Catégorie : Economie

  • Adieu les 35 heures, mais…

    Entendu à la machine à café e la part d’un cadre bénéficiant de jours de congé supplémentaires dans le cadre de la RTT (réduction de temps de travail) :

    La droite va supprimer les 35 heures mis en place par la gauche-laxiste mais je vais regretter ces jours de congé supplémentaires qui compensaient mes heures en trop passées au bureau.

    Eh oui, revenir aux 39 heures de travail hebdomadaires, et donc supprimer la RTT, cela veut dire que les cadres auront moins de vacances et les employés plus d’heures de travail, le tout payé la même chose. Réduire la réduction revient, en gros, à augmenter le temps de travail. C’est une constatation tristement basée sur la logique mathématique qu’il va bien falloir assumer.

    Pour ceux, trop jeune, qui n’ont connu que les 35 heures hebdomadaires, travailler 39 va être une situation nouvelle. Pour les plus anciens, ce sera un retour au bon vieux temps. Mais c’est ainsi que l’on rétablit la compétitivité de l’entreprise après « les mesures démagogiques de la gauche-laxiste » !

    🙂 🙂 🙂

  • Le libéralisme à côté de chez vous !

    Nous sommes dans une économie à peu près libérale où la liberté de fixation des prix est laissée aux acteurs économiques dans un grand nombre de domaines. Certains s’en étonnent tout en dévorant les chroniques de Guillaume Roquette dans le FigMag et en appelant de leurs vœux la fin de la gauche-laxiste !

    A l’occasion des grèves dans les raffineries et du blocage de quelques dépôts de carburant, des pompistes ont augmenté leurs prix de vente. Pour profiter de la venue en France de nombreux touristes fouteballeux durant l’été pour assister à une compétition de baballe (exonérée de toute fiscalité par des élus irresponsables) les hôtels et les particuliers louent des chambres ou des logements à des tarifs élevés et inusités.

    C’est l’application de ce qu’on appelle la loi de l’offre et de la demande ! Ce système laisse à Monsieur le Marché le soin de définir le prix d’équilibre pour que l’offre satisfasse la demande. On a même vu parfois Monsieur le Marché organiser lui-même la pénurie pour faire monter les prix.

    Le contribuable finance déjà indument une partie de cette compétition du fait de dirigeants félons, faudrait-il également qu’il subventionne les hôtels pour les éloigner des tentations du Marché ?

  • Le simplisme syndical

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    Nous le disions dans ces colonnes la réduction des syndicats français d’extrême gauche en France nécessite intelligence et rouerie, c’est dire si nous sommes mal partis ! Le chef d’un syndicat patronal vient d’accuser un syndicat ouvrier de terrorisme et d’utiliser des méthodes de voyous. Cela lui a sans doute fait plaisir de s’écouter parler sur les plateaux télévisés transformés en Café du commerce, mais cela ne se traduit en aucune action et en encore moins d’efficacité d’autant plus qu’il a dû à moitié s’excuser le lendemain.

    Une autre méthode aurait pu être, par exemple, de ne pas parader sur les plateaux mais d’agir en justice contre les actions syndicales illégales. Nous aurions eu ainsi une vraie action syndicale, conforme à la mission d’une telle organisation qui n’est pas rémunérée pour polémiquer dans les débats télévisés mais pour faire son travail au service de ses mandants et de l’intérêt général.

  • Blocage du fouteballe

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    Les dirigeants syndicaux bloqueurs et moyenâgeux qui s’expriment dans la rue avec éclat en ce moment affirment qu’ils n’hésiteront pas à poursuivre leur mouvement mi-juin lors de l’Euro de fouteballe si leurs revendications ne sont pas satisfaites, c’est-à-dire le retrait du projet de loi « Travail ».

    Ce serait un test en vraie grandeur bien plus parlant que les sondages dont les médias nous abrutissent pour savoir si les français sont en faveur ou pas de la réforme du code du travail : sont-ils prêts à renoncer à leurs matchs de baballe à la télé pour soutenir une lutte contre la loi « Travail » ?

    On ne peut s’empêcher de sourire à l’idée de voir les gros bras de la CGT face aux fouteux imbibés. Voilà qui promet un mois de juin intéressant.

    Rappelons que cette compétition sportive a été exonérée d’impôt par des dirigeants incompétents de la République.

    Lire aussi L’escroquerie fouteballistique se poursuit !

  • Blocage de la presse

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    La CGT Livre, puissante section du syndicat moyenâgeux dans l’impression et la distribution des quotidiens, surtout puissante en région parisienne et un peu moins en province, a voulu imposer à ces journaux la publication d’une « tribune » de M. Martinez sous peine de non parution. Du coup, seul le journal du parti communiste L’Humanité a accepté et a pu paraître hier ! La CGT déploie sa stratégie de nuisance avec la même constance et relative efficacité.

