Auteur/autrice : Rehve

  • Elections départementales

    L’opposition remporte les élections départementales en France. Les leaders passent leur soirée sur les plateaux télévisés, les uns pour expliquer pourquoi ils ont gagné, les autres comment ils n’ont finalement pas tant perdu que ça. Il s’agit d’élections départementales mais on ne parle que de politique nationale. Personne ne sait bien quels changements la nouvelle majorité départementale va insuffler par rapport à la précédente. Aucun journaliste ne pose d’ailleurs de questions sur le sujet. Les oppositions de droite et de gauche s’égosillent à réclamer un changement de politique et la démission des uns ou des autres, bref le show continue mené par la même bande d’élus, qui vont et qui viennent au hasard des résultats électoraux.

    Depuis des années les majorités perdent quasi-systématiquement les élections locales et n’en changent pas pour autant leur politique nationale. Les résultats de ce dimanche ne devraient pas faire évoluer les habitudes malgré les admonestations télévisuelles de rigueur. La politique nationale se vote à l’assemblée nationale élu pour cinq ans, jusqu’en 2017, la politique départementale est votée par les assemblées départementales qui viennent d’être élues. Que les vainqueurs expliquent ce qu’ils vont y faire et changer avant de tirer des plans sur la comète de la politique nationale. Ils ont en principe assez à faire pour le moment. Les prochaines élections législatives et présidentielles sont en 2017. Qu’ils bossent dans leur département, c’est le meilleur moyen (i) de justifier les émoluments et défraiements qui leur sont versés par les contribuables départementaux et (ii) de montrer de quoi ils sont capables pour 2017. Bosser cela veut dire travailler sur le terrain et à leur bureau, pas sur TF1.

    En un mot : au boulot !

  • La Grèce communique mal

     

    GR_Vafourakis_201502Ça c’est le ministre des finances grec, en mars 2015, sur sa terrasse à Athènes donnant sur l’Acropole. Entre deux tournées dans les capitales européennes pour faire la manche et tenter de convaincre avec sa vulgate marxo-libertaire, le garçon se fait interviewer par Paris-Match, comme s’il n’avait pas mieux à faire.

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    Ça c’est l’ancien premier ministre grec annonçant en 2010 la faillite de ses finances publiques à l’Europe sur fond de mer bleue et d’ile paradisiaque.

    On ne sait pas encore bien trop quel est l’état réel des caisses grecques, ce qui paraît désormais clair c’est que les dirigeants de ce pays ne savent pas communiquer. Il faudra un jour qu’ils comprennent qu’il n’est pas efficace de quémander sur fond de ciel et de mer bleus. C’est juste une règle élémentaire de communication.

     

     

  • La presse de caniveau

    Un avion s’écrase dans les Alpes françaises, 150 morts. Comme de bien entendu en de telles dramatiques circonstances, la presse fait assaut d’indécence et de bêtise. Nous avons droit aux questions stupides aux familles larmoyantes du genre « que ressentez-vous ? » posée au frère ou à la sœur d’un malheureux passager décédé.

    L’absence d’analyse tourne en boucle sur les écrans avec des slogans comme : « les enquêteurs n’excluent aucune hypothèse ! ». Evidemment qu’ils n’excluent aucune hypothèse puisqu’ils enquêtent sur l’accident, c’est même exactement ce pour quoi ils sont payés : n’exclure aucune hypothèse et trouver l’explication à l’accident.

    Mais la presse ne peut se satisfaire d’attendre, drapée derrière son devoir d’informer, un devoir qui se transforme en droit de raconter des sornettes à des consommateurs qui ne pourraient pas attendre de la vraie information. Comme si Mme. Michu devant sa télé était à quelques jours près pour savoir si un avion s’est écrasé pour ci ou pour ça.

    On ne le dira jamais assez, la presse française est aussi responsable de l’acculturation des masses et de la pauvreté du débat. Les tristes évènements comme celui-ci ne font que le démontrer, de façon toujours aussi consternante.

  • Elections départementales

    Il y a des élections locales en France ce dimanche pour élire des conseillers départementaux, nouvelle appellation des conseiller généraux. L’opposition se fait un malin plaisir de rappeler que les fonctions desdits conseillers sont en cours de redéfinition par la loi et que l’on demande donc à des électeurs d’élire des personnes dont ils ne savent bien quel sera exactement leur rôle.

