Auteur/autrice : Rehve

  • Escroqueries fiscales en bandes organisées

    L’implication d’un certain nombre de grandes banques internationales (HSBC, UBS, notamment…) dans des dossiers assez gigantesques de blanchiment de fraude fiscale semble avoir des effets favorables. Sujettes à des condamnations en justice à des amendes considérables, voire à des interdictions d’exercice, elles ont dans bien des cas plaidé coupables pour limiter les pénalités, et admis avoir monté des circuits complexes pour capter les dépôts de riches déposants voulant échapper à leurs fiscs nationaux. C’est une étape importante dans l’assainissement des écuries d’Augias du monde financier. Certes il reste beaucoup à faire mais la culpabilité admise par ces banques d’avoir contrevenu aux lois d’un certain nombre d’Etats leur a fait prendre des mesures pour revenir dans le droit chemin. Un nombre significatif de déposants dans les paradis fiscaux ont été poussés par les banques à prouver la légalité de leurs dépôts. Ceux ne pouvant le faire ont été sommés de fermer leurs comptes. Et on a vu ainsi nombre de fraudeurs français revenir vers l’administration fiscale pour régulariser leur situation. La fraude sera toujours possible mais simplement plus difficile… au moins pour un temps.

    BNP Paribas va être condamnée par l’Etat nord-américain à régler une amende d’une dizaine de milliards de dollars pour avoir financé en USD des transactions sur des matières premières iraniennes et soudanaises, depuis sa filiale suisse et alors que ces pays étaient sous embargo américain. Ces transactions n’étaient pas interdites par la Confédération Helvétique mais comme elles ont été financées en dollars par la BNP, celle-ci tombe sous le coup de la loi américaine.

    Ces évènements montrent que les Etats peuvent encore quelque chose dans l’économie mondialisée. Certes la grosse voix fait sans doute plus peur aux forbans quand elle vient de Washington que de Paris, mais même de Paris, la mise en examen (ou la simple menace de) par la justice française des dirigeants d’UBS et d’HSBC en Suisse, et de ces banques, pour blanchiment de fraude fiscale a suffi à leur faire modérer cette activité de blanchiment de fraude fiscale et nombre de particuliers fraudeurs sont revenus au bercail comme par enchantement ! Il existe certainement encore nombre de possibilités de frauder à travers la planète mais elles sont plus complexes et géographiquement plus éloignées.

  • Le faux-facturier de l’UMP

    Sur le site de Bygmalion, le faux-facturier le l’UMP (https://www.bygmalion.fr/) on trouve la réclame suivante :

    Une agence, 5 métiers

    Notre savoir-faire : construire, gérer, protéger et valoriser l’image des personnes et des marques.

    1. Conseil

    Un encadrement exclusivement apporté par des consultants seniors pour vous faire bénéficier de toute l’expertise de Bygmalion en conseil stratégique.

    1. Création digitale et print

    Sur le print comme sur le Web, nous vous accompagnons pour gérer votre image, accroître votre notoriété et vous présenter sous votre meilleur jour.

    1. Evénementiel

    À travers la filiale Event & Cie, nous disposons d’une équipe capable de faire de vos événements un succès, en délivrant votre message à vos publics cibles dans les meilleures conditions.

    1. Formation

    Disposant d’une expérience et de références solides dans les secteurs publics et privés, Doxeo propose un large éventail des formations pour répondre «sur mesure» à la diversité des thématiques et des attentes spécifiques.

    5 métiers annoncés, 4 affichés, ça commence bien… Gageons que l’UMP saura apprécier les compétences de Bygmalion en matière de conseil stratégique et de gestion d’image…

    Bygmalion c’est l’archétype de la société nuisible au reste de l’humanité. Ca vend de la communication c’est-à-dire du vent, de la régression intellectuelle, du poison politique, de l’abrutissement du gogo ; et en plus ça surfacture et faux-facture et ça bidouille avec les forbans de la politique !

    Donnez-nous une seule raison pour ne pas mettre Bygmalion en justice, et si possible en faillite !

  • The Rolling Stones – 2014/06/13 – Paris le Stade de France

    2014 on Fire

    Les Rolling Stones sont de retour à Paris ce soir pour un concert propre et de bon goût au Stade de France. Les places sont parties vite, le marché secondaire est resté actif, donc abordable pour les retardataires dont votre chroniqueur-serviteur. Joyeuse ambiance multi-générationnelle, comme d’habitude. On se presse avec vers sa place avec son verre de bière siglé Rolling Stones on Fire, et éventuellement quelques autres produits dérivés généreusement commercialisés par ce groupe de légende.

