Catégorie : Economie

  • Goldman Sachs fraude et trahit

    Le deuxième feuilleton de l’été, tout aussi croustillant quecelui de Tapie-l’affairiste-repris-de-justice, concerne cette fois-ci un trader-fraudeur de la banque spéculative Goldman Sachs. Le garçon,Fabrice Tourre, accessoirement centralien de nationalité française, a consacréses neurones agiles à construire un produit financier opaque et toxique,constitué de crédits immobiliers douteux (les subprimes), pour le vendreà des gogos tout en spéculant sur la baisse du produit dans le même temps. Toutceci étant bien entendu réalisé sous l’égide de son employeur lui versant de juteuxbonus pour ces escroqueries.

    Dans un grand élan de sens des responsabilités et de moralité, Goldman Sachs a lâché son employé, transigé avec la justice pour éviter le procès contre une amende de 550 millions de dollars. Histoire d’enfoncer un peu plus son trader-fraudeur la banque a même remis à la justice des emails personnels de celui-ci où il se vantait auprès de sa copine d’escroquer le gogo. Pour se donner bonne conscience dans cette veulerie caractérisée, Goldman Sachs paye les frais d’avocats de son ex-employé.

    Le procès va durer troissemaines ; à suivre !

  • Tapie dans les affaires

    L’instruction du procès de l’escroquerie en bande organisée soupçonnée dans le cadre de l’arbitrage perdu par l’Etat contre Tapie-l’affairiste-repris-de-justice, se poursuit avec éclat. Mise en examen, gardes à vue, révélations, mauvaises fois, arguties et rumeurs agitent ce feuilleton de l’été. Tapie-l’affairiste-repris-de-justice se débat comme un beau diable sur les plateaux médiatiques mais il a tout demême un peu de de mal à justifier avoir reçu 40 millions d’EUR pour préjudice moral. Il déploie une énergie impressionnante pour son âge pour défendre son cas alors que grosso mode tout le monde lui tombe dessus tant il est un coupable idéal.

    Son fiston annonce monter un site web pour soutenir son papa(Thttps://www.affairetapie.com/). Pour le moment on tombe sur cette page d’accueil :

    On ne peut pas dire que ce soit très convivial. On se demande si la famille de Tapie-l’affairiste-repris-de-justice ne se sentirait pas un peu acculée.

    En tout cas il y a une chose, et une seule, qui paraît certaine dans cette affaire d’escroquerie c’est que Tapie-l’affairiste-repris-de-justice se teint les cheveux. On le voit bien sur les plateaux de télé qu’il occupe ces derniers temps, il n’a pas un cheveu blanc, ce qui à 70 ans n’est pas normal.

  • DSK l’expert

    Pernicieux : DSK est invité en tant « qu’expert économique » au Sénat pour plancher devant une commission, de droite, sur les banques. L’expertise du bonhomme n’est sûrement pas inoubliable, vous shootez sur un des arbres du jardin de l’université Dauphine et il vous tombe immédiatement 10 professeurs largement aussi experts que DSK mais tellement moins croustillants à inviter par des parlementaires de droite pour faire la nique à leurs collègues de gauche.

  • Les traders-fraudeurs à l’œuvre

    Nos amis les marchés continuent à se mettre en valeur : après les manipulations de taux de référence Libor et Euribor, voici maintenant que l’agence Bloomberg, pourtant assez peu connue pour ses idées bolchéviques, révèle que des soupçons pèsent sur les forbans de la finance qui auraient manipulé les taux de change de référence fournis par une autre agence, Reuters. Là ils s’attaqueraient au plus vaste marché de la planète et sans doute celui sur lequel il sera le plus difficile de démontrer formellement des manipulations tant les volumes traités chaque jour sont gigantesques et éclatés sur les marchés du monde entier.

