Auteur/autrice : Rehve

  • L’esprit du Bauhaus

    Exposition Musée des Arts décoratifs 201701

    Le musée des arts décoratifs retrace l’idée du Bauhaus : un mouvement culturel de la République de Weimar, moitié artistique, moitié communautaire, bâti sur l‘inspiration de l’architecte Walter Gropius. Il s’agissait de changer l’habitat et l’architecture alors il a créé des ateliers pour le textile, le mobilier, le dessin, le bâtiment et tous les champs possibles de l’expérimentation. Tout ce petit monde vivait en communauté, se rencontrait, s’opposait, se bagarrait, s’unissait, faisait des enfants, s’inspirait des théories marxistes en vogue et… déplut fortement au régime nazi qui surgit en 1933. Le Bauhaus fut dissous, ses membres se répartirent sur la planète, certains furent assassinés par les nazis, d’autres, minoritaires, ont collaboré. On retrouve dans les créations exposées un peu des prémices de l’art déco. On comprend que le Bauhaus fut un mouvement intellectuel et politique créatif à une époque où d’autres courants idéologiques menèrent le monde à l’abîme.

  • Pathétique mais distrayant

    La femme du candidat de droite républicaine aux élections présidentielles françaises de mai 2017 est soupçonnée d’emploi fictif. Elle a été rémunérée comme assistante parlementaire de son mari François Fillon pendant plusieurs années puis comme employée (avec salaire très confortable) chez un affairiste soutien traditionnel de la droite. A ce stade on ne sait pas bien le type de services qu’elle aurait rendu contre cette rémunération. Des investigations judiciaires sont en cours.

    L’information est diffusée par Le Canard Enchaîné et les journalistes mondains de plateaux télévisés, glosent sur le sujet à n’en plus finir (ce qui leur évitent d’afficher leur ignorance sur les sujets de fond) diffusent largement l’idée que ce serait des « amis » politiques de droite qui auraient trahi. Le nid de serpents à sonnettes qui grouillent au sein du parti Les Républicains rend effectivement cette hypothèse possible.

    Le fin mot de l’histoire ne sera sans doute jamais véritablement établi même si la justice se prononcera. Mais le plus pathétique dans cette histoire est l’absence totale de sens des réalités de la classe politique. L’intelligence voudrait qu’à ce niveau de compétences et de responsabilités publiques on comprenne qu’il vaut mieux ne pas passer de contrats ou de transactions avec ses proches. Quand on est pédégé il vaut mieux ne pas employer sa maîtresse dans l’entreprise que l’on dirige, quand on est directeur du Fonds monétaire international il vaut mieux ne pas violer une femme de chambre dans un hôtel, quand on est parlementaire conservateur prônant la baisse des dépenses publiques il vaut mieux demander à sa femme, si elle preste des services dans le milieu politique, de le faire gratuitement plutôt qu’aux frais du contribuable. Même si tout ceci est légal, Mme. Fillon aurait pu faire un peu de bénévolat pour son mari, elle ne s’en serait pas plus mal portée et on peut raisonnablement penser que la famille ne se serait pas retrouvée immédiatement sur la paille.

    Hélas, hélas, hélas ! Nous avons les dirigeants que nous méritons, à notre image, ayant perdu le sens de l’intérêt général au profit de leurs intérêts particuliers. Cela ne les rend pas moins compétents, mais juste moins sympathiques. Dans le cas d’espèce, il est probable que les conséquences sur l’électorat de Fillon seront faibles : déjà persuadé du « laxisme de la justice aux ordres des socialo-communistes » il n’en sera que renforcé par les évènements actuels et ne devrait pas modifier son vote.

