Auteur/autrice : Rehve

  • Les mauvaises décisions d’un Chirac benêt

    On ne dira jamais assez tout le mal généré durablement par la réforme constitutionnelle du quinquennat voulue par le régime Chirac en 2000. Ce ne fut qu’un des innombrables retournements de veste de l’impétrant, mais ce fut certainement le plus nuisible. Manipulé à l’époque par Giscard dit d’Estaing qui a poussé à cette réforme, sans doute juste pour nuire à Chirac son ennemi de toujours, quasiment sans pouvoir puisqu’en période de cohabitation socialiste (suite à sa désastreuse décision de dissoudre l’assemblée nationale) avec Jospin premier ministre qui était en faveur du quinquennat, le président de la République voyait le moment où cette réforme pouvait lui être imposée par le parlement ; plutôt que de se battre contre le quinquennat comme il l’avait fait depuis des décennies, il cède et organise un référendum histoire d’en tirer le bénéfice. Approuvé à 73% des électeurs, Chirac empoche la gloriole de cet éphémère succès électoral et transforme la République en plateau télé où l’élection présidentielle devient l’émission préférée de télé-réalité qui ne s’arrête jamais, sauf peut-être durant les 12 mois qui suivent immédiatement l’élection. Ce fut une mauvaise action !

  • Les confettis en lambeauxde l’ex-URSS

    Le boxon continue en Ukraine, pays en guerre civile qui a signé un accord d’association avec l’Union européenne. Les séparatistes pro-russes abattent des avions de chasse ukrainiens. S’ils sont capables d’abattre des Mig, on peut raisonnablement penser qu’ils ont pu abattre le Boeing de la Malaysian Airlines… D’ailleurs on ne parle plus beaucoup de cette catastrophe aérienne ni de ses potentiels responsables.

    La guerre civile en Ukraine montre l’inefficacité des parties en présence. Cette sécession aurait pu se faire en bon ordre puisqu’elle semble inévitable. Les populations minoritaires prorusses auraient pu négocier leur autonomie, voire leur indépendance. Personne ne se serait opposé à la sécession de la Crimée par exemple puisque 100%, ou presque, de la population de Crimée souhaitait le retour à la Russie. Un gouvernement démocratique aurait donc laissé partir cette province. L’impatience slave a préféré le son du canon à celui du référendum.

    Le cas des provinces de l’est ukrainien est plus compliqué car la population est plus mélangée entre légalistes et prorusses. Une solution d’autonomie aurait au moins pu être négociée. Ce ne fut pas le cas et l’armée ukrainienne semble en voie de reconquérir les territoires sécessionnistes. Mais il faudra bien y revenir plus tard quand les armes se seront tu.

    Dans un cas comme les autres, les réflexes de ces ex-Républiques soviétiques sont naturellement guerriers plus que démocratiques.

  • Fausses factures de l’UMP

    Désopilant : après les fausses factures payées par l’UMP pour financer on ne sait trop quoi, le dépôt de bilan de Bygmalion, la société faux-facturière, les informations judiciaires en cours sur ce système délictueux, la démission forcée de Coppé qui ne se sentait responsable de rien ; voici maintenant les élus mauvais payeurs de leurs cotisations au parti, et qui s’en vantent.

    La trésorerie de l’entreprise UMP est fortement déficitaire et l’on s’aperçoit que nombre d’élus ne payent plus leurs cotisations. Comme toujours la Dati, ex-garde des sceaux à champagne, est en première ligne, non seulement elle présentait des notes de téléphone de 10 000 EUR par an pour remboursement par le parti, mais elle se justifiait de ne pas payer ses cotisations, explique un de ses proches, car elle n’était pas associée à la vie de sa fédération. On trouve aussi Guaino-le-colérique, Lellouche et d’autres. Tout ce petit monde, pro comme anti-Copé, explique que n’étant pas content de la direction, ou du montant de la cotisation, ou de l’âge du capitaine, eh bien il arrête de payer.