    La question de fonds relève de la construction même de ces marchés : les traders par définition sont des commerçants qui sont recrutés et payés pour spéculer, on ne peut donc guère leur reprocher de le faire puisque c’est le point numéro 1 de leur description de poste. Le problème de ces flibustiers est qu’ils ne courent aucun risque personnel puisqu’ils jouent au casino avec l’argent de leurs employeurs, en l’occurrence, le plus souvent, celui des dépôts des banques qui les surpayent. Comme ils touchent des revenus absolument hors de proportion avec les risques pris, en contradiction totale avec l’une des règles majeures du capitalisme qui veut que rémunérations soit proportionnelle au risque, leur neurones plutôt bien huilés et formés disjonctent régulièrement et leur fait privilégier l’ampleur de leurs gains personnels audétriment des règles, des lois et de la décence.

     Voyons ce que donnera cette nouvelle enquête des autorités britanniques sur une éventuelle manipulation des taux de change.

  • Le fouteballe et l’argent public

    Saine réaction : des manifestations importantes se déroulent au Brésil contre « la vie chère ». Jusqu’ici rien de bien neuf, surtout dans un pays émergent dont le développement flamboyant de ces dernières années a aussi aggravé les inégalités, développement qui marque un peu le pas d’ailleurs ces derniers mois. Plus nouveau, certains se demandent si les coûts générés par la mise à niveau des infrastructures pour préparer la coupe du monde de fouteballe ne seraient pas à l’origine de l’augmentation d’un certain nombre de prix dans les services publics contestés par les manifestants…

    Eh oui, les dépenses liés à l’organisation de ces compétitions mondiales ou olympiques sont indécentes, improductives, ciblées (donc inéquitables), non durables et, de ce fait, inopportunes, au Brésil comme en Occident. Les quelques infrastructures qui peuvent ensuite resservir à l’ensemble de la population, très minoritaires, pourraient très bien être financées hors manifestations sportives. Accessoirement les jeux olympiques d’Athènes ont marqué le début de l’effondrement de la Grèce.

  • Une bande de flibustiers

    La bande organisée accusée d’escroquerie dans l’affaire de l’arbitrage privé rendu en faveur de Tapie-l’affairiste au détriment des contribuables, la bande organisée donc, est dévoilée progressivement. Après l’un des juges arbitre mis en examen, voici l’ex-patron de l’entité publique portant les créances compromises du Crédit Lyonnais et l’ex-directeur de cabinet du ministre des finances Lagarde à leur tour mise en examen pour escroquerie en bande organisée.

    La ministre Lagarde, relevant elle de la cour de justice de la République en tant qu’ancienne ministre, a été placée sous statut de témoin assisté dans une enquête ouverte pour « complicité de faux et complicité de détournement de fonds publics ». Excusez du peu ! Mais c’est moins infâmant que mis en examen pour escroquerie en bande organisée.

    Le prochain de la bande à être entendu sera Claude Guéant, cela promet ! Pour le moment il se débat dans une sombre histoire de primes touchées en liquide lorsqu’il étaitdirecteur de cabinet du ministre de l’intérieur et dont une partie au moins expliquerait selon lui des factures d’électro-ménager payées en liquide pour 20 à 25 000 euros, et retrouvées par hasard dans ses dossiers lors d’une perquisition judiciaire dans le cadre de l’affaire Tapie précitée…

  • Un clinquant qui manque de moyens

    Rigolo : Afflelou, vendeur de lunettes, propriétaire d’un jet privé qu’il loue à l’occasion, se retrouve embarqué dans une affaire de trafic de cocaïne. Le dernier client qui a loué son avion il y a deux mois, s’en est servi pour essayer de faire transporter plusieurs centaines de kilo de drogue depuis la République Dominicaine vers la France. Hélas pour eux, ce petit monde, y compris l’équipage dont on ne sait pas bien s’il est salarié d’Afflelou ou pas, s’est fait arrêter à Saint-Domingue et croupi depuis en taule sous les tropiques.

