Auteur/autrice : Rehve

  • Religion en France

    CH_20150107_Je-suis-CharlieDéclarations diverses d’imams de plateaux télévisés qui répètent en boucle : « tout ceci n’est pas l’Islam ! »

    Bon, bien, peut-être ; ces massacres à Paris, en Syrie ou en Irak, commis par ou sur ordre des Etat islamique, Al Quaïda au Yémen ou ailleurs, et autres organisations religieuses extrémistes, ne sont peut-être pas conformes à l’Islam diffusé sur les plateaux télévisés de la presse française, mais il semble bien qu’ils soient commis au nom d’un Islam qui fait fureur en ce moment.

    Bien sûr, comme chaque fois que la religion cherche à s’imposer sur le pourvoir temporel, les luttes d’ambition se confrontent avec les messages mystiques, et les religieux emploient les outils du pouvoir : les armes, l’argent, la violence et la manipulation du peuple. C’est la situation aujourd’hui.

  • Religion dans le monde

    CH_20150107_Je-suis-CharlieCharlie Hebdo a publié un numéro mercredi dernier avec, bien sûr, une caricature du prophète Mahomet en couverture… Même si ce dessin est plutôt tendre, Mahomet affichant le logo « Je suis Charlie » et disant en pleurant « Tout est pardonné », c’est un déchaînement dans nombre de pays croyant audit prophète : manifestations de haine, drapeaux français et effigies de Hollande brûlés en place publique, soutien aux extrémistes religieux Kouachi-Coulibaly et consorts, au Pakistan, au Mali, au Niger… Bref, nous voici revenus au point de départ.

  • Fouteballe solidaire

    Les supporters d’un club de fouteballe corse jouant contre un club de Paris, gavé d’argent par le Qatar, déploient une banderole dans les tribunes sur laquelle est écrit quelque chose du genre : « La Qatar finance le PSG… et le terrorisme. »

    Intéressante réaction politique de personnes plutôt peu habituées à la réflexion politique. La rumeur veut qu’effectivement cet émirat pétrolier immensément riche qui investit à grande échelle en France, notamment, donnerait également des sous en grande quantité aux mouvements musulmans sunnites pour faire prévaloir cette croyance sur les autres, y compris en finançant le terrorisme. C’est possible.

    Venant des Corses où le nombre de morts par habitant du fait des violences mafieuses est l’un des plus importants d’Europe, la remarque des fouteux prend toute sa valeur.

  • Religion en France

    CH_20150107_Je-suis-CharlieLa communauté juive de France s’inquiète suite aux quatre morts dans l’Hyper Cacher la semaine dernière et l’assassinat des enfants juifs lors de l’affaire Merah en 2012. Environ 7 000 français juifs se sont exilés en Israël en 2014, le double de l’année précédente. On en prévoit 10 000 pour 2015.

    Il n’est pas bien sûr que la sécurité soit meilleure pour les juifs en Israël qu’en France. Ce pays est lui aussi la cible d’attentats terroristes, sans parler des roquettes du Hamas envoyées de temps à autre sur le territoire israélien. En nombre de morts par habitant et par an, Israël doit encore être plus risquée que la France.

  • Religion au Nigeria

    CH_20150107_Je-suis-CharlieLes extrémistes religieux islamistes de la secte Boko Haram au Nigeria conquièrent progressivement tout le nord-est du pays avec une violence inédite : massacres, enlèvements, attentat à la bombe, esclavage, etc. Leur dernier exploit a été de fixer une bombe sur une gamine de 10 ans et l’ont fait exploser sur un marché…

  • Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

    CH_20150107_Je-suis-CharlieGrands rassemblements à travers la France et y compris dans ses possessions d’outre-mer en hommage aux victimes des extrémistes religieux. A Paris on parle de plus d’un million de citoyens qui ont défilé de la République à  la Nation :

    Manif_20150111 (5)

    Une manif calme et bon enfant, ponctuée de marseillaises, de « Charlie-Charlie-Charlie », de « Merci la police », des vieux et des jeunes, des couleurs et de la diversité, pas trop de casquette-basket à l’horizon tout de même. Tout ceci est éminemment sympathique, sans doute sans trop de lendemains. Les extrémistes religieux doivent plutôt prendre cela pour la marque du succès de leurs actions criminelles… mais cela est bien que ce fut fait.


