Catégorie : Economie

  • La France dépense trop

    Eh bien voilà, le gouvernement fait son petit bonhomme de chemin, finalement augmente la TVA, continue à baisser les dépenses pour financer des crédits d’impôt aux entreprises destinés à compenser leurs charges et rétablir une partie de leur compétitivité. En gros il suit les préconisations du rapport Gallois en transférant des dépenses des entreprises sur les contribuables-consommateurs. Il n’est pas bien sûr que lesdites entreprises n’en profitent pas pour augmenter leurs dividendes plutôt que de baisser leurs prix et augmenter leurs parts de marché, mais la droite n’aurait pas fait fondamentalement d’une façon différente. La gauche fait le job.

    La France vit au-dessus de ses moyens depuis bientôt 40 ans, le diagnostic est maintenant à peu près accepté par tous, un des bienfaits de la dernière campagne électorale présidentielle d’ailleurs, où le discours a été quasi unanime sur le sujet. Le message passe mais bien sûr les pleureuses s’égosillent et les commentateurs mondains glosent, mais n’est-ce point leur mode de fonctionnement ?

  • Nouvelle faillite argentine

    2001, l’Argentine est en faillite, la communauté des créanciers se réunit pour pleurer sur son sort et ses créances. Un accord est trouvé, les prêteurs renoncent à une partie des dettes, se font progressivement rembourser du reste et les affaires reprennent. Tout irait bien sauf que dans la communauté des créanciers des fonds vautours, essentiellement américains, refusent l’accord car ils ne veulent pas abandonner une partie de leurs créances. Du coup les autorités financières argentines ont remboursé les bons créanciers, ceux qui avaient accepté de renoncer à une partie de leurs droits, et rien remboursé aux autres.

    Les vautours sont donc restés dans leurs arbres avec leurs bouts de barbaques dans le bec et sans vouloir partager. Ils ont engagé procédures judiciaires sur procédures judiciaires pour faire valoir leurs droits, et ils ont commencé à faire saisir de par le monde les biens publics argentins : bateaux appartenant à des compagnies publiques, avion présidentiel, parc immobilier (les ambassades à l’étranger, comptes bancaires, etc.

    Un tribunal américain vient de confirmer les droits des fonds vautours et a condamné l’Etat argentin à rembourser car n’a pas respecté le principe du parri-passu cher au monde de la finance qui veut que les créanciers soient traités sur un pied d’égalité.

    Rien n’obligeait les vautours à signer l’accord d’annulation/ rééchelonnement de la dette argentine. Ils ne l’ont pas fait et l’Argentine devait respecter leur volonté et les rembourser proportionnellement aux autres au regard du droit international.

    Ce jugement va faire du bruit. Il est peu probable que le droit soit changé sur ce point de protection des créanciers, sous peine que ce petit monde ne prête plus s’il n’était pas protégé. Dans le cas d’espèce, le droit n’empêche les accords de restructuration de dette mais il n’impose pas à tous les créanciers d’y adhérer et lorsque l’adhésion est partielle, le débiteur doit néanmoins rembourser des prêteurs sur la base du parri-passu. On pourrait imaginer un système comparable à celui des offres publiques d’achat (OPA) pour les actions, à partir du moment où x% des porteurs de titres les ont apportés à l’acheteur,  les autres sont rachetés automatiquement. Pour le moment il n’en est pas vraiment question.

  • Les Caïmans contre les Piranhas dans le marigot capitaliste

    Dans le bocal franchouillard de la famille Lacoste nageaient en eau trouble les petits piranhas, descendants de l’ancêtre René Lacoste, tennisman et affairiste, ayant créé la célèbre marque de polos au logo en forme de crocodile. Les piranhas faisaient des ronds dans le marigot y allant de temps en temps d’un petit coup de dent sur un frère ou un cousin histoire de rougir l’eau d’un filet de sang, mais tous unanimes ils arrivaient à se goberger de leur nourriture favorite : l’attrait des petits poissons pour leur marque, prêts à dépenser leurs sous pour parader en polos crocodilés dans les beaux quartiers, générant ainsi de généreux dividendes pour la famille.

