au moins l’une des deux, hélas.

    Qu’un maire de Paris fasse le forcing depuis des mois pour que la capitale accueille des jeux olympiques coûtant des milliards d’euros aux contribuables est navrant. Qu’un président de la République française chargé de nombreux dossiers très délicats aille perdre son temps pour aller faire le vendeur de soupe devant une organisation de forbans qui veillent en premier lieu à obtenir une exonération fiscale totale de leurs activités commerciales dans le pays organisateur est révoltant !

  • David Hockney à Beaubourg

    David Hockney à Beaubourg


    Superbe rétrospective David Hockney au Centre Pompidou de Beaubourg : ses dessins, ses peintures, ses photos, ses installations technologiques et ses phantasmes. Le peintre de désormais 80 ans expose l’œuvre d’une vie dans une explosion de couleurs pop-art. C’est la couleur du bonheur. Des images de l’eau des piscines de Los Angeles sous un ciel caniculaire, à celles des sous-bois de Bradford dans son Yorkshire natal, en passant par des végétations tropicales luxuriantes, Hockney a une extraordinaire vision des couleurs de notre monde et un talent inestimable pour la restituer. A voir à Paris jusqu’au 23 octobre, absolument !

  • L’obsession Taubira dure toujours


    Avec son habituelle subtilité de maquignon provincial, Christian Jacob, chef du groupe Les Républicains à l’assemblée nationale, n’a pas pu s’empêcher, dans sa réponse au discours de politique générale d’un premier ministre ex-Les Républicains, d’attaquer le « démantèlement pénal de Mme. Taubira ». Celle-ci n’est plus ministre de la justice depuis plusieurs années mais elle a déclenché une telle haine dans le cœur et l’âme des conservateurs du fait de sa promotion du mariage homosexuel qu’ils en ont développé une espèce de réflexe pavlovien la faisant évoquer à tout bout de champ alors même qu’elle a disparu du monde politique.

    Le coté plutôt drôle de la situation est que plutôt que de se référer aux vieilles lunes de son parti, sans doute M. Jacob aurait mieux fait d’être un peu plus clair sur ce que son groupe parlementaire pense de la politique annoncée. Sur 100 députés Les Républicains, 1 a approuvé le discours du premier ministre, 23 ont voté contre, 75 se sont abstenu (dont M. Jacob) et 1 n’a pas voté !

  • Lady Sir – 2017/06/30 – Paris Philharmonie II

    Gaëtan Roussel et Rachida Brakni ont créé Lady Sir qui ouvre ce soir l’édition 2017 du festival Days Off à la Philharmonie de Paris avec trois musiciens en renfort. Un concert plein de douceur et de poésie par cette alliance inattendue entre un musicien d’exception et une actrice de rencontre.

    On ne présente plus Gaëtan, fondateur et leader de Louise Attaque puis de Tarmac, compositeur prolifique il participe à nombre de projets dans le rock français dont le dernier disque de Bashung, écrit des musiques de film, sort des disques solo de qualité, reçoit des prix, etc. Il est un personnage important de la musique française.

    Rachida, d’origine algérienne, est une ancienne pensionnaire de la comédie française qui a joué dans de nombreux films et pièces, elle a mis en scène un film. Elle est aussi connue pour avoir épousé un ancien joueur de football (Eric Cantona). Tous les deux ils se sont mis à écrire des chansons qui ont été mises en musique en 2012 par Cali. En 2017 c’est la rencontre avec Roussel dont sort un excellent disque Accidentally Yours et une tournée.
    L’écriture des chansons est partagée entre Rachida, Gaëtan et Cantona, la musique est écrite par l’ex-Louise Attaque. De jolies vidéos circulent déjà largement pour faire la promotion de l’album ; on a envie !

    Sur scène l’évidente complicité musicale du duo est soutenue par un excellent guitariste solo, un claviériste et un batteur. Rachida est vêtue de noir et d’un blouson blanc sans manche que l’on dirait confectionné en plumes d’oiseau, Gaëtan est en costume et chemise noirs, le guitariste passera tout le show sous son petit chapeau. Ils démarrent sur Je rêve d’ailleurs après une intro sifflotée par un personnage apparaissant à cette occasion et s’avèrera être Cantona.

