Auteur/autrice : Rehve

  • Trader-Kerviel et Pape-François : même combat !

    Finalement, Kerviel, le trader-fraudeur de la Société Générale, après un dernier show à Vintimille devant les caméras, a rejoint sa prison où il va passer quelques mois. Ce n’est certainement pas une sinécure ; souhaitons-lui d’y rester le moins longtemps possible et ce qui serait bien c’est qu’à la sortie il rentre tranquillement chez lui et évite d’occuper les médias pour débiter ses sornettes à un public plutôt indulgent.

    Hélas, le procès civil ayant été cassé par la cour de cassation il va être rejoué et Kerviel-le-trader-fraudeur va revenir sur les plateaux télé décliner la théorie de la dictature des marchés financiers qu’il partage avec François 1er !

  • Au parc

    Château du Parc de Sceaux
  • Simplisme et journalisme

    Maître Collard, avocat des plateaux de télévision depuis toujours, député pro-extrême droite depuis quelques années, répond plutôt malicieusement à un journaliste mondain le critiquant pour prôner le principe d’une véritable réclusion à perpétuité afin de décourager les partisans de la peine de mort de la rétablir, en lui proposant d’accueillir chez lui Francis Heaulme quand il sortira de prison… C’est un peu facile il est vrai, mais cela incitera peut-être ce journaliste mondain (Dominique Souchier) à poser à l’avenir les problèmes de façon un peu moins simpliste !

  • Kerviel à Vintimille

    Jérôme Kerviel, le trader-fraudeur de la Société Générale qui a eu la révélation après avoir serré la paluche de François 1er et depuis vilipende la tyrannie des marchés financiers, revient à pieds de Rome vers la France où il doit s’installer en prison pour trois ans suite à sa condamnation confirmé par la cour de cassation. Il s’arrête à Vintimille et exige, avant de traverser la frontière vers Menton, que François Hollande garantisse l’impunité aux personnes qui témoigneraient lors de son procès civil qui, lui, doit être rejoué suite à sa cassation. En attendant, il reçoit les médias sur le trottoir de Vintimille à 50 mètres de la frontière française.

    Le garçon a commis des délits, confirmés par la cour de cassation, pris des risques démesurés et interdits, tripatouillé dans la comptabilité pour masquer ses fraudes, et il semble que ces pratiques douteuses étaient monnaie courante dans cette petite banque française ! Du coup, Kerviel le trader-fraudeur voudrait que ses petits camarades fraudeurs puissent venir témoigner à son procès civil pour expliquer combien la fraude était un mode de fonctionnement, sans encourir à leur tour les foudres de la justice ! En gros : tout le monde fraudait donc nous sommes innocents et la banque est coupable ! C’est un mode de défense comme un autre.

    En attendant cette improbable immunité, Kerviel le trader-fraudeur campe à Vintimille et le feuilleton continue.

  • Alstom à la dérive, encore…

    Alstom, groupe industriel français spécialisé dans l’énergie n’arrive plus à survivre seul et veut « s’adosser » à un autre groupe plus fort. S’adosser, cela veut dire en termes polis se faire racheter en tout ou partie, et en tout cas céder les rênes du pouvoir à un autre management ! Il y a un candidat américain qui déclenche un tir d’artillerie de tous les partis politiques français et un non-candidat allemand que la France favorise car plus européen.

    La triste vérité est qu’hélas le marché hexagonal et les quelques exportations induites ne permettent pas à un groupe dans cette activité de croître, et dans le monde extraordinaire du capitalisme : si on ne croît pas, on meurt ! Alors il aurait été plus sympathique de voir Alstom racheter une autre boîte que de se faire racheter elle-même. Et quitte à en passer par là, il n’est pas sûr qu’une solution américaine soit meilleure qu’une allemande.

  • L’Europe, l’Europe, l’Europe…



    La campagne électorale européenne bat son plein… et les partis français font assaut d’ingéniosité pour mettre sur le dos de l’Europe toutes les conséquences de nos dérives nationales. Tous les partis républicains de gauche, de droite et du centre ont voté comme un seul homme tous les traités quand ils étaient au pouvoir, critiqué l’Europe quand ils étaient dans l’opposition, dépensé l’argent public quand ils tenaient les commandes en expliquant aux autres Etats membres que c’était la dernière fois et que l’année prochaine on ferait des économies si on les laissait dépenser cette année comme ils l’entendaient.

