Catégorie : Europe

  • L’actualité du stupide à la une

    L’affaire Fillon est en train de prendre des proportions inattendues. Le candidat de la droite aux élections présidentielles a rémunéré sa femme et ses enfants pendant des années sur de l’argent public pour des emplois sur la réalité desquels la justice est en train d’enquêter. Quelle que soit son appréciation ou un éventuel jugement, les électeurs potentiels de ce candidat s’étonnent qu’après avoir qualifié la France d’Etat en faillite il ait fait preuve d’une telle générosité à l’égard des siens avec les sous du contribuables.

    Conscient de la situation ambiguë dans laquelle il se trouve, Fillon développe une défense sur le thème du complot contre lui mené par la gauche voulant empêcher sa candidature. Il parle d’une « opération de calomnie très professionnelle, d’une extrême ampleur, sans précédent sous la Ve République » en précisant que « Nous sommes en face d’un coup d’Etat institutionnel. Cette opération ne vient pas de chez nous, cette affaire vient du pouvoir. »

    Tout est bien sûr possible, y compris un coup bas du pouvoir en place ou de ses propres « amis » politiques, mais là n’est sans doute pas la question. Dans l’esprit des citoyens, ce qui choque est de voir ces petits arrangements familiaux avec de l’argent public pour un candidat qui a basé son programme sur la probité et contre la gabegie d’argent public…

    La contradiction n’est pas facile à gérer, qu’importe au fond qui a trahi. Alors il se présente comme la victime d’un complot politico-médiatique, on ne sait pas bien s’il comprend le problème. Et pendant ce temps, les serpents à sonnettes qui forment son entourage commencent déjà à cracher leur venin et demandent son remplacement, hypothèse qui paraît difficile à réaliser dans le peu de temps qui reste avant l’élection.

    L’affaire prend un tour plutôt insensé, susceptible de remettre en cause la présence d’un candidat conservateur à la présidentielle.

  • Les larmoiements du stupide

    Deuxième discours larmoyant de Fillon-le-stupide, cette fois-ci devant un parterre d’idolâtres chauffés à blanc. Et il a renouvelé dans un hourvari général son amour pour sa femme ainsi qu’une supplication à ce qu’on laisse tranquille Pénélope-chérie.

    Cela tombe bien car ce n’est justement pas à Pénélope que l’on demande des explications mais à son mari qui a su déployer hier soir une langue de bois en chêne massif dont sont coutumiers ceux de sa confrérie ! Le problème n’est pas vraiment qu’il aime ou pas sa Pénélope mais la justification de salaires qui ont été versés à celle-ci sur fonds publics (c’est-à-dire venant de nos poches de contribuables) puis privés (c’est-à-dire venant de la poche d’actionnaires).

    Lire aussi : Pathétique mais distrayant

  • Pathétique mais distrayant

    La femme du candidat de droite républicaine aux élections présidentielles françaises de mai 2017 est soupçonnée d’emploi fictif. Elle a été rémunérée comme assistante parlementaire de son mari François Fillon pendant plusieurs années puis comme employée (avec salaire très confortable) chez un affairiste soutien traditionnel de la droite. A ce stade on ne sait pas bien le type de services qu’elle aurait rendu contre cette rémunération. Des investigations judiciaires sont en cours.

    L’information est diffusée par Le Canard Enchaîné et les journalistes mondains de plateaux télévisés, glosent sur le sujet à n’en plus finir (ce qui leur évitent d’afficher leur ignorance sur les sujets de fond) diffusent largement l’idée que ce serait des « amis » politiques de droite qui auraient trahi. Le nid de serpents à sonnettes qui grouillent au sein du parti Les Républicains rend effectivement cette hypothèse possible.

    Le fin mot de l’histoire ne sera sans doute jamais véritablement établi même si la justice se prononcera. Mais le plus pathétique dans cette histoire est l’absence totale de sens des réalités de la classe politique. L’intelligence voudrait qu’à ce niveau de compétences et de responsabilités publiques on comprenne qu’il vaut mieux ne pas passer de contrats ou de transactions avec ses proches. Quand on est pédégé il vaut mieux ne pas employer sa maîtresse dans l’entreprise que l’on dirige, quand on est directeur du Fonds monétaire international il vaut mieux ne pas violer une femme de chambre dans un hôtel, quand on est parlementaire conservateur prônant la baisse des dépenses publiques il vaut mieux demander à sa femme, si elle preste des services dans le milieu politique, de le faire gratuitement plutôt qu’aux frais du contribuable. Même si tout ceci est légal, Mme. Fillon aurait pu faire un peu de bénévolat pour son mari, elle ne s’en serait pas plus mal portée et on peut raisonnablement penser que la famille ne se serait pas retrouvée immédiatement sur la paille.

