Le projet de plan de rigueur, pardon de plan anti-déficit, prévoyait le rétablissement au taux normal de TVA de 19,6% sur les entrées dans les parcs d’attraction qui bénéficiait du taux réduit de 5% : un billet d’entrée au parc Astérix, actuellement en promotion jusqu’au 16 septembre à 30,00 EUR, passerait à 34,17 EUR après rétablissement du taux standard de TVA. Ce projet déclenche une levée de boucliers de divers lobbies franchouillards et la commission concernée de l’assemblée nationale vient de voter contre à l’unanimité, gauche et droite confondues. Après la France de la bagnole qui a fait reculer le gouvernement sur la suppression des panneaux indicateurs de radars routiers, après la France de possesseurs d’œuvres d’art qui a fait reculer ce même gouvernement sur l’inclusion de ces œuvres dans la base taxable de l’impôt de solidarité sur la fortune, c’est la France des parcs de loisirs qui s’agite et suggère d’aller prendre de la TVA dans la poche des voisins plutôt que les siennes. On verra la décision finale du parlement mais on n’est pas sorti de l’auberge et on peut se demander si lobbies et citoyens ont bien mesuré l’étendue du sinistre financier dans lequel se trouve notre République !
Catégorie : Economie
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« L’exubérance irrationnelle » de Messieurs les marchés
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont vus à Paris et ont annoncé de vagues engagements d’une règle à faire adopter par tous les pays membres de l’Union européenne prohibant les déficits excessifs et prévoyant une future proposition de taxe sur les transactions financières. Comme d’habitudes Messieurs les Marchés interprètent toutes ces annonces en défaveur de ceux qui les avancent.
- La « règle d’or » sur les déficits serait trop vague et ne sera jamais mises en œuvre,
- La taxe sur les transactions financières serait trop précise et nuirait aux intérêts des marchés
Dans un cas comme dans l’autre la politique européenne a tort et la panique boursière continue. Il faudrait savoir, les deux mesures étant d’effet contraire elles ne peuvent être toutes les deux bonnes ou mauvaises en même temps, il y en a forcément une favorable et l’autre défavorable et vice versa selon le coté où l’on se place.
Le plus drôle, imaginons un instant que nos Etats mal gérés arrivent soudain à équilibrer leurs budgets et voient leurs besoins de financement, Messieurs les Marchés sont encore capables de se plaindre car ils ne trouveront plus emploi pour leurs ressources. On ne risque pas de se trouver rapidement dans une telle situation mais on ne sait jamais, elle pourrait arriver un jour ! Ce serait intéressant.
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Dette et dîners en ville
La presse glose sur les eurobonds qui seraient la panacée pour sauver l’Europe. En fait, il s’agit juste d’un outil supplémentaire pour refiler le mistigri à quelqu’un d’autre et continuer à pouvoir dépenser tranquillement. L’Europe en tant que telle n’étant pas endettée, nos politiciens y voient donc un véhicule idéal que l’on peut… endetter à son tour. Si on allait dans cette direction, cela donnerait une bouffée d’oxygène aux Etats mal gérés qui pourraient ainsi retarder les incontournables décisions à prendre c’est-à-dire l’équilibre des recettes et des dépenses, car eurobonds ou pas, il faudra bien un jour que nos Etats et nous, citoyens de ces Etats déliquescents, acceptions le principe que nous devons sur la durée dépenser moins que nous ne gagnions, ne pas vivre au-dessus de ses moyens.
Dans les dîners en ville ces mêmes citoyens font souvent preuve d’une coupable indulgence envers nos comportements collectifs irresponsables et la mauvaise gestion de nos finances publiques. Alors que chaque ménage s’applique généralement à lui-même, sauf exception, la règle de gestion ne pas vivre au-dessus de ses moyens, il a du mal à étendre ce principe aux finances publiques qui relèvent pourtant globalement des mêmes principes et contraintes : quand il y a des sous dans la caisse, on peut les dépenser, quand il y en a plus, il faut réduire ses dépenses et/ou augmenter ses recettes, l’endettement pouvant compenser provisoirement un déficit, mais seulement provisoirement car il a ses limites : la confiance du prêteur.
