Catégorie : Europe

  • La reddition

    La reddition

    7 mai 1945, Jodl signe la reddition militaire de l’Allemagne à Reims. Les signataires conviennent de garder le secret jusqu’au 8 mai afin de laisser encore un peu de temps aux populations allemandes pour passer en zone alliée, de l’autre côté de ce qui sera bientôt le rideau de fer.

    Le lendemain à Berlin l’acte définitif est signé au quartier général soviétique par Keitel et une brochette de militaires nazis.

    C’est la fin d’un carnage qui aura fait plus de 50 millions de morts. C’est l’aboutissement d’une tragédie dans laquelle la vieille Europe s’est compromise d’une façon définitive et qui n’a pas fini de produire ses effets délétères.

    L’acte de reddition

  • Le Royaume-Uni regarde vers la sortie

    Des élections législatives sont remportées franchement par le parti conservateur au Royaume-Uni. Première similitude avec ce qui se passe un peu partout en Europe : les sondeurs montrent une nouvelle fois leur incompétence en ayant avancé des prévisions sans rapport avec la vraie vie. C’est une des curiosités de cette corporation, ils se trompent de façon quasiment permanente, induisent en erreur le monde médiatico-molitico-mondain mais ils continuent à être les vedettes des plateaux télévisés où ils assènent leur prévisions erronées devant un parterre de politicards fascinés par les chiffres faux comme des grenouilles devant un baromètre. Les sondages sont un des problèmes de nos démocraties occidentales en ce qu’ils ont remplacé la réflexion politique.

    Deuxième sujet soulevé par cette élection britannique : le parti conservateur a fait part de sa volonté d’organiser un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne avant 2017. C’est une bonne idée, il faut faire ce référendum et que Londres arrête de faire un chantage permanent sur le reste de l’Europe pour obtenir toujours plus pour son statut particulier sur le thème : « retenez-moi ou je fais un malheur ». L’Union en est arrivé à un tel point de complexité et de paralysie qu’il doit être laissé à ses membres la possibilité d’en sortir ou d’en être exclu.

    Bien sûr on pense a priori que ce ne serait pas une bonne nouvelle, pour personne, mais en fait on n’en sait rien et c’est la raison pour laquelle cela vaut le coup de tenter l’affaire. Si c’est un désastre, eh bien les pays restants reconstruiront et les candidats au départ y réfléchiront à deux fois avant de renouveler l’expérience ; si cela se passe correctement l’Union pourra être plus ferme avec ceux qui restent en leur ouvrant la porte de sortie s’ils sont par trop exigeants.

    Vive le référendum britannique sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne !

  • Vafourakis relégué

    GR_Vafourakis_201502Vafourakis, ministre des finances grec, qui trouve du temps pour prendre la pause pour Paris-Match face au Parthénon, est relégué au second plan des négociations financières menées entre la Grèce et ses créanciers publics, c’est-à-dire majoritairement les contribuables européens. Il se définit lui-même comme « marxiste libertaire ». Il semble que le garçon ait eu du mal à réfréner son penchant naturel à donner des leçons d’économie au reste du monde. Evidemment quand on dépend de ses créanciers il n’est pas toujours très efficace de les critiquer ni de leur expliquer pourquoi ils doivent casser leurs tirelires. Il est donc remplacé à la tête de la délégation grecque négociant avec les européens. C’est une bonne mesure car il est contre-productif de taper en permanence sur la main qui signe le chèque.

    Manuel_Valls_2013-08Profitons-en pour constater une nouvelle fois avec consternation cette attirance du personnel politique pour les double-pages en papier glacé de Paris-Match. Manuel Valls, premier ministre français y avait cédé avec la photo édifiante ci-contre.

  • L’Europe eldorado

    Des centaines de morts en mer Méditerranée depuis des mois. Des migrants, économiques et politiques, s’entassent sur des navires de fortune qui tentent de forcer le barrage des frontières européennes pour espérer une vie meilleure au nord. Des passeurs de la pire espèce coulent les rafiots en vue des côtes ou fuient en laissant le navire aller droit devant sans personne à la barre, avec sa cargaison de misère. Les bonnes âmes appellent à des « actions fortes ». François 1er, toujours jésuite, demande à «agir avec décision et rapidité ». Quant aux partis politiques et associations en tous genres qui se lamentent… n’en parlons même pas.

