Catégorie : Economie

  • Hambourg renonce aux Jeux-Olympiques de 2022

    Après Boston c’est maintenant Hambourg qui retire sa candidature aux jeux olympiques d’été de 2022. La ville allemande a organisé un référendum et la sage population de cette ville a estimé qu’il fallait mieux consacrer ses sous à des choses plus utiles que des compétitions de sport. Le maire de Boston avait renoncé quand le comité olympique international avait demandé à sa ville une garantie qu’elle prendrait en charge tout dépassement de dépenses sur le budget.

    La ville de Paris reste candidate pour ces jeux et sa maire s’évertue à essayer d’éviter un référendum dont elle craint un éventuel résultat négatif. La France dont on connait la mauvaise gestion de ses finances publiques continue à se singulariser face à Boston et Hambourg, hélas !

    La démesure financière de ces jeux du cirque, olympiques ou fouteballistiques, n’est plus à démontrer. Les budgets sont systématiquement dépassés et les impacts favorables tout aussi systématiquement surestimés. Mais la comédie continue. Ces villes rebelles seraient bien inspirées d’engager un combat pour les jeux modestes. Paris serait bien sûr contre, toujours à l’affut de plus de dépenses publiques.

  • Bercy change de nom

    Entendu au Café du commerce :

    Le POPB s’appelle désormais Accor Hotel  Arena ! Demain va-t-on vendre aussi l’Arc de triomphe ?

    Cette émotion fait suite à la location du nom de cette arène à un marchand, en l’occurrence la chaîne hôtelière Accor. C’est une pratique désormais assez courante de confier à Monsieur le Marché le co-financement de ce type de lieux ou d’évènements mondains que s’empressent de louer des marques. Par exemple on ne dit plus le concours de saut d’obstacles de Paris, mais le Saut Hermès ; on ne dit plus le trophée de champions de golf mais le Trophée Lancôme, et il y a bien d’autres exemples de ce type.

    Alors à la question technique sur la vente de l’Arc de Triomphe la réponse est évidemment positive : oui le propriétaire (l’Etat ou la municipalité) de ce monument peut en vendre le nom à une marque. Politiquement c’est peu probable à court terme mais qui sait si un jour l’état des finances publiques ne poussera pas à regarder de plus près cette éventualité.

    On se souvient que l’Hôtel de la Marine sur la place de la Concorde devait être transformé en galeries marchandes après le départ du ministère du même nom vers le complexe militaire récemment inauguré dans le XVème arrondissement de Paris. Cette éventualité a également provoqué quelques levées de bouclier bien que le bâtiment ne devait pas être vendu mais simplement loué à bail ce qui revenait à en transférer les coûts d’entretien sur le secteur privé. Finalement le projet a été abandonné et l’Hôtel de la Marine continuera à être entretenu par les contribuables et non pas par le secteur privé (les consommateurs).

    Contradiction française permanente jamais résolue : ce sont souvent les mêmes qui se plaignent de payer des impôts qui veulent malgré tout continuer à payer l’entretien d’actifs non utilisés de l’Etat. Il peut parfois être acrobatique d’être libéral pour la baisse des impôts et étatiste pour le maintien des bijoux de famille dans le patrimoine national !

  • Les mathématiques et la fiscalité

    Nombre de citoyens et d’élus se sont récemment émus de ce que des mesures fiscales, prises en 2008 qui remettait en cause la demi-part des parents isolés lorsqu’ils n’avaient pas élevé un enfant seul pendant au moins 5 ans, devaient faire sortir de niches fiscales un certain nombre de contribuables qui y étaient installés. Les situations les plus décriées concernent des contribuables âgés qui sont devenus éligibles aux impôts locaux alors qu’ils en étaient auparavant exonérés, cette situation étant non pas provoquées par une augmentation substantielle de leurs revenus mais par la baisse, voire la suppression, de leurs avantages fiscaux.

    Un dispositif a été inclus dans la loi de finances 2016 en cours de discussion parlementaire pour épargner ces primo-contribuables. En gros, on recrée les niches fiscales que l’on avait voulu faire disparaître. Les dépenses correspondantes seront financées par l’augmentation de la taxe sur le gazole. On transfère ce manque de recette (environ 400 millions d’euros par an) des contribuables qui rentrent à la niche vers les consommateurs de gazole qui sortent progressivement de la leur et qui vont donc payer plus. A défaut de savoir baisser les dépenses publiques, le parlement dans sa grande clairvoyance décidera au nom du Peuple français s’il est plus indiqué (moral ?) de faire payer les conducteurs de véhicules diesel plutôt que les personnes âgées à revenu modeste.

    Le cas d’une personne âgée à revenu modeste et détenteur d’un véhicule diesel n’est pas clairement envisagé. En fait si cette personne roule peu elle y gagnera mais y perdra si elle consomme beaucoup de gazole pour faire fonctionner sa voiture.

