Catégorie : Economie

  • Emotion en Suisse

    Par référendum la population suisse s’est prononcée contre les « rémunérations abusives » parfois servis à leurs patrons par les entreprises. Au même moment, le pédégé du groupe pharmaceutique helvétique Novartis, âgé de 59 ans, s’apprêtait à quitter son groupe avec un « parachute doré » de 60 millions d’euros après avoir perçu une rémunération cumulée sur 15 ans estimée entre 200 et 400 millions d’euros. Devant la levée de boucliers, dans un grand mouvement de modestie, le pédégé en question a renoncé à ses 60 millions et annoncé qu’il partait s’exiler aux Etats-Unis.

    Des sommes aussi astronomiques pour un salarié (certes pédégé, mais juste salarié, ce n’est pas lui qui a créé l’entreprise avec ses propres sous) ont tellement scandalisé les citoyens suisses qu’elles ont probablement fait pencher la balance du référendum très largement en faveur des anti-rémunérations abusives et autres parachutes dorés dans cette Confédération Helvétique qui n’est pourtant pas un repère de bolchéviques… ou comment Novartis joue contre son camp et ses idées par manque de décence. 

  • Messier le très culotté

    Fin 2012, Jean-Marie Messier, ex-haut fonctionnaire recyclé dans le privé, devenu ex-pédégé surpayé à égo surdimensionné, ayant conduit son entreprise Vivendi au bord du gouffre au début de la décennie 2000, a animé une conférence à Paris fin 2012 dont le thème était « La dynamique du marché des fusions-acquisitions en France » !

    Repris de justice pour ses exploits de manager, le garçon commet depuis quelques années des livres donnant des leçons de gestion aux Etats et aux entreprises. Il dirige en parallèle une petite boutique de conseils et donne maintenant des conférences. S’il y a une qualité que l’on ne peut pas dénier à Messier c’est bien celle d’afficher le plus fantastique culot du capitalisme moderne !

  • Chypre est en faillite

    Membre de l’Union européenne dont les banques sont plus réputées pour le blanchiment d’argent sale que pour le financement de l’économie réelle, Chypre fait la manche. Dans les mesures diverses et variée imposées pour redresser ce pays-confetti l’une d’elle est novatrice et mal vécue : les dépôts bancaires vont être taxés à 6,75% jusqu’à 100 000 euros, 9,9% au-delà, en échange les déposants taxés recevront des titres de banques auxquelles ils ont prêté leurs sous. Ce n’est pas idiot comme mesure. Jusqu’ici on avait fait payer les contribuables, les prêteurs institutionnels public et privés à qui on a tordu le bras sur leurs créances grecques, mais jamais encore les clients des banques. La mesure est sans doute bien adaptée au cas de Chypre. Elle devrait rapporter 5 milliards d’euros et financer ainsi un tiers du plan de sauvetage financier de l’ile-nation, le reste sera pris en charge par les institutions multilatérales comme d’habitude, c’est-à-dire indirectement par les contribuables européens en majeure partie.

  • La retraite de Louis Schweitzer

    Louis Schweitzer, 70 ans, apparatchik socialisant fait de la résistance. Bureaucrate énarque, il a fréquenté les cabinets ministériels des gouvernements Mitterrand avant d’être parachuté pédégé de Renault puis chef de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), un machin démocratique franchouillard. Ses pantouflages dans le privé lui ont permis d’accumuler des rémunérations exorbitantes et injustifiées, même s’il n’a pas démérité en tant que patron privé. Aujourd’hui il a 70 ans, il reste administrateur d’un nombre significatif de mastodontes du CAC 40 et continue d’encaisser les jetons de présence conséquents. Accessoirement il est vice-président de Veolia et devrait quitter ce poste, atteint par la limite d’âge. Que nenni, il vient de faire modifier les statuts pour pouvoir conserver ce maroquin jusqu’à 75 ans.