    Ce n’est pas faux mais l’on peut gager que leurs responsabilités ne seront pas fondamentalement différentes de celles de leurs prédécesseurs. Et on peut en tout cas assurer que lorsque Mme. Michu votait pour élire un conseiller régional elle ne connaissait pas plus qu’aujourd’hui ses fonctions exactes.

  • Istanbul

    Anadolu Kavagi L'entrée sur ma Mer noire
    Anadolu Kavagi
    L’entrée sur ma Mer noire
    Anadolu Kavagi L'entrée sur ma Mer noire
    Anadolu Kavagi
    L’entrée sur ma Mer noire
    Istanbul
    Istanbul
    Istanbul - Tour de Galata
    Istanbul – Tour de Galata
    Istanbul
    Istanbul
    Istanbul - Mosquée bleue
    Istanbul – Mosquée bleue

    Sous la magnificience des dômes de la Mosquée Bleue, le chroniqueur, pensif, a lancé une petite prière aux Dieux du cloud pour qu’ils inspirent un peu moins de barbarie régressive aux pauvres terriens.

  • Religion en Tunisie

    Des extrémistes religieux entrent dans un musée à Tunis et canardent tout ce qui bouge : 22 morts au nom de Dieu.

  • La France cherche à augmenter ses dépenses publiques

    Toujours à la recherche de dépenses nouvelles, la France veut une nouvelle fois organiser des jeux olympiques, cette fois-ci en 2024, et qui plus est à Paris. En avant pour quelques milliards supplémentaires de dépenses improductives !

  • Les footeux décérébrés

    Ça fait 15 ans que je joue au foot, je n’ai jamais vu un arbitre aussi nul dans ce pays de merde. Ce pays ne mérite pas le PSG.

    C’est en ces termes choisis et subtils qu’un pousseur de baballe étranger, décérébré et surpayé, s’est exprimé en parlant de la France où il joue.

     

  • Trébeurden en 1942…

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  • David Bowie is…(2)

    Bowie-is_01Et voici enfin cette fameuse exposition David Bowie is… dont le tout-Paris bruisse depuis quelques semaines. Elle est évidemment bondée, mais vaut le déplacement. Une exposition techno alliant documents écrits, vidéo, image et son, dans laquelle le visiteur se promène un casque hi-fi sur les oreilles qui se connecte automatiquement sur l’animation devant laquelle il déambule.

    Chaque pièce apporte une réponse différente à la question David Bowie is? en illustrant la réponse avec force médias ou objets. On y voit les costumes créés pour les différents personnages endossés par Bowie, des manuscrits originaux sur lesquels il écrivit certaines de ses chansons de légende, des guitares, le verbalizer un ordinateur dont il initia la création pour moderniser l’écriture automatique chère aux surréalistes, des photos, des affiches. Le tout est interactif, bouge avec les spectateurs, se rembobine quand on tourne le dos, est projeté sur tous les murs, le plafond… La voix du Maître est omniprésente : de Starman enregistré lors d’un cultissime émission de Top of the Pops en 1972, à Heroes en 2001 dans un concert hommage aux policiers new-yorkais de l’après 11 septembre, sur Golden Years par le Thin White Duke, avec Rock ‘n’ Roll Suicide lors de la destruction de Ziggy Stardust en 1973 (…not only it’s the last show of the tour, but… it’s the last show I will ever do), dans les écouteurs où il devise sur le chaos du Monde et le processus créatif.

    Bowie est partout dans cet environnement féérique et sombre qu’il a créé de toute pièce, fruit de son incroyable imagination qui, alliée à un talent musical et littéraire hors pair, a engendré l’un des artistes qui a marqué le XXème siècle.

    On craignait un simple étalement des oripeaux de la star, style fan-club de Claude François. On a beaucoup mieux avec un voyage au gré des étapes d’un parcours artistique éblouissant. Le public reconnaissant se presse démontrant si besoin en était l’influence que Bowie a eu sur bien des vies. L’aventure n’est d’ailleurs pas finie en ce nouveau siècle. Vu le nombre de visiteurs au m², le mieux est sans doute de repartir avec le catalogue de l’exposition pour être sûr que l’on a perdu aucun détail.

    Voir aussi David Bowie is…(1)

  • The Dandy Warhols – 2015/03/14 – Paris le Trianon

    Les Dandy Warhols à Paris ce soir pour une gig de nos cow-boys and girl de l’Oregon ; pas de nouveau disque à l’horizon, juste le plaisir de jouer une set-list classique devant un public de fervents habitués qui ne manqueraient pour rien au monde l’un des (fréquents) passage des Warhols à Paris.

