Catégorie : Economie

  • Les journalistes savants

    Mais comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? Il suffisait de nommer au gouvernement un collectif des rédactions parisiennes pour résoudre les problèmes de la France. Tous ces beaux esprits pourraient enfin faire profiter leurs concitoyens de leur immense savoir et, non seulement délivrer leurs conseils, mais surtout les confronter à la vraie vie pour voir s’ils passent la rampe de la réalité au-delà des conciliabules de rédactions et des unes agressives et racoleuses !

    On pourrait d’ailleurs commencer par supprimer la niche fiscale dont bénéficient les journalistes pour assurer leur « indépendance » ?

  • La France survivra à Bernard Arnault

    Bernard Arnault, milliardaire français, qui a démarré son parcours gagnant avec le rachat du groupe textile Boussac en pleine déconfiture dans les années 80 et l’encaissement de subventions publiques pour le maintien de l’emploi, qui par ailleurs a immigré quelques années aux Etats-Unis en 1981 après l’arrivée de la gauche au pouvoir en France, Arnault donc, aurait demandé sa naturalisation à l’Etat belge. Ce n’est pas grave, surtout ne vous inquiétez pas, s’il décidait de s’installer en Belgique la France arriverait à se passer de lui.

  • Spéculations débridées

    Mauvaises récoltes, sécheresse de-ci de-là, les cours des matières premières flambent. Nos joyeux-traders-surpayés toujours à l’affut d’un peu de spéculation à la hausse (ou à la baisse, qu’importe le sens il y a toujours des petits sous à ramasser quand on est malin) s’apprêtaient à investir avec enthousiasme sur les marchés de matières premières en question (céréales surtout) histoire d’amplifier encore les mouvements de cours dus aux conditions naturelles. Certains d’entre eux, en Allemagne notamment, semblent avoir été freinés par des ONG leur ayant fait valoir les effets déplorables pour l’établissement qui les surpaye de participer à de telles spéculations.

    On peut imaginer que lesdites ONG se seraient fait un malin plaisir de largement diffuser sur internet que la banque Trucmuche, affichant par ailleurs d’imparables valeurs morales et de gouvernance sur son site web, se serait rendue coupable de spéculation à la hausse sur les matières premières… C’est bien, enfin une bonne action !

  • Irresponsabilité actionnariale

    Rigolo, très rigolo : un certain nombre de détenteurs d’actions Facebook, entreprise de marketing informatique mise sur le marché il y a quelques semaines, peuvent maintenant vendre librement leurs titres à l’issue d’une période de blocage. Ces actionnaires se plaignent généralement d’avoir été grugés car le prix d’introduction de l’action Facebook aurait été surévalué et la libération d’un lot d’actions bloquées va donc continuer de pousser les cours à la baisse, qui ont déjà perdus la moitié de leur valeur en quelques semaines.

    Comme nous l’avons déjà dit ici, l’inconséquence de ces actionnaires est assez extraordinaire et va s’aggravant. Il suffisait de ne pas acheter cette action si on la pensait surévaluée ! Et il suffit encore de ne pas les vendre si on ne veut pas les voir baisser encore plus ! C’est simple comme bonjour, l’essence même de l’économie de marché, c’est curieux que cela ait échappé à ces brillants esprits qui ont valorisé 100 milliards de dollars une entreprise internet faisant 2 ou 3 milliards de chiffre d’affaires.

  • Trader-fraudeur contre ordinateur-fou

    Rigolo : la société Knight Capital, spécialisée en trading haute fréquence sur le marché américain des actions, en gros on remplace les traders-fraudeurs par des robots, l’essence est la même, spéculer à la hausse ou à la baisse, quelque soit le sens mais là où il y a du profit potentiel, eh bien cette bonne société Knight Capital vient de perdre 400 millions de dollars (plus que sa trésorerie disponible) tout simplement car elle a mis un nouveau logiciel en service qui est devenu fou et s’est mis à passer des ordres sans contrôle. Il a fallu 30 mn pour éteindre la machine et stopper ses errements. Passé ce délai, Knight Capital était en faillite. Comme il fallait sauver le soldat Knight, d’autres sociétés de bourses l’ont recapitalisée dans le week-end.