Les eurobonds c’est un peu comme les subprimes de 2008 : on fait un sandwich avec de la bonne dette (pays du nord) et de la mauvaise (pays du sud), et on espère que le consommateur-prêteur mordra à pleines dents sans s’apercevoir de la supercherie. Le problème c’est qu’on l’a déjà grugé en 2008 en lui tartinant une couche de subprimes au milieu de deux couches de bon crédit, et il s’y est endommagé les molaires. Dieu merci pour sa dentition carnivore le contribuable mondial est venu tempérer ses douleurs mais il lui reste encore un petit élancement dans les gencives alors il n’est pas évident qu’il morde à l’appât des eurobonds sans un engagement des contribuables qui lui épargne à l’avance toute rage de dents si le produit s’avérait toxique…
Comme disait un oracle en 2008 : « on ne résout pas un problème de dette en s’endettant. »
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Les Etats cherchent à contrôler la spéculation
Eh bien voilà, après avoir vilipendé l’Allemagne qui fit de même il y a quelques mois, certains pays européens dont la France, interdisent les ventes à découvert de certains titres. Il suffisait de le faire. Certes la décision est limitée dans le temps (15 jours) et sur le nombre de titres concernés, mais elle va dans le bon sens. La vente à découvert est le principal outil de spéculation à la baisse. Il est utilisé marginalement par certaines industries pour couvrir des positions réelles mais il est majoritairement le joujou des traders-surpayés.
Voyons donc le bilan de cette décision dans quinze jours et s’il y a lieu de l’étendre. Jusqu’ici elle va dans le bon sens.
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Commérage et incompétence
L’affaire Société Générale illustre plus que tout autre une remarquable chaîne d’incompétence et de voyeurisme de la presse et des marchés financiers ! Le Daily Mail, torchon britannique, sort une info sur cette banque qui serait « au bord du désastre ». L’information est bien entendu reprise par d’autres journaux sans vérification. Trois jours plus tard et bien que déjà démentie, des traders surpayés la prenne pour argent comptant, ne vérifie rien et surtout pas les chiffres publiés par cette banque, ils n’ont pas le temps et de toute façon ne les comprennent pas, ils vendent le titre qui perd jusqu’à 20% lors de la séance de mercredi dernier pour finir à -14,9%. Les titres des autres banques baissent également significativement, on ne sait jamais des fois que l’information non vérifiée de la Société Générale les concerne aussi…
Une journaliste de Reuters publie un tweet personnel expliquant que cette rumeur serait due à une mauvaise lecture de la fiction de l’été publiée par Le Monde narrant la faillite de l’euro. La presse française adore cette nouvelle information et la fait tourner en boucle, sans plus vérifier ni auprès de ladite journaliste ni auprès du Daily Mail. Libération, Le Figaro l’AFP et d’autres en font leurs gorges chaudes.
Devant l’ampleur du sinistre boursier, les journalistes se souviennent qu’ils ont une carte de presse, que certains sont allés à l’école de journalisme, et commencent à faire le métier pour lequel ils sont payés. Les rumeurs et autres tweets se révèlent infondés. Messieurs les Marchés comprennent qu’ils auraient mieux fait d’analyser la situation plutôt que de lire la presse de caniveau outre-manche avant de se lancer dans de folles et déraisonnées transactions, ils rachètent de la Société Générale, le titre remonte doucement.
En résumé, des journalistes se sont transformés en concierges, des opérateurs de marché en vendeurs d’aspirateurs ; tous les ingrédients du psychodrame étaient sur la table et ce qui devait arriver arriva ! Maintenant les uns s’excusent, les autres enquêtent, d’autres se plaignent, chacun est retourné penaud dans son bureau faire le dos rond devant ses écrans.
Tout ça n’est pas très grave et aurait pu être vrai. La Société Générale s’en remettra, son titre regagnera ce qu’il a perdu, et s’il y a des actionnaires qui ont perdu en vendant dans la panique, d’autres ont gagné en achetant à ce moment. Mais on a atteint le niveau d’un concours de billes en maternelle 1ère année, et encore. Le plus déprimant est que tous ces beaux esprits sont payés pour être intelligents et qu’une nouvelle fois les faits démontrent qu’ils agissent comme un troupeau de moutons décérébrés !