    La presse et les plateaux télévisés mondains se gaussent de grands mots : sommes-nous en guerre, est-ce le « 11 septembre » français, les musulmans de France doivent-ils s’exprimer ? Et bla-bla-bla…

    Il convient de faire preuve d’un peu d’analyse, ce qui n’est pas facile quand le pays se laisse gagner par une émotion bien légitime et alors que toute la beaufitude franchouillarde remonte déjà à la surface avec des attaques de mosquées.

    Il n’y a pas de guerre juridiquement parlant puisque le parlement ne l’a pas autorisée comme le prévoit l’article 35 de la constitution. Il n’y a pas de guerre au sens où nos enfants ne sont pas mobilisés sous les drapeaux. Il n‘y a pas de guerre du fait d’un nombre de morts limités sur la durée en France : il y a eu plus d’assassinats mafieux en Corse ces dernières années que sous les balles islamiques dans l’hexagone.

    Par contre les démocraties occidentales font face à un terrorisme religieux très nuisible et beaucoup plus pernicieux que les fléaux déjà affrontés et vaincus dans le passé. Il n’y a pas de solutions évidentes pour lutter contre ce nouvel ennemi de l’intérieur.

     

  • Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

    CH_20150107_Je-suis-CharlieC’est le retour des croisades. On cherche à convertir de force les gens d’en face au nom d’un Dieu qui serait meilleur qu’un autre. On a déjà vu ça en d’autres temps. Les sunnites massacrent aujourd’hui les chiites comme les catholiques ont massacrés les protestants, pour quelques nuances idéologiques. Et chacun tue également la religion qui n’est pas la sienne, histoire de faire bonne mesure. Combien de morts dans la christianisation des populations colonisées au cours des siècles ?

    Les chrétiens en sont passés par là dans l’Histoire et puis les Lumières, la pensée et le développement économique ont progressivement éloigné les religions du pouvoir temporel et les citoyens de ces croyances d’un autre âge, ou, à tout le moins, les ont-ils confinées à leurs sphères privées, avec parfois quelques débordements. On se souvient des intégristes catholiques français ressortis de leurs églises l’an passé lors des débats sur le mariage homosexuel, certains semblaient vraiment très très intégristes. Ce fut une surprise mais au moins restent-ils dans un schéma démocratique.

    Rappelons de quoi nous parlons :

    • Les chrétiens pensent que Jésus est leur prophète avec des variantes entre ceux qui croient à la sainte-vierge et ceux qui n’y croient pas
    • Les juifs pensent que Jésus n’est pas leur prophète et attendent toujours leur messie
    • Les yézidistes croient en un Dieu qui façonna le monde comme une grosse perle blanche qu’il brisa et dont les éclats formèrent le ciel, la terre et la mer
    • Les zoroastriens considèrent que leur Dieu n’a pas besoin d’adoration, pas besoin d’intermédiaires
    • Les musulmans chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet (mort en 632) est Abou Bakr qui deviendra effectivement calife
    • Les musulmans sunnites chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Ali, son gendre et fils spirituel
    • Tous croient à la vie éternelle au paradis où chacun rejoindra son Dieu, les uns mangent du cochon et pas les autres, etc.

    Depuis 2 000 ans ces principes ont entraîné des millions de morts sur la planète, et l’on continue aujourd’hui à se battre pour ces illusions ! C’est pathétique.


    Les chaînes de télévision ont déployé ces derniers jours toutes leurs immenses compétences pour garder l’antenne 24 heures sur 24 alors qu’elles n’avaient rien à dire. Les journalistes n’arrêtaient pas  de diffuser des rumeurs en les assortissant de «…sous toute réserve… » ou « …information non confirmée… » etc. En fait le jeu consiste à épier le voisin et à balancer à l’antenne ce qui a été entendu sur l’antenne d’à coté sous toute réserve bien entendu.

    Les consultants de circonstance, ex-agents secrets recyclés en experts de plateaux télévisés ont également devisé en boucle sur les mérites comparés de la Kalachnikov et du Famas.

    Le TVB (tic verbal compulsif) « on va dire… » a également été très employé, comme si la fébrilité ambiante entraînait une recrudescence des « on va dire… ».


