Auteur/autrice : Rehve

  • 777 formulaires administratifs

    Je cherche un imprimé administratif à remplir : sur le site Mon Service Public il y a… 777 formulaires disponibles qui vont de la « Fiche de déclaration de captures d’anguilles » à la « Déclaration d’enrichissement des vins » en passant par la « Demande de titre de prisonnier du ‘Viêt-Minh’ » ou la « Demande d’attribution du titre d’évadé ». On se demande si 777 formulaires ce n’est tout de même pas un peu trop de bureaucratie.

  • La presse adore les conflits

    La presse télévisuelle a sorti ses petits logos « guerre au… », au Mali en l’occurrence, rameuté ses consultants militaires et recycle ses questions idiotes et commentaires vides. Celui du jour est que l’Algérie et la Mauritanie ont « fermé » leurs frontières avec le Mali marquant ainsi leur solidarité avec la France. Bon, je ne sais pas si ces journalistes de plateaux ont une idée de ce que sont les frontières Sud de l’Algérie et de la Mauritanie, manifestement non, sinon ils sauraient que les « fermer » ne veut juste rien dire. Ce sont des milliers de kilomètres en plein désert sans une âme qui vive sauf autour des rares pistes nord-sud qui relient ces pays. Ils s’imaginent quoi ces plumitifs, que les gardes-frontière ont baissé leur barrière coupant ainsi la circulation ?

  • Référendum et mariage homosexuel

    Rigolo : les élus de droite anti-mariage homosexuel s’égosillent pour réclamer un référendum après une manifestation de rue ; les mêmes qui contestaient à la gauche ce principe du référendum suite aux manifestations de rue anti-réforme de la retraite. Au-delà de ces atermoiements politicards finalement assez courants chez les élus franchouillards jamais en retard d’une compromission, l’article 11 de la constitution stipule que :

    Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la Nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions.
    Lorsque le référendum est organisé sur proposition du Gouvernement, celui-ci fait, devant chaque assemblée, une déclaration qui est suivie d’un débat.
    Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an.
    Les conditions de sa présentation et celles dans lesquelles le Conseil constitutionnel contrôle le respect des dispositions de l’alinéa précédent sont déterminées par une loi organique.
    Si la proposition de loi n’a pas été examinée par les deux assemblées dans un délai fixé par la loi organique, le Président de la République la soumet au référendum.
    Lorsque la proposition de loi n’est pas adoptée par le peuple français, aucune nouvelle proposition de référendum portant sur le même sujet ne peut être présentée avant l’expiration d’un délai de deux ans suivant la date du scrutin.
    Lorsque le référendum a conclu à l’adoption du projet ou de la proposition de loi, le Président de la République promulgue la loi dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats de la consultation.

    Le code de la famille ne semble pas relever du domaine d’application du référendum. Et encore le serait-il qu’il conviendrait pour forcer l’organisation d’une telle consultation de lancer une initiative d’un cinquième des membres du parlement (cela devrait se trouver) soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales (plus compliqué car cela doit faire au bas mot 2 ou 3 millions de personnes). Donc l’hypothèse du referendum semble avoir du plomb dans l’aile.

  • La France en guerre au Mali contre la violence islamisme

    L’intervention armée française monte en puissance, hélas. Décision politique courageuse d’aller se colleter contre des barbus en plein désert, mais résultat très incertain. La France met son nez dans une guerre civile où la très grande majorité des combattants sont maliens : les Touaregs-ex-mercenaires-de-Kadhafi, en rébellion contre le pouvoir noir de Bamako depuis des décennies, ont vendu leurs âmes à des islamistes de rencontre, là encore maliens pour le plus grand nombre. L’armée malienne qui s’était déjà rendue célèbre en déclarant la guerre au Burkina-Faso en 1985 pour une bande de brousse stérile, guerre terminée en quelques jours après avec deux ou trois dizaines de morts, a une forte tradition de soutien aux dictateurs (Moussa Traoré durant des décennies) et de coups d’Etat successifs dès qu’un pouvoir civil est élu. On ne peut pas dire que ces galonnés soient un gage de républicanisme.

    La communauté internationale occidentale soutient allègrement Paris et les pays africains annoncent l’accélération de la mise en place d’une force multinationale avec le Nigeria, le Bénin, le Niger et d’autres. Bon, c’est sympathique en diable mais on peut craindre que cette aide militaire africaine ne soit d’une efficacité limitée, et que cette belle unanimité ne se brise assez rapidement sous l’arbre à palabres de la brousse.

  • Ils se croient tous irremplaçables…

    Jack Lang, 73 ans, est nommé à la tête de l’Institut du Monde Arabe. N’aurait-on pas pu trouver un candidat plus vert ?

  • L’armée française en Afrique, encore…

    L’armée française intervient au Mali pour arrêter les colonnes de barbus (islamistes) et d’enturbannés (Touaregs, ex-mercenaires de Kadhafi) qui se sont mis en tête d’investir le pays entier pour y instaurer régime islamique et charia avec tout le tra-la-la de comportements religieux d’un autre âge. Ils affrontent sans trop de difficultés une armée malienne de dépenaillés en déroute.

