Catégorie : Europe

  • Des frontières

    Les négociations sur les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne battent leur plein. Les difficultés auxquelles les britanniques ne s’étaient pas préparés, sans doute convaincus que le résultat de leur référendum de 2016 ne serait pas ce qu’il fut, ces difficultés sont grandes. Il est vrai qu’il faut démonter une fantastique bureaucratie multilatérale et en remonter une seconde qui fondera les nouvelles relations entre l’ile et le continent après la séparation.

    Il apparaît que le point dur auquel se heurtent les parties concerne la frontière à rétablir entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, territoire britannique postcolonial. Et ce n’est pas la moindre des contradictions dans cette affaire : alors que l’une des causes majeures de cette volonté britannique de quitter l’Union est justement de vouloir rétablir les frontières et mettre fin à la libre circulation des personnes, le Royaume ne veut surtout pas en voir une réapparaître en Irlande. Tout d’abord la majorité conservatrice actuelle à Londres tient aussi à quelques députés d’Irlande du nord unioniste qui ne le veulent pas, mais surtout il existe des craintes probables que l’hypothèse ne relance la guerre civile et religieuse qui a ravagé ce territoire des décennies durant.

    Le risque existe et Londres en fait un point de blocage à la conclusion de tout l’accord. Elle veut des frontières partout, sauf avec Irlande. L’Union ne sait pas trop comment faire avec cette exigence qui reviendrait à maintenir du libre-échange avec l’Irlande du nord qui est elle-même territoire britannique, ce qui fait réagir Londres qui refuse qu’une partie du Royaume reste régie par les règlements européens et à exercer des contrôles douaniers entre l’Irlande du nord et l’Ile principale britannique. C’est assez inextricable. En fait, au-delà des questions de souverainetés respectives, ce qu’il y a au bout du chemin c’est la question de la réunification de l’Irlande et c’est évidemment encore bien plus explosif…

  • Les migrants en Italie et Mme. Michu

    Le gouvernement italien continue à faire pression sur les autres pays européens en refusant de faire débarquer des migrants sur son territoire tant que des pays tiers n’ont pas accepté de se les répartir. Que ces migrants soient à bord de bateaux humanitaires ou de garde-côtes italiens le pouvoir, fortement représenté par son ministre de l’intérieur d’extrême droite, interdit leur débarquement. Cette politique semble largement soutenue par la population locale et provoque l’intérêt de celles des pays avoisinants. Jusqu’ici des accords ont pu être trouvés avec les pays tiers qui ont accepté d’accueillir leur quota d’occupants de ces bateaux de la misère. Elle provoque les résultats annoncés puisque jusqu’ici il n’y a plus de nouveau migrant, candidats au statut de réfugié ou pas, qui rentre en Italie. Cela risque de ne pas durer très longtemps tant est puissant l’attrait exercé par le mirage de nos démocraties européennes sur ces populations issues de pays pauvres et/ou en guerre.

    D’un point de vue purement technique on peut dire que tant que ces flux ne seront pas taris au départ, le problème continuera d’exister et de déclencher ces vagues démagogiques et déprimantes au cœur des populations et des pouvoirs européens. Les pays méditerranéens sont face à deux solutions, soit laisser couler les bateaux de migrants, soit les admettre sur leurs territoires. La première alternative n’a à ce jour jamais été vraiment formellement décidée, ce qui n’a pas empêché de déplorer plusieurs dizaines de milliers de morts lors de ces voyages. La seconde est en cours de déploiement ; on a vu comment les pays d’Europe de l’Est ont bloqué la « route des Balkans » en construisant des murs à leurs frontières et en refusant toute admission que ce soit de migrants ; on voit comment l’Italie fait plus ou moins de même en exigeant de ses partenaires qu’ils acceptent les migrants débarquant sur son territoire, qu’ils puissent prétendre au statut de réfugié ou pas.