    CH_20150107_Louison


    Les éditoriaux de Charb sur l’affaire Merah en 2012


    Les orientalistes distingués et les journalistes qui fréquentent les réseaux dits sociaux nous racontent ce qu’ils lisent sur les Facebook, Twitter et autres sites djihadistes depuis l’attaque de Charlie-Hebdo. Cela nous évite de trop y surfer. Ils y voient des soutiens affichés à l’assassinat des journalistes, apostats et policiers. Et une fois encore ces messages sont français et probablement écrits, notamment, au cœur de la région parisienne.

  • Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

    CH_20150107_Je-suis-CharlieEvidemment ce qui ouvre les yeux et terrifie les français (comme d’ailleurs d’autres pays européens) c’est que le mal vient maintenant de l’intérieur. Il y a 40 ans lorsque Carlos balançait des grenades dans les drugstores ou sur les TGV c’était dans le cadre d’une vision d’extrême gauche pro-palestinienne, souvent relayée en Europe par une intelligentsia mondaine, les choses étaient relativement plus faciles à comprendre, plus matérialistes et moins mystiques, et l’ennemi venait de l’étranger, c’est plus simple. Aujourd’hui les trois terroristes religieux qui ont laissé 17 morts sur le carreau en 48 heures sont français et véhiculent un galimatias idéologique promu au Moyen-Orient au lieu d’un maoïsme de comptoir appris dans les bonnes universités françaises.


    Les deux terroristes religieux qui ont tué douze personnes lors de l’attaque de Charlie-Hebdo se sont réfugiés ce matin dans une zone industrielle au nord de Paris. Localisés, ils ont été assiégés par la gendarmerie une bonne partie de la journée, puis ont tenté une sortie suicidaire et ont été abattus.

    Dans le même temps un de leur associé après avoir tué une policière hier soir prenait en otage une quinzaine de personnes dans une épicerie casher, en tuait quatre avant d’être à son tour abattu par la police.

    En deux jours le bilan est de 17 morts, 10 blessés, plus les 3 terroristes religieux abattus. Tout ceci au nom d’un des multiples Dieux auxquels croient les hommes.


    Hier soir des professeurs de retour de leur journée d’enseignement ont rapporté les dialogues partagés avec leurs élèves sur l’assassinat des 12 personnes de Charlie-Hebdo hier. Ils expliquent que tous ces mômes n’avaient que ce sujet en tête et qu’ils l’ont bien sûr mis sur la table pour expliquer et décortiquer cette situation. Certains d’entre eux ont asséné à leurs professeurs : « ils [Charlie-Hebdo] ont blasphémé, ils ont eu ce qu’ils méritent, ce n’est pas mon problème ».

    Et c’est sans doute là l’incroyable efficacité de cet extrémisme religieux qui rentre dans les consciences et manipule déconnecte les neurones. On en revient vraiment aux méthodes du maoïsme où durant la révolution culturelle on a vu des élèves dénoncer leurs professeurs, des enfants dénoncer leurs parents, le tout aboutissant à des millions de morts au nom d’un petit livre rouge et des ambitions démesurées d’une clique voulant garder le pouvoir. Aujourd’hui on voit des gamins, issus de l’immigration ou pas, partir combattre en Syrie pour Dieu ou abattre des journalistes dans une rédaction parisienne sans le moindre état d’âme.

    C’est le vrai problème de nos démocraties occidentales et aussi leur échec : comment des gamins élevés dans le système éducatif de Jules Ferry peuvent ainsi se transformer en fous de Dieu d’un autre âge ? Il faudra sans doute plusieurs générations pour inverser le mouvement à supposer que l’on trouve la voie à emprunter pour ce faire.

  • Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

    CH_20150107_Je-suis-CharlieLa police cherche les extrémistes religieux qui ont décimés la rédaction de Charlie-Hebdo hier. Les photos des suspects ont été publiées : deux frères dont l’un d’eux a déjà eu affaire avec la justice après avoir été arrêté en 2005 juste avant de décoller pour la Syrie. Gageons que leur arrestation risque d’être mouvementée vue leur détermination.

    Que ces deux-là soient coupables ou que les assassins soient autres, ils paraissent en tout cas animés de motifs religieux et leur présentation devant les systèmes judiciaires de nos démocraties vieillissantes est toujours une épreuve : on leur parle code pénal et ils répondent loi de Dieu ! Ils espèrent le martyr et on les menace de prison ! C’est juste un dialogue de sourds.