    Traders-fraudeurs ou robots, il y a du vice de toute façon dans les objectifs mêmes de cette économie spéculative qui est destinée à trébucher de temps à autre du fait de l’homme apprenti-sorcier, dépassé par le marché, ses mécanismes et ses machines. Le problème est que ces trébuchements sont de plus en plus massifs et incontrôlables, en attendant le bouquet final…

  • M. Carmignac : un personnage déplaisant

    Un banquier propose au chroniqueur d’investir quelques sous chez Carmignac Gestion, qui sert soi-disant de meilleures rémunérations que ses concurrents. Edouard Carmignac, patron fondateur de cette boutique, est un personnage déplaisant. Il achète régulièrement des pleines pages dans la presse française pour y publier des conseils à nos gouvernants, du style le 20/10/2011 pour le départ de Jean-Claude Trichet de la Banque centrale européenne :

    « Adieu, nous ne vous regretterons pas ! Vous aurez, au cours de votre carrière, porté un coup fatal à l’industrie française par votre politique du franc fort dans les années 90, puis aggravé l’impact de la crise 2008 en sous-estimant son ampleur et, dernièrement, mis en péril l’euro par des hausses de taux inconsidérées et une politique de soutien de la dette des pays européens affaiblis notoirement insuffisante. »

    Tout n’est pas faux bien sûr dans ce qu’il écrit mais venant d’un requin de la finance internationale qui, quoi qu’il arrive, spécule à la hausse ou à la baisse en fonction de ses intérêts et de celui de ses clients, ce coté moralisateur semble particulièrement déplacé et d’une totale faux-jetonnerie. Ce sont les forbans de son espèce qui sont en partie responsables de la crise financière mondiale, dans ce cas d’espèce, le cynisme est élevé à un point rarement atteint, même par les anglo-saxons les plus libéraux… Ce personnage ne gèrera pas les sous su chroniqueur.

  • La main dans le sac de la mauvaise gestion

    Le comité d’entreprise d’Air France au bord de la faillite, semble-t-il suite à une gestion hasardeuse, voire frauduleuse, lance un plan social pour assurer sa survie. On parle de supprimer 90 postes permanents sur un total de 260 (eh oui, il y avait 260 emplois permanents pour la gestion du comité d’entreprise !!!). Les représentants CGT, CFE-CGC, FO et CFDT ont voté pour le plan social, ou la gestion syndicale confrontée à la réalité économique.

    Le site web du comité nous apprend que le bureau du comité est composé de Didier Fauverte (CGT), Secrétaire Général, Véronique Vaslin (CGT), Secrétaire Générale Adjointe, Jean-Claude Filippi (FO), Secrétaire Général Adjoint, et Alain Barbier (CGT), Trésorier Général.

    Les actifs sont composés de 6 villages-détente, 4 villages-club et 17 villages-jeunes, le tout réparti sur des sites exotiques comme La Réunion, La Guyane, mais aussi la France métropolitaine.

    Les comptes de ce joyeux comité d’entreprise ne sont pas publiés sur le site, hélas !

  • Baisse de salaires des pédégés dans le public

    En application des nouvelles règles concernant les entreprises publiques, le pédégé de La Poste va donc voir sa rémunération annuelle plafonnée à 450 000 EUR au lieu des 600 000 et quelques perçus en 2011. Gageons qu’il devrait s’en sortir tout de même avec 450 000 EUR par an et que sa conscience professionnelle lui permettra sans doute de travailler toujours aussi bien pour son employeur !