    Ces partis républicains de gauche, de droite et du centre ont participé à la construction d’une Europe qui n’est pas aussi mauvaise que la politicaille franchouillarde se plaît à la répéter, favorisant la démagogie au détriment de l’intelligence. Le marché unique a amené un formidable développement économique pour l’Europe, que même les britanniques ne sont pas prêts à lâcher. L’Europe est un conclave de 28 Etats, qui doivent se mettre d’accord sur les sujets communautaires et bien sûr aucun ne comprend pas pourquoi les 27 autres Etats ne sont pas d’accord avec ses propres propositions… Alors on se met d’accord sur un plus petit dénominateur commun, c’est ainsi, et c’est déjà pas mal. Si cela avait le cas en 1914 on aurait pu éviter quelques errements.

    Les causes de nos malheurs sont très majoritairement nationales : les politiques économique, sociale, budgétaire, fiscale sont nationales, même si les pays « euro » doivent des comptes aux autres membres en ce qui concerne leur équilibre budgétaire. En fait, la seule véritable question serait d’arrêter l’extension de l’Europe à de nouveaux pays, mais peu de partis se prononcent sur ce sujet par manque de courage politique. Donc nous avons accueilli la Croatie le 1er juillet dernier, la Serbie, la Moldavie, la Bosnie attendent à la porte, sans parler de la Turquie avec qui l’Europe a ouvert des négociations d’adhésion depuis plusieurs années. L’espoir fantasmagorique d’une adhésion, un jour, donnée à l’Ukraine est l’une des causes actuelles de la guérilla civile qui sévit dans ce pays…

    Il va falloir voter ce 25 mai : PS, UMP et centristes défendent exactement le même combat. Les anti-européens développent, hélas, une argumentation de café du commerce alors qu’il ne faudrait pas s’interdire de parler d’une option de sortie de l’euro, voire de l’Europe. Techniquement c’est possible (même si pas expressément prévu dans les traités), avec des coûts et des avantages qu’il faudrait pouvoir poser sur la table calmement et intelligemment… nous n’en sommes pas là !

  • Fusion enre égaux pour gogos

    Rigolo : encore un coup de massue apporté au concept de fusion entre égaux. Les derniers chevaliers blancs de cette escroquerie intellectuelle furent les groupes de réclame Publicis et Omnicom. Les deux impétrants ont braillé en juillet 2013 leur beau projet de fusionner leurs business sur une base de stricte égalité, à grand renfort d’embrassades, de bouteilles de champagne et de déclarations oiseuses dans les médias économico-mondains sur l’avenir brillant qui les attendait.

    Dix mois plus tard les deux flamboyants pédégés baissent casaques et reconnaissent qu’ils n’ont pas réussi à s’entendre sur le partage du pouvoir du nouvel ensemble. Chacun continuera à vivre sa vie. Les deux piteux tentent de faire croire qu’ils feront aussi bien sans l’autre. Cela n’engage que ceux qui les croient.

    Au-delà de ce vaudeville de peu d’importance, il est tout de même encore étonnant que des cadors de ce niveau, sans parler de la cohorte de leurs administrateurs, analystes, journalistes et autres vibrionnant acteurs des marchés, continuent à donner quelle que foi que ce soit à ce concept de fusion entre égaux. Cela n’a jamais marché et ne marchera pas cette fois non plus. Quand on prend deux ensembles pour en faire une seul on passe de deux chefs à un seul, il n’y a pas d’autre issue. Il faut donc que l’un des deux s’incline.

    Les plus malins expliquent qu’ils font une fusion entre égaux mais derrière font l’inverse. On se demande vraiment si nos deux piteux ont pu croire une seconde qu’ils allaient mettre en œuvre une telle fusion ? C’est peu probable… il doit y avoir des choses qui nous échappent dans cette affaire !