    Et puis un gros requin est arrivé par l’odeur du sang alléché, a agité un peu le marigot avec quelques mouvements de nageoire, remué la boue, poussé les petits piranhas à s’entredévorer joyeusement, puis ouvrant sa grande gueule aux dents affûtés, le squale a croqué toute la bande de petits piranhas sanguinolents.

    Et ainsi, l’une des dernières familles françaises capitalistes industrielles, qui plus est dans le textile, oubliant l’honneur, délaissant la tradition, reniant ses promesses, s’est donnée à l’ennemi contre de l’argent. Ainsi vont les affaires, même les plus florissantes.

  • C’est la faute à l’Etat !

    Carmignac gestion continue à édifier Mme. Michu en publiant de pleines pages dans la presse française pour expliquer comment il faut gouverner la France et diriger son économie, et surtout comment le fonds d’investissement Carmignac Gestion va sauver le monde grâce à ses conceptions d’altruisme toutes entières dévouées à la protection des épargnants. Que serions-nous devenus si Carmignac n’avait pas existé ?

    Cette fois-ci Monsieur Carmignac a laissé la plume à l’un de ses portes-flingues, un certain Frédéric Leroux, qui déblatère grosso-modo la même logorrhée anti-impôt, on en est ému aux larmes, qu’on en juge :

    Parution de la lettre ouverte de Frédéric Leroux dans Le Monde du 24 octobre 2012

    Madame, Monsieur,
    Mes amis et nos clients français et étrangers me demandent souvent ces temps-ci pourquoi je reste en France. La société de gestion de portefeuille pour laquelle j’ai l’honneur de travailler, détenue intégralement par ses dirigeants-fondateurs et ses employés est en effet parvenue à grandir et prospérer sans le moindre euro de fonds publics dans une crise qui mit pourtant à genoux l’ensemble du système financier international. Avoir réussi à protéger l’épargne de nos clients dans un environnement si hostile nous a permis de gagner la confiance de plus d’un million d’épargnants à travers l’Europe. 

    Nous devons cette réussite à notre volonté farouche d’indépendance et à l’implication de l’ensemble de nos salariés, motivés par leur statut d’actionnaire ou la perspective d’y accéder. Chacun des actionnaires est un entrepreneur, quelque soit sa participation au capital de la société. Sa confiance dans notre projet social l’a en effet conduit, en fonction de ses moyens et ses responsabilités, à en acquérir des actions, le plus souvent au prix d’un nécessaire endettement personnel. L’incitation financière au succès offerte par l’actionnariat est un formidable moteur pour la croissance économique. Tuer cette incitation par une taxation mal calibrée de l’actionnaire, c’est se garantir une croissance en berne.

    Nous voulons chez Carmignac  Gestion poursuivre l’aventure entrepreneuriale en France, continuer à apporter de la performance à nos clients, les aider à se préparer une retraite plus sereine, comme nous nous y employons depuis plus de vingt ans. N’est-ce pas là un beau dessein d’entrepreneurs, aussi financier soit-il ? Mais pourquoi poursuivre cette mission depuis la France, alors que la taxation de l’actionnaire pourrait devenir parmi les plus élevées au monde ?

    Comment continuer à motiver nos équipes par notre démarche entrepreneuriale si la France traite ceux qui réussissent dans leur vie professionnelle avec la méfiance et le mépris que l’on réserve partout ailleurs aux repris de justice ? Comment attirer  les nouveaux talents si la France décourage la prise de risque et favorise l’exode mortifère de ses propres talents les plus créatifs, les plus ardents à la victoire ?

    Comment poursuivre, à partir de la France, notre mission auprès de l’épargnant européen dans des conditions qui ne le défavorisent pas ? Comment protéger notre belle aventure humaine contre l’assassinat, fut-il inconscient, de la volonté d’entreprendre, créatrice de valeur, d’emplois et parfois même, de bonheur ?

    Les réponses appartiennent aujourd’hui au gouvernement et à nos députés. Nous voulons encore croire que la fiscalité sera utilisée comme une arme économique plutôt que politicienne car les décisions qui se préparent n’engagent  pas la France seule, mais l’Europe entière. Quels que soient les choix opérés, nos clients savent pouvoir compter sur notre détermination à répondre à leurs attentes. La force de notre équipe, comme de toute grande équipe, c’est son collectif. Nous resterons soudés, à domicile comme à l’extérieur, pour continuer à assurer la sérénité de tous les épargnants qui nous ont accordé leur confiance.

    Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de toute ma considération.

    Frédéric Leroux, Gérant Associé, Carmignac Gestion

    Après avoir séché mes larmes à l’idée que les revenus du capital vont être imposés au barème de l’impôt sur le revenu et devant les sacrifices personnels incommensurables de Monsieur Carmignac pour rester en France, j’ai maintenu mes instructions à ma banque de ne pas investir un sou de mon épargne personnelle dans le fonds de ce forban donneur de leçons.

    Le seul point qui prêche en faveur de ce libéro-démagogue est qu’il a organisé un concert privé des Rolling Stones pour son personnel. Mais cela ne rattrape pas le reste, loin de là.

  • Le rapport Gallois : un diagnostic de bon sens

    Le rapport Gallois pour la compétitivité de l’industrie française est paru. Tout le monde l’a commenté sans l’avoir lu depuis un mois, donc maintenant qu’il est disponible ce n’est plus la peine de le lire puisque on ne va plus s’y intéresser, le zapping de l’actualité nous fait passer à d’autres sujets, dont l’élection du président américain.

    La première phrase de ce document dresse le bilan :

    Tous les indicateurs le confirment : la compétitivité de l’industrie française régresse depuis 10 ans et le mouvement semble s’accélérer. La diminution du poids de l’industrie dans le PIB français est plus rapide que dans presque tous les autres pays européens ; le déficit croissant du commerce extérieur marque nos difficultés à la fois vis-à-vis des meilleures industries européennes et face à la montée des émergents.

    La perte de compétitivité industrielle est le signe d’une perte de compétitivité globale de l’économie française. Car l’industrie ne se développe pas en vase clos : elle dépend des autres secteurs de l’économie, des services et de l’énergie en particulier ; elle dépend de l’écosystème créé par les politiques publiques, de la dynamique des dépenses et des recettes publiques, ou du fonctionnement des services publics, des grandes infrastructures, comme de l’appareil de formation et de recherche ou du marché du travail. Cette perte de compétitivité est, pour une large part, à l’origine des déséquilibres des finances publiques comme du chômage ; elle limite notre marge de manœuvre en Europe et dans le monde ; elle menace notre niveau de vie et notre protection sociale ; elle réduit la capacité de croissance de l’économie.

    Rapport Gallois

    Ce n’est pas la première fois que pareilles phrases sont écrites mais la répétition commence à avoir vertu pédagogique, surtout après une campagne électorale présidentielle française qui a été tournée sur ce sujet.

    La France et ses citoyens commencent à admettre que la République vit au-dessus de ses moyens depuis plus de 35 ans et que l’une des conséquences de cette gabegie irresponsable est que notre économie n’arrive plus à vendre ses produits et services. C’est ainsi. 

  • Le rapport attendu

    Lundi doit sortir le célèbre rapport Gallois, que personne n’a lu puisqu’il n’est pas encore sorti mais que tout le monde commente. C’est intéressant de voir l’hystérie qui saisit l’information, ceux qui la créent et ceux qui la diffusent.

    Le rapport sort le 5 novembre, est-ce que cela change la face du monde d’attendre le 5 novembre pour le lire et l’analyser ? Ne serait-ce pas plus intelligent de le commenter sur base d’une lecture complète que plutôt que sur des on-dit qui relèvent plus de l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’ours qu’a tué le facteur que du comportement raisonné d’un être humain doué de neurones ?

    Nous lirons donc ce rapport la semaine prochaine.

  • Le nettoyage des écuries d’Augias semble avoir commencé en Chine

    Différentes enquêtes de la presse occidentale mettent à jour les fortunes colossales (cela se chiffre en milliards de dollars) qu’auraient accumulées les dirigeants chinois. Un procès officiel retentissant a actuellement lieu en Chine contre Bo-Xilai un apprenti dirigeant qui était promu aux plus hautes fonctions et qui est accusé de corruption, et sa femme de meurtre.

    Le reste est du même acabit : le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. C’est Françoise Giroud qui avait sorti cette vérité.