    Le problème est aigu. En fait si l’on ne veut pas que ces gens se noient lors de la traversée il faudrait que les Etats occidentaux aillent les chercher sur de vrais navires et les transportent dans les pays européens pour les y installer, en attendant des jours meilleurs. Personne n’ose le dire alors chacun en appelle à des actions sans avoir la moindre envie de les définir. C’est la faux-jetonnerie de première catégorie, propre à nos sociétés modernes rongées par l’obésité et le cholestérol.

    Quel gouvernement prendra le risque politique de se déclarer prêt à accueillir de tels mouvements de population dans une vieille Europe qui a favorisé, pour beaucoup de bonnes raisons, la chute des gouvernements dictatoriaux dans le Maghreb et le Machrek ? L’extrême droite montre son nez un peu partout sur le vieux continent où les électeurs ne se sentent plus à l’abri de leur douillet et historique confort. Le terrorisme religieux qui sévit ces dernières années accentue encore ce sentiment du « on est plus chez nous » largement relayé par les chroniqueurs petits bras de la théorie du « grand remplacement » qui délayent leur pensé limitée dans Valeurs Actuelles.

    La générosité des peuples qui s’est exprimée dans les immenses mouvements de population apparus en Europe après les deux dernières guerres mondiales, voire même en Allemagne lors de sa réunification, ou dans les années 70 lorsque les vietnamiens fuyaient leur régime communiste, n’est plus de mise. La précarité ressentie par les peuples qui se sont pourtant considérablement enrichis depuis 1945 a tué la solidarité. C’est un des dommages collatéraux du libéralisme mondialisé. On ne veut plus partager. Le fantastique accroissement des inégalités, à la fois entre les pays de la planète, mais aussi à l’intérieur de ces mêmes pays, augmente encore cette volonté de départ des pays pauvres vers chez les riches.

    Avec l’anarchie qui règne en Lybie, les mafias locales prospèrent sur le trafic d’êtres humains. L’Occident culpabilise et  personne ne sait plus comment bloquer les départs comme le faisait Kadhafi en échange d’un peu de reconnaissance internationale. Les plus cyniques doivent penser qu’au-delà d’un certain nombre de noyés, le flux de départ se tarira compte tenu du danger. Les plus émotifs continuent à réclamer « des mesures ». Le bon peuple occidental continue de soigner son cholestérol et personne au nord de la Méditerranée n’envisage d’installer des camps de réfugiés dans son jardin.

  • La Grèce communique mal

     

    GR_Vafourakis_201502Ça c’est le ministre des finances grec, en mars 2015, sur sa terrasse à Athènes donnant sur l’Acropole. Entre deux tournées dans les capitales européennes pour faire la manche et tenter de convaincre avec sa vulgate marxo-libertaire, le garçon se fait interviewer par Paris-Match, comme s’il n’avait pas mieux à faire.

    GR_aide_201004

    Ça c’est l’ancien premier ministre grec annonçant en 2010 la faillite de ses finances publiques à l’Europe sur fond de mer bleue et d’ile paradisiaque.

    On ne sait pas encore bien trop quel est l’état réel des caisses grecques, ce qui paraît désormais clair c’est que les dirigeants de ce pays ne savent pas communiquer. Il faudra un jour qu’ils comprennent qu’il n’est pas efficace de quémander sur fond de ciel et de mer bleus. C’est juste une règle élémentaire de communication.

     

     

  • L’Islande renonce (pour le moment) à sa candidature à l’Union européenne

    Le gouvernement islandais a officiellement retiré sa candidature à l’intégration dans l’Union européenne, et c’est très bien ainsi. Rappelons que cette petite ile-Etat nordique de 350 000 habitants avait durement souffert de la crise financière de 2008. Il s’était en effet avéré qu’elle avait été gérée comme un hedge fund avec des banques que l’on avait laissé grossir avec des actifs supérieurs au PIB du pays… Ces actifs s’étant révélés sans valeur, l’économie bancaire s’est effondrée et l’Etat avec.