  • Reddition ou évacuation ?

    Etonnant : le gouvernement syrien négocie un accord avec le dernier quarteron de rebelles qui résiste dans un quartier de Homs afin qu’ils évacuent, vivants et armés, et laissent ainsi le régime reprendre possession de 100% de cette ville qu’il a copieusement bombardée depuis deux ans. A la télévision on voit sortir les rebelles dans des bus touristiques et l’armée syrienne ne semble pas leur sauter dessus, tout au moins pas immédiatement… Cela rappelle l’évacuation de l’OLP de Beyrouth en 1982 sous protection des forces multinationales et sous la pression des canons israéliens.

    Les rebelles syriens auraient été amenés dans une autre zone rebelle ; pour y reprendre le combat ? On se demande ce que qui se trame avec cet accord. On imagine mal le régime Assad faire preuve de pitié ! Les rebelles auraient-ils été retournés, ou alors auraient-ils perdus foi ? Il y a quelque chose de pas bien clair dans cette affaire que l’on découvrira bien un jour.

  • On se calme !

    Henri Guaino, le colérique et ombrageux cacique de l’UMP vient d’annoncer qu’il ne votera pas pour le chef de file UMP aux élections européennes. Celui-ci, Alain Lamassoure, est rejeté par le Colérique parce « qu’il incarne l’Europe dont plus personne ne veut. » Le pauvre garçon ainsi rhabillé pour l’hiver est plutôt du genre anonyme et lisse, ex-sous-ministre de quelque chose, député européen, poste qu’il cumule avec un truc local du sud-ouest, il a effectivement validé avec constance toutes les orientations européennes prises à Bruxelles depuis Jean Monnet, de ces orientations qui font tant maugréer l’Ombrageux. Celui-ci est logique avec lui-même et à l’unisson du bruit médiatico-politicard qui peut se résumer en un seul slogan : « Haro sur l’Europe ! »

  • A se taper la tête contre les murs !

    La secte Boko Haram qui sévit au Nigéria s’illustre encore de façon sordide en enlevant plus de 200 gamines dans une école. Boko Haram signifierait « l’éducation occidentale est un péché » ! Ce groupe veut bien entendu établir la charia au Nigéria et ailleurs, et pour bien marquer cette stratégie, massacre, pille et enlève à tout va. Comble de l’absurde on voit aujourd’hui une vidéo où le chef de ce clan, plutôt hilare, parade en treillis militaire et bonnet de laine devant un véhicule blindé, une kalachnikov en bandoulière, assénant qu’il est contre l’éducation occidentale, et que « j’ai pris les filles et je les vendrai, il existe un marché pour vendre les filles ». Il mixe dans sa liste des mécréants Abraham Lincoln et François Hollande, et appelle à la guerre contre tous les chrétiens.

    C’est à se taper la tête contre les murs mais c’est la réalité. Il trouvera certainement des acheteurs pour ses filles occidentales, un peu par concupiscence et beaucoup par croyance pour les éloigner de l’éducation occidentale et ainsi les rapprocher de Dieu.

    Il y a des gens qui croient à tout ce galimatias psycho-religieux et il y en a d’autres, sans doute les mêmes d’ailleurs, qui sont prêts à acheter ces gamines. Comme souvent on croit que l’on touche ici au summum de l’intolérable, et comme souvent la croyance sans la raison pousse vraiment à la folie la plus inepte.

  • L’effondrement de l’Europe a commencé là

    Exposition sur les grilles du jardin du Luxembourg rue de Médicis de photos actuelles des champs de bataille de la 1ère guerre mondiale, y compris outre-mer. Les commentaires rappellent l’incroyable boucherie que fut cette guerre qui le début de l’effondrement de la vieille Europe dans sa propre barbarie.

    A voir sur https://www.fieldsofbattle1418.org/index.html

  • de Vigan Delphine, ‘Rien ne s’oppose à la nuit’.