    Car ces flux de populations fuyant leurs pays d’origine sont un mélange de potentiels réfugiés politiques en provenance de dictatures ou de pays en guerre, et d’émigrants économiques qui ne peuvent pas prétendre au statut de réfugié au regard des accords internationaux en la matière. L’un des problèmes réside dans le fait que pour cette dernière catégorie, une fois refusé ce statut de réfugié, les migrants concernés devraient être expulsés dans leurs pays d’origine selon les lois et règlements des pays d’accueil mais ceux-ci n’y arrivent pas pour de multiples raisons et ces migrants viennent grossir la population des sans-papiers provoquant l’ire de Mme. Michu et ses votes populistes.

    Souvent l’impossibilité d’expulsion est due à la mauvaise volonté des pays d’origine qui refusent tout simplement de réadmettre leurs ressortissants. C’est un vieux problème, même les fameux « charters Pasqua » s’étaient heurtés à cette difficulté. Compte tenu des conséquences actuelles délétères de la question de l’immigration sur l’évolution politique de nos démocraties occidentales il va falloir que celles-ci soient en mesure d’appliquer leurs propres lois, votées démocratiquement, et de pouvoir librement décider qui peut entrer ou pas, et dans quelles conditions, sur son territoire. L’expulsion des refusés devra être possible, au besoin en négociant avec les pays d’origine pour les inciter fortement à réadmettre leurs propres citoyens.

    L’acuité de cette question rend nécessaire la maîtrise de ces flux sous peine de voir se généraliser en Occident des pouvoirs populistes qui se font élire sur des questions démagogiques d’immigration et vont échouer sur le reste en érigeant la fermeture tous azimuts des nations en principe de gouvernement. La théorie de « l’appel d’air » est fortement contestée par nombre d’humanitaires, certes, il convient au moins d’essayer de créer les conditions de la simple application de nos lois (ou alors de changer celles-ci) en matière d’expulsion ce qui n’a jamais été vraiment réalisé jusqu’ici. Si l’on échoue sur ce point il est à craindre que ne se renforcent encore les croyances dans les différentes théories du complot et autre « grand remplacement » auxquelles adhère si facilement Mme. Michu et que développent avec gourmandise Nadine Morano et consorts.

  • Berlin : l’Histoire à tous les coins de rue


    Berlin

    En déambulant dans Berlin il est difficile de ne pas se heurter à l’Histoire tragique du XXème siècle à tous les coins de rue. Des petits pavés de bronze ont été ajoutés devant les porches des maisons où résidaient des juifs assassinés, mentionnant leurs noms dates de naissance et de décès ; il y en a beaucoup… Le mémorial de la Shoah juste derrière Unter den Linden avec ses blocs de béton rappelle la tentative de destruction des juifs d’Europe. Le cadre enchanteur du lac de Wannsee ferait presque oublier que sur ses bords apaisés se tint en 1942 la réunion qui permit de finaliser les termes de la « solution finale de la question juive » voulue par Hitler. Un monument sur PostDamer Strasse rappelle la liste des camps d’extermination au bord d’une rafraichissante petite fontaine. Aux pieds du Reichtag, des pierres symbolisent les députés allemands qui ont tenté de résister à la barbarie. Une promenade dans Tiergarden ensoleillé nous fait nous rappeler que dans ces allées ombragées se sont déroulés de sinistres ballets d’espions durant la guerre froide à quelques pas des fusils de VoPos (Volkspolizei, la police du peuple est-allemand).

    Berlin est au cœur de notre vieille Europe qui a tant créé mais tant dérivé. Avec une relative honnêteté le peuple allemand s’est tourné vers ce passé pour en admettre l’indicible et accepter sa culpabilité. Peu avaient commis de tels crimes mais aucun n’a assumé avec la même collective clairvoyance.

  • Attaque terroriste religieuse à Liège

    Un extrémiste islamiste tue ce 29 mai trois personnes, dont deux policières, à Liège en Belgique. Il apparaît qu’il en assassiné une quatrième le matin même, un ancien codétenu retrouvé mort chez lui. L’assaillant est un citoyen belge, repris de justice pour trafic de drogue, et converti à l’islam. Le groupe Etat islamique a revendiqué ce nouvel attentat.