    Irresponsabilité et sentiment d’impunité érigés en mode de fonctionnement par ces élus de droite, comme toujours ; tout est permis, le contribuable finance lourdement les partis politiques via leurs impôts, les adhérents via leur adhésion et les prélèvements exceptionnels comme le récent Sarkoton, mais les élus s’assoient sur les statuts du parti qu’ils ont en principe approuvés, et ne payent pas leur dû ! Ils s’en attribuent le droit, point, circulez il n’y a rien à voir.

  • La Syrie chimique

    Au moins un élément positif dans le conflit syrien : l’arsenal chimique remis par le régime aux autorités internationales a été détruit comme l’ont annoncé les Etats-Unis. Cette destruction a donné lieu au bal des faux-culs, chaque pays estimant que détruire ces produits c’est très bien du moment qu’il n’y est pas procédé sur leur territoire. Comme on pouvait difficilement le faire en Syrie en pleine guerre civile, il a fallu réaliser cette opération sur un bateau américain spécialisé croisant dans les eaux internationales en Méditerranée au large de la Crète. Bien entendu les pêcheurs et les hôteliers du coin y ont trouvé à redire…

    L’idéal aurait été de remettre les produits aux pays qui les ont vendu, juste pour marquer les responsabilités. En attendant on ne sait pas bien si le régime syrien a livré toutes ses armes chimiques ou pas. Et puis il leur reste des produits pas formellement interdit qui peuvent être utilisés par quasiment n’importe qui sur un plan militaire comme le chlore, les pesticides, etc.

  • Les subtilités du pape

    Le pape François 1er prospecte de nouveaux marchés en Asie (en Corée du Sud en l’occurrence) et tout le monde tombe en pamoison devant cette stratégie divine. Il fait le job, voilà tout. La fiche du poste depuis Saint-Pierre est de répandre la foi catholique en diffusant son message. Eh bien il fait ce pour quoi il a été mandaté.

    Comme nous sommes revenus à d’ancestrales guerres de religion au Moyen-Orient, le pape en a profité pour écrire à l’ONU en demandant « de tout faire… [pour que cessent les violences contre les chrétiens constituant]… une offense à Dieu et à l’humanité ». Qu’en termes divins ces choses sont bien dîtes. En l’occurrence « tout faire » consiste à envoyer des F16 bombarder des barbus.

    Certains de ses évêques (de France) vont encore plus loin en justifiant l’utilisation de la force :

    « Le voyage tout récent de la délégation de l’Eglise catholique en France vient de mesurer à quel point la population irakienne, dans ses diverses composantes, crie au secours. Entendrons-nous leur appel ? Nous saluons les récentes prises de parole des dirigeants de notre pays. Mais elles doivent se concrétiser davantage. C’est au niveau des Nations Unies que doit au plus vite s’organiser la plus ferme et la plus rapide des réactions, avant qu’il ne soit trop tard.

    Les catholiques de France sont mobilisés dans la prière et l’action. Nos frères chrétiens sont chez eux en Orient ! La communauté internationale est indigne d’elle-même si elle ne protège pas toutes les minorités de la planète. »

  • La Russie humanitaire

    La Russie continue à souffler le froid dans le total boxon asiatique de l’Ukraine : elle met en place un convoi humanitaire de 300 camions pour les enclaves pro-russes du voisin ukrainiens. Sur le fond, pas de problème majeur, sur la forme cette initiative provoque l’ire du gouvernement de l’Ukraine qui organise ses propres convois humanitaires…

    On attend le moment où la Russie expliquera qu’elle procède comme l’Europe fait en faveur des chrétiens d’Irak : de l’aide humanitaire pour les minorités !