    Le résultat est probant et vraiment touchant. C’est un duo au sens propre du terme, jouant de ses deux voix qui se superposent et se complètent, celle, grave de Gaëtan avec celle, aérienne, de Rachida. Le chant est délicatement accompagné par la guitare acoustique dont Gaëtan joue avec toujours autant de brio, renforcé par l’électricité du guitariste solo.

    Rachida est très bavarde, on la sent émerveillée de cette expérience musicale, comme une enfant devant ses cadeaux de Noël. Elle nous raconte son émotion lorsqu’après avoir adressé le texte de la chanson Des petits bouts à Roussel, elle en reçut la mise en musique quelques jours plus tard. Elle nous explique le moment où il a été décidé d’arrêter de cacher l’écriture de textes par Cantona sous un pseudo. Mais surtout elle interprète avec une grande délicatesse ces chansons douces.

    Les harmonies sont mélancoliques mais les musiciens heureux. Les mots sont en français, en anglais ou en arabe, sur le temps qui passe, l’absence, l’amour, l’union entre les Hommes… C’est délicieusement nostalgique et doux comme du velours. Une jolie révélation pour un été qui commence.

    Lors d’un passage similaire du cinéma à la chanson, on avait vu Emmanuelle Seigner chanter en 2007 le temps d’un disque avec le groupe français Ultra Orange. L’attrait de la scène rock sur ces actrices a été plutôt productif.

    Warmup : Calypso Valois (fille d’Elie et Jacno)

  • Convictions et profits

    Le syndicat patronal français MEDEF est en train de réaliser un pas de deux chorégraphique pour défendre les intérêts de ses membres. Il a combattu le dispositif fiscal CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) mis en place par la précédente majorité et consistant via un crédit d’impôt à baisser la charge fiscale des entreprises en hausse constante depuis la fin du quinquennat Sarkozy. Il fut qualifié d’usine à gaz et de complication bureaucratique à la française lors de sa mise en place, les entreprises regrettant que la loi n’ait pas opté pour une baisse de charges sociales plus durable que le crédit d’impôt. Il est vrai qu’ils ont reconnu depuis que ce CICE si controversé avait quand même permis d’abaisser le coût du travail en France.

    Le programme présidentiel du nouveau président de la République prévoit d’exaucer les souhaits patronaux et de transformer ce crédit d’impôt en baisse de charges sociales. Les patrons ont depuis sorti leurs calculettes et constaté que, horreur, la baisse de charges se traduira par une hausse des profits (c’est leur but) qui elle-même entraînera une hausse de l’impôt sur les sociétés (IS) à taux constant, bien qu’il soit aussi prévu la baisse du taux à moyen terme. Alors ni une ni deux, les voilà qui estiment inacceptable une hausse de leur IS. Il est certain qu’un crédit d’impôt vient diminuer l’impôt alors qu’une baisse charge vient augmenter le bénéfice taxable et donc… la base de calcul de l’impôt ! Il n’y avait pas besoin d’attendre Macron en 2017 pour découvrir cette évidence fiscale.

    C’est une situation intéressante qui montre ce qui peut arriver lorsque l’on se défend avec des slogans éculés plutôt qu’avec de l’analyse réfléchie. D’une façon très pavlovienne les patrons avaient bien entendu contesté ce dispositif CICE comme un « monstre bureaucratique » de plus mis en place par une « gauche laxiste » qui « ne comprend pas l’entreprise », etc. etc. Les voici maintenant qui en appellent au maintien du dispositif honni, ironique clin d’œil à leur insuffisante capacité de réflexion. Gageons néanmoins qu’ils utiliseront la ficelle pour négocier une baisse de charges plus significatives de façon à absorber la hausse d’assiette fiscale qui en sera l’incontournable conséquence en attendant la suppression pure et simple de l’impôts sur les sociétés qui est un frein si scandaleux à leur esprit d’entreprise et leur capacité d’innover et de créer des emplois.

  • C’était couru

    Un comité Théodule d’éthique a rendu un avis favorable à l’utilisation de la procréation médicale assistée (PMA) pour les couples homosexuels de femmes et les femmes seules en France. La légalisation du mariage homosexuel adoptée en France en 2013 donnait accès auxdits couples à l’adoption d’enfants. Par contre elle n’autorisait pas la PMA qui continuait d’être réservée aux couples hétérosexuels stériles. Malgré les dénégations affichées à l’époque avec plus ou moins de bonne foi par les partisans du « mariage pour tous », il était fortement prévisible que l’élargissement des droits des homosexuels se poursuivrait. Nous en sommes là et il est probable que la législation française va bientôt intégrer la PMA pour les couples homosexuels.

