Auteur/autrice : Rehve

  • Les transports publics ne facturent pas leurs coûts

    Un rapport judiciaire accable la SNCF suite à l’accident ferroviaire de Brétigny qui avait fait plusieurs morts en juillet 2013. Il apparaît notamment que les travaux d’entretien et d’investissement sur le réseau ne sont plus menés dans les règles de l’art.

    La SNCF et son acolyte RFF (Réseau ferré de France) ont sûrement des choses à se reprocher mais il faudra sans doute un jour que l’Etat (et les électeurs) se demandent s’il est bien raisonnable de continuer à encadrer les prix de vente des sociétés nationales. Globalement le chemin de fer français est déficitaire et accumule une dette très significative qui est surtout l’effet de l’accumulation d’excès des dépenses par rapport aux recettes. A la fin de l’histoire, le contribuable est garant de cette dette en partie générée pour permettre aux consommateurs de voyager à un prix inférieur aux coûts réels.

    Bien sûr SNCF et RFF peuvent sans doute améliorer encore leur gestion, certainement l’immobilisme syndical génère des surcoûts dans ces entreprises, mais le problème le plus fondamental est que les prix de commercialisation ne couvrent pas les coûts d’exploitation, d’où moins de moyens pour entretenir le réseau.

    On a grosso-modo les mêmes sujet avec la RATP, EDF et d’autres : à défaut de vouloir faire payer les consommateurs-électeurs, on fait payer les contribuables eux-aussi électeurs. Il n’est pas sûr que le calcul soit efficace.

  • De la mauvaise gestion de l’Etat à celle de l’UMP

    Impayable : les forbans qui ont des responsabilités à l’UMP se déchirent et balancent à tout va les uns contre les autres. A défaut de dépenser de l’énergie pour indiquer quel serait leur programme s’ils reprennent le pouvoir ils donnent tout pour se flinguer entre eux.

    Un audit de la situation de trésorerie de ce parti a été publié sur son site web. Très factuel, il narre que l’UMP est endettée à hauteur de 79,1 millions d’EUR, est en retard de ses paiements fournisseurs et doit renégocier les conditions de remboursement de ses prêts qui ne pourront plus être respectées à partir de 2017.

    Comment fait un parti politique pour être endetté à ce niveau lorsque son revenu principal, la dotation des contribuables, est de 18 millions/an. Premièrement, on achète un immeuble de 40 millions pour y coller son siège, ensuite on dépense sans compter en frais de fonctionnement et action politique, sans compter c’est-à-dire sans ajuster les dépenses aux recettes.

    C’est une habitude des partis politiques, qu’ils soient au gouvernement ou dans l’opposition, ils dépensent sans compter et endette l’organisation dont ils sont responsables, l’Etat ou leur parti ! Dans le cas de l’UMP, ses dirigeants ont fait exactement l’inverse de la tendance suivie par les entreprises, c’est-à-dire acheter de l’immobilier au lieu de le louer pour éviter de porter des immobilisation trop lourdes à financer à leur bilan.

    Le rapport détaille ensuite les conditions de la survie de l’UMP dans les années qui viennent : il faut réduire les dépenses et renégocier la dette. C’est exactement ce que doit faire la République, exceptée la renégociation de la dette qui n’est pas encore d’actualité aujourd’hui mais le deviendra sûrement un jour à n’en pas douter vu l’incapacité des citoyens-électeurs à admettre les réductions de dépenses.

    Lire le rapport sur Audit de l’UMP 2014

    Le parallélisme entre la situation de l’UMP et celle de l’Etat est frappante, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Le plus consternant dans cette affaire est la légèreté avec laquelle les responsables de ce parti l’ont géré. Dire que ces personnages ont vocation à revenir au pouvoir à l’occasion d’une prochaine alternance fait un peu froid dans le dos.

    La gauche reste prudente dans cette affaire et se garde d’en faire des gorges chaudes. Il y a sans doute là un soupçon de solidarité politique, mais aussi surtout la crainte de se retrouver un jour dans la même situation.

  • Etienne Daho – 2014/07/05 – Paris la Cité de la Musique

    Et revoici Etienne Daho de retour sur scène au Festival Days Off de la Cité de la Musique. Son dernier disque Les Chansons de l’Innocence Retrouvée est sorti fin 2013, la tournée de promotion prévue début 2014 a été reportée à la fin de cette année pour raison de santé du bonhomme qui, semble-t-il, a connu des heures difficiles sur une table d’opération. Pour faire patienter son monde, il fait trois concerts en ce début d’été : l’intégrale de Pop Satori le 1er juillet, Pop Hits ce soir et Tombé pour le France à la salle Pleyel le 8 juillet où il recevra de nombreux amis musiciens.