    Une première partie britannique, The Struts, qui nous fait gentiment attendre les héros. Selfies, sandwichs, Kronenbourg et papote animent une assistance pas très attentive à ce warm-up sympathique.

    C’est sur Jumpin’ que les Stones entrent en scène : Mick, bras écartés, chemise mauve-veste verte, Keith chemise turquoise-blouson noir à broderies blanches-bandana rasta-écharpe bleue, Ron en rouge et orange, Charlie en T-shirt bleu ; et c’est parti pour une nouvelle soirée avec ces rockeurs décidément infatigables.

    A l’issue de cette ouverture, Mick nous gratifie d’un « Ca va les filles… », déclenchant le hourvari féminin que l’on imagine, avant de reprendre en fanfare You Got Me Rocking et It’s Only R’n’R. Puis la nuit tombe doucement et l’on reprend ses esprits avec la mélancolique ballade Wild Horses :

    I know I’ve dreamed you a sin and a lie/ I have my freedom but I don’t have much time/ Faith has been broken tears must be cried/ Let’s do some living after we die/ Wild horses couldn’t drag me away/ Wild, wild horses we’ll ride them some day… Wild, wild horses reprennent ensemble Keith, Mick et Lisa (toujours de la partie).

    Après les deux morceaux de Keith, belle surprise, Mick Taylor déboule sur Midnight Rambler qu’il agrémente d’un long solo de guitare, bluesy à souhait, rappelant aux jeunes l’immense guitariste qu’il est toujours après un passage de quelques années dans le groupe.

    Encore une surprise pour le rappel qui s’ouvre non pas su Satisfaction mais sur You Can’t Always Get What You Want par un chœur de jeunes filles (qui se dandinent en rythme avec Lisa) repris par le Stade de France sentant sa fin arriver.

    Et puis Keith lance Satisfaction, rejoint par Mick Taylor et chanté par Mick Jagger vêtue d’une longue queue de pie mauve, avant le classique feu d’artifice final.

    C’était un nouveau concert des Rolling Stones.

    Moins de gigantisme, pas de B-stage, peu de course hystérique à travers la scène immense, une set-list classique et bien emballée, le modèle pour grand stade plein de fans de tous âges, les Stones sont devenus presqu’aussi sages que nous, même s’ils restent bien plus jeunes.

    Setlist : Jumpin’ Jack Flash/ You Got Me Rocking/ It’s Only Rock ‘n’ Roll (But I Like It)/ Tumbling Dice/ Wild Horses/ Doom and Gloom/ Bitch/ (by request) Out of Control/ Honky Tonk Women/ You Got the Silver (Keith Richards on lead vocals)/ Can’t Be Seen (Keith Richards on lead vocals)/ Midnight Rambler (with Mick Taylor)/ Miss You/ Gimme Shelter / Start Me Up/ Sympathy for the Devil/ Brown Sugar

    Encore : You Can’t Always Get What You Want (with Choir Ensemble Vocal Allegri)/ (I Can’t Get No) Satisfaction (with Mick Taylor)

  • La dette dela SNCF

    Avec les intermittents qui bloquent les festivals culturels estivaux, voici la SNCF en grève qui s’oppose à un problème de réforme du système ferroviaire et de son surendettement. Après avoir séparé la gestion des infrastructures de celle de l’exploitation du réseau il y a vingt ans, on détricote partiellement cette séparation en créant un organisme chapeau. Faire et défaire, c’est toujours agir.

    Les contestataires avancent aussi « le problème de la dette » qui n’est pas réglé par cette loi. Régler voulant dire annuler pour ces beaux esprits. Le système ferroviaire affiche une dette de 44 milliards d’euros que dans l’esprit des grévistes et de leurs soutiens, on doit balancer au gouvernement, c’est à dire faire payer les contribuables et en exonérer l’économie ferroviaire.

    Ce serait évidemment bien mieux pour la SNCF : hop ! faire disparaître d’un coup 44 milliards. Le contribuable paiera… Comme pour les indemnités chômage des intermittents du spectacle… Dépensons, dépensons, et faisons payer les voisins.