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    Le ressenti fiscal s’oppose souvent à la réalité mathématique. Par quelque bout que l’on prenne l’équation : diminuer des dépenses revient à… dépenser moins, ou, ce qui aboutit au même résultat en terme d’équilibre, supprimer des niches fiscales revient à… payer plus d’impôts pour ceux qui étaient à l’abri dans ces niches. Et tant que l’on ne sait pas comment réduire la dépense publique ces actions relèvent du jeu de bonneteau qui permet de transférer la charge d’une catégorie de contribuables vers les autres. Cette évidence mathématique est mal comprise par nos dirigeants et peu expliquée par les experts économiques de plateaux télévisés. Elle devrait pourtant constituer l’alpha et l’oméga de toute politique fiscale.

  • Nouveau psychodrame fiscal

    Le gouvernement issu de la majorité précédente luttait déjà pour réduire les déficits des finances publiques et, entre deux augmentations des dépenses, érodait quelques-unes des multiples niches fiscales dont bénéficient contribuables. L’une d’elle consistait à faire bénéficier pour leur vie durant les « parents isolés » c’est-à-dire les pères ou mères ayant élevé un ou des enfants seuls. Le bénéfice à vie de cet avantage fiscal a été discuté au-delà de la période d’éducation des enfants et le parlement dans sa grande clairvoyance a jugé utile de fermer cette niche en 2010 avec effet progressif afin d’en lisser les effets sur les revenus nets.

    L’impact plein de cette mesure porte sur 2015 et aboutit à faire payer plus d’impôt aux parents isolés. L’une des conséquences est que du coup leur revenu fiscal de référence augmente et cela déclenche également la fermeture de l’accès à d’autres niches fiscales comme des exonérations de taxes d’habitation. Les corporations concernées se sont plaintes par la voix de leurs élus et de nouvelles mesures conservatoires sont prévues pour annuler les effets de ces fermetures de niches.

    C’est un vrai problème français : ni les citoyens ni les élus n’ont compris que « baisser les dépenses » revient à dépenser moins ou que « réduire les niches fiscales » aboutit à augmenter les impôts de ceux qui en bénéficiaient. Ces évidences méritent d’être mieux expliquées car il ne va pas être facile de réduire les déficits des finances publiques si les citoyens ne comprennent pas de quoi il s’agit. Evidemment les élus n’ont pas vraiment envie de dire que les avantages donnés aux uns sont donc payés par autres. Augmenter les dépenses ou baisser les impôts a le même effet sur l’équilibre des finances publiques, de même que réduire les dépenses ou accroître les impôts. Donner des avantages aux uns c’est faire payer les autres. C’est le b.a.-ba de la comptabilité publique qui devrait figurer en préambule de tout programme politique et constituer la moitié des explications données par les élus à leurs électeurs.

  • L’âge de la retraite repoussé en douceur

    Des syndicats patronaux et ouvriers se sont réunis au sujet du financement des années à venir pour les caisses de retraire complémentaires et sont convenus de repousser à 63 ans l’âge minimum à laquelle un salarié cotisant pourra faire valoir ses droits à une retraite pleine via un système de bonus-malus. C’est malin car l’âge minimum légal reste à 62 ans comme en a décidé la dernière réforme de 2010, mais probablement la majorité des personnes atteignant les 62 attendront en fait 63 pour partir afin de bénéficier de leurs retraites pleines, principale et complémentaires, ce qui évitera au parlement d’avoir à légiférer sur une réforme forcément impopulaire.

    Evidemment tous les syndicats n’ont pas approuvé la réforme mais trois d’entre eux ont signé aux côtés du syndicat patronal et cela suffit pour valider l’accord. Il s’agit de la CFDT, la CFTC et la CGE-PME. Cela montre qu’il ne faut pas « désespérer de Billancourt » et qu’entre gens intelligents et de bonne compagnie on peut arriver à réformer la France sans guillotiner les rois ! C’est une bonne nouvelle.

  • Un accord international pour contrer l’optimisation fiscale

    On a peu parlé du sujet en France mais il a son importance : 62 pays ont signé un accord pour lutter contre l’optimisation fiscale agressive baptisé BEPS (Base erosion and profit shifting). Il s’agit en gros de forcer les firmes multinationales à payer leurs impôts dans les pays où elles réalisent leurs activités. Cet accord a été approuvé par les ministres des finances du G20 en réunion à Lima le 09/20/2015 et doit être validé par les chefs d’Etats et de gouvernements de ce même G20 en novembre.

    C’est une première et un début de commencement d’une stratégie internationale pour tenter de limiter l’exubérante créativité des fiscalistes d’entreprise pour faire payer les impôts de leurs employeurs dans les pays les plus compétitifs dans ce domaine. La route sera longue et complexe avant de revenir à des pratiques plus décentes mais ce qui est intéressant dans cette affaire est la prise de conscience par des Etats, y compris les plus riches et les plus libéraux de la planète (Etats-Unis, Japon, Allemagne,…), que le ver est dans le fruit et qu’à force de surexploiter toutes les avantages du dumping fiscal international des entreprises globalisées en arrivent à assécher la base fiscale de leurs Etats d’origine dans des proportions jamais vues.