    Une musique qui pulse, jouée par des pro de la scène garage depuis des années. Ils ont le cuir tanné par les petites salles du monde entier qu’ils chauffent de leurs rythmiques entraînantes et si magnifiquement efficace. Pas de fioriture ni de chichi, du Rock, juste du Rock : deux guitares (Courtney et Pete), une key- bass (Zia) et une batterie (Brent). Une unité scellée par des années de route et une dizaine de disques depuis leur création en 1993.

    Ces quatre-là sont les doigts d’une même main et il n’y a pas besoin de se poser longtemps la question pour savoir si l’on prend une place pour leur concert lorsqu’ils s’annoncent du côté de chez vous ! Ne boudons pas notre plaisir et lorsque retentissent les accords tressautants de Bohemian… ou le long déchirement de guitare de Godless le Trianon d’un seul homme se lance dans une danse effrénée et ondulatoire pour accompagner le chant goguenard de Courtney, sorte de Lucky-Luke dégingandé qui a remplacé Jolly-Jumper par une guitare.

    Et lorsqu’il faut changer les cordes de Pete, Zia nous annonce « I’m gonna pi’ » pendant que Courntey improvise sur Every day should be a holiday. Les Warhols font partie de la famille alors on partage tout avec eux. Ils dégainent un rock un peu désabusé teinté de ce blues qui lui donne son âme. Ils nous servent leur rock rugueux comme notre grand-mère faisait revenir la potée dans son faitout : succulent et qui tient au corps.

    Les vingt dernières minutes du show sont éblouissantes avec l’enchaînement de tous les morceaux que l’on vénère et le final sur Boys better avec les moulinets de circonstance de Brent sur sa guitare : Boys had better beware./ You could seem to color your hair./ Or on a wig, you already spent./ All the dough to cover your rent… Pas de surprise donc, mais que du plaisir.

    Setlist : Be-in / Crack cocaine rager / Get off / Something you got to get over / The last high / I love you / Everyone is totally insane / Down like disco / Rev Jim / Well they’re gone / Good morning / And then I dreamt of yes / Plan A / Every day should be a holiday / Holding me up / All the girls in London / We used to be friends / Horse pills / Bohemian like you / Godless / Pete international airport / Boys better

  • L’Islande renonce (pour le moment) à sa candidature à l’Union européenne

    Le gouvernement islandais a officiellement retiré sa candidature à l’intégration dans l’Union européenne, et c’est très bien ainsi. Rappelons que cette petite ile-Etat nordique de 350 000 habitants avait durement souffert de la crise financière de 2008. Il s’était en effet avéré qu’elle avait été gérée comme un hedge fund avec des banques que l’on avait laissé grossir avec des actifs supérieurs au PIB du pays… Ces actifs s’étant révélés sans valeur, l’économie bancaire s’est effondrée et l’Etat avec.

    Dans le besoin, l’Islande a alors demandé son adhésion à l’Union européenne et à l’euro, en gros pour bénéficier de son tiroir-caisse doté par les contribuables communautaires. L’économie est maintenant à peu près redressée et des conflits apparaissent avec l’Union sur de sordides histoires de quotas de pêche, Reykjavik n’a plus besoin de faire la manche et du coup se retire.

    C’est une bonne nouvelle car elle montre que l’Islande n’était en rien motivée par une adhésion au projet européen politique. Entrer dans l’Union européenne n’est pas obligatoire, y rester non plus.

  • Fauve Paris – 2015/03/12 – Bataclan

    Fauve_Logo

    Fauve au Bataclan ce soir au milieu d’une série de concerts parisiens dans toutes les salles disponibles. Ca ressemble à un marathon urbain, ce n’est que Fauve délivrant ses mots à des adolescents en adoration. Ce groupe jeune fondé en 2010 rencontre un incroyable succès auprès d’un public qui a son âge : vingt ans et moins. Ils s’affichent comme un collectif d’une vingtaine de membres dont les cinq musiciens de scène (chant, guitare, basse, batterie et clavier) mais aussi des vidéastes, des comédiens et les techniciens. Ils ne souhaitent pas mettre en avant les personnalités et se réfugient derrière le relatif anonymat du groupe.