    Si jamais tel n’était pas le cas, l’Etat devrait trouver sans trop de difficultés ni délais un pédégé de substitution prêt à faire le job aussi efficacement et à 450 000 EUR/an. Il suffit de shooter sur un lampadaire du VIIIème arrondissement et il en tombera en pagaille.

  • Les tradeurs-fraudeurs manipulent les taux

    Le scandale des traders-fraudeurs manipulateurs des taux d’intérêt s’étend à des banques françaises. Le marché magouille le marché et scie la branche sur laquelle il est assis. C’est indéfendable, même au-delà de toutes considérations morales. Monsieur le marché démontre tout seul, comme un grand, ses tendances perverses et autodestructrices.

    Les grandes envolées lyriques sur les bienfaits du libéralisme tombent d’elles-mêmes : le marché financier fraude le cœur même de son activité, celui des taux de référence en principe fruit du sacrosaint principe de la confrontation de l’offre et de la demande ! C’est fascinant. Comme l’est d’ailleurs l’incapacité des Etats régulateurs à contrôler la pieuvre du pouvoir financier, dont hélas ils dépendent puisque qu’étant leurs plus gros débiteurs. Evidemment il est toujours difficile de couper la main qui signe le chèque… Des Etats impécunieux empruntent à des marchés financiers voyous, chacun se tient par la barbichette, menace l’autre, et l’ensemble coule sous nos yeux ébahis.

    Au même moment un rapport officiel américain cloue la banque britannique HSBC au pilori pour blanchiment à grande échelle d’argent de gangsters. La presse américaine (reprise par Libération) titre : les Banksters !

  • Il faut bien financer les dépenses publiques que l’on ne sait pas réduire

    Luz – Charlie Hebdo 2012

    L’augmentation des impôts se poursuit : après le gel des tranches du barème de l’impôt sur le revenu (IR) et l’accroissement du taux de TVA réduits mis en place par le pouvoir de droite avant son départ, la gauche poursuit le travail. Création d’une tranche d’IR marginale à 45%, taxe exceptionnelle sur la fortune histoire de revenir plus ou moins au niveau d’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) d’avant les exonérations Sarkozy, taxe sur les dividendes payés par les grosses entreprises, suppression de l’exonération des heures supplémentaires, baisse des plafonds d’exonération des droits de succession, etc. Pour le moment les mesures « de gauche » sont assez symboliques, concernent les plus favorisés et devraient suffire pour finir l’année, l’an prochain on tondra le troupeau.

    Tout ceci est raisonnable : il y a des dépenses, il faut les financer ou les réduire, mais pas les laisser à la charge des générations futures.

  • Barclays : les forbans virés mais récompensés

    Les têtes commencent à tomber chez les forbans de la banque britannique Barclays après la fraude mise à jour sur la manipulation des taux d’intérêt de référence (LIBOR). Président et directeur général surpayés sont priés d’aller planter leurs choux ailleurs. C’est bien le moins ! Nul doute qu’ils arriveront à recaser sans trop de difficultés leurs incomparables qualités.

    Au-delà de ces questions de personnes, et après les scandales multiples de traders-fraudeurs (Société Générale, UBS, JP Morgan Chase, et d’autres sûrement à venir) le monde économique et financier doit véritablement s’interroger sur la meilleure façon de contrecarrer les malversations endémiques, voire congénitales, de ces tocards bling-bling ! Certainement pas en leur versant des bonus de plusieurs millions d’euros, voire dizaines de millions, par an. De telles sommes complètement illégitimes et imméritées (rappelons qu’ils jouent avec l’argent des autres, celui des déposants, et non le leur) feraient perdre la raison au Saint-Esprit lui-même, c’est peut-être la première piste à lancer : comment réduire les salaires des forbans qui relèvent de l’escroquerie consentie.

  • Finances publiques et Affaires privées

    On est sur la bonne voie : le nouveau gouvernement français annonce un gel des dépenses des ministères en euros courants (ce qui revient à la faire baisser en volume du montant de l’inflation) et une hausse des impôts. On ne connait finalement pas vraiment d’autres solutions pour faire baisser un déficit !