    « Les pratiques d’érosion de la base d’imposition et de transfert de bénéfices privent nos pays des ressources nécessaires pour relancer la croissance, surmonter les effets de la crise économique mondiale et offrir à tous de meilleures opportunités », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría. « Le G20 a reconnu que les stratégies de BEPS sapent la confiance des citoyens dans l’équité des systèmes fiscaux internationaux. C’est pourquoi l’OCDE a été invitée à préparer le plus important remaniement des règles fiscales internationales depuis près d’un siècle. L’enjeu consiste désormais à mettre en place les mesures prévues, afin de mettre en échec les dispositifs de planification fiscale qui utilisent des pratiques de BEPS et de créer un meilleur environnement pour les entreprises comme pour les citoyens », a ajouté M. Gurría.

    Les pratiques de BEPS induisent un manque à gagner pour les recettes publiques qui représenterait, selon des hypothèses prudentes, 100 à 240 milliards USD par an, soit entre 4 et 10 % des recettes issues de l’impôt sur les sociétés dans le monde. Ces pratiques pénalisent tout particulièrement les pays en développement, pour lesquels l’impôt sur les sociétés représente une part plus importante des recettes fiscales.

  • Des sous…

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    Le département du Val de Marne se paye des affiches pour réclamer ce que l’Etat « lui doit ». Comme toujours le syndrome français du découplage entre recettes et dépenses joue, dans les grandes largeurs puisqu’on a ici une collectivité locale qui réclame ses sous à l’Etat. Le contribuable départemental veut extorquer des sous dans la poche du contribuable national, souvent le même d’ailleurs qui se vide la gauche pour remplir la droite. Comme (trop) souvent le contribuable français râle et veut voir baisser les impôts mais augmenter les dépenses publiques.

    Tout le monde est d’accord pour baisser les dépenses mais surtout celles du voisin. Baisser les dépenses signifie que les dépenses vont… baisser ce qui ne semble pas très clair pour tout le monde, en tout cas pas pour le Val de Marne. La vérité c’est que l’Etat baisse ses dépenses notamment en diminuant ses subventions aux collectivités locales qui devraient en conséquence faire baisser leurs dépenses. Elles n’y arrivent pas pour toute une série de raisons bonnes ou mauvaises, alors elles augmentent les impôts locaux et leurs dettes. On se contente de pousser la misère sous le tapis.

  • Scandale chez Volkswagen

    Le constructeur automobile allemand Volkswagen (VW) est pris les doigts dans le pot de confiture : il a admis par la voix de son pédégé avoir équipé ses modèles à moteur diesel d’un logiciel permettant de masquer lors des contrôles techniques le véritable niveau d’émission de particules polluantes. Cela concerne pour le moment le marché américain mais aussi probablement le reste du monde.

    C’est un coup de tonnerre sur l’horizon bleu immaculé de la puissance industrielle allemande et une atteinte qui sera sans doute durable à la réputation de rigueur et d’intégrité germanique. Accessoirement Volkswagen pourrait ne pas s’en remettre compte tenu des coûts considérables que cette fraude va engendrer, amendes et rappel de véhicules, il y en a pour des dizaines de milliards d’euros.

    Ce qui prête à sourire dans cette affaire est qu’une nouvelle fois se confirme le fait que derrière les slogans sur la libre concurrence et les poncifs sur leurs valeurs, les entreprises lorsqu’elles sont laissées à elles-mêmes ne songent qu’à s’entendre entre elles sur le dos des consommateurs et à contourner les règles que fixent les Etats pour protéger leurs citoyens. Les exemples sont multiples, des cartels aux escroqueries financières.

    La réaction face à cette réalité blafarde n’est pas évidente, entre le libéralisme échevelé tablant sur le fait que les fraudeurs tomberont d’eux-mêmes (comme cela est en train de se passer avec VW), ou l’excès de règles et de contrôles qui poussent les entreprises à redoubler d’inventivité pour s’en arranger. A priori VW a tout de même été rattrapé par ces contrôles administratifs dont les résultats exagérément bons et de façon permanente ont fini par attirer l’attention. A moins qu’ils n’aient été dénoncés par les concurrents…

    On mesure enfin la vacuité des discours actuels sur l’environnement quand on constate que la mesure de la pollution automobile est laissée dans les mains des constructeurs dont certains choisissent de les manipuler…

  • Air France en chute libre

    Un comité d’entreprise où était annoncé un énième plan de restructuration de la compagnie aérienne Air France est envahi par du personnel en colère qui houspillent deux dirigeants qu’il faut évacuer protégés par la police et des syndicalistes loyaux. Les deux cadres terminent leur échappée avec leurs vêtements en lambeaux. Ces actions sont illégales et la justice passera.

    Bien entendu l’opposition fait les choux gras de cette affaire et en profite pour déclencher un conflit verbal franchouillard à défaut de pouvoir être intelligente et force de proposition pour une société que tous les pouvoirs ont laissé s’enfoncer.

    La vérité est que cette compagnie est à bout de souffle depuis des décennies et que personne n’est arrivé à la réformer pour l’adapter à son environnement mondialisé concurrentiel. D’un statut public à un statut privé avec participation de l’Etat, seule ou associée à d’autres compagnies, dirigées par des patrons nommés par la gauche, par la droite ou élus par un conseil d’administration, naviguant sous un gouvernement conservateur ou socialiste, Air France a toujours un train de retard et une faillite d’avance.