    Sortie : 2011, Chez : Livre de Poche 32835. Une plongée autobiographique où l’auteur raconte sa mère au sein d’une famille, complexe… Il est question d’inceste, de suicides, d’accidents, de dépressions, mais aussi de joyeuses assemblées dans de chaleureuses demeures. Mais c’est un douloureux retour interrogatif sur la souffrance d’une mère et la culpabilité impuissante de sa fille. Le livre alterne entre les évènements eux-mêmes et la difficulté de leur narration. Décidé après la mort de sa mère, ce livre plein d’émotion et de tristesse est une thérapie pour son auteur et un moyen de dire ce que fut cette famille, principalement destiné à ses membres d’ailleurs.

  • Grossman David, ‘Voir ci-dessous : amour’.

    Sortie : 1991, Chez : POINTS P152.

    Un roman métaphorique et complexe sur le souvenir de la Shoah. On y suit les parcours croisés, à des époques différentes, d’un gamin en Israël dans les années 50 dans une famille de survivants, d’un écrivain juif réincarné en poisson dans un banc qui erre dans les océans, et l’incroyable dialogue entre un nazi chef de camp de concentration et un détenu juif créateur de bande dessinée.

    Par ce moyen original, Grossman poursuit son parcours à la poursuite de la mémoire du grand traumatisme que fut le génocide juif durant la seconde guerre mondiale. Le livre se termine par une sélection de définitions de mots ayant un rapport avec les chapitres précédents, dont certaines permettent d’y revenir et d’en conclure l’histoire.

  • La Russie impériale

    Nous l’avions déjà dit dans ces lignes : L’Ukraine, une mine d’emmerdements à [très-très] long terme. Ce diagnostic semble hélas se confirmer. Il y a maintenant des morts, des excès, du populisme de tous bords et les armes qui parlent. La Russie appuie sur les incohérences occidentales, ressort le traumatisme de la création du Kosovo ou de celle du Soudan du Sud, le ministre des affaires étrangères est même remonté jusqu’au rattachement de Mayotte à la France, pour arguer que l’on ne peut pas empêcher les ukrainiens de l’Est de vouloir être indépendants ou russes.

    Au niveau du droit la Russie n’est pas tort. Au niveau de la forme elle agit comme à son habitude. Elle n’a pas le temps d’attendre des processus onusiens ou démocratiques qui de toute façon aboutiront au même résultat, alors elle s’installe comme un éléphant dans un magasin de porcelaine… La Crimée est redevenue russe et le restera. L’Est de l’Ukraine devrait finir un jour ou l’autre de la même façon, soit par la guerre, soit par un processus électoral ; soit par une séparation formelle de Kiev, soit par un statut fédéral provisoire.

    Et de toute façon le problème de fond ne porte pas vraiment sur ces bagarres territoriales, mais plutôt sur savoir qui va payer pour redresser l’Ukraine de la faillite dans laquelle elle se trouve suite à la gestion désastreuse de ses dirigeants depuis l’éclatement de l’Union soviétique (et même avant d’ailleurs) ? Alors que le pays soit en un ou deux morceaux, voire plus, ne changera pas grand-chose à l’addition qui va être présentée sous peu aux bailleurs de fonds, et qui risque d’être très douloureuse. Comme on ne peut pas dire que les derniers mois aient permis d’identifier un dirigeant visionnaire et rassembleur, nous allons encore entendre parler de l’Ukraine à la rubrique des catastrophes pendant longtemps encore.

  • Les dépenses publiques toujours à la hausse

    L’assemblée nationale s’est prononcée sur le projet de programme de stabilité pour 2014-2017. Il s’agit en gros de savoir sur quelles lignes budgétaires la République va économiser 50 milliards d’euros sur les trois années à venir. Il n’est pas réellement question de baisser les dépenses mais plutôt de ralentir le niveau de progression par rapport à une tendance structurelle à la hausse.

    Lire le résultat du vote sur : Analyse du scrutin n° 786

    L’opposition est ennuyée par ce programme qui répond à ses souhaits affichés depuis qu’elle est dans l’opposition… mais nous sommes en France et on ne va quand même pas changer nos déplorables habitudes claniques et la droite ne va pas quand même pas voter pour la gauche ou alors le zouave du pont de l’Alma va se mettre en maillot de bain et plonger dans la Seine ! La position officielle de l’opposition est que les économies en « coups de rabot » ne sont pas bonnes sans réformes structurelles. Rappelons quand même ici le séminaire de l’équipe dirigeante de l’UMP en décembre dernier qui assénait un objectif d’économie de 130 milliards en 5 ans, sans plus de détails sur la façon d’y arriver.

