Catégorie : No Europe

  • Le fouteballe même en Egypte

    L’Egypte sur la voie de la démocratie et de la beaufitude : 70 morts dans un stade de fouteballe, hélas !

  • Qui s’assemble se ressemble

    Avez-vous remarqué comme Alain Minc ressemble furieusement à Paul Wolfowitz ?

    Le premier, français, formé dans les écoles de la République (Sciences-Po, ENA), bidouille dans le capitalisme français depuis des années, diffusant conseils aux entreprises et aux politiques sans prendre trop de risques par lui-même, il a mené à quelques échecs financiers majeurs (le raid contre la Société Générale de Belgique, le journal Le Monde, notamment), dans le même temps il est membre de nombre de conseils d’administration de multiples entreprises du CAC 40, il pose régulièrement sur les plateaux mondains des médias où ses analyses sont recherchées et diffusées avec humour.

    Le second, américain, est l’un des concepteurs du néo-conservatisme de l’Oncle Sam, sous-secrétaire à la Défense sous Georges Bush père il a développé le concept d’établissement de la démocratie au Moyen-Orient par la force, la guerre en Irak et la fin du régime de Saddam Hussein étant censée diffusée naturellement les avantages de celle-ci à tous les pays de la région. Nommé président de la Banque Mondiale, il sera poussé vers la sortie au milieu de son mandat pour avoir favorisé la carrière de sa maitresse travaillant dans cette institution.

    L’un et l’autre sont des conservateurs professionnels aux influences pas toujours très heureuses. La ressemblance n’est donc pas que physique.

  • Jeu de chaises musicales en Russie

    Rigolo : la principale opposition structurée en Russie à Poutine en train de se préparer à un quatrième mandat à la tête du pays, est… le parti communiste russe. Quel retournement de l’Histoire ! Poutine le kgébiste ex-soviétique, brutal et glaçant, qui a servi bien des causes troubles de l’ancien régime joue maintenant au jeu de chaises musicales avec son premier ministre pour rester à la tête du pays sans violer la lettre de la constitution. La Russie est en partie désoviétisée, mais Poutine ne l’est que fort peu. Quelle ironie de voir aujourd’hui le parti communiste s’opposer aux agissements de l’un de ses ex-serviteurs qui tente de faire perdurer les méthodes soviétiques !

  • Des soldats français meurent à l’étranger

    Quatre soldats français tués en Afghanistan, plus 15 blessés, par un soldat afghan qui a tiré dans le tas dans l’enceinte d’une caserne où les français formaient… les forces afghanes.

    Sarko l’agité communique dans les 5 minutes pour envisager le retrait anticipé des troupes françaises si « leurs conditions de sécurité ne sont pas clairement rétablies. » Pour la sécurité en Afghanistan ce n’est pas gagné ! En matière de défense et de guerre chaude il est sans doute opportun de donner un peu de temps à la réflexion et à l’analyse en préalable à la décision politique. Heureusement que les américains n’ont pas dit la même chose en juin 1944 en Normandie…

    Cela étant dit, il apparaît qu’en Afghanistan on n’aime pas beaucoup les troupes occidentales, donc on les tue pour les faire partir encore plus vite que ce qui est prévu. C’est la vieille histoire des troupes d’occupation.

  • La Corée du Nord en famille

    Kim Jong-Il dirigeant stalinien de la Corée du Nord, fils de Kim Il-Sun ex-dirigeant stalinien de la Corée du Nord, décède d’une crise cardiaque et sera remplacé par Kim Jong-un, le petit-fils du père fondateur,qui promet d’être un futur dirigeant stalinien de la Corée du Nord, sur la voie tracée par ses ancêtres.

    Les médias officiels montrent les foules éplorées se tordant de douleur dans de grandes manifestations de masse sur les places gigantesques de Pyongyang. Quand on pense que ce pays détiendrait le feu nucléaire (mis en place avec l’aide technique du Pakistan) on est tout de même un peu effrayé…

  • Susceptibilité turque et génocide arménien

    L’assemblée nationale a voté un texte punissant pénalement les négationnistes de génocides reconnus par la loi française. Il n’y a que deux génocides reconnus en France, la Shoah et celui des arméniens. La négation du premier étant déjà punie par la loi, le présent texte concerne clairement le deuxième. Evidemment la réaction turque ne s’est pas fait attendre : rappel d’ambassadeur, accusation de génocide français durant la guerre d’Algérie, suspension de coopérations diverses, annulation de réunions bilatérales et des artifices mondains qui occupent nos diplomates. La Turquie s’en remettra et la France aussi.