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Rumeurs et hystérie
Il apparaît aujourd’hui que la baisse substantielle des valeurs bancaires hier à la bourse de Paris était due à une rumeur publiée par le journal de caniveau Daily Mail, annonçant que la Société Générale était au bord du désastre.
Eh oui, les soi-disant analystes financiers basent leurs recommandations sur des bruits de chiottes venus d’on ne sait où. Il n’y a évidemment pas de vérification de l’information, pas d’étude des chiffres, encore moins de compréhension des risques, c’est juste de degré 0 de l’analyse ce qui pour des analystes financiers est un comble. Bientôt nous apprendrons que le rédacteur en chef de Détective est en lice pour le prix Nobel d’économie.
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Panique et hystérie, les deux mamelles qui abreuvent les marchés
Les médias adorent édifier Madame Michu avec des mots savants pour tenter de lui faire comprendre comment sa petite épargne va être ou non préservée de la crise financière.
On parle ces jours-ci de nervosité ou de volatilité des marchés. Il faut comprendre en réalité incompétence pour mesurer la valeur des actifs financiers, absence totale de self-control face à des évènements qui se précipitent, incapacité à prévoir quoi que ce soit, spéculation effrénée pour essayer tout de même de gagner à la baisse ou à la hausse, irrationalité totale, etc.
C’est ainsi que Messieurs les Marchés ont fait baisser la bourse de Paris de -4,68% lundi, puis augmenter de +1,63% mardi et mercredi sera un autre jour. Cherchez la logique ? Il n’y en a pas au-delà de quelques vagues déclarations politiques de solidarité et de plans de rigueur qui n’engagent que ceux qui les croient, ce n’est qu’hystérie.
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Crise en vacances
Avez-vous remarqué que l’un des points majeurs d’analyse des médias quand il y a une crise en été est le délai que mettent les dirigeants concernés à interrompre leurs vacances pour revenir au boulot ? C’est effectivement un passionnant critère de résolution des crises. Sarkozy est resté au Cap Nègre jusqu’à hier soir malgré le feu sur lequel soufflait Messieurs les Marchés depuis une semaine, Cameron le britannique a mis deux jours à revenir de Toscane pour gérer les émeutes britanniques. Les journalistes glosent sur ce délai à défaut de comprendre ce qui se passe, et de toutes façons, que les dirigeants rentrent immédiatement ou restent en vacances, les médias trouveront quelque chose à y redire, et Messieurs les Marchés aussi.
Reconnaissons au moins à nos dirigeants que, en vacances ou pas, ils triment et n’ont guère de temps pour eux au cours de leurs mandats.
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Les « forces » du marché
Eh voilà, la bourse de Paris termine en baisse de -5,45% aujourd’hui mercredi. Des traders mondains passent et repassent dans les journaux télévisés derrière leurs écrans cathodiques (ça fait sérieux et techno) pour montrer, désespérés, des graphiques plongeant vers l’abysse. Mais bande de butors, triple-buses, crétins des Alpes, ânes bâtés, bachibouzouks, si les cours baissent c’est parce que VOUS vendez, alors ne prenez pas ces airs ahuris et dévastés devant les soi-disant forces du Marché !
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Il est toujours difficile d’annoncer aux électeurs qu’ils vont devoir payer
Comment un Etat qui n’a pas pu imposer à ses citoyens le retrait des panneaux indicateurs de radars par peur de froisser leur susceptibilité de conducteurs mis à mal par l’augmentation de contraventions conséquentes, comment un Etat qui n’a pas pu réintégrer les œuvres d’art dans le calcul de son impôt de solidarité sur la fortune alors qu’il croule sous les dépenses et l’absence de recettes, comment cet Etat peut-il faire croire à sa capacité à ramener son déficit public à 3% en 2013. Qui va croire à une telle billevesée ?