  • Graham Parker & the Rumours – 2014/06/12 – Paris la Cigale

    Graham Parker a adoré se produire solo au New Morning en septembre dernier alors il revient à Paris, et avec The Rumour cette fois-ci. C’est le groupe avec lequel il a vécu ses meilleurs moments musicaux. Séparés à la fin des années 80’, certains membres du groupe continuèrent à collaborer de ci de là sur les albums solos de Graham, mais le chœur n’y était plus vraiment. Ces albums connurent un relatif succès, surtout auprès des fans de la première heure qui n’ont jamais oublié le sommet que fut et reste dans leur discothèque Squeezing out Sparks.

    Alors lorsque parvint aux oreilles des fans la rumeur de la reformation de Graham Parker & The Rumour, pour un disque et peut-être une tournée, la folie s’empara de ces quinquas-sexas dont certains n’avaient jamais vu la Rumeur sur scène ! La tournée fut d’abord limitée au Royaume-Uni, noblesse oblige, puis élargie à la Cigale ce soir. Ouf !

    Et voici notre petite bande de joyeux papys à peine rouillés qui débarquent et entament le show sur Fool’s Gold devant un public… assis dans des fauteuils, la Cigale est effectivement en configuration seniors. Graham porte un pull et veste beige clair, comme sa guitare acoustique, ses guitaristes Brinsley Schwarz et Martin Belmont sont en chemises hawaïennes.

    La setlist contient du neuf et du vieux, mais que du bon. White Honey, Howlin’ Wind : Swing time is here children, for large and small/ Let’s dance before the fever is upon us all/ Yeah it’s a strange religion, without any god/ The preacher walks with innocence spares the rod/ And I know a howlin’ wind runs through here blowin’ every day/ Yeah a howlin’ wind runs through here takes my breath away…

    Et puis Lady Doctor, Stick to Me…  un vrai bonheur pour tout le monde et y compris pour les musiciens qui s’activent : des guitares agiles, un orgue envoutant et balancé, des rythmes animés et cette voix rocailleuse si particulière de Graham posant le tout.

    N’y tenant plus au milieu du show, les quinquas-sexas se rassemblent au premier rang au pied de la scène pour se trémousser au souvenir de leurs belles années.

    Parker introduit le rappel seul avec You can’t be too strong, une émouvante chanson sur l’avortement, puis Passion is not ordinary word, Don’task me question et Soul shoes.

    Evidemment tout ceci fait peu faire un peu daté mais c’est l’honneur de Graham Parker de continuer à jouer pour notre plus grande joie. C’est la musique d’une époque, celle du post-punk, celle du commencement de la désindustrialisation et du chômage de masse dans nos contrées de la vieille Europe, celle de la désillusion occidentale que Parker et sa bande ont ponctué de virgules musicales. Ces concerts des 70-80’ étaient parfois violents, il pouvait y avoir de la castagne, les temps étaient hargneux. L’un de leur disque live s’appelle d’ailleurs : The Parkerilla, tout un symbole !

    Le plus incompréhensible est que ce groupe et son leader n’aient jamais vraiment dépassé le succès d’estime auprès d’un public spécialisé. Un peu à la façon de Springsteen ils ont chanté la vie des vrais gens avec leur poésie urbaine et un feeling musical touchant.

    Graham Parker & The Rumour : nous y étions ce soir !

  • Le contribuable paye

    Les « intermittents du spectacle » reprennent leur mouvement récurrent de grèves destinées à bloquer l’organisation des festivals culturels qui pullulent en été. Leur régime privilégié de chômage est de nouveau rogné suite à un accord entre patronat et syndicats, mais a priori pas avec le syndicat des intermittents…

    Ce régime privilégié leur donne droit de toucher les indemnités de l’assurance chômage avec moins d’heures travaillées que le reste des salariés. Ce régime prend en compte le caractère particulier des emplois artistiques qui sont rarement à plein temps. Seules les indemnités chômage additionnées à leur temps partiel leur permettraient de survivre et de continuer à faire vivre le système culturel français.

    En fait il s’agit d’un problème de compétitivité et de coût du travail plus que de chômage. Il faudrait payer ces gens plus cher pour ne pas avoir à leur verser le chômage pendant ces périodes d’inactivité consubstantielles de cette profession. Cela reviendrait donc à faire porter ces coûts aux opérateurs culturels, et donc, in fine, aux consommateurs puisque que tels sont les coûts réels.