    Ce n’est pas raisonnable ! Le garçon est sympathique mais il a fait son temps, il a fait son job et sa retraite est largement assurée financièrement parlant. Il doit maintenant passer la main et s’occuper de ses petits-enfants, voire faire un peu d’humanitaire en complément pour le sortir des couches de la marmaille. On trouvera largement assez de candidats aussi compétents, plus jeunes et moins chers pour le remplacer dans les conseils d’administration qu’il fréquente. Hélas, la République des copinages en a décidé autrement !

  • Le butor de la SG

    Frédéric Oudéa, pédégé de la Société Générale, signe l’éditorialde La Lettre de l’Actionnaire de février. Sous une photo, sourire carnassier et auto-satisfait, il déclare :

    « Le résultat net part de Groupe s’établit à 774 millions d’euros… Ces résultats intègrent à hauteur de -2 594 millions d’euros l’impact négatif des cessions d’activités et d’actifs de la Banque de financement et d’investissement (BFI)… Corrigé de ces éléments, le résultat net part du Groupe atteint 3 368 millions d’euros, reflétant la bonne performance des métiers et la maîtrise des coûts. »

    Un fulgurant exemple de la langue de bois financière et d’escroquerie intellectuelle. Mais bougre de butor qui donc a acquis ces activités et actifs qu’il a fallu revendre à vil prix et en accumulant des pertes de -2 594 millions d’euros (ce qui fait tout de même la modique somme de 2 milliards et demi d’euros, nous disons bien deux milliards et demi) ? C’est bien la Société Générale, non ? Donc je ne vois pas bien à ce stade où est reflétée la bonne performance des métiers et la maîtrise des coûts. Une rédaction plus honnête aurait été :

    « Le résultat net part de Groupe s’établit à 774 millions d’euros… Ces résultats intègrent à hauteur de -2 594 millions d’euros les pertes réalisée sur les cessions d’activités et d’actifs de la Banque de financement et d’investissement (BFI)… Ces pertes ont été le fait d’erreurs commises par votre banque dans ses décisions d’investissement. Celles-ci n’ayant pas été présentées à la décision de l’assemblée générale des actionnaires et ayant été prises au niveau de la direction générale, j’assume pleinement cette incompétence, attestée par ce niveau de pertes, et présente ma démission de pédégé pour faute grave avec renoncement à toute indemnité et parachute (doré ou pas). »

  • Bataille d’égos au MEDEF

    Le coup d’Etat de la Parisot sur le syndicat patronal MEDEF échoue en rase campagne. La modification des statuts proposée par l’impétrante pour lui ouvrir la voie à un nouveau mandat a été repoussée par les membres de ce syndicat. Après deux mandats, la Parisot va aller planter ses choux ailleurs qu’au MEDEF pour y guérir ses blessures d’égo. Elle sera remplacée par un nouveau chef à élire d’ici l’été. Il fera l’affaire, avec ses défauts et ses qualités, et saura rappeler ainsi à son prédécesseur que personne n’est irremplaçable.

  • A la recherche de la compétence

    SégolèneRoyal, la madone du Chabichou, twitos fébrile, est nommée vice-présidente de la Banque Publique d’Investissement (BPI). Nous verrons si elle s’y montre aussi incompétente que les grands esprits qui ont géré Lehman Brothers, Le Crédit Lyonnais ou Dexia. Il n’est pas sûr qu’elle y arrive car tous ces énarques et matheux ont quand même placé la barre assez haute. Ils seront difficiles à battre.