  • L’UMP au secours des chrétiens d’Orient

    Les trois dirigeants provisoires de l’UMP (Juppé, Fillon et Raffarin) commettent une lettre ouverte au président de la République dans laquelle ils appellent au soutien des chrétiens d’Orient. Ils demandent : le retour à une diplomatie singulière, non alignée, mais entraînante… le soutien aux frappes américaines… une politique collective de fourniture d’armes aux combattants kurdes… rappelant majestueusement que …la France elle-même a le devoir de faire entendre sa voix… avant de conclure d’un cinglant : Au risque du déshonneur.

    Cette supplique est racoleuse et inutile mais un parti politique se devait de s’exprimer sur le sujet. Ces trois beaux esprits auraient néanmoins pu faire preuve d’un peu plus n’analyse de la situation et d’intelligence des propositions. A leur décharge, ils passent beaucoup de temps à faire le syndic de faillite l’UMP (voire à réfléchir à un programme de gouvernement) et il doit donc leur en rester assez peu pour la réflexion. Soyons indulgents pour cette fois-ci !

  • Bobby & Sue

    Bobby & Sue aux Mercredis de Trébeurden. Duo jazz-blues breton charmant sur une petite scène près du port, une cinquantaine de spectateurs, un froid polaire, un comptoir qui délivre du cidre et des crêpes, un bon moment, simple et musical.

  • Les pochettes de Laurent Fabius

    La France envoie de l’aide humanitaire au Kurdistan. C’est bien mais était-il nécessaire d’y joindre Laurent Fabius avec ses pochettes ridicules ?

  • Des illusions au Moyen-Orient

    Rappelons les grands axes de la géopolitique au Moyen-Orient :

    • Les musulmans sunnites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet (mort en 632) est Abou Bakr qui deviendra effectivement calife
    • Les musulmans chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Ali, son gendre et fils spirituel
    • Les chrétiens pensent que Jésus est leur prophète
    • Les juifs pensent que Jésus n’est pas leur prophète et attendent toujours leur messie
    • Les yézidistes croient en un Dieu qui façonna le monde comme une grosse perle blanche qu’il brisa et dont les éclats formèrent le ciel, la terre et la mer
    • Les zoroastriens considèrent que leur Dieu n’a pas besoin d’adoration, pas besoin d’intermédiaires
    • Tous croient à la vie éternelle au paradis où chacun rejoindra son Dieu, les uns mangent du cochon et pas les autres, etc.

    Depuis 2 000 ans ces principes ont entraîné des millions de morts sur la planète, et l’on continue aujourd’hui à se battre pour ces illusions ! C’est pathétique.

  • La religion au XXI ème siècle

    Les barbus de l’Etat Islamique en Irak et au Levant appliquent les commandements de leur foi dans les territoires qu’ils ont conquis en Irak : tout humain qui n’est pas musulman sunnite est prié de se convertir immédiatement sous peine d’être exécuté sur place. Alors des masses de chrétiens (et sans doute de musulmans chiites) sont en train de fuir la nord du pays pour aller se réfugier au Kurdistan, en principe plus protecteurs et moins extrémistes…

    Un dignitaire iraquien chiite appelle à prendre les armes contre les sunnites, des évêques chrétiens s’émeuvent à travers la planète et en France, Christine Boutin inondent la tweeto-sphère de ses messages stupides. Bref, la religion continue à décliner sous nos yeux sa régression profonde et les armes parlent au nom de Dieu en Orient.

  • Les guerres pots-coloniales

    Et c’est reparti : les Etats-Unis bombardent l’Irak pour tenter d’arrêter quelques cinglés barbus et fous d’Allah. C’est étrange ce destin des puissances coloniales à ne pouvoir se dégager des problèmes de leurs anciennes possessions… La France est engluée au Mali et en République Centrafricaine… les Etats-Unis qui reviennent en Iraq quittée piteusement il y a quelques années. Certes l’Irak n’a jamais été une colonie américaine, mais les accords pris après la deuxième guerre mondiale entre les pays du Golf, le Royaume-Uni et Washington ressemblent quand même par certains côtés à une administration coloniale.

