Catégorie : No Europe

  • Le pétrole fuit toujours

    Le pétrole continue de couler dans le Golfe du Mexique. Tout le monde tombe à bras raccourcis sur la compagnie pétrolière BP qui essaye désespérément de boucher le trou avec des idées qui paraissent émaner d’un inventeur de la fête à Neuneu : on pose un couvercle, on essaye un entonnoir, on échoue à injecter des boues boucheuses, on creuse un puits de dérivation, etc. Et le pétrole coule toujours.

    La vérité c’est qu’on ne sait pas faire, BP ou une autre, et encore s’agit-il d’un accident à 1 500 mètres de profondeur quand le Brésil est en train de forer à 7 000 mètres !

    En parallèle, BP qui a perdu la moitié de sa valeur boursière depuis l’explosion de sa plate-forme, est en train de soumettre au vote de ses actionnaires le versement de son dividende 2009. Certaines voix politiques, dont celle d’Obama, se demandent s’il ne serait pas plus raisonnable de mettre ces sous de côté pour indemniser les pêcheurs de crevettes de la Louisiane. Le capitalisme est pris à ses propres contradictions : BP qui représente la plus grosse capitalisation boursière britannique est une valeur présente dans tous les portefeuilles du Royaume-Uni, y compris bien sûr ceux des fonds de pension qui financent les retraites privées. Du fait de la dévalorisation du titre BP les retraites futures seront obérées si la dégringolade se poursuit. Et comme on ne peut rien exclure, y compris une OPA contre BP, voire même sa liquidation si le désastre écologique se poursuit, le sujet commence à devenir sensible, au-delà des pêcheurs de crevette louisianais.

  • Israël à l’assaut d’un bateau humanitaire turc

    L’armée d’Israël prend à l’abordage des bateaux turques tentant de faire passer de l’aide humanitaire à la bande de Gaza sous embargo israélien et égyptien : bilan officiel 10 morts, quelques blessés, 600 arrestations et autant d’expulsions. La cargaison est arraisonnée, inspectée puis sera en principe acheminée par les militaires israéliens à Gaza après sans doute prélèvement de quelques produits interdits (dont le ciment utilisable pour les maisons à reconstruire certes, mais aussi pour les bunkers).

    L’assaut des navires tel que montré à la télévision est impressionnant, il démarre par descente en rappel de soldats depuis des hélicoptères, de nuit. On distingue clairement sur le pont du navire principal les passagers qui se rassemblent sur le pont pour accueillir les militaires à coup d’objets contondants qui n’ont pas l’air d’être des bouquets de roses. Le premier commando à descendre sur sa corde s’est donc jeté dans la gueule du loup. Le temps qu’il soit rejoint par ses petits camarades, les militants pacifistes du comité d’accueil ont tapé dans le tas, déclenché la panique chez les militaires qui ont tiré. La presse a dit qu’un des passagers se serait saisi d’un des fusils des militaires et aurait blessé un assaillant.

    Que la réaction des militaires israéliens soit légitime ou non, elle fut désastreuse, son bilan humain pour les militants humanitaires et politique pour Israël est là pour le montrer.

    Aussitôt connue, cette affaire a déclenché un tollé dans la « rue arabe », les organisations internationales et associations diverses, pacifistes ou non, qui en profitent pour organiser des défilés dans les rues occidentales avec keffiehs et de drapeaux palestiniens.

    Le Conseil de sécurité des Nations-Unies pond un communiqué mou :

    1 juin 2010 – Le Conseil de sécurité appelle à engager une enquête « transparente, crédible, impartiale et rapide » sur le raid contre la flottille humanitaire en route pour la bande de Gaza et exhorte Israël à « libérer immédiatement les navires et les civils détenus » et à « garantir la livraison de l’aide du convoi ».

    L’assaut, qui s’est soldé par la mort d’au moins 10 civils, a également été condamné lundi par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui s’est dit « choqué » par le raid meurtrier. Le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU a également convoqué une réunion spéciale sur l’incident, mardi à Genève, en Suisse.

    Le Conseil de sécurité a également souligné que la situation à Gaza n’était pas « durable ». Il a exprimé son « inquiétude » sur la situation humanitaire, tout en réaffirmant la nécessité de laisser transiter l’aide vers la Bande de Gaza.

    À plusieurs reprises, les Nations Unies ont dénoncé le blocus de ce territoire palestinien et fait part de leurs préoccupations quant à l’entrée insuffisante de matériel pour répondre aux besoins élémentaires de la population et poursuivre la reconstruction.