    Ils entrent sur scène tous vêtus de noir et lunettes foncées sauf le claviériste en blouson banc et entame le thème de Pop Satory, Daho est sur le devant entre deux caisses sur lesquelles il frappe en rythme. Son costume noir est relevé d’une collerette couleur bordeaux, lui donnant un petit air clergyman plutôt bien porté…

    On le sent pétrifié de trac comme à son habitude et d’ailleurs il rate l’intro des Attractions désastre, arrête ses musiciens pour reprendre ce texte récité : M’avez-vous déjà vu quelque part ?/ Rafraîchissez-vous donc la mémoire/ Extasié devant une toile de Witsen/ A Rome, Londres ou Rennes/ Vous m’appeliez Etienne/ Cherchant le magicien et sa dose/ New York, Café Reggio, je suppose…/ En plein cœur de l’ivresse/ Au milieu du chaos/ Accoudé à un bar, vous m’appeliez… Daho !

    Il introduit Edith Fambuena qui vient renforcer le groupe sur Saudade. En 1990 ils étaient à New York pour enregistrer Paris Ailleurs avec Nile Rodgers, qui fit défaut. Edith traînait par-là, et elle joua sur l’une des meilleures réalisations d’Etienne. Ce soir avec quatre guitaristes cette version de Saudade claque au vent et emporte le concert vers plein de joie.

    Le show a été baptisé Pop Hits alors la set-list est un concentré des étapes musicales de Daho, qui furent aussi les nôtres, au moins pour certaines. Ce n’est qu’au milieu du concert qu’il jette ses lunettes noires et poursuit cette soirée musicale avec sa bande de musicos soudée et efficace. Les morceaux coulent naturellement sur un public qui se laisse dériver avec plaisir sur les chansons de sa jeunesse. Et puis lorsque la nostalgie pousse par trop à l’introspection les riffs d’Epaule Tatoo enflamment l’atmosphère, la rythmique obsédante de Tombé pour la France pulse dans l’air surchauffé. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Daho est un vrai musicien de scène qui sait monter un show et diriger un groupe.

    Jean-Louis Piérot (le pendant d’Edith Fambuena dans les Valentins) monte sur scène pour le rappel des Chansons de l’innocence retrouvée après le toujours émouvant Ouverture.

    Daho, on l’adore ! Il est timide avec ses airs de quinqua qui ne sait pas vieillir, ses rimes ne sont pas toujours très riches mais sa musique est douce à l’oreille et au cœur, des ritournelles adolescentes que l’on se surprend à encore écouter avec émotion trente années après leur création…

    Il sait mettre en rock de qui aurait pu rester de la variété ne serait-ce ses inspirations swinging London. Daho est fidèle en musique avec ses fans, ses potes musiciens et ceux qui l’inspirent. Et d’ailleurs Debby Harry susurre Call Me sur L’étrangère dans son dernier disque. Jean-Louis Piérot, un autre vieux compagnon de route (le pendant d’Edith Fambuena dans les Valentins) monte sur scène pour le rappel des Chansons de l’innocence retrouvée.

    Après être entré sur scène avec un « …cela faisait si longtemps » il nous quitte confondu en remerciements, comme rassuré d’avoir tenu la distance. Tout le monde est aux anges.

    Setlist : Satori Pop Century/ Des attractions désastre/ L’Homme qui marche/ Saudade/ En surface/ Le Grand Sommeil/ Soleil de minuit/ L’Invitation/ Des Heures Hindoues/ L’adorer/ Tombé pour la France/ Sortir Ce Soir/ Comme un boomerang/ Le Premier Jour/ Epaule Tatoo/ La Peau dure

    Encore : Ouverture/ Les Chansons de l’innocence (Diskönoir extended)

    Encore 2 : Bleu comme toi

  • De la baballe à la bicyclette

    Il semble que les fouteux français se soient inclinés devant plus fort qu’eux au championnat du monde se déroulant actuellement au Brésil, comme il est actuellement difficile de l’ignorer. C’est bien, on va pouvoir maintenant passer au tour de France de bicyclette et les gamins auront juste à échanger leur maillot bleu contre une casquette Ricard, et laisser leurs neurones au congélateur jusqu’à la fin de l’été !