    Cette action ne fut que de peu d’effet du fait de l’accès aux éditions numériques pour la plupart des quotidiens. Ladite tribune a d’ailleurs pu être lue par tous ceux qui voulaient la consulter. Le plus comique, si l’on ose dire, c’est que L’Humanité est un journal en faillite virtuelle depuis plusieurs années qui ne surnage que grâce aux dons de ses lecteurs et qui vient d’entamer une campagne pour bénéficier de plus d’aides publiques tirées de la poche des contribuables. Dans le même temps, la survie des quotidiens censurés par la CGT est très aléatoire, les éditions papiers se vendant de moins en moins et les modèles numériques n’ayant pas encore trouvé leur équilibre financier.

    Sans vergogne la CGT a voulu imposer une propagande interne aux journaux et a bloqué la parution de la presse quotidienne qui refusait de plier. L’impact réel de ce blocage sur l’information a été quasiment nul mais la CGT a montré qu’elle pouvait mettre la plupart des quotidiens nationaux à genoux si elle le décidait.

    Rappelons que la CGT Livre continue à bénéficier d’un monopole d’embauche en région parisienne (ce n’est pas les patrons qui recrutent mais le syndicat). Même si cet important avantage n’offre plus autant de capacité de nuisance que par le passé du fait de la numérisation de la presse, ce qui s’est passé hier montre quand même que la CGT Livre sait encore perturber la presse.

    Lire aussi Les aides à la presse

     

  • La CGT à l’assaut

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    Philippe Martinez, chef de la CGT porte sur sa déprimante moustache tout l’affaissement de la pensée syndicale française d’un autre âge. Son organisation n’est pas contente de la politique menée actuellement et a décidé de le faire savoir en initiant le maximum de nuisance dans un pays qui n’est déjà pas en grande forme. Quelques personnes bien utilisées dans des entreprises clés des secteurs de l’énergie ou des transports suffisent à fortement perturber l’économie et le plus souvent dans un cadre légal qui rend difficile toute réaction judiciaire. C’est ce qui est en train de se passer et l’on voit ledit Martinez balader sa moustache tombante dans les manifestations, voire même balancer quelques pneus dans les feux de joie organisés par les camarades devant les grilles d’entrepôts pétroliers bloqués ! Bref, la CGT se revigore à la tête d’un conflit délétère comme seule la France sait encore en générer.

    Au-delà des discours à l’emporte-pièce de militants surexcités que l’on croirait revenus aux temps du Front populaire, la stratégie de ce syndicat est sans doute aussi d’afficher sa puissance vis-à-vis de l’opposition actuelle qui a toutes les chances de revenir au pouvoir en 2017 et annonce vouloir appliquer un programme économique libéral dont la loi « Travail » n’est qu’un très modeste avant-goût… Il va falloir faire avec la CGT, le message est clair.

    La conclusion du conflit actuel risque d’influer sur les années futures. Si la loi « Travail » passe en l’état et si la CGT doit manger son chapeau, un gouvernement social-libéral aura donc facilité le lancement du programme libéral de la droite. Dans le cas contraire, il n’est pas sûr que la future majorité envisage de gaîté de cœur de se colleter avec ces syndicats moyenâgeux dès son arrivée au pouvoir, à moins de se relancer dans une nouvelle épreuve de force, peut-être cette fois-ci définitive !

  • Rémunérations et autres petites misères de pédégé (suite)

    On en sait un peu plus sur la rémunération globale du pédégé de Renault qui est aussi dirigeant du groupe Nissan : en gros il perçoit sous différentes formes et à différentes échéances 7 plus 8 millions d’EUR, soit 15 millions d’EUR, pour sa prestation de 12 mois de travail de l’année 2015. Une partie de cette rémunération est sous forme de titres bloqués qui, lors de leur déblocage pourront valoir moins ou… plus.

    Pierre Gattaz, chef du syndicat MEDEF des grandes entreprises françaises, l’homme qui affichait ce badge ridicule « 1 million d’emplois » sur son veston il y a quelques mois, a déclaré le 03/05/2016 sur une radio privée :

    « Je n’ai pas de problème avec le montant mais un petit problème avec le fait que les actionnaires ont voté contre et que le conseil d’administration entérine quand même la rémunération. Je suis un peu gêné par la procédure qui consiste à s’asseoir sur l’avis des actionnaires. »

    En réalité cette contestation de rémunérations démesurées de certains pédégés s’étend au-delà de la France et on a vu des situations similaires chez le pétrolier BP au Royaume-Uni, où le constructeur automobile Volkswagen en Allemagne.

    La plus grande compétence de ces dirigeants est de faire croire au fait qu’ils sont irremplaçables et qu’il faut donc les payer en conséquence. Là est la grande escroquerie intellectuelle qui vient s’ajouter à l’escroquerie financière du niveau de leur rémunération démesurée. Ces gens sont interchangeables et il suffit de shooter sur un marronnier de l’avenue Marceau pour que tombent dix candidats d’égales compétences pour diriger un paquebot du CAC40 avec l’aide incontournable des communicants de service et des consultants en organisation de circonstance. Si l’on veut modérer les rémunérations de dirigeants il faudrait tout simplement faire jouer la libre concurrence si chère aux parangons de l’économie libérale.

    Tout ceci n’a guère d’importance au niveau financier car le salaire du pédégé de Renault n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des 45 milliards d’EUR du chiffre d’affaires du groupe. Souhaitons que cela en est un jour aux plans politique ou moral. L’avenir le dira.