    Dans le besoin, l’Islande a alors demandé son adhésion à l’Union européenne et à l’euro, en gros pour bénéficier de son tiroir-caisse doté par les contribuables communautaires. L’économie est maintenant à peu près redressée et des conflits apparaissent avec l’Union sur de sordides histoires de quotas de pêche, Reykjavik n’a plus besoin de faire la manche et du coup se retire.

    C’est une bonne nouvelle car elle montre que l’Islande n’était en rien motivée par une adhésion au projet européen politique. Entrer dans l’Union européenne n’est pas obligatoire, y rester non plus.

  • La Grèce fait la manche, finalement…

    La Grèce n’a plus de sous et revient lentement à la réalité. On ne peut pas taper indéfiniment sur la main qui signe le chèque, c’est un vieux principe de la finance internationale. En l’occurrence pour sa fin de mois de mars le Trésor grec a besoin des fonds de l’aide européenne et pour ce faire, son gouvernement signe une lettre d’engagements de six pages dans laquelle il ravale ses annonces démagogiques et non financées pour accepter de lister les réformes nécessaires à la poursuite du redressement grec. Grosso-modo, il change l’ordre desdites réformes tel qu’il avait été établi par le précédent gouvernement. Il s’agit surtout de fiscalité car il est difficile de faire vivre un Etat sans recette. L’augmentation du salaire minimum est évoquée mais sans trop de détail ni d’annonce chiffrée.

    Tout le monde sauve l’honneur pour le moment, le contribuable européen paye et on repousse la cessation des paiements de quelques mois. D’ici là, on se retrouvera entre gens raisonnables et on essaiera de faire avancer le sujet avec un peu plus de sérieux et moins de lumière médiatique.

  • La banque centrale européenne suspend des financements aux banques grecques

    La banque centrale européenne a dans son rôle de consentir des avances de trésorerie à des banques éligibles, contre remise de garanties. En gros, une banque commerciale qui a besoin de fonds va déposer des titres de créance à Frankfurt et recevoir une somme équivalente jusqu’à l’échéance de ces titres. Ce sont parfois des titres de dette publique. C’est un peu comme à la maison quand vous recevez un découvert de la banque en nantissant des actifs.

    Le nouveau pouvoir grec clamant partout qu’il ne veut pas rembourser tout ou partie de ses dettes et qu’il refuse le plan d’aide de l’Union européenne, la banque centrale a considéré que les titres grecs étaient devenus risqués et ne pouvaient plus être acceptés en garantie des avances de trésorerie demandées par les banques grecques.

    C’est une mesure technique, normale et avisée. Si les pays créanciers de la Grèce (c’est-à-dire les contribuables communautaires) veulent annuler la dette grecque, ils doivent le faire en faisant payer des impôts auxdits contribuables, pas en créant de la monnaie, en contradiction avec les traités européens votés démocratiquement par tous.

    L’annulation de dette doit être douloureuse pour quelqu’un, le débiteur ou le créancier, il n’y a pas d’autre issue !

  • Matthieu Pigasse pris en flagrant délit d’escroquerie intellectuelle

    Matthieu Pigasse, jeune et brillant banquier mondain dont l’établissement (la Banque Lazard) a été choisi par le nouveau gouvernement grec pour l’appuyer dans sa demande de restructuration de sa dette, Matthieu Pigasse donc, ex-haut fonctionnaire français qui a investi une partie de sa fortune personnelle dans la presse (Les Inrocks, Le Monde…), explique à la télévision française qu’il faut annuler 200 milliards d’euros de la dette grecque de 300 et que cela ne coutera rien « en cash » au contribuable européen car cet argent a déjà été déboursé.