    A l’heure où l’Allemagne se dirige également la légalisation du mariage homosexuel, elle pourra peut-être s’inspirer de l’expérience française.

  • The Pretenders – 2017/06/26 – Paris Salle Pleyel

    Chrissie Hynde, 65 ans, héroïne de la scène punk de la fin des 70’ avec son groupe The Pretenders repart sur la route après la sortie d’un nouveau disque : Alone. L’américaine, chanteuse et guitariste, exilée à Londres en provenance de l’Ohio y créa son groupe phare en 1978 après quelques années de galère et d’expériences musicales rapidement avortées. Elle s’imprègne alors de la rénovation punk qui fait flamber le rock, a une liaison en 1977 avec Paul Simonon, bassiste du Clash, puis avec son propre bassiste avant qu’il ne meure d’une overdose. Elle survit à l’hécatombe que fait subir la drogue sur ce petit monde et son groupe en particulier. Elle fait un enfant avec Ray Davies (des Kinks) en 1983, se marie avec Jim Kerr, chanteur et leader des Simple Minds, dont elle divorce en 1989. Ce soir, apaisée mais toujours en Santiags et guitare elle se plaint que la radio française FIP ne passe pas sa musique… Bref, elle est toujours l’icône de l’émeute musicale.

    Elle écrit et délivre quelques hymnes new-wave de l’époque : Brass in pocket, I go to sleep, Middle of the road, Thin Line Between Love and Hate… Avec sa frange et ses yeux bleus ravageurs, elle tient sa guitare comme un étendard, chante d’une voix forte au vibrato caractéristique et fait fantasmer une génération de jeunes gens en mal d’idéaux. Elle a continué à animer son groupe, remplaçant les perdants et les perdus, composant et produisant des disques et des tournées. Avec Alone le groupe passe par Paris ce soir. Moulée dans un jean taille-basse et un t-shirt siglé « Elvis », elle se présente à nous comme nous l’avions laissée au concert de la Mutualité il y a vingt ans : nerveuse, rockeuse, accrochée à sa guitare et son micro avec la foi en sa musique rivée au corps. Son groupe est sec et efficace avec Martin Chambers, l’historique de la bande, et un excellent guitariste, James Walbourne. De vrais rockers qui ont du cœur et nous délivrent une soirée musclée.

    Nos cœurs chavirent quand de sa voix puissante Chrissie entame Nigh in my Veins, I’ll Stand by you ou Brass in Pocket, références à la période post-punk durant laquelle cette artiste s’est épanouie en nous réjouissant. Les nouvelles compositions sont du même moule, ils joueront une grande partie d’Alone : des guitares et une voix irremplaçable, bref, du rock brut et bon.

    Allez, Chrissie n’est pas si seule, elle vient de publier ses mémoires en 2016 sous le titre Reckless (Téméraire) et gageons que ceux dont elle fut l’idole rock resteront avec elle pour toujours, chantant avec elle : I’ll stand by you, won’t let nobody hurt you,/ I’ll stand by you, baby even to your darkest hour,/ And I’ll never desert you/ I’ll stand by you…

    Setlist : Alone/ Gotta Wait/ Message of Love/ Don’t Get Me Wrong/ Kid/ Hymn to Her/ Down the Wrong Way (Chrissie Hynde song)/ Night in My Veins/ Stop Your Sobbing (The Kinks cover)/ I Go to Sleep (The Kinks cover)/ Boots of Chinese Plastic/ I Hate Myself/ Back on the Chain Gang/ Let’s Get Lost/ Brass in Pocket/ I’ll Stand by You/ Mystery Achievement
    Encore : Death Is Not Enough/ Thumbelina/ The Wait/ Middle of the Road

  • Bryan Ferry – 2017/06/23 – Paris l’Olympia


    Un concert de Bryan Ferry à l’Olympia, en passant ; pas de nouveau disque, pas d’évènement particulier à fêter, les pisses-froid le qualifieront d’alimentaire. Les admirateurs n’ont pas boudé leur plaisir d’une soirée avec l’ex-Roxy Music. Une setlist classique extraite de son volumineux catalogue. Un artiste un peu moins habité que lors de la tournée Avonmore de 2014, un chanteur à la voix plus hésitante, une audience qui a pris encore trois ans depuis la dernière tournée. Costume sombre et détendu sur chemise blanche, Ferry est entouré d’un groupe plus ou moins habituel avec le duo féminin sax et cordes d’un côté, deux choristes de l’autre, Chris Spedding à la guitare doublé d’un acolyte, bass-clavier-batterie pour finir. Tout ce petit monde est un peu usé sous le harnais des tournées et des studios mais leur professionnalisme met parfaitement en valeur les mots et la musique du Maître.