  • Les chaînes d’info et la concurrence

    Lassant : après que les opérateurs de téléphonie nous aient expliqué en long et en large que la concurrence c’est bien, mais chez les autres, car le secteur des télécommunications en France ne peut pas vivre avec plus de 3 opérateurs ! Voici aujourd’hui les chaînes d’information en continue qui nous servent le même charabia : LCI, chaîne payante veut être diffusée gratuitement sur la télévision numérique terrestre (TNT) où existent déjà deux chaînes jumelles iTélé et BFM qui s’époumonent à asséner en encore plus long et plus large que 3 chaînes gratuites ne pourront pas survivre.

    Il est vrai qu’on voit mal ce qu’apporterait à la qualité de l’information du citoyen une troisième chaîne là où les 2 existantes débitent déjà grosso-modo la même information voyeuriste entre les mêmes séquences de réclame, et avec la même absence de réflexion.

    LCI menace de cesser d’émettre si on ne lui donne pas accès au gratuit. Et bien laissons parler la libre concurrence si chère au cœur des économistes libéraux qui s’expriment majoritairement sur LCI et BFM, et que les meilleurs survivent.

    En tout état de cause les économistes mondains prévoient que seules deux chaînes d’information en continue survivront, alors faut-il sélectionner les survivantes administrativement ou faut-il laisser Monsieur le Marché omniscient décider ? Une solution serait d’organiser un sondage auprès des économistes chroniqueurs de ces 3 chaînes pour connaître ce qu’ils suggèrent !

  • Les mal-coiffés du fouteballe français

    Les joueurs de fouteballe français ont fait de grand progrès en coupe de cheveux. La coupe majoritaire est l’undercut qui consiste à avoir les tempes rasées et les cheveux longs sur le crâne. Pour être labélisée undercut la coupe doit présenter un différentiel de 8 cm entre les tempes et le dessus.

    Un personnage célèbre a « popularisé » cette mode au XXème siècle, c’est Adolphe Hitler ! On peut imaginer que les fouteux ne savent pas même qui est Hitler on ne leur reprochera donc pas d’avoir copié un dictateur allemand. Plus proche de nous, la génération punk a également adopté cette coiffure. On se souvient aussi du mouvement punk, plus près de nous, et de Joe Strummer du Clash qui paradaient ainsi !

    Evidemment, les gamins suivent et notre environnement est peuplé de ces clones aux coiffures étranges aux références douteuses.

    Quant à Benzéma il a adopté la coupe taliban : crâne rasé et barbe développée. On peut imaginer qu’il connaît le terme taliban et ce qu’il inspire. Un vrai bonheur la créativité des fouteux franchouillards !

  • Indicible…

    Nous parlions il y a peu de l’arriération des guerres de religion. Les évènements récents ne viennent hélas que confirmer ce qualificatif : trois adolescents israéliens ont été enlevés et tués, a priori par des combattants palestiniens ; en représailles un enfant palestinien a été enlevé et brûlé vif, a priori par des colons israéliens. Depuis les ripostes des armées israélienne et palestinienne vont bon train…

    Il n’y a pas grand-chose à ajouter, au nom de leurs Dieux des cinglés massacrent des gamins, c’est le retour au moyen-âge.

  • Soupçons de trafic d’influence et de corruption

    Nicolas Sarkozy est mis en examen pour soupçon de trafic d’influence et corruption d’un magistrat. Lui et son avocat, également mis en examen pour cette affaire, auraient tenté de corrompre un haut magistrat pour obtenir des informations sur d’autres procédures en cours le concernant.

    Le plus comique dans cette affaire elle qu’elle fut révélée à l’occasion d’une mise sous écoute de l’agité dans une autre l’affaire, celle de l’abus de faiblesse sur Mamy Bettencourt pour laquelle il a été finalement mis hors de cause. En écoutant ces conversations, sous mandat judiciaire, les espions mandatés ont cru identifier les éléments constitutifs des crimes pour lesquels il a été finalement mis en examen.

    Passant à la télé ce soir, l’impétrant s’époumone et avec la légendaire subtilité qu’on lui connaît résume l’affaire en : une bande de juges sanguinaires et bolchéviques –tendance stalinienne-, la faucille entre les dents, s’attaque à lui la blanche colombe pure et naïve. Bien entendu il place instrumentalisation tous les deux mots (avez-vous remarqué comme ce mot instrumentalisation est le nouveau tic verbal de tout politique qui se respecte ?).