    Le contribuable français a dû mettre la main à la poche plus d’une fois pour voler au secours de cette compagnie au bord du dépôt de bilan. Ne fut-ce la générosité des contribuables français, Air France aurait dû fermer ou être vendue à la concurrence depuis longtemps. Le doute s’instaure de savoir si cette société commerciale est réformable ou pas dans son cadre actuel. Peut-être sa vente à une autre compagnie serait la seule solution pour mettre un coup de pied dans cette fourmilière d’intérêts croisés et malsains, de baronnies, de corporatismes, de mauvaise gestion, d’interventions étatiques inappropriées ou de concurrence mal affrontée. Malgré tout ses avions nous ont fait voyager, mais à quel coût pour les contribuables. Il apparaît que l’on arrive au bout du voyage.

    Le maintien d’un « pavillon français » dans le transport aérien n’est plus vraiment indispensable. L’essentiel est qu’un service de transport aérien soit offert au départ et à destination de l’hexagone. Des compagnies étrangères feront aussi bien le job. Elles le font d’ailleurs déjà en partie. Air France c’est un peu comme la SNCM, la faire tourner rond est à peu près impossible alors il est des cas où il vaut mieux tirer le rideau et passer à autre chose.

  • La France vend des armes

    Après avoir annulé la vente de deux navires porte-hélicoptères à la Russie pour cause du comportement impérial de Moscou en Ukraine, la France les vend à l’Egypte avec qui elle a déjà négocié des avions de combat Rafale. Evidemment ces transactions font un peu frémir et l’on craint que ces armes sophistiquées se retrouvant dans un Moyen-Orient très agité se retournent un jour contre nous…

    Idéalement il serait plus rassurant de vendre les armes françaises à de vrais amis, hélas les aléas du commerce de ce genre de produits font que la République vend aux clients qu’elle trouve pour assurer la survie de cette industrie sophistiquée. Accessoirement ces pays émergeants acheteurs s’acquittent rarement de 100% de leurs factures dont une partie est en réalité financée par les contribuables via des annulations de dettes aux pays acheteurs ou des subventions à l’industrie.

  • Les indemnités de départ du dégé d’Alcatel-Lucent

    Michel Combes est un garçon qui a une bonne cinquantaine d’années, polytechnicien et titulaire de quelques autres diplômes universitaires. Il a travaillé dans l‘administration, des entreprises publiques puis des sociétés privées du secteur des télécommunications pour finalement prendre la direction du groupe Alcatel-Lucent en 2013 pour deux ans et demi. Il y dirigera les sévères restructurations nécessaires à cette entreprise à la dérive depuis plusieurs années pour abouti à la vente de la compagnie à Nokia. Depuis le 1er septembre il a pris des fonctions de direction au sein du groupe Altice. Il semble avoir plutôt bien réussi dans les positions qu’il a occupées.

    Le conseil d’administration d’Alcatel-Lucent a voté un bonus pour son départ comportant différents éléments qui valorisés aux cours d’aujourd’hui avoisinent les 14 millions d’euros à verser sur plusieurs années, sachant qu’en fonction de l’évolution des cours sur la période de paiement la somme finale à la fin de l’histoire peut être supérieure ou inférieure.

    Celle-ci une fois publiée dans la presse a créé un peu d’émotion : 14 millions d’euros en bonus de départ, pour deux années et demie de direction, qui s’additionnent à une retraite chapeau de 50 000 EUR/an lorsqu’il prendra sa retraite. Le patronat français s’est demandé ouvertement si cette rémunération était conforme à la lettre et à l’esprit de ses Recommandations sur la rémunération des dirigeants, mandataires sociaux de sociétés dont les titres sont admis aux négociations sur un marché réglementé sorti en octobre 2008 précisant notamment en son chapitre 2 Mettre définitivement un terme aux indemnités de départ abusives (« parachutes dorés ») :

    Le versement d’indemnités de départ à un dirigeant mandataire social doit être exclu s’il quitte à son initiative la société pour exercer de nouvelles fonctions, ou change de fonctions à l’intérieur d’un groupe, ou encore s’il a la possibilité de faire valoir à brève échéance ses droits à la retraite.

    L’indemnité de départ ne doit pas pouvoir excéder, le cas échéant, deux ans de rémunération (fixe et variable). Ces règles et ce plafond s’appliquent à l’ensemble des indemnités et incluent notamment les éventuelles indemnités versées en application d’une clause de non concurrence.

    Tout gonflement artificiel de la rémunération dans la période préalable au départ est à proscrire.

    A priori le conseil d’administration a considéré qu’il avait outrepassé cette chartre patronale, qui n’a pas valeur légale mais uniquement morale, puisque le 11 septembre il a publié le communiqué suivant qui, grosso-modo divise par deux le bonus de départ de son ex-dirigeant qui passe ainsi de 14 à 7 millions d’euros pour 2 années et demie de service.