    Les similitudes avec la guerre de Vietnam sont frappantes, seul l’ennemi était différent : le communisme en Asie du Sud-Est dans un cas, les djihadistes dans l’autre. Dans ces deux guerres, la puissance militaire américaine n’a pas suffi à vaincre et a été défaite, au moins politiquement. Dans les deux cas, l’armée nationale a été mise sur pieds, formée à coups de milliards de dollars, équipée avec du matériel dernier cri pour résister à l’ennemi intérieur et… s’est débinée à la première alerte. La rébellion, communiste et djihadiste, avait une foi en un idéal et s’est affronté avec un pouvoir déliquescent. Le résultat fut en faveur du Vietnam du Nord communiste en 1975. Nous verrons dans les prochains mois ce qu’il pourrait être au Moyen-Orient.

  • Oublions un peu Moïse

    Malgré les bombardements destructeurs d’Israël sur la bande de Gaza, le Hamas continue d’envoyer ses bombinettes à réaction sur le voisin. Elles sont le plus souvent inoffensives mais énervent copieusement Israël qui doit se dire « tout ça pour ça ! ». Le Hamas s’offre même le luxe de rompre un cessez-le-feu accepté par son ennemi car ses revendications ne seraient pas prises en compte.

    Même si Tel-Aviv rasait Gaza comme en 1945 les alliés rasèrent Dresde, il y aurait toujours un petit Hamas qui sortirait de derrière les cailloux avec son drapeau noir, ne serait-ce que parce que nous avons 5 ou 6 millions de palestiniens exilés dans le Proche-Orient suite à la première guerre israélo-arabe de 1948 ! Réfugiés apatrides ils refusent généralement d’accepter la nationalité de leurs pays hôtes, quand on leur la propose, pour entretenir le rêve sans doute illusoire du retour au pays.

    Israël se drape derrière son droit biblique à investir cette terre, les palestiniens rappellent leur antériorité sur celle-ci dont ils ont été chassés, et chacun en appelle à Moïse ou Allah pour justifier l’injustifiable. Les deux camps continuent pour le moment à s’exprimer à coup de missile. Cela dure depuis 60 ans, laisse le Proche-Orient à feu et à sang et commence à sérieusement fatiguer le reste de la planète.

    Il faudra un jour reprendre les discussions et laisser Moïse/Allah de côté pour parlementer entre humains avec des raisonnements terriens au lieu d’envolées divines.

  • Les Khmers rouges au tribunal de l’Histoire

    Les Khmers rouges au tribunal de l’Histoire

    Au Cambodge, les deux dirigeants khmers rouges survivants viennent d’être condamnés à la prison à perpétuité : Nuon Chea et Khieu Samphan. Ils ont respectivement 88 et 83 as, ont fait appel du jugement et ne passeront sans doute pas beaucoup de temps en prison. Le gouvernement cambodgien ne souhaite pas aller plus loin dans le jugement des responsables du génocide khmer. Il faut dire que le premier ministre est lui-même un ancien officier subalterne khmer rouge et que d’autres khmers rouges ont intégré l’administration du pays. Le tribunal mixte constitué entre l’Onu et la Cambodge pour juger de ce génocide avait déjà été très compliqué à mettre en œuvre.

    Après tout, restons en à ces deux personnages pour peu qu’ils soient effectivement condamnés afin de clôturer l’un des plus sinistres épisode politique et génocidaire de la seconde moitié du XXème siècle. Il est fascinant de voir comment ce malheureux petit pays a d’abord été copieusement bombardé par les forces américaines dans les années 60/70, en lutte contre le Vietnam du Nord communiste, puis s’est livré à l’expérience des Khmers Rouges pour quatre terribles années à partir d’avril 1975 avant d’être chassés du pouvoir par le Vietnam en 1979.