  • Rémunérations et autres petites misères de pédégé

    L’assemblée générale du groupe Renault a rendu un avis consultatif sur les éléments de rémunération dus ou attribués à son pédégé au titre de l’exercice clos au 31 décembre 2106. Bien entendu la note de trois pages sur laquelle un avis est demandé est incompréhensible pour l’actionnaire lambda mais en additionnant les différents montants cités qui regroupent des sommes exigibles immédiatement et d’autres différées, on arrive à peu près 7,5 millions d’EUR. Le pédégé de Renault étant également celui de Nissan, il touche par ailleurs une rémunération additionnelle et sans doute équivalent au titre de cette deuxième casquette. On peut globalement estimer que les revenus du dirigeant sont largement supérieurs à la dizaine de millions d’EUR pour ses douze mois de travail.

    Dans sa grande sagesse l’assemblée générale de Renault a émis un avis négatif à hauteur de 54,12% contre cette rémunération jugée excessive. Sans doute les actionnaires auraient préféré que cette somme reste dans l’entreprise et vienne en augmenter le profit, voire leur fut versée en dividendes supplémentaires. A moins qu’ils ne se soient interrogés sur ce qui peut justifier qu’un être humain à lui seul encaisse plus de 10 millions d’EUR pour rémunération de sa prestation de travail de douze mois ? Le conseil d’administration a immédiatement confirmé la rémunération de son pédégé chargeant toutefois son comité de rémunération « d’examiner les évolutions utiles de la structure de rémunération pour les années 2016 et suivantes ». Peut-être y-a-t-il lieu effectivement d’accroître celle-ci dans le futur !

    Communiqué du conseil d’administration du 29/04/2016 :

    L’Assemblée Générale de Renault a émis, à titre consultatif, un avis négatif (54,12%) portant sur la huitième résolution et les éléments de rémunération du Président-Directeur Général au titre de l’année 2015.

    Le Comité des Rémunérations et le Conseil d’administration de Renault se sont réunis, hors la présence du Président-Directeur Général, afin de prendre connaissance du détail du vote exprimé et de délibérer définitivement sur cette question, conformément au Code AFEP/MEDEF.

    Sur proposition de son Comité des Rémunérations, le Conseil d’administration de Renault a approuvé le maintien de la rémunération décidée pour le Président-directeur Général pour l’année 2015.

    Le Conseil se félicite à nouveau de la qualité des résultats de l’année 2015, avec un chiffre d’affaires record de plus de 45 milliards d’euros, en hausse de 10,4 % et une marge opérationnelle de 5,1 %, en avance de deux années sur les objectifs du plan Renault 2016 Drive the Change.

    Le Conseil d’administration a chargé le Comité des Rémunérations de la mission d’examiner les évolutions utiles de la structure de rémunération pour les années 2016 et suivantes.

  • Pessimisme et complainte au Bar du Port

    La contestation contre le projet de loi travail s’organise, plutôt modestement d’ailleurs, quelques manifestations, l’incontournable pétition sur change.org et un peu d’agitation sur les réseaux dits sociaux. Ce projet de loi vise à faciliter les licenciements et à donner la priorité aux accords d’entreprises sur la loi. C’est en cela qu’il est soutenu par les syndicats patronaux, qui en demandent toujours plus bien entendu, mais qui se réjouissent de voir un pouvoir socialiste aller dans une direction que même l’opposition conservatrice n’avait pas osé emprunter.

    Croyez-vous que les consommateurs du Bar du Port, critiques enjoués et fidèles de la « gauche-laxiste », se réjouiraient de ce projet de loi ? Que nenni, les voilà maintenant à l’attaque de ces manifestants qui refusent le projet.

    A force de pessimisme, de complainte permanente, de vision cataclysmique, de nombrilisme envahissant, la France s’enfonce dans cet immobilisme sclérosant qui la caractérise depuis plusieurs décennies. Une loi qui fait bouger les lignes déclenche par définition des réactions. Que certains contestent les projets des autres, quoi d’étonnant ? C’est la comédie humaine.

    Le mythe du projet « gagnant-gagnant » est une escroquerie intellectuelle de plus. En matière économique, généralement ce que l’un gagne l’autre le perd, mais l’intérêt général peut bénéficier d’une redistribution des intérêts particuliers. C’est l’honneur du pouvoir d’essayer de privilégier cet intérêt général, c’est sa noblesse de l’expliquer et si possible de convaincre les citoyens du bien-fondé de ces réformes. La tâche est complexe dans un pays de râleurs !

    Lire aussi La réforme du code du travail

  • Petits arrangements entre amis, encore !

    Un consortium de journaux internationaux, dont Le Monde pour la France, publie l’analyse d’une gigantesque fuite de documents (11 millions de fichiers) issus d’un cabinet juridique panaméen, dévoilant les circuits de sociétés écran créées au Panama par des particuliers ou des entreprises généralement pour masquer l’identité des véritables détenteurs des fonds ainsi placés dans ce paradis fiscal, ou ne faisant qu’y transiter en provenance et vers d’autres territoires opaques. Il s’agit des Panama Papers en référence aux Pentagon Papers qui avaient fuité dans la presse américaine en 1971 et révélé la teneur exacte des relations entre les Etats-Unis et le Vietnam ainsi que les processus de décisions de cette guerre.