    A défaut, et comme la France aime tellement le faire, les coûts ont été transférés sur la collectivité des salariés et des employeurs qui subventionnent les intermittents avec leurs cotisations et qui, bien entendu, essayent chaque année de baisser un peu le niveau de ces subventions.

    C’est ainsi et quoi que l’on fasse, que l’on balance les coûts sur les consommateurs, les contribuables ou d’autres… les coûts sont là et quelqu’un doit les payer !

  • Des élus fraudeurs

    Isabelle Balkany, adjointe au maire de Levallois, c’est-à-dire son mari, sous le coup d’une mise en examen pour fraude fiscale, avoue que la luxueuse villa dont le couple profite à Saint-Martin est bien sa propriété et que le montage légal mis en place était destiné à opacifier cette propriété pour ne pas payer l’Impôt sur la fortune.

    La villa est estimée à trois millions d’euros c’est-à-dire que sa propriétaire aurait dû payer quelques milliers d’euros d’impôt sur la fortune si elle avait été déclarée normalement, c’est-à-dire une somme qui n’est pas considérable au regard de ce que l’on sait du train de vie du couple.

    Comme Cahuzac et ses comptes offshores, Copé qui fraude les élections (internes et présidentielles), les Balkany semblent animer de l’unique volonté de leur intérêt personnel et pour économiser quelques euros d’impôt ils abandonnent toute morale. Le pire est que leurs électeurs sans doute ne leur en voudront pas.

  • L’UMP en faillite

    Rigolo : après la démission de Copé de la présidence de l’UMP pour cause de financement par fausses factures de la campagne présidentielle de 2012 de Sarkozy, il est question que trois anciens premiers ministres assurent une espèce d’intérim du parti jusqu’à un congrès qui élirait un nouveau président. Ce triumvirat composé de Juppé, Raffarin et Fillon, déclenche déjà les foudres des pro-Sarkozy qui craignent que l’un des trois préempte ainsi la candidature aux prochaines présidentielles de 2017 au détriment de leur héraut.

    Gageons que ce trio va devoir nettoyer les écuries d’Augias et prendre la mesure de la faillite financière et morale de ce parti de droite. Lors des premières révélations de la presse sur les pratiques financières de l’UMP et ses accointances avec la société de communication Bygmalion, Coppé dans une intervention télévisée grandiloquente avait expliqué qu’il mettait les comptes de l’UMP sous scellés et contrôle d’huissier et qu’il ne les rendra publics que lorsque le parlement aura voté une loi imposant la transparence à tous les partis, s’engageant à déposer lui-même un projet de loi en ce sens.

    Bien entendu le projet de loi n’a jamais été déposé, pas plus que les comptes ne sont sortis de leurs scellés. Une fois Copé dehors, le triumvirat va certainement se faire un malin plaisir d’aller analyser ces comptes mystérieux… Voyons ce qu’il en ressortira ce qui permettra, peut-être, de comprendre un peu mieux cette stratégie ridicule de Copé pour les cacher.

  • Arcade Fire – 2014/06/03 – Paris le Zénith

    Arcade Fire nous offre ce soir un concert gigantesque au Zénith après la sortie de son double CD Reflektor, qui assoit définitivement ce groupe dans la catégorie des très grands. La scène est uniformément blanche, le groupe renforcé par une section cuivre et un duo de percussionnistes, il y a des instruments partout sur plusieurs étages. Costumes bigarrés et musiciens joyeux, mélodies et paroles brillantes, profusion d’imagination et de créativité, rythmes endiablés, c’est la magie du Rock ‘n’ Roll dévalant du nouveau monde !

    Win vêtu d’un pantalon bleu marine parsemé de yeux de Bouddha, tel la stupa d’un temple népalais, et une veste cuivrée, Regine en robe à paillettes et gants roses laissant pendre  aux poignets de longs rubans de même couleur. Le reste du groupe est chamarré, courant déjà en tous sens sur Reflektor joué pour lancer un concert déjà volcanique. Rythmique saccadée, électronique en renfort, une voix portée aux nues, Regine dansant comme une diablesse, Win moulinant sa guitare debout sur les enceintes, le reste de la bande tressautant comme branché sur le courant alternatif ; laissez-vous porter par la vague Arcade Fire !