    Fillon ravalant sa stupidité, s’est cru obligé de venir larmoyer à la télévision pour expliquer devant Mme. Michu qu’il aimait sa femme et qu’elle relisait ses discours, tentant ainsi de convaincre qu’elle méritait les salaires reçus dont les niveaux laissent pantoise ladite Madame Michu. Bref, le clou d’un spectacle déplorable déclenché par des crétineries de cour d’école, rendu public par des traîtres politiques bavant la haine recuite et l’ambition psychopathe, mis en scène par des « communicants de crise » déclinant le bréviaire de leurs dogmes abrutissants et vendu sur une télé de caniveau détenue par un bétonneur du CAC40 !

    Alors si François Fillon devient président de la République française, nous saurons que ce président est capable d’être stupide. C’est triste, c’est affligeant, c’est idiot, ce n’est pas si grave en soi mais c’est porteur de la décadence qui mène à l’effondrement de l’esprit.

  • Les Etats-Unis démontent l’assurance maladie


    Le premier décret signé par le nouveau président américain demande à l’administration de freiner autant que possible l’application de cette loi en attendant son abrogation par le parlement. Cette loi votée sous la précédente présidence vise à aider avec des fonds publics les américains les moins favorisés à couvrir leur risque maladie. Honni par une bonne partie de la population et du parti conservateur pour qui toute intervention de l’Etat dans les affaires privées est à bannir.

    Dans le même temps, François Fillon qui avait inclus dans une première mouture de son programme présidentiel la privatisation d’une partie des risques maladie pris en charge aujourd’hui par la Sécurité sociale publique, retirait subrepticement cet item sous les pressions de ses congénères conservateurs le trouvant un peu trop provocateur pour un électorat même de droite.

    De Trump ou de Fillon on ne sait pas bien qui sera finalement le plus efficace pour gérer un système de risque maladie, mais on peut déjà déduire que le premier semble plus fort dans ses convictions que le second.

    Lire aussi : Le programme santé retiré de Fillon

  • L’Orient dans les mains des orientaux


    La presse et certains politiciens français de plateaux télévisés s’émeuvent sur le fait que les Etats-Unis et l’Europe sont exclus des négociations de paix en cours sur l’avenir de la Syrie. Le fait est avéré mais il n’est pas sûr que la conclusion qui en est tirée soit correcte.

    Le pouvoir syrien et quelques groupes rebelles (mais pas tous) doivent se retrouver la semaine prochaine au Kazakhstan pour des discussions menées sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie. On remarque au passage que l’avenir à court terme de ce pays arabe est dans les mains de pouvoirs orientaux non-arabes puisqu’ils sont slaves, perses et turcs. En cela la durabilité d’un tel accord n’est pas assurée. Est-ce un problème que Washington ou l’Europe ne soient pas parties à un éventuel accord ? Sans doute pas.

    L’Occident est impliqué d’une façon ou d’une autre au proche et moyen Orient depuis au moins deux siècles de l’époque contemporaine, avec pour objectif majeur : l’accès aux ressources pétrolières. Si ce pétrole bon marché jusqu’en 1970 a irrigué le développement économique occidental, le résultat politique n’est pas une franche réussite, c’est le moins que l’on puisse dire : guerres, terrorisme, destructions, massacres, assassinats, copinage avec des dictatures abjectes, liens économiques malsains, accords politiques piétinés à peine signés, et maintenant flux considérables de réfugiés fuyant la guerre syrienne.

    Ce que l’Occident a essayé de faire dans un mélange de cynisme et de bonne volonté, de naïveté et de violence, n’a pas fonctionné. Problèmes de méthodes, de personnes, d’incompatibilités sociales, religieuses et politiques, bref, le moyen Orient est un champ de ruines et de drames humains. Il faut passer son tour et laisser les puissances actuelles essayer d’apaiser la situation avec leurs propres méthodes. En espérant qu’un jour le moyen Orient arrive par lui-même à se prendre en mains.