  • Fraude confirmée pour le forban Kerviel

    Un premier jugement avait condamné Kerviel-le-trader-fraudeur à 4,9 milliards d’euros et 5 ans de prison dont 3 fermes pour « abus de confiance, faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque ».

    La cour d’appel d’appel en octobre 2012 a confirmé le jugement et la condamnation à 4,9 milliards d’euros et 5 ans de prison dont 3 fermes pour « abus de confiance, faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque ».

    Les plaintes déposées par Kerviel-le-trader-fraudeur contre sa banque employeuse ont été classées sans suite. Il aurait pu être mis en prison à sa sortie du tribunal qui l’a finalement laissé libre pour le moment.

    L’affaire est donc plutôt mal engagée pour le garçon qui va se pourvoir en cassation. Sa vie est foutue sauf coup de théâtre improbable de la Cour de cassation.

  • Cancans et vérités fiscales documentées

    Dans un dîner en ville les hôtes abordent le sujet des Pigeons, corporation d’entrepreneurs ayant défendu ses intérêts avec succès et malhonnêteté intellectuelle. Nous en avons parlé ici mais revenons-y avec les documents officiels : le projet de Loi de finance 2013, document didactique plutôt bien écrit qui explique que l’objectif est soumettre les plus-values mobilières au barème de l’impôt sur le revenu et non plus à un prélèvement libératoire proportionnel de 19%.

    Dès publication du projet les pigeons ont agité les réseaux sociaux, puisque c’est maintenant le nouvel endroit où il faut être vu et entendu, pour faire une description apocalyptique de ce statut fiscal qui allait les tondre, décourager tout esprit d’entreprise dans notre beau pays et entraîner un départ en exil de tous ces brillants cerveaux, exil à coté duquel celui des nobles et de chouans en 1789 passerait désormais pour une promenade de santé.

    Certes les entrepreneurs vendant leur entreprises devaient soumettre leur éventuelle plus-value au taux marginal de leur impôt sur le revenu, mais ce qui a été passé soigneusement sous silence c’est que le dispositif prévoyait un système de quotient et d’abattement introduisant la notion de plus-value à court terme (revente de l’entreprise moins de deux ans après sa création ou son achat), plus taxée, et de plus-value à long terme avec imposition dégressive. Bref, comme à la maison lorsqu’un particulier revend son appartement, et encore, la progressivité de la décote étant bien plus longue pour l’investissement immobilier que mobilier (la plus-value met 30 années avant d’être complètement exonérée).

    Afin d’inciter les contribuables à privilégier une épargne longue, et, transitoirement, d’atténuer la progressivité de l’imposition sur ces revenus acquis sur une période pluriannuelle, deux mécanismes sont proposés :
    – un système de quotient variable en fonction de la durée de détention des titres cédés permettra de tenir compte du caractère pluriannuel de la plus-value pour les trois premières années d’application du barème progressif de l’IR (c’est-à-dire pour les cessions intervenues en 2012, 2013 et 2014). Le bénéfice du quotient s’appliquera sans condition de montant ;
    – l’introduction d’un abattement proportionnel et progressif en fonction de la durée de détention des titres permettra de favoriser la détention longue. Il sera de 5% pour une durée de détention de deux à moins de quatre ans, 10 % pour une durée de quatre ans à moins de sept ans, puis sera augmenté de 5 points par année de détention supplémentaire au-delà de la sixième année, pour atteindre 40% la douzième année. La période de détention sera décomptée à partir du 1er janvier 2013 pour les titres

    Projet de Loi de Finance 2013

    Une page sur Facebook et le gouvernement a oublié son projet de progressivité pour revenir à la proportionnalité ; voilà la vérité, texte officiel à l’appui. Le plus incompréhensible c’est la facilité avec laquelle le gouvernement a cédé et l’incompétence des chroniqueurs mondains qui ne lisent même pas les textes et assènent des contre-vérités patentes en se drapant derrière le « devoir d’informer ». Ces gens font mal leur boulot.

  • Ce sera pour une autre fois

    La fusion envisagée entre les groupes britannique et européen d’aéronautique et d’armement, BAE et EADS, ne se fera pas, du moins pour le moment, les gouvernements allemand et français n’ayant pas réussi à s’entendre. Il n’est pas sûr que cette non-fusion ne soit à déplorer.