    Le site web de l’assemblée nationale ne donne pas les noms et couleurs politiques de la quarantaine de députés qui ont voté cette loi pour savoir qui vote quoi et qui n’a rien d’autre à faire sinon agiter le chiffon rouge devant les moustaches turcs. Sans doute le vote était anonyme ou à main levée. Dommage !

  • Les étudiants iraniens sèchent leurs études

    Les étudiants islamiques en Iran nous rejouent la prise d’une ambassade à Téhéran ! Cette fois-ci ils choisissent celle du Royaume-Uni, pénètrent dans les locaux, brisent quelques ordinateurs, brûlent quelques papiers. Cette fois-ci il n’y a pas de prise d’otages. Les raisons de cette montée de tension sont les nouvelles sanctions prises contre l’Iran pour cause d’activité nucléaire.

    Il doit y avoir des cours d’attaque d’ambassade dans les universités islamistes car leurs étudiants semblent particulièrement brillants et pugnaces en la matière ! Tout ceci est un peu fatiguant. On ne peut s’empêcher de penser à la réciprocité, concept si propre à la diplomatie des ambassades, et sourire en imaginant vaguement qu’une ambassade iranienne en Occident soit un jour envahie par des étudiants. Cela ne se produira sans doute pas, et c’est aussi bien.

  • La subtilité des tortionnaires syriens

    De mieux en mieux, la Ligue Arabe continue à malmener la Syrie pour cause de répression contre son peuple. Après avoir suspendu ce pays de son organisation, des sanctions diverses sont prises à son encore : suspension des relations aériennes, sanctions commerciales et financières, etc. C’est sans doute la première fois que cette Ligue s’énerve ainsi contre l’un de ses membres.

    Rappelons tout de même que le fiston Assafa déployé une énergie sans limite pour agacer même ses plus fervents zélotes. Il semble se confirmer que l’étincelle qui a déclenché la révolte syrienne ait été la torture à mort par le pouvoir de gamins-tagueurs de murs, et lorsque les parents sont venus réclamer leurs enfants à la police, ils se sont entendu répondre quelque chose du genre :

    « Oubliez ces enfants, demandez à vos femmes d’en faire d’autres, et si vous n’y arrivez pas, amenez-nous vos femmes nous nous en occuperons ! »

    Comme ceci est subtil et délicat pour des parents qui ont récupéré les cadavres torturés de leurs enfants. Le président syrienva sans doute tomber, il aura des comptes à rendre. Il ne faut sans doute qu’il s’attende à trop d’indulgence de ses juges…

  • La progéniture Kadhafi sur le grill

    Salif Kadhafi a été arrêté en Lybie. A l’unisson avec papa Mouamar il promettait des rivières de sang aux rebelles de Benghazi lors du déclenchement de l’insurrection. Papa a fini une balle dans la tête à Syrte, le fiston jusqu’ici a eu plus de chance et la fuite lui a permis de sauver sa tête, pour le moment. Il va sans doute devoir rendre des comptes de ses actions d’apprenti dictateur et assumer les responsabilités de ses actes.

    L’un comme l’autre, sans parler des frangins, ont été non seulement dictateurs mais en plus stupides. En proclamant sur les ondes internationales qu’ils allaient réduire la rébellion « dans des rivières de sang » ils ont accéléré la réaction occidentale et, finalement, leur perte. L’Occident repu craignait de se retrouver face à de nouveaux massacres qu’il aurait laissé faire comme à Sarajevo ou Srebrenica et être de nouveau accusé par les bonnes âmes et Bernard Henri-Levy d’être coupable d’inaction. Du coup une intervention militaire a été mise en place et le régime est tombé. Cette petite famille Kadahfi aurait fait un peu moins d’esbroufe médiatique et aurait agi avec un peu plus de discrétion, voire elle aurait cédé à quelques revendications de l’opposition, elle serait sans doute encore en place.

    Alors la vraie question n’est-elle de savoir si une dictature est stupide par nature ? Sans doute pas, la Chine en est l’exemple le plus frappant. Mais les ex-dictatures arabes et celles qui résistent encore ne sont certainement pas à classer dans cette catégorie étrange des dictatures malignes.

    Alors les Kadhafi paient pour leur stupidité. Salif est réclamé par la justice internationale, puisse-t-il lui être livré et qu’importe si le procès révèle les nauséabondes compromissions que la Lybie dictatoriale a entretenu avec nos démocraties occidentales. C’est même souhaitable et nos Etats auront aussi à rendre des comptes.