    Afflelou, qui jure ses grands dieux qu’il n’est pas mêlé à ce trafic, pourra méditer sur les joies et servitudes d’afficher dans son patrimoine des véhicules de luxe. Le mieux serait que : soit il a les moyens d’entretenir un Falcon 50 et il le garde sur le parking en attendant qu’il l’utilise, soit cela lui coûte trop cher et il prend des avions de ligne comme tout le monde, cela lui évitera de futures déconvenues.

  • Les pays d’accueil des fraudeurs fiscaux deviennent moins accueillants

    Petit à petit et par touches artistiques, les pays occidentaux ayant érigé le secret bancaire en règle non négociable baissent casaque ! Dernier avatar connu, les Etats-Unis sont en train d’obtenir que la Suisse modifie sa loi pour mettre en place des flux d’informations des banques suisses vers l’administration fiscale américaine sur les résidents et non-résidents américains détenant des comptes en Suisse. Les Etats-Unis seraient même en train d’obtenir que la Suisse dévoile également les noms des agents bancaires qui auraient proposé aux clients américains des moyens d’échapper à l’impôt.

    Les banques suisses commencent à provisionner des montants importants en anticipation des amendes auxquelles elles ne manqueront pas d’être condamnées pour incitation à la fraude fiscal. Le Luxembourg et l’Autriche commencent également à reculer sur le sujet.

    Bien sûr on peut imaginer qu’une partie des fonds frauduleux ne réintégreront pas leurs pays d’origine et iront s’investir encore plus loin, mais plus le nombre de pays où l’opacité bancaire est la règle sera important et plus les fraudeurs verront se réduire leur bac à sable. Cela va dans le bon sens et montre qu’au moins sur certains sujets, la volonté politique peut abattre quelques montagnes.

  • Le pape et le capital

    Le pape François s’étonne que le monde s’émeuve lorsque les investissements du secteur financier sont en baisse alors que personne ne dise rien lorsque des enfants meurent de faim. Bon, cette réaction un peu simpliste est logique et frappée au coin du bon sens. Elle est hélas fort peu partagée dans le monde de l’économie où les réalités prennent le dessus sur l’humanisme, hélas !

  • Coûts de production et faux-jettonerie

    Une usine textile s’effondre au Bangladesh, le décompte atteint 1 000 morts. Dans un bel ensemble les bonnes âmes des pays riches à travers la planète s’émeuvent que les vêtements de marque qu’ils portent fièrement, où les aïe-phones qu’ils manipulent si hystériquement, puissent être fabriqués dans ces usines du tiers-monde aux conditions de sécurité si déplorables… Il suffit de regarder les étiquettes et lorsque l’on voit Bangladesh ou Chine ou Inde, on peut, sans trop de risques de se tromper, imaginer que les conditions de travail dans ces contrées ne sont pas les plus généreuses de notre pauvre monde !

    Comme de bien entendu, si l’on veut mettre ces usines aux normes occidentales, les coûts de production vont augmenter, et probablement aussi les prix de vente. Alors lorsque les consommateurs, mêmes aisés, doivent arbitrer entre leur porte-monnaie et le bien-être de l’ouvrier bangladais, leur choix est souvent le même. Il serait donc aussi bien qu’ils nous évitent leurs cris d’orfraie dont la faux-jetonnerie n’a d’égal que la gloutonnerie de leur consumérisme.

    C’est un peu comme le soutien à notre agriculture nationale : tout le monde est d’accord pour déplorer le faible niveau des prix à la production mais personne n’est prêt à payer son bifteck ou ses tomates plus chers pour acheter des fruits et légumes issus de l’agriculture française, ou tout simplement à manger des aliments de saison pour éviter de consommer des tomates marocaines ou des kiwis néozélandais en hiver.