    Le cas des Panama Papers est moins sensible en ce qu’ils ne concernent que des circuits financiers opaques, pas une guerre dans laquelle des vies humaines sont en jeu. En fait il n’y a rien de bien nouveau dans cette affaire et ces circuits dévoilés sont déjà bien connus.

    La première conclusion à tirer est l’incompétence du cabinet juridique « Mossack Fonseca », dont l’un des dirigeants-fondateurs est également ministre du gouvernement panaméen, qui n’a pas su protéger ses données. Voilà qui refroidira peut-être les fraudeurs de tous ordres : quelle que soit l’opacité des circuits mis en œuvre il existe bien un endroit où le vrai détenteur des fonds est nommé. A l’époque du big-data et des « lanceurs d’alerte » ces endroits ne sont plus vraiment à l’abri des curieux.

    Second enseignement, on retrouve dans les listes de propriétaires de sociétés écran panaméennes nos clients habituels… En France les époux Balkany bien sûr et les joueurs, dirigeant et clubs de fouteballe ; à l’étranger, des dirigeants de pays émergents, des milliardaires en vue et, surtout, des milliers de bons citoyens, plutôt riches, voire très riches, et qui s’arrangent avec les règles et l’idée qu’ils se font de la morale pour délocaliser une partie de leurs patrimoines à l’abri des fiscs des pays où ils sont taxés.

    Rigolo : le nom du premier ministre britannique apparaît dans les listes, il s’agit d’abord de son père qui détenait une société panaméenne. Cameron fils a commencé par démentir tout lien avec cette société avant d’admettre ce soir qu’il en détenait quelques parts vendues en 2010 avant qu’il ne soit premier ministre pour environ 40 000 EUR, revenu qui fut soumis à l’impôt au Royaume-Uni lors de son encaissement. On se demande ce que David Cameron avait à faire dans une société offshore panaméenne pour une somme finalement plutôt modeste au regard du probable patrimoine et revenus de l’intéressé.

    Le premier ministre islandais a lui également été pris les doigts dans le pot de confiture et vient d’être poussé à démissionner.

  • Nouvel échec d’une tentative d’atteinte à la concurrence

    Après des semaines de négociations qui visaient à ramener de 4 à 3 le nombre d’opérateurs se partageant le gâteau des télécommunications françaises, cette nouvelle tentative d’ériger un oligopole entre copains a échoué. Les libéraux s’en réjouiront, les partisans de la concurrence (qui ne sont pas toujours les mêmes) également.

    Dans cette affaire Bouygues Telecom souhaitait se saborder en vendant sa dépouille au meilleur prix à ses concurrents et, en l’occurrence, en se faisant payer par des actions d’Orange l’ancien monopole public dont les contribuables via l’Etat possèdent toujours une part du capital. Les parties n’ont pas pu s’entendre sur le prix et les modalités de ce partage et ce n’était jamais que la troisième ou quatrième tentative de réduction du nombre d’opérateurs. Il faut croire que ce n’est pas facile.

    Si M. Bouygues tient si fortement à entrer au capital d’Orange il pourra toujours acheter des actions sur le marché où cette société est cotée à son juste prix puisque comme chacun sait la clairvoyance de Monsieur le Marché est au-dessus de tout.

    Le secteur va donc continuer à fonctionner à quatre prestataires se faisant concurrence, au moins pour le moment. Les partisans de l’accord expliquent que Bouygues Telecom est « trop faible » pour survivre et qu’il va y avoir de la « casse sociale » comme si il n’y en aurait pas eu si l’accord s’était fait ! Les forces du marché déifiées par nombre de libéraux vont agir et avec peut-être plus de résultats que les forces obscures des petits arrangements entre amis.

    Lire aussi Petits arrangements entre amis de la téléphonie

  • La France rechigne devant la réforme du code du travail

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    Un projet de réforme du code du travail est sur la table des négociations et bientôt devant le parlement. Bien entendu, comme toute annonce de changement de société, la Société française s’oppose. Derrière les grands mots sur la flexi-sécurité, il s’agit en fait de donner plus de facilité aux employeurs pour licencier leurs employés et également de contourner les syndicats en favorisant les accords directs au sein de l’entreprise. Les organisations patronales jurent leurs grands Dieux qu’une telle orientation permettrait de relancer l’emploi, les syndicats et une partie de la société civile refusent les termes de cette réforme qui accentueraient la précarisation des emplois.

    Evidement les exemples des pays plus libéraux qui appliquent ce genre de politique et présentent des taux de chômage inférieurs à celui de la France sont régulièrement cités pour justifier le projet. En réalité, nous sommes en France et nous sommes capables d’échouer, même en appliquant ce qui fait réussir les autres pays ! Personne n’est bien en mesure de prévoir ce qu’apporterait cette flexi-sécurité. Les slogans ridicules « 1 million d’emplois » affichés par le patronat comme les arguments développés par la rue pour s’opposer ne sont que billevesées communicantes. La seule raison qui doit pousser à mettre en œuvre une réforme de cet ordre est que cela n’a jamais été essayé en France alors ne nous privons pas de la tenter.