    Hélas, hélas, hélas ! Nous avons les dirigeants que nous méritons, à notre image, ayant perdu le sens de l’intérêt général au profit de leurs intérêts particuliers. Cela ne les rend pas moins compétents, mais juste moins sympathiques. Dans le cas d’espèce, il est probable que les conséquences sur l’électorat de Fillon seront faibles : déjà persuadé du « laxisme de la justice aux ordres des socialo-communistes » il n’en sera que renforcé par les évènements actuels et ne devrait pas modifier son vote.

    Fillon ravalant sa stupidité, s’est cru obligé de venir larmoyer à la télévision pour expliquer devant Mme. Michu qu’il aimait sa femme et qu’elle relisait ses discours, tentant ainsi de convaincre qu’elle méritait les salaires reçus dont les niveaux laissent pantoise ladite Madame Michu. Bref, le clou d’un spectacle déplorable déclenché par des crétineries de cour d’école, rendu public par des traîtres politiques bavant la haine recuite et l’ambition psychopathe, mis en scène par des « communicants de crise » déclinant le bréviaire de leurs dogmes abrutissants et vendu sur une télé de caniveau détenue par un bétonneur du CAC40 !

    Alors si François Fillon devient président de la République française, nous saurons que ce président est capable d’être stupide. C’est triste, c’est affligeant, c’est idiot, ce n’est pas si grave en soi mais c’est porteur de la décadence qui mène à l’effondrement de l’esprit.

  • Egos, ambitions et inutilité

    Qu’est ce qui peut bien pousser des individus tels Michèle Alliot-Marie (70 ans), Henri Guaino (59 ans) Sylvia Pinel (39 ans), quasiment inconnus du grand public, à présenter leurs candidatures aux élections présidentielles, ou à des primaires partisanes auxdites élections ?

    On ne sait pas très bien. Sans doute un mélange d’ambition et de frustration. Il s’agit de personnages à égos surdimensionnés qui chacun pense que sa vision politique est originale et peut seule s’avérer capable de « redresser le pays ». Qui, chacun, est persuadé que sa valeur n’a jamais été reconnue à hauteur de ce qu’elle mérite, par son parti, par le peuple, par ses adversaires.

    Une très haute idée de sa valeur personnel, agrémentée d’un furieux besoin de reconnaissance donnent ce résultat un peu grotesque, plutôt pathétique, de gens ordinaires qui se lancent dans une course où ils ne récupèrent qu’opprobre et ridicule. Ces démarches sont inutiles et couteuses pour la République. Elles restent malgré tout symboliques de la vigueur de l’esprit démocratique qui fonde nos sociétés occidentales et elles alimentent les dessins humoristiques de la presse.

    Michèle Alliot-Marie et consorts doivent se sentir bien seuls le soir quand ils rentrent chez eux et allument leur télévision pour constater que l’on y parle pas d’eux.

  • Le programme santé retiré de Fillon

    Le Canard Enchaîné prend un malin plaisir à publier sur Internet le programme santé que candidat conservateur Fillon aux élections présidentielles a finalement retiré de son programme devant les réactions négatives. C’est une première reculade de son programme économique radical.

    Lire aussi : Comptes et décomptes pour Fillon

    Partant du principe que le système de santé français bientôt ne sera plus financé, il voulait en réformer l’organisation, justement pour en assurer la pérennité. Après quelques grands slogans généralistes avec lesquels personne ne peut être vraiment en désaccord…

    Il faut au contraire restaurer la confiance entre les différents acteurs, qui sont tous attachés à la qualité et la pérennité de notre système de santé. Il faut préserver la liberté de choix des patients et la liberté d’exercice du personnel médical et non s’engager dans une étatisation rampante de la médecine qui ne répond ni aux souhaits des Français ni à ceux des professionnels de santé. Il faut responsabiliser l’ensemble des parties prenantes, patients comme professionnels de santé… Il faut recréer de la confiance entre tous les professionnels de santé, qu’ils soient libéraux ou hospitaliers. Etc, etc.