  • Mauvaise gestion du comité d’entreprise d’Air France

    Le comité d’entreprise d’Air France, après des années de mauvaise gestion et de plans de redressement inaboutis va être déclaré en cessation des paiements. Comme désormais des syndicats vont siéger dans les conseils d’administration des grandes entreprises, aux termes de la future loi sur la compétitivité, voilà qui promet de la compétitivité chez Air France dans les mois à venir…

  • Les démagogues du déficit

    Deux économistes d’Harvard (MM. Reinhart et Rogoff) expliquaient dans une étude de 2010 que lorsque la dette d’un pays dépasse 90% de son produit intérieur brut, sa croissance chute brutalement. Des étudiants découvrent qu’une erreur technique s’est glissée dans les tableaux de calcul Excel de l’étude et qu’en réalité au-delà de 90% de dette la croissance de chute pas brutalement mais linéairement. Evidemment tous les parangons de la dépense, les thuriféraires de la redistribution et les démagogues du déficit se précipitent pour prôner le retour à la relance budgétaire en open bar par dépenses publiques de sous que la République n’a plus mais est obligée de quémander auprès des investisseurs internationaux puisque son dernier budget équilibré date de plus de trente ans.

  • Le patriotisme d’Arnault

    Dans un grand élan de réalisme Bernard Arnault explique au Monde qu’il va finalement renoncer à demander la nationalité belge, conscient de l’image négative donnée au groupe LVMH. Accessoirement son dossier semblait plutôt mal embringué compte tenu de son aspect plutôt fiscal que patriotique. Au passage il  distribue quelques compliments au gouvernement socialiste français, il vaut mieux protéger ses arrières puisqu’a priori il va rester citoyen français, on est jamais trop prudent et il ne faut pas insulter l’avenir.

  • La presse fait le boulot de lutte contre la fraude fiscale

    Le nouveau ministre du budget demande à la presse impliquée dans l’étude OffshoreLeaks de livrer ses fichiers. Le Monde s’y refuse. On se demande pourquoi un gouvernement, voire plusieurs, n’aurait pas pu mener ce travail d’investigation lui-même ?

  • La fraude fiscale mondialisée

    Un collectif de journaux, dont Le Monde, le Washington Post, le Guardian, a travaillé pendant des mois sur des fichiers concernant les paradis fiscaux et dévoile l’opération « OffshoreLeaks ». Ce consortium commence à dévoiler comment ces organisations (banques, sociétés, particuliers) évoluent dans un monde de non-droit, et réussissent à mettre à l’abri des administrations fiscales des centaines de milliards d’euros/dollars.

    Evidemment, les intéressés sont peu enthousiastes de voir des noms et des combines à la une de journaux intelligents. Peut-être la presse par son pouvoir de jeter en pâture à l’opinion publique pourra pousser les dirigeants politiques à s’unir pour limiter les dégâts causés, aux finances publiques comme à la morale, par ces gigantesques fraudes fiscales.

  • Les forbans de Dexia

    Inextricable : les collectivités locales incompétentes qui se sont fait fourguer des emprunts « toxiques » par les flibustiers de Dexia se tournent vers les tribunaux pour faire baisser les taux d’intérêt usuraires qu’elles ont pourtant acceptés. Ainsi faisant, Dexia étant en liquidation et ses dettes reprises par la République, le tribunal fait ainsi passer la charge de ces intérêts du contribuable local au contribuable national. Dans le cas d’espèce la banque félonne a payé puisqu’elle est morte, mais pour autant que l’on sache, ses dirigeants n’ont pas eu de comptes à rendre.

  • La bourse ou la raison

    Avez-vous remarqué l’incident de la semaine dernière sur le marché boursier de Wall Street ? Il est passé assez inaperçu mais s’avère révélateur des errements libéralo-démagogues dans lesquels nous sombrons avec joie et aveuglement. Un hacker-polisson s’est introduit sur le compte Tweeter de l’agence Associated Press et a diffusé un faux message Tweet annonçant deux explosions à la Maison Blanche qui avaient blessé le président des Etats-Unis.

