L’ambassadeur de Russie en Turquie est assassiné par un de ses gardes du corps turc en direct devant les télévisions réunies pour l’inauguration d’une exposition artistique. Le meurtre a lieu alors que l’ambassadeur y prononçait un discours. Avant d’être abattu le tireur a le temps de crier :
N’oubliez pas Alep. Tant que les habitants n’y seront pas en sécurité vous n’y serez pas non plus.
Après un long siège de la partie rebelle de la ville syrienne d’Alep mené par les troupes gouvernementales locales puissamment appuyées par la Russie slave, l’Iran perse et les milices libanaises arabes du Hezbollah, les dernières résistances sont en train de céder. Il y aura eu plusieurs années de siège, des milliers de morts, une ville, pour autant que l’on puisse en juger sur les images diffusées, réduite en ruines. Ce sera peut-être une étape vers une solution politique qui serait celle du vainqueur militaire. Pas sûr toutefois que cette guerre civile ne s’achève rapidement après une telle fureur. Il ne va pas être facile de se réconcilier après tant de haine.
La Russie s’est engagée dans un combat incertain et sans nuance. L’avenir dira si elle se débrouille mieux dans cet Orient compliqué que l’Occident qui n’a jamais vraiment su faire dans cette région en conflit permanent depuis des décennies. Moscou a déployé une force militaire aveugle au service d’un pouvoir syrien sinistre. Vu à l’aune de nos démocraties occidentales tout ceci est un désastre humain et les images de gamins étouffant sous les gaz de combat au milieu des ruines d’Alep font frémir. L’Orient favorise la force pour imposer la paix là où l’Occident a échoué avec la négociation et les interventions de l’Onu.
Ce n’est pas d’aujourd’hui que la Russie considère le système démocratique comme décadent et inefficace. Voilà juste un siècle que la révolution bolchévique était déclenchée en Russie en 1917. Au cours de ces cent dernières années, l’Union soviétique puis la Russie ont cherché avec constance, et pour le moment insuccès, à détruire la démocratie. L’Histoire continue donc et Moscou déploie une brutalité coutumière pour défendre ses alliés de circonstance au Moyen-Orient.
Les empires sont cruels, souvent criminels. La France est bien placée pour le savoir. La Russie perpétue la tradition. Paris n’a pas fini de payer les conséquences de ses éphémères ambitions impériales. On peut craindre que Moscou ne suive la même voie.
Après avoir été condamné au Royaume-Uni pour avoir manipulé le Libor (taux d’intérêt de référence entre les banques coté à Londres) le secteur bancaire est maintenant condamné par l’Union européenne pour avoir fait de même avec l’Euribor. JP Morgan, Crédit Agricole et HSBC devront payer 500 millions d’euros de pénalités.
Comme toujours dans notre monde libéral prônant la concurrence et le marché comme arbitres suprêmes, dès que vous laissez deux entreprises la bride au cou, la première chose qu’elles cherchent à faire est de s’entendre pour contrer les forces de Monsieur le Marché. La manipulation des taux d’intérêts en est une nouvelle confirmation.
Le candidat conservateur à l’élection présidentielle française de 2017 retire l’un des points de son programme qui consistait à sortir du champ de la sécurité sociale les « petits bobos » pour dédier celle-ci aux pathologies graves, les mutuelles privées pouvant se charger des moins graves. Il s’agissait donc de baisser les prestations versées par la sécurité sociale sans bien entendu réduire les cotisations encaissées, libre aux mutuelles privées d’augmenter leurs prix pour couvrir ces nouveaux risques qui devaient leur être transférés.
Cette privatisation des petits risques a été contestée même dans les rangs de la droite car contrevenant au principe fondateur de la sécurité sociale : on cotise sur ce que l’on gagne et on perçoit fonction de ses maladies. L’équation historique de la Sécu est d’arriver à équilibrer les prestations versées avec les cotisations encaissées, ce qu’elle ne réussit jamais à faire de façon durable. Le programme économique de la droite visait à réduire les dépenses de santé publique en privatisant une partie de celles-ci. Evidemment ce n’est jamais très populaire avant une élection présidentielle. Ce point est retiré du programme du candidat désigné.