  • Les traders-fraudeurs de la barbaque

    Rigolo : une escroquerie commerciale, semble-t-il de grande envergure, a permis de découvrir de la viande de cheval dans des plats cuisinés censés contenir de la viande de bœuf. Ce n’est pas la première fois et ne certainement pas la dernière que des commerçants font passer des vessies pour des lanternes. Mais ce qui est risible dans cette affaire c’est le festival des faux-culs qui semble découvrir sur les plateaux médias les circuits emberlificotés que suivent les produits alimentaires avant d’arriver dans nos assiettes. Des bêtes élevées dans un pays, abattues dans un autre ; des traders-fraudeurs en France et aux Pays-Bas qui s’achètent et se revendent des minerais de barbaque congelés récupérés en Roumanie, qu’ils revendent à une boite industrielle qui les traitent et les revendent à Findus qui en fait une pâté de lasagnes congelés mis en vente dans des supermarchés. On peut gager que Findus a déjà délocalisé son informatique à Bangalore en Inde et sa comptabilité en Irlande, en plus de sa production à des forbans de rencontre, et ne s’occupe plus que de marketer ses barquettes.

    C’est ainsi que fonctionne l’industrie depuis une bonne vingtaine d’années maintenant. Cela peut paraître bizarre mais en tout cas, pour ce qui concerne l’industrie alimentaire cela a permis de baisser substantiellement le prix des produits… ainsi que leur qualité. Low cost cela veut dire aussi moins de qualité, c’est une équation inévitable, mais cela ne devrait pas en principe impliquer plus de fraude.

    Voir un ministre de l’agriculture et ses experts jouer les vierges effarouchées en relevant cette équation devant les caméras et les micros relève d’un exercice de faux-jettonerie de première catégorie ! Dans quel monde vivent ces gens-là ?

    Cette affaire de minerais de viande de cheval fraudée c’est exactement l’histoire des subprimes en 2008 : une invraisemblable succession de trader-fraudeurs qui se refourguent au téléphone des produits auxquels plus personne ne comprend plus rien ni ne se souvient de l’origine, mais qui se révèlent à la fin de l’histoire d’une qualité déplorable.

  • Réjouissances autour du déficit de la République

    Le gouvernement admet que le déficit public de la République sera supérieur aux 3% du produit intérieur brut (PIB) comme initialement annoncé. La presse (même les journaux économiques) semble se réjouir de ce constat sur le thème « Nananaire, je vous l’avais bien dit ! ». Outre le fait que les journalistes bénéficient aujourd’hui d’une niche fiscale, certes modeste mais qui n’a plus guère de justification, et participent donc au déficit de l’Etat, ces réactions de cour d’école sont un peu surprenantes de la part de journaux intelligents. Mais c’est ainsi.

    L’opposition dite républicaine, mais plutôt irresponsable, se réjouit en se frottant bruyamment les mains. Copé l’aboyeur a du mal à cacher sa joie sur les ondes en annonçant une prochaine motion de censure. Cette opposition est dans son rôle, hélas !

  • Dexia : la banque publique qui a roulé les collectivités incompétentes

    La banque Dexia, en principe dédiée au financement des collectivités locales françaises et belges, a fait faillite et est en liquidation depuis quelques années, aux frais des contribuables qui cette fois-ci sont sûrs de ne pas récupérer leur mise puisque cette banque va disparaître. Cette banque en principe créée pour financer la chose publique a voulu jouer dans la cour des tripatouilleurs de subprimes et autres réhausseurs de crédit, et donc a fait faillite.

    Entre autres joyeusetés, Dexia proposait aux collectivités locales des prêts hautement spéculatifs dont le taux d’intérêt variable était indexé sur la variation d’un couple de devises (CHF et USD si ma mémoire est bonne), d’où leur qualificatif de toxique. Bien entendu, cette variation a tourné à la Bérézina et les emprunteurs se sont vus imposer des taux usuraires… mais contractuels. Que des élus locaux aient pu signer de tels accords de crédit relève tout simplement de l’analphabétisme : il suffisait de lire ce que l’on signait pour en comprendre le caractère spéculatif, c’était à la portée d’un gamin en école primaire. Mais les élus n’ont sans doute pas eu le temps de lire.

    Certaines de ces collectivités ont attaqué en justice Dexia pour leur avoir fourgué des produits incompréhensibles pour les neurones de leurs dirigeants, limités en nombre et en agilité. Le conseil général de Seine Saint-Denis vient de gagner une première manche et le tribunal de grande instance a annulé avec effet rétroactif le taux d’intérêt (spéculatif et contractuel).