  • La Syrie mise au ban de la Ligue arabe

    Eh bien ! La Ligue arabe non seulement s’émeut de la répression en Syrie, mais agit et suspend ce pays de ses membres. Mesure courageuse et inhabituelle pour cette institution. Aujourd’hui seules la Russie, la Chine et quelques pays émergents continuent à soutenir le clan au pouvoir en Syrie. Il est toujours en place, le dos au mur, protégé par sa minorité alaouite et son armée fidèle. Il n’est pas sûr qu’il tombe dans un futur proche mais il est presque certain que sa famille aura des comptes à rendre, un jour…

  • Une certaine clairvoyance chinoise

    Le président du fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC) rend responsables les dirigeants européens de la crise financière actuelle en clamant : 

    « Les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivant d’acquis sociaux. Les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l’indolence, plutôt qu’à travailler dur. »

    C’est dur de dépendre de ses créanciers, d’autant plus quand ils s’approchent de la vérité et que l’on fait la manche.

  • Le métier de dictateur

    Le clan Assad au pouvoir en Syrie continue à réprimer sévèrement sa population, sans vergogne et malgré les promesses d’apaisement faites à la Ligue arabe qui a fait semblant d’y croire lorsqu’elles ont été signées. Encore un dictateur qui prend les risques de son métier de dictateur.

  • Une page se tourne en Lybie

    Kadhafi est mort après 42 années de dictature et de compromissions. Son régime a trempé dans toutes les combines politico-terroristes de la deuxième moitié du XXème siècle. Il s’est fâché puis réconcilié puis re-fâché avec la plupart des nations du globe. Il a financé un terrorisme sanglant dans toutes ses composantes (anti-Occident, pro-Palestine, Irlande, Corse, etc.), il a participé à la traque anti-Al Quaida pour se refaire une virginité, il a acheté des armes aux uns qu’il a refourguées aux autres, il a imposé ses lubies délirantes à son pays, il a corrompu et compromis les élites libyennes (qui composent aujourd’hui la majorité du nouveau pouvoir révolutionnaire), il a placé ses fils en prévaricateurs assoiffés et successeurs potentiels, il a ouvert des conflits diplomatiques sur des humeurs, pris des otages au hasard de ses impulsions qu’il a revendus selon ses nécessités, il a réussi à faire plier nos démocraties européennes qui, oubliant l’honneur, sont allées mettre un genoux à terre sous une tente bédouine au milieu de nulle part pour quelques illusoires contrats publics. Certaines, notamment la France (hélas ! hélas ! hélas !) envisageaient même de lui vendre avions de combat et centrales nucléaires. Dieu merci nos commerçants en armes n’ont pas eu le temps de mettre en œuvre ces funestes projets.

    Kadhafi est mort, c’est ainsi que souvent disparaissent les dictateurs. Il ne pourra plus rendre de compte mais il faudrait tout de même en demander à ceux qui restent, quelque soit le moment où ils auront tourné leurs vestes. Le premier d’entre eux est Moussa Koussa qui est passé à Londres au début de la révolte libyenne avec secrets et bagages, il a dirigé les services barbouzards locaux durant des années et même s’il a œuvré ensuite pour réintégrer la Lybie de Kadhafi dans le concert des nations, il a trempé, voire inspiré, nombre de complots internationaux. Il faut qu’il rende des comptes, même si ceux-ci compromettent les puissances occidentales, plutôt que de passer une retraite paisible au Royaume-Uni.

    Le second sur la liste, Abdullah Senussi, risque de passer un plus mauvais quart d’heure car il est resté fidèle à Kadhafi (son beau-frère). On l’a vu ces jours-ci le visage tuméfié aux mains des rebelles, il n’est pas bien sûr qu’il survive jusqu’à un improbable procès local. Il a été condamné par contumace en 1999 à une peine de prison à perpétuité par la justice française dans l’affaire de l’explosion du DC 10 d’UTA. Il est mis en examen par la Cour pénale internationale depuis le début de la révolution libyenne pour « meurtre et crimes contre l’humanité ». Il doit rendre des comptes quelque soient les conséquences que ses révélations auraient pour nos démocraties qui se sont compromises avec lui.

  • Deux Kadhafi attrapés en Lybie par les rebelles

    Fin de partie en Lybie : Kadhafi et l’un de ses fils ont été attrapés et probablement tués par des révolutionnaires déchaînés. Le métier de dictateur comporte quelques risques, dont celui de mort violente.