Dans un passage à la télévision un peu piteux, le candidat explique même que les gens modestes seront mieux remboursés demain qu’aujourd’hui. Faut-il en déduire que les dépenses de santé publique vont augmenter ? Comme il a annoncé 100 à 150 milliards de baisse de dépenses publiques sur la durée du quinquennat, il va falloir qu’il fasse preuve d’un peu plus de conviction à l’avenir pour atteindre cet objectif si jamais il était élu en mai 2017.
Les Rolling Stones sortent un nouveau disque : Blue & Lonesome. C’est un album de reprises de classiques de blues, genre musical qui a tellement inspiré ce groupe et d’ailleurs l’ensemble du rock. Un CD des Stones est toujours bon à prendre, celui-ci est un beau cadeau de Noël.
Bob Dylan n’est finalement pas venu en personne recevoir son prix Nobel de littérature à l’académie de Stockholm. L’ambassadrice des Etats-Unis a lu son discours et Patti Smith a interprété avec émotion A Hard Rain’s A-Gonna Fall :
Oh, where have you been, my blue-eyed son? And where have you been my darling young one? I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways I’ve stepped in the middle of seven sad forests I’ve been out in front of a dozen dead oceans I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard It’s a hard rain’s a-gonna fall.
Oh, what did you see, my blue eyed son? And what did you see, my darling young one? I saw a newborn baby with wild wolves all around it I saw a highway of diamonds with nobody on it I saw a black branch with blood that kept drippin’ I saw a room full of men with their hammers a-bleedin’ I saw a white ladder all covered with water I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken I saw guns and sharp swords in the hands of young children And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard It’s a hard rain’s a-gonna fall.
And what did you hear, my blue-eyed son? And what did you hear, my darling young one? I heard the sound of a thunder that roared out a warnin’ I heard the roar of a wave that could drown the whole world I heard one hundred drummers whose hands were a-blazin’ I heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’ I heard one person starve, I heard many people laughin’ Heard the song of a poet who died in the gutter Heard the sound of a clown who cried in the alley And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard And it’s a hard rain’s a-gonna fall.
Oh, what did you meet my blue-eyed son ? Who did you meet, my darling young one? I met a young child beside a dead pony I met a white man who walked a black dog I met a young woman whose body was burning I met a young girl, she gave me a rainbow I met one man who was wounded in love I met another man who was wounded in hatred And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard And it’s a hard rain’s a-gonna fall.
And what’ll you do now, my blue-eyed son? And what’ll you do now my darling young one? I’m a-goin’ back out ‘fore the rain starts a-fallin’ I’ll walk to the depths of the deepest black forest Where the people are a many and their hands are all empty Where the pellets of poison are flooding their waters Where the home in the valley meets the damp dirty prison And the executioner’s face is always well hidden Where hunger is ugly, where souls are forgotten Where black is the color, where none is the number And I’ll tell and speak it and think it and breathe it And reflect from the mountain so all souls can see it And I’ll stand on the ocean until I start sinkin’ But I’ll know my song well before I start singing And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard It’s a hard rain’s a-gonna fall.
Banquet speech by Bob Dylan given by the United States Ambassador to Sweden Azita Raji, at the Nobel Banquet, 10 December 2016.
Good evening, everyone. I extend my warmest greetings to the members of the Swedish Academy and to all of the other distinguished guests in attendance tonight.
I’m sorry I can’t be with you in person, but please know that I am most definitely with you in spirit and honored to be receiving such a prestigious prize. Being awarded the Nobel Prize for Literature is something I never could have imagined or seen coming. From an early age, I’ve been familiar with and reading and absorbing the works of those who were deemed worthy of such a distinction: Kipling, Shaw, Thomas Mann, Pearl Buck, Albert Camus, Hemingway.
These giants of literature whose works are taught in the schoolroom, housed in libraries around the world and spoken of in reverent tones have always made a deep impression. That I now join the names on such a list is truly beyond words.