    Le garçon est sympathique mais il a encore quelque progrès à faire pour faire prendre des vessies pour des lanternes. Certes l’argent a déjà été versé à la Grèce par les contribuables communautaires mais ceux-ci vont devoir rembourser leurs propres dettes, empruntées pour pouvoir financer les prêts à la Grèce. Donc au remboursement par la France et les autres pays prêteurs, il y aura bien « un effet cash » de sortie d’argent pour le contribuable.

    La dette, qu’elle soit annulée ou remboursée ou transférée, il y a toujours quelqu’un qui paye à la fin. C’est ainsi Monsieur Pigasse. Il s’agit juste de trouver la bonne personne.

  • Comment dépenser des sous sans payer ses dettes

    Drapeau_GreeceLe nouveau pouvoir grec veut faire vite et annonce ses mesures pour la reprise des dépense publiques : augmentation du salaire minimum, réembauche des milliers de fonctionnaires licenciés dans le cadre des plans d’économie précédents, arrêt des programmes de privatisation en cours, etc.

    Sur le plan politique il clame sa volonté de faire annuler une partie de la dette publique et refuse de parler avec les représentants de la Troïka (Fonds monétaire international + Banque centrale européenne + Commission européenne) qui représente les prêteurs mais est considérée comme le valet de ces créanciers rapaces qui veulent étrangler ce beau pays méditerranéen…

    C’est l’éternel discours du gentil débiteur face à ses méchants créanciers. Une fois passés les effets de manche et manifestations d’égos divers et variés, les gens sérieux reprendront le dossier et trouveront bien une solution acceptable pour tous, dont éventuellement la sortie de la Grèce de la zone euro, hypothèse à laquelle il ne faut pas s’interdire de penser.

    Nous sommes face à un programme d’ajustement structurel classique comme la communauté financière internationale a eu à en gérer depuis des décennies, du Sénégal à l’Argentine, en passant par la Russie et les pays asiatiques. La France elle-même a fait la manche en 1983 auprès de la Communauté européenne après le désastre financier de la gestion des deux premières années du gouvernement Mauroy.

    Un pays a besoin d’argent qu’il ne peut plus se procurer par un accès classique aux marchés financiers, ou alors qu’il peut emprunter mais à des taux d’intérêt très élevé qui ne sont que la conséquence du risque de non remboursement qu’il fait courir à ses prêteurs. Dans le cas de la Grèce, ce risque est avéré puisque les créanciers privés ont dû renoncer à 110 milliards d’euros de dettes en 2012. C’était il n’y a pas si longtemps.

    Des dirigeants responsables se réunissent avec des prêteurs anciens et futurs, examinent ensemble ce que peut ou pas le pays défaillant et tout ou partie de la dette stressée (comme disent les anglo-saxons) est annulée ou rééchelonnées, voire les deux à la fois, et arrêtent ensemble l’argent frais (new money comme disent les anglo-saxons) qui peut être mis en place pour financer la survie de l’Etat défaillant.

    Dans le cas d’espèce, ce sont les autres Etats européens, donc leurs contribuables-citoyens respectifs, qui sont les prêteurs de la Grèce, ce sont donc eux qui supporteront la charge de la restructuration. Car malgré ce que racontent les démagogues de salons, il y aura bien une charge. La France par exemple a prêté ou garanti 40 milliards qui ont été déboursés en faveur de la Grèce. Elle a donc emprunté elle-même une somme équivalente qu’elle devra bien, elle, rembourser à ses propres prêteurs. Elle devait le faire normalement en y affectant les remboursements venus de la Grèce et si ceux-ci ne viennent pas il faudra bien qu’elle le fasse sur ses propres ressources financières, donc les impôts de ses citoyens-contribuables.

    Une autre solution technique est de faire créer des euros par la banque centrale pour rembourser cette dette en monnaie qui se dévaluerait mathématiquement. Ce serait le retour aux déplorables méthodes d’antan et une prime aux mauvais élèves. Les prêteurs y laisseraient des plumes puisque remboursés en monnaie dévaluée, ce qui obèrerait leur confiance et logiquement ferait remonter les taux d’intérêt pour l’ensemble des emprunteurs en euros.

    Quel que soit le bout de la lorgnette par lequel on regarde le sujet, une dette non remboursée cause une perte au prêteur, soit directe s’il annule sa créance, soit indirecte s’il est remboursé en monnaie de singe.