  • Les beaux-parleurs du CAC40

    Un quarteron de patrons du CAC40, salariés surpayés, publie une tribune pour réclamer qu’on les débarrasse de la patate chaude des charges sociales qui pèsent sur les entreprises. C’est une vieille histoire, en gros l’impôt c’est bien mais quand ce sont d’autres qui le payent. Il s’agit donc de diminuer les charges des entreprises pour faire payer la protection sociale par les consommateurs via la TVA et les contribuables via la CSG. Les entreprises deviendraient plus compétitives et les citoyens un peu plus tondus. L’un dans l’autre, personne ne sait vraiment quel serait l’effet économique de ce petit jeu de transfert de charges.

    Et tout le monde affirme être dans la ligne d’un rapport Gallois sur la compétitivité qui doit sortir la 5 novembre, que tout le monde commente sans l’avoir lu. Certains l’enterrent, d’autres le glorifient, mais le rapport n’est pas encore sorti. Comment font tous ces augures des plateaux médiatiques pour ainsi parler dans le vide ? C’est l’un des grands mystères de la Création.

  • Boutique off-shore

    Si vous avez besoin d’ouvrir une boutique off-shore pour y localiser quelques revenus qui échapperaient ainsi aux impôts français, eh bien rendez-vous 161 bis rue de la Roquette où cette officine vous propose ses services.

  • Choc de bla-bla-bla

    Glissement sémantique, on passe du choc de compétitivité au pacte de compétitivité. En gros, quel que soit le patronyme retenu, le plan consiste à déplacer une masse de charges des entreprises vers les consommateurs et contribuables. On va donc payer ces charges sociales directement à l’Etat au lieu de les payer dans le prix des produits consommés. Le reste n’est que billevesées.

  • Des pigeons escrocs

    Dans la série des pleureuses, nous avons eu ces derniers jours le mouvement dit des Pigeons. Il s’agit d’entrepreneurs qui se sont élevés contre la soumission au barème de l’impôt sur le revenu des plus-values de cessions mobilières, bref, leurs bénéfices réalisés lorsqu’ils revendent leurs entreprises. Nous avons eu droit à l’habituelle litanie des cris d’orfraies sur trop d’impôts tue l’impôt, le comportement anti-entrepreneur des socialistes, etc., etc., largement relayés par les aboyeurs de l’opposition.

    Tout ceci est de bonne guerre en ces circonstances et le gouvernement a retiré son projet félon, mais le plus intéressant dans ce psychodrame franchouillard c’est qu’il a reposé sur une escroquerie intellectuelle menée de main de maître par les Pigeons et finalement fort peu relevée ni par le gouvernement ni par les journalistes mondains. Les volatiles râleurs ont tout simplement oublié de mentionner les abattements importants qui en fonction de la durée ramènent leur imposition à des taux raisonnables en période de faillite budgétaire de leur République. En gros, s’ils revendent leur entreprise au bout d’un an ils auraient dû payer 55% d’impôt sur la plus-value, c’est-à-dire qu’ils encaissaient 45% du bénéfice ; mais s’ils revendaient leurs entreprises au bout de cinq ans le taux retombait dans les 30%, ce qui n’est pas confiscatoire.

    Il s’agissait donc d’aligner la fiscalité des plus-values mobilières sur celle des plus-values immobilières au niveau des principes : si tu vends rapidement après l’achat (ou la création) c’est qu’il y a une idée spéculative donc tu es taxé ; si tu gardes ton bien un certain temps avant de le revendre tu es moins taxé. Madame Michu lorsqu’elle vend son petit appartement respecte exactement ce principe. Les Pigeons n’y seront donc pas soumis.

  • Le défilé des pleureuses

    Les économistes mondains et les journalistes savants continuent à rivaliser en beaufitudes pour émouvoir Madame Michu. En gros nous avons deux clans principaux et quelques sous-courants :

    • Les anti-rigueurs qui brament qu’il faut poursuivre les dépenses publiques et que l’austérité va tuer la croissance
    • Les anti-dépenses publiques qui brayent qu’il faut équilibrer les budgets publiques et que la dette va tuer la croissance

    Au milieu de tout ceci, Madame Michu a du mal à y retrouver ses petits, on la comprend. La vraie vie est bien sûr plus complexe et les dirigeants actuels se la collettent durement. Ils essayent de faire le job c’est-à-dire récupérer les 40 milliards qui manquent pour respecter les engagements pris par la République en matière de déficit publiques.