    Pauvre Mali qui n’a pas mérité tout ceci. Enfin, tout de même un petit peu quand même car l’allumette qui a allumé l’incendie du passage à l’attaque des enturbannés et des barbus, a quand même été le coup d’Etat mené par le dépenaillé capitaine Sanogo.

    Le président par interim promet sur les écrans nationaux une réplique massive et foudroyante… Bon, gageons que les dépenaillés vont reprendre un peu de peps avec l’aide des légionnaires et matériels tricolores, mais ce n’est pas gagné.

  • Les forbans de la banque

    Des banques américaines parmi les plus grosses de la planète acceptent de verser des pénalités qui se chiffrent en milliards de dollars pour mettre fin aux poursuites engagées contre leurs agissements dans l’après-crise des subprimes. Elles avaient saisi à tour de bras les biens immobiliers de leurs emprunteurs impécunieux en dehors de tout processus légal. Ces fonds doivent être utilisés pour indemniser les anciens propriétaires-emprunteurs spoliés par ces méthodes de flibustiers des Caraïbes. On a beau être aux Etats-Unis d’Amérique, la Mecque du capitalisme débridé, il y a quand même quelques limites à ne pas dépasser. Il eut été pas mal de s’en apercevoir avant les saisies, mais mieux vaut tard que jamais.

    De plus, Banque of America a elle été condamnée à indemniser à hauteur de 10,35 milliards de dollars l’organisme public américain (eh oui, il y a des organismes publics aux USA) de crédit hypothécaire pour lui avoir fourgué pendant des années des titres de dette en en cachant sciemment le risque attaché.

    On continue aujourd’hui encore, quatre ans après l’explosion de la plus grave crise financière de tous les temps, de mettre à jour les méthodes des forbans de la finance qui dépassent tout ce qu’un homme raisonnable pouvait imaginer en termes de roueries, de malhonnêteté et de rapacité. Et on n’a sans doute pas fini…

  • Depardieu s’évade

    Finalement, Depardieu, bon acteur surpayé du cinéma français, récupère un passeport russe pour s’installer en Belgique et fuir une tranche marginale d’imposition de 75% qui a été rejetée par le conseil constitutionnel et ne sera donc pas appliquée. Une vraie comédie de boulevard, on s’attend à voir l’inspecteur du fisc sortir du placard de la chambre à coucher… et on s’y perd un peu.

  • Un rejeton à hauteur des exploits de sa famille

    Et pendant tout ce temps le rejeton de la féroce dynastie El Assad continue son sanglant travail de sape pour se maintenir encore un peu plus longtemps au pouvoir et sauver sa tête et celles des siens, rendant chaque jour un peu plus impossible une solution pacifique à cette folie de pouvoir et d’ambition. Il laissera un pays ruiné, en pleine guerre civile, avec un bilan qui dépasserait déjà les 50 000 morts. Il devrait mourir au combat ou en fuyant, mais s’il tombe aux mains de ses ennemis intérieurs, il risque de rencontrer une fin qui ne sera pas très agréable.

  • La minorité agissante

    Le mariage homosexuel continue à agiter l’hexagone. Comme souvent en France les désirs d’une minorité, celle des homosexuels, vont s’imposer à la majorité sous prétexte d’évolution et de non-discrimination. C’est ainsi, ce n’est en l’occurrence pas très grave, juste une perte de temps. Une grande manifestation contre le projet de loi est prévue le 13 janvier sur le modèle de celle pour l’école libre en 1984 ou contre le « contrat premier emploi » en 2006, qui l’une et l’autre avaient fait reculer le gouvernement. Voyons donc ce qui se passera le 13 janvier.

  • Le continent paye pour la Corse

    Le monde médiatique et politicard s’agite pour des non-sujets sur lesquels il aime tant débattre et polémiquer, passant ainsi sous le tapis les vrais débats financiers plus vitaux pour notre République. Le conseil constitutionnel a censuré un article de la loi de finances 2013 qui instaurait une taxe provisoire de 18% sur les revenus individuels supérieurs à 1 million d’euros, portant ainsi le taux d’imposition de la tranche de revenus supérieure à ce million à 75%. Le motif est que ce taux devrait être appliqué sur les revenus du foyer et non des individus qui le composent. Bref, dans un cas comme dans l’autre on parle de 1 000 à 2 000 personnes tout au plus. Certaines fuient déjà l’hexagone mais on peut parier que la majorité de ces 2 000 happy few demeurera en France. Et ceux qui partiront sont interchangeables. Depardieu, bon acteur surpayé de la scène française part en Belgique ou en Russie, grand bien lui fasse, nous survivrons à son absence.

    Plus intéressant, et sans doute plus productif en matière de rentrée fiscale, le conseil constitutionnel a également mis fin au renouvellement éternel d’une des nombreuses niches fiscales dont bénéficient les contribuables corses :

    L’article 14 prorogeait un régime fiscal dérogatoire applicable aux successions sur les immeubles situés dans les départements de Corse. Il conduisait, sans motif légitime, à ce que la transmission de ces immeubles soit exonérée de droits de succession. Le Conseil a jugé que cette prorogation méconnaissait le principe d’égalité devant la loi et les charges publiques et censuré l’article 14.