  • Chémiakine au centre spirituel et culturel orthodoxe russe

    Le centre orthodoxe russe a été récemment inauguré et est déjà l’objet de querelles géo-politiques sans véritable intérêt. La grande église affiche fièrement ses bulbes argentés sur les bords de Seine du quai Branly. Elle est fermée le dimanche après-midi…

    A défaut, le visiteur se replie sur une exposition de Noël consacrée à l’artiste russe Chémiakine, sculpteur, considéré comme déviant aux temps soviétiques, exilé en France, puis aux Etats-Unis, il est ensuite réhabilité par la Russie. Il réalise des costumes et des décors d’opéra. Ceux de « Casse Noisette » créé dans une nouvelle version en 2001 constitue le cœur de cette exposition.

    Avec les dessins, bijoux, vidéos et personnages sculptés (un peu nains de jardin) qui sont exposés on découvre un environnement plutôt inattendu pour Tchaikovsky. L’exposition n’est pas bouleversante mais cette petite incursion dans la culture russe donne envie d’y revenir si les programmes à suivre sont à la hauteur.

  • Egos, ambitions et inutilité

    Qu’est ce qui peut bien pousser des individus tels Michèle Alliot-Marie (70 ans), Henri Guaino (59 ans) Sylvia Pinel (39 ans), quasiment inconnus du grand public, à présenter leurs candidatures aux élections présidentielles, ou à des primaires partisanes auxdites élections ?

    On ne sait pas très bien. Sans doute un mélange d’ambition et de frustration. Il s’agit de personnages à égos surdimensionnés qui chacun pense que sa vision politique est originale et peut seule s’avérer capable de « redresser le pays ». Qui, chacun, est persuadé que sa valeur n’a jamais été reconnue à hauteur de ce qu’elle mérite, par son parti, par le peuple, par ses adversaires.

    Une très haute idée de sa valeur personnel, agrémentée d’un furieux besoin de reconnaissance donnent ce résultat un peu grotesque, plutôt pathétique, de gens ordinaires qui se lancent dans une course où ils ne récupèrent qu’opprobre et ridicule. Ces démarches sont inutiles et couteuses pour la République. Elles restent malgré tout symboliques de la vigueur de l’esprit démocratique qui fonde nos sociétés occidentales et elles alimentent les dessins humoristiques de la presse.

    Michèle Alliot-Marie et consorts doivent se sentir bien seuls le soir quand ils rentrent chez eux et allument leur télévision pour constater que l’on y parle pas d’eux.

  • De l’explosif et du terrorisme

    Les combats menés actuellement au Moyen-Orient contre les différents groupuscules terroristes mettent en valeur la sophistication avec laquelle ces derniers piègent tout ce qu’ils peuvent trouver pour nuire à leurs assaillants. Leur créativité est assez impressionnante et relativement efficace pour retarder l’avancée des troupes régulières.

    Outre la voiture piégée à l’explosif lancée contre la ligne de front, généralement conduite par un suicidaire et désormais un classique du genre, les mouvements terroristes religieux prennent un malin plaisir à piéger tout et n’importe quoi : les maisons détruites, des drones artisanaux, des chaussures abandonnées et même des Coran qui ont l’air de traîner par terre et qui explosent dès qu’un soldat imprudent s’en saisi. L’avancée des troupes loyalistes qui reconquièrent les villes est ainsi sérieusement ralentie puisqu’elles regardent à deux fois où elles mettent les pieds, et on peut les comprendre.

    Evidemment il est probablement plus simple de piéger un objet qu’un humain bien que les deux méthodes soient également pratiquées. Le recrutement est plus aisé dans le premier cas bien qu’on ne semble pas manquer de volontaires pour le second. Le piégeage relève de la guerre du pauvre : avec un peu de poudre on crée beaucoup de terreur et un peu de dégât.