    On saura plus tard si ces soupçons sont vérifiés. En attendant ce n’est pas la peine de trop occuper les médias avec ce non sujet. La justice tranchera et tout le monde oubliera, qu’il soit innocent ou coupable. Cela ne nuira pas à l’éventuelle poursuite de sa carrière politique. Sarkozy survivra à cette nouvelle tempête dans le verre d’eau médiatico-mondaine parisienne. Même coupable, ses thuriféraires le penseront innocent et voteront pour lui. Même innocent, ceux qui ne l’apprécient pas le sauront capable de commettre de tels crimes et continueront à ne pas voter pour lui.

  • Piketty Thomas, ‘Le capital au XXI° siècle’.

    Sortie : 2013, Chez : Seuil. Un monument de ce chercheur en sciences sociales, proche du parti socialiste, qui explique les forces de répartition des richesses dans notre monde grâce à des analyses claires et abordables, et des séries statistiques dont certaines remontent à l’an 0 ; un peu de mathématique financière également, mais simple et pleine de bon sens.
    Il en ressort principalement que depuis les origines de l’humanité le capital a été mieux rémunéré que le travail et que cette différence entraîne un enrichissement par définition plus rapide de ses détenteurs versus ceux qui ne font que prester leur force de travail. La conséquence est que le différentiel d’accumulation évolue de façon quasi-exponentielle, surtout en nos périodes de faible croissance et de démographie à l’arrêt. Sans porter de jugement moral sur ce fait, Piketty illustre simplement qu’à atteindre la démesure dans le capital détenu et les revenus encaissés par une minorité on atteint un stade d’inefficacité où les plus riches ne savent plus comment dépenser et la plèbe n’a plus de quoi consommer.
    L’accumulation de la Belle Epoque a été stoppée par les deux guerres mondiales et leur cortège de destruction. La période de rattrapage qui s’en suivit a pu faire croire à une sorte d’autorégulation du capitalisme avec l’apparition d’une classe moyenne. Il n’en est rien et l’analyse de la répartition des richesses en occident par décile/centile de la population montre que l’on est revenu aux niveaux du début du XX° siècle.
    S’y intègrent développements et démonstrations sur l’influence des successions dans les flux de revenus d’un pays, eux-mêmes dépendant de la fiscalité retenue pour les successions qui peut être très variable d’un pays à l’autre ; sur le fait que depuis l’origine de l’humanité la croissance a été entre 0 et 1% l’an et que les taux de croissance de l’Europe après ses guerres, de la Chine aujourd’hui sont dus au rattrapage et tendront à s’égaliser vers le 1% sur le long terme ; que cette croissance est le fait de la diffusion des connaissances et du partage du savoir, et non le produit d’un mécanisme de marché ; que les Etats sociaux et fiscaux ont été constitués au cours du XX° siècle par augmentation des prélèvements fiscaux pour financer l’éducation et la santé, autant dans les pays anglo-saxons que latins ; que l’un des avantages de l’impôt est également la connaissance des patrimoines et des revenus qui sont censé éclairer les décisions politiques ; que le diffusion automatique d’informations bancaires d’Etat à Etat pour lutter contre la fraude fiscale est techniquement possible si la politique l’exige, et comme le montrent actuellement les Etats-Unis ; que le libre échange ne doit pas se transformer en entreprise de siphonage des bases fiscales d’un Etat par un autre ; etc., etc.
    Au chapitre (court) des propositions, Piketty ne se satisfaisant pas du statuquo qui conduit de nouveau vers une inégalité de répartition des richesses du niveau de ce qui existait à la Belle Epoque, propose un impôt progressif mondial sur le capital qui gommerait quelque peu les excès atteints aujourd’hui qui boquent le développement économique. Bien évidemment un tel projet ne pouvant aboutir que dans la transparence financière, il table sur une généralisation de l’exemple américain qui impose ses contribuables sur ses revenus mondiaux et pousse, de gré ou de force, les paradis fiscaux à communiquer de façon automatique de l’information financière et bancaire sur les citoyens américains.
    Un livre plein de réflexion et bon sens dans sa partie explicative qui rappelle quelques vérités que l’on a parfois tendance à passer sous le tapis de nos certitudes, ou de nos intérêts particuliers, pour justifier la non réforme. Il est vrai que la matière fiscale, prônée comme instrument politique de nos démocraties par Piketty, est très délicate à manier (cf. la France de 2014 avec son grand soir fiscal, toujours annoncé, jamais mis en œuvre…). Une idée d’impôt mondial progressif sur le capital sans doute très ambitieuse, mais le chercheur est à sa place de conclure cette vaste fresque des revenus mondiaux par une proposition, fut-elle agressive !