    L’application de cette chartre est opportune. Le seul problème est sans doute qu’Alcatel-Lucent ait cherché à s’en exonérer en espérant que cela ne se verrait pas. Ce ne fut pas le cas, l’entreprise est rentrée dans le rang et Michel Combes devra se contenter de 7 millions d’euros au cours d’aujourd’hui ce qui intuitivement apparaît comme une récompense substantielle pour les efforts qu’il a déployés durant 29 mois.

    Paris, France, 11 septembre 2015

    Communiqué de presse Alcatel-Lucent

    Le Conseil d’administration d’Alcatel-Lucent s’est réuni jeudi 10 septembre 2015. Il a pris en compte les recommandations émises par le Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise concernant la conformité avec le code Afep-Medef, et les observations de l’Autorité des Marchés Financiers relatives à la rémunération à long terme de M. Combes.

    Le Conseil d’administration d’Alcatel-Lucent a revu, avec le plein accord et à la demande de M. Combes, les différents éléments de rémunération et la clause de non concurrence.

    Concernant la rémunération pluriannuelle de M. Combes : le Conseil d’administration se conforme à l’interprétation retenue par le Haut Comité qui détaille et consacre un principe d’acquisition prorata temporis. Il note que ce principe est plus exigeant que la pratique internationale en vigueur. Prenant en compte les observations du Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise, le Conseil a décidé un versement en numéraire, et non en actions, de la rémunération pluriannuelle de M. Combes sur la base de la moyenne des 20 cours d’ouverture de l’action d’Alcatel-Lucent précédent son dernier jour d’activité. Ces éléments soumis à réalisation des critères de performance associés seront, pour la tranche 2015, évalués en 2016 à l’issue de l’exercice annuel.

    Les éléments des plans de rémunération pluriannuelle constituent des droits acquis de rémunération passée, présentés aux dernières Assemblées générales de l’entreprise et dont la conformité est confirmée par le Haut Comité.

    Dès lors, le montant correspondant à la rémunération variable pluriannuelle sera au maximum de 4 845 109 euros, ajusté à la baisse pour la tranche 2015 en fonction de l’atteinte des critères de performance fixés pour 2015. Le montant effectivement payé à M. Combes sera bien sur réduit des prélèvements sociaux associés. Il sera versé uniquement en cas de réussite de l’opération de rapprochement avec Nokia.

    Concernant l’application de la clause de non concurrence, M. Combes a sollicité sa reconsidération de la part du Conseil d’administration. Le Conseil confirme l’importance de cette clause pour la protection des intérêts stratégiques du Groupe et la prévention de préjudices majeurs : elle interdit à M. Combes d’exercer toute responsabilité chez un concurrent, ni comme dirigeant, ni comme administrateur ou consultant. Lorsque le Conseil a négocié avec M. Combes cette clause de non concurrence stricte, il n’avait aucune certitude quant au futur professionnel de M. Combes. Son existence a sans doute orienté sa décision de rejoindre un opérateur.

  • Les aides du contribuable à la presse

    La presse papier oublie souvent de rappeler qu’elle touche des subventions versées par le contribuable pour aider à sa survie, sans parler des niches fiscales qui permettent aux journalistes de payer un peu moins d’impôt sur le revenu que le commun des mortels.

    Pour réparer cet oubli il suffit de surfer sur le site web du gouvernement et y découvrir que les aides directes ou indirectes pour les 200 titres les plus aidés furent :

    • En 2014 > 227 millions d’euros
    • En 2013 > 289 millions d’euros
    • En 2012 > 306 millions d’euros

    Le Figaro et Le Monde trustent les deux premières places depuis quelques années. En 2014 le premier a perçu 15,3 millions du contribuable et le second 14 millions, ce qui ne manque pas de sel pour Le Figaro quand on lit ses articles sur la dépense publique qu’il voue aux gémonies et l’assistanat qu’il qualifie de plaie française…

    Evidemment tous les journaux émargent à ce guichet et on y rencontre en 2014 également, par exemple, Paris-Match (14ème rang avec 3,6 millions), L’Equipe (22ème rang avec 3 millions), Valeurs Actuelles (53ème rang avec 1 million), etc. Et encore ne s’agit-il seulement que des 200 titres les plus aidés !

    Subventionner la presse peut être considéré comme une dépense nécessaire afin de maintenir un niveau minimum d’information des consommateurs qui ne sont pas prêts à payer le vrai prix de leur journal. Nous sommes en France, alors évidemment on se tourne vers le contribuable pour équilibrer le compte d’exploitation d’entreprises privées. Et l’on critique à longueur de colonnes les impôts de la République. Au Figaro on n’attaque pas son actionnaire industriel (de l’armement) mais on tape sur l’Etat, c’est moins risqué.

  • Désastre à l’OL

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    Cette courbe ne représente pas l’évolution de la popularité du président de la République mais le cours de bourse du club de fouteballe Olympique Lyonnais : un franc succès financier !

    Au cours de son exercice 2013/14 cette société cotée en bourse a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 121 MEUR et une perte de -26 MEUR soient 22 centimes perdus sur chaque euro facturé. La dette est de 105 MEUR et les capitaux propres restent positifs pour un montant équivalent à la dette. Ils sont consommés au fur et à mesure des pertes annuelles.