    Il faudrait encore plusieurs générations de croissance économique et d’éducation afin d’extirper ces gamins de l’influence de Dieu et de ceux qui les manipulent en leur vendant les bénéfices de la martyrologie religieuse. Nous n’aurons peut-être pas le temps.


    Quelqu’un avait dit après la deuxième guerre mondiale, à l’ouverture des camps d’extermination, quelque chose du genre : « il faut juger les crimes les plus extraordinaires avec la justice la plus ordinaire ». C’est sur cette base que les juridictions d’exception en France (Cour de sûreté de l’Etat notamment) ont été progressivement abolies. Mais face au terrorisme religieux on ne sait trop quelle justice serait adaptée.


    Impayable : une manifestation est prévue dimanche à Paris en hommage aux morts de l’attaque de Charlie-Hebdo et les partis politiques français s’écharpent déjà pour savoir quels partis doivent y participer et quels autres doivent être exclus. Les cadavres de ces victimes de l’extrémisme religieux sont encore chauds que déjà le monde politique franchouillard se montre à la hauteur de ses habitudes c’est-à-dire très loin de celle des évènements. On a les dirigeants que l’on mérite, c’est d’ailleurs une partie du problème…

    Charb et Cabu doivent se bidonner là où ils sont.

  • Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

    CH_20150107_Je-suis-CharlieTrois cinglés extrémistes religieux attaquent ce matin le siège du journal Charlie Hebdo, alors que se tient la conférence de rédaction hebdomadaire. Ils tirent dans la salle où se tient la réunion. Il y a 12 morts dont deux policiers. Charb, Cabu, Wolinsky, Tignous, Honoré, Bernard Maris, ne sont plus de ce monde car ils ont combattu la bêtise par la dérision et l’humour. Les autres morts sont des anonymes, un des deux policiers morts a été achevé d’une balle dans la tête.

    Deux des assassins filmés dans leur fuite depuis un immeuble avoisinant crient en français « On a vengé le prophète Mahomet » et « On a tué Charlie-Hebdo ». La communauté musulmane française qui a condamné l’opération s’inquiète des amalgames, elle a raison.

    Charlie Hebdo a toujours raillé les religions en ce qu’elles éloignent leurs croyants de la raison. Ce journal avait déjà souffert d’attentats, de menaces de mort et certains journalistes vivaient sous la protection de la police. Celle-ci ne leur aura été d’aucun secours face à la violence de l’attaque.

    Quand des idéologies cherchent à bourrer le crâne de leurs fans à coups de dogmes abracadabrants cela tourne généralement au désastre humain. Dans notre vieille Europe nous avons eu l’immaculée conception et sa Saint-Barthélemy, le communisme et ses goulags, la race aryenne et ses camps d’extermination, et bien d’autres. Aujourd’hui le terrorisme religieux est mondialisé comme le CAC 40 et on importe en Europe de nouveaux dogmes, ceux de l’islam, tout aussi ridicules que les autres mais comme il y a de moins en moins de croyants dans autres religions, l’islam apparait en tête de gondole.

    Il faut crier avec Charlie « Vive la laïcité ».

    Les extrémistes religieux de ce matin sont activement recherchés, souhaitons qu’ils soient attrapés pour rendre des comptes devant la justice de la République. Mais au-delà, les solutions à ce nihilisme ne sont guère évidentes après les déclarations politiques d’usage sur le rassemblement, les amalgames, et bla-bla-bla. En fait, et l’Histoire nous l’a appris, ce qui fait reculer la régression religieuse c’est le développement économique, et de ce coté-là, la situation n’est pas très brillante, au moins en Europe.

  • Cécile Duflot tout en nuance

    C’est la mode : tout ancien ministre, conseiller de l’ombre et autres affidés du pouvoir ayant quitté les ors du pouvoir, virés ou démissionnaires, se doit de publier un livre, un pamphlet ou un article contre la main qui les a nourris. Aujourd’hui c’est Cécile Duflot qui s’y met pour abominer le projet de loi pour « La Croissance et l’Activité », improprement appelée loi Macron par les médias qui aiment tant ramener les débats aux personnes plutôt qu’aux idées pour la compréhension desquelles ils manquent sans doute de formation.