  • Coatalem Jean-Luc, ‘Nouilles froides à Pyongyang’.

    Sortie : 2013, Chez : Grasset. Le récit ironique du séjour en Corée du Nord d’un journaliste déguisé en représentant d’agence de voyages. Il en ressort un reportage halluciné sur ce pays congelé dans un communisme d’un autre âge, déifiant à un niveau jamais connu dans l’Histoire de l’humanité la famille Kim, terrorisant sa population maintenue dans un niveau extrême de sous-développement par refus de toute ouverture à l’extérieur, figée dans la haine du Japon, de la Corée du Sud et des Etats-Unis.
    Notre auteur et son comparse sont baladés dans le pays par une équipe de « guides » locaux, organisant leurs visites, imposant les commentaires, invoquant à tous moments la grandeur éternelle des Kim, le tout dans des sites vides de touriste et de toute activité. La description de la visite au mausolée où est présenté le cadavre embaumé de Kim Il sung est stupéfiante.
    Au-delà des anecdotes pathétiques sur la situation de ce pays, on reste comme toujours sidéré qu’un tel système subsiste au XXIème siècle. Les intérêts géopolitiques régionaux n’ont pas forcément intérêt à une réunification de la Corée très complexe à concevoir, et trop couteuse à financer. Alors le pays reste ainsi, nous rappelant l’absurdité des idéologies portées au pouvoir.

  • Le renoncement corse

    Les encagoulés corses du Front de libération nationale corse (FLNC) publient un communiqué de 14 pages (en grosses lettres) pour annoncer leur renoncement à la lutte armée. Le style du texte est intéressant et fleure bon les tracts de la Gauche Prolétarienne et autres groupuscules contestataires des années 60/70. On y retrouve une dialectique d’un autre âge et des références aux aspirations légitimes de notre peuple, au combat du Général Pasquale Paoli, à la colonisation de peuplement mise en œuvre pour diluer l’identité corse, à l’Etat français jouant cyniquement [de nos divisions], de la reconquête de notre souveraineté, de l’Etat policier français manipulateur, de système déliquescent qui gangrène aujourd’hui la Corse, de construction d’une force politique pour gouverner la Corse et la conduire à l’indépendance, des droits nationaux du peuple corse, etc. etc.

    Ce communiqué est relativement réaliste dans le constat qu’il fait de la transformation de la revendication politique indépendantiste en un embrouillamini illisible où se percutent le grand banditisme, le combat politique, les nuitsbleues et leurs plasticages. Sur les chemins de la Gauche Prolétarienne de Benny Lévy qui s’est dissoute en 1973 lorsque la violence de ses militants commençait à devenir incontrôlable.

    Le FLNC rend un hommage à Michel Rocard, exception notable à ces politiques turpides… il démontrait en cela, qu’il pouvait exister des hommes politiques français honnêtes et courageux. Décidément ce Rocard eut une vision intelligente de nos confettis de l’Empire. Louons Rocard et accompagnons tranquillement la Nouvelle-Calédonie et la Corse vers leur indépendance si chèrement désirée. Cela donnera sans doute aussi de bonnes idées aux Antilles et à la Guyane.

    Mais le FLNC appelle à l’arrêt de la violence et demande à ses militants de rejoindre les partis politique prônant l’indépendance et le texte se termine : « Nous avons pris nos responsabilités, la Corse a pris ses responsabilités, les représentants de la France auront-ils le même courage, celui qui appartient à ceux qui font l’Histoire ? »

    Et pendant ce temps la SNCM, société semi-publique de transport maritime entre le continent et la Corse est une nouvelle fois en grève. La compagnie ne survit depuis des années que sous perfusion de l’argent du contribuable national et aurait dû déposer son bilan depuis des lustres. Elle aurait besoin de nouveaux bateaux pour repartir sur un bon pied et se tourne vers l’Etat pour les financer… Vieille histoire qui se termine généralement par un déboursement des contribuables en faveur de la compagnie maritime, mais il semble que cette fois-ci les caisses de l’Etat soient aussi vides que celles de la SNCM. Histoire à suivre sous peu.