    On voit ainsi qu’un club de fouteballe est non seulement une défaite de l’esprit mais aussi un désastre financier.

  • Et l’on continue dans la désinformation…

    Le président de la République annonce « une baisse des impôts » pour 2016. Hélas, il oublie de préciser quelles dépenses seront diminuées en parallèle ! C’est toujours le même syndrome français de la dé-corrélation entre recettes et dépenses, syndrome qui a mené les finances publiques françaises dans la déplorable situation où elles se trouvent. On peut comprendre que Mme. Michu soit saisie de cette incompréhension que grosso-modo les dépenses doivent égaler les recettes, c’est plus difficilement admissible de la part d’un chef d’Etat.

    La mission des dirigeants et des élus est aussi (et surtout) pédagogique, notamment expliquer comment on ne peut pas diminuer des impôts en période de croissance quasi-nulle sans baisser des dépenses pour un montant au moins équivalent, comme à la maison. A défaut l’ajustement doit être fait par une augmentation de la dette que devront payer nos enfants. C’est un principe dont la simplicité effraie même nos dirigeants surdiplômés.

  • Le parti communiste chinois et Monsieur le Marché

    La bulle financière chinoise est en train de se dégonfler au grand dam des autorités de ce pays particulièrement gênées car l’actionnariat chinois est très majoritairement composé de particuliers. Cette situation crée du mécontentement populaire de cette classe bourgeoise et le parti communiste au pouvoir craint la contagion. Il se met donc en quête de soutenir la bourse avec les méthodes autoritaires qui lui sont chères : convocation des sociétés de bourse à qui on ordonne de racheter des titres pour soutenir les cours… Evidemment l’exercice a ses limites qui sont celles des moyens financiers disponibles.

    On parle de plus d’une centaine de milliards de dollars dépensés pour soutenir Monsieur le Marché décidemment très gourmand… Tout ceci ne fait que repousser le problème à plus tard. La première conséquence de la bulle financière est une surévaluation de la valeur des actifs qui, tôt ou tard, retrouvera sa valeur d’équilibre.

    Le parti communiste chinois soutenant la valeur des actifs de la bourgeoisie locale, il fallait quand même le faire.

  • Les avis de Mme. Michu sur la fraude à Pôle Emploi

    Conversation de machine à café au bureau :

    – Ce ministre de l’emploi ne vaut rien, il n’est pas même capable de lutter contre la fraude des faux chômeurs.

    – Ah, tu as des informations particulières sur le sujet, les chiffres montrent une aggravation de la situation s’aggrave ?

    – Pas besoin de chiffres, c’est évident, tout le monde sait que ce ministre ne fait rien contre les fraudeurs à Pôle Emploi !

    En fait, les personnes voulant aller plus loin sur ce sujet et se faire une idée documentée de l’action de leur ministère du travail peuvent cliquer sur le site de Pôle-Emploi et trouver assez rapidement le document disponible ici. S’ils veulent aller encore un peu plus avant, un deuxième click les mènera sur un rapport de la cour des comptes référencé dans le premier document et disponible là.

    Qu’apprend-t-on dans ces documents, rien de bien révolutionnaire sinon que Pôle-Emploi dispose d’une équipe de 150 auditeurs qui font leur possible pour détecter et analyser les processus de fraude. La cour des comptes explique que 32 milliards d’euros d’allocations d’assurance et de solidarité chômage ont été versés en 2012 et qu’un total de 76 millions d’euros de préjudices ont été détectés ou évités cette même année. Est-ce assez ? Certainement pas. Est-ce insignifiant ? Non plus. Faut-il faire encore plus et mieux ? Bien sûr. Les auditeurs de Pôle-Emploi sont-ils efficaces ? On ne le sait pas bien mais on peut imaginer qu’ils le sont au moins autant que les auditeurs de la Société Générale qui ont laissé un de leurs traders-fraudeurs engager cette banque à hauteur de 50 milliards d’euros sans que personne ne s’en rende compte !

    On peut bien sûr penser ce que l’on veut de ces analyses et il doit en exister bien d’autres, à charge et à décharge, mais à tout le moins existent elles et méritent d’être prises en compte pour fonder un jugement. Ce qui est clair c’est que les machines à café et les bistrots sont des endroits peu propices à la réflexion. On y entend des cadres supérieurs, diplômés des meilleures écoles de la République, y assener des slogans partisans qui relèvent plus de la propagande que de l’information. Il ne faut pas abandonner l’espoir de l’intelligence pour autant et un petit coup d’œil sur ces deux documents nous rendra plus avisés.

  • Boston gère l’argent de ses contribuables

    La ville de Boston était candidate annoncée mais non encore confirmée à l’organisation des jeux olympiques d’été de 2024 comme Paris. Toutefois le maire de Boston vient de refuser « d’engager la responsabilité de Boston pour des dépassements » et « de signer une garantie qui utilise l’argent des contribuables pour payer les Jeux olympiques » énonçant que « si s’engager à signer une garantie aujourd’hui est nécessaire pour avancer, alors Boston ne convoite plus les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques de 2024. »

    On ne peut que saluer cette décision de bonne gestion qui hélas ne semble pas déteindre sur Paris qui s’apprête à dépenser des milliards d’euros soustrait au pouvoir d’achat des contribuables parisiens et nationaux pour organiser des compétitions de sport alors que les finances publiques clairement ne l’autorisent pas.