    Une clique d’intellectuels maoïsants, souvent formés dans les universités françaises (Khieu Samphan est diplômé de la Sorbonne), ont appliqué méthodiquement leur culture mao : vider les villes (dès le lendemain de leur installation aux commandes) et mettre les urbains dans les champs, créer l’Homme nouveau en expurgeant ses tendances bourgeoises à force de rééducation, massacre des récalcitrants, etc. Et tout ceci abouti au massacre de deux millions de personnes, un quart de la population, en quatre ans. Le tout sous le regard de la communauté internationale, plutôt indulgente, au début de l’expérience en tout cas. Comme toujours avec les régimes totalitaires, les Khmers Rouges arrivent à faire participer une partie du peuple à son propre génocide, c’est la caractéristique du Mal !

    Une partie de l’intelligentsia française (dans les années 70’s, Sartre est toujours très actif sur les restes de la Gauche Prolétarienne) fut intéressée par cette expérience que certains auraient voulu approcher en France. Même dans leurs rêves les plus fous, ils n’auraient pas imaginé un contexte plus parfait pour l’application d’un maoïsme pur et dur. Il s’en suit une coupable indulgence à l’encontre d’un régime qui s’avèrera génocidaire. Même Le Monde a chroniqué favorablement l’installation des Khmers Rouges au pouvoir.

    Il est vrai qu’il est toujours facile de refaire l’Histoire après coup. On ne pouvait pas, en 1975, parier sur le génocide. On pouvait en tout cas savoir qu’un gouvernement d’idéologues est toujours générateur de dérives, on le voit encore aujourd’hui, hélas ! Le plus terrible dans cette affaire est que les Khmers Rouges continuèrent des années durant à être reconnus comme seuls représentants officiels du Cambodge, même après leur chute, car la communauté occidentale ne voulait pas leur substituer un gouvernement mis en place par le Vietnam communiste…

    Le génocide Khmer est aussi un avatar de la lutte de l’époque contre le communisme international, d’où l’engagement américain (et de leurs alliés) au Vietnam. Le communisme s’est (presque totalement) effondré en 1989 mais cette victoire a été obtenue aux prix de sévères déroutes sur la planète, dont l’arrivée de pouvoirs communistes dans les années 70’s dans nombre de pays en Asie et en Afrique.

  • Une larme pour le secteur bancaire…

    Le patron d’HSBC se plaint lors de la présentation des comptes semestriels de la banque de l’avalanche de régulation qui s’abat sur le secteur financier qui occupe 10% de son effectif et surtout rend les salariés trop adverses au risque pour faire correctement leur métier.

    On a du mal à écraser une larme pour HSBC au moment où un nouveau scandale bancaire éclate au Royaume-Uni qui promet d’être encore plus retentissant que ceux, déjà nombreux, des manipulations de taux, de subprimes : celui des assurances crédit vendues, parfois abusivement, par les banques pour permettre d’annuler la dette en cas de décès ou d’invalidité de l’emprunteur. En fait, dans un tel cas le crédit est remboursé par l’assureur, qui peut être une filiale de la banque elle-même.

    Les banques britanniques semblent avoir gagné beaucoup d’argent avec cette activité d’assurance qui n’aurait dû rester qu’accessoire, et seraient surtout coupables de vente forcée de ces assurances. Devant le nombre de plaintes et des décisions judiciaires, les banques ont commencé à rembourser les primes d’assurance contestées. Cela se chiffre en milliards de livres… et n’est pas fini. Voilà qui va rendre du pouvoir d’achat aux consommateurs outre-Manche et occuper les services de compliance crées par les banques pour s’assurer qu’elles respectent bien les nouvelles réglementations.