    Cécile Duflot donc, déverse son venin contre une loi assez peu signifiante finalement mais intéressante au sens où elle est une des pierres de l’édifice de modernisation de la gauche française, un édifice qui sera long à construire compte tenu de la faiblesse des fondations. Cécile Duflot voit dans cette loi le renforcement de l’effet de serre, un grand bon en arrière, un encouragement aux pratiques spéculatives, etc.

    Il est temps que Cécile Duflot rentre calmement au parti Europe-Ecologie-les-Verts, gérer la tambouille interne et s’abstienne de déclaration intempestive, cela lui laissera plus de temps pour réfléchir.

  • Les médecins en colère

    Une adresse des médecins en grève aux journalistes donneurs de leçon, amusante :

    Lettre ouverte à nos amis journalistes qui ne comprennent pas notre refus du Tiers Payant Généralisé.

    Imaginez que demain, le gouvernement décide de reconnaître le rôle essentiel de la presse dans la vie démocratique de notre pays en créant un « droit à l’information », et qu’il distribue à chaque citoyen une carte verte lui permettant de se procurer gratuitement un journal par jour, celui de son choix, tous les jours et où qu’il se trouve en France. Le citoyen se présenterait avec sa carte dans n’importe quel magasin de presse, choisirait son journal, passerait sa carte dans un lecteur, et repartirait avec son quotidien sans rien payer. Le passage de la carte déclencherait alors automatiquement le paiement du prix de son quotidien favori par le ministère des finances directement au journal.

    Génial, me direz-vous : ce système sauverait de la ruine la plupart des quotidiens qui sont actuellement déficitaires, et permettrait de surcroît à tout le monde d’être bien informé.

    Oui, mais il y aurait une première condition : les journaux ne devraient plus être vendus directement aux clients. Ce mode de distribution « gratuit » serait non seulement obligatoire, mais également le seul autorisé. En contrepartie, l’état s’engagerait à payer tous les journaux choisis par les lecteurs.

    Bon, me direz-vous, si le lecteur garde le choix du journal, le système serait acceptable.

    D’accord, mais ce n’est pas tout ; une fois le système mis en place, il s’avèrerait assez rapidement que 10 à 15 % de vos exemplaires ne seraient pas « spontanément » réglés par le ministère. Lorsque vous vous en plaindriez, le ministère vous renverrait vers les buralistes qui n’aurait pas bien enregistré les transactions (problèmes informatiques, cartes pas à jour où déclarées perdues ou volées, transmission incorrecte, données incomplètes, etc.), vous obligeant à les appeler un par un pour savoir pourquoi.

    3 quotidiens n’ont pas été réglés ici, 2 autres là-bas et 4 ailleurs, et vous imposant un long et fastidieux travail de contrôle et de réclamation pour récupérer vos impayés.

    Perspective peu engageante me direz-vous, mais on pourrait s’adapter.

    Certes, mais il y aurait un autre problème : c’est que l’Etat, voyez-vous, dépense trop, et qu’il doit réduire son déficit ; alors, à la fin de la première année, le ministre de l’information convoquerait chaque patron de presse et lui dirait : « Nous avons l’obligation de faire des économies, et tout le monde doit participer à l’effort qui nous est demandé, la presse ne faisant pas exception à cette règle ; Par conséquent, à partir de maintenant, nous continuerons à acheter tous vos journaux comme nous nous y sommes engagés, mais au lieu de les payer 1,20 €, nous ne les paierons plus que 1 €. A vous de diminuer vos coûts et de vous adapter ».

    Ça, me direz-vous, ce serait plus difficilement acceptable, mais si cela reste dans le domaine du réalisable, pourquoi pas.

    Oui, mais il y aurait encore un détail ; L’année suivante, le ministre re-convoquerait votre patron et lui dirait : « En tant qu’unique acheteur de l’intégralité de votre production, j’estime avoir un droit de regard sur ce que j’achète. Normal ! Tout acheteur souhaite que ce qu’il paie soit conforme à ce qu’il en attend. Or, il se trouve que votre journal ne me plait pas : trop critique à l’égard de l’action du gouvernement. Alors bien sûr, ce n’est pas à moi de vous apprendre votre métier, et vous le faites bien comme vous l’entendez, mais tant que vous continuerez dans cette voie, moi, je ne vous paierez plus votre journal que 60 cents le numéro. A vous de voir. »

    Là, je suis sûr que vous hurleriez au scandale, dénonçant une atteinte inacceptable à la liberté de la presse, la fin de l’information indépendante et la mort du journalisme dans ce pays … mais il serait trop tard : l’état, désormais votre seul client et unique payeur, vous tiendrait par les cordons de la bourse, et vos lecteurs, trop habitués à la gratuité de la presse, n’accepterait plus de devoir payer pour vous lire.