    Lorsqu’il s’agit de dépenser l’argent publique la France est toujours au premier rang des (très) mauvais élèves. Cette candidature parisienne aux jeux olympiques de 2024 va générer des dépenses de confort qui ne sont pas indispensables. La France n’était pas non plus formellement engagée alors il suffisait d’expliquer à Mme. Michu que compte tenu des circonstances budgétaires il était plus raisonnable d’allouer nos ressources sur des emplois plus productifs pour la République. Las, la France court vers cette nouvelle dépense déraisonnable étendard au vent.

  • Tournée générale au Café du commerce

    Mme. Michu est inénarrable et la rubrique Café du commerce reste inépuisable. Alors que sortent les chiffres mensuels du chômage tout ce que la République compte de commentateurs à courte vue, de politicards malveillants, de journalistes incompétents et de citoyens bougons, bref toute une population abrutie par les journaux télévisés de TF1 et les matchs de fouteballe crie haro sur le baudet socialiste accusé de tous les maux dont souffre la France.

    En fait il suffit à n’importe quel citoyen de cliquer sur le site de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) pour confirmer que le chômage en France est un mal profond dont notre pays souffre depuis des décennies. Hélas, les courbes du chômage sont assez indépendantes de la couleur politique de la majorité en place mais répondent plutôt à des cycles économiques, à l’inertie et la rigidité de notre société engourdie par son cholestérol.

    INSEE_Chomage

    On voit que la hausse récente du taux de chômage date de début 2008 et n’a quasiment pas cessé depuis, que ce soit avant ou après le changement de majorité en 2012. De la même façon il a baissé sur la durée entre 1999 et 2001, gouvernement socialiste Jospin sous la présidence conservatrice de Chirac, puis entre 2006 et 2008, gouvernement conservateur de Villepin puis Fillon, sous présidences du même bord, Chirac puis Sarkozy.

    On souhaiterait que nos dirigeants passent un peu plus de temps à travailler sur ces sujets de long terme plutôt que de chercher sur quelle tête faire porter la responsabilité de cette situation qui de toute évidence est collective plus que partisane. Ensuite, que Mme. Michu surfe sur les sites web de recettes de cuisine que sur celui de l’Insee on peut le comprendre, par contre on pourrait s’attendre à ce que Guillaume Roquette (patron du FigMag) fasse preuve d’un peu d’analyse, bref, qu’il fasse le boulot pour lequel il est payé (et son journal subventionné par les contribuables) et consulte, lui, les statistiques économiques pour en édifier ses lecteurs qui, à défaut, répètent en les ânonnant les slogans dont il ponctue ses éditoriaux, notamment celui voulant que le chômage serait arrivé en France avec le gouvernement socialiste en 2012.

    La même désinformation est de rigueur avec le déficit des finances de la République et sa dette conséquente : l’un et donc l’autre sont en accroissement constant depuis des décennies quelle que soit la majorité politique.

     

    INSEE_Deficit_EURINSEE_Deficit_PIB

    Le dernier exercice budgétaire équilibré date de 1974… une époque où Sarkozy avait 20 ans.

    INSEE_Dette

    La courbe de la dette montre évidemment une hausse constante puisqu’il a fallu financer des déficits tout aussi constants. La série actuelle commence en 1995 mais la précédente a la même allure.

    La vérité c’est que personne n’a encore réussi à inverser les tendances perverses de notre économie depuis les années 70 car nous, les citoyens, sommes résistants au changement en attendant désespérément un leader éclairé qui sera capable de diminuer les déficits de la République tout en continuant à augmenter les dépenses publiques. La venue d’un tel magicien étant improbable à court terme il convient d’investir sur l’intelligence et le bon sens.

    Voyez-vous souvent les trois courbes ci-dessus dans les journées télévisés ou les chroniques de Guillaume Roquette ? Non, évidemment, elles sont pourtant emblématiques des défaillances de notre économie. Elles sont pourtant simples et parlantes, il faudrait les montrer et de les commenter aux citoyens avec un peu de pédagogie et ce serait la première étape vers une prise de conscience salvatrice propice à un nouveau départ. Les gens intelligents devraient se faire un devoir de mettre leurs neurones au service de la pédagogie plutôt qu’à les perdre dans la divulgation d’argumentaires de bas étage bons à semer le désordre dans le bon sens populaire. Guillaume Roquette a choisi le parti des bonimenteurs, ne le suivons pas sur cette pente glissante, faisons preuve de sens de l’intérêt général : censurons la désinformation et diffusons la connaissance.