  • Les séditieux espagnols remettent le couvert

    Après avoir organisé un référendum en Catalogne que le pouvoir espagnol a jugé inconstitutionnel mais que les partis indépendantistes ont emporté, leurs principaux dirigeants se sont soit retrouvés en prison pour sédition, soit exilés à l’étranger pour fuir la justice. Pour essayer de sortir de cet imbroglio politico-juridique, de nouvelles élections parlementaires ont été officiellement tenues en Catalogne qui ont de nouveau donné la majorité aux partis indépendantistes. Les séditieux emprisonnés ou exilés ont généralement été également réélus et on ne sait pas très bien à ce stade comment ils pourront siéger au parlement !

    Si les électeurs unionistes de la Catalogne autonome continuent à être mis en minorité dans toutes les élections il va commencer à devenir difficile de continuer pour le pouvoir central à s’opposer au démantèlement du pays, sinon par la force ce qui ne serait bon pour personne.

    On ne sait pas bien comment ni quand tout ceci va se terminer, mais que de temps et d’argent perdus pour des illusions, des combats de coqs sur le fumier, des querelles d’égoïsmes régionaux… La tentation de nos démocraties repues à s’autodétruire est parfois inquiétante.

  • Des dirigeants séditieux en fuite

    Démis de leurs fonctions par le gouvernement espagnol, poursuivis en justice pour rébellion et sédition, les principaux ex-dirigeants du gouvernement autonome catalan ont fui l’Espagne pour se réfugier en Belgique. Leur président est convoqué par la justice en fin de semaine à Madrid.

    Dans un autre genre, le président du Kurdistan irakien qui avait lui aussi organisé un référendum illégal a démissionné. Le vote en faveur de l’indépendance n’a abouti qu’à une reprise en main par le gouvernement légitime et le départ du président.

    Dans ces deux situations, des dirigeants de rencontre ont fait de l’agit-prop au lieu de gouverner avec raison, ils ont mené des clans au lieu d’agir dans le sens de l’intérêt général, ils ont fait preuve de maladresse insigne alors qu’on attendait d’eux du courage et de l’efficacité. Alors, une fois leur incompétence avérée et le chaos installé, ils ont fui !

  • Les loyalistes sont actifs en Espagne

    Des manifestations importantes ont eu lieu à Barcelone réunissant des citoyens espagnols s’opposant à l’indépendance de la Catalogne. S’ils veulent lutter contre ce mouvement de fond il va falloir aussi qu’ils se rendent aux urnes pour exprimer cette position et votent franchement pour défaire l’actuelle coalition indépendantiste qui a été démocratiquement élue.

  • Les séditieux catalans franchissent le Rubicon

    Tel César franchissant le Rubicon pour fondre sur Rome, le parlement catalan a voté l’indépendance de la Catalogne cette après-midi en dehors d’un processus constitutionnel légal, alea jacta est. A la différence des armées de César, on a l’impression ici d’une bande de garnements extrémistes qui ont engagé leur région et l’Espagne entière dans une impasse sans aucune réflexion sur les conséquences d’un tel processus. Ils sont sans doute partis pour des mois de chaos, cette indépendance n’étant reconnue à ce stade par aucun Etat. Le Venezuela, Etat membre de l’ONU, avait déjà marqué son soutien à la Catalogne par la voix de son président qui avait déclaré début octobre :

    Mariano Rajoy a choisi le sang, les bâtons, les coups et la répression contre un peuple noble. Nos mains sont avec le peuple de Catalogne. Résiste Catalogne ! L’Amérique latine t’admire.

    Croyant agir pour l’intérêt de leur minorité, les élus catalans ont voté pour se séparer de l’Espagne. Cela paraît surréaliste mais c’est ainsi. Si le processus ne respecte pas la constitution espagnole, les élus indépendantistes du parlement catalan, eux, ont bien été élus légalement. Il ne fallait pas voter pour eux si on ne voulait pas de leurs actes.

    Bien évidemment les élus corses, eux-aussi amateurs de sédition, ont marqué leur solidarité avec Barcelone. Sur papier en-tête de l’assemblée de Corse, son président, M. Talamoni (l’homme qui déclarait que « la France est un pays ami ! ») écrit en substance :

    En ce 27 octobre 2017, nous saluons la naissance de la République de Catalogne et exprimons notre solidarité à l’égard de son gouvernement et de son peuple. … La situation actuelle fait craindre une forte aggravation des tensions.

