Catégorie : Economie

  • Tapie à l’assaut des contribuables français

    CH_20130717_TapieBernard Tapie, affairiste bling-bling ayant récuré toutes les écuelles de la République, de la politique aux tribunaux de commerce, tour à tour entre deux faillites, ministre de gauche, porte-drapeau centriste et soutien de Sarkozy, multiple repris de justice et toujours mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » et « détournement de fonds publics » dans une sombre affaire d’arbitrage privé où l’impétrant reçu, notamment, plusieurs dizaines de millions pour « préjudice moral » [SIC], Bernard Tapie donc se remet en chasse de l’argent du contribuable français en réclamant 1 milliard d’euros à l’Etat plus les intérêts courus depuis 20 ans pour une sombre affaire d’escroquerie et de crédits impayés.

    La spécificité de ces affaires judiciaires à répétition est qu’elles se rapportent en majorité à un litige privé des affaires de Bernard Tapie contre le Crédit Lyonnais, une ancienne banque publique mal gérée que le contribuable français a dû sauver de la faillite en prenant à sa charge la masse des crédits douteux que son management avait bien imprudemment octroyés, notamment aux affaires Tapie. C’est donc le contribuable qui rembourse à la place des débiteurs douteux de l’ancien Crédit Lyonnais. Et c’est donc contre l’Etat et ses contribuables que Tapie s’attaque pour régler son litige.

    Comme souvent en France, les affairistes vantent les mérites de l’économie libérale et de la concurrence, mais chaque fois qu’ils affrontent une difficulté ils se tournent vers les contribuables pour plein de bonnes raisons. En principe le Crédit Lyonnais aurait dû être liquidé purement et simplement à l’époque, comme le fut Lehman Brothers en 2008. Le litige Tapie (et l’ensemble des créances impayées) se serait ainsi éteint de lui-même. Ce ne fut pas le cas et le risque a été transféré sur les contribuables qui se retrouvent donc 25 ans plus tard avec l’aigrefin Tapie lui réclamant en justice 1 milliard d’euros.

    C’est l’illustration, onéreuse, des contradictions françaises : copinages politique-monde des affaires, déresponsabilisation de bon nombre de dirigeants d’entreprises et appel aux contribuables en bout de course pour suppléer les incompétences, voire les escroqueries, ce tout petit monde.

  • La Grèce fait la manche

    CH_20150624_GreceLa Grèce n’a plus de sous pour rembourser ses échéances. L’Union européenne (c’est-à-dire ses contribuables) est prête à débloquer de nouveaux prêts en faveur de ce pays sous réserve d’appliquer de nouvelles mesures de rigueur, en gros ramener leurs dépenses au niveau de leurs recettes sur une durée limitée. Le gouvernement grec qui a été élu sur le thème « demain on rase gratis et on fait annuler notre dette » se retrouve face à la réalité.

    Il a beau clamer (avec une partie de la gauche française) que « l’austérité » appliquée ces dernières années sous contrainte des créanciers a mené le pays au désastre et à l’explosion de sa dette, la vraie question à poser serait de savoir ce que serait devenu la Grèce sans ce programme de prêts consentis par les contribuables européens. Il est plus que probable que l’ajustement aurait été encore plus violent.

    La Grèce comme nombre de pays européens, la France y compris, vit au-dessus de ses moyens depuis plusieurs années. L’objectif de ramener les dépenses au niveau des recettes a forcément comme conséquence de faire baisser le niveau de vie du pays et de ses citoyens pour que le pays revienne à vivre… au niveau de ses moyens. La seule alternative est de trouver de généreux contributeurs prêts à financer les déficits. C’est encore le cas de la France, de façon plutôt inattendue, c’est n’est plus la situation de la Grèce.

  • George Susan, ‘Les usurpateurs (Comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir)’.