  • La Russie à l’assaut des élections occidentales

    L’administration américaine confirme ses accusations contre la Russie qui serait intervenue lors des élections américaines via des manipulations de données informatiques, intrusion dans les systèmes du parti démocrate, vol et publication de documents secrets ou privés. Moscou aurait cherché à favoriser l’élection de Donald Trump plus ouvert aux positions russes que son opposante Hillary Clinton. La Russie et M. Trump contestent cette analyse officielle américaine.

    Le problème dans ce genre de situation est que l’on peut croire l’une et l’autre partie largement capable de ce dont elles s’accusent mutuellement : la Russie d’intervenir contre la démocratie et l’administration américaine de raconter des bobards. Ce qui est incontestable sont les attaques informatiques qui ont eu lieu contre les sites du parti démocrate ayant abouti à la publication de toute une série de documents négatifs pour la candidate Clinton. Il semble probable que l’origine de ces attaques vienne de Russie bien qu’il ne soit pas évident de remonter la chaîne des ordinateurs hackers procédant à ce genre d’attaque. Ce qui est encore plus difficile est de démontrer que le pouvoir russe serait le donneur d’ordre. Les services de renseignement américains ont franchi ce pas et l’ont documenté dans un rapport dont une partie vient d’être déclassifiée et publiée.

    La Russie, comme nombre d’autres pays de la planète, n’aime pas la démocratie comme système d’organisation de la société. Lorsque ces pays opposants sont des puissances, ils vont plus loin et cherchent à abattre les démocraties. Ce fut l’obsession de l’ex-URSS durant les 70 années de guerre froide et la Russie reprend aujourd’hui le flambeau. Les puissances occidentales ne sont pas non plus restées inactives pour accélérer la fin de l’empire communiste soviétique. Plus récemment elles n’ont pas été en reste pour généraliser de façon assez effrayante l’espionnage des communications de notre civilisation de l’information, y compris en piratant les téléphones portables de dirigeants amis.

    Alors que la démocratie occidentale apparaissait comme le système victorieux après la chute du mur de Berlin en 1989 et semblait avoir vocation à être instauré partout sur la planète où il ne l’était pas encore, la situation est significativement différente aujourd’hui trente ans plus tard. Une bonne partie de l’Asie conteste ce système en l’accusant de tous les maux et mène des actions hostiles diverses pour le faire choir. De la Russie à l’Iran en passant par les monarchies religieuses du Golfe persique nombre de pouvoirs de ces pays se retrouvent pour s’attaquer à la démocratie via des actions souvent illégales. Il y a sans doute dans ces attitudes belliqueuses un mélange de jalousie devant la réussite économique et technologique occidentale et de crainte que cette liberté (et sa première manifestation : les élections) s’installe dans leurs propres populations, mettant ainsi la continuité de leur pouvoir en péril.

    Il faut vivre avec cette menace, et s’y possible se préparer à y réagir. La démocratie occidentale est un système minoritaire dont le sens de la liberté sonne comme un symbole de décadence aux yeux de ses opposants. Il est illusoire de penser que chacun puisse vivre de son côté sans chercher à nuire à l’autre. L’esprit de compétition et de conquête est un moteur fort de tous temps pour l’Humanité. Rien ne change, il faut juste ne pas perdre la course !

  • Attentat religieux islamique en Turquie

    Le groupe Etat Islamique a revendiqué l’attentat qui s’est déroulé la nuit du réveillon dans une boîte de nuit d’Istanbul. Le mode d’action ressemble à celui mis en œuvre à Paris lors du concert du Bataclan : un fou de Dieu s’introduit dans un lieu festif et tire au hasard sur la foule. Il y a 39 morts et de nombreux blessés. La revendication fait expressément mention de la Turquie « protectrice de la croix » et des fêtes païennes qui se déroulent dans ce pays.