I don’t know if these men and women ever thought of the Nobel honor for themselves, but I suppose that anyone writing a book, or a poem, or a play anywhere in the world might harbor that secret dream deep down inside. It’s probably buried so deep that they don’t even know it’s there.
If someone had ever told me that I had the slightest chance of winning the Nobel Prize, I would have to think that I’d have about the same odds as standing on the moon. In fact, during the year I was born and for a few years after, there wasn’t anyone in the world who was considered good enough to win this Nobel Prize. So, I recognize that I am in very rare company, to say the least.
I was out on the road when I received this surprising news, and it took me more than a few minutes to properly process it. I began to think about William Shakespeare, the great literary figure. I would reckon he thought of himself as a dramatist. The thought that he was writing literature couldn’t have entered his head. His words were written for the stage. Meant to be spoken not read. When he was writing Hamlet, I’m sure he was thinking about a lot of different things: « Who’re the right actors for these roles? » « How should this be staged? » « Do I really want to set this in Denmark? » His creative vision and ambitions were no doubt at the forefront of his mind, but there were also more mundane matters to consider and deal with. « Is the financing in place? » « Are there enough good seats for my patrons? » « Where am I going to get a human skull? » I would bet that the farthest thing from Shakespeare’s mind was the question « Is this literature? »
When I started writing songs as a teenager, and even as I started to achieve some renown for my abilities, my aspirations for these songs only went so far. I thought they could be heard in coffee houses or bars, maybe later in places like Carnegie Hall, the London Palladium. If I was really dreaming big, maybe I could imagine getting to make a record and then hearing my songs on the radio. That was really the big prize in my mind. Making records and hearing your songs on the radio meant that you were reaching a big audience and that you might get to keep doing what you had set out to do.
Well, I’ve been doing what I set out to do for a long time, now. I’ve made dozens of records and played thousands of concerts all around the world. But it’s my songs that are at the vital center of almost everything I do. They seemed to have found a place in the lives of many people throughout many different cultures and I’m grateful for that.
But there’s one thing I must say. As a performer I’ve played for 50,000 people and I’ve played for 50 people and I can tell you that it is harder to play for 50 people. 50,000 people have a singular persona, not so with 50. Each person has an individual, separate identity, a world unto themselves. They can perceive things more clearly. Your honesty and how it relates to the depth of your talent is tried. The fact that the Nobel committee is so small is not lost on me. But, like Shakespeare, I too am often occupied with the pursuit of my creative endeavors and dealing with all aspects of life’s mundane matters. « Who are the best musicians for these songs? » « Am I recording in the right studio? » « Is this song in the right key? » Some things never change, even in 400 years.
Not once have I ever had the time to ask myself, « Are my songs literature? » So, I do thank the Swedish Academy, both for taking the time to consider that very question, and, ultimately, for providing such a wonderful answer.
Les évêques français s’insinuent dans l’année électorale qui va bientôt s’ouvrir en 2017. Ils ont publié en octobre 2016 une lettre intitulée « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Le texte semble généreux et humain comme on peut l’attendre de ses auteurs, ce qui ne semble pas satisfaire la presse conservatrice dont Yves de Kerdrel, chefaillon à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, écrit les lignes suivantes :
L’un des sept chapitres de cette lettre que Mgr Gaillot aurait pu signer est consacré aux migrants. Un sujet que l’on sait cher au souverain pontife et sur lequel il n’est pas suivi par l’ensemble de son troupeau. Le problème, c’est que là où l’Évangile nous dit de faire notre devoir de chrétien, les évêques de France font de la surenchère stupide. D’une part, ils demandent que ces réfugiés soient reçus en France dans des conditions économiques humaines. Comme si nous avions les moyens d’accueillir toute la misère du monde alors que nous ne savons même pas gérer notre quart-monde, nos déclassés et tous nos exclus. D’autre part, ils nous expliquent, sûrement en “experts”, que « la seule recherche de solutions économiques est vouée à l’échec si rien n’est entrepris pour la promotion culturelle, promotion d’une culture enracinée, qui donne ou redonne le sens d’une vie collective nationale ». Comment ne pas lire là la promotion d’un multiculturalisme qui a échoué partout, la négation de notre identité et l’abandon de nos traditions pour un melting-pot au goût de soupe culturelle. D’ailleurs, dans un autre paragraphe, nos chers évêques passent par pertes et profits les racines chrétiennes de la France « fille aînée de l’Église », préférant évoquer le « fait religieux » comme on dit dans les think tanks à la mode.