    Comme il reste semble-t-il un peu de temps à nos ministres après ces évidences budgétaires, le premier d’entre eux annonce pour bientôt la légalisation du mariage homosexuel et de l’adoption d’enfants par les futurs couples. Bon, si ça peut aider à éviter la faillite de la République, on vivra avec.

  • Indécence

    Antoine Zacharias à l’époque de sa gloire financière

    Vous souvenez-vous d’Antoine Zacharias ? Non, et c’est normal, le garçon est exilé en Suisse depuis des années après ses exploits réalisés à la tête de l’entreprise Vinci au début les années 2000 où il avait passé un temps infini à maximiser sa rémunération en additionnant des salaires, indemnités de sortie, stock-options et retraites complémentaires pour des dizaines de millions d’euros sur la période 2000-2006. Il avait tellement agacé que son directeur général avait monté un coup d’Etat pour le débarquer et stopper sa mégalomanie financière qui commençait à couter cher. Pour puiser dans la caisse plus à son aise il avait viré les administrateurs membres du comité de rémunération qui avaient eu l’outrecuidance de vouloir plafonner son salaire.

    Une fois débarqué, le Zacharias avait réclamé en justice 81 millions d’euros d’indemnités avant d’être débouté.

    Son féroce appétit de rémunération l’a vu finir devant justice pénale pour « abus de pouvoir » condamné à l’amende maximale de 375 000 EUR par la cour d’appel de Versailles en 2011. Riche mais grincheux, le garçon s’est pourvu en cassation et la cour, dans sa grande clairvoyance, vient de rejeter ce pourvoi.

    La messe est dite, pour la première fois en France, un pédégé est donc condamné au pénal pour rémunération abusive obtenu par abus de pouvoir. Dans le cas d’espèce il n’a pas été difficile de montrer qu’accumuler des dizaines de millions d’euros à titre de rémunération divers en manipulant ses administrateurs n’est pas bien. La justice a intégré la notion de décence sous réserve de l’abus de pouvoir. Il est à craindre que si le Zacharias s’y était pris avec un peu plus de subtilité pour obtenir les mêmes montants, il n’aurait pas été condamné.

    En attendant, le Zacharias compte ses millions à Genève avec son nouveau statut de repris de justice. Il va y survivre.

  • Quelle horreur : un déficit public ?

    Nous y voilà : il manquerait 10 milliards au budget de la République pour terminer l’année 2012 avec un déficit à 4,5% du produit intérieur brut. Chacun feint de découvrir cette mauvaise surprise laissée par le gouvernement précédent (bien entendu), avec autant de mauvaise foi que d’impuissance. En réalité, comme l’affichent les comptes publics de la Nation depuis 35 ans, les français dépensent plus qu’ils ne gagnent, ne soyons pas ingénus face à cette évidence. Donc il reste à s’attaquer à la seule question qui vaille : comment va-t-on augmenter les impôts pour financer les dépenses et plumer la volaille ?

  • Des financiers mal élevés

    Après l’acronyme PIGS désignant les mauvais élèves européens Portugal, Italie, Grèce et Espagne, les forbans spéculateurs anglo-saxons animant les marchés financiers viennent d’en inventer un nouveau : Grexit symbolisant Grèce et sortie (exit) de la zone euro. Leur incompétence se double de mauvaise éducation.

  • Les milliards ou le fouteballe : il faudrait choisir

    Les banques espagnoles font la manche pour 100 milliards d’euros hier après-midi. Ce soir, le premier ministre espagnol quitte son pays pour aller perdre son temps et assister à un match de fouteballe en Pologne dans le cadre d’une compétition européenne de pousseurs de ballons. On se demande si ces hauts personnages se rendent bien compte des enjeux qui agitent leurs pays ?

    Mon Dieu ! Ne leur pardonnez jamais une telle inconscience, ils ne savent pas ce qu’ils font.