  • L’escroquerie fouteballistique se poursuit !

    Juin / Le Canard Enchaîné (14/10/2015)

    Le microcosme semble découvrir que les structures organisatrices de compétitions internationales de sport négocient généralement avec les Etats d’accueil des contrats d’exonération fiscale pour lesdites structures, voire également pour leurs sponsors et leurs dirigeants. Cela vaut pour les jeux olympiques comme pour le fouteballe et d’autres jeux de baballe.

    Ainsi le décret 2015-910 publié au journal officiel du 25/07/2015 a listé six compétitions sportives organisées en France lors des prochaines années qui bénéficieront d’un régime d’exonération de certains impôts et taxes (impôt sur les sociétés, impôt sur le revenu, retenue à la source, taxe sur les salaires, etc.). Il s’agit, par ordre chronologique, de l’Euro 2015 de basket hommes (5-20 septembre), de l’Euro 2016 de football hommes (10 juin – 10 juillet), du Championnat du monde 2017 de handball hommes, du Championnat du monde 2017 de hockey sur glace hommes, de la Ryder Cup et de la Ryder Cup Junior de golf en 2018 et de la Coupe du monde féminine de football 2019.

    Ce régime fiscal a été créé par la loi de finances rectificative pour 2014 qui a été votée par une représentation nationale fort peu inspirée.

    Des responsables au plus haut niveau et des élus du peuple se sont rendus coupables d’une félonie fiscale. Cette infamie a une apparence : un trio de ministres irresponsables, MM. Kanner (Sports), Sapin (Finances et Comptes publics) et Eckert (Budget). Il a une réalité : un parlement incompétent et piètre comptable des finances publiques. Ce trio et ce parlement possèdent un savoir-faire expéditif et limité. Mais ils ne voient et ne comprennent la gestion de l’Etat et de l’argent de ses citoyens que déformés à travers leur frénésie populiste. Cette entreprise conduit tout droit à un désastre national.

    Voici l’État bafoué, la Nation défiée, notre puissance ébranlée, notre prestige international abaissé, notre place et notre rôle dans la communauté financière compromis. Et par qui ? Hélas ! Hélas ! par des hommes dont c’était le devoir, l’honneur, la raison d’être, de servir et d’obéir.

    [Inspiré par MonGénéral]

    Comment et pourquoi des responsables (si l’on ose dire) politiques octroient-ils des avantages fiscaux pour l’organisation de compétitions de ballon ? C’est une vraie question sans véritable réponse cohérente, sinon que ces responsables privilégient des situations particulières au détriment de l’intérêt général. En procédant ainsi ils font renoncer l’Etat à des recettes fiscales, qui seraient pourtant bienvenues, et transfèrent sur les contribuables une partie des charges de ces compétitions qui devraient normalement être payées par les consommateurs. C’est contraire aux règles de libre concurrence : pourquoi les sports de baballe ou de palet et pas les concours de pétanque ? C’est immoral quand on mesure les flux financiers brassés par ces organisations, tellement gigantesques et hors de tout contrôle que les scandales de corruption de la FIFA se traitent actuellement devant les tribunaux et dans les geôles américaines. C’est inefficace en termes économiques car ces compétitions n’ont pas besoin d’exonération fiscale pour exister. Ces exonérations octroyées par la République française reviennent à transférer de la richesse des contribuables nationaux vers les sièges sociaux de fédérations multinationales généralement domiciliées en… Suisse.

    De grands progrès sont en train d’être réalisés en matière de coopération fiscale internationale pour mettre fin, ou au moins ralentir, les pertes de recettes subies par nombre d’Etats du fait de l’optimisation fiscale menée par certaines entreprises ou organisations. Nous sommes ici dans un cas bien plus simple car ce sont les Etats eux-mêmes qui abandonnent légalement leurs droits fiscaux sur ces compétitions. Il suffit de mettre fin à la délivrance de ces passe-droits, au besoin en coopération avec les Etats membres de l’OCDE ou de l’Union européenne pour éviter trop de dumping fiscal au sein d’un même groupe de pays. Et si les championnats d’Europe de fouteballe ou de golf doivent avoir lieu en Géorgie ou aux Iles Féroé, eh bien laissons les contribuables de ces contrées financer les fédérations sportives s’ils n’ont rien de mieux à faire. A moins que leurs finances publiques ne soient en meilleur état que celles de la France :

  • Mais que fait le gouvernement ?

    Entendu au Café du commerce :

    L’interdiction dans Paris intra-muros à partir du 1er juillet 2016 les jours de semaine des véhicules particuliers motorisés avant le 31/05/2000 ne sera pas applicable car « la Maire de Paris » n’a rien fait pour véritablement favoriser la diffusion des véhicules électriques en installant des bornes de rechargement en nombre suffisant !