    Sortie : 2014, Chez : Seuil. Susan George, présidente d’honneur du mouvement altermondialiste « Attac-France », franco-américaine expliquent comment un pouvoir non démocratique, celui des entreprises transnationales, non élu, prend le pas sur le pouvoir élu. C’est le jeu du lobbying effréné de ces intérêts privés, c’est la prééminence de la puissance économique sur le politique, c’est une vieille histoire, hélas…
    Par des des exemples précis comme celui du traité de libre-échange en cours de négociation (plus ou moins opaque) entre l’Union européenne et les Etats-Unis où le point d’achoppement majeur réside sur le pouvoir que l’on voudrait donner au secteur économique d’attaquer les Etats devant des chambres arbitrales privées si leurs décisions nuisaient aux intérêts des entreprises.
    C’est encore le pouvoir diffus pris par le forum de Davos qui déploie son influence et ses pressions sur les pouvoir étatiques pour orienter leurs décisions.
    L’aboutissement ultime du libéralisme serait que l’Etat soit considéré comme un tiers comme un autre dans le jeu économique. Nous n’en sommes pas encore là mais la frontière peut être parfois ténue entre lobbying et intérêts malsains. La puissance économique et financière si elle était seule juge tournerait rapidement à la dictature. Les Etats (si possible démocratiques) sont en principe en place pour assurer que l’intérêt général des citoyens est placé au-dessus de tout. La tâche est rude et ils peinent de plus en plus à la réaliser.

  • Proglio (66 ans) s’énerve

    Henri Proglio, ex-pédégé de Veolia, ex-pédégé d’EDF, multi-administrateur de toute une palanquée de groupes du CAC40 et d’ailleurs, est un habitué des polémiques. Il avait fait les grands titres lors de sa nomination comme pédégé EDF en 2009 en voulant garder un poste non-exécutif chez Veolia (et la rémunération allant avec) avant finalement d’être obligé d’y renoncer sous l’étonnement même de ses pairs qui voyaient mal comment justifier une telle exigence. Il avait ensuite été soupçonné de connivences lorsqu’EDF avait subventionné le spectacle de sa femme, une comédienne-comique. Plus fondamentalement il avait animé un combat terrible contre la pédégère d’Areva, cherchant à régler des comptes personnels sur le dos de la filière électronucléaire française qui en a souffert.

    Toujours à la tête d’EDF il avait accepté sans broncher la baisse de son salaire lorsque le gouvernement socialiste en 2012 avait limité celui-ci à 450 000,00 EUR pour les patrons d’entreprises publiques.
    Henri Proglio était supposé être désigné cette semaine président non-exécutif de Thales, un groupe d’électronique majoritairement centré sur la défense, détenu à 27% par les contribuables représentés par l’Etat, 26% par l’avionneur Dassault, lui aussi plutôt tourné vers l’armement. Pour ce faire l’Etat lui a demandé de démissionner des mandats de conseiller et administrateur qu’il détient dans des groupes russes, publics et privés, liées à l’industrie nucléaire. Agacé, le garçon accuse l’Etat de se comporter comme un hedge fund. Il refuse de se plier à cette exigence d’un de ses actionnaires et, finalement, renonce à ce poste.

    Nous sommes en économie libérale. L’actionnaire est roi. M. Proglio devrait le savoir, qu’il s’agisse du secteur public ou privé, l’actionnaire décide et le salarié ou mandataire social s’exécute. C’est ainsi. Henri Proglio a 66 ans, l’âge de la retraite, voilà suffisamment longtemps qu’il dirige des entreprises du capitalisme français, il n’a pas démérité mais il est temps qu’il laisse la place aux plus jeunes qui sont légion. Shootez sur un lampadaire de l’avenue Marceau et il tombera un chapelet de candidats tout aussi compétents et moins colériques.

  • Cynisme et faux-jetonnerie dans l’administration

    La patronne de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) Agnès Saal est poussée à démissionner après que la presse eut révélé qu’elle avait fait dépenser plus de 40 000 euros en frais de taxi sur 10 mois alors qu’elle dispose d’un véhicule de fonction avec chauffeur. Sur cette somme faramineuse, son fiston aurait bénéficié de 7 000 euros en émargeant sur l’abonnement de sa mère. On se demande comment il est possible de dépenser 40 000 euros de taxi en dix mois ?