Mais le “clou” de ce tract hors-sol est le passage sur la solidarité. Après avoir fait un constat digne de Piketty sur la montée des inégalités, les successeurs des apôtres font part de leur inquiétude face au retour d’un « libéralisme sans contrôle » et sur la sauvegarde de notre modèle social. Une manière d’attaquer — en creux — les programmes des différents candidats de droite. Une manière aussi de donner raison à tous ceux qui souhaitent le statu quo, oubliant que l’assurance chômage fait face à un déficit record et que la dette de la Sécurité sociale sera encore payée, dans vingt ans, par nos enfants ou petits-enfants. C’est une fâcheuse habitude de la part de nos évêques que de parler pour ne rien dire d’intelligent qui concerne le débat public. Déjà, en 1973, ils avaient cru bon de s’indigner de la dissuasion nucléaire mise en place pour assurer notre défense et notre sécurité. À l’époque, l’amiral de Joybert leur avait rétorqué un fameux : « Messieurs de la prêtrise, occupez-vous de vos oignons. » Tout change donc, mais tout reste, hélas, pareil.
Evidemment, l’empathie naturelle des religieux pour leurs prochains se heurte à l’individualisme forcené de l’économie de marché que défend Valeurs Actuelles. Monsieur de Kerdrel, comme bien d’autres, doit gérer ses penchants pour les « racines chrétiennes » tout en vantant les bienfaits du marché dont, le moins que l’on puisse dire, est qu’il est plus sensible au profit qu’à l’âme humaine.
On ne se refait pas : les King Crimson sont en ville et on ne va pas les y laisser passer sans les croiser. Le groupe poursuit sa tournée revival entamée en 2015 avec deux soirées salle Pleyel. Une set-list légèrement modifiée par rapport aux shows de l’Olympia l’an dernier, avec notamment des extraits du disque jazzy Lizard sorti en 1970 et sur lequel intervenaient Jon Anderson, le chanteur de Yes, et, déjà, Mel Collins, présent ce soir aux instruments à vent. C’était il y a 45 ans, le rock progressif était né grâce à ces musiciens d’exception.
Les références à Lizard se mêlent avec des compositions très récentes, sans doute écrites au hasard des routes de cette tournée longue durée, et les classiques du groupe qui expriment la puissance de ce groupe inclassable qui aura marqué le rock du XXème siècle, toujours guidé par cet étrange personnage qu’est Robert Fripp, leader-fondateur-guitariste-compositeur de génie.
Le final est la reprise de Heroes, hommage à David Bowie, décédé en janvier dernier, sur laquelle Fripp joue à nouveau son légendaire solo enregistré dans un studio de Berlin-Ouest, à l’ombre du mur en 1977, avant de terminer sur 21st Century Schizoid Man, on ne saurait mieux dire.