    Le conseil municipal de Paris, fruit de l’élection municipale de mars 2014, a arrêté un plan d’interdiction progressive de la circulation des véhicules « polluants » classés par catégories selon l’âge de leur motorisation. La première vague d’interdiction est intervenue en septembre dernier, les suivantes doivent suivre :

    • Depuis le 01/09/2015 la circulation des bus, cars et poids lourds de motorisation antérieure au 01/10/2001 est interdite dans la capitale de 8 à 20 heures, y compris le week-end.
    • A partir du 01/07/2016, cette interdiction s’étendra aux camionnettes et véhicules particuliers antérieurs à 1997 ainsi qu’aux deux-roues motorisés antérieurs au 31/05/2000 (les deux-roues motorisés concernés par la mesure représentent 1% du parc actuel). Ces véhicules individuels et utilitaires légers pourront eux continuer à circuler le week-end.
    • Entre 2017 et 2020 la circulation d’autres catégories de véhicules sera progressivement interdite.

    Des mesures d’accompagnement ont également été votées pour allouer une partie des impôts payés par les contribuables vers des investissements susceptibles d’inciter les propriétaires de véhicules concernés par ces interdictions à en changer ou à faire évoluer leur mode de transport : subvention sur les abonnements pour location de véhicules électriques Autolib’, location de bicyclettes Velib’ ou achat de vélocipèdes, électriques ou non, remboursement de pass Navigo, subventions aux copropriétés désireuses d’installer des abris vélos sécurisés ou des bornes de rechargement dans leurs locaux, ainsi qu’un programme de développement de bornes de recharge publiques.

    L’arrêté municipal n°2015 P 012 du 28/08/2015 qui régit la première interdiction en vigueur depuis le 01/09/2015 est provisoire jusqu’au 01/01/2017 et on peut donc imaginer qu’un bilan sera alors fait sur le renouvellement, l’adaptation ou la modification de la mesure et le conseil municipal en place à l’époque décidera démocratiquement de la suite à donner.

    En l’état actuel des mesures d’incitation on peut s’interroger :

    • Le subventionnement par le contribuable de l’utilisateur d’un véhicule « polluant » est-il suffisant pour déclencher un mouvement massif de changement de véhicule ou de mode de transport ? Sans doute pas !
    • Est-ce que néanmoins une partie de ces utilisateurs peuvent d’ores-et-déjà bénéficier de bornes de rechargement sur leurs parcours habituels ? On ne peut pas l’exclure totalement !
    • Aurait-il été préférable que l’argent prélevé sur les contribuables soit affecté au renforcement des mesures incitatives plutôt qu’à financer la coupe d’Europe de fouteballe ou les jeux olympiques de 2024 ? Certainement oui !
    • Est-ce une raison pour tout jeter avec l’eau du bain ? Non !

    Le syndrome français continue de diffuser ses effets délétères : le citoyen maugrée, râle, peste, conteste, attend tout de l’action publique et rejette systématiquement ce qui vient troubler sa situation personnelle. Que les conducteurs se rassurent, il est probable que si l’étape d’interdiction au 01/07/2016 n’est pas gérable, eh bien elle sera rapportée ou décalée ou modifiée comme le furent nombre de textes comme ceux de l’écotaxe, de l’accès des lieux publics aux handicapés, etc. etc.

    Ainsi va la vie publique en France, faîte d’à coups et d’imperfections, mais à la fin les choses finissent par avancer à leur rythme. Si les mesures actuelles ne plaisent pas, il suffit de voter pour d’autres élus aux prochaines élections municipales, ou de créer son propre lobby pour influer ou de se présenter avec un programme. Le chroniqueur voterait, par exemple, sans barguigner pour tout candidat s’engageant à renoncer à l’organisation des jeux olympiques, comme l’ont déjà fait les villes de Boston, de Toronto et de Hambourg.

  • Réformer le travail

    CH_20151110_Code-du-travail

    On ne sait pas bien comment va se terminer ce projet de réforme du code de travail mais on pressent que l’affaire est mal engagée. Ce projet de loi d’inspiration libérale déclenche tout d’abord l’enthousiasme du syndicat patronal MEDEF qui le clame haut et fort entrainant immédiatement son rejet par les citoyens, élus et corps intermédiaires de gauche qui rebaptisent la réforme « loi Gattaz » du nom du chef du MEDEF…

    Celui-ci est coutumier des faits de communication imbéciles. C’est lui qui avait arboré un badge « 1 million d’emplois » lors de la sortie de l’un des différents pactes fiscaux qui ont consisté ces dernières années à transférer sur les contribuables des charges jusque-là payées par les entreprises.

    Le gouvernement n’est guère plus brillant dans cette affaire annonçant la présentation de la loi pour un conseil des ministres avant de reporter, présentant les principes arrêtés du texte puis rouvrant la négociation, etc. etc. Et, comble du grotesque, la ministre du travail, en charge du projet, chute dans sa baignoire le jour où des négociations syndicales sont programmées.

    Tout ceci n’est guère brillant mais si ce petit monde passait un peu moins de temps à confectionner des badges ridicules ou à perdre des journées entières au salon de l’agriculture, et un peu plus dans leurs bureaux à travailler sur leurs dossiers nous n’en serions peut-être pas tout à fait là.

    Sur le fond, on ne sait pas bien si une telle réforme porterait ses fruits ou non et le badge ridicule du MEDEF montre la prétention de toute prévision, mais elle n’a jamais été essayée alors il ne faut pas s’en priver.