    Suivent ensuite quelques propositions relativement classiques et de bons sens, puis, l’option qui fâche sur la réforme du système de financement :

    Redéfinir les rôles respectifs de l’assurance publique et de l’assurance privée, en focalisant l’assurance maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée : le panier de soins « solidaire » ; et l’assurance complémentaire sur le reste : le panier de soins « individuel ». Le contenu de ces paniers de soins sera dynamique et pourra évoluer chaque année. Les moins favorisés ne pouvant accéder à l’assurance privée bénéficieront d’un régime spécial de couverture accrue.

    Créer une Agence de contrôle et de régulation de l’assurance santé privée. L’assurance privée est une délégation de service public qui doit être contrôlée. Ainsi, le PLFSS définira le contrat standard d’assurance santé universelle de base obligatoire pour tous. L’agence de contrôle et de régulation définira un contrat type parfaitement lisible pour les assurances privées avec une variable : le prix.

    Ce n’est pas révolutionnaire si c’est appliqué avec intelligence, ce n’est pas indécent puisqu’assorti de mesures de sauvegarde pour les moins favorisés, c’est déjà ce qui se pratique de façon plus ou moins opaque avec les déremboursements de nombre de médicaments par la sécurité sociale, mais c’est un changement suffisamment important pour effrayer les réformistes de salon de la droite qui, du coup, poussent leur candidat « radical » à retirer ce point de leur programme.

    Le document a été effacé du site web du candidat mais heureusement la mémoire électronique infaillible en a conservé un exemplaire remis à disposition des électeurs par le Canard Enchaîné. Il se termine par cette phrase prémonitoire :

    Nous formulons ces propositions afin de lancer le débat et de faire mûrir les points de vue. La qualité et la pérennité de notre système de santé ainsi que sa solidarité en dépendent.

    Le débat est clos, pour le moment !

    Le programme original : VERS UN SYSTÈME DE SANTÉ FONDÉ SUR LA LIBERTÉ ET LA RESPONSABILITÉ

  • Guaino et Laval


    Henri Guaino le colérique fait toujours dans la nuance et la subtilité. Sa dernière tonitruante sortie l’a fait comparer le programme économique de François Fillon à celui de Pierre Laval, président du conseil sous Pétain durant la deuxième guerre mondiale. Tout le monde a bien entendu oublié ce que fut la politique économique de Laval, mais par contre beaucoup se souviennent que Laval fut le chantre de la collaboration avec les nazis et l’initiateur de la législation française anti-juive. Lui comparer Fillon n’est donc pas neutre et même particulièrement insultant.

    En guise d’excuse Guaino s’est fendu d’une tribune dégoulinante de bons sentiments dans Le Monde pour assurer Fillon de toute son amitié. Henri Guaino c’est un peu le sale gosse qui fait de grosses bêtises et demande ensuite pardon. On se souvient de sa sortie après l’attentat islamiste de Nice expliquant qu’il suffisait d’un soldat avec un lance-roquette pour arrêter le camion criminel de la promenade des anglais ! Ses propositions sont parfois techniquement justes mais toujours inapplicables. C’est la définition du populisme en politique.

    Henri Guaino est par ailleurs candidat à l’élection présidentielle française en 2017.

    Lire aussi : Guaino le colérique et son lance-roquette

  • Négligence, petites affaires et gros sous


    Christine Lagarde, chef du Fonds monétaire international et ancienne ministre des finances française vient d’être condamnée par la Cour de justice de la République pour « négligence » et dispensée de peine. C’est sous son règne qu’avait été conclu le fameux arbitrage privé ayant octroyé en 2007 400 millions d’euros à l’affairiste Bernard Tapie en dédommagement d’un litige avec le Crédit Lyonnais, dont 45 pour « préjudice moral ». Précisons que ces 400 millions ont été tirés de la poche du contribuable car la banque avait fait faillite depuis et que la somme a été payée à son heureux bénéficiaire.