    Afin d’en conjurer le risque, il est indispensable que les responsables et institutions européens s’interposent entre Madrid et Barcelone, et que les forces démocratiques espagnoles se fassent entendre devant les dérives autoritaires rappelant la période franquiste. En attendant, tous les démocrates européens doivent soutenir un peuple qui ne demande qu’à exercer ses droits naturels et inaliénables.

    Visca Catalunya !

    Après la France, voilà un nouveau pays ami pour la Corse bien que la Catalogne pense entretenir le reste de son pays alors que le flux est plutôt inverse pour la Corse comme la matérialisait le même jour une motion présentée par le même Talamoni et exigeant :

    Maintien du différentiel de 20 points entre les taux de réduction d’impôts sur le revenu des fonds d’investissement de proximité (FIP) corses et les taux des FIP classiques [NDLR : c’est-à-dire continentaux].

    Plus sérieux, un mouvement anti-catalan commence à se développer en Espagne. Seul un référendum national aurait permis d’entériner la partition espagnole de façon légale. Selon l’évolution de la situation dans les prochains mois, il n’est d’ailleurs pas exclu que si un tel référendum était organisé, le reste de l’Espagne ne voterait pas pour acter la séparation d’avec les séditieux qui veulent vivre leur vie. C’est peut-être l’un des éléments de la stratégie des indépendantistes, se faire tellement rejeter des autres que l’indépendance sera finalement conçue comme un moindre mal.

    Cette affaire ne va pas manquer d’animer l’actualité européenne des prochains mois et d’agiter le Landernau communautaire, comme s’il n’y avait pas mieux à faire !

  • Une région séditieuse

    L’Espagne est agitée par la sédition de sa région nord-est : la Catalogne. Disposant déjà d’une relative autonomie dispensée par la constitution espagnole cette région dirigée par un parti indépendantiste a organisé un référendum (déclaré inconstitutionnel par le gouvernement) qui a abouti à une majorité en faveur du divorce avec le reste du pays.

    Comme certaines autres régions européennes, la Catalogne s’estime plus riche et plus efficace que les autres régions espagnoles et refuse de continuer à les subventionner. On ne connait pas bien la réalité des transferts entre la Catalogne et les autres régions moins riches, mais on constate une nouvelle fois que lorsqu’il s’agit de ses intérêts communautaires, il est rare qu’une minorité opte en faveur de l’intérêt national. L’Ecosse, émirat pétrolier du Nord du Royaume-Uni voit monter sa fièvre indépendantiste en même temps que croissent les cours pétrole, et vice versa. La Flandre, région belge plutôt dynamique et efficace veut se séparer du Royaume de Belgique pour arrêter de subventionner la Wallonie plus pauvre. Guidée par leur égoïsme, ces régions font fi du sentiment national pour privilégier leur tiroir-caisse en se drapant derrière leur « dignité » effarouchée par l’Etat central, leur identité ethnique.

    Il est un peu surréaliste d’imaginer la Flandre prendre son indépendance, de même la Catalogne ou l’Ecosse ! Ce serait un peu comme si l’Ile de France prenait son autonomie vis-à-vis de la Corrèze. Contrecoup de la mondialisation ce nouvel égoïsme régional ne règle rien, il rabougrit les situations et attise les nationalismes aux petits pieds.

  • Une nouvelle salve d’attentats religieux islamistes

    L’idéologie islamiste continue de frapper les « mécréants et apostats » en Europe. Deux attentats ont eu lieu en Espagne (Catalogne) ce 17 août : quinze morts à ce jour et une centaine de blessés, écrasés par des voitures béliers conduites par des gamins marocains, très jeunes, immigrés dans un village tranquille où ils avaient organisé une cellule djihadiste. Le groupe Etat islamique a rapidement revendiqué ces deux attaques. Certains membres de la cellule ont été arrêtés après les attentats, marocains également sauf un de nationalité espagnole, issu de l’enclave de Melilla eu Maroc.