  • Dieu et la Raison

    La religion est synonyme de toutes les arriérations humaines, le déclencheur de toutes les régressions de la pensée, l’origine des plus grands cataclysmes de notre Humanité. Nous en avons la confirmation hélas tous les jours. Au Proche-Orient des barbus s’affrontent à des intégriste à papillotes et se balancent des missiles sur la tête qui tombent au passage sur des écoles, et tout ça parce que Moïse, ou Jésus, ou Jehova, ou on ne sait plus qui a arrêté la mer rouge et multiplié les pains en marchant sur l’eau. Les uns font appel à 2000 ans d’Histoire pour justifier leur présence sur cette terre, les autres s’en sont fait expulser en 1948 et s’en plaignent, tous dégainent leurs armes pour s’imposer et tous y échouent depuis des décennies. C’est ainsi. On a vu ça des deux côtés du Rhin pendant deux siècles. On a besoin de raison et d’intelligence alors qu’il n’y a conviction et déraison.

    Un illuminé turc veut proscrire le rire des filles au motif qu’il attise la sexualité des hommes. Des extrémistes pakistanais massacrent le personnel médical qui vaccine les enfants contre la polio, car le vaccin est un produit de l’occident décadent. Des barbus de l’Etat Islamique au Levant chassent les chrétiens du nord de l’Irak, etc. La liste des régressions est sans fin.

    Pour lutter contre l’intégrisme religieux il faut de l’éducation et du développement. A quelques exceptions cela fonctionne bien : l’arriération religieuse recule devant la croissance économique. C’est ainsi que nos sociétés européennes sont progressivement passées de la Bible au Code civil, et grand bien leur en fut. L’immaculée conception n’est pas compatible avec Descartes.

  • L’actualité des banques

    Les vautours en Argentine

    Les fonds vautours qui cherchent à faire plier l’Argentine pour se faire rembourser 100% de leurs créances là où la majorité des créanciers ont accepté il y a dix ans d’en annuler la plus grosse partie, ces fonds vautours, donc, sont en bonne voie d’emporter le morceau puisqu’ils ont réussi à faire prononcer le défaut technique de ce pays sur sa dette publique par les tribunaux américains.

    Revoilà l’Argentine dans la tourmente financière et surtout voici mis en cause les grandes lignes des méthodes habituelles de restructuration des dettes publiques par la communauté financière internationale. Ce jugement risque de remettre en cause bien des plans de restructuration passés à venir. Voyons ce qu’il adviendra à court terme avec le défaut argentin, mais les semaines à venir risquent d’être tendues et provoquer bien des remous sur la planète financière.

    Le plus croquignolet dans le comportement de ces vautours est leur conviction que c’est à cause de gouvernements corrompus que ces pays n’arrivent pas à rembourser leurs dettes. Refuser l’annulation de dettes et vous aurez, contraint et forcé, des gouvernants meilleurs gestionnaires ! Il y a du vrai bien sûr, mais dans ces affaires les prêteurs sont souvent aussi coupables que les emprunteurs en agissant avec la même insouciante incompétence !

    La France pourrait être un jour confrontée à ce genre d’oukases de financiers prêteurs sans scrupules. Elle le fut déjà et régulièrement lors que le Franc subissait les attaques de spéculateurs sans scrupules mais qui ne faisait qu’appuyer du doigt sur l’abcès de la dette. De dévaluation en dévaluation la leçon n’a guère été retenue et la République continue à afficher un stock de dettes qui un jour attirera l’attention de spéculateurs mal intentionnés. Le mieux serait de baisser cet endettement.

    Les grandes banques achètent leur impunité dans l’escroquerie des subprimes

    Pour éviter un procès pénal, Bank Of America est en train d’accepter de payer une amende de 16 à 17 milliards de dollars pour son implication financière dans l’escroquerie des subprimes, déclencheur de la crise financière mondiale de 2008. La moitié de ce montant servirait à indemniser les investisseurs escroqués. Après les 13 milliards de JP Morgan Chase, les 10 de BNP Paribas, on atteint là un record mais on est encore loin des conséquences abyssales des errements de la finance qui ont mené l’économie occidentale au désastre que l’on connaît. Ces sanctions financières ont au moins le mérite de désigner les incompétents et de faire payer leurs organisations.