    Ils jouent dans des lumières à contre-jour, donnent des interviews dans donner leurs noms, tournent des vidéos floutées où l’on ne distingue pas leurs visages…

    Le chant, plutôt la récitation, est assuré par un gamin binoclard qui saute dans tous les sens comme une sauterelle dévidant ses textes dans une logorrhée vitale sur fond de rythmes de guitares et de claviers, répétitifs et mélancoliques.

    Ils sont mignons les Fauve : casquettes-baskets-capuches délivrant un rap poétique d’adolescents tourmentés par la découverte de la vie et des filles. En fond de scène un grand écran découpé en cinq bandes verticales passe des vidéos à base de mobylettes, de paysages urbains, de flous colorés et de leur logo sur fond rouge flamboyant, sorte de F réduit en hashtag en référence à Fauve, lui-même rappelant le film Les Nuits Fauves qui avait tant marqué la jeune génération Sida dans les années 90 et dont le groupe ressert cette vie traquée.

    Ils ont joué ce soir avec l’énergie du désespoir et toujours une lumière au bout du tunnel. Ils sont une sorte de Rimbaud bionique devant un parterre de gamins déchaînés.

    Ils sont touchants les Fauve :

    Pour essayer d’aider les miens de la bonne façon / d’agir selon des nobles fins / et un jour enfin donner tort à cette voix qui me répète :

    « Tu seras dominant ou noyé / écrasant ou écrasé / carnassier ou dispensable / gagnant ou donnée négligeable

    Tu seras semblable à tes semblables / comme tout le monde ou dégradable / plus malin ou trou du cul / tortionnaire ou corrompu

    Tu seras battu et silencieux / ou bien cruel mais victorieux / rigoureux ou inutile / féroce ou détail futile

    Tu seras ce qu’on te dit / tu discutes pas / ici-bas c’est comme ça

    T’as compris le jeu petit merdeux ? C’est la roulette / tu choisis pas »

    Ah ouais ? Tu crois ça ?

    Et bah écoute / je sais pas pour toi / mais pour moi / ce sera

    La tête haute / un poing sur la table / et l’autre en l’air / fais-moi confiance avant de finir six pieds sous terre

    J’aurai vécu tout ce qu’il y a à vivre et j’aurai fait tout ce que je peux faire

    Tenté tout ce qu’il y à tenter / et surtout j’aurais aimé.

    Ils sont sympas les Fauve.

     

  • David Bowie is… (1)

    Bowie à l'affiche dans tout Paris et les dîners en ville. La consécration d'un vrai artiste !David Bowie est à l’affiche dans tout Paris avec l’exposition David Bowie is de passage pour quelques mois à la Philharmonie de Paris et, autour, nombre d’évènements célébrant l’artiste et son influence : concerts, conférences, installations…, sans parler de nombre d’émissions médiatiques et de suppléments de journaux spécialisés à grand renfort de couvertures facilement composées à partir des multiples facettes jouées par le personnage tout au long de sa carrière.

    Il se dit que Bowie était venu anonymement visiter l’exposition lorsqu’elle est passée à Londres. On le verra peut-être à Paris d’ici le 31 mai fin de l’étape parisienne de la caravane David Bowie is.

    Ce soir, la Philharmonie présente l’orchestre national d’Ile de France interprétant deux symphonies écrites par Philip Glass, compositeur américain de musique contemporaine, sur des variations des albums mythiques Low et Heroes. Durant Low un film noir et blanc est projeté sur un grand écran placé au-dessus de l’orchestre, on y voit un Berlin en friche, comme dévasté au milieu de ruines urbaines dans lesquelles erre un homme. A l’issue de cette symphonie l’orchestre se retire et l’homme errant entre (en vrai) sur scène où il récite le livret du disque Outside narrant les aventures du détective Nathan Adler spécialiste en crime mis en scène comme œuvre artistique, et enquêtant sur le meurtre de Baby Grace Blue. Deux musiciens l’accompagnent aux claviers et à la guitare. Les textes sont complètement surréalistes et délirants, fruit de l’imagination débordante de Bowie, et la beauté de la mise en scène est que le film précédent est repassé et le spectateur découvre que le journal de Nathan Adler en est en fait le scénario. La récitation se termine par l’interprétation très pure de Where are we now? morceau présent dans le dernier disque surprise de Bowie sorti en 2013 et se déroulant à… Berlin : Had to get the train/ From Potsdamer Platz/ You never knew that/ That I could do that/ Just walking the dead/ …/ Where are we now?/ The moment you know…

    Après l’entracte, l’orchestre revient pour interpréter la Symphonie 4 « Heroes » avec en fond un film sur un couple de danseurs (dont la femme offre une frappante ressemblance avec Bowie) évoluant toujours dans des environnements en ruine et prestant une danse contemporaine un peu saccadée et répétitive, sans doute dans l’air de la modernité.