    L’Espagne enterre les victimes (qui relèvent d’une trentaine de nationalités différentes), les chaines d’information en continu mobilisent leurs habituels « experts » en terrorisme qui servent leur logorrhée ordinaire sur ce phénomène sanguinaire et incompréhensible pour le commun des mortels. Les journalistes ponctuent leurs commentaires vides de « il faut rester prudent » toutes les deux phrases illustrant si besoin en était qu’ils n’ont rien à dire de notable sinon les ragots autoentretenus dans les salles de rédaction sous couvert de « devoir d’informer », le tout dans des émissions live à n’en plus finir diffusées sous un logo ridicule créé à toute vitesse pour faire journalisme réactif près du terrain. Les discours des spécialistes sont ponctués d’interviews devenues maintenant tellement communes des victimes survivantes, touristes en goguette à Barcelone à qui le frôlement d’une camionnette conduite par un cinglé-barbu a fait redescendre en vitesse leur taux d’alcoolémie, ou des familles des terroristes supposés qui vantent les mérites de leurs petits si angéliques… On oublie pas les tweets de Nadine Morano et d’Eric Ciotti qui attisent la haine du populo et attaquent le pouvoir français. Bref, on s’installe dans la routine du terrorisme.

    Et personne n’a vraiment d’idée nouvelle pour mettre fin à ce processus mortifère, celui d’une idéologie religieuse basée sur le totalitarisme et le crime de masse. Comment faire pour extirper de la tête de jeunes gens entre 20 et 30 ans (le plus jeune du gang de Catalogne a 17 ans…), immigrés, d’origine immigrée ou nationaux convertis, l’idée qu’une religion peut être vécue pleinement sans forcément massacrer son prochain ou égorger son voisin ? A ce stade on ne sait pas bien faire pour lutter contre cette tendance jusque-là inédite, en tout cas relevant d’un autre âge. Il semble que le remplissage des prisons soit une solution de court terme qui n’endigue pas le flot des candidats aux attentats suicides, d’autant plus que les dernières attaques ont été commises par des citoyens qui n’avaient pas encore attiré l’attention des services de sécurité et encore moins enfreint aucune loi. Comment faire entendre raison à ces djihadistes pour qu’au moins durant leur passage sur terre ils coopèrent avec les Hommes au lieu de les tuer ? Personne n’a aujourd’hui la recette miracle. On pressent que l’éducation devrait permettre d’accélérer la résilience comme elle permit de passer de l’inquisition à un culte chrétien aujourd’hui plus ou moins apaisé. On n’est même pas sûr que ce qui a fonctionné pour l’un des religions monothéistes puisse marcher pour une autre, on essaye…

    Au même moment, des attentats religieux islamistes se déroulaient en Finlande (deux morts et huit blessés à Turku sous le couteau d’un jeune marocain demandeur d’asile, blessé et arrêté par la police) et en Russie (un terroriste tué par la police à Sourgout, peu d’informations communiquées par les autorités sur le nombre des victimes).

  • La Turquie… encore et toujours

    Le président turc, qui a priori n’a pas d’autres tâches plus urgentes à accomplir, conseille dans les médias aux citoyens allemands d’origine turque de ne pas voter pour les partis qu’il qualifie « d’ennemis de la Turquie », c’est-à-dire, dans son esprit, de tous les partis traditionnels. Comme il y a en Allemagne environ trois millions de citoyens d’origine turque, on peut imaginer que cette nouvelle saillie présidentielle puisse rencontrer quelque écho. Ce ne sera pas le cas si ces citoyens se sentent plus attachés à leur nouvelle patrie plutôt qu’à celle dont ils sont issues. L’analyse des votes des prochaines élections législatives allemandes sera édifiante à cet égard.

    C’est d’ailleurs là l’un des défis importants de l’immigration dans les pays occidentaux. La France avec sa communauté d’origine magrébine y est également confrontée : comment intégrer ? La meilleure preuve de bonne acclimatation à une nouvelle communauté nationale dont on a hérité de la nationalité (ou dont les générations précédentes l’ont acquise), n’est-elle pas justement la participation au processus politique de son pays d’adoption en parallèle à l’abandon de celui dont on vient ?

    Un second critère intéressant pourrait être de savoir où ces citoyens investissent leurs économies (pour ceux qui le peuvent). On se souvient que l’immigration portugaise en France des années 50 et 60 s’est traduite par un nombre significatif de naturalisations de citoyens qui continuèrent à réinvestir leur épargne dans la construction de maisons… au Portugal. C’est l’exemple d’une intégration partielle que l’octroi de la nationalité française, et donc du droit de vote, n’a pas vraiment approfondie.