  • Titine monte à nouveau au front

    CH_20151110_Code-du-travail

    Martine Aubry, 65 ans, maire de Lille, membre du parti socialiste tendance archéo, cosigne une tribune dans le journal Le Monde du 25/02/2016 avec quelques élus verts et socialistes et des membres de la société civile. Ensemble ils se plaignent de la politique libérale du pouvoir en place, du projet constitutionnel de déchéance de la nationalité au « pacte avec le MEDEF » en terminant bien sûr avec le projet de réforme en cours du code du travail. Tout est à jeter selon les signataires qui assortissent leur jugement des grands mots de circonstance sur les valeurs, le nouveau modèle de développement social et écologique, l’identité de la France et patati-et-patata.

    Toutes ces idées sont nobles et légitimes mais quelle est l’utilité de les publier dans la presse ? A peu près nulle sinon de vendre un peu de papier dans les kiosques, quelques clics sur les médias sociaux et du temps d’antenne sur les plateaux mondains car les journalistes, comme toujours, adorent se jeter sur ces combats de basse-cour.

    Il faut que Martine Aubry et les siens se comptent, au sein du parti socialiste pour commencer, puis sur les bancs du parlement pour finir. Ils doivent présenter des motions au congrès du PS, des candidats aux primaires s’il y en a, et un programme de gouvernement aux électeurs. Ils verront bien après ce travail s’ils ont des citoyens derrière eux. Ce n’est pas dans Le Monde qu’ils feront notablement avancer leurs idées.

    Rappelons la haine politique que Martine Aubry voue au premier ministre Manuel Valls qui nous avait valu cette exceptionnelle lettre signée par elle en 2009 en tant que chef du parti socialiste où elle recommandait à l’impétrant de démissionner du parti. Il faut la relire car c’est une vraie leçon de morale et de socialisme à celui qui est devenu premier ministre et essaye de moderniser la gauche française contre les vieilles lunes du socialisme français : cliquez ici pour la lettre et sa réponse.

    Accessoirement, on constate que Mme. Aubry continue à ses teindre les cheveux, ce qui lui fait au moins un point commun avec le président de la République. Ils se retrouvent tous deux sur le terrain de ceux qui n’assument pas leur âge et cherchent à maquiller la réalité.

  • L’agriculture face au libéralisme

    Le monde rural français est en émoi devant la baisse des prix internationaux de ses productions. Des paysans manifestent, déversent des tonnes de purin devant les préfectures, bloquent les routes et les supermarchés en appelant au soutien des prix, c’est-à-dire la générosité des contribuables et des consommateurs, nationaux ou européens.

    Soudainement on n’entend plus les parangons du libéralisme échevelé, les ayatollahs du libre marché, les Guillaume Roquette de pacotille qui a longueur de journaux (subventionnés par les contribuables) vantent les mérites de Monsieur le Marché pour réguler nos vies enfermées dans l’étatisme de la « gauche laxiste ». Ceux-là en appellent à « prendre des mesures drastiques » ou à « envoyer des signaux forts » sans plus de précisions…

    La vérité c’est que nous sommes en surproduction agricole ce qui amène très logiquement Monsieur le Marché à ajuster ce déséquilibre en poussant les prix à la baisse. C’est ce qu’on appelle le principe de « l’offre et la demande », un concept assez élémentaire mais qu’il conviendrait de ne pas utiliser uniquement lorsque cela arrange des positions politiciennes et en dérange d’autres. La baisse des prix pousse en dehors du marché les producteurs qui ne peuvent pas aligner leurs coûts sur ceux des voisins.

    On peut considérer que l’agriculture doit sortir des fourches caudines de Monsieur le Marché mais à ce moment-là il faut accepter de faire payer le consommateur ou le contribuable, ou les deux plus probablement. Il faudra aussi accepter de ne plus (ou de moins) exporter car une production subventionnée jouerait une concurrence déloyale face à celle de Monsieur le Marché. Soit les prix sont libres et fruit de la confrontation de l’offre avec la demande, soit ils sont administrés. C’est un choix de société que là encore le monde politique et médiatique s’honorerait à poser un peu plus clairement devant les citoyens.

    A court terme c’est le contribuable français qui paye pour subventionner le manque de compétitivité d’une partie de la production agricole française et débloquer provisoirement la situation. En réduisant les charges sociales des agriculteurs sans baisser les prestations dont ils bénéficient, on fait donc payer ces dernières par les autres. C’est le jeu de bonneteau budgétaire favori de la République, depuis des années…

  • Le monopole des taxis et le contribuable

    Les taxis classiques bloquent de nouveau la circulation dans les grandes villes pour manifester leur colère contre l’arrivée de la concurrence dans le monopole dont ils bénéficient. Celui-ci est organisé par la loi qui conditionne l’exercice de leur profession par la délivrance d’une licence par l’administration. Ils sont en principe ainsi protégés de la concurrence débridée et l’administration en ouvrant ou fermant le robinet des licences contrôle le secteur.