Setlist : Hell Hounds of Krim/ Pictures of a City/ Lizard (‘The Battle of Glass Tears -… more )/ Suitable Grounds for the Blues/ Red/ The ConstruKction of Light (part 1 only)/ The Court of the Crimson King/ The Letters/ Interlude/ Radical Action (To Unseat the Hold of Monkey Mind)/ Meltdown/ Radical Action II/ Level Five
Set 2 : Peace: An End/ Cirkus/ Indiscipline/ Epitaph/ Easy Money/ Devil Dogs of Tessellation Row/ Larks’ Tongues in Aspic, Part One (with « La Marseillaise » snippet)/ The Talking Drum/ Larks’ Tongues in Aspic, Part Two/ Starless
Encore : « Heroes » (David Bowie cover)/ 21st Century Schizoid Man (with « La Marseillaise » snippet)
« La Chienlit » titre cette semaine l’Express en première page devant la photo d’une brochette de responsables politiques de gauche. On pourrait aisément remplacer la photo par celle d’une brochette de journalistes incompétents et voyeurs (par ailleurs bénéficiaires de niches fiscales leur permettant de payer moins d’impôt sur le revenu que le reste des citoyens, toutes choses égales par ailleurs). L’Express, journal en faillite, passé dans les mains d’un cador du CAC40 se permet de donner des leçons aux sortants… Qu’il est loin le temps des Servan-Schreiber, Françoise Giroud et autres Claude Imbert…
Une presse de circonstance attise le conflit et les réactions de caniveau d’une population dépassée par la complexité de notre temps. Des journaux vendeurs d’aspirateurs privilégient le café du commerce au détriment de l’intelligence. Mais où sont ces années où Raymond Aron publiait des chroniques dans les colonnes de l’Express ?
Comme il l’avait laissé supposer à de nombreuses reprises, le président de la République vient de rendre publique sa décision de ne pas se présenter à l’élection pour un deuxième mandat. Il avait conditionné une nouvelle candidature notamment à « l’inversion de la courbe du chômage ». On ne peut pas dire que cet objectif ait été atteint, il a donc renoncé. C’est correct de sa part. Il devait se décider en décembre, ce calendrier fut également tenu comme annoncé.
La presse de circonstance qui glosait depuis des mois sur la participation de François Hollande aux élections primaires de la gauche en est pour ses frais. Une nouvelle fois l’obsession des journalistes pour le sensationnalisme et l’immédiat les a détournés des questions de fond. Et de plus, ils se sont pour la plupart lourdement trompé sur l’immédiat : Hollande ne se représente pas.
Ils auraient pu passer du temps à analyser les programmes des candidats de gauche mais ils ont préféré vouloir jouer les devins et anticiper la décision du Président, c’est plus facile et plus vendeur. A peine leur nouvel échec consumé, les voilà désormais tous tournés sur la nouvelle question clé : est-ce que le premier ministre actuel sera candidat à la primaire ?
Et voici encore un nouveau disque des Archive qu’ils présentent à la salle Pleyel : The False Foundation, désormais dédiée au Rock. La production des britanniques est plutôt du genre effrénée ces dernières années ; la qualité est globalement là, le renouvellement est permanent.
Le show démarre avec une scène dont les autres cotés sont entourés d’une fine gaze à travers laquelle on distingue les musiciens et sur les faces desquelles le light show projette de fascinantes images. Les quatre premiers morceaux sont extraits de The False Foundation : rythmés, saccadés, électro, c’est un éblouissement en sons et lumières … Pleyel s’enflamme pendant que défilent sons et images hypnotiques. Les Archive surprennent avec cette nouvelle musique jouée sur un visuel rénové et moderne, on ne les attendait pas vraiment là, mais quelle bonheur de la voir s’épanouir dans cette modernité musicale. Pollar est toujours grimé en poncho-sombrero-cheveux long, Darius ne tient plus en place et quitte souvent des claviers pour battre le rythme les poings levés, tous sont aussi enthousiastes que leur nouvelle production est dynamique. Un vrai bonheur partagé !
A temple of light love sinister All climbing to the gates of golden good times Everything you thought now a distant blur Forgiven for the lies hate twisted horror The burning of hope and the dreams you had Left back at home with a mother crying Arms raised up to the love collected We’re all going to the land of pure happiness With the king of the false foundation
Après Crushed extrait de Restriction et interprété dans la même veine électro, Holly Martin assure ensuite Hatchet qui l’a fait connaitre alors que le light show se déploie en tournoyant sur les six côtés du cube au centre duquel sont toujours réfugiés les musiciens, puis Kid Corner alors que des danseurs apparaissent en image comme prisonniers derrière une vitre matérialisée sur le fond de scène et c’est au milieu de ce morceau que s’effondre les quatre murs fictifs libérant ainsi les artistes désormais offerts à la vue directe du public.