    Lire le communiqué : Communiqué du FLNC – juin 2014

  • Salaire, prix et profit

    L’Etat français continue de peser sur la fixation de prix de vente des entreprises qu’il contrôle. C’est le cas dans les transports urbains où le prix du ticket ne couvre plus qu’une part minoritaire et sans cesse décroissante des coûts de transport, le reste étant pris en charge par la collectivité (entreprises et contribuables) qui ne recouvre pas intégralement la communauté des utilisateurs.

    C’est le cas aussi d’Electricité de France (EDF) entreprise publique pour laquelle l’Etat conteste la formule de fixation des prix qu’il a lui-même approuvée. Pour des raisons électoralistes il refuse les augmentations de prix résultant de l’application de cette formule… et le conseil d’Etat condamné l’Etat à rattraper les retards d’augmentation de prix de l’entreprise du fait de ces blocages politiques. Là-dessus Ségolène Royale arrive comme ministre de l’énergie, re-bloque à nouveau tout le processus et l’entreprise n’est toujours pas autorisée à augmenter ses prix ni à rattraper les retards d’actualisation de ceux-ci.

    Là encore, la collectivité paye lorsque ces entreprises ne se suffisent plus à elles-mêmes.

  • Bye-bye Alstom

    C’est finalement le groupe américain General Electric qui avalera le français Alstom. Ce n’est pas une bonne nouvelle et malgré les engagements de façade cela se passera comme pour toutes les opérations de ce type : le plus puissant avale le plus faible. Espérons qu’une part raisonnable d’activité restera localisée en France dans les années à venir !

    De toute façon, de l’aveu de tout le monde, Alstom ne pouvait pas survivre seul, hélas !

  • Jeux de guerre

    Les Etats-Unis ont capturé en Lybie le principal suspect dans l’assassinat en 2012 du consul américain de Benghazi et de trois autres agents américains. Le suspect rendra des comptes devant la justice des Etats-Unis vers laquelle il est en cours d’acheminement.

    La capture dans un pays A de citoyens ce pays A par des forces d’un pays B n’est pas vraiment légale au regard du droit international. Pas plus que le tir de missile sur des citoyens d’un pays C à partir d’un drone d’un pays B. Mais la guerre contre le terrorisme étant ce qu’elle est, de telles actions se déroulent !

    Il y a quelques années, les services secrets français avaient également enlevé le terroriste Carlos au Soudan mais avec l’accord tacite (et sans doute onéreux…) des autorités locales. Le garçon purge depuis une peine à perpétuité dans les prisons françaises, s’est bien sûr converti à l’islam et a épousé son avocate. Accessoirement il soutient les campagnes antisionistes de Dieudonné, tout pour plaire !

  • Imbroglio financier à l’UMP

    La nouvelle direction de l’UMP prend ses marques et annonce le lancement d’un audit financier pour essayer de savoir s’il reste de l’argent dans la caisse ou si le parti est aussi endetté que la République. Copé-le-faux-facturier avait mis les comptes du parti sous séquestre lorsque l’affaire Bygmalion commença d’être évoquée au premier trimestre. Gageons que la levée des scellés risque d’être une aventure passionnante.

    En parlant d’audit, il conviendrait sans doute aussi de renforcer les capacités d’analyse du conseil constitutionnel qui a refusé de valider les comptes de la campagne Sarkozy pour un dépassement de quelques centaines de milliers d’euros alors qu’une quinzaine de millions auraient été dépensés au-delà du plafond et refourgués à l’UMP pour paiement.

    Jacob, le patron du groupe UMP de l’assemblée nationale avec sa tête de maquignon mal dégrossi vient d’admettre qu’il avait prêté 3 millions d’euros à l’UMP en 2012 pour l’aider à passer quelques fins de mois difficiles. On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Et comme il ne voulait pas créer de polémique, il a omis d’en parler aux députés UMP. A priori un tel prêt ne serait pas formellement interdit par les règles du parlement qu’il convient donc de modifier en urgence pour éviter que l’argent public versé aux groupes parlementaires n’aille irriguer des partis en faillite. Si les groupes parlementaires reçoivent trop de fonds public par rapport à leurs besoins, il suffit de diminuer leurs dotations.