Des mesurettes qui relèvent du simple bon sens en ces temps de disette budgétaire ont du être rapportées sous la pression de lobbys franchouillards. Qu’est ce que cela va être lorsqu’il faudra vraiment sabrer dans les dépenses et vraiment augmenter les impôts…
La discussion parlementaire du budget 2012 de la République française risque d’être édifiante à cet égard car là devront être pris les vrais engagements et gravés dans le marbre du journal officiel les vrais sacrifices qu’il faudrait consentir pour atteindre cet objectif.
En attendant la dernière trouvaille de nos politicards est de savoir s’il faut modifier la Constitution pour y ajouter un article rendant inconstitutionnel le déficit budgétaire. C’est un peu surréaliste, le mieux serait d’abord de dépenser de l’énergie en ces temps difficiles pour rétablir l’équilibre budgétaire dans les faits, ensuite on pourra modifier la Constitution, mais il est sans doute plus facile (et moins dangereux pour les élus) de s’écharper sur un texte abscond que sur des mesures pragmatiques qui promettent d’être douloureuses pour les électeurs sur qui elles s’appliqueront.
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L’aveuglement de dirigeants bancaires de circonstance
Ce nouveau rebond de crise financière nous vaut le retour sur les plateaux télé des économistes mondains, ce soir Philippe Waechter, vague chef analyste chez Natixis qui explique à Madame Michu surBFM TV comment la banque centrale européenne a été peu efficace aujourd’hui… On croit rêver, Natixis l’une des grandes défaillances de la finance française où les sous des caisses d’épargne et des banques mutualistes populaires ont été dilapidés dans des opérations de marché pour satisfaire les égos d’un quarteron de dirigeants avides de briller dans les dîners en ville, Natixis donc, sauvé du désastre par les contribuables, nous édifie sur comment aurait du intervenir la banque centrale pour parer aux errements des marchés, Natixis toujours, qui a attendu que Monsieur Standard et Madame Poor’s dégradent la dette à long terme des Etats-Unis pour découvrir que ce pays est endetté… Mais dites-moi : que font ces analystes quand ils arrivent dans leurs bureaux le matin ? Lisent-ils L’Equipe ou jettent-ils de temps un temps un œil sur les rapports de la Cour des Comptes qui avertit depuis des années que la France vit au-dessus de ses moyens ?
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Les contribuables paieront
Messieurs les Marchés seraient inquiets et nos gouvernants redoublent de déclarations lénifiantes sur la capacité de leurs contribuables à prendre en charge les déficits abyssaux de leurs finances publiques. Les banques centrales y ajoutent leurs grains de sel en expliquant qu’elles vont créer de la monnaie à tout va pour éviter de sinistrer Messieurs les Marchés. Oyez bonnes gens, circulez il n’y a rien à voir, continuez à prêter, vos pertes seront nationalisées, notre épargne préservée que nos Etats pourront continuer à prélever pour rembourser vos créances…
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L’incapacité des Etats à maîtriser leurs dépenses
L’agence Standard & Poor’s dégrade la note de la dette souveraine à long terme des Etats-Unis d’Amérique de AAA à AA+. Dans sa note du 5 août de cinq pages, relativement claire, S&P explique que ce bonnet d’âne a été délivré devant la faiblesse des décisions politiques pour stabiliser la dette du gouvernement : en gros cela manque de recettes et il y a trop de dépenses. On ne saurait mieux dire.
Lire aussi la note de S&P : ici.
Rien de bien neuf sous le soleil, que n’importe quel économiste du bas Connecticut ne sache déjà depuis des décennies. Mais cette-fois ci le cancre américain est mis au coin les mains dans le dos et il est rayé du tableau d’honneur. La planète financière qui sait également tout ceci depuis des lustres puisque c’est elle qui prête au gouvernement américain impécunieux, ladite planète financière s’inquiète, voire panique, devant la réaction à en attendre des Messieurs les Marchés financiers lundi à l’ouverture des bourses.