    Cet arbitrage a ensuite été annulé par la justice mais de multiples procédures restent en cours rendant le remboursement de la somme aux contribuables très improbable, hélas. La justice a déclaré l’ex-ministre « négligente ». C’aurait pu être plus sévère vu l’affaire dont on parle. La seule question qui compte désormais : va-t-on faire revenir les sous dans les caisses de l’Etat dont ils n’auraient jamais dû sortir ?

  • Attentat religieux en Allemagne

    Un terroriste islamique lance un camion dans un marché de Noël à Berlin faisant 18 morts et de nombreux blessés. Le groupe Etat islamique revendique l’attentat. Le mode opératoire est désormais relativement classique : infiltré en Europe dans le flot de réfugiés, en provenance de Tunisie dont il est citoyen, petit délinquant ayant plus fréquenté les prisons que les mosquées, il se laisse embrigader pour tuer au nom de Dieu, vole un camion, assassine son chauffeur et fonce dans la foule des mécréants.

  • Comptes et décomptes pour Fillon


    Le candidat conservateur à l’élection présidentielle française de 2017 retire l’un des points de son programme qui consistait à sortir du champ de la sécurité sociale les « petits bobos » pour dédier celle-ci aux pathologies graves, les mutuelles privées pouvant se charger des moins graves. Il s’agissait donc de baisser les prestations versées par la sécurité sociale sans bien entendu réduire les cotisations encaissées, libre aux mutuelles privées d’augmenter leurs prix pour couvrir ces nouveaux risques qui devaient leur être transférés.

    Cette privatisation des petits risques a été contestée même dans les rangs de la droite car contrevenant au principe fondateur de la sécurité sociale : on cotise sur ce que l’on gagne et on perçoit fonction de ses maladies. L’équation historique de la Sécu est d’arriver à équilibrer les prestations versées avec les cotisations encaissées, ce qu’elle ne réussit jamais à faire de façon durable. Le programme économique de la droite visait à réduire les dépenses de santé publique en privatisant une partie de celles-ci. Evidemment ce n’est jamais très populaire avant une élection présidentielle. Ce point est retiré du programme du candidat désigné.

    Dans un passage à la télévision un peu piteux, le candidat explique même que les gens modestes seront mieux remboursés demain qu’aujourd’hui. Faut-il en déduire que les dépenses de santé publique vont augmenter ? Comme il a annoncé 100 à 150 milliards de baisse de dépenses publiques sur la durée du quinquennat, il va falloir qu’il fasse preuve d’un peu plus de conviction à l’avenir pour atteindre cet objectif si jamais il était élu en mai 2017.

  • Les commentaires de Valeurs Actuelles sur la lettre de la Conférence des évêques de France

    Les évêques français s’insinuent dans l’année électorale qui va bientôt s’ouvrir en 2017. Ils ont publié en octobre 2016 une lettre intitulée « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Le texte semble généreux et humain comme on peut l’attendre de ses auteurs, ce qui ne semble pas satisfaire la presse conservatrice dont Yves de Kerdrel, chefaillon à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, écrit les lignes suivantes :

    L’un des sept chapitres de cette lettre que Mgr Gaillot aurait pu signer est consacré aux migrants. Un sujet que l’on sait cher au souverain pontife et sur lequel il n’est pas suivi par l’ensemble de son troupeau. Le problème, c’est que là où l’Évangile nous dit de faire notre devoir de chrétien, les évêques de France font de la surenchère stupide. D’une part, ils demandent que ces réfugiés soient reçus en France dans des conditions économiques humaines. Comme si nous avions les moyens d’accueillir toute la misère du monde alors que nous ne savons même pas gérer notre quart-monde, nos déclassés et tous nos exclus. D’autre part, ils nous expliquent, sûrement en “experts”, que « la seule recherche de solutions économiques est vouée à l’échec si rien n’est entrepris pour la promotion culturelle, promotion d’une culture enracinée, qui donne ou redonne le sens d’une vie collective nationale ». Comment ne pas lire là la promotion d’un multiculturalisme qui a échoué partout, la négation de notre identité et l’abandon de nos traditions pour un melting-pot au goût de soupe culturelle. D’ailleurs, dans un autre paragraphe, nos chers évêques passent par pertes et profits les racines chrétiennes de la France « fille aînée de l’Église », préférant évoquer le « fait religieux » comme on dit dans les think tanks à la mode.