    Tout ceci est bel et bien beau, en tout cas moralement satisfaisant, mais va renchérir le coût de la liquidation financé par… les contribuables. En résumé, des requins de la finance ont vendu à des élus incompétents (voire pire) des produits spéculatifs auxquels ils n’ont rien compris ; les requins ont fait faillite, les élus ont été réélus, ou pas, et le contribuable paye l’addition.

  • RBS : la banque libérale nationalisée par le contribuable brittanique

    Nouvel épisode de la manipulation à grande échelle des taux d’intérêt sur les marchés financiers par les traders-fraudeurs : la banque Royal Bank of Scotland (RBS) accepte de régler une pénalité d’environ 600 millions d’USD aux autorités britanniques et américaines pour avoir des années durant faussé et manipulé le taux d’intérêt de référence LIBOR. La banque informe par ailleurs de la démission de son directeur de quelque-chose ! C’est bien le moins… Compte tenu des circonstances on se serait plutôt attendu à un licenciement sec de tout l’état-major avec plainte au pénal et embastillement immédiat à la Tour de Londres.

    RBS s’est rendue célèbre durant la crise financière de 2008 pour son risque de complète faillite qui poussa le gouvernement britannique à la nationaliser à quasiment 100% pour éviter son effondrement. Le contribuable a donc financé les errements du management de cet établissement : rachat hors de prix de la banque ABN Amro début 2008, pertes de trading colossales, expansion démesurée et incontrôlée, pertes gigantesques sur les valeurs dites subprime (crédit immobilier fait à des emprunteurs non solvables), rémunérations exorbitantes d’employés jouant au casino avec l’argent des déposants, utilisation massive de paradis fiscaux pour compte propre et pour des clients, on en passe et des meilleures !

    Cerise sur le gâteau, son pédégé Fred Goodwin (il s’appelle bien Goodwin, ça ne s’invente pas) a finalement accepté de démissionner en 2009 avec toute une série d’avantages en espèces sonnantes et trébuchantes, retraite chapeau et autres gâteries comme les banques savent en mijoter pour leurs dirigeants incompétents. Devant la levée de bouclier constatée au Royaume-Uni en 2009 face aux avantages acquis à ce banquier failli, le garçon a accepté de réduire ses exigences.

    La transaction acceptée par RBS en 2013 montre que non seulement cette banque était mal gérée, que ses cadres percevaient des rémunérations sans rapport avec leurs mérites et résultats, que le contribuable britannique a dû casser sa tirelire pour lui sauver la mise, mais qu’en plus de tous ces errements, la banque fraudait massivement en manipulant les taux d’intérêt. N’en jetez plus !

    Le plus insupportable dans ces affaires bancaires (RBS est loin d’être seule dans le marigot des tripatouillages financiers) pour le citoyen lambda c’est finalement l’absence de sanction. Certes, la City a licencié une partie de ses effectifs de traders-fraudeurs, mais pas beaucoup plus que le secteur de la sidérurgie en Europe du Nord.

    La puissance des secteurs financiers face aux Etats est sans limite. Il a quand même fallu voir le Royaume britannique, la Mecque du libéralisme financier, accepter de nationaliser ses banques ! Pire, alors que le capitalisme en partie originaire de la perfide Albion nous ressasse depuis des décennies que le libéralisme c’est la responsabilité : on voit à Londres les fat-cats continuent globalement à ronronner tranquillement, malgré leurs échecs, gorgés d’avantages financiers immérités. Eh oui, même un gouvernement britannique conservateur (qui est en train de se préparer à proposer à ses citoyens de statuer sur leur départ de l’Union européenne) n’arrive pas trop à changer les choses… Espérons au moins qu’il arrivera à revendre cette banque félonne sur les marchés, pour qu’au moins le contribuable soit remboursé.