Ces réactions d’orfraies relèvent une fois de plus de la faux-jettonerie la plus extrême, mais c’est ainsi. La France nous dit-on est à l’abri d’une telle infamie car comme chacun sait nous maîtrisons nos dépenses et notre dette publique.
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Baroin le baby Chirac
Il est gentil le petit Baroin, propret et jeunot, mais déjà délivrant une langue de bois en chêne massif. Les marchés d’actions dévissent, les taux d’intérêt des prêts aux pays Clubmed augmentent, alors très doctement il leur parle de la zone euro avec des mots savants et vides de sens qui impressionnent Madame Michu : gouvernance, souplesse, respectabilité, durabilité, soutenabilité, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.
Eh bien figurez-vous que Messieurs les marchés semblent avoir des doutes et ne pas croire aux engagements de Baby-Baroin ! Incroyable, insoutenable. Nous allons même vous faire une confidence, il semble que ramener le déficit de la République à 3% en 2013 soit un vœu pieux qui relève de l’escroquerie intellectuelle.
Avez-vous remarqué ce nouveau terme de soutenabilité tout juste sorti du vocabulaire mondain de l’establishment européen pour qualifier le nouveau plan de soutien financier à la Grèce ? Il succède au désormais célèbre événement de crédit qui veut dire faillite en français populo. Avec Baby-Baroin c’est le nouveau concept de la pipeautabilité qui fait une apparition en fanfare.
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Finalement l’économie c’est assez simple !
Les médias s’excitent sur la situation de la zone euro. Le problème actuel est plus un problème de dette qu’un problème d’euro.
L’instauration d’une monnaie commune a été une étape supplémentaire dans l’intégration de l’Europe et a favorisé les échanges intra-européens. L’Europe est le premier marché de l’Europe. Comme un touriste en goguette en Italie a la vie plus facile avec l’euro qu’autrefois avec le franc et la lire, les entreprises européennes peuvent échanger plus facilement et c’est donc bon pour le business et la base fiscale des Etats.
La valeur d’une monnaie est déterminée par sa balance des paiements. Très très grossièrement si nous prenons l’exemple de la France du franc : quand la France importait plus qu’elle n’exportait, elle avait donc plus de devises non-franc à acheter pour régler ses dettes qu’elle n’encaissait de devises non-franc sur ses exportations ; dans ce cas la théorie économique veut que la valeur du franc baisse pour rééquilibrer cette balance des paiements en renchérissant les importations et rendant plus compétitives les exportations, et vice-versa pour un pays comme l’Allemagne qui exportait plus qu’elle n’importait. C’est la raison pour laquelle durant des années le franc a été régulièrement dévalué contre le mark.
Quand nous parlons d’exportations et d’importations, nous parlons de biens, de services et de capitaux. S’endetter à l’étranger revient à importer des capitaux, rembourser sa dette et ses intérêts revient à exporter des capitaux, et pour exporter des capitaux en devises encore faut-il avoir ces devises dans ses caisses…
La vraie vie est bien sûr beaucoup plus compliquée avec de nombreuses interférences additionnelles et notamment le fait que la valeur d’une monnaie est aussi relative par rapport à celle des autres monnaies. Aujourd’hui ce n’est pas tant l’euro qui est fort que le dollar US qui est faible…
Un pays qui ne contrôle pas ses dépenses et ne maîtrise plus sa dette comme la France ou la Grèce, lorsqu’il a sa propre devise voit celle-ci dévaluer progressivement rendant ainsi l’endettement externe de plus en plus onéreux avec l’effet vertueux de le pousser à rétablir ses finances internes puisqu’il n’y a plus moyen de s’endetter à l’extérieur pour financer sa mauvaise gestion. C’est ce qui s’est passé en 1983 en France où après de multiples dévaluations la France a du quémander une aide exceptionnelle à l’Union européenne de plusieurs milliards de francs (exactement comme la Grèce aujourd’hui) et mettre en place un plan de rigueur.