    Les slogans antiallemands lancés à tout va par les autorités turques ont finit par déclencher un peu d’émotion à Berlin qui est en train de revoir sa coopération économique avec ce pays belliqueux. Les investissements allemands sont relativement importants en Turquie et chacun risque de d’y perdre, Ankara sans doute plus que Berlin.

  • Camp de travail

    Entendu au Café du commerce par un citoyen d’Europe de l’Est :

    Vous devriez mettre tous vos « fichés S » en prison ! Il fut un temps où chez nous on envoyait les gens en camp de travail pour bien moins que ça.

    C’est une solution effectivement, il suffit de revenir à ce genre de régimes qui, semble-t-il, ont été rejetés par leurs peuples quand on leur a demandé leur avis.

  • Les droites européennes dirigées par des ânes bâtés !

    Le parti conservateur de la chef du gouvernement britannique disposait d’une majorité absolue au parlement pour plusieurs années et s’apprêtait à démarrer les négociations de sortie de l’Union européenne. Elle avait d’ailleurs affirmé à plusieurs reprises qu’elle n’organiserait pas d’élections législatives anticipées mais conseillée sans doute par des communicants mondains et incompétents elle est revenue sur cet engagement et a initiée un scrutin législatif ce 8 juin, comme si le Royaume-Uni n’avait rien d’autre à faire que des élections par les temps qui courent.

    Bien mal lui en pris d’écouter les mondains car à l’issue du scrutin elle garde la majorité mais celle-ci n’est plus absolue et voici le parti conservateur obligé de négocier une coalition avec un parti religieux irlandais extrémiste ! C’est un désaveu cinglant et souvent ce qui arrive quand on confond les petits arrangements dans les coins avec la Politique. On ne peut manquer de se souvenir de l’incroyable faute politique du président conservateur français Chirac en 1997 qui dissolut l’assemblée nationale où il disposait d’une majorité plus qu’absolue. Il perdit, son parti devint minoritaire et le président dut nommer un premier ministre socialiste pour cinq années. Là-encore il fut (mal) conseillé par un mondain entre les mondains, M. Gallouzeau de Villepin, et le publicitaire Jacques Pilhan qui sans vergogne était passé de Mitterrand à Chirac pour dispenser ses billevesées. L’évènement fut salué comme la guignolade du siècle politique.

    A Londres, quelques mois avant l’échec abordé ci-dessus, un autre premier ministre a joué les apprentis sorciers en organisant un référendum pour ou contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Rien ne l’obligeait institutionnellement à lancer une telle consultation sinon sa volonté féroce de rester au pouvoir en donnant des gages à ses « amis » conservateurs eurosceptiques. Il mena campagne pour le maintien dans l’Europe mais, débordé par ses extrémistes qui menèrent une campagne de café du commerce, il perdit son Paris et la Grande-Bretagne a maintenant vocation à quitter l’Union. Il est encore trop tôt pour comprendre si ce sera bénéfique ou pas pour les parties mais on a vu un premier ministre britannique prêcher le faux pour savoir le vrai avec les résultats que l’on sait. Il a dû prendre une retraite anticipée et a lancé son pays pour des années de négociations compliquées aux résultats incertains.

    Ces hauts dirigeants et leurs entourages ont passé du temps, beaucoup de temps, à manœuvrer alors qu’ils sont payés par les contribuables pour diriger. Ils ont fait dépenser beaucoup d’argent public pour financer ces scrutins inutiles alors qu’ils sont en charge de l’équilibre des finances de leurs Etats. Ils se sont préoccupés de leurs égos alors qu’ils sont censés prendre en compte les besoins du peuple. Ils ont été désavoués et, souvent, sont restés à leurs postes quand ils ne cessaient de prôner l’esprit de responsabilité dans les théories libérales assénées à longueur de discours. Bref, ils ont été incompétents.