    Conseil constitutionnel

    Depuis Napoléon les contribuables corses se transmettaient leurs biens immobiliers de génération en génération en exonération de droit de succession. On se demande bien ce qui motivait encore au 21ème siècle le maintien d’un tel privilège sinon la faiblesse de caractère de nos élus face à la capacité de nuisance du peuple corse.

    On peut gager que ledit peuple ne renonce pas aussi facilement et s’attendre à des combats sans merci pour le rétablissement de cette prébende d’un autre âge. En attendant il restera la fraude pour ne pas payer, exercice dans lequel l’Ile de Beauté excelle également semble-t-il.

  • Les vœux de Charlie

    Les voeux de Charlie Hebdo
    Et un rappel de l’inoubliable cru 2012
  • Grossman David, ‘Une femme fuyant l’annonce’.

    Sortie : 2011, Chez : Points 02895.

    Le roman bouleversant d’une mère israélienne fuyant pour une longue errance à travers son pays, toujours entre deux guerres, pendant que son fils sert dans un blindé de l’armée pour une énième opération contre le Liban.

    Au cours de sa fuite, Ora, dans l’angoisse permanente que son fils ne revienne pas du front, se penche sur sa vie, ses amours, ses enfants, sur l’état de guerre permanente dans cette région qui ravage les sentiments et marque au fer rouge l’existence des habitants de cet Orient si proche et si violent depuis le mitan du XXème siècle. Toutes les horreurs de la guerre y sont évoquées à mots couverts, avec subtilité, avec tendresse même parfois. Mais aussi avec tellement de vérité : alors qu’il terminait l’écriture de ce chef d’œuvre, Grossman appris la mort de son fils dans son char au Liban…

  • Le pape se met à tweeter

    Le pape s’est mis récemment à tweeter pour tout et n’importe quoi, comme tout tweetos qui se respecte. Il bénit ses followers ou leur explique qu’il aime les crèches et autres billevesées. Est-ce que cet abaissement communiquant va lui rapporter des fidèles supplémentaires dans ses paroisses le dimanche ? C’est peu probable.

    Le tweet c’est le niveau zéro de la réflexion, l’infantilisation de la parole, la glaciation des échanges. C’est sans doute la raison pour laquelle cet outil est si prisé par le monde politique : ne rien dire en 140 signes, un rêve pour nos édiles.

  • La Centrafrique replonge et entraîne la France

    Enième remake en Centrafrique : une armée dépenaillée fuit devant une bande de rebelles avinés. Quelques soldats français traînent encore dans ce pays, on se demande pourquoi, et la France est prise à partie pour soutenir un pouvoir déliquescent contre une opposition incapable. Le scénario a déjà été joué vingt fois depuis Bokassa, le pouvoir s’enfonce, le peuple souffre et la France continue à y laisser son honneur.

  • Bergé tout en subtilité

    Pierre Bergé, affairiste socialisant, déclare à propos du mariage homosexuel :

    « Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? »

    Pierre Bergé

    déclenchant l’ire des bien-pensants pourfendeurs du mariage pour tous comme celle des défenseurs du mariage gay. Bon, soyons réaliste et cessons ces cris d’orfraie, la gestion pour autrui des mères porteuses va suivre le mouvement, de même que la procréation assistée pour les couples lesbiens sera sans doute incluse dans la loi en cours d’examen. Ce n’est qu’une question de temps.

  • Mais qui peut bien être le père ?

    Et dire que nous allons terminer cette année 2012 sans en savoir plus sur l’identité du père de la fille de Rachida Dati, ex-ministre chez Dior, Yves Saint-Laurent et place Vendôme. La Dati a entamé un procès en paternité contre un bellâtre mondain, propriétaire affairiste de casinos et de d’hôtels de luxe. La défense du garçon est de reconnaître sa relation avec la Dati tout en expliquant qu’elle menait en même temps des relations avec huit hommes à la fois et qu’il est donc difficile d’affirmer qui est le père… Du coup la justice ordonne un test ADN de paternité.

    Et dire que tout stupre se déroulait pendant que la Dati était ministre de la République…

  • Copé vaincu… pour le moment

    Finalement Copé-l’aboyeur n’en a pas une si grosse paire que ça. Le voilà qui se couche et, finalement, accepte d’organiser une nouvelle élection du chef de la bande UMP et ce dès 2013 alors qu’il ne démordait pas de 2014. Fillon-costume-étriqué triomphe modestement et l’un comme l’autre assènent les platitudes de circonstance assaisonnée à la langue de bois de rigueur sur le rassemblement qui désormais guide ces pieds nickelés ambitieux.

    Ils ont l’un et l’autre fait la preuve de leur incompétence et de leur totale absence de scrupule, les rendant ainsi définitivement inaptes à la fonction qu’ils briguent. Le problème va donc être de savoir qui sera candidat en 2013 ? Si l’UMP récupère ces deux mêmes ambitieux, le résultat risque, hélas, de n’être point trop différent de celui de 2012, ce qui ferait les affaires de la majorité.