    Et ils se coltinent en sus l’habituel défilé des pleureuses :

    • Les buralistes qui râlent parce que les taxes sur les cigarettes augmentent,
    • Les brasseurs et vendeurs de bière qui pestent car les taxes sur la mousse augmentent,
    • Les retraités qui vont payer plus de cotisations,
    • Les riches qui vont inclure les œuvres d’art dans l’assiette de l’impôt sur la fortune,
    • Les jeunes créateurs d’entreprises qui voient s’alourdir l’impôt sur les plus-values,
    • Etc. etc.

    Et toutes ces corporations nous expliquent la larme à l’œil que si elles sont touchées par les hausses d’impôt c’est la fin du monde et une catastrophe pour l’emploi, et que par contre il faut augmenter les impôts du voisin qui lui roule sur l’or. Bref, la France dans toute sa splendeur.

    Tout le monde va payer, c’est à peu près la seule chose qui soit sûre puisqu’il semble se confirmer que la France vit au-dessus de ses moyens depuis des décennies et que l’heure de vérité est arrivée !

    On n’aimerait pas être à la place des gouvernants, ni d’ailleurs les économistes mondains et les journalistes savants (qui bénéficient eux même d’une niche fiscale que personne n’a réussi à abattre jusqu’ici).

  • Le choc des mots !

    Avez-vous remarqué le nouveau mot à la mode chez les économistes mondains : « choc » ! Ils ne parlent plus dans leurs salons que de choc de compétitivité, choc fiscal, choc budgétaire, etc.

  • Des milliardaires réfugiés

    Rigolo : après des manifestations en Belgique contre les avantages fiscaux dont bénéficient au terme de la loi quelques milliardaires réfugiés, c’est demain le canton de Berne en Suisse qui va voter pour ou contre le maintien d’une fiscalité avantageuse pour les riches étrangers.

    Tout ceci dans le cadre de l’affaire Arnault est une saine réaction des peuples concernés qui s’émeuvent légitimement que leurs parlements octroient des avantages fiscaux à des étrangers qu’ils refusent à leurs propres électeurs !

  • Sémantique budgétaire

    La dérive sémantique budgétaire actuelle est étonnante. La plupart des journalistes et des économistes mondains accusent le dernier Traité budgétaire européen de pousser à l’austérité et à la rigueur alors qu’il ne s’agit que d’équilibrer progressivement les finances publiques c’est-à-dire dépenser moins que ce que l’on gagne (comme à la maison) et encore pas avant 5 ans et de plus avec le droit de revenir au déséquilibre en cas de récession. Sans doute un moyen d’aider les gens à mieux comprendre les phénomènes économiques serait d’employer des mots justes ?

  • Nationalité fiscale

    Riss – Charlie Hebdo 12/09/2012

    La presse satyrique du mercredi fait son beurre sur la demande de nationalité belge présentée par Bernard Arnault. Il faut dire que l’impétrant a vraiment tendu la corde pour se faire battre. Le sujet est devenu national, la droite y voit les conséquences de la politique de gauche, la gauche y dénonce l’immoralité des capitalistes et Arnault s’en fout, publiant tout de même des communiqués embarrassés pour expliquer qu’il est et restera contribuable français.

  • L’équilibre impossible

    Hollande présente son programme pour récupérer 30 milliards d’euros en 2013 par rapport à la tendance actuelle des finances publiques. Il va augmenter les impôts de 10 milliards sur les entreprises, 10 milliards sur les particuliers et ajouter 10 milliards d’économie sur les dépenses. Si l’on considère que la baisse des dépenses touchera à parts égales les entreprises et les particuliers, cela fait donc 15 milliards pour chaque catégorie.

    Il n’est donc pas nécessaire de pousser des cris d’orfraie, c’est du classique. Les 15 milliards des électeurs seront sans doute générés par une hausse de la CSG quand la droite aurait augmenté la TVA, mais cela ne change pas fondamentalement les choses, il faut rééquilibrer dépenses et recettes, ou en tout cas ramener le déséquilibre à 3% du PIB en 2013.