    Un immense écran en fond de scène diffuse des images parfois aussi folles que cette musique. Des mobiles descendent du plafond puis y remontent, suivis par des jeux de miroirs. La scène est un immense capharnaüm au service d’une musique jubilatoire.

    Reflektor, la chanson, est suivie de Flashbulb Eyes, deux morceaux du dernier disque, puis retour à Funeral avec un diabolique enchaînement de Neighborhood #3 (Power Out) et Rebellion (Lies)… Le public est déjà debout depuis l’entrée des artistes, y restera jusqu’à leur départ, et reprend sans fin les Lies-Lies–Ouh-ouh-ouh… de Rebellion. Quelle énergie, quel enthousiasme, quelle richesse musicale, et ce dès les premières minutes d’un concert d’anthologie.

    Le rythme se calme un peu avec The Suburbs joué au piano par Win, Regine à la batterie et les violons lancinants de cette ballade triste sur des ados de la banlieue, à Toronto ou ailleurs : You always seemed so sure/ That one day we’d be fighting/ In a suburban war/ Your part of town against mine/ I saw you standing on the opposite shore/ But by the time the first bombs fell/ We were already bored/ We were already, already bored/ Sometimes I can’t believe it/ I’m movin’ past the feeling…

    Et le concert se poursuit dans une débauche d’électricité et ce désarmant naturel avec lequel joue cette bande de potes-musiciens, soudés par leur art et une joie de vivre, qui transforme les notes en or liquide, et un public parisien en une foule extatique et déchaînée. Ils sont comme ça nos canadiens, ils abattent l’ouvrage comme les arbres dans les forêts du grand Nord, comme les iceberg dans la baie du Saint-Laurent, rien ne résiste à leur extraordinaire enthousiasme, la musique fusionne les multiples instruments avec les voix, les rythmes agitent les corps et donnent le cap ; mais jusqu’où iront-ils ?

    Une B-stage est dévoilée pour le rappel sur laquelle se trémoussent deux danseurs grimmés en Daft Punk pendant que le groupe joue Get Lucky des… Daft Punk. Le final sur un divin et inoubliable Wake Up, des canons explosent, couvrant le Zénith de confettis pendant que sur scène défilent des danseurs la tête couverte d’énormes masque en carton-pâte les grimant en personnages de contes de fée. Un final éblouissant pour un concert d’anthologie.

    Setlist : 1. Reflektor/ 2. Flashbulb Eyes/ 3. Neighborhood #3 (Power Out)/ 4. Rebellion (Lies)/ 5. Joan of Arc/ 6. Rococo/ 7. Month of May/ 8. The Suburbs/ 9. The Suburbs (Continued)/ 10. Ready to Start/ 11. Neighborhood #1 (Tunnels)/ 12. Ocean of Noise/ 13. My Body Is a Cage (alternate shortened version)/ 14. We Exist/ 15. No Cars Go/ 16. Haïti/ 17. Afterlife/ 18. It’s Never Over (Oh Orpheus) (Régine on B-stage)/19. Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) (‘Damian Taylor Remix’ intro)

    Encore: Get Lucky (Daft Punk song) (Paft Dunk on B-stage)/ 20. Normal Person/ 21. Controversy (Prince cover)/ 22. Here Comes the Night Time/ 23. Wake Up

    Et le chroniqueur passa le début du show à l’infirmerie près de l’entrée des artistes du Zénith pour y accompagner un camarade blessé, l’occasion de faire papote avec un personnel de santé dévoué et sympathique, et d’assister depuis le conteneur infirmerie au lancement de Reflektor, un véritablement tremblement de terre faisant vibrer tout l’environnement. Impressionnant et peut-être un peu trop fort tout de même…

    Le camarade claudiquant a été bien soigné !

  • Prince – 2014/06/01 – Paris le Zénith

    Prince and the 3RD-Eyes-Girl pour deux concerts presqu’improvisés au Zénith, le premier à 18h, le second à 21h : un must ! Le chroniqueur chanceux ira aux deux et en ressortira un peu submergé par le funk.