    Aussitôt diffusé, panique à Wall Street, en moins de deux minutes tout le monde se met à vendre des titres et l’indice Dow Jones perd 145 points, soit près de 1% de baisse et des milliards de valeur boursière qui s’envolent en fumée. Bien sûr ces 145 points ont été rattrapés avant la fin de la séance mais il a suffi de moins de deux minutes et d’un faux Tweet pour plonger dans le chaos.

    Les traders-fraudeurs et leurs robots-hystériques n’ont bien entendu pas pris le temps de réfléchir, ils ne sont pas payés pour ça, mais ils ont déclenchés des rafales de vente dans un mouvement pavlovien, moutonnier et incohérent ; ce fut à qui fourguera le plus vite le plus gros volume d’actions. On ne sait pas trop d’ailleurs qui des traders-fraudeurs ou des robots-hystériques a tiré en premier. Il n’est pas évident qu’un robot-hystérique sache lire les messages Tweet, ou en tout cas les interpréter pour en déduire le sens des transactions, achat ou vente, à lancer. Ce qui est sûr c’est qu’ils ont agi de façon aussi stupide les uns que les autres, ce qui n’est pas une surprise fondamentale. Vérifier et analyser les informations n’est pas du ressort de ces individus ni de ces machines.

    Au concours du plus crétin et inepte, on se demande qui gagnerait entre robots-hystériques et traders-fraudeurs ! Mais le plus terrifiant dans ces affaires est de voir le gigantesque pouvoir de nuisance laissé dans les mains de gamins surpayés ou de machines mal réglées.

    Cerise sur le gâteau, ce seraient des hackers syriens pro-Assad qui auraient commis de ce faux Tweet, histoire de montrer à leurs ennemis américains qu’il n’y a pas que les B52 comme force de dissuasion, mais que la bêtise des marchés financiers peut également générer de la destruction massive…

  • La faillite de Chypre

    On en sait un plus sur les négociations menées avec les autorités chypriotes pour le sauvetage du secteur financier en faillite de cette ile. Ce serait les dirigeants chypriotes eux-mêmes qui auraient proposé dans un premier temps de taxer tous les dépôts bancaires pour cofinancer la restructuration, afin d’éviter de trop prélever sur les gros dépôts si l’on avait limité la taxe à ceux-ci.

    Les dirigeants européens auraient tenté de d’infléchir leurs partenaires chypriotes pour qu’ils acceptent de ne taxer que les gros déposants, avec le résultat négatif que l’on sait. S’en est suivi le rejet du plan par le peuple et le parlement de Chypre, le refus de la Russie d’aider l’ile et… l’adoption d’une nouvelle mouture du plan prévoyant 10 milliards de prêts européens et du FMI, complétés par quelques milliards rapportés par la taxation des dépôts… de plus de 100 000 euros. Une banque sera liquidée et l’autre restructurée, retour au point de départ donc.

    Une nouvelle fois le contribuable européen va donc payer pour les excès commis par des financiers incompétents. Une nouvelle fois l’Europe va devoir payer, politiquement et financièrement, pour sa faiblesse qui lui a fait accepter en son sein des Etats qui ne pouvaient pas se plier à ses règles et qui ont utilisé son cadre pour y prospérer de façon incompatible avec l’esprit du Traité de Rome. Le développement de l’économie chypriote ces dernières années a eu la nature de profits fictifs. En droit des sociétés, la distribution de profits fictifs conduit le chef d’entreprise en cour d’assises. En droit européen la règle est, hélas, différente.

  • Les forbans de la finance à l’œuvre

    Record chez les forbans de la finance : le fonds spéculatif américain SAC Capital a accepté de payer une amende de 616 millions de dollars pour mettre fin aux poursuites pour des délits d’initiés sur les résultats de tests sur des médicaments contre la maladie d’Alzheimer. Son grand patron Steve Cohen n’est pas à l’abri de poursuites à titre personnel.