    Dans une précédente réunion sur ce dossier, Ban Ki-moon avait fait déjà estimer que le blocus « créait des souffrances inacceptables, affaiblissait les forces modérées et renforçait les extrémistes ».

    Le Conseil de sécurité a souligné que la seule « solution viable » au conflit israélo-palestinien était un accord entre les deux parties sur l’établissement de deux Etats indépendants vivants côte à côte en paix. Le Conseil a aussi exprimé son soutien aux pourparlers indirects de paix et son inquiétude sur les conséquences que l’incident pourrait avoir sur ces discussions.

    Enfin, le Conseil a appelé les parties à agir avec « retenue » et à éviter « toutes actions unilatérales et provocantes ».

    La Haute-commissaire adjointe aux droits de l’homme, Kyung-wha Kang s’est dit choquée « que l’aide humanitaire soit confrontée à une telle violence », lors d’une réunion spéciale sur l’incident organisée mardi au Conseil des Droits de l’homme de l’ONU. « Nous condamnons explicitement ce qui semble être un usage disproportionné de la force », a-t-elle ajouté.

    Kyung-wha Kang a réitéré son appel aux autorités israéliennes à lever le blocus sur la Bande de Gaza qui constitue un « affront à la dignité humaine ».

    Elle a exprimé son souhait de voir « le gouvernement israélien de prendre les décisions nécessaires afin de démontrer à la communauté internationale un engagement clair pour respecter le droit international ».

    Les 47 membres du Conseil des droits de l’homme devraient adopter une résolution à la fin de cette session.

    Les membres du Conseil de sécurité n’ont pas réussi à se mettent d’accord sur une véritable condamnation de cette action militaire. On aurait pu penser que devant les effets de cette opération tout le monde se soit accordé sur un blâme un peu plus appuyé. En retour, il ne faudra pas donc s’étonner que le même Conseil n’arrive point à se mettre d’accord sur des résolutions condamnant les développements nucléaires de l’Iran.

    En attendant les projecteurs sont de nouveau braqués sur ce blocus israélo-égyptien de Gaza que l’opinion internationale (à la mémoire éphémère) avait un peu oublié. Même les Etats-Unis demandent maintenant son assouplissement. Israël continue à se protéger du Hamas au pouvoir à Gaza, considéré comme un parti taliban, ce qui n’est sans doute pas très éloigné de la réalité. Un nouveau bateau est affrété pour Gaza et sans doute d’autres suivront. L’Egypte a rouvert un de ses points de passage vers Gaza, au moins pour le moment. La Turquie dont relève la majorité des morts est remontée contre Israël avec qui elle entretenait malgré tout des relations diplomatiques, et même de coopération militaire.

    Bref, la force a parlé mais le bilan politique de cette affaire est mauvais pour Israël qui se retrouve un peu comme à l’issue de l’opération militaire plomb durci contre Gaza en 2009 : il y a moins de roquettes tirées sur Israël, mais le Hamas est toujours là et se retrouve politiquement renforcé, voire soutenu par un certain nombre de pays arabes qui le redoutent.

    La force a encore eu le dessus, pour cette fois… mais cela ne durera peut-être pas indéfiniment. Il va falloir quand même arriver à mettre en œuvre une stratégie alternative car le temps joue contre Israël.

  • Monnaie d’échange

    L’étudiante française Clotilde Reiss, passionnée de culture persane, condamnée en Iran à 10 ans de prison pour espionnage, a finalement été libérée après que sa peine ait été commuée en amende. L’une des hypothèses avancées par spécialistes est que sa libération aurait été obtenue en échange de celle de l’assassin de l’ex-premier ministre iranien Chapour Bakhtiar (dernier premier ministre du Shah) réfugié en France.

    L’échange de prisonniers est une pratique assez courante du régime iranien. Le mieux est sans doute de ne pas se rendre en Iran si l’on veut éviter de risquer de servir de monnaie d’échange.

    Clotilde Reiss fait aussi la une de la presse après qu’un ex-pied-nickelé des services secrets français en mal de sensationnalisme pour vendre un bouquin affirme qu’elle aurait fourni des renseignements à la DGSE. Tout est possible dans notre bas monde, y compris qu’une gamine persophile balance des informations (sans doute pas d’une grande importance stratégique) à son gouvernement, même si cela est peu probable.