    La pédégère a été dénoncée par lettre anonyme adressée aux administrateurs. Il semble qu’il a fallu un peu d’énergie et de temps à sa ministre de tutelle pour lui faire comprendre qu’elle devait rembourser et démissionner.

  • Cynisme et faux-jetonnerie au CAC40 (2)

    En application du principe anglo-saxon « say and pay », de plus en plus d’assemblés générales d’actionnaires de sociétés du CAC40 ont à se prononcer sur la rémunération payée aux dirigeants des sociétés qu’ils détiennent. Les résolutions proposées au vote des actionnaires le sont le plus souvent à titre consultatif mais ont au moins le mérite d’offrir une relative transparence, toute relative car les schémas de rémunération de ces dirigeants sont le plus souvent parfaitement incompréhensibles pour l’actionnaire moyen. Elle s’accompagne le plus souvent de « retraites chapeaux » qui s’assimilent à des rémunérations à vie versées jusqu’au décès. L’unité de compte est le million d’euros et les mieux payés culminent à une petite dizaine par an, ce qui est plutôt en dessous de leurs collègues anglo-saxons. Ces rémunérations sont évidemment inutiles, clairement excessives et bien sûr imméritées. Ce sont néanmoins les pratiques qui gouvernent aujourd’hui notre économie libérale.

    Dans le secteur public, les rémunérations ont été plafonnées à 450 000 EUR par an depuis l’arrivée au pouvoir de la majorité actuelle et aucun des patrons concernés n’a démissionné ! L’aurait-il fait, qu’en shootant sur un platane de l’avenue Marceau, des candidats pour les remplacer seraient tombés somme des fruits mûrs.

    D’année en année les assemblées générales du CAC40 approuvent ces résolutions mais avec un pourcentage de plus en plus faible, de l’ordre de 60% cette année. Il sera intéressant de voir ce qui se passera lorsqu’elles emporteront moins de 50%. Consultatives, elles ne s’imposeront pas aux dirigeants mais il leur sera délicat de ne pas en tenir compte du tout, à moins qu’ils les suppriment carrément !

    En fait, généralement les gros actionnaires n’ont pas d’état d’âme pour payer les dirigeants du moment que ceux-ci « créent de la valeur », c’est-à-dire, traduit en français : « font monter le cours de l’action et versent des dividendes ». Ce sont les actionnaires individuels qui s’opposent aux rémunérations indécentes. Le fait que ces résolutions emportent de moins en moins de suffrage semble indiquer que des individuels seraient renforcés par des institutionnels !

    L’Etat français en tout cas vote toujours contre les rémunérations excessives dans les sociétés où il est actionnaire (Renault, Air France, etc.)

  • Cynisme et faux-jetonnerie au CAC40 (1)

    Le CAC40 semble s’émouvoir de ce que l’Etat fait valoir son droit à vote double pour les actions qu’il détient chez Renault. Les parangons de l’égalité entre actionnaires arguent que la position de l’Etat français fausse cette égalité et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. Ils oublient bien sûr de préciser que ce système existe depuis bien longtemps et que nombre de compagnies, cotées ou pas en bourse, en usent sans trop d’états d’âme pour favoriser certains actionnaires au détriment des autres.

    Pour faire passer sa demande et contrer une résolution s’y opposant en assemblée générale, l’Etat a acheté sur le marché pour plus d’un milliard d’euros d’actions qu’il refourguera après l’assemblée générale. Le plus amusant c’est qu’au moment où l’Etat va se faire attribuer des votes doubles sous la critique, Vincent Bolloré, capitaine d’industrie, pas vraiment un collectiviste, fait de même pour assurer son pouvoir chez Vivendi mais la critique est plus silencieuse à son égard.

    Ainsi va la dure vie au cœur du CAC40 où la vie n’est pas un long chemin semé de roses.