    Il faut dire que ces shows valent le déplacement et que le héros de la soirée est vraiment et définitivement un génie de la guitare. Accompagné de ses redoutables amazones Prince entre en scène vêtu d’un ensemble chasuble-pantalon couleurs pastels, coiffé afro à la Angela Davis, une guitare multicolore flamboyante. Derrière lui une batteuse blonde (Ida Nielsen), une guitariste punky (Donna Grantis), côté gauche du crâne intégralement rasé et longue natte côté droit, talons compensés et cuir noir, une Mad-Max de la 6 cordes, et enfin une bassiste les cheveux plaqués par un anneau frontal style squaw (Hannah Welton-Ford).

    Le groupe démarre Let’s Go Crazy et le Zénith s’enflamme. Prince  fait le spectacle, tressaute, appelle son public et se déchaîne sur ses cordes avec une incroyable dextérité et un naturel à faire se jeter dans la Seine tous les apprentis guitaristes. Le son est puissant et l’atmosphère électrique. Il repose parfois sa guitare et c’est pour s’en donner encore plus à cœur joie, dansant comme monté sur ressorts. Une voix qu’il emmène presqu’aussi haut que sa guitare, s’autorisant des cris stridents pour relancer le public.

    Pour les non spécialistes tout ceci frise le chaos mais un chaos jouissif. Le funk est ainsi, un affolement général des sens porté à son paroxysme. Il y a de l’improvisation c’est sûr, et l’on voit les girls attentives aux singeries du Maître pour ne pas rater une reprise ou un final. Elégamment il leur laisse tour à tour le devant de la scène. Mais il y a surtout une ligne directrice déroulée par l’homme de l’art qui n’est jamais meilleur que lorsqu’il cumule guitare et micro laissant pantois ses admirateurs qui se demandent comment ce petit paquet de nerfs peut générer une telle énergie.

    Cela tourne parfois un peu à la démonstration de cirque mais il faut laisser parler le musicien. Purple Rain vient bien sûr clôturer le premier show. Il sera repris au piano lors du second concert à la fin du premier rappel, lui-même suivi encore suivi de trois nouveaux rappels ! Il fallait bien sûr être présent pour les deux shows.

    Prince and the 3RD-Eyes-Girl: une expérience à ne pas manquer même si le funk ne vous motive que modérément.

  • Moitessier Bernard, ‘Cap Horn à la voile – 14 000 milles sans escale’.

    Moitessier Bernard, ‘Cap Horn à la voile – 14 000 milles sans escale’.

    Sortie : 1974, Chez : Arthaud.

    Moitessier fut le poète de l’océan, un grand navigateur doublé d’un romantique, qui sait nous faire partager avec émotion les humeurs de son bateau au cœur des quarantièmes rugissantes, et ses émerveillements devant la beauté de la mer et de ses paysages. En 1965 après avoir construit son voilier, Joshua, il emmène sa jeune épouse, de Marseille à Alicante, en passant par les Galapagos, la Polynésie et le Cap Horn. Ce livre passionnant est le journal de cette aventure vécue par un grand marin.

  • Financement de l’UMP

    La justice commence à enquêter sur l’affaire des fausses factures de l’UMP, perquisitions à tous les étages et bientôt convocation des responsables, puis sans doute, mises en examen… Cela promet un feuilleton passionnant pour les mois à venir.

    Le coupable auto-proclamé de l’escroquerie, Lavrilleux, qui vient d’être élu député européen a promis qu’il n’utiliserait pas son immunité pour fuir la justice. Bien, de toute façon, reviendrait-il sur son engagement, la justice l’attraperait à la fin de son mandat ou obtiendrait la levée de son immunité par le parlement européen, beaucoup plus flexible sur ce point que les parlements nationaux plus portés à couvrir les turpitudes de leurs membres.

    Ça a l’air d’être un sacré comédien ce Lavrilleux ! Et l’on découvre, effarés, qu’un tel personnage a reçu l’investiture de l’UMP pour le parlement européen sans moufter. Avec la Morano, la Dati et d’autres, on envoie vraiment de sacrés personnages représenter la France…

  • Génocides, ghettos et autres joyeusetés du siècle…

     

    Double expositions au Memorial de la Shoah sur les ghettos juifs durant la deuxième guerre mondiale et le génocide rwandais de 1994. A l’heure où l’Europe voit revenir au premier plan des partis extrémistes et nationalistes, ces rappels historiques ne font pas de mal. Mitterrand disait : « le nationalisme c’est la guerre » lors des guerres de Balkans des années 90’s. A méditer !