    Tout ceci est bel et bien beau, inspiré par l’œuvre musicale majeure de Bowie, mais sans doute un peu trop intellectuel et contemporain, bobo-arty pour faire plus court… On perd un peu de la fulgurance bowienne. C’est bien que cela existe mais ne représente sans doute pas le format idéal pour les compositions de David Bowie, sans doute plus adaptées au concert rock ou au CD.

    La représentation a lieu dans la nouvelle grande et polémique salle de concert de cet ensemble dédié à la musique inauguré en janvier 2015. Un peu tarabiscotée et kitsch, sans doute de bonne qualité acoustique pour les puristes, le spectateur-contribuable ne peut s’empêcher de se demander s’il était bien raisonnable de dépenser des fonds publics pour une nouvelle salle de concert à Paris qui en compte déjà bon nombre. Bien entendu cette Philharmonie n’est pas programmée pour être rentable et les contribuables vont bien entendu devoir en subventionner le fonctionnement que le prix des places à payer par les spectateurs ne suffira pas à équilibrer. C’est l’exception culturelle à la française.

    Voir aussi David Bowie is…(2)

  • Religion au Moyen-Orient

    Après avoir égorgé des infidèles devant les caméras, brûlé vif un aviateur jordanien sur YouTube, enlevé et vendu des femmes, entre autres joyeusetés régressives, voici maintenant que l’Etat islamique saccage le musée de Mossoul en Iraq, ville tenue par ses affidés depuis plusieurs mois. Evidemment il n’y a pas mort d’homme et cela est moins grave que les massacres d’humains commis par ailleurs au nom d’un Dieu.

    Comme toujours, ces actions sont diffusées sur Internet où l’on voit des extrémistes religieux abattre à coups de masse des statuts assyriennes datant d’avant l’arrivée du prophète Mohammed ce qui suffit à signer leur inutilité à la cause, voire leur inexistence.

    La volonté de destruction de la culture est le propre des totalitarismes, politiques ou religieux. D’autres l’ont déjà pratiquée, il n’y a pas si longtemps, le nazisme, le stalinisme, le catholicisme… Ces totalitarismes n’ont jamais vaincu par ces moyens qui illustrent, si besoin en était, la bêtise crasse de ces croyants d’un autre âge.

  • La politique en Russie

    Un ex-ministre russe, opposant au pouvoir actuel est assassiné à Moscou sous les fenêtres du Kremlin. La politique est violente dans ce pays, la vie est violente chez les slaves, c’est ainsi et les assassinats politiques ont émaillé son Histoire. Ce ne sera pas le dernier dans un pays qui a laissé tomber la dictature communiste mais pas complétement adopté les règles de la démocratie occidentale. Nous ne sommes d’ailleurs pas à l’Ouest, mais… à l’Est où il n’est pas dit que ces règles soient véritablement bienvenues. On y élit quand même un président de la République qui, en l’occurrence,  s’est fait  élire sur le programme essentiel de rétablir une Russie forte. Les moyens utilisés semblent moins importants pour le peuple et son élu que l’objectif.

    La France donneuse de leçons oublie d’ailleurs que les assassinats politiques inexpliqués ont également émaillé son histoire récente : Yann Piat, députée assassinée en 1994, Robert Boulin, Joseph Fontanet, ancien ministre assassiné en 1980, ministre officiellement suicidé mais plus probablement assassiné en 1979, Jean de Broglie ancien ministre assassiné en 1876, sans parler de Pierre Bérégovoy, ancien premier ministre, suicidé en 1993 probablement en partie du fait du harcèlement de campagnes de presse pour un prêt personnel reçu d’un affairiste.

    Le problème de fond de ce type de régime, le seul sans doute susceptible d’entraîner la colère populaire, réside dans la spoliation des biens publics par une bande de forbans, les « oligarques » qui ont mis la main sur une bonne partie de l’économie à l’occasion de sa privatisation pots-chute du Mur, qui a plus relevé du hold-up en bande organisée que d’une véritable mise sur le marchés des entreprises publiques.