    C’est ce problème que les dirigeants européens doivent gérer avec la Grèce, si possible en bonne entente.

  • La gauche radicale au pouvoir en Grèce

    Un parti de gauche radicale arrive démocratiquement au pouvoir dans une Grèce usée par la mauvaise gestion et la crise économique. A défaut d’obtenir la majorité absolue au parlement, il s’allie avec un parti de droite mal embouché. C’est un peu comme si Mélanchon, du Parti de gauche, s’alliait en France avec Dupont –Aignan, de Debout la France. En principe, et au regard des modes de fonctionnement habituels de la politique et des égos surdimensionnés qui la peuplent

    Tout ce petit monde a été élu sur le thème « demain on rase gratis », nos problèmes c’est la faute à l’Allemagne qui n’a pas payé ses dettes de guerre et à l’Union européenne qui nous a imposé une austérité qui est contre-productive, reprenons la dépense publique et la croissance économique reviendra, ne remboursons pas nos dettes et cela ira encore mieux car ces dettes sont illégitimes et n’ont servi qu’à engraisser de vilains banquiers. Un tel projet électoral a rencontré un franc succès ! Les lendemains risquent de déchanter.

    Tous les partis populistes que compte l’Europe approuvent ce discours : Mélanchon en France (extrême gauche), bien sûr, mais aussi le Front national (extrême droite), le Podemos en Espagne, etc. Un immense espoir se lève dans les pays du sud de l’Europe sur le thème : nous aussi nous voulons reprendre la dépense publique et ne pas payer nos dettes.

  • Hystérie financière etc.

    Messieurs les marchés financiers font encore preuve de leur habituelle sérénité et de leur subtile vision du futur. Craignant l’arrivée au pouvoir en Grèce du parti de gauche Syrisa qui affiche clairement sa défiance à l’encontre du plan d’ajustement structurel de leur pays, ils massacrent tous les marchés financiers mondiaux qui s’effondrent.

    La victoire électorale de ce parti impliquerait clairement une renégociation rapide de la dette, ce qui n’est pas une surprise puisque depuis la première restructuration de la dette grecque on savait qu’une deuxième serait inévitable, voire une troisième et les suivantes. Il semble que Messieurs les Marchés financiers l’ignoraient. Il va falloir qu’ils améliorent leurs circuits d’information et prennent un abonnement au Parisien ou à Ouest-France.

    D’ailleurs, même si ce parti Syrisa n’arrive pas au pouvoir fin janvier, il faudra abandonner une partie de cette dette qui ne pourra pas être remboursée. La première restructuration de 2011 s’était traduite par l’abandon d’environ 100 milliards d’euros par les banques privées, c’est-à-dire, finalement payée par les clients et actionnaires des banques. De nouveaux prêts avaient alors été octroyés par les autres Etats européens, c’est-à-dire par les contribuables communautaires. Cette nouvelle restructuration va maintenant amener les Etats à abandonner une partie de leurs créances, c’est-à-dire que les contribuables non grecques vont faire cadeau aux citoyens grecs de la partie de ces prêts qui devra être annulée. Une solidarité financière qui ne va pas être bien facile à faire admettre aux électeurs concernés.

    Quand à Messieurs les marchés financiers le conseil est qu’ils fassent preuve d’un peu plus de self-control. Il y a 95% de chances que cette renégociation se passe entre gens intelligents et de bonne compagnie pour aboutir à un résultat satisfaisant. Evidemment cette annulation de dette se traduira par un appauvrissement européen de ce montant qui aura été vainement prêté mais pas complètement dépensé en pure perte puisque cet argent a fait tourner l’économie grecque, mais au lieu de continuer à tourner, il aura été dépensé une fois et le processus s’arrêtera là.