    Eh bien, chers amis journalistes, c’est ce qu’on nous propose aujourd’hui à nous, médecins libéraux.

    Il vous apparaît toujours aussi épatant le tiers payant généralisé (TPG) ?

  • Hystérie financière etc.

    Messieurs les marchés financiers font encore preuve de leur habituelle sérénité et de leur subtile vision du futur. Craignant l’arrivée au pouvoir en Grèce du parti de gauche Syrisa qui affiche clairement sa défiance à l’encontre du plan d’ajustement structurel de leur pays, ils massacrent tous les marchés financiers mondiaux qui s’effondrent.

    La victoire électorale de ce parti impliquerait clairement une renégociation rapide de la dette, ce qui n’est pas une surprise puisque depuis la première restructuration de la dette grecque on savait qu’une deuxième serait inévitable, voire une troisième et les suivantes. Il semble que Messieurs les Marchés financiers l’ignoraient. Il va falloir qu’ils améliorent leurs circuits d’information et prennent un abonnement au Parisien ou à Ouest-France.

    D’ailleurs, même si ce parti Syrisa n’arrive pas au pouvoir fin janvier, il faudra abandonner une partie de cette dette qui ne pourra pas être remboursée. La première restructuration de 2011 s’était traduite par l’abandon d’environ 100 milliards d’euros par les banques privées, c’est-à-dire, finalement payée par les clients et actionnaires des banques. De nouveaux prêts avaient alors été octroyés par les autres Etats européens, c’est-à-dire par les contribuables communautaires. Cette nouvelle restructuration va maintenant amener les Etats à abandonner une partie de leurs créances, c’est-à-dire que les contribuables non grecques vont faire cadeau aux citoyens grecs de la partie de ces prêts qui devra être annulée. Une solidarité financière qui ne va pas être bien facile à faire admettre aux électeurs concernés.

    Quand à Messieurs les marchés financiers le conseil est qu’ils fassent preuve d’un peu plus de self-control. Il y a 95% de chances que cette renégociation se passe entre gens intelligents et de bonne compagnie pour aboutir à un résultat satisfaisant. Evidemment cette annulation de dette se traduira par un appauvrissement européen de ce montant qui aura été vainement prêté mais pas complètement dépensé en pure perte puisque cet argent a fait tourner l’économie grecque, mais au lieu de continuer à tourner, il aura été dépensé une fois et le processus s’arrêtera là.

  • Miss Tic sur les murs de Paris

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  • Religion en Europe

    Des manifestations en Allemagne contre l’islamisation de la société, des mosquées incendiées en Suède, la montée des partis d’extrême droite un peu partout, des succès de librairies aux relents nauséabonds, symptômes que notre société occidentale plie face à la tactique des religieux du Moyen-Orient qui appliquent le fameux principe maoïste : action-répression-révolution !
    En provoquant des attentats activés par des cellules dormantes en Europe ou aux Etats-Unis, en séduisant des gamins qui préfèrent monter au front en Syrie plutôt que de pointer chez Pôle-Emploi en banlieue, en diffusant des décapitations en série sur YouTube et autres joyeusetés du même ordre, les religieux introduisent le poison et le doute dans les démocraties, provoquent la mise en place de machines bureaucratique réprimant la liberté, le tout assaisonné à la sauce de la dépression économique qui s’est emparé de l’occident : les deux premières étapes de l’axiome maoïste sont réalisées. La dernière est peu probable mais la capacité de nuisance de la religion a toujours été sous-estimée au cours des siècles des siècles.

  • Qui sera le plus malin

    Israël et l’Autorité palestinienne s’affrontent pour savoir qui a commis le plus de crimes de guerre. Le concours risque d’être épique.