    Et c’est toujours un bonheur sans limite d’entendre à nouveau les titres flamboyants de Roxy Music même avec un peu moins de la folie glamour qui caractérisant ce groupe de légende et encore une émotion irrépressible à l’écoute des classiques de Ferry en solo lorsque son trémolo fait fondre les cœurs sur Windswept : Oh, baby, do it again and again/ I can hear nothing/ Windswept is the sand/ Oh, baby, oh show me more/ I can see nothing/ Windswept is the shore/ Heatwave to nightshade/ Oh I’m feeling swept away…

    Ferry réinterprète aussi ce soir le magnifique Where or When tiré de son disque de reprises bues et jazz de l’an 2000. L’homme rend hommage régulièrement à ses inspirateurs et a sorti quelques disques consacré à ceux qu’il a aimés. Ce morceau est sublime.

    Il nous offre pour terminer ce concert sans rappel cette toujours sublime interprétation du Jealous Guy de Lennon avec son final en sifflement qu’il fallait oser et qui marqua l’apogée du Ferry romantique. On se pince, on se souvient, on se retrouve…

    Une excellente soirée marquée par l’éternelle élégance de ce créateur de plus de 70 ans. Un sourire un peu forcé et un dernier salut la main enroulée au bout de son bras tendu bien au-dessus de la tête ; on se pince, on se souvient, on se retrouve… Un concert nostalgie !

    Warmup : Judith Owen

    Setlist : The Main Thing (Roxy Music song)/ Slave to Love / Ladytron (Roxy Music song)/ Out of the Blue (Roxy Music song)/ Where or When (Rodgers & Hart cover)/ Simple Twist of Fate (Bob Dylan cover)/ A Waste Land/ Windswept/ Bête Noire/ Zamba/ Stronger Through the Years (Roxy Music song)/ Like a Hurricane (Neil Young cover)/ Tara (Roxy Music song)/ Re-make / Re-model (Roxy Music song)/ In Every Dream Home a Heartache (Roxy Music song)/ If There Is Something (Roxy Music song)/ More Than This (Roxy Music song)/ Avalon (Roxy Music song)/ Love Is the Drug (Roxy Music song)/ Virginia Plain (Roxy Music song)/ Let’s Stick Together (Wilbert Harrison cover)/ Do the Strand (Roxy Music song)/ Jealous Guy (John Lennon cover)

    Lire aussi :

  • Camp de travail

    Entendu au Café du commerce par un citoyen d’Europe de l’Est :

    Vous devriez mettre tous vos « fichés S » en prison ! Il fut un temps où chez nous on envoyait les gens en camp de travail pour bien moins que ça.

    C’est une solution effectivement, il suffit de revenir à ce genre de régimes qui, semble-t-il, ont été rejetés par leurs peuples quand on leur a demandé leur avis.

  • La haine de la gauche

    Dans un dîner en ville les participants conservateurs assènent toujours les mêmes poncifs contre la politique dite « laxiste-de-gauche » qui est désormais passée mais qui n’est toujours pas digérée au point de brouiller la raison de ses opposants :

    Mme. Najat Valaud-Belkacem applique une sélection aléatoire des candidats inscrits pour entrer à l’université. C’est l’habituel et détestable égalitarisme socialisme, ce réflexe permanent de la gauche à vouloir niveler par le bas la société française, etc., etc.