  • La Somalie à feu et à sang

    Toujours autant de délicatesse et d’humanité : après avoir enlevé au Kenya une femme française tétraplégique et cancéreuse pour la ramener en Somalie où elle est décédée en quelques jours faute de médicaments, voire carrément assassinée par ses ravisseurs, des voyous somaliens cherchent maintenant à monnayer la restitution du corps de la malheureuse. C’est indicible et surtout tellement symbolique de l’impuissance de nos vieilles démocraties face aux barbaries modernes. Des cinglés balancent des avions dans des tours, enlèvent et tuent des infirmes, posent des bombes dans des métros, arment des gamins qu’ils envoient mourir dans des combats incertains ; et nos puissances vieillissantes n’y peuvent pas grand-chose, pas plus d’ailleurs que les émergentes.

    Il reste d’ailleurs toujours un otage français en Somalie, un agent de la DGSE, enlevé dans un hôtel de Mogadiscio en 2009. Il était en mission officielle pour former l’armée officielle à la sécurité.

    On aurait envie de vitrifier la Somalie mais cela ne servirait à rien. D’ailleurs l’emploi de la force lors de l’opération Restore Hope sous mandat de l’ONU en 1993 a permis d’endiguer la famine qui ravageait (déjà) le pays mais non point d’y rétablir un Etat, ordre et autorité. De l’opération occidentale Restore Hope à l’intervention éthiopienne en passant par l’actuelle force interafricaine soutenue par le Kenya, rien n’y fait et tout échoue.

    A défaut de solution pour le moment, la meilleure chose à faire est de ne pas fréquenter les parages immédiats de ce pays déliquescent. On reste quelque peu confondu de constater que des plaisanciers continuent à naviguer dans le coin, et à s’y faire enlever. Résider, même au Kenya comme cette dernière victime mais à quelques kilomètres de la frontière somalienne n’est pas non plus raisonnable. Rester en Europe est moins risqué.

  • Décès du patron d’Apple

    Steve Jobs est mort. Grand gourou d’Apple qui a rapporté beaucoup de sous à ses actionnaires et beaucoup de frénésie à ses consommateurs d’ichoses il a aussi été le symbole d’un modèle économique contesté : on crée en occident des produits de consommation (imachin ou sac Louis Vuitton) que l’on fait produire dans les pays émergents à bas coûts pour que les consommateurs américains ou européens se gorgent de produits inutiles largement financés par leurs banques branlantes. Et pendant ce temps les gouvernements émergents qui ont gagné beaucoup de sous sur le dos desdits consommateurs le prête aux gouvernements des pays occidentaux qui sont en faillite car leurs citoyens ont les moyens d’acheter des ibidules mais plus de payer des impôts…

    Il semble donc que ce modèle économique sur lequel Steve Jobs a surfé avec beaucoup de créativité et de succès ait quelques ratées à l’allumage ces derniers temps.

  • Le « messager de la paix » victime d’un attentat suicide

    Burhanuddin Rabbani, ex-président de l’Afghanistan islamiste, promu messager de paix par le pouvoir actuel pour essayer de réconcilier les rebelles talibans avec les modérés, a été assassiné fin septembre, sans doute par un taliban non modéré. Ce charmant garçon avait caché une bombe dans son turban qu’il a fait exploser en donnant l’accolade au messager de paix… Les traditions locales semble-t-il interdisent de fouiller les turbans et le portail de sécurité ne semble pas un outil largement diffusé à Kaboul ! Le turban traditionnel a donc été utilisé pour un usage destructeur.

    Cet attentat après bien d’autres montre une fois encore s’il en était besoin la prétention des armées occidentales à vouloir rétablir la démocratie dans ce pays. Comme le disait hier sur France Culture Anne Nivat, reporter prix Albert Londres 2000, venue promouvoir son dernier ouvrage Les brouillards de la guerre : dernière mission en Afghanistan, les talibans ne « sont pas soutenus par la population locale, ils sont la population locale. »

    Les talibans contrôlent maintenant la plus grande partie du pays. Ils organisent des attentas partout où ils le souhaitent, y compris au sein des zones ultra-sécurisées de la capitale. Ils sont la population locale ! Ils seront au pouvoir sous peu.

  • Béni-oui-oui

    Le diplomate, quelque soit sa nationalité, est un être formaté pour dire oui. Le non n’est jamais une option possible pour un diplomate bien élevé. C’est ainsi que le monde occidental a tout fait pour éviter que l’autorité palestinienne ne dépose une demande d’adhésion de son Etat à l’ONU pour éviter que les Etats-Unis (et d’autre) n’y opposent un veto. Où est le problème ? Que chacun se compte et s’exprime, l’ONU est faite pour ça.