  • Coup de force égocentrique au MEDEF

    La Parisot, cheftaine du syndicat patronal MEDEF, serait en train de réfléchir à faire modifier les statuts de son syndicat pour pouvoir faire un troisième mandat, interdit par ses statuts pour le moment. On se croirait dans une République bananière ! Que des gens aient un égo disproportionné et se croient indispensables et irremplaçables, on peut le déplorer mais c’est un fait, hélas. Le plus fascinant dans une affaire comme celle du MEDEF serait que la Parisot trouve suffisamment de membres pour approuver cette modification statutaire et valider son coup de force égocentrique !

  • 777 formulaires administratifs

    Je cherche un imprimé administratif à remplir : sur le site Mon Service Public il y a… 777 formulaires disponibles qui vont de la « Fiche de déclaration de captures d’anguilles » à la « Déclaration d’enrichissement des vins » en passant par la « Demande de titre de prisonnier du ‘Viêt-Minh’ » ou la « Demande d’attribution du titre d’évadé ». On se demande si 777 formulaires ce n’est tout de même pas un peu trop de bureaucratie.

  • Les forbans de la banque

    Des banques américaines parmi les plus grosses de la planète acceptent de verser des pénalités qui se chiffrent en milliards de dollars pour mettre fin aux poursuites engagées contre leurs agissements dans l’après-crise des subprimes. Elles avaient saisi à tour de bras les biens immobiliers de leurs emprunteurs impécunieux en dehors de tout processus légal. Ces fonds doivent être utilisés pour indemniser les anciens propriétaires-emprunteurs spoliés par ces méthodes de flibustiers des Caraïbes. On a beau être aux Etats-Unis d’Amérique, la Mecque du capitalisme débridé, il y a quand même quelques limites à ne pas dépasser. Il eut été pas mal de s’en apercevoir avant les saisies, mais mieux vaut tard que jamais.

    De plus, Banque of America a elle été condamnée à indemniser à hauteur de 10,35 milliards de dollars l’organisme public américain (eh oui, il y a des organismes publics aux USA) de crédit hypothécaire pour lui avoir fourgué pendant des années des titres de dette en en cachant sciemment le risque attaché.

    On continue aujourd’hui encore, quatre ans après l’explosion de la plus grave crise financière de tous les temps, de mettre à jour les méthodes des forbans de la finance qui dépassent tout ce qu’un homme raisonnable pouvait imaginer en termes de roueries, de malhonnêteté et de rapacité. Et on n’a sans doute pas fini…

  • Le continent paye pour la Corse

    Le monde médiatique et politicard s’agite pour des non-sujets sur lesquels il aime tant débattre et polémiquer, passant ainsi sous le tapis les vrais débats financiers plus vitaux pour notre République. Le conseil constitutionnel a censuré un article de la loi de finances 2013 qui instaurait une taxe provisoire de 18% sur les revenus individuels supérieurs à 1 million d’euros, portant ainsi le taux d’imposition de la tranche de revenus supérieure à ce million à 75%. Le motif est que ce taux devrait être appliqué sur les revenus du foyer et non des individus qui le composent. Bref, dans un cas comme dans l’autre on parle de 1 000 à 2 000 personnes tout au plus. Certaines fuient déjà l’hexagone mais on peut parier que la majorité de ces 2 000 happy few demeurera en France. Et ceux qui partiront sont interchangeables. Depardieu, bon acteur surpayé de la scène française part en Belgique ou en Russie, grand bien lui fasse, nous survivrons à son absence.

    Plus intéressant, et sans doute plus productif en matière de rentrée fiscale, le conseil constitutionnel a également mis fin au renouvellement éternel d’une des nombreuses niches fiscales dont bénéficient les contribuables corses :

    L’article 14 prorogeait un régime fiscal dérogatoire applicable aux successions sur les immeubles situés dans les départements de Corse. Il conduisait, sans motif légitime, à ce que la transmission de ces immeubles soit exonérée de droits de succession. Le Conseil a jugé que cette prorogation méconnaissait le principe d’égalité devant la loi et les charges publiques et censuré l’article 14.