    La démocratie est un tout et c’est aussi parce que l’on assassine moins les opposants que l’on a plus de scrupules à voler le pays. L’état de droit s’applique, en principe, à un comportement général, en politique comme en économie. Lorsqu’on se croit autorisé à flinguer de l’opposant on pense aussi souvent que les biens publics sont à la disposition du plus fort…

  • Dupont-Monod Clara, ‘Le roi disait que j’étais diable’.

    Sortie : 2014, Chez : Grasset. Les années du XIIème siècle durant lesquelles Aliénor d’Aquitaine fut mariée avec Louis VII, réunissant ainsi le duché d’Aquitaine et le royaume des Francs. Alors que le roi est pieux et introverti, elle est froide et ambitieuse. Le roman donne la parole à l’un et à l’autre pour narrer les mêmes évènements, du mariage à la croisade, de la répression de Vitry à la promotion de l’art à la cour. Un petit roman vif qui remet en mémoire l’Histoire de cette époque, finalement éternellement identique lorsqu’il s’agit de Pouvoir.

  • Young Neil, ‘Une autobiographie’.

    Sortie : 2012, Chez : Points P3111.

    L’itinéraire d’un hippie canadien de génie : à presque 70 ans, Neil Young se décide à raconter sa vie. Musicien hors pair de sa génération, poète subtil de notre monde, il a bercé tant d’autres existences de ses mélodies et de ses mots ! Sa vie a été celle de la génération Woodstock avec un talent inégalé. Il a participé à de multiples projets musicaux depuis ses débuts, est resté fidèle à son groupe de base le Crazy Horse, a bricolé le son sa vie durant, traversé l’arrivée du numérique, composé des chefs d’œuvres, compromis ce qu’il fallait avec l’industrie, vécu l’utopie hippie sur la cote californienne et… rendu heureux des millions de fans.

    On apprend aussi sa passion pour les vieilles voitures américaines qu’il veut transformer en véhicules électriques, son projet de révolutionner la qualité sonore des baladeurs, les épreuves de sa vie avec deux enfants handicapés.

    Bien sûr il est question de beucoup de morts et de regrets dans ce livre. Des musiciens fauchés par la drogue à une époque elle était considérée comme favorisant la création, et puis des artistes atteints par la limite d’âge qui n’a pas encore frappé Neil, compositeur et guitariste de légende, déplaçant encore les foules comme à Paris en 2013 avec Crazy Horse.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2013/06/neil-young-crazy-horses-20130606-paris-bercy/
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    Le journal d’un homme attachant.

  • Des brutes avinées à l’œuvre

    England's Wilkinson is tackled by Wales's Popham and Jones during Six Nations rugby union match at Twickenham in LondonLes brutes avinées qui jouent dans l’équipe de France de rugby disputent actuellement on ne sait plus bien quelle compétition de ballon ovale, qui consiste grosso-modo à taper sur son adversaire pour faire avancer une baballe tout en la lançant vers l’arrière. Ils ont gagné la semaine dernière et perdu ce samedi, mais personne n’est content. La victoire hier n’était pas suffisante, la défaite aujourd’hui serait honteuse.

    Le mieux serait que l’on arrête de gloser sur les performances abrutissantes de masses musculeuses dépourvues de neurones et bonnes à prendre des coups autant qu’à en donner. Passons un peu plus de temps sur la croissance économique et un peu moins sur les jeux du stade, le peuple ne s’en portera que mieux et son niveau intellectuel également !

  • La Grèce fait la manche, finalement…

    La Grèce n’a plus de sous et revient lentement à la réalité. On ne peut pas taper indéfiniment sur la main qui signe le chèque, c’est un vieux principe de la finance internationale. En l’occurrence pour sa fin de mois de mars le Trésor grec a besoin des fonds de l’aide européenne et pour ce faire, son gouvernement signe une lettre d’engagements de six pages dans laquelle il ravale ses annonces démagogiques et non financées pour accepter de lister les réformes nécessaires à la poursuite du redressement grec. Grosso-modo, il change l’ordre desdites réformes tel qu’il avait été établi par le précédent gouvernement. Il s’agit surtout de fiscalité car il est difficile de faire vivre un Etat sans recette. L’augmentation du salaire minimum est évoquée mais sans trop de détail ni d’annonce chiffrée.

    Tout le monde sauve l’honneur pour le moment, le contribuable européen paye et on repousse la cessation des paiements de quelques mois. D’ici là, on se retrouvera entre gens raisonnables et on essaiera de faire avancer le sujet avec un peu plus de sérieux et moins de lumière médiatique.