    Le chroniqueur qui fréquentait une université parisienne réputée à la fin des années 70’ (avec un gouvernement de droite au pouvoir) rappelle incidemment que déjà à l’époque un système de tirage au sort avait été mis en place pour sélectionner les candidats éligibles dont le nombre dépassait largement les places disponibles…

    Bien qu’un tirage au sort, par définition, est aléatoire et ne choisira donc pas que les plus mauvais, ce type de position est révélateur du plus grand échec de la majorité sortante : celui de la pédagogie, tant vers sa droite que vers sa gauche. Elle n’a pas su expliquer ce qu’elle faisait face à des opposants qui ne voulaient rien entendre. Elle n’a pas su mettre sur la table des alternatives possibles, les raisons de ses choix. Et quand cela fut fait, une presse de circonstance a vulgarisé des slogans plutôt que de diffuser de l’analyse. Dans le cas particulier de l’ancienne ministre Vallaud-Belkacem, son origine marocaine ne facilitait évidemment pas sa tâche pour décider de la politique d’éducation à appliquer à nos chères petites têtes blondes… Certains se plaisent d’ailleurs toujours à l’appeler « Mme. Belkacem » pour bien marquer sa culture arabe.

    Le nouveau président de la République, et le mouvement qui le porte, affichent une ferme volonté de changer ces réflexes partisans et inefficaces. Ils avancent de louables intentions de nouveauté, de rénovation, de relance de la culture démocratique. Il va falloir au président Macron beaucoup d’autorité, de doigté et de conviction pour tenir ce cap et faire évoluer des comportements enracinés dans les mentalités de citoyens qui privilégient souvent la passion sur la raison !

  • Jean-Louis Beffa, ex-pédégé du CAC 40, disait en 2013

    Voulez-vous savoir où se déroulera la prochaine crise financière ? C’est là où Goldman Sachs gagne de l’argent aujourd’hui.

  • Les droites européennes dirigées par des ânes bâtés !

    Le parti conservateur de la chef du gouvernement britannique disposait d’une majorité absolue au parlement pour plusieurs années et s’apprêtait à démarrer les négociations de sortie de l’Union européenne. Elle avait d’ailleurs affirmé à plusieurs reprises qu’elle n’organiserait pas d’élections législatives anticipées mais conseillée sans doute par des communicants mondains et incompétents elle est revenue sur cet engagement et a initiée un scrutin législatif ce 8 juin, comme si le Royaume-Uni n’avait rien d’autre à faire que des élections par les temps qui courent.

    Bien mal lui en pris d’écouter les mondains car à l’issue du scrutin elle garde la majorité mais celle-ci n’est plus absolue et voici le parti conservateur obligé de négocier une coalition avec un parti religieux irlandais extrémiste ! C’est un désaveu cinglant et souvent ce qui arrive quand on confond les petits arrangements dans les coins avec la Politique. On ne peut manquer de se souvenir de l’incroyable faute politique du président conservateur français Chirac en 1997 qui dissolut l’assemblée nationale où il disposait d’une majorité plus qu’absolue. Il perdit, son parti devint minoritaire et le président dut nommer un premier ministre socialiste pour cinq années. Là-encore il fut (mal) conseillé par un mondain entre les mondains, M. Gallouzeau de Villepin, et le publicitaire Jacques Pilhan qui sans vergogne était passé de Mitterrand à Chirac pour dispenser ses billevesées. L’évènement fut salué comme la guignolade du siècle politique.

    A Londres, quelques mois avant l’échec abordé ci-dessus, un autre premier ministre a joué les apprentis sorciers en organisant un référendum pour ou contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Rien ne l’obligeait institutionnellement à lancer une telle consultation sinon sa volonté féroce de rester au pouvoir en donnant des gages à ses « amis » conservateurs eurosceptiques. Il mena campagne pour le maintien dans l’Europe mais, débordé par ses extrémistes qui menèrent une campagne de café du commerce, il perdit son Paris et la Grande-Bretagne a maintenant vocation à quitter l’Union. Il est encore trop tôt pour comprendre si ce sera bénéfique ou pas pour les parties mais on a vu un premier ministre britannique prêcher le faux pour savoir le vrai avec les résultats que l’on sait. Il a dû prendre une retraite anticipée et a lancé son pays pour des années de négociations compliquées aux résultats incertains.

    Ces hauts dirigeants et leurs entourages ont passé du temps, beaucoup de temps, à manœuvrer alors qu’ils sont payés par les contribuables pour diriger. Ils ont fait dépenser beaucoup d’argent public pour financer ces scrutins inutiles alors qu’ils sont en charge de l’équilibre des finances de leurs Etats. Ils se sont préoccupés de leurs égos alors qu’ils sont censés prendre en compte les besoins du peuple. Ils ont été désavoués et, souvent, sont restés à leurs postes quand ils ne cessaient de prôner l’esprit de responsabilité dans les théories libérales assénées à longueur de discours. Bref, ils ont été incompétents.