  • L’actualité des banques

    Goldman-Sachs_SucksDeutsche Bank est condamnée à régler une amende de 2,3 milliards d’euros aux autorités financières américaines et britanniques pour avoir manipulé les taux d’intérêt interbancaires Libor et Euribor. Il a été avéré que cette banque a sciemment, et plusieurs années durant, communiqué aux autorités de régulations de fausses informations sur les taux réels qu’elle payait ou recevait avec les autres banques, amenant ainsi à fausser les taux officiels publiés au mieux de ses intérêts.

    Une fois encore on constate que livrées à elles-mêmes les entreprises, derrière leurs beaux discours sur le libéralisme, n’ont qu’une idée en tête : ne surtout pas laisser jouer la libre concurrence qui les poussent à se remettre en cause de façon permanente. Que ce soit dans un contexte d’économie socialiste ou capitaliste, vous laissez deux entreprises sans surveillance et la première chose qu’elles cherchent à faire est de s’entendre pour se partager ou manipuler le marché.

  • La France cherche à augmenter ses dépenses publiques

    Toujours à la recherche de dépenses nouvelles, la France veut une nouvelle fois organiser des jeux olympiques, cette fois-ci en 2024, et qui plus est à Paris. En avant pour quelques milliards supplémentaires de dépenses improductives !

  • La Grèce fait la manche, finalement…

    La Grèce n’a plus de sous et revient lentement à la réalité. On ne peut pas taper indéfiniment sur la main qui signe le chèque, c’est un vieux principe de la finance internationale. En l’occurrence pour sa fin de mois de mars le Trésor grec a besoin des fonds de l’aide européenne et pour ce faire, son gouvernement signe une lettre d’engagements de six pages dans laquelle il ravale ses annonces démagogiques et non financées pour accepter de lister les réformes nécessaires à la poursuite du redressement grec. Grosso-modo, il change l’ordre desdites réformes tel qu’il avait été établi par le précédent gouvernement. Il s’agit surtout de fiscalité car il est difficile de faire vivre un Etat sans recette. L’augmentation du salaire minimum est évoquée mais sans trop de détail ni d’annonce chiffrée.

    Tout le monde sauve l’honneur pour le moment, le contribuable européen paye et on repousse la cessation des paiements de quelques mois. D’ici là, on se retrouvera entre gens raisonnables et on essaiera de faire avancer le sujet avec un peu plus de sérieux et moins de lumière médiatique.

  • La France vend des armes

    La France fanfaronne après la signature d’un contrat de vente des avions de combat Rafale de la firme privée Dassault. Il en y en aurait 24, plus une frégate et quelques cerises sur ce gâteau détonnant qui s’élèverait à 5 milliards d’euros et quelques.

    La France vend des armes, on aimerait bien s’en passer mais c’est une des composantes de son industrie et de son commerce extérieur. Idéalement il faudrait ne commercer ces produits guerriers qu’avec de vrais amis pour éviter de les voir un jour se retourner contre les vendeurs… L’Egypte n’est sans doute pas à classer dans la catégorie des vrais amis, elle est par contre clairement dans celle des acheteurs aux poches percées et il est malheureusement plus que probable que ce contrat ne sera jamais intégralement payé par l’Egypte mais plutôt, un jour ou l’autre, par les contribuables français.

    C’est une sorte de subvention des contribuables à l’avionneur Dassault. Ce n’est pas plus idiot que de financer des emplois aidés dans les banlieues mais cela mériterait un peu plus de transparence vis-à-vis des citoyens. On s’étonne d’ailleurs que très peu d’analystes soulignent le risque de non-paiement de l’Egypte !

  • La banque HSBC impliquée dans une fraude fiscale à grande échelle

    Goldman-Sachs_Sucks
    L’actualité des banques

    Des journaux internationaux exploitent plus avant les listings informatiques volés par un ex-employé de la banque HSBC-Suisse, et remis depuis à la justice française qui enquête. Des milliers de noms de citoyens y figureraient (dont 3 000 de nationalité française) qui auraient déposés des fonds dans cet établissement en 2006 et 2007 pour échapper à leurs impôts nationaux.