    Si l’on détenait les cordons de la bourse européenne j’aurais conditionné l’octroi des 100 milliards à l’interdiction à tous les ministres, élus et hauts fonctionnaires de l’Etat bénéficiaire à assister à toute compétition de pousseurs de ballon jusqu’à complet remboursement des milliards prêtés.

  • Fraude et complotisme

    Kerviel-le-trader-fraudeur, suite, audience du 8 juin :

    – Le tribunal : vous dîtes que vos chefs savaient parce que les mails que vous leur adressiez étaient incohérents, c’est ça ?
    – Le tribunal : mais je ne comprends pas : si tout le monde savait, pourquoi perdre du temps à donner des explications fictives ?
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : l’invraisemblabilité [sic] de mes explications ne pouvait leurrer personne.
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : pour sauver les apparences et couvrir la hiérarchie.
    – Le tribunal : mais vis-à-vis de qui si « tout le monde sait » ?
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : vis-à-vis de l’extérieur.
    – Le tribunal : mais qui : les commissaires aux comptes, les organes de contrôle ?
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : oui.
    – Le tribunal : je ne comprends toujours pas : si vos explications sont invraisemblables, comment espérer qu’elles leurrent les commissaires aux comptes ou les organes de contrôle ?

    La présidente du tribunal produisant les faux emails à en-têtes falsifiées par Kerviel-le-trader-fraudeur :

    – Le tribunal : pourquoi prendre le risque de faire des faux qui ne trompent personne ?
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : pour sauver les apparences.
    – Le tribunal : parce que la banque a besoin de vous pour sauver les apparences ? Bon. Mais quel est leur intérêt ?
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : de me faire sauter au bon moment.
    – Le tribunal : Ah ! Pouvez-vous vous expliquer plus clairement ?
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : j’avais mon utilité. En 2007, la crise des subprimes avait commencé à se propager. Pour la banque une grosse perte latente était prévisible. Il lui fallait donc faire sauter un Jérôme Kerviel.
    – Le tribunal : mais c’est quand même vous et pas la Société Générale qui avez pris, entre le 3 et le 18 janvier 2008, une position non autorisée de 50 milliards d’euros ?
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : Oui.
    – Le tribunal : alors la Société Générale aurait prévu en 2007, dans un plan concerté à l’avance, de vous laisser prendre pour 50 milliards de positions en 2008 afin de vous faire ensuite porter le chapeau de la crise des subprimes ?
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : oui, j’étais un fusible.
    – Le tribunal : vous leur avez donc drôlement rendu service alors !

    Puis sur une intervention de l’avocat mondain qui évoque la théorie du complot, la présidente s’énerve :

    – Le tribunal : je veux un témoin qui puisse témoigner sous serment et contradictoirement. Très solennellement, la cour vous demande des documents dont elle puisse débattre. Je fais du pénal depuis des décennies et je peux vous dire que je n’ai jamais vu cela ! Vous avez développé une théorie, nous sommes prêts à l’entendre mais il nous faut des preuves maintenant

    A suivre lundi prochain. La théorie du complot est lancée, il faut voir si elle pourra être étayée. La réalité de l’incompétence de la Société Générale est désormais avérée, d’ailleurs la banque a été condamnée à une amende de plusieurs millions d’euros pour défaillance de contrôle par l’autorité de contrôle des banques. L’incompétence n’est pas pénalement punie en soi par le Loi, par contre elle pourrait valoir un coût supplémentaire à la banque si l’Etat, du coup, revenait sur la déductibilité de la perte de 5 milliards d’euros comme l’annonce Le Canard Enchaîné cette semaine.