    Bien sûr ces réformes structurelles sont nécessaires mais nous somme en France et nous savons bien qu’elles sont longues, douloureuses, toujours atténuées dans leurs effets par les corporatismes, les égoïsmes et la perte totale de sens de l’intérêt général qui affecte notre République ; alors démarrer par des baisses autoritaires (le fameux coup de rabot) n’est pas mauvaise en soi, elle permet de démarrer les économies. Il sera toujours temps de travailler sur les réformes structurelles en même temps ou plus tard.

    Le vote d’aujourd’hui à l’assemblée nationale est intéressant : 265 pour, 232 contre et 67 abstentions.

    • Groupe socialiste – 291 membres : 242 pour, 3 contre et 41 abstentions dont quelques pointures comme Pascal Cherki (député-maire de Paris XIVème), Henri Emmanuelli, Jérôme Guedj, Christian Paul… Ils n’ont pas osé voter contre car le chef du PS avait laissé entendre qu’ils auraient pu être exclu du parti dans ce cas, courageux mais pas téméraires…
    • Groupe UMP – 198 membres : 1 pour, 192 contre et 3 abstentions. Le franc-tireur est Frédéric Lefebvre, ex-sous-ministre de Fillon, affichant en permanence des cheveux longs et gras, s’étant rendu célèbre dans une interview où on l’interrogeait sur ses goûts littéraires en confondant la marque Zadig & Voltaire avec l’écrivain Voltaire… Le garçon doit nous faire une rébellion post-adolescente.
    • Groupe UDI – 29 membres : 3 pour, 7 contre et 17 abstentions. Le franc-tireur est Frédéric Lefebvre, ex-sous-ministre de Fillon, affichant en permanence des cheveux longs et gras, s’étant rendu célèbre dans une interview où on l’interrogeait sur ses goûts littéraires en confondant la marque Zadig & Voltaire avec l’écrivain Voltaire… Peut-être n’a-t-il pas bien compris pour quoi il votait ?
    • Groupe Ecologiste – 17 membres : 3 pour, 12 contre et 2 abstentions.
    • Etc.

    Il y a finalement assez peu de traîtres ayant voté contre leur camp. Il y a des mous qui se sont abstenus. Ils ne seront pas fusillés à la libération, on les rasera, seulement…

  • Le coq caquètte

    Laurent Wauquiez, jeune coq de la droite, ex-sous-ministre de l’emploi, compare la France d’aujourd’hui à la République de Weimar, laissant ainsi croire que le gouvernement socialiste actuel mènera le pays aux mêmes errements que l’Allemagne des années 30. Par ailleurs il sort un bouquin prônant le retour à une Europe à six membres et la sortie de la France des accords de Schengen. Ce garçon est décidément tout en nuances, il ira loin !

  • Les députés PS écrivent

    Le député socialiste est un animal qui écrit beaucoup en ce moment face à la perspective de devoir contrôler les dépenses publiques, c’est-à-dire d’annoncer à leurs électeurs qu’il va falloir se serrer la ceinture.

    100 députés ont signé une lettre prônant un « contrat de majorité » dans un charabia en langue de bois en chêne massif se concluant par « Ne laissons pas s’installer de faux clivages entre les « cigales » et les « fourmis » ; mais nous savons aussi que jamais la France ne se redressera dans l’austérité et en laissant exploser le chômage et les inégalités. » En gros, on fera des économies, mais plus tard.

    Lire la lettre des 100 députés : La lettre des 100

    Et dans la foulée, après la communication du premier ministre le 16 avril sur les 50 milliards d’euros d’économie à réaliser sur trois ans, 11 députés (également signataires de la lettre précédente) ont commis une nouvelle missive, adressée cette fois-ci au premier ministre, ressassant les mêmes théories et aboutissant aux mêmes conclusion : on économisera, mais plus tard.