    Le Monde démonte les mécanismes de la fraude : des banques sans foi ni loi dans un monde libéralisé et mondialisé, un pays qui prospère sur le secret bancaire et la captation de fonds détournés par des dictateurs mafieux ou des citoyens ayant oublié l’honneur, la perte du sens de l’intérêt général au profit de la rapacité individuelle… ainsi va la vie.

     

  • La banque centrale européenne suspend des financements aux banques grecques

    La banque centrale européenne a dans son rôle de consentir des avances de trésorerie à des banques éligibles, contre remise de garanties. En gros, une banque commerciale qui a besoin de fonds va déposer des titres de créance à Frankfurt et recevoir une somme équivalente jusqu’à l’échéance de ces titres. Ce sont parfois des titres de dette publique. C’est un peu comme à la maison quand vous recevez un découvert de la banque en nantissant des actifs.

    Le nouveau pouvoir grec clamant partout qu’il ne veut pas rembourser tout ou partie de ses dettes et qu’il refuse le plan d’aide de l’Union européenne, la banque centrale a considéré que les titres grecs étaient devenus risqués et ne pouvaient plus être acceptés en garantie des avances de trésorerie demandées par les banques grecques.

    C’est une mesure technique, normale et avisée. Si les pays créanciers de la Grèce (c’est-à-dire les contribuables communautaires) veulent annuler la dette grecque, ils doivent le faire en faisant payer des impôts auxdits contribuables, pas en créant de la monnaie, en contradiction avec les traités européens votés démocratiquement par tous.

    L’annulation de dette doit être douloureuse pour quelqu’un, le débiteur ou le créancier, il n’y a pas d’autre issue !

  • Hystérie financière etc.

    Messieurs les marchés financiers font encore preuve de leur habituelle sérénité et de leur subtile vision du futur. Craignant l’arrivée au pouvoir en Grèce du parti de gauche Syrisa qui affiche clairement sa défiance à l’encontre du plan d’ajustement structurel de leur pays, ils massacrent tous les marchés financiers mondiaux qui s’effondrent.

    La victoire électorale de ce parti impliquerait clairement une renégociation rapide de la dette, ce qui n’est pas une surprise puisque depuis la première restructuration de la dette grecque on savait qu’une deuxième serait inévitable, voire une troisième et les suivantes. Il semble que Messieurs les Marchés financiers l’ignoraient. Il va falloir qu’ils améliorent leurs circuits d’information et prennent un abonnement au Parisien ou à Ouest-France.

    D’ailleurs, même si ce parti Syrisa n’arrive pas au pouvoir fin janvier, il faudra abandonner une partie de cette dette qui ne pourra pas être remboursée. La première restructuration de 2011 s’était traduite par l’abandon d’environ 100 milliards d’euros par les banques privées, c’est-à-dire, finalement payée par les clients et actionnaires des banques. De nouveaux prêts avaient alors été octroyés par les autres Etats européens, c’est-à-dire par les contribuables communautaires. Cette nouvelle restructuration va maintenant amener les Etats à abandonner une partie de leurs créances, c’est-à-dire que les contribuables non grecques vont faire cadeau aux citoyens grecs de la partie de ces prêts qui devra être annulée. Une solidarité financière qui ne va pas être bien facile à faire admettre aux électeurs concernés.

    Quand à Messieurs les marchés financiers le conseil est qu’ils fassent preuve d’un peu plus de self-control. Il y a 95% de chances que cette renégociation se passe entre gens intelligents et de bonne compagnie pour aboutir à un résultat satisfaisant. Evidemment cette annulation de dette se traduira par un appauvrissement européen de ce montant qui aura été vainement prêté mais pas complètement dépensé en pure perte puisque cet argent a fait tourner l’économie grecque, mais au lieu de continuer à tourner, il aura été dépensé une fois et le processus s’arrêtera là.

  • Le cartel des shampouineurs

    Dans une décision de 313 pages, l’autorité de la concurrence française condamne treize entreprises de cosmétiques à une amende totale d’un milliard d’euros pour entente illicite sur les prix des produits d’entretien et d’hygiène. Certaines des entreprises concernées contestent le montant de l’amende mais admettent implicitement l’entente illicite. D’autres comme L’Oréal, la plus lourdement condamnée (189 millions d’EUR), poussent des cris d’orfraie et contestent tout :

    Clichy – 18 December 2014 – L’Oréal has been informed of the French Competition Authority’s decision to rule against manufacturers of household and hygiene products concerning events which took place in the early 2000s.