    L’Autorité palestinienne lasse de négociations qui n’en finissent pas pour la création de son Etat, et après que la Palestine ait été reconnue comme Etat observateurs aux Nations Unie (situation ne donnant pas le statut d’Etat membre), et Etat membre de l’Unesco, a demandé cette fois son adhésion à la Cour pénale internationale. En principe cette requête doit être acceptée et permettrait à l’Autorité palestinienne d’attaquer Israël pour crimes de guerre ce qui inquiète Tel-Aviv car ce pays ne souhaite pas que ses exploits guerriers soient passé à la moulinette de la cour pénale.

    Alors Israël qui ne peut plus juridiquement bloquer l’adhésion à la Cour pénale menace à son tour d’attaquer l’Autorité palestinienne pour crimes de guerre arguant du fait que l’Autorité est alliée avec le Hamas dont certaines des méthodes relèvent bien, à n’en pas douter, de la Cour. Le plus croquignolet dans l’histoire est qu’Israël n’est pas membre de la Cour dont elle refuse de  reconnaître l’autorité…

    On a donc une Palestine membre candidate à la cour pénale qui veut attaquer Israël, un Etat non membre de la Cour, pour des fait qui en principe ne relèvent pas de ladite Cour qui ne juge que ceux s’étant déroulés sur le territoire d’un Etat membre. Et nous avons Israël, non membre de la Cour et ne désirant pas le devenir, cherchant à bloquer l’adhésion de la Palestine tout en menaçant de l’attaquer devant cette Cour pur crimes de guerre.

    Vous ne comprenez rien ? Ne vous inquiétez pas, c’est normal, il s’agit du Proche-Orient !

    On aimerait quand même qu’Israël et la Palestine utilisent leur machiavélisme et leurs diplomates à des choses plus positives pour l’avenir de la région…

  • Des breloques à bannir pour les civils

    Thomas Picketty, économiste auteur d’une sommité sur la formation des inégalités aujourd’hui : « Le Capital au XXIème siècle », était inscrit, semble-t-il sans qu’il en ait été préalablement informé, sur la promotion du nouvel an à la légion d’honneur. Dans un communiqué, le garçon estime que ce n’est pas à l’Etat de décider qui est honorable ou pas et du coup refuse la breloque, ce qui fait un peu de tintamarre sur les plateaux médias-mondains qui n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent.
    On apprend à cette occasion que le compositeur Hector Berlioz a également refusé la Légion d’honneur en 1864 car l’Etat désargenté [déjà ! NDLR] entendait le payer d’une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de lui verser les 3 000 francs promis. Il se serait alors emporté : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! »
    La vérité c’est que l’on pourrait aisément se passer de ces décorations qui relèvent d’un autre âge, ou alors ne les réserver exclusivement qu’aux faits militaires. Cela éviterait les gonflements d’égos inutiles, les prétentions et les ambitions de tous ordres. Cela éviterait enfin de faire cohabiter dans une même promotion Mimie Mathy et un prix Nobel d’économie… ou de décorer des forbans du genre d’Isabelle Balkany ou d’Arcadi Gaydamak !

  • Les fumistes de la République

    A priori les communicants de plateaux télévisés ne sont pas du même avis que les communicants de palais gouvernementaux, pourtant ce sont souvent les mêmes qui passent des uns aux autres en fonction des aléas politiques. Nous en parlions le 30 décembre, le président de la République a présenté ses vœux télévisés assis dans son bureau-pièce ce qui faisait jaser les rédactions depuis trois jours. Et voilà que bureau-meuble était vide de tout papier, téléphone ou ordinateur ! Seul un sous-main en cuir bordeaux ornait le plateau de bois. Alors les analystes en communication trouvent là un nouveau sujet de ventilation : l’image de président au travail dans son bureau est cassée par l’absence de dossier donnant ainsi l’image d’un président de la parole.
    La meilleure solution avec ces communicants de rencontre serait de ne pas les écouter, de toute façon ils ne sont jamais contents, rarement d’accord entre eux et très nuisibles à l’avenir de la République. Il est inefficace que de l’argent public soit dépensé en faveur de conseillers inutiles. Il faudrait mettre tout ce petit monde à l’usine en 3×8 pour leur remettre la tête à l’endroit… mais il n’y a plus d’usines.

  • Morrissey, ‘Autobiography’.

    Sortie : 2013, Chez : Pengui Classics.