     

  • Il faut payer

    Nouvelle montée de tension socio-économique en France : cette fois-ci avec les agriculteurs qui se plaignent des prix trop faibles auxquels ils vendent leurs productions de lait et de viande de porc. Il semble que les lois du marché si chères à Guillaume Rocquette (le patron du FigMag) soient insuffisantes pour assurer des revenus minimaux à des agriculteurs français qui ont perdu de leur compétitivité face à la concurrence. Alors on fait appel aux contribuables pour aider l’agriculture comme on fait appel à eux chaque année pour subventionner la presse française, dont le groupe de presse de Guillaume Roquette qui a perçu 16 266 723,00 EUR en 2014.

    Il n’est pas forcément inopportun que le contribuable aide certains secteurs économiques lorsque ceux-ci ont un rôle social que l’on estime nécessaire. C’est le cas de la presse et de l’agriculture. Ce qui est insupportable c’est de lire et d’entendre vanter à longueur d’éditoriaux du FigMag, de Valeurs Actuelles et de bien d’autres les mérites de l’ultralibéralisme lorsque ces mêmes parangons de la concurrence à tout va ne survivent que grâce aux subventions des contribuables et aux financements de l’industrie. C’est ainsi, il ne faut pas s’en énerver !

    Dans le cas de l’agriculture le mieux serait sans doute que les consommateurs acceptent de payer un peu plus cher leur alimentation pour peu qu’elle soit Made in France tout en poussant cette agriculture à se réformer. Un cercle vertueux bien difficile à initier… Si Monsieur le marché ne suffit à nourrir les agriculteurs, il faut bien que quelqu’un fasse l’appoint, consommateur ou contribuable.

    Est-ce que Monsieur Guillaume Roquette le dimanche midi après la messe en famille mange du gigot du Limousin ou de Nouvelle-Zélande ?

  • Madame Michu veut moins d’impôt et plus de prestations

    Madame Michu s’émeut devant son blanc-sec au Café du commerce : « Ya trop de charges sociales qui pèsent sur les entreprises ! Yfo changer ça ! » dit-elle en allant percevoir ses allocations familiales et ses aides au logement.

    C’est une vieille histoire ressortie en boucle depuis des années par les uns et les autres, simplifiée à l’extrêmme par les Guillaume Roquette (patron du FigMag) et autres Eric Zemmour. Les charges sociales payées par les entreprises et leurs employés servent à financer des prestations encaissées par les citoyens (allocations familiales, assurance maladie, assurance vieillesse etc.) Les charges sociales sont lourdes en France car les prestations sont importantes (voire luxueuses si on les compare à d’autres pays). Pour baisser les uns il faut diminuer les autres. Les français (élus et citoyens) ne sont jamais à cours d’idée pour ce qui est de baisser les charges, ou de les refourguer chez le voisin, ils manquent par contre sérieusement d’inspiration lorsqu’il s’agit de serrer les dépenses. Pour le moment les paiements des prestations sont supérieurs aux recettes encaissées d’où l’augmentation des dettes pour financer la différence ce qui laisse peser sur nos enfants une partie des coûts de notre mode de vie d’aujourd’hui…

    L’argent prélevé via les charges sociales n’est pas thésaurisé sur un compte bancaire, non, il est reversé à des bénéficiaires. C’est ce qu’on appelle des transferts sociaux, une notion un peu complexe pour Guillaume Roquette et sa clique mais qui pose la difficulté que si vous coupez à un bout, vous baisser le débit de l’autre bout. Rien ne se perd, rien ne se crée, on vous le disait.

    L’émotion populaire face à cette situation est légitime, l’honneur des politiques (et d’un Guillaume Roquette s’il en avait la capacité) serait maintenant d’expliquer froidement et avec pédagogie quelles lignes de dépenses sociales il va falloir baisser, et là c’est plus complexe car certains bénéficiaires verront baisser voir disparaître les prestations dont ils bénéficient… Depuis 40 ans les gouvernements et parlements français que nous avons élus ont opté pour faire un peu de tout : un peu de hausse des cotisations, un peu de baisse des prestations et un peu de dette pour compenser la différence. Un peu de tout ça mais année après année et sur 4 décennies cela fait à la fin beaucoup de déficit.

    Une autre solution serait le grand soir budgétaire avec des baisses des retraites comme en Grèce où elles ont été réduites de 30% sur une ou deux années, du débauchage massif de fonctionnaires comme ce fut fait au Royaume-Uni ces dernières années, la privatisation générale des biens de la République pour la désendetter, etc. Jusqu’ici aucun gouvernement/parlement de droite comme de gauche n’a osé, et les citoyens n’ont jamais voté pour. On a toujours opté pour les petits pas plutôt que les coupes drastiques. L’autorité et le courage n’ont pas vraiment été les qualités décisives de nos dirigeants depuis Mon-Général…

    Le dernier programme politique connu de l’actuelle opposition est celui de l’UMP fin 2013 qui prévoit page 15 d’économiser 130 milliards d’euros sur le quinquennat. NKM a annoncé 150 milliards il y a deux mois. Cela manque un peu de détails pour connaître où s’appliqueront exactement ces baisses drastiques de dépenses, mais si l’on estime que c’est la bonne méthode il suffit de voter pour eux et d’espérer que le programme sera appliqué.