    Ce qui est en tout cas peu admissible c’est qu’un ancien responsable des services de renseignements français raconte des histoires pareilles dans un livre avant que le temps n’ait fait son œuvre. Si ce qu’il dit est vrai il fait le jeu de l’Iran et n’aurait pas dû trahir une telle affaire. Si ce qu’il dit est faux, ce n’est pas bien de le dire. Dans un cas comme dans l’autre il devrait pouvoir être puni par notre droit.

  • Goldman Sachs avoue

    L’état-major de Goldman Sachs passe au confessionnal devant les sénateurs américains agacés par l’affairisme spéculateur du Dark Vador de la communauté des nouveaux barbares. Les gros poissons de Goldman ont amené avec eux un de leur fusible de service, un matheux français qui a conçu des produits financiers toxiques en se qualifiant lui-même de Frankenstein, pour expliquer leurs intentions si pures que jamais ils n’auraient joué à la baisse contre des produits qu’ils vendaient en même temps à leurs clients.

    En fait depuis la crise financière de 2008 et la succession des affaires Kerviel, Madoff et autres, sans parler des fonds spéculatifs pariant sur la hausse des produits alimentaires en 2007 au point de favoriser cette hausse et de provoquer des émeutes de la faim dans nombre de pays alors qu’il n’y avait pas de pénurie, on sait que ces forbans sont capables de tout et surtout du pire. Donc Goldman peut tout à fait être coupable de ce dont on l’accuse, cela ne surprendrait personne et a priori pas les sénateurs. Si même le Sénat des Etats-Unis d’Amérique se pose la question de la culpabilité des barbares de la finance c’est que l’on peut raisonnablement croire que celle-ci ne soit avérée.

    La plainte déposée contre Goldman Sachs par l’autorité des marchés financiers américains va suivre son cours qui ne va pas manquer d’être intéressant.

  • Les nouveaux barbares de la finance

    Quelques soucis pour le Dark Vador des nouveaux barbares : Goldman Sachs, banque d’affaires new-yorkaises, officine à traders bonusés et services sophistiqués. Les autorités financières américaines attaquent cette banque pour fraude. Un trader français est même expressément désigné dans l’acte d’accusation, rejetant ainsi les performances de Kerviel-le-fraudeur au niveau de l’école maternelle.

    En gros, Goldman Sachs a constitué pour le compte du fonds spéculatifs John Paulson (par ailleurs donateur à l’association humanitaire de Carla Bruni-Sarkozy) un portefeuille de titres plus ou moins immobiliers comme actifs de ce nouveau fonds. Goldman aurait ensuite fourgué ce produit financier à des investisseurs alors que dans le même temps Paulson, pariant sur à la baisse des titres immobiliers gangrénés par les subprimes, achetait des Credit default swap – CDS sorte de certificats d’assurance contre l’insolvabilité des émetteurs des titres qui prennent de la valeur à mesure que le risque augmente.

    Dans un monde financier basé sur la spéculation on trouve toujours des hurluberlus prêts à parier sur des positions opposées. Paulson qui avait pressenti à l’avance l’effondrement des titres subprimes avait trouvé des investisseurs prédisant le contraire. C’est Paulson qui a gagné, il a revendu ses CDS et les gogos investisseurs dans le fonds Goldman Sachs ont tout perdu.

    L’Etat américain s’émeut du rôle trouble de Dark Vador. On pourrait l’être à moins. A suivre.

  • Des pirates turcs

    Notre site a été piraté et à la place de la page d’accueil apparaissait une page à la gloire de Mustapha Kemal Atatürk. Ce fut certes un personnage historique mais que ses descendants lui ouvrent un blog que diable plutôt que de pirater ceux des autres !

    La miséricorde qui néglige le devoir est une trahison envers le pays

    Traduction Google translate
  • Désastre en Haïti

    Haïti dévasté par un tremblement de terre qui aurait 150 000 morts, voire plus. Une capitale détruite, un pays martyrisé par l’Homme depuis des siècles et peu épargné par la nature depuis toujours. De l’esclavage aux empereurs fous, des occupations étrangères aux dictateurs locaux ce pays aura cumulé les désastres.

    Les compromissions françaises sont légion dans l’histoire de ce pays. Des indemnités versées par l’ile au trésor français pour prix de son indépendance au dernier rejeton Duvalier, président à vie, a trouvé refuge chez nous après sa destitution honteuse en 1986. Il y est resté plusieurs années avant de finir ruiné, poursuivi par des huissiers et des avocats du gouvernement haïtien à la recherche du magot pillé au cours des années de pouvoir de sa famille. Et pourtant ce pays est resté désespérément francophone.