  • La décadence italienne

    Berlusconi, le pervers-transalpin de 77 ans, est finalement acquitté en appel de l’affaire de mœurs qui l’impliquait avec des prostitués mineures alors qu’il était au pouvoir. Il s’agit du désormais mondialement célèbre bunga-bunga, en clair des partouzes que le dirigeant italien organisait dans ses villas. Le pervers n’est donc coupable de rien et du coup il revient au premier plan de la vie politique dans son pays malgré son âge avancé. Il reste condamné définitivement pour fraude fiscale.

    Ainsi va la vie de nos démocraties : la vieille et noble Italie n’arrive pas à remiser un de ses dirigeants partouzeur et fraudeur et très âgé ! C’est triste.

  • Chypre négocie

    Bonne nouvelle : les négociations reprennent pour la réunification de Chypre. Rappelons que cette ile tiraillée entre sa partie « turque » dont la souveraineté n’a jamais été reconnue par la communauté internationale depuis la guerre de 1974, et sa partie « grecque », Chypre donc est la symbole de l’impuissance européenne. Après avoir longtemps clamé que jamais l’Union européenne n’accepterait l’adhésion de Chypre tant que le conflit ne serait réglé, nos diplomates communautaires ont bien entendu cédé : Chypre a intégré l’Union européenne en 2004, important avec elle un conflit armé dans l’Union entre la Turquie qui ne reconnaît pas ce membre de l’Union, dont elle occupe une partie du territoire, tout en poursuivant ses propres négociations d’adhésion…

    Depuis lors Chypre, spécialisée dans le recyclage de capitaux douteux en provenance de l’Est, a fait faillite en 2012 et a dû être refinancée par le contribuable communautaire.

    Bref, si tout ce galimatias diplomatico-méditerranéen pouvait se régler un jour autour d’un verre d’Ouzo, tout le monde s’en porterait mieux.

  • La politique consensuelle

    L’Allemagne met en route sa coalition gauche-droite après deux mois de négociation sur un programme de gouvernement. Chacun s’est assis à table deux mois durant, a mis de l’eau de son vin pour aboutir à un compromis et l’intérêt général a prévalu. Il ne satisfait aucune des parties à 100% mais c’est ce qu’on appelle la démocratie !

    En France pendant ce temps, les élus s’écharpent au couteau à l’intérieur même des partis : la vieille droite s’évertue à faire perdre NKM aux municipales parisiennes, Fillon-costume-étriqué refuse de serrer la main de Copé, les socialiste purs et durs flinguent le premier ministre à tout va, les verts se déchirent, etc. On a les dirigeants qu’on mérite !

  • Faux-jettonerie et finance islamique

    Le Royaume-Uni émet un emprunt public respectant la loi islamique, c’est-à-dire sans taux d’intérêt formel, mais rémunérant le prêteur sous une forme équivalente. Tout ceci relève un peu de la faux-jetonnerie mais qu’importe, la finance islamique gère une partie des fonds pétrolier alors autant arriver à y accéder.

    S’il n’y a pas de taux d’intérêt, au moins les trader-fraudeurs ne pourront pas les manipuler. Faisons confiance à leur inventivité pour s’adapter rapidement à ce nouveau contexte.

  • Vaclav Havel et Lou Reed


    Prague, les Tchèques continuent à vouer un culte sans limite à Vaclav Havel ex-rebelle ayant mené la révolution de velours, devenu président d’une nouvelle République débarrassée de ses oripeaux communistes, ami des rockers et de Lou Reed, ayant permis à son peuple de jeter un voile pudique sur les années du rideau de fer, mort d’un cancer, toujours célébré à Prague. On a dit que le qualitatif de velours associé à la révolution venait de son admiration pour le Velvet Underground… légende invérifiée.

  • Les banques allemandes

    Le gouvernement allemand se prépare à légiférer qui permettrait de punir pénalement de peines de prison les banquiers ayant fait prendre des risques excessifs à leurs établissements. Ce n’est pas bête mais difficile à mettre en œuvre pour qualifier ce qui est excessif ou non.