Aujourd’hui avec la zone euro, la valeur de la monnaie et les taux d’intérêt associés sont mutualisés sur un ensemble de pays, bien gérés au Nord de l’Europe, et mal gérés au Sud. Les pays club méditerranée, y compris la France, ont pu s’endetter sans compter et financer leur mauvaise gestion financière par de la dette à bas coût. Mais la dette, que ce soit pour un ménage ou pour un Etat se rappelle toujours aux débiteurs et il faut passer à la caisse à un moment ou un autre, ou alors négocier avec tes créanciers pour un rééchelonnement ou une annulation (ce qui revient à peu près au même en termes financiers). C’est ce que la Grèce essaye de faire avec ses créanciers en négociant soit un rééchelonnement/annulation partielle (option plutôt mal vue par la communauté financière internationale car reviendrait à prononcer un défaut de cet Etat) ou encore plus d’argent au reste des pays européens, ce qui revient à endetter encore plus ceux-là pour assurer la fiction que celle-ci est en mesure de payer ses dettes. Les allemands n’aiment pas trop cette option.
Il n’est pas envisagé de faire tomber la Grèce car ce serait prononcer son défaut sur sa dette bancaire et privée et les conséquences financières seraient sans doute désastreuses, bien au-delà de ce pays. Mais il faut donc que quelqu’un paye, a priori ce sera la communauté des contribuables européens.
En résumé, la zone euro est évidemment une bonne chose pour l’intégration et le développement économique des pays concernés. Son défaut est qu’elle ne permet pas d’éviter que les finances de ces pays soient bien gérées. Elle a simplement permis de repousser l’échéance pour les pays club méditerranée qui sans l’euro auraient été soumis plus tôt à la nécessité de redresser leur gestion. La France en est là (plus de budget en équilibre depuis Raymond Barre) et les quelques milliards de niches fiscales à supprimer annoncées hier par Baroin, n’y suffiront pas. Il y aura du sang et des larmes pour les mois et les années à venir.
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La dette et l’Afrique : une si vieille histoire
Fillon est en Cote d’Ivoire. Comme tout dirigeant français qui se respecte il est dans une ancienne colonie pour annuler sa dette. La tradition est d’autant plus respectée cette fois-ci que le pays sort d’une guerre civile. Mais qu’importe, 3 milliards d’euros sont annulés cette fois-ci comme les milliards annulés dans le passé et les milliards qui ne manqueront pas d’être annulés dans le futur.
Fillon a dans ses bagages toute une brochette de pédégés d’entreprises françaises qui dans un bel ensemble rendent hommage au nouveau chapitre qui s’ouvre, au partenariat décomplexé, et bla-bla-bla. Sarkozy ayant déjà annoncé que l’armée française reste sur le pied de guerre à Abidjan, tout est réuni pour continuer comme avant, hélas !
L’annulation de dette est le fil rouge de la politique de la France avec ses anciennes colonies. Cette fois encore, elle fera croire à l’illusion d’une activité pour les entreprises françaises dans ce pays alors qu’en réalité, de coups d’Etat en destructions, de pillages en massacres, l’économie de ce pays ne tient que grâce à la générosité du contribuable international, et français en particulier. C’est l’éternelle histoire de la privatisation des profits et la nationalisation des pertes : l’Etat ivoirien ne survit que parce que les contribuables occidentaux acceptent de ne pas recouvrer les prêts publics consentis à ce pays et des entreprises privés gagnent de l’argent en faisant tourner certains secteurs de l’économie. Au niveau macro-économique c’est un jeu à somme nulle, voire négative. Au niveau social, il est vrai, cette activité économique, même fictive, crée de l’emploi en Côte d’Ivoire ce qui est tout de même un facteur de stabilisation.
Il est urgent de laisser la Chine poursuivre tranquillement son installation en Afrique et y appliquer ses méthodes et dépenser ses yuans.
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La finance française change de mains
Baroin, nouveau ministre des Finances après le départ de Lagarde comme chef du fonds monétaire international annonce fièrement que les banques françaises ont passé avec succès les stress-tests qui consistent à simuler des situations financières tendues et examiner si les bilans desdites banques leur permettent de survivre. Tout ceci est bel et bien beau mais relève quelque peu de l’autosatisfaction niaise.