    En France, la droite conservatrice vient de confirmer ses limites en perdant une élection présidentielle qualifiée « d’imperdable » par ses dirigeants. Il en sera sans doute de même dès dimanche prochain avec le deuxième tour de l’élection législative. On a vu que la campagne électorale s’est transformée en bataille de caïmans dans un marigot trouble et nauséabond. Ce ne furent que coups bas, traitrises, attaques et lâchages en tous genres, dévoration de charognes avariées, bref, un festival qui a renvoyé cette droite dans l’opposition pour cinq années supplémentaires.

    Que se passe-t-il avec ces droites d’Europe de l’ouest ? Pourquoi n’arrivent-elles pas à désigner des dirigeants responsables et efficaces ? Voyons ce que fera la génération suivante.

  • Nouvel attentat islamiste au Royaume-Uni

    Trois terroristes islamistes tuent huit personnes à Londres ce 3 juin. Trois victimes sont françaises. Les trois agresseurs ont écrasé des passants sur un pont dans une première étape puis, après être sortis du véhicule fou avec des couteaux, ils ont poursuivi leurs meurtres au hasard dans les pubs du quartier. Le groupe Etat islamique a revendiqué cette action.

  • Attentat du groupe Etat islamique au Royaume-Uni

    Un nouvel attentat suicide s’est déroulé à Manchester à la sortie du concert d’une artiste américaine pour pré-adolescents ce 22 mai. Il y a une vingtaine de morts et de nombreux blessés, souvent très jeunes. Le terroriste qui s’est fait exploser est citoyen britannique d’origine libyenne d’une vingtaine d’années. Son père et son frère ont été arrêtés en Lybie et auraient déclaré qu’ils étaient au courant du projet d’attentat.

    Le groupe Etat islamique a revendiqué ce massacre et continue consciencieusement la mission de terreur dont il se croit investi par Dieu.

  • Attentat religieux islamiste en Suède

    Un attentat religieux est à déplorer dans la capitale suédoise ce 7 avril : Stockholm. C’est une première dans cette petite monarchie scandinave peu habituée à ce genre de comportement. Le suspect est un citoyen d’Asie centrale (Ouzbékistan) qui a volé un camion pour foncer dans la foule dans une rue piétonne. Il y a 4 morts et de nombreux blessés.

    Plus personne n’est à l’abri de cette folie religieuse qui dévore ce début du XXIème siècle. Que le pays soit petit ou grand, monarchie ou république, chrétien ou musulman, catholique ou orthodoxe, ancien colonisateur ou pas, guerroyant dans la coalition internationale contre le groupe Etat islamique ou pas, dictature ou démocratie… tous les pays et leurs habitants sont la cible potentielle de l’assassinat de masse érigé en mode de gouvernement.

    Il va falloir de l’intelligence et de la raison pour surmonter cet accident de l’Histoire, pour survivre à cette folie de l’idéologie religieuse !

  • Attentat religieux islamiste à Londres

    Un citoyen britannique mène une attaque terroriste au centre de Londres. Il fonce en voiture sur un pont renversant de nombreux piétons, tue au poignard un policier de garde devant le parlement avant d’être lui-même tué par des policiers. Il y a quatre autres morts à ce stade. Le groupe Etat islamique revendique l’action.

    Comme en France, des enfants de la nation, nés sur place, élevés à l’école de la République ou de la Monarchie, prennent les armes contre leur pays et tuent aveuglément leurs concitoyens pour des motifs religieux plus ou moins inspirés par l’idéologie mortifère diffusées par des fous de Dieu, guerriers et stratèges moyenâgeux.

    Evidemment nos esprits cartésiens libéraux occidentaux peinent, comme toujours, à comprendre ces comportements qu’il faut combattre. La bataille est engagée depuis plusieurs années et les citoyens occidentaux s’habituent progressivement à cette menace meurtrière. Il y eut de nombreux morts ces dernières années, il y en aura encore beaucoup d’autres à venir. Cela va être un peu la roulette russe. Pour survivre il suffit de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment puisque les attaques peuvent venir de n’importe où, même de nos proches qui seraient emportés par l’absolutisme religieux islamiste. Statistiquement cela reste assez peu probable mais cela peut arriver. Il suffit de croire aux statistiques.