  • Une conversation animée avec Noam Chomsky


    Michel Gondry, vidéaste-musicien, original et engagé, rendu célèbre notamment par des clips pour Daho, Bjork, The Rolling Stones, et d’autres… rencontre Noam Chomsky, linguiste-philosophe américain tendance anarchiste. Il en résulte un film d’animation d’une heure et demie qui illustre leur conversation complexe sur l’acquisition du langage, la grammaire générative et autre révolution cognitive. On ne comprend pas tout mais on écoute fasciné ce grand penseur à la voix monocorde. A 86 ans il en a vu de toutes les couleurs et même pris des positions politiques parfois jugées anti-américaines. Définitivement rationaliste il répète à plusieurs reprises que cendres nous revendrons aux cendres, que la vie n’a pas de sens, mais il le répète avec une bonhommie désarmante.

    Le film est disponible sur www.michelgondry.com.

  • Juppé rend hommage à Coppé, attachez vos ceintures…

    Impayable : Juppé rend hommage au courage de Copé, démissionnaire de la présidence de l’UMP ! Juppé, repris de justice suite à sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, qui s’incline devant Copé dont le parti qu’il préside est impliqué dans un système de fausses factures, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité…

  • Nine Inch Nails – 2014/05/29 – Paris le Zénith

    Les Nine Inch Nails sont à Paris pour un show au Zénith et la présentation du dernier album : Hesitation Marks. Trent Reznor continue à mener ses musiciens et son public sur le chemin sophistiqué d’un rock industriel, bruitiste et technoïde. Après des errements discographiques divers et intéressants comme le récent Ghosts, presque serein avec ses sonates électroniques, nous voici revenu sur du plus classique avec Hesitation Marks dont David Lynch a signé l’une des vidéos (Came Back Haunted).

    Débardeur et gros muscles, Trent lance le show avec Me, I’m Not puis Copy of A extrait du dernier disque. Les rythmes sont oppressants avec plus de machines que d’instruments : I am just a copy of a copy of a copy/ Everything I say has come before/ Assembled into something into something into something/ I am never certain anymore/ I am just a shadow of a shadow of a shadow/ Always trying to catch up with myself/ I am just an echo of an echo of an echo/ Listening to someone’s cry for help…

    Déjà des éclairages blancs crus stroboscopent le fond de la scène uniformément noir et affolent nos rétines. Lorsqu’arrivent des guitares c’est pour servir des notes graves et répétitives ou des éruptions insensées de cordes martyrisées dans les aigus sur lesquelles les hurlements de Reznor achèvent de composer ce magma musical.

    Accroché à son pied de micro Reznor le secoue sur les rythmes saccadés de sa versification, marquant les ruptures en brandissant les bras vers le ciel, puis alternant avec clavier ou guitare. Vers le milieu du show se dévoile l’immense écran faisant la largeur de la scène (déjà vu à Rock en Seine 2013) sur lequel diffuseront d’étranges images, parfaitement raccord avec la musique, des collisions intergalactiques, des ondes de liquide amniotique ; parfois l’écran se scindent en cinq rectangles sur lesquels se placent les musiciens devant d’infinies variations style Vasarely. L’écran est translucide et le batteur apparaît soit devant, soit derrière se mêlant alors aux images fantasmagoriques courant le long des diodes électroluminescentes et se déversant sur le public. Ce show est aussi un spectacle d’ingénieurs, qui sont parfois les musiciens eux-mêmes.

    La suite du concert se déroule dans ce chaos des sens propre aux NIN et laisse abasourdi mais réjouis un public de spécialistes. Les prestations live de ce groupe sont un incroyable choc musical et visuel, une plongée au cœur d’une violence que l’on croit hors de tout contrôle. Elle est le fait de la créativité de son fondateur et seul membre permanent, Trent Reznor, qui donne de longues interviews pour expliquer ses peurs, ses désirs, sa méthode, ses inquiétudes que sa musique soit mal reçue de ses fans, ses ambitions d’originalité et de complexité tout au long du processus créatif… Sur YouTube il a l’image d’un homme posé et analytique, négatif complet de son personnage démoniaque sur scène. Créateur multicartes il écrit des musiques de film, des scénarios de séries TV, anime un groupe avec sa femme, mais c’est toujours vers Nine Inch Mails qu’il revient, à la fin. C’est le grand oeuvre de sa vie, un aboutissement rarement égalé dans le monde plutôt varié du rock ! Et c’est aussi une musique bien américaine, excessive comme seuls ont su l’être certains groupes transatlantiques (Iggy Pop, Devo, Metallica, The Brian Jonestown Massacre…).