    L’autobiographie du chanteur-compositeur-co-fondateur des Smiths (avec le guitariste Johnny Marr), groupe météorite des années 80s post punk. Publié par les éditions très littéraires Penguin Classics, l’ouvrage semble écrit d’une traite, il n’y a pas de chapitres, à peine des sauts de paragraphe, on dirait du Proust ! Avec une belle énergie le rocker raconte son enfance et sa vie d’homme, tournées vers la musique comme un viatique. Réputé pour sa dépression permanente il n’en donne pas l’image dans ces pages vigoureuses où l’urgence de vivre emporte tout : « Life is Only Now ».

    De Manchester à Los Angeles en passant par Rome, on suit les pérégrinations de l’artiste et son voyage intérieur dans la création, d’abord avec les Smiths, puis en solo. De la musique il est finalement assez peu question, comme si ses disques et ses paroles en disent assez. On passe du temps dans les méandres légaux qui ont suivi l’éclatement du groupe de Manchester, dans ses démêlés avec les maisons de disque, des musiciens qui vont et qui partent, parfois avec fracas, mais c’est aussi ça la vie d’artiste. Tout n’est pas rose ni facile mais l’équilibre de l’ensemble a permis à l’œuvre de naître, parfois au détriment de l’équilibre de l’artiste lui-même !

    Il faut attendre les dernières pages pour lire les notes de ses dernières tournées : une succession d’impressions et de sentiments relevés au hasard de villes traversées l’espace de quelques heures. Beaucoup de feeling partagés avec ces foules qui l’acclament et reprennent ses vers aux quatre coins de la planète. Ce grand solitaire un peu perdu sait transmettre aux masses, n’est-ce pas le propre des vrais artistes ?

  • La France immobile

    Les négociations menées entre l’Etat et la société Ecomouv qui était en charge de collecter l’écotaxe et dont le contrat a été résilié sous la pression des corporatismes viennent d’aboutir sur le principe d’un dédommagement de 839 millions d’euros en faveur de cette entreprise privée qui avait déjà réalisé des investissements significatifs, dont les fameux portiques routiers qui avaient déclenchés l’ire des corporatistes bretons, entre autres, qui en avaient détruit un certain nombre.
    La loi instaurant cette écotaxe était l’une des rares en France à avoir été votée à l’unanimité au parlement suite au Grenelle de l’environnement, un machin mis en place par le pouvoir précédent pour gérer la transition écologique et qui se dégonfle comme une vieille baudruche. L’esprit était de faire payer les utilisateurs du réseau routier en fonction de leur utilisation : plus on est lourd et plus on roule, plus on paye. Un principe qui n’est pas illogique. Mais lorsqu’il s’est agi de franchir le pas et de percevoir la taxe écologique sur les citoyens-électeurs, plus personne n’était là, opposition comme majorité, ministres comme élus, ont expliqué que finalement cet impôt était une fausse bonne idée et de justifier cette reculade avec moult arguments.
    Evidemment, le produit de cette taxe devant initialement financer l’entretien du réseau routier et le développement des transports alternatifs il a bien fallu augmenter un autre impôt pour rapporter les 1,2 milliards d’euros annuels nécessaires et on a taxé le gas-oil, notamment. Comme souvent en France on balance le mistigri sur une autre corporation moins bruyante.
    Ce nouvel épisode de l’immobilisme français n’est pas vraiment brillant, et il est très dispendieux. Outre les 839 millions de dédommagement à verser à Ecomouv, il ne semble pas exclu que d’autre entreprises impliquées dans le projet ouvrent des litiges contre l’Etat pour rupture abusive de contrat, générant ainsi d’autres charges à payer par le contribuable. Sans parler bien entendu de l’aspect écologique du dossier que l’on passe sous le tapis.

    Il ne serait pas inutile que les dirigeants expliquent calmement, chiffres à l’appui, les tenants et aboutissants de ce dossier, sans forcément prendre parti pour un camp ou un autre, mais plutôt pour détailler sur quoi se fonde une décision (quand même votée à l’unanimité par les députés), et pour illustrer pourquoi et comment on a dû changer d’avis, mettre en avant les dysfonctionnements de la République qu’il convient d’améliorer. C’est ce qu’on appelle de la pédagogie et apprendre de ses erreurs, ce qui trancherait avec la propagande participative érigée désormais en mode de fonctionnement. Ce serait l’honneur d’un dirigeant de procéder ainsi.