  • Le pervers transalpin en déroute


    Enfin l’Italie revient au sens de l’intérêt général au détriment des intérêts (très) particuliers du pervers transalpin, 77 ans, amateur de jeunes filles mineures et de fraude fiscale, j’ai nommé Berlusconi obligé de soutenir le gouvernement qu’il voulait faire tomber. Trahi par l’un des siens, le clown lifté ne devrait pas s’en remettre, mais même à son âge de vieillard, il subsiste toujours un risque de le voir revenir au pouvoir. Gageons que ce risque est désormais assez faible.

    Condamné à la prison de façon définitive pour fraude fiscale il devrait exécuter sa peine à la maison compte tenu de son âge canonique. Que Dieu préserve l’Italie à tout jamais de ce forban !

  • La comédie humaine…

    L’immigration en France des populations Rom (nomades) de Bulgarie et de Roumanie dans le cadre de la liberté de circulation qui a été donnée aux citoyens de ces pays suite à leur adhésion à l’Union européenne, déclenche force commentaires et conflits politiques franchouillards devant le spectacle pathétique de ces crève-la-faim recréant des bidonvilles au hasard de leurs pérégrinations et déployant la mendicité de gamins crasseux sur les trottoirs.

    La libre circulation des personnes (comme des capitaux) est un des éléments faisant partie des traités constitutifs de l’Europe, et encore est-elle limitée pour les pays non-Schengen (visa tourisme 3 mois). Si l’on veut restreindre cette liberté il faut renégocier les traités. Si l’on veut ne pas supporter les effets pervers de cette liberté, il faut sortir de l’Europe et donc aussi renoncer à ses effets bénéfiques.

    Au-delà des réactions épidermiques des uns et des autres sur ce sujet, le problème de fond est d’avoir fait adhérer la Roumanie et la Bulgarie à l’Union européenne en 2005 après 10 ou 15 ans de négociations. Il était sans doute difficile d’y échapper après la dé-soviétisation de ces pays en 1989. Ces négociations sont, comme toujours, un doux mélange de vision politique (faire revenir ces pays à l’Europe occidentale qu’ils n’auraient jamais dû quitter après 1945) et de sordides intérêts commerciaux : j’accepte l’adhésion des pays de l’Est [question vitale à l’époque pour l’Allemagne] mais toi tu renonces à la puissance du Deutsche Mark pour lancer l’euro, ou tu acceptes que l’Union européenne finance et aide l’Afrique [question toujours vitale pour la France de tous temps], etc. etc. C’est la comédie humaine, comme toujours faite de nobles objectifs, de conséquences désastreuses, mais aussi sans doute d’effets bénéfiques. Nous avons fourgué des Airbus aux compagnies aériennes de ces pays, Renault a acheté Dacia, etc. Dans ce genre de construction multilatérale, les Etats ne savent plus dire non, soumis à une multitude d’intérêts contradictoires. Même l’Allemagne a finalement dû se résoudre à participer au sauvetage de la Grèce, c’est dire ! L’Histoire dira si la balance de tout ceci aura été positive pour l’ensemble de l’Union européenne comme on peut le penser.

    Tant que la France est membre de l’Union européenne, la gestion des dommages collatéraux comme la question Rom doit être négociée patiemment dans les instances européennes sur une base multilatérale avec les pays d’origine. En attendant de trouver une solution un peu plus durable, la France (de droite comme de gauche) applique sa Loi et les textes européens : destruction des bidonvilles insalubres et renvoi dans leurs pays des voyageurs en situation irrégulière. Il serait plus élégant et responsable de la part de la classe politique de le faire sans trop de tambours ni trompettes, mais c’est sans doute trop en demander à des responsables accrochés à leurs comptes Twitter. Le reste n’est que caquetages de coqs sur leurs tas de fumier, à la recherche des votes de Mme. Michu, comme un troupeau de Zébus en quête de points d’eau après la migration.

    Et il faudra bien trouver une solution acceptable pour tous puisqu’après la Croatie qui vient d’adhérer au 01/07/2014, d’autres pays sont sur la liste d’attente : la Serbie qui a livré ses criminels de guerre (et engagé DSK comme conseiller économique), le Kosovo sans doute un jour, la Turquie sans doute jamais, l’Albanie pour beaucoup plus tard… Mais l’Europe n’a pas encore atteint sa taille finale.