    La principale récrimination des chauffeurs est « le coût d’achat de leur licence ». En réalité ces licences sont délivrées gratuitement par l’administration et en nombre limité justement pour protéger le marché. Par contre les détenteurs de licence se les revendent entre eux et ont ainsi créé un marché secondaire en dehors de l’administration. Si un chauffeur paye une licence 200 000 EUR c’est qu’un autre chauffeur la lui vend 200 000 EUR, c’est un jeu à sommes nulles entre chauffeurs de taxi dans lequel l’administration ne touche rien. Création de valeur économique = 0, création d’emploi = 0, il y a juste un profit financier réalisé par le vendeur qui vend un actif plus cher qu’il ne l’a acheté ou, pire, qu’il ne l’a reçu gratuitement de l’administration.

    Aujourd’hui nous avons donc un secteur monopolistique, protégé par la délivrance de licences, qui a monétisé celles-ci et, en gros, se tourne vers le contribuable pour financer ses propres dérives et rembourser ceux qui se sont achetés des licences en enrichissant ceux qui les leur ont vendues… L’honnêteté intellectuelle devrait mener à faire annuler la vente des licences passées qui sont léonines. C’est évidemment impossible. Des solutions sont envisagées pour imposer une taxe aux nouveaux taxis arrivants qui permettrait d’indemniser progressivement ceux qui se sont faits escroquer par leurs petits camarades et ainsi laisser mourir de sa belle mort le système monopolistique des licences qui n’a plus lieu d’être.

    Les chauffeurs de taxis ont réussi l’exploit de créer un marché dans un secteur administré. Les capitalistes les plus libéraux en auraient rêvé, nos taxieurs l’ont fait ! Et qui plus est ils se plaignent des effets de leur créativité. C’est un peu comme si un restaurateur qui aurait acheté un fonds de commerce à un prix prohibitif se retourne ensuite vers les contribuables pour leur en demander le remboursement, ou fait bloquer toute concurrence autour de lui pour maintenir artificiellement la valeur de son fonds.

    Protégés par leur monopole les chauffeurs de taxi ont délivré des décennies durant une piètre qualité de service pour des prix élevés et leur capacité de nuisance importante n’a pas permis de libéraliser le secteur. Il faut en sortir et pour ce faire il va falloir payer puisque les chauffeurs se sont partagé entre eux la rente de leur commerce. Il serait heureux que ce coût hélas incontournable soit pris en charge d’une façon ou d’une autre par les consommateurs de taxis et non par les contribuables. Ce serait la solution la moins immorale bien que revenant à faire payer deux fois  les consommateurs : la première par les prix élevés depuis l’origine, la seconde par des prix taxés provisoirement de façon à pouvoir indemniser des chauffeurs qui se sont fait rouler par d’autres. Ce n’est pas idéal mais s’il faut en passer par là pour enfin casser le monopole ce sera un moindre mal.

  • Petits dérangements entre ennemis de la télévision

    Le monde des chaines d’information en continue gratuites s’émeut de l’autorisation donnée par l’Etat à LCI d’émettre sans abonnement sur ce marché détenu par BFM et iTélé et protégé de la concurrence par ce système de licences administrées.

    Comme dans la téléphonie les membres de l’oligopole actuel explique que ce marché protégé ne résistera pas à l’ouverture à la concurrence et à l’arrivée d’une troisième chaîne d’information en continu. On peut effectivement imaginer que le consommateur ne verra pas un grand intérêt à l’arrivée d’une troisième chaîne qui, grosso-modo, devrait diffuser les mêmes informations entre deux flashs de réclames.

    Eh bien, en application des principes de concurrence vantés à longueur d’antenne sur BFM notamment, Monsieur le Marché laissera survivre les chaînes qui le méritent !

  • Petits arrangements entre amis de la téléphonie

    La société Free est venue déranger le trio des trois fournisseurs de téléphone en France qui ronronnaient tranquillement en proposant grosso-modo les mêmes services aux mêmes tarifs. En 2010 Free a cassé les prix de façon significative et bouleversé la tranquillité des trois mastodontes Orange, SFR et Bouygues qui s’arrangeaient entre amis pour une gestion bien comprise leurs intérêts. Ils ont dû affronter ce que l’on appelle « la concurrence », un des principes clé de l’économie libérale, un concept qu’ils connaissaient assez peu, et baisser leurs prix et donc leurs profits.

    Depuis ils s’ingénient à récréer leur oligopole, expliquant très doctement que la concurrence est un très bon principe mais appliqué aux autres secteurs car dans le marché des télécommunications en France ne peut pas faire vivre plus de trois opérateurs.

    Depuis, les uns essayent de racheter les autres selon différents formats mais sans succès à ce jour. Dernier avatar, Orange est en train de négocier le rachat de Bouygues Télécom, l’objectif étant toujours de ramener de quatre à trois le nombre des opérateurs sur le marché afin que la concurrence soit moins douloureuse et que les prix aux consommateurs puissent enfin revenir dans des zones plus en rapport avec des taux de profit attendus par ces entreprises, dont Orange, toujours détenue à 14% par les contribuables.

    Ce n’est pas sans ironie que l’on voit ces mastodontes du CAC40 lutter s’insurger contre les effets de la concurrence et vouloir rétablir les mérites et avantages de l’oligopole ! Il faudra suivre avec attention l’effet sur les prix aux consommateurs de cette opération capitalistique entre amis.