    Conseil constitutionnel

    Depuis Napoléon les contribuables corses se transmettaient leurs biens immobiliers de génération en génération en exonération de droit de succession. On se demande bien ce qui motivait encore au 21ème siècle le maintien d’un tel privilège sinon la faiblesse de caractère de nos élus face à la capacité de nuisance du peuple corse.

    On peut gager que ledit peuple ne renonce pas aussi facilement et s’attendre à des combats sans merci pour le rétablissement de cette prébende d’un autre âge. En attendant il restera la fraude pour ne pas payer, exercice dans lequel l’Ile de Beauté excelle également semble-t-il.

  • Les traders-fraudeurs passent par la case prison

    Ca y est, une première fournée de traders-fraudeurs a été mise en taule au Royaume-Uni. Ces charmants garçons avaient manipulé le taux LIBOR, ils ont à rendre des comptes à la justice britannique pourtant pas vraiment réputée pour ses tendances bolchéviques, particulièrement quand il s’agit des flibustiers de la City, première place financière mondiale.

    A priori la commission européenne enquête sur des fraudes du même ordre au sein de la zone euro sur le taux EURIBOR. En taule les frondeurs !

  • L’agonie de la sidérurgie européenne

    Eh bien voilà ! Après force cris, débats et menaces sur les plateaux télévisés la République ne va pas nationaliser Arcelor-Mittal pour sauver des hauts-fourneaux lorrains, sans doute condamnés à terme. C’est la solution raisonnable qui prévaut, un deal temporaire avec un capitaliste métallo mondialisé dont les promesses ne l’engagent guère au-delà de quelques semaines, comme celles de l’Etat d’ailleurs.

    Il aurait sans doute fallu réfléchir à toute cette question en 2006 lorsque la France, l’Espagne, la Belgique et le Luxembourg ont laissé Mittal avaler Arcelor dans le fracas d’une OPA hostile, après les restructurations colossales menée en Europe dans la sidérurgie dans les années 80. En cherchant bien, il y aurait sans doute eu des moyens de mettre des bâtons dans les roues du fibustier indien de l’acier mondial.

    Bref, le contribuable européen a payé des décennies durant pour remettre la marié en état, la mise a été emportée par Mittal qui a racheté sauvagement l’entreprise et qui maintenant en ferme certains éléments qui contrecarrent sa stratégie mondiale. Si l’entreprise et son management étaient restés européen on peut imaginer que les décisions concernant Florange eurent été différentes, et encore, rien n’est sûr.

  • Lenglet François, ‘Qui va payer la crise ?’.