  • Fillon se bat sur la forme mais laisse planer le doute sur le fond

    Le candidat stupide de la droite et du centre a publié une lettre mièvre dans laquelle il tente maladroitement de justifier la générosité dont il a fait preuve à l’égard de sa femme et ses enfants avec l’argent public. Son argument premier est que tout est légal, ce qui n’est d’ailleurs pas définitivement acquis puisque la justice investigue le sujet. Mais il reconnait que cette petite affaire familiale puisse « susciter la défiance » et présente des excuses :

    En trente-deux ans de vie politique, je n’ai jamais été mis en cause dans une affaire. J’ai toujours agi dans la stricte légalité et dans la plus parfaite honnêteté. Mais j’ai commis une erreur : en travaillant avec mes proches, j’ai privilégié une collaboration de confiance qui, aujourd’hui, suscite la défiance. Le temps, l’époque, ont changé. J’ai décidé de mon propre chef d’interrompre cette collaboration en 2013. J’aurais sans doute dû le faire avant. Je vous dois donc des excuses.

    Il eut été plus efficace de faire cette petite contrition il y a quinze jours et de ne pas l’enrober de tout un charabia complotiste comme si la terre entière, et surtout la presse, voulait abattre le candidat. Les électeurs vont arbitrer au final en votant ou pas pour le stupide, quelle que soit la décision de la justice.

    Dans un autre genre c’est un peu une nouvelle affaire Strauss-Kahn : quelques mois avant un scrutin présidentiel, le candidat favori se met lui-même dans une situation inextricable qui choque une partie de ses électeurs potentiels. Le plus dans la situation d’aujourd’hui est la contradiction improbable dans laquelle s’est fourré M. Fillon, pourfendeur de la dépense publique et des fonctionnaires, mais entretenant sa petite famille avec les sous du contribuable. Même si potentiellement légale, il ne va sans doute pas être facile de se sortir de cette contradiction.

  • Fillon nourrit les siens

    L’édition du Canard Enchaîné d’hier révèle que le stupide de l’élection présidentielle a versé des indemnités de licenciement confortables à son épouse dont la réalité du travail comme assistance parlementaire est sous investigation judiciaire. Rien ne sera épargné à Pénélope et François Fillon dont les petits arrangements en famille sont détaillés à la France entière pour le plus grand bonheur des caricaturistes qui s’en donnent à cœur joie devant le ridicule de la situation et la stupidité des impétrants. Les militants apprécient modérément et se font houspiller lors des tractages (qu’ils font bénévolement).

    Des interviews diverses et variées expliquent que Mme. Fillon travaillait effectivement, d’autres qu’on ne l’a jamais vue faire quoique que soit pour la carrière politique de son mari. On en est à se demander si elle était même au courant qu’elle était sous contrat avec son mari et si toute cette carambouille ne cacherait pas un simple détournement de fonds.

    La campagne électorale de Fillon est au point mort depuis deux semaines, encalminée par des révélations dignes de Clochemerle sur des pratiques détestables qui décrédibilisent tout le programme d’un candidat : faite ce que je dis mais pas ce que je fais…

  • Le bal des traîtres et des serpents à sonnettes

    Ce qui est également révélateur dans l’affaire Fillon est la célérité avec laquelle le nid de serpents à sonnettes qui constitue le parti Les Républicains s’est mis à crier haro sur le baudet. Il ne s’en est fallu que de quelques jours après les révélations sur les largesses dont fit preuve le candidat à l’égard des siens avec les sous du contribuable pour que les traîtres sortent les couteaux pour expliquer que le candidat n’était plus crédible et qu’il fallait donc le remplacer.

    On aurait pu imaginer une situation dans laquelle les rangs du parti se seraient resserrés autour de M. Fillon pour affronter l’adversité ensemble, affirmer que le programme est bon, que leur candidat est irremplaçable même si pas infaillible et qu’il fallait donc passer outre cette misère familiale et poursuivre le combat.

    Cette option n’a pas été retenue et à sa place chacun y est allé de son coup bas, de sa proposition malsaine, de son règlement de compte clanique, de son allusion nauséabonde, bref, un troupeau d’hyènes se déchirant devant la charogne boursoufflée d’un buffle. Cela aussi est parlant sur l’état d’esprit du monde politique français.