    Lire la lettre des 11 députés : La lettre des 11

    Hélas, il n’est plus temps de reculer encore le retour à des mesures d’économie, il faut en passer par là, et maintenant. D’ailleurs le nouveau gouvernement a reçu une fin de non-recevoir européenne à sa requête de retarder le retour à un taux de déficit de 3% du produit intérieur brut.

  • La démocratie en Orient

    En Algérie un président malade, et manifestement incapable d’exercer le pouvoir, est réélu au premier tour d’une élection sans doute un peu fraudée mais pas au point de remettre en cause le résultat de l’élection. En Syrie, pays en pleine guerre civile avec 150 000 morts depuis trois années, le président annonce des élections présidentielles pour le mois de mai. En Afghanistan un premier tour a qualifié deux candidats pour le deuxième tour des présidentielles alors qu’il est plus probable qu’un pouvoir taliban balaiera sous peu cet ersatz de démocratie (dès le départ des troupes occidentales en fait, dans les mois à venir).

    On ne peut s’empêcher de penser que ces tentatives de singer la démocratie occidentale ne sont là que pour faire plaisir… à ces démocraties occidentales mais sans véritablement changer grand-chose localement. Au moins quand il s’agit de la Chine ou de la Russie, personne ne va chercher à leur imposer leur régime politique. Quand on est puissant, on est puissant ! Mais on se demande vraiment si cela sert à quelque chose d’aller imposer des élections en Afghanistan ?

  • Faillites en Corse

    Nos amis corses continuent à faire des leurs. L’assemblée de Corse a adopté en ce mois d’avril 2014 par 29 voix contre 18, et 4 abstentions, un rapport sur la protection du patrimoine foncier qui annonce la création du statut de « personne attachée au territoire corse ». Il s’agit en gros de limiter le droit d’acquérir des résidences à des personnes non-attachées au territoire corse ne pouvant pas justifier de « l’occupation effective et continue d’une résidence principale située en Corse, durant une période minimale de cinq années. » Si jamais la Constitution française et le droit européen acceptait une entorse de ce type à la liberté d’établissement, la morale voudrait que l’on prenne immédiatement une mesure réciproque qui limiterait pour les personnes attachées au territoire corse leur droit d’acquérir une résidence hors de Corse si elles ne peuvent pas justifier de « l’occupation effective et continue d’une résidence principale située dans le département où elles veulent acheter, durant une période minimale de cinq années. »

    Et pendant ce temps le feuilleton de la SNCM se poursuit. La compagnie maritime exsangue, à moitié en faillite, toujours entre deux grèves, affichant un conflit ouvert entre sa direction et l’actionnaire principal, sous le coup d’une condamnation européenne à rembourser 440 MEUR de subventions reçues du contribuable français et jugée contraire aux règles de libre-concurrence, la SNCM donc est à nouveau au bord du dépôt de bilan. Mais de toutes parts fusent les injonctions à l’Etat « de prendre ses responsabilités », c’est-à-dire de faire payer le contribuable nationale avant le naufrage final, sans s’inquiéter cette fois-ci de savoir si ledit contribuable est une « personne attachée au territoire corse ».

    Cette société anciennement publique avait été mal privatisée sous un gouvernement Chirac. Comme personne n’en voulait, l’Etat avait finalement mis au point un montage où il gardait 25% du capital, où un groupement entre Veolia (privée) et la Caisse des dépôts et consignations (publique) prenait 66% et le personnel avait les 9% restant. Comme c’était à craindre cette société est restée ingérable, par le secteur privé comme public, la pétaudière ambiante s’est aggravée et l’on revient toujours faire manche chez le contribuable national. Economiquement il faudrait fermer cette compagnie et favoriser une saine concurrence entre vraies sociétés maritimes privées comme il en existe tant sur la Méditerranée. Mais la Corse est la Corse, et jusqu’ici elle a toujours réussi à faire payer la République pour maintenir ses spécificités. Il est à craindre que cela ne continue encore longtemps…