    La Turquie a retourné ses alliances. Alors qu’elle soutenait les opposants au régime syrien, la voici maintenant alliée avec la Russie (chrétienne) qui, elle, soutient à bouts de canons le clan au pouvoir à Damas. Pas facile à gérer pour un Etat en cours de réislamisation et toujours en guerre par ailleurs avec sa minorité kurde soutenue elle par l’Occident dans la guerre contre le groupe Etat Islamique. Plus personne ne comprend plus grand-chose dans cet Orient où s’affrontent des arables, des perses, des turcs, des slaves, des occidentaux, des musulmans chiites, des musulmans sunnites, des chrétiens orthodoxes, catholiques ou protestants, avec des alliances qui se font et se défont dans la même journée.

    Des négociations politiques sont en cours pour tenter de mettre fin à la guerre syrienne sous l’égide de la Russie et avec la Turquie. Espérons qu’elles aboutiront à quelque chose. En attendant, la guerre de religion absurde se poursuit, le sang continue à couler au nom de Dieu et les groupe terroristes religieux nagent comme des poissons dans cette eau trouble et nauséabonde. La Turquie n’en a sans doute pas fini avec les attentats, pas plus que les pays occidentaux d’ailleurs.

  • GIDE André, ‘Isabelle’.

    Sortie : 1921, Chez : Le Livre de Poche.

    Un château au milieu de la France de nulle part, un couple de châtelains ruinés qui abrite le couple que forme la sœur de la châtelaine avec un spécialiste de Bossuet, un petit garçon mystérieux et infirme éduqué par un abbé, un mystère de famille caché et pesant, c’est le cadre idéal pour une intrigue qui sera mise à jour par un jeune étudiant débarquant dans ce milieu empesé et conservateur pour y avancer une thèse sur Bossuet. Il découvrira le mystère d’une certaine Isabelle qui hante ces lieux qu’elle visite parfois…

    Le style élégant et éthéré de Gide décrit à merveille l’atmosphère de cette époque de la fin du XIXème siècle et cette intrigue où se mêlent le pire et le meilleur, le crime et l’amour. Une littérature datée mais tellement réjouissante.

  • Le programme santé retiré de Fillon

    Le Canard Enchaîné prend un malin plaisir à publier sur Internet le programme santé que candidat conservateur Fillon aux élections présidentielles a finalement retiré de son programme devant les réactions négatives. C’est une première reculade de son programme économique radical.

    Lire aussi : Comptes et décomptes pour Fillon

    Partant du principe que le système de santé français bientôt ne sera plus financé, il voulait en réformer l’organisation, justement pour en assurer la pérennité. Après quelques grands slogans généralistes avec lesquels personne ne peut être vraiment en désaccord…

    Il faut au contraire restaurer la confiance entre les différents acteurs, qui sont tous attachés à la qualité et la pérennité de notre système de santé. Il faut préserver la liberté de choix des patients et la liberté d’exercice du personnel médical et non s’engager dans une étatisation rampante de la médecine qui ne répond ni aux souhaits des Français ni à ceux des professionnels de santé. Il faut responsabiliser l’ensemble des parties prenantes, patients comme professionnels de santé… Il faut recréer de la confiance entre tous les professionnels de santé, qu’ils soient libéraux ou hospitaliers. Etc, etc.

    Suivent ensuite quelques propositions relativement classiques et de bons sens, puis, l’option qui fâche sur la réforme du système de financement :

    Redéfinir les rôles respectifs de l’assurance publique et de l’assurance privée, en focalisant l’assurance maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée : le panier de soins « solidaire » ; et l’assurance complémentaire sur le reste : le panier de soins « individuel ». Le contenu de ces paniers de soins sera dynamique et pourra évoluer chaque année. Les moins favorisés ne pouvant accéder à l’assurance privée bénéficieront d’un régime spécial de couverture accrue.

    Créer une Agence de contrôle et de régulation de l’assurance santé privée. L’assurance privée est une délégation de service public qui doit être contrôlée. Ainsi, le PLFSS définira le contrat standard d’assurance santé universelle de base obligatoire pour tous. L’agence de contrôle et de régulation définira un contrat type parfaitement lisible pour les assurances privées avec une variable : le prix.