Libéré de cette camisole le groupe va alors retourner vers les morceaux plus classiques de son catalogue, toujours aussi enthousiasmants, après cet incroyable renouveau électro de la première moitié du show. Le show se termine sur une version endiablée et toujours bienvenue de Bullets avant un Blue Faces plus apaisant offrant ainsi un retour à The False Foundation par où débuta le concert. Un premier rappel se termine sur le classique Controlling Crowds, aux rythmes et harmonies toujours magiques. Again clôture le deuxième rappel et un show trip-hop d’anthologie. Quel enthousiasme, quelle jeunesse, quelle créativité diffusent ces sept britanniques qui prennent des risques et ne se reposent pas sur leurs lauriers. Le show millimétré s’est déroulé à la perfection, donnant pourtant le sentiment d’une machine folle, pour l’immense bonheur des fans.
Setlist : Driving in Nails/ Sell Out/ Stay Tribal/ The False Foundation/ Crushed/ Hatchet/ Kid Corner/ Pulse/ Splinters/ The Weight of the World/ Bullets/ Blue Faces
Encore : Bright Lights/ (Unknown)/ You Make Me Feel/ Feel It/ Controlling Crowds
A peine connu le nom du vainqueur du premier tour des élections primaires conservatrices à l’élection présidentielle de 2017, ce fut le bal des serpents à sonnettes qui rallièrent François Fillon avant le deuxième tour. Laurent Wauqiez, le cornecul qui s’est bruyamment félicité de l’élection de M. Trump aux Etats-Unis, Eric Ciotti et Christian Estrosi, les âmes damnées du sarkozysme dans le sud, Christian Jacob qui avait déjà trahi son ami Jean-François Coppé pour rallier le panache de Nicolas Sarkozy…, bref, c’est un festival de retournements de veste à grands coups de tweets auto-satisfaits et louangeurs.
Tel Vercingétorix à Alésia, ils viennent tous déposer leurs armes aux pieds de François Fillon qui a écrasé le premier tour et s’apprête à remporter le second. Seuls quelques retardataires ont joué le mauvais cheval : Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Coppé ou encore Valérie Pécresse soutiennent Alain Juppé.
Le vainqueur final est François Fillon et tous désormais s’affichent derrière lui. C’est le jeu de ces élections primaires qui sont venues se substituer à la décision des partis pour nommer leurs candidats. Devant l’impossibilité de s’entendre au sein des instances des partis politiques sur un nom incontestable à cause des conflits d’ambitieux, sauvages comme des caïmans dans le marigot, la décision a été poussée chez les supporters et militants, chargés de trancher un débat qui n’avait pas pu l’être au niveau supérieur. Cette procédure est présentée comme une avancée démocratique alors qu’elle ne fait que masquer l’indécision des partis. Son principal inconvénient est qu’elle allonge d’une année supplémentaire la durée de la campagne électorale présidentielle en France : sur un mandat de cinq ans, la dernière année est cette de la campagne pour l’élection suivant et l’avant-dernière année est celle de la campagne pour les primaires… Pas sûr que la démocratie n’y ait vraiment beaucoup gagné !
Le roman dérangeant de la vie d’une punk de Nancy, alternant entre bars glauques et bureaux du RMI, consommant à l’excès bière et LSD, injuriant ses parents et la société, fréquentant les concerts des Bérurier Noir et les bastons punks contre Teddy boys… C’est la chronique désabusée d’une gamine dévastée par la désillussion et la marginalisation, sans doute pour partie inspirée par la vie de l’auteur. Il y a du vécu dans la description de cette zone crade et violente, dans le langage ordurier (mais souvent hilarant) de l’héroïne, mais aussi des moments de tendresse lorsque la punkette essaye de dominer sa rage pour se laisser aller à vers l’amour mais là aussi la compromission est difficile.