    Le projet de résolution de sanction contre la Syrie a été déposé et refusé par la Russie et la Chine. L’Allemagne s’est abstenue de voter l’intervention contre le régime Kadhafi. Il y a quelques années, la France s’est abstenue avec fracas sur le projet de résolution américaine de guerre en Irak. Chacun s’est compté et exprimer sur ces projets. Le moment venu Russie et Chine s’expliqueront avec la Syrie si un jour le régime El Assad tombe, de même l’Allemagne avec la Libye.

    La Palestine a déposé sa demande d’adhésion malgré les efforts multiples pour la décourager, eh bien soit ! Elle sera traitée, chaque pays votera selon ses intérêts et rendra compte de sa décision devant ses citoyens.

  • Ils se croient tout permis sous couvert de leur protection diplomatique

    Après avoir brisé les mains d’un caricaturiste en Syrie les sbires du régime El Assad menacent et bastonnent en France des manifestants syriens. L’impudence avec laquelle agissent à l’étranger les gros bras d’un régime alaouite à la dérive rappelle les tontons macoutes de l’ambassade de Lybie au Royaume Uni qui, il y a quelques années, avaient tiré au fusil sur des manifestants libyens depuis les fenêtres de leur ambassade. Ils avaient raté leurs cibles mais tué au passage une policière britannique. Protégé par leur statut diplomatique, tout ce petit monde était rentré tranquillement à Tripoli. Il n’est pas impossible que si le régime Kadhafi tombe, le Royaume-Uni demande officiellement des comptes à ces tontons flingueurs de la diplomatie du cinglé des Syrtes. Au passage la France pourrait également réclamer le paiement de la contravention du fiston Kadhafi arrêté après avoir remonté les Champs Elysées à contre-sens à 150 km/h il y a quelques années.

    En attendant la Syrie bien à l’abri derrière les divisions de l’ONU qui bloquent une condamnation, continue à réprimer sa révolution arabe, avec constance et acharnement. L’issue est incertaine, mais si le pouvoir El Assad vacille un jour, il y aura des volontaires pour le pousser très fort dans le dos.

  • Françafrique pas morte !

    Bourgi en remet une couche et informe que Le Pen aurait également été bénéficiaire en 2007 des valises africaines, pourquoi pas mais on se demande alors quel est l’intérêt des payeurs africains ? A cette époque, Le Pen n’avait vraiment aucune chance/risque d’être élu président alors pourquoi l’arroser ?

    Et puis surtout pourquoi un soudard de la françafrique sur le retour, sans doute riche, vieillissant, pourquoi se met-il sur le dos une affaire pareille ? En principe il en a maintenant pour des années de procédure judiciaire, des haines féroces jusqu’à la fin de ses jours et des embrouilles qu’il emmènera dans les feux de l’enfer. Est-il en service commandé du genre je me sacrifie en dénonçant, ce que tout le monde sait, pour nuire définitivement ? On a tout de même du mal à croire à la version de l’intéressé qui explique dans JDD :

    Pourquoi prendre la parole aujourd’hui ?
    Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu’un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j’observe, je lis et j’entends les commentaires de ce dernier sur l’enquête de Pierre Péan. Trop, c’est trop. À 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale… J’ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus[1], cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité.

    JDD – Journal du dimanche (11/09/2011)

    Comme si le Bourgi se sentait soudain investi d’une mission de purification de la politique française à la corruption de laquelle il a travaillé toute sa vie avec efficacité et persévérance… C’est un peu difficile à avaler.

    [1] La « tunique de Nessus » fait référence à Nessus, le centaure qui fit traverser le fleuve à la femme d’Hercule, Déjanire, avant d’être tué par ce dernier car il, au milieu du fleuve, il manifesta des intentions séductrices à l’égard de son épouse. Avant de mourir il lui remit sa tunique tâchée de son sang et supposée ramener son mari à elle en cas d’infidélité de celui-ci. Un jour Déjanire remit la tunique à Hercule qu’elle soupçonnait de la tromper, celui-ci la porta et fut immédiatement consumé de l’intérieur par cette tunique, Déjanire se suicida devant le mal fait à son mari pendant que celui-ci demandait qu’on l’immole pout mettre fin à ses souffrances. La tunique n’était donc pas un élixir d’amour mais une arme pour tuer l’infidèle.