    La presse et les Etats rivalisent en questions idiotes là où il n’y a pas grand-chose à dire mais beaucoup de choses à faire, et en compétitions ridicules pour savoir qui fait le plus et quelle nation plantera son drapeau le plus en vue sur un tas de misère. Les Etats-Unis sont dans leur pré-carré et prennent les choses en mains, c’est aussi bien.

    Lors d’un voyage initiatique vers la Jamaïque et sa musique reggae dans les années 80 le chroniqueur a passé quelques jours en Haïti, de Port-au-Prince à Cap-Haïtien, et quelques heures au marché de fer de la capitale pour y acheter des peintures naïves. C’est la première fois de sa vie il a vu traîner des cadavres le matin dans les rues, morts de violence ou de pauvreté, attendant d’être ramassés avant que le soleil ne fasse son œuvre. Il y avait aussi le plus incroyable bidonville de la planète, survolé en rase motte par les avions avant de se poser sur l’aéroport de la capitale, il s’appelle cité-soleil et est aujourd’hui hanté par des gangs de trafiquants qui y font régner leur loi sur le même tas de désespérance.

    Et pourtant cette île caraïbe a bien des fois été fondatrice dans l’histoire des Antilles montrant le chemin de la lutte contre l’esclavage, du culte vaudou, développant une culture foisonnante. Haïti a juste échoué sur la politique et sa capacité à construire une nation.

  • Il faut renoncer au business avec l’Irak qui se termine toujours très mal

    « Moustaches en ballet de chiottes », ainsi nommé le pédégé de Total, porteur de la moustache la plus ridicule du CAC 40, regrette de n’avoir pu emporter de marchés significatifs lors d’un appel d’offres de champs pétroliers en Irak.

    Il a bien fait de ne pas surenchérir pour aller pomper de l’or noir dans ce pays dans lequel de tous temps le business s’est terminé en faillites, non-paiement de dettes et pertes gigantesques comblées généralement par les contribuables des pays fournisseurs. Il vaut mieux consentir directement de l’aide au développement à ce pays plutôt que d’y lancer les entreprises françaises privées qui, d’une façon ou d’une autres, vont se retourner vers les contribuables français après le défaut de l’Irak.

  • Spéculation immobilière à Dubaï

    Après l’Islande qui a été gérée comme un hedge-fund et s’est écroulée comme Lehman-Brothers, voici l’Emirat de Dubaï qui a été administré comme un promoteur immobilier, en sérieuses difficultés financières. A l’occasion d’un voyage à Dubaï on avait relevé que la sky line, une espèce de 5ème avenue au milieu du désert, avait encore progressé de quelques kilomètres, bordé de buildings futuristes et généralement plutôt élégants, depuis le voyage précédent. A la question sur qui pouvait habiter des immeubles si nombreux, on me répondait : « les personnes qui construisent les immeubles suivants. »

    Bref, une parfaite définition de bulle auto-entretenue, jusqu’à ce que le cercle vicieux se brise, généralement sur l’écueil du prix au m² qui ne peut grimper jusqu’au ciel malgré l’appellation sky-line de ce lotissement de luxe au milieu du désert.

  • Déjeuner à Almaty

    Déjeuner à Almaty

    Déjeuner à Almaty (Kazakhstan) entouré d’une slave Russe, grande blonde aux yeux bleus, d’une Kazakh, longue tige aux yeux bridés, lunette de soleil dans ses cheveux teints en blond peroxydé à la Annie Lennox, une chinoise petit modèle et une ouzbèk en bottes à parements brillants. Le déjeuner est excellent… Quel doux mélange dans ces terres d’Asie centrale et tout ce petit monde semble cohabiter sereinement à l’abri du passeport kazakh.

  • Les Amériques

    A l’occasion de la décision prise d’organiser les jeux olympiques au Brésil, une bonne partie de la presse explique que la dernière fois que des jeux ont été organisés en Amérique du Sud c’était au Mexique… Hum, hum, hum, il semble qu’il y ait confusion en Amérique du Sud et Amérique Latine. Le Mexique est en Amérique du Nord tout en étant en Amérique Latine mais certainement pas en Amérique du Sud. Le journaliste sportif de base devrait consulter son atlas un peu plus souvent.

  • Un jeu où tout le monde ne perd pas

    La justice américaine découvre qu’un client de Madoff sur deux n’a pas perdu d’argent. Evidemment et c’est bien là le principe de cette fraude : ce sont les derniers qui se font avoir, leurs fonds ayant été distribués aux premiers. C’est la pyramide de Ponzi.  

    C’est comme la crise des subprimes, ce diabolique concept de prêter de l’argent à