On se souvient de l’affaire Kerviel, le trader-fraudeur de la Société Générale qui a fait perdre 5 milliards d’euros à son employeur. La banque était virtuellement en faillite et l’on peut rendre hommage à sa direction qui a assuré la recapitalisation l’espace du week-end, afin de pouvoir annoncer le lundi matin : le problème et sa solution.
On a beaucoup glosé sur le pédégé Bouton qui n’avait pas prévenu le monde politique de la fraude gigantesque durant le week-end et dont l’arrogance déclenchait des amertumes dans les salons parisiens. Si son organisation n’a pu empêcher cette fraude d’un individu malfaisant, il a malgré tout sauvé sa banque et évité un cataclysme financier en France et probablement en Europe. Si la Société Générale était tombée ce week-end, c’est-à-dire si son état-major n’avait pas réussi à trouver des actionnaires généreux pour combler le trou, c’était la fin et le réveil le lundi matin aurait été douloureux, stress-test ou pas.
Le plus grand danger pour le secteur financier ce sont sans doute les humains qui l’animent plus que le niveau de ses capitaux propres. Bonne nouvelle, les humains peuvent aussi être la solution. Je ne suis pas sûr que les stress-tests aient pris en compte ce critère.
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Raisonnable
Bonne nouvelle, la ville d’Annecy qui était candidate à l’organisation de jeux olympiques hivernaux n’a pas été retenue. Elle a récolté 7 voix contre 63 à la cité coréenne désignée et 25 à Munich. Les contribuables de la région n’auront donc pas à financer des milliards d’investissements inutiles ni voir augmenter leurs impôts locaux pour les 20 prochaines années. Si seulement la France avait pu être également éliminée de l’organisation de la compétition européenne de fouteballe de 2014, c’aurait été une première mesure symbolique de contrôle de la dépense publique.
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La digestion difficile des chapeaux à avaler
De reculades en reculades, le peuple français force ses dirigeants et élus à avaler leurs chapeaux.
- Il avait été envisagé d’introduire dans l’assiette de calcul de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) les œuvres d’art.
- Il avait été envisagé d’instaurer une taxe sur les propriétés immobilières des non-résidents.
- Il avait été envisagé de supprimer les panneaux avertisseurs de radars routiers.
Tous ces beaux projets sont tombés à l’eau sous la pression des divers corporatismes qui ont fait, avec une touchante unanimité, assaut de mauvaise foi et d’arguments spécieux sur le thème « Circulez, y-a rien à voir chez moi, allez donc voir ce qui se passe chez mon voisin. »
En ces temps de vaches maigres (voire faméliques) ce n’est quand même pas complètement illégitime de chercher à financer les dépenses de la République en allant taper là où il y a des ressources puisque l’on a du mal à réduire les dépenses. Si l’on veut faire diminuer les excès de vitesse il n’est tout de même pas complètement aberrant de vouloir surprendre les contrevenants pour les sanctionner. Eh bien non, le concept de radar pédagogique a été désormais inventé et tout le monde fait semblant de croire que la pédagogie suffira à mettre au pas la France de la bagnole. Bientôt on va penser à une cellule d’assistance psychologique pour les conducteurs pris en flagrant délit de survitesse.
Ce n’est pas grave, il ne reste que 1 500 milliards d’euros de dettes publique à rembourser, on expliquera aux créanciers que l’on va faire du remboursement pédagogique, ils vont adorer !
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Peu crédible

Augustin_Carstens Christine Lagarde continue sa campagne électorale pour se faire élire comme chef du Fonds monétaire international face à un citoyen mexicain, ex-ministre des finances de son pays, ex-sous-chef du FMI, mais surtout en sérieux surpoids ce qui laisse craindre une mauvaise santé et sans doute quelques difficultés à aller au bout de son mandat.
Et puis, tel DSK lui aussi coupable d’un tour de taille hors-norme, aller prêcher l’ajustement structurel (la rigueur, en termes plus compréhensibles) au Sénégal quand on ne tient pas dans un siège Air France de première casse, cela ne fait pas très sérieux. Lagarde présente l’avantage comparatif de l’élancement d’un guerrier Masaï !