Le style est vif et tendu, comme une chanson des Sex-Pistols. C’est l’histoire saccadée de la mise au rebut d’une jeunesse qui finalement sait aussi partager des moments heureux dans la dévastation.
Dans un dîner en ville le chroniqueur rencontre des représentants de cette étrange catégorie d’électeurs de gauche qui sont allés voter à l’élection primaire conservatrice à l’élection présidentielle de 2017 en France. Ils sont déçus du résultat et persuadés que si François Fillon et son programme libéral sont présents au deuxième tour en 2017 face à la candidate d’extrême droite, celle-ci l’emportera car la France moyenne refusera les mesures libérales déjà annoncées par Fillon dans son programme. C’est une possibilité et, de toute façon, nous aurons les dirigeants que nous méritons.
En pleine campagne de publicité Alain Juppé pollue les répondeurs téléphoniques de citoyens qui n’en demandent pas tant. Le chroniqueur effaré en rentrant chez lui écoute ce message pathétique et racoleur :
Bonjour c’est euh (SIC) Alain Juppé, la disparition des services publics de nos territoires qui hélas, s’accélère, c’est le déclin assuré et c’est l’abandon des françaises et des français qui habitent ce territoire, or la France c’est la France des territoires. Pour ma part je pense indispensable que l’Etat soit présent au plus près de vous, pour vous protéger, pour vous soigner, pour vous aider. La présence de la République, par ses services publics pour maintenir l’unité de la nation et accompagner l’ensemble des français et des françaises est essentiel et je m’engage à tout faire pour maintenir cette présence. Dimanche 27 novembre, au second tour de la primaire, nous devons nous en souvenir, j’ai besoin de vous et je compte sur vous.
Donald Trump, président élu des Etats-Unis d’Amérique fait ses premières annonces depuis son élection en mettant de l’eau dans son vin. Le mur à finir de construire à la frontière du Mexique pourrait n’être qu’une clôture. La loi instaurant une assurance-santé obligatoire pourrait n’être que réformée et non plus abrogée. Etc. Il n’a pas encore précisé s’il comptait changer de coiffeur.
Alain Juppé, 71 ans, maire de Bordeaux et candidat à l’élection primaire conservatrice à l’élection présidentielle a été appelé Ali Juppé par quelques-uns de ses bons amis politiques au prétexte qu’il a négocié en tant que maire avec un religieux musulman de sa ville, proche des Frères musulmans, sur une question de projet de construction de mosquée. Un grand moment du débat politique largement caricaturé et dénaturé par la presse et le Café du commerce, comme à leur habitude.
En réalité Juppé estime qu’on ne peut pas gommer complètement les origines de la diversité française, religieuses et autres, le tout dans une laïcité intelligente bien comprise. Evidemment cela heurte les plus conservateurs de ses amis de droite, qui le font savoir de leur élégante façon.
Alors que le vice-président élu américain Mike Pence affiche ses idées créationnistes et son rejet de Darwin, le débat sur les racines chrétiennes de l’Occident est un must dans les différentes campagnes électorales en cours. Evidemment on ne peut pas reprocher à un catholique pratiquant de croire en ce qui est écrit dans la Bible, ni à un marxiste fervent de croire les analyses et recettes qui sont rassemblées dans le Capital. Mike Pense croit que Dieu a créé le monde en 6 jours, dont l’homme, puis la femme à partir de la côte de l’homme, puis s’est reposé le 7ème jour. C’est littéralement ce qui est écrit dans la Genèse, et Mike Pence y croit dur comme fer, comme nombre de pratiquants. C’est consubstantiel de la foi religieuse. On ne peut pas d’ailleurs leur prouver formellement que c’est faux, juste faire appel à leur intelligence, mais trop souvent, le dogme consume la raison, hélas !