    En France, la droite conservatrice vient de confirmer ses limites en perdant une élection présidentielle qualifiée « d’imperdable » par ses dirigeants. Il en sera sans doute de même dès dimanche prochain avec le deuxième tour de l’élection législative. On a vu que la campagne électorale s’est transformée en bataille de caïmans dans un marigot trouble et nauséabond. Ce ne furent que coups bas, traitrises, attaques et lâchages en tous genres, dévoration de charognes avariées, bref, un festival qui a renvoyé cette droite dans l’opposition pour cinq années supplémentaires.

    Que se passe-t-il avec ces droites d’Europe de l’ouest ? Pourquoi n’arrivent-elles pas à désigner des dirigeants responsables et efficaces ? Voyons ce que fera la génération suivante.

  • Un ministre pour la lecture

    Le nouveau ministre de l’éducation a déclaré aux élèves d’une des premières écoles qu’il a visitée dans l’Oise le 23 mai :

    Lire, c’est important. C’est l’une des choses les plus importantes dans la vie. Plus que de regarder la télé…

    Pas sûr que le message soit bien entendu… le chroniqueur qui voyageait récemment en train s’étonnait du nombre de gens assis sur leur siège durant des heures sans rien faire, pas même feuilleter un Paris-Match.

  • de TALLEYRAND Charles-Maurice, ‘Mémoires de Talleyrand 1/5,

    Sortie : 1967 (écrit au XIXème siècle), Chez : Jean-de-Bonnot

    Talleyrand, prince de Bénévent, né en 1754, a commencé une carrière ecclésiastique avant la Révolution de 1789, puis l’a abandonnée pour la diplomatie au sein de laquelle il déploya ses talents jusqu’à sa mort en 1838 après avoir servi tous les dirigeants français de Louis XVI à Louis-Philippe en passant par Napoléon 1er.

    Il a traversé une époque guerrière et agitée qui a façonné l’Europe d’aujourd’hui. Il a participé à tous les grands traités de ce temps. Ses mémoires sont un trésor, évidemment subjectif. Il porte son regard d’homme libéral et européen sur les réalisations et les errements d’une Europe qui dominait la planète.

    Son regard acéré analyse aussi la politique française et l’ambition des hommes. Certains jugements sont toujours d’une pleine actualité : les emprunts d’Etat, la versatilité du peuple et donc de ses dirigeants, l’ambition dévastatrice de Napoléon qui mena la France au bord du gouffre, l’importance de l’économie, etc.

    « L’agriculture n’est point envahissante : elle établit. Le commerce est conquérant : il veut s’étendre. »

    Il fait une description ravageuse du duc d’Orléans qui joua un rôle trouble durant la Convention et finit sur l’échafaud. Il traverse et conseille la Révolution, le Consulat puis le 1er Empire de Napoléon. Toujours écouté, souvent suivi, parfois manipulateur, il plaida pour un équilibre européen susceptible de mettre fin aux guerres intestines qui épuisaient le peuple et ruinaient le pays.

    Alors que Napoléon étend ses conquêtes, déjà la question ottomane se pose ; on cherche l’amitié des russes, on repousse les assauts de l’anglais, on démantèle l’Espagne et, partout l’empereur cherche à installer sa famille dans les monarchies des pays frontaliers. Au congrès d’Erfurt en 1808 Talleyrand est la manœuvre entre le tsar de Russie et Napoléon. Il pousse plus ses idées que les intérêts mégalomanes de son maître. La Russie tiendra bon et ne se laissera pas entrainée dans des guerres inutiles contre l’Autriche et l’Espagne. Cela sera le début du déclin français.

    D’un style élégant et tout en finesse Talleyrand restitue cette époque faite de luxe et de culture pour son aristocratie (entre deux négociations à Erfurt, Napoléon croise Goethe), de guerres et de misère pour la majorité de la population. Il décoche des piques acérées contre les faiblesses du système, il anticipe les évolutions à venir. Il juge les Hommes. Passionnant !