    Sortie : 2012, Chez : Fayard. Un livre de journaliste, donc très critique et peu analytique. Tout le monde en prend pour son grade : les pays qui gèrent leur budget avec rigueur car ils cassent la croissance des autres ; les pays qui dépensent sans compter car ils vivent comme des cigales et cassent leur futur ; les dirigeants irresponsables qui n’arrivent pas à se mettre d’accord pour faire avancer l’Europe et plient devant le monde de la Finance, etc. Seule la corporation des journalistes (qui bénéficie toujours d’une niche fiscale en France et participe ainsi à la dépense publique NDLR) semble échapper à ce tir de barrage.
    Sur le fond la description de la situation apparaît correcte mais le diagnostic l’est un peu moins. Sa théorie principale, répétée à plusieurs reprises est que c’est la crise qui crée la dette et non l’inverse. C’est une façon contestable de voir les choses car c’est surtout l’incurie budgétaire de nos Etats qui a créé la crise de la dette publique : 40 années successives de déficit pour le budget de la France, pendant les périodes de croissance comme de récession. Nos enfants n’ont jamais connu autre chose que le déficit de leur Etat depuis leur naissance ! Si la France avait profité des périodes de vaches grasses pour se désendetter elle aurait pu affronter la situation actuelle avec plus de force, mais réduire les dépenses publiques nécessite un courage politique dont nos dirigeants ces dernières années étaient fort peu pourvus, eux-mêmes élus par des masses peu disposées à se remettre en cause.
    Après les pages de critiques tous azimuts il y a quelques propositions dans les derniers paragraphes : faire sortir la Grèce de la zone euro en préparant l’opération, et annuler tout ou partie des dettes des pays du sud de l’Europe. Stratégies relativement aisées à définir du fond d’une rédaction parisienne (avec niche fiscale NDLR), un peu plus complexe à mettre en œuvre dans la vraie vie. Mais grosso-modo c’est ce qui se dessine ; il est peu probable que la Grèce quitte la zone euro, mais l’annulation/allègement des dettes des pays impécunieux est en cours. La Grèce a vu effacer une partie significative de sa dette privée et l’allègement de sa dette publique est en cours. Simplement cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique : il a y 26 autres pays européens à convaincre, une multitude de créanciers à qui fournir des kleenex pour pleurer, des peuples et des parlements qui existent encore et qu’il faut prendre en compte. Bref, quand on annule de la dette il faut répondre à la question : « Qui va payer ? ». Eh bien quand il s’agit de dette privée ce sont les banques, et derrière leurs actionnaires voire leurs contribuables nationaux si ces annulations mettent en péril l’avenir desdites banques ; pour les dettes publiques ce sont directement les contribuables des pays prêteurs, c’est plus simple. La République française est créancière à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros de la Grèce, prêts directs et garanties de prêts divers, ce qui veut dire que tout euro annulé à la Grèce se retrouve dans le budget dépenses de la République et donc sur notre avis d’imposition. C’est assez simple à comprendre, c’est un peu plus difficile à mettre en œuvre, en tout cas cela prend plus de temps que Lenglet n’en octroie.
    On note (au moins) 2 erreurs manifestes dans l’ouvrage. Lenglet parle page 172 du safari mené par le roi d’Espagne en 2012 en « Rhodésie » pour illustrer la perte de repères des dirigeants européens : la Rhodésie n’existe plus depuis qu’elle est devenue indépendante dans les années 70 et s’est transformée en Zimbabwe. Il explique aussi page 169 que la nouvelle monnaie grecque « …devrait se déprécier de moitié au moins, ce qui divisera la dette par deux. » Dans une telle hypothèse, la dette en EUR sera multipliée par 2 et non divisée par 2 !
    Pour résumer, un livre intéressant mais qui le serait encore un peu plus avec moins de formules à l’emporte-pièce et plus de réflexion.

  • Clémentines françaises

    Les encagoulés corses continuent à se massacrer hardi petit. Personne ne comprend grand-chose à ces histoires mafieuses, il y est question de familles, d’histoires ancestrales, de gains faramineux dans le jeu, les filles, l’immobilier, on parle d’omerta, de complicités politiques. Rien, ou pas grand-chose, n’est élucidé dans tous ces crimes d’un autre âge. Les gouvernements passent, les élus locaux trépassent, les discours s’enflamment mais surtout rien de neuf ne se passe et les armes continuent à parler sur un territoire de la République.

    Simply Market semble avoir fait son deuil d’une Corse française et affiche déjà ses clémentines origine « Corse » et non plus « France » ou « Espagne » comme pour les autres fruits et légumes. i

  • Made in Europe

    Ça c’est une cafetière achetée aujourd’hui chez Darty. Rien d’exceptionnel a priori, du très classique ! Eh bien détrompez-vous : c’est un collector, une pièce unique qui bientôt n’existera plus. C’est la seule cafetière non fabriquée en Chine. Elle est produite en Pologne, ce qui est quand même mieux, mais pour la trouver il faut parcourir tout Paris. Inutile de préciser qu’aucun modèle n’est plus made in France.