    Ce n’est pas révolutionnaire si c’est appliqué avec intelligence, ce n’est pas indécent puisqu’assorti de mesures de sauvegarde pour les moins favorisés, c’est déjà ce qui se pratique de façon plus ou moins opaque avec les déremboursements de nombre de médicaments par la sécurité sociale, mais c’est un changement suffisamment important pour effrayer les réformistes de salon de la droite qui, du coup, poussent leur candidat « radical » à retirer ce point de leur programme.

    Le document a été effacé du site web du candidat mais heureusement la mémoire électronique infaillible en a conservé un exemplaire remis à disposition des électeurs par le Canard Enchaîné. Il se termine par cette phrase prémonitoire :

    Nous formulons ces propositions afin de lancer le débat et de faire mûrir les points de vue. La qualité et la pérennité de notre système de santé ainsi que sa solidarité en dépendent.

    Le débat est clos, pour le moment !

    Le programme original : VERS UN SYSTÈME DE SANTÉ FONDÉ SUR LA LIBERTÉ ET LA RESPONSABILITÉ

  • DESPENTES Virginie, ‘Vernon Subutex – Vol. 1 & 2’.

    Sortie : 2015, Chez : Le Livre de Poche
    Virginie Despentes nous raconte aujourd’hui l’histoire déjantée de Vernon Subutex, ex-disquaire recyclé au RMI lorsque le marché du disque s’effondra. Le garçon est sympathique et un peu empoté. Il va se retrouver embarqué dans une histoire criminelle improbable où sont mêlés un producteur de cinéma sex-addict, une star du X, un trans, des putes, des clodos, une tatoueuse, une lesbienne enquêteuse privée, et bien d’autres personnages de la zone parisienne. Vernon finit SDF dans le parc des Buttes Chaumont, s’y découvre de nouveaux amis et devient une espèce de demi-gourou de sa bande de potes, ancien et nouveaux.

    C’est le polar de la zone. Un peu tiré par les cheveux mais toujours plaisant à lire. Le format en plusieurs tomes en fait un objet moins tranchant que les récits-romans antérieur de l’auteur. Il ne se termine pas avec le tome II, on attend le suite.

  • Greg Lake est mort le 9 décembre 2016

     

    King Crimson : Greg Lake (à gauche) & Robert Fripp

    Greg Lake est mort il y a quelques jours. Il fut la première voix de King Crimson sur In the Court of… et In the Wake of Poseidon, une voix puissante et bouleversante qui fut remplacée ensuite par celle John Wetton, du même acabit. Guitariste et bassiste il poursuivit ensuite sa route avec Emerson, Lake & Palmer (ELP) avec plus ou moins de bonheur dans ce super-groupe. Il a marqué la rock progressiste des années 70-80.

  • DESPENTES Virginie, ‘Baise-moi’.

    Sortie : 1999, Chez : Le Livre de Poche #34059

    C’est le livre qui a lancé la carrière de romancière de Virginie Despentes alors encore entre ses illusions underground, ses chroniques de films pornos et les squats où elle errait. Elle raconte l’histoire de deux filles de rencontre qui se lancent dans un périple criminel et joyeux à travers la France. Deux paumées sans grand espoir, compagnes de biture, se retrouvent et partent à l’assaut des bourgeois, des bonnes manières et de tout ce qu’elles n’ont jamais eu. Cela se passe violement, très violement même… le tout noyé sous des quantités industrielles d’alcool et les vapeurs hallucinogènes. Cela se terminera mal, bien sûr.

    Il s’agit un vrai roman punk (avec la bande son de circonstance) écrit par un auteur désormais célébré et membre de l’académie Goncourt. Sa description de la zone est à la fois sordide et hilarante tant elle sait garder dans les mots de ses héroïnes un humour décapant et simpliste. Le livre se dévore en deux heures. Un vrai choc.