    Mais le “clou” de ce tract hors-sol est le passage sur la solidarité. Après avoir fait un constat digne de Piketty sur la montée des inégalités, les successeurs des apôtres font part de leur inquiétude face au retour d’un « libéralisme sans contrôle » et sur la sauvegarde de notre modèle social. Une manière d’attaquer — en creux — les programmes des différents candidats de droite. Une manière aussi de donner raison à tous ceux qui souhaitent le statu quo, oubliant que l’assurance chômage fait face à un déficit record et que la dette de la Sécurité sociale sera encore payée, dans vingt ans, par nos enfants ou petits-enfants. C’est une fâcheuse habitude de la part de nos évêques que de parler pour ne rien dire d’intelligent qui concerne le débat public. Déjà, en 1973, ils avaient cru bon de s’indigner de la dissuasion nucléaire mise en place pour assurer notre défense et notre sécurité. À l’époque, l’amiral de Joybert leur avait rétorqué un fameux : « Messieurs de la prêtrise, occupez-vous de vos oignons. » Tout change donc, mais tout reste, hélas, pareil.

    Evidemment, l’empathie naturelle des religieux pour leurs prochains se heurte à l’individualisme forcené de l’économie de marché que défend Valeurs Actuelles. Monsieur de Kerdrel, comme bien d’autres, doit gérer ses penchants pour les « racines chrétiennes » tout en vantant les bienfaits du marché dont, le moins que l’on puisse dire, est qu’il est plus sensible au profit qu’à l’âme humaine.

  • La presse dans l’excès

    « La Chienlit » titre cette semaine l’Express en première page devant la photo d’une brochette de responsables politiques de gauche. On pourrait aisément remplacer la photo par celle d’une brochette de journalistes incompétents et voyeurs (par ailleurs bénéficiaires de niches fiscales leur permettant de payer moins d’impôt sur le revenu que le reste des citoyens, toutes choses égales par ailleurs). L’Express, journal en faillite, passé dans les mains d’un cador du CAC40 se permet de donner des leçons aux sortants… Qu’il est loin le temps des Servan-Schreiber, Françoise Giroud et autres Claude Imbert…

    Une presse de circonstance attise le conflit et les réactions de caniveau d’une population dépassée par la complexité de notre temps. Des journaux vendeurs d’aspirateurs privilégient le café du commerce au détriment de l’intelligence. Mais où sont ces années où Raymond Aron publiait des chroniques dans les colonnes de l’Express ?

  • Pas de second mandat pour le président socialiste de la République

    François Hollande
    François Hollande

    Comme il l’avait laissé supposer à de nombreuses reprises, le président de la République vient de rendre publique sa décision de ne pas se présenter à l’élection pour un deuxième mandat. Il avait conditionné une nouvelle candidature notamment à « l’inversion de la courbe du chômage ». On ne peut pas dire que cet objectif ait été atteint, il a donc renoncé. C’est correct de sa part. Il devait se décider en décembre, ce calendrier fut également tenu comme annoncé.

    La presse de circonstance qui glosait depuis des mois sur la participation de François Hollande aux élections primaires de la gauche en est pour ses frais. Une nouvelle fois l’obsession des journalistes pour le sensationnalisme et l’immédiat les a détournés des questions de fond. Et de plus, ils se sont pour la plupart lourdement trompé sur l’immédiat : Hollande ne se représente pas.

    Ils auraient pu passer du temps à analyser les programmes des candidats de gauche mais ils ont préféré vouloir jouer les devins et anticiper la décision du Président, c’est plus facile et plus vendeur. A peine leur nouvel échec consumé, les voilà désormais tous tournés sur la nouvelle question clé : est-ce que le premier ministre actuel sera candidat à la primaire ?

    La courbe du chômage
    La courbe du chômage
  • Le bal des serpents à sonnettes

    Juppé et Sarkozy
    Juppé et Sarkozy

    A peine connu le nom du vainqueur du premier tour des élections primaires conservatrices à l’élection présidentielle de 2017, ce fut le bal des serpents à sonnettes qui rallièrent François Fillon avant le deuxième tour. Laurent Wauqiez, le cornecul qui s’est bruyamment félicité de l’élection de M. Trump aux Etats-Unis, Eric Ciotti et Christian Estrosi, les âmes damnées du sarkozysme dans le sud, Christian Jacob qui avait déjà trahi son ami Jean-François Coppé pour rallier le panache de Nicolas Sarkozy…, bref, c’est un festival de retournements de veste à grands coups de tweets auto-satisfaits et louangeurs.