    L’Oréal refutes accusations of anticompetitive activity with its competitors, and regrets that the French Competition Authority did not take into account the highly competitive French market in hygiene products as illustrated by the number of manufacturers and retailers present on the market, the large choice of products available to consumers, and the degree of innovation and number of launches.

    L’Oréal is extremely surprised by this decision and the amount of the fine which are totally out of proportion.

    L’Oréal is totally committed to respecting antitrust laws.

    L’Oréal will appeal this decision.

    Le plus comique est que ce cartel de shampouineurs a été dénoncé par certains de ses propres membres en échange de leur immunité, notamment Colgate-Palmolive et SC Johnson.

    Dans le même genre nous avions eu un cartel des vitamines dans l’industrie pharmaceutique dans les années 90 coupable de faits similaires et également condamné, cette fois-ci par les autorités antitrust européennes.

    La réalité c’est que malgré les dogmes libéraux défendus par Guillaume Roquette (patron du FigMag), dès qu’on laisse deux entreprises la bride au cou, la première chose qu’elles cherchent à faire est de s’entendre pour ne pas se faire concurrence l’une l’autre, et prospérer sur le dos de leurs clients. C’est ainsi et c’est toute la grandeur de l’Etat de faire vivre des cadres juridiques qui forcent les entreprises à se faire véritablement concurrence.

    Eh non Monsieur Roquette, la libre-concurrence n’est hélas pas la tendance naturelle des entreprises dans notre pauvre monde. Il faut ouvrir les yeux sur cette dure réalité !

  • Citoyens à courte vue

    Une réaction de plus en plus entendue dans les dîners en ville et au Café du commerce : les taux d’intérêt de la dette publique française sont si bas qu’il ne faut pas se priver de s’endetter. Dans ces conditions ces citoyens à courte vue se demandent si la dette publique est un véritable problème et s’il est vraiment nécessaire de réduire les déficits de la République. Ce type de raisonnement est largement soutenu par les Mélanchon, Montebourg et autres ayatollahs de la dépense.

    Il est certes agréable de s’entendre dire que l’on peut continuer à dépenser sans limite, mais il est étonnant que ce discours reniant les basiques de l’économie rencontre un tel écho auprès de citoyens qui appliquent ces mêmes basiques à la gestion de leur budget personnel.

    La note de la dette française a été de nouveau dégradée aujourd’hui par l’agence de notation Fitch. Elle l’avait déjà été par d’autres agences ces derniers mois, sans effet significatif sur les taux d’intérêt. On ne sait si ce nouveau bonnet d’âne entraînera une augmentation des taux, mais de toute façon, il va bien arriver un jour où les prêteurs exigeront plus de rémunération de leurs prêts à la France. Ce semble être, hélas, le seul moyen pour que la République comprenne son surendettement est un poids pour l’avenir et non une gloire.

  • Les corporatistes dans la rue

    Notaires-propagande_201409Notaires-propagande_201411La corporation protégée des notaires continue à inonder la presse de placards publicitaires pour justifier leur revendication de ne pas toucher à leur profession. Il convient de la pas avoir de réponse a priori sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire avec les professions protégées : notaires, pharmaciens ou autres. Par contre expliquer par presse interposée qu’il faut surtout ne rien changer n’est pas un comportement positif ni opérationnel. Cela ne fait qu’attiser les discussions de Café du commerce de Mme. Michu.

    Des gens intelligents et bien éduqués (comme les notaires) doivent pouvoir se réunir autour d’une table avec les représentant de l’Etat et des consommateurs pour voir s’il y besoin, ou pas, de faire évoluer le statut d’une profession. C’est ce qu’on appelle un comportement démocratique. Mais c’est surtout une méthode efficace.