    L’esprit saint n’a pas sauvé la banque Espirito Santo

    La banque portugaise Espirito Santo fait faillite. C’est le premier établissement du pays. Le mécanisme européen de sauvetage des banques mal gérées a été mis en œuvre pour la première fois, avec succès jusqu’ici. Les actionnaires et certains créanciers vont y laisser des plumes, les contribuables européens, pour une fois pas seuls, feront le reste. Il n’est pas prévu de changer le nom ridicule de la banque, dommage.

  • Delbo Charlotte, ‘Auschwitz et après – III. Mesure de nos jours’.

    Sortie : 1971, Chez : Les Editions de Minuit. Sans doute le volume le plus bouleversant des trois tomes de « Auschwitz et après » ! Les deux premiers parlaient de l’horreur des camps et décrivaient l’instinct de survie de l’auteur. « Mesure de nos jours » raconte l’après, le retour à la vie normale, la gestion du souvenir dans un environnement de gens qui n’ont pas connu Auschwitz. L’étrange sentiment que l’expérience vécue vous a porté dans un monde à part de celui des humains et puis cette insondable amitié-solidarité avec celles qui en sont aussi revenues, et ce jusqu’à la fin des temps. Après les premiers jours du retour à Paris à la sortie de Ravensbrück, Charlotte Delbo parle, toujours avec cette douceur désespérée, de la vie d’après, la sienne et celles de certains de ses camarades, se mettant dans leur peau pour raconter. Celles qui se sont plongées dans l’hyperactivité, celles qui ont retrouvé une famille, celles qui n’en n’ont plus, celui qui a été accusé d’avoir trahi son réseau… Des tranches de vie de ces martyrs qui ont du continuer à exister quoi qu’il leur en ait couté. L’ineffaçable souvenir cauchemardesque de l’horreur qui marque le restant de leur vie.
    « Quand on a regardé la mort/ à prunelles nues/ c’est difficile de réapprendre/ à regarder les vivants/ aux prunelles opaques »
    « Ce que je veux dire quand je dis qu’ils ne comprennent pas, personne ne peut comprendre. Au moins doivent-ils savoir. »
    « Je ne suis pas vivante. Je suis morte à Auschwitz et personne ne le voit. »
    « Qu’il nous ait fallu une volonté surhumaine pour tenir et revenir, cela tout le monde le comprend. Mais la volonté qu’il nous fallu au retour pour revivre, personne n’en a idée. »

  • Delbo Charlotte, ‘Auschwitz et après – II. Une connaissance inutile’.

    Sortie : 1970, Chez : Les Editions de Minuit. Le tome 2 des 3 volumes de « Auschwitz et après ». Plus personnalisé que « Aucun de nous ne reviendra », l’auteur y parle d’elle et de ses compagnes, de leur vie de tous les jours, si tant que l’on puisse parler de vie à Auschwitz ou Ravensbrück. Leur volonté à continuer de vivre encore un jour de plus, leur touchante solidarité, l’objectif de ne pas s’effondrer, de garder leur mémoire pour ne pas « se perdre soi-même ». Le texte est entrecoupé de poèmes en prose sur les morts qui s’en vont, la beauté qui se dissous, l’ignominie des conditions de la survie…
    Et puis Georges est évoqué, ce mari à qui elle eut quelques minutes pour dire adieu dans une cellule de la prison de la Santé avant son exécution, puis son propre départ vers les camps pour faits de résistance.
    Ce journal se termine sur la sortie de Ravensbrück en avril 1945 lorsque que quelques milliers de survivantes sont remises à la Croix-Rouge suédoise, la difficulté qui déjà affleure de retourner au monde d’en dehors le camps, et un dernier poème « Prière aux vivants pour leur pardonner d’être vivants » :… Je reviens/ d’au-delà de la connaissance/ il faut maintenant désapprendre/ je vois bien qu’autrement/ je ne pourrais plus vivre.
    Une lecture glaçante qui rend muet de douleur et de respect devant ces martyrs de l’idéologie nazi.