    Tel Vercingétorix à Alésia, ils viennent tous déposer leurs armes aux pieds de François Fillon qui a écrasé le premier tour et s’apprête à remporter le second. Seuls quelques retardataires ont joué le mauvais cheval : Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Coppé ou encore Valérie Pécresse soutiennent Alain Juppé.

    Le vainqueur final est François Fillon et tous désormais s’affichent derrière lui. C’est le jeu de ces élections primaires qui sont venues se substituer à la décision des partis pour nommer leurs candidats. Devant l’impossibilité de s’entendre au sein des instances des partis politiques sur un nom incontestable à cause des conflits d’ambitieux, sauvages comme des caïmans dans le marigot, la décision a été poussée chez les supporters et militants, chargés de trancher un débat qui n’avait pas pu l’être au niveau supérieur. Cette procédure est présentée comme une avancée démocratique alors qu’elle ne fait que masquer l’indécision des partis. Son principal inconvénient est qu’elle allonge d’une année supplémentaire la durée de la campagne électorale présidentielle en France : sur un mandat de cinq ans, la dernière année est cette de la campagne pour l’élection suivant et l’avant-dernière année est celle de la campagne pour les primaires… Pas sûr que la démocratie n’y ait vraiment beaucoup gagné !

  • Les électeurs de gauche qui votent à l’élection primaire de droite

    Charlie Hebdo - Juin
    Charlie Hebdo – Juin

    Dans un dîner en ville le chroniqueur rencontre des représentants de cette étrange catégorie d’électeurs de gauche qui sont allés voter à l’élection primaire conservatrice à l’élection présidentielle de 2017 en France. Ils sont déçus du résultat et persuadés que si François Fillon et son programme libéral sont présents au deuxième tour en 2017 face à la candidate d’extrême droite, celle-ci l’emportera car la France moyenne refusera les mesures libérales déjà annoncées par Fillon dans son programme. C’est une possibilité et, de toute façon, nous aurons les dirigeants que nous méritons.

  • Dernières cartouches

    Charlie Hebdo – Juin

    En pleine campagne de publicité Alain Juppé pollue les répondeurs téléphoniques de citoyens qui n’en demandent pas tant. Le chroniqueur effaré en rentrant chez lui écoute ce message pathétique et racoleur :

    Bonjour c’est euh (SIC) Alain Juppé, la disparition des services publics de nos territoires qui hélas, s’accélère, c’est le déclin assuré et c’est l’abandon des françaises et des français qui habitent ce territoire, or la France c’est la France des territoires. Pour ma part je pense indispensable que l’Etat soit présent au plus près de vous, pour vous protéger, pour vous soigner, pour vous aider. La présence de la République, par ses services publics pour maintenir l’unité de la nation et accompagner l’ensemble des français et des françaises est essentiel et je m’engage à tout faire pour maintenir cette présence. Dimanche 27 novembre, au second tour de la primaire, nous devons nous en souvenir, j’ai besoin de vous et je compte sur vous.

  • Les racines de l’Occident

    Alors que le vice-président élu américain Mike Pence affiche ses idées créationnistes et son rejet de Darwin, le débat sur les racines chrétiennes de l’Occident est un must dans les différentes campagnes électorales en cours. Evidemment on ne peut pas reprocher à un catholique pratiquant de croire en ce qui est écrit dans la Bible, ni à un marxiste fervent de croire les analyses et recettes qui sont rassemblées dans le Capital. Mike Pense croit que Dieu a créé le monde en 6 jours, dont l’homme, puis la femme à partir de la côte de l’homme, puis s’est reposé le 7ème jour. C’est littéralement ce qui est écrit dans la Genèse, et Mike Pence y croit dur comme fer, comme nombre de pratiquants. C’est consubstantiel de la foi religieuse. On ne peut pas d’ailleurs leur prouver formellement que c’est faux, juste faire appel à leur intelligence, mais trop souvent, le dogme consume la raison, hélas !