    « Tout progrès vers l’ordre véritable serait impossible au-dedans, tant qu’on aurait pas la paix au dehors, …, puisqu’on m’appelait à concourir à son rétablissement, je devais y donner tous mes soins. »
    « Les hommes gardent rarement leur énergie jusqu’au terme de leur carrière. Les courtisans vieillissent de bonne heure, et aussi, presque tous les hommes qui vieillissent deviennent courtisans. »

  • Guaino mis à la retraite d’office

    Candidat à l’élection législative, Henri Guaino, 60 ans, n’ira pas plus loin que le premier tour où il a récolté moins de 5% des suffrages. Avec la subtilité qui le caractérise, ce conservateur colérique s’en est pris ainsi à ceux qui n’ont pas voté pour lui :

    L’électorat qui a voté dans la deuxième circonscription de Paris aujourd’hui dans le 6ème arrondissement, le 5ème et une partie du 7ème est à mes yeux à vomir. Il y a les bobos qui sont dans l’entre soi de leur l’égoïsme, et puis il y a cette espèce de bourgeoisie traditionnelle de droite, un peu pétainiste, tous ces gens qui ont voté à la primaire de la droite.

    Ce garçon a toujours été aigri malgré des idées intéressantes. Ces dernières années ses frustrations ont pris le dessus et il a progressivement sombré. Il n’est finalement pas une mauvaise chose que ce type de personnage soit mis à la retraite.

  • ALEXIEVITCH Svetlana, ‘Derniers témoins’.

    Sortie : 2005, Chez 10|18 #5152

    Sans doute l’œuvre la plus déchirante de Svetlana, prix Nobel de littérature 2015, celle qui fait parler ceux qui étaient enfants de 3 à 12 ans lors de la deuxième guerre mondiale sur le front de l’Est, majoritairement en Biélorussie dont l’auteure est originaire. La forme est une succession de courts récits entre une et quatre pages, sans aucun commentaire que le nom du témoin, son âge durant les faits et son métier à l’époque de l’interview.

    On le sait, l’armée allemande a fait preuve d’une barbarie indicible lorsqu’elle envahit l’Union soviétique, considérant les slaves comme une sous-humanité. Bombardements aériens destructeurs des villes, massacres de villages entiers, assassinats de masse, chasse aux partisans… le sort réservé à ces populations fut à peine moins terrible que celui des juifs.

    Ces désormais adultes qui racontent leurs souvenirs de gamins ont vécu des expériences traumatisantes qui les ont marqués à jamais : ils ont vu leurs parents tués ou torturés devant eux par des soldats allemands beaux et rieurs, leurs frères et sœurs assassinés à la baïonnettes par une armée sûre de sa supériorité, ils ont fui seuls dans l’exode vers l’Est à pieds, en trains, en charrettes, harcelés par les avions allemands, ils ont intégrés des cellules de partisans, ils ont pleuré la disparition de leurs parents… Mais dans cette overdose de souffrances et de douleurs, d’autant plus insupportables qu’elles furent vécues par des enfants, parfois arrive un petit rayon de soleil : un enfant retrouve sa maman à la fin d’une guerre sordide et abjecte qui les avait séparés.

    Même si ce sont des adultes qui racontent, ils revivent et narrent ces atrocités avec leurs regards d’enfants de l’époque. Comment survivre à une pareille enfance ? L’un d’eux conclut d’ailleurs :

    Ceux qui ont connu la guerre, enfants, meurent souvent avant leurs pères qui ont été au front. Avant ceux qu’ont été soldats. Avant, oui…

  • Et ça continue…

    Avec pugnacité et mauvaise foi l’opposition au nouveau président de la République française continue à présenter aux électeurs l’un des éléments du programme fiscal annoncé de façon subjective. Il est prévu de baisser les charges sociales (cotisations maladie et chômage) de 3,15% et de financer cette diminution par une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7%. L’opposition ne parle que de la hausse bien sûr, pas de la baisse… Pour ce qui concerne la position de Les Républicains, leur position ne manque pas de faire sourire quand on se souvient que leur candidat à la présidence prônait une hausse de la TVA de 2%.

    Il s’agit en fait d’un transfert de financement d’une taxe vers une autre. C’est en principe globalement neutre même s’il y aura des gagnants et des perdants, comme dans toute réforme. Dire le contraire serait mentir. La loi de Finance qui sera finalement votée par la nouvelle majorité dira finalement ce qu’il en sera dans la vraie vie.