    Ce qui est d’ailleurs rigolo dans l’affaire c’est la récente plainte déposée par Kerviel-le-trader-fraudeur contre la Générale l’accusant d’avoir masqué que la perte réelle n’est pas de 5 milliards, mais de 5 milliards moins 33% correspondant à l’économie d’impôt générée par la déduction de cette perte. Kerviel-le-trader-fraudeur feint d’ignorer qu’à l’inverse, les remboursements qu’il fera à la banque si sa condamnation à payer 5 milliards est confirmée en appel, seront eux taxables, et donc au bout les 180 000 années de remboursement la déduction fiscale de 2008 aura été effacée par la réintégration fiscale des remboursements.

  • Le trader-frauder a fraudé !

    Retour à la une de l’actualité de Kerviel-le-trader-fraudeur dont le procès en appel démarre après une condamnation en première instance à 3 ans de prison ferme et 4,9 milliards d’euros pour abus de confiance, faux, usage de faux et introduction frauduleuse de données informatiques.

    Petits extraits narrés par Le Monde :

    – Le tribunal : pourquoi avez-vous fait appel ?
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : parce que je considère que je ne suis pas responsable de cette perte et que j’ai toujours agi en connaissance de cause avec ma hiérarchie.
    – Le tribunal : vous aviez signé la charte de déontologie du trading.
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : pour être franc, à l’époque, je ne l’avais pas lue. Le tribunal : c’est pourtant utile de la lire, il y est demandé « d’être loyal », de « ne pas faire bouger significativement le marché », de « faire attention aux risques », de « couvrir ses positions », du fait que « chacun doit avoir conscience des limites de risque qui lui sont octroyées ».
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : [agacé] mais bon, entre le cahier des procédures et la réalité de la salle des marchés, il y a un gap énorme !
    – Le tribunal : je répète que vous l’avez signée.
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : et que je ne l’ai pas lue.

    – Le tribunal : il vaut mieux prendre une grosse position couverte qu’une petite position non couverte.
    – Kerviel-le-trader-fraudeur : mais tout le monde, dans la hiérarchie, s’asseyait sur ces limites !
    – Le tribunal : mais vous ne pouviez pas vous en mettre vous-même, des limites ?

    Le trader-fraudeur a changé d’avocat, le précédent ayant jeté l’éponge pour cause de divergences sur la stratégie de défense. Son nouveau défenseur est un mondain-médiatique.

  • « Margin Call » de Jeffrey McDonald Chandor

    Margin Call : excellent film sur l’inanité et le cynisme de la finance spéculative. Une banque new-yorkaise se retrouve embarquée dans une position risquée de dizaines de milliards de dollars, sans que personne ne s’en soit aperçu sinon un petit junior adepte des modèles mathématique qui découvre par hasard le pot aux roses. Le jeu consiste donc à refourguer à d’autres spéculateurs ces contrats pourris pour sauver la banque. Ce sera fait avec rouerie et cynisme avant que les petits bras ne soient virés et qu’un moyen bras ne se fasse retourner par le patron de l’établissement magnifiquement joué par Jeremy Irons qui explique avec persuasion que le métier de la spéculation est bien d’escroquer sa contrepartie.

    L’histoire de passe à huit clos, une nuit durant, entre quatre ou cinq personnages clés enfermés dans deux pièces. C’est criant de vérité et alors que JP Morgan Chase est en train de valoriser provisoirement une nouvelle perte de trading dont l’addition s’élève pour le moment à 3 ou 4 milliards de dollars on mesure à quel point rien n’a changé depuis la grande crise d’incompétence des banques déclenchée en 2008 et dont ce film s’inspire plus ou moins !

  • A quoi servent vraiment des rapports de la cour des comptes ?

    Le nouveau gouvernement socialiste attend les résultats d’un audit en cours des comptes publics de la République par la cour des comptes pour déterminer ses marges de manœuvres en matière budgétaire. Heu… soit, mais il suffit de lire les précédents et réguliers rapports de cette institution pour avoir une idée de l’incurie budgétaire de notre Etat depuis 35 ans. Un nouvel audit ne devrait pas arriver à des conclusions fondamentalement différentes.