    Le problème n’est pas tant que des gens, mêmes bien éduqués, croient au dogme, mais il réside plutôt dans les gens qui ont écrit toutes ces sornettes et les militants qui continuent à les vendre. Le pape François 1er n’est finalement pas si révolutionnaire que l’on veut bien le croire et son institution continue à répertorier les miracles de Mère Theresa et consorts pour sanctifier leurs auteurs. Derrière un discours humaniste qui est finalement de bon sens (comme celui qui le tient), il croit et fait croire que Noé est mort à 950 ans, que Moïse a partagé la mer rouge en deux et que Jésus a marché sur l’eau, faits sur le déroulement desquels on peut raisonnablement avoir des doutes. La vraie modernité serait que l’Eglise chrétienne, ou au moins catholique, admette que tout ce fatras idéologique n’est que balivernes et billevesées, ce qui n’empêcherait pas de continuer à prêcher l’amour du prochain.

    Ce concept de « racines chrétiennes » de notre civilisation européenne est par trop militant. Nos racines ce sont celles de l’Humanité de notre continent où la violence, l’esprit de conquête, la rouerie et l’intelligence de ses habitants ont permis à ceux-ci justement de survivre, de tuer, de conquérir et de s’extraire de l’aspect régressif de la religion pour faire émerger la science et la pensée libres, pour faire que Darwin l’emporte sur Jésus. Et toute cette évolution a commencé avec l’Homme de Cro-Magnon, soit bien avant que la première ligne de la Bible n’ait été écrite. Si l’Europe n’avait pas eu cette puissance et cette liberté de pensée peut-être serions-nous toujours un peuple de bigots continuant à immoler ses incroyants. Lorsque l’Eglise catholique a évolué vers la modernité, c’est le plus souvent contrainte et forcée par la société. Elle l’a rarement fait d’elle-même.

    La religion est une des idéologies des temps. Athènes et Rome ont au moins autant marqué et influencé notre vieille Europe que la Bible, ancien et nouveau testaments réunis. Pourquoi favoriser l’influence de Moïse plutôt que celle de Périclès ou de Platon dans les références à ce que nous sommes ? Les grecs dans leur philosophie ont privilégié l’Homme sur le dogme et leurs dieux. En cela ils ont fait bien plus progresser l’Humanité que les religions. Celles-ci ont bien sûr influencé nos civilisations, mais il n’est pas sûr que le bilan soit positif. Elles viennent en tout cas d’accoucher d’un vice-président américain créationniste. On eut préféré qu’il s’inspire de Périclès plutôt que d’Abraham.

  • Tic verbal compulsif : la dynamique

    Créer la dynamique devient un tic verbal compulsif autant dans le monde des business plans en entreprise que dans les cénacles politico-médiatiques. Les publicitaires qui ont envahi les entourages de nos dirigeants ne placent pas deux phrases fumeuses sans y intercaler la dynamique, et les journalistes qui n’ont pas le temps de lire les programmes politiques compensent leurs faibles connaissances en plaçant de la dynamique à tous les étages.

    Le dictionnaire Larousse définit le mot ainsi :

    Ensemble de forces qui entraînent, provoquent un mouvement, une évolution à l’intérieur d’une structure en développement : La dynamique révolutionnaire.

    Les pubards employant ce terme veulent laisser entendre que le candidat qui les rémunère a suffisamment d’idées ou de charisme pour auto-déclencher un cercle vertueux vers plus de bonheur et d’efficacité. Les mêmes nous expliquait il y a trente ans qu’un baril d’Omo valait mieux que deux barils d’une lessive lambda… Bref, créer une dynamique pour un politicard revient à mieux se placer en tête de gondole, à grand frais payés aux agences de publicité.

  • Impéritie complète des vendeurs de sondage

    CH_20141112_Fillon
    Au soir d’une élection primaire pour désigner un candidat conservateur à l’élection présidentielle française de 2017, les vendeurs de sondages d’opinion font une nouvelle fois preuve de leur impéritie totale en ayant ressassé depuis des mois le succès d’un duo de tête alors que c’est finalement un troisième homme qui écrase les deux autres de par son score.

    Lire aussi : Les sondages meublent l’absence d’analyse de la presse

    Et à peine connue l’ampleur de leur erreur, les voici de nouveau au premier plan pour prévoir le résultat du deuxième tour de dimanche prochain. La presse repart aussitôt dans ses habituelles circonvolutions autour d’anticipations oiseuse e tout repart comme si de rien n’était. Une presse incompétente s’appuie sur des sondeurs prétentieux. Le mieux est sans doute de négliger les uns comme les autres.