    La banque JP Morgan a perdu plus de 6 milliards de dollars l’an passé suite aux folies d’un trader-fraudeur. Son grand patron Jamie Dimon, a été auditionné 5 heures durant avec son top-management par le Sénat américain qui terminait ainsi une enquête de 9 mois sur cette fraude gigantesque. Le top-management dans un grand élan de courage a confirmé qu’il ne savait rien et avait été trompé par ses employés indélicats : « Ma vision de l’entreprise a été compromise par mes subordonnées » a affirmé l’une des dirigeantes. Les sénateurs américains semblent plutôt croire à une complicité générale du management qui aurait été parfaitement informé des risques pris par ses traders-fraudeurs, mais ces gens sont malins et savent se protéger. Ils arrivent bien entendu à se mettre à l’abri de poursuites judiciaires mais le plus étonnant est que dans la majorité des cas ils arrivent aussi à conserver leurs postes. Le pédégé de cette banque présente une perte de trading de 6 milliards de dollars (SIX MILLIARDS DE DOLLARS, ce n’est pas une paille) à ses actionnaires, qui relève au mieux de son incompétence au pire de sa complicité, il ne propose pas sa démission et ses actionnaires le laissent au pouvoir. En réalité, malgré cette perte, la banque a fait de confortables bénéfices et a servi du coup d’aussi confortables dividendes aux actionnaires qui manifestent leur reconnaissance du ventre.

    Le FBI est train de diligenter une enquête sur cette affaire JP Morgan. Légitimement les Etats s’inquiètent de constater qu’en 2012, quatre années après la crise de 2008 qui continue de ravager les économies occidentales sur-financiarisées, de telles fraudes soient encore possible, générant leurs cortèges de risques systémiques, c’est-à-dire mettant en jeu la sécurité même des Etats.

  • Le sauvetage des banques chypriotes

    Les chypriotes contestent la taxe sur leurs dépôts bancaires, et les russes qui seraient les plus gros déposants dans la lessiveuse chypriote crient aux mesures « soviétiques » prises par le plan de sauvetage européen.

    Le parlement chypriote ayant refusé de voter le plan, les banques sont restées fermées pour éviter la panique bancaire et il va falloir trouver une autre solution pour financer le sauvetage à 15 milliards dont 10 sont prévus sous forme de prêts du contribuable européen et multilatéral (FMI). Les 5 milliards manquant vont probablement être prélevés sous forme d’impôt sur le contribuable chypriote.

    La psychologie populaire en matière bancaire a sans doute été sous-estimée dans cette affaire. Le déposant refuse tout net qu’on lui prélève une partie de ses dépôts mais il est indifférent lorsque l’inflation ou les dévaluations (avant l’euro) lui consomment gentiment son épargne, ou lorsque l’Etat lui augmente ses impôts. Bref, il faut sauver le citoyen déposant même au prix du sacrifice du citoyen contribuable.

    L’Europe qui ne sait pas dire « non » a laissé entrer Chypre (i) dans l’Union européenne et (ii) dans la zone euro. Ce furent deux erreurs, surtout que durant de longues années la position européenne avait été de poser comme préalable avant toute adhésion la résolution du conflit entre Chypre et la Turquie. Las, les dirigeants communautaires qui ne savent pas dire « non » ont finalement laissé entrer dans l’Union une ile à moitié occupée (ou libérée selon les avis) par l’armée turque tout en menant parallèlement des négociations d’adhésions avec… la Turquie. On a abouti à une espèce de maelstrom kafkaïen comme seule l’Europe sait en créer.

    Il n’en fallait pas plus pour que des flibustiers de la finance transforment le secteur bancaire local en lessiveuse monétaire, surdéveloppée et servant des intérêts sans rapport avec les conditions de marché, tout ceci bien à l’abri de la sécurité apportée par l’euro. La faillite de ces banques était inévitable.