  • Escroquerie en bandes organisées

    Les autorités financières britanniques sont en train d’essayer d’être plus malignes que la bande de traders-fraudeurs surpayés qui a transformé le marché des changes londonien en tripot clandestin où s’affrontent des forbans du taux de change. Ce marché était jusqu’ici de gré-à-gré c’est-à-dire qu’il était censé n’être gouverné que pas la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande, fonctionnant H24-7j/7, avec un fixing journalier qui déterminait le cours du jour servant ainsi de référence à des millions de transactions de change.

    Bien entendu, nos traders-fraudeurs surpayés, apôtres du marché, ont laissé parler leur instinct et manipulé le fixing sur lequel, même des variations microscopiques peuvent déclencher des résultats colossaux compte tenu des volumes en jeux. Le régulateur qui a déjà phosphoré sur la manipulation par les traders-fraudeurs des taux d’intérêt, va grosso-modo étendre au marché des changes ce qu’il a mis en place pour les taux d’intérêt.

    Lourde tâche : comment contrôler les tendances délictueuses d’une bande de traders-fraudeurs surpayés ?

  • La dévoration des bourses

    Désopilant : Euronext, la société qui gère les bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne… va s’introduire en bourse ! Cette société avait fusionné avec la bourse de New York en 2007, puis s’était faite violemment racheter par une autre bourse américaine qui l’a dépecée et refourgue maintenant ses restes sur le marché. Les requins se dévorent entre eux laissant flotter des ondes sanguinolentes dans l’eau trouble du marigot où ils combattent.

    On ne peut s’empêcher de se gondoler de rire de voir une société de bourse se faire racheter puis revendre par appartements, prise à ses propres règles, victime expiatoire de Monsieur le Marché qu’elle déifiait.

    On dirait qu’ils veulent donner raison a posteriori à Lénine qui professait : « les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre ! » Bon, évidemment il n’y a plus de bolchevicks sur terre à qui vendre quoi que ce soit, mais le capitalisme et sa démesure est capable de se pendre tout seul !

  • A quoi peu bien servir un Jacques Toubon ?

    Jacques Toubon, 73 ans, politicard chiraquien vieillissant, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas vraiment marqué la République par sa vision et son action durant sa carrière, Jacques Toubon donc, vivait une retraite paisible animée par quelques conseils d’administration où il siège, lorsque le pouvoir socialiste l’a proposé comme Défenseur des Droits, un poste de la République un peu fourre-tout visant en gros à aider le citoyen face à la bureaucratie. Le garçon s’était rendu mondialement célèbre lorsque, ministre de la justice, il avait affrété un hélicoptère dans l’Himalaya pour tenter d’y récupérer un procureur en vacances afin d’éviter la mise en examen de Mme. Tibéri, femme du maire de Paris, spécialiste en votes de faux électeurs et rapports fictifs et rémunérateurs.

    On se demande bien pourquoi aller chercher Jacques Toubon,73 ans, pour ce poste ? Il est peu probable qu’il y soit efficace, l’honneur voudrait qu’il refuse cette proposition pour le laisser à la nouvelle génération. Hélas, une telle issue est peu probable et Jacques Toubon va cumuler un nouveau poste.

    A quoi peut donc bien servir un Jacques Toubon de 73 ans au pouvoir socialiste, comme à n’importe quel pouvoir d’ailleurs ?

  • La carotte fiscale

    Le gouvernement français continue à faire des cadeaux à ses électeurs pour essayer de remonter la pente de sa popularité perdue. Le voici maintenant qui annonce dans son projet de loi de finance rectificative (PLFR) qu’il compte proposer au vote du parlement une réduction d’impôt sur le revenu qui toucherait, si elle était votée : 3,7 millions de contribuables, dont 1,9 sortiront du champ d’application de cet impôt ou éviteront d’y entrer. Il semble qu’en ces périodes de disette il conviendrait d’augmenter l’assiette fiscale plutôt que de la diminuer, mais la politique a ses propres modes de fonctionnent et d’analyse.

    C’est en tout cas une différence de tactique majeure entre droite et gauche : la droite baisse les impôts quand elle arrive au pouvoir et les augmente avant de la quitter, la gauche fait exactement l’inverse. L’une comme l’autre échouent à expliquer à leurs électeurs qu’il faut réduire les dépenses publiques !