    Lire aussi : L’incompétence infinie des sondeurs

  • Un petit village breton accueille des migrants

    village-breton

    Dans le cadre de la fraternité française inscrite aux frontons de toutes nos mairies, un petit village breton a accepté d’accueillir sa part de misère en hébergeant 30 immigrants venus du camp de Calais démantelé il y a peu. Les frais sont pris en charge par le contribuable national. Le conseil municipal a approuvé le principe. Sur 27 conseillers, 24 ont voté pour et trois se sont abstenus. La durée de cet accord est limitée dans le temps et, comme l’état d’urgence, sera sans doute renouvelée après les vacances de fin d’année période durant laquelle le lieu d’accueil est pris par ses occupants habituels.

    On voit depuis les immigrants se promener dans le froid venteux du bord de mer. Y-a-t-il des dealers de shit dans le groupe ? Peut-être. Des apprentis terroristes ? On ne peut pas l’exclure. Est-ce que ce petit village se serait mieux porté sans devoir accueillir ces personnes ? Sans doute. Mais loin des messages vengeurs et des slogans abrutissants émis par le microcosme sur Tweeter, on voit que lorsque de vraies décisions sont à prendre localement, elles sont prises dans la responsabilité et la quasi-unanimité. Jusqu’ici personne n’a cherché à incendier le centre d’accueil comme ce fut le cas à plusieurs reprises à Paris XVIème.

    Le camp sauvage de migrants à Calais a pu être démantelé grâce à ce sens des responsabilités de communes comme ce petit village breton. Il ne va pas être facile d’éviter sa reconstitution à Calais, mais un sort un peu plus humain est réservé à 30 personnes. Cela ne règle rien sur le long terme, cela créera peut-être quelques difficultés localement mais le pire n’est jamais sûr. Si des problèmes apparaissent, eh bien des gens intelligents et de bonne compagnie tenteront de les résoudre dans le calme et la raison.

    C’est en tout cas l’honneur de ces municipalités de participer à cet effort national :

    PV du conseil municipal du 9 septembre 2016 – Les migrants de Calais : Monsieur le Maire informe l’Assemblée de l’information reçue des services de la Préfecture, relative à l’accord donné par la Caisse Centrale des Activités Sociales (CCAS) pour accueillir 30 personnes du 10 octobre au 22 décembre 2016 sur son site situé à T. Monsieur le Préfet de département a validé cette offre et l’a faite remonter au Préfet de Région, coordonnateur de la démarche auprès du ministre de l’intérieur. Celle-ci intervient dans le contexte du démantèlement à venir du camp de Calais et l’accueil dans les différents départements au sein de centres d’accueil et d’orientation (CAO) créés à cet effet en Bretagne notamment. Les publics concernés sont des migrants d’origines diverses : afghans, pakistanais, érythréens, irakiens… actuellement à Calais qui se verront proposer des hébergements provisoires d’une durée limitée (entre deux et trois mois) leur permettant de se ressourcer et de repenser leur projet migratoire avec éventuellement le dépôt d’une demande d’asile en France. L’hébergement et alimentation sont pris en charge intégrale par l’Etat selon l’accord passé avec la CCAS, un accompagnement social sur place, financé par l’Etat, est effectué par l’association COALLIA qui gère déjà pour l’Etat des CAO sur Saint-Brieuc ainsi que des places d’hébergement pour demandeur d’asile (CADA) et qui a l’expérience de gestion de ce type de dispositif et la connaissance de ces publics. La sécurisation du site est assurée par la présence la nuit et le week-end d’un veilleur, et est financée également par l’Etat via COALLIA. Monsieur le Maire ajoute avoir demandé une vigilance particulière durant le week-end, Monsieur le Préfet en avisera la gendarmerie.

    LE CONSEIL MUNICIPAL, après en avoir délibéré, à vingt-quatre voix pour et trois abstentions (Madame XXX, Messieurs YYY et ZZZ)  – EMET un avis favorable au projet d’accueil de 30 personnes au centre de vacances de la CCAS d’EDF dans le cadre du démantèlement du camp de Calais.