    L’économie libérale chère à Guillaume Roquette sera sans doute pour le démantèlement des protections dont bénéficient ces professions. Il faut surtout ne pas avoir de position idéologique sur le sujet mais juste l’espérance que les responsables en charge de ces dossiers mesurent le pour, le contre, ainsi que les coûts pour le contribuable, et ensuite décident. C’est ce qu’on appelle un comportement responsable. Nous faisons ça en entreprise tous les matins en arrivant au bureau… Ce n’est pas si compliqué.

    Hélas, c’est rarement la méthode employée dans notre République par ses citoyens !

  • Escroquerie luxembourgeoise

    Jean-Claude Junker, élu récemment président de la commission européenne après avoir été premier ministre du Luxembourg, premier paradis fiscal européen et dans le Top 10 mondial, explique comment le Luxembourg, membre de l’Union européenne a diversifié son économie en détournant depuis des années la base fiscale de ses voisins sur une échelle considérable. A la question : 

    « Agiriez-vous de même si vous aviez la possibilité de revenir en arrière »

    il répond :

    « Oui, j’aurais fait la même chose, il fallait diversifier notre économie, nous n’avions pas d’autre choix. Mais j’aurais examiné avec plus d’attention ces « tax rulings », j’aurais changé la loi pour que le ministre des finances puisse en être informé. Ce que la loi luxembourgeoise ne permet pas. »

    On ne peut pas dire que le garçon éprouve trop de remords pour avoir mené l’une des plus efficaces opérations de détournement de fonds légales de l’histoire du capitalisme. Le Luxembourg est à l’origine d’une partie des déficits des finances publiques des autres pays qui cohabitent avec lui dans l’Union européenne. Inertie et marchandage sont les deux mamelles du fonctionnement de cette Union qui n’a pas su mettre fin à cette situation d’autant plus ubuesque qu’elle concerne un pays lilliputien qui a su utiliser toutes les ficelles de la bureaucratie pour empêcher que les pays victimes ne mettent fin à cette gigantesque escroquerie d’Etat. Et pour aller au bout de l’absurde, Junker a même réussi à se faire élire président de la Commission européenne, c’est un comble.

  • Le Japon en difficulté

    On devrait s’intéresser d’un peu plus près à la situation actuelle du Japon. Depuis l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement conservateur en 2012, le premier ministre Shinzo Abe met en œuvre les fameux abenomics qui consistent en gros à relancer la dépense publique et la création monétaire. Pour légèrement caricaturer cette politique, on pourrait la comparer à celle appliquée en France en 1981 après l’arrivée au pouvoir d’une majorité socialiste.

    A ce jour, les résultats économiques attendus de cette politique de relance ne sont pas là dans un Japon encore rongé par la catastrophe de Fukushima dont les conséquences écologiques et économiques sont encore loin d’avoir été complètement évaluées. L’économie est en quasi récession, la dette publique explose à 230% du PIB, les impôts augmentent, le reprise économique n’est pas au rendez-vous, etc.

    Il faut sans doute laisser encore un peu de temps à l’expérience abenomics mais par quel bout que l’on prenne l’économie, lorsque l’on a trop dépensé par rapport à ses revenus, vient le moment où il faut réduire ses dépenses et sa dette, ce qui se traduit inévitablement par une baisse temporaire (espère-t-on) du niveau de vie médian. Vivre au-dessus de ses moyens est, par construction, une situation qui ne peut pas durer éternellement.

  • L’actualité des banques

    Goldman-Sachs_SucksLes trois plus hauts dirigeants de BNP-Paribas font l’objet d’une enquête préliminaire pour soupçons de délits d’initiés : ils auraient vendu de gros paquets de leurs actions dans la banque, pour plusieurs millions d’euros, alors qu’ils étaient en négociation avec les autorités américaines sur le montant de l’amende à payer par BNP-Paribas qui avait violé l’embargo américain contre Cuba, le Soudan et l’Iran, détenant ainsi des informations privilégiées sur le fait que le cours de l’action BNP allait bientôt chuter. Cela n’a pas l’air très très brillant.