    Une mention spéciale à Robin Fink, son guitariste à la coiffure étrange, qui a fait des allées et venues dans ce groupe et qui en est un des éléments clés.

    Setlist : 1. Me, I’m Not/ 2. Copy of A/ 3. The Beginning of the End/ 4. March of the Pigs/ 5. Piggy/ 6. Reptile/ 7. Survivalism/ 8. Gave Up/ 9. Sanctified/ 10. Closer/ 11. Disappointed/ 12. Find My Way/ 13. The Warning/ 14. The Great Destroyer/ 15. Eraser/ 16. Wish/ 17. The Hand That Feeds/ 18. Head Like a Hole

    Encore : 19. The Day the World Went Away/ 20. Hurt

  • Sauve-qui-peut à l’UMP


    Incroyable, à la hauteur de l’affaire Strauss-Kahn : c’est le sauve-qui-peut à l’UMP, tout le monde balance tout le monde, les couteaux volent bas, Copé démissionne, les avocats s’épanchent sur les plateaux télé, un coupable tout trouvé pleurniche au JT… et le Front National se roule par terre de joie.

    Résumons l’affaire : la campagne présidentielle de Sarkozy a couté cher à coup de meetings tape-à-l’œil, de déplacements en avions privés et de cocktails mondains destinés à impressionner l’électeur. La République plafonnant les dépenses de campagne électorale, les financiers de la campagne sarkozienne ont alors eu l’idée pour poursuivre les dépenses et dépasser le plafond légal de faire facturer l’UMP au lieu de l’association de financement de la campagne. C’est ainsi qu’une dizaine de millions d’euros auraient été payés en plus des 22 légalement autorisés.

    Le faux-facturier est le groupe Bygmalion qui affiche fièrement sur son site web : « Notre savoir-faire : construire, gérer, protéger et valoriser l’image des personnes et des marques. » Le coupable désigné : un certain Lavrilleux qui était à la fois trésorier de la campagne de l’agité du ciboulot et directeur de cabinet du chef de l’UMP, et député européen depuis dimanche 25 mai (on envoie vraiment les meilleurs au parlement européen). La victime expiatoire : Copé, chef de l’UMP qui n’a rien vu, rien entendu et n’était au courant de rien.

    Du coup le Copé démissionne jurant la main sur le cœur à la télévision de son intégrité. La blogosphère prend un malin plaisir à ressortir ses déclarations fracassantes sur l’affaire Cahuzac et ses innombrables te récurrentes demandes de démission adressées aux dirigeants actuels…
    Et pendant ce temps, l’extrême droite grimpe. On a vraiment les dirigeants que l’on mérite ! Pauvre de nous.

  • L’UMP à l’âge de pierre du financement politique !

    Impayable : l’UMP emberlificotée dans une affaire de fausses factures qui auraient cofinancé la campagne présidentielle de Sarkozy en 2012 ! La fausse facture pour du financement politique on ne nous l’avait plus fait depuis les années 80. Ces dernières décennies le monde politique faisait plutôt dans l’emploi fictif ou la rétrocession de commissions sur contrats d’armement. Mais là l’UMP revient à l’âge de pierre.

    Pour résumer : alors que l’extrême droite gravit petit à petit les marches du pouvoir en France, les partis traditionnels continuent leurs petites affaires comme si de rien n’était. On croit rêver…

  • Une déroute !

    L’extrême droite française obtient 25% des suffrages exprimés aux élections européennes qui enregistrent par ailleurs 58% d’abstention. Cela veut dire que sur dix personnes autour de chacun d’entre nous : six ne sont pas allées voter et une a voté Front National qui devient ainsi le premier parti français.

    Ce n’est pas brillant mais c’est ainsi, il va bien falloir vivre avec. La catégorie socio-professionnelle cible de bon client du Front est celle des jeunes défavorisés. Au même moment Daniel Cohn-Bendit annonçait son retrait de la vie politique, lui le héraut de la jeunesse soixante-huitarde qui se tournait alors plutôt vers la Gauche Prolétarienne que vers l’extrême-droite. Changement d’époque, d’un extrême à l’autre…, la vie continue malgré tout.