  • Guaino et Laval


    Henri Guaino le colérique fait toujours dans la nuance et la subtilité. Sa dernière tonitruante sortie l’a fait comparer le programme économique de François Fillon à celui de Pierre Laval, président du conseil sous Pétain durant la deuxième guerre mondiale. Tout le monde a bien entendu oublié ce que fut la politique économique de Laval, mais par contre beaucoup se souviennent que Laval fut le chantre de la collaboration avec les nazis et l’initiateur de la législation française anti-juive. Lui comparer Fillon n’est donc pas neutre et même particulièrement insultant.

    En guise d’excuse Guaino s’est fendu d’une tribune dégoulinante de bons sentiments dans Le Monde pour assurer Fillon de toute son amitié. Henri Guaino c’est un peu le sale gosse qui fait de grosses bêtises et demande ensuite pardon. On se souvient de sa sortie après l’attentat islamiste de Nice expliquant qu’il suffisait d’un soldat avec un lance-roquette pour arrêter le camion criminel de la promenade des anglais ! Ses propositions sont parfois techniquement justes mais toujours inapplicables. C’est la définition du populisme en politique.

    Henri Guaino est par ailleurs candidat à l’élection présidentielle française en 2017.

    Lire aussi : Guaino le colérique et son lance-roquette

  • Négligence, petites affaires et gros sous


    Christine Lagarde, chef du Fonds monétaire international et ancienne ministre des finances française vient d’être condamnée par la Cour de justice de la République pour « négligence » et dispensée de peine. C’est sous son règne qu’avait été conclu le fameux arbitrage privé ayant octroyé en 2007 400 millions d’euros à l’affairiste Bernard Tapie en dédommagement d’un litige avec le Crédit Lyonnais, dont 45 pour « préjudice moral ». Précisons que ces 400 millions ont été tirés de la poche du contribuable car la banque avait fait faillite depuis et que la somme a été payée à son heureux bénéficiaire.

    Cet arbitrage a ensuite été annulé par la justice mais de multiples procédures restent en cours rendant le remboursement de la somme aux contribuables très improbable, hélas. La justice a déclaré l’ex-ministre « négligente ». C’aurait pu être plus sévère vu l’affaire dont on parle. La seule question qui compte désormais : va-t-on faire revenir les sous dans les caisses de l’Etat dont ils n’auraient jamais dû sortir ?

  • Alep revient, Palmyre repart

    Reprise il y a quelques mois par le pouvoir syrien et ses alliés étrangers la ville de Palmyre en Syrie vient d’être reconquise par le groupe Etat islamique et ses quelques centaines de miliciens extrémistes. Lorsqu’ils occupaient cette ville, les islamistes avaient consciencieusement détruit nombre de monuments antiques qui contredisent leur projet fou de purification religieuse. Ils en avaient profité pour décapiter le vieux conservateur des antiquités de la ville qui avait 82 ans.

    Ces religieux qualifient tous ceux qui ne croient pas à leur sunnisme radical et régressif de mécréants lorsqu’ils sont chrétiens ou juifs, ou d’apostats lorsqu’ils sont musulmans non sunnites. Ils méritent donc selon les djihadistes au mieux la relégation, au pire la mort. Et le groupe Etat islamique continue à massacrer et détruire au nom de Dieu !

  • Attentat religieux en Allemagne

    Un terroriste islamique lance un camion dans un marché de Noël à Berlin faisant 18 morts et de nombreux blessés. Le groupe Etat islamique revendique l’attentat. Le mode opératoire est désormais relativement classique : infiltré en Europe dans le flot de réfugiés, en provenance de Tunisie dont il est citoyen, petit délinquant ayant plus fréquenté les prisons que les mosquées, il se laisse embrigader pour tuer au nom de Dieu, vole un camion, assassine son chauffeur et fonce dans la foule des mécréants.