Le problème n’est pas tant que des gens, mêmes bien éduqués, croient au dogme, mais il réside plutôt dans les gens qui ont écrit toutes ces sornettes et les militants qui continuent à les vendre. Le pape François 1er n’est finalement pas si révolutionnaire que l’on veut bien le croire et son institution continue à répertorier les miracles de Mère Theresa et consorts pour sanctifier leurs auteurs. Derrière un discours humaniste qui est finalement de bon sens (comme celui qui le tient), il croit et fait croire que Noé est mort à 950 ans, que Moïse a partagé la mer rouge en deux et que Jésus a marché sur l’eau, faits sur le déroulement desquels on peut raisonnablement avoir des doutes. La vraie modernité serait que l’Eglise chrétienne, ou au moins catholique, admette que tout ce fatras idéologique n’est que balivernes et billevesées, ce qui n’empêcherait pas de continuer à prêcher l’amour du prochain.
Ce concept de « racines chrétiennes » de notre civilisation européenne est par trop militant. Nos racines ce sont celles de l’Humanité de notre continent où la violence, l’esprit de conquête, la rouerie et l’intelligence de ses habitants ont permis à ceux-ci justement de survivre, de tuer, de conquérir et de s’extraire de l’aspect régressif de la religion pour faire émerger la science et la pensée libres, pour faire que Darwin l’emporte sur Jésus. Et toute cette évolution a commencé avec l’Homme de Cro-Magnon, soit bien avant que la première ligne de la Bible n’ait été écrite. Si l’Europe n’avait pas eu cette puissance et cette liberté de pensée peut-être serions-nous toujours un peuple de bigots continuant à immoler ses incroyants. Lorsque l’Eglise catholique a évolué vers la modernité, c’est le plus souvent contrainte et forcée par la société. Elle l’a rarement fait d’elle-même.
La religion est une des idéologies des temps. Athènes et Rome ont au moins autant marqué et influencé notre vieille Europe que la Bible, ancien et nouveau testaments réunis. Pourquoi favoriser l’influence de Moïse plutôt que celle de Périclès ou de Platon dans les références à ce que nous sommes ? Les grecs dans leur philosophie ont privilégié l’Homme sur le dogme et leurs dieux. En cela ils ont fait bien plus progresser l’Humanité que les religions. Celles-ci ont bien sûr influencé nos civilisations, mais il n’est pas sûr que le bilan soit positif. Elles viennent en tout cas d’accoucher d’un vice-président américain créationniste. On eut préféré qu’il s’inspire de Périclès plutôt que d’Abraham.
Créer la dynamique devient un tic verbal compulsif autant dans le monde des business plans en entreprise que dans les cénacles politico-médiatiques. Les publicitaires qui ont envahi les entourages de nos dirigeants ne placent pas deux phrases fumeuses sans y intercaler la dynamique, et les journalistes qui n’ont pas le temps de lire les programmes politiques compensent leurs faibles connaissances en plaçant de la dynamique à tous les étages.
Le dictionnaire Larousse définit le mot ainsi :
Ensemble de forces qui entraînent, provoquent un mouvement, une évolution à l’intérieur d’une structure en développement : La dynamique révolutionnaire.
Les pubards employant ce terme veulent laisser entendre que le candidat qui les rémunère a suffisamment d’idées ou de charisme pour auto-déclencher un cercle vertueux vers plus de bonheur et d’efficacité. Les mêmes nous expliquait il y a trente ans qu’un baril d’Omo valait mieux que deux barils d’une lessive lambda… Bref, créer une dynamique pour un politicard revient à mieux se placer en tête de gondole, à grand frais payés aux agences de publicité.
Au soir d’une élection primaire pour désigner un candidat conservateur à l’élection présidentielle française de 2017, les vendeurs de sondages d’opinion font une nouvelle fois preuve de leur impéritie totale en ayant ressassé depuis des mois le succès d’un duo de tête alors que c’est finalement un troisième homme qui écrase les deux autres de par son score.
Et à peine connue l’ampleur de leur erreur, les voici de nouveau au premier plan pour prévoir le résultat du deuxième tour de dimanche prochain. La presse repart aussitôt dans ses habituelles circonvolutions autour d’anticipations oiseuse e tout repart comme si de rien n’était. Une presse incompétente s’appuie sur des sondeurs prétentieux. Le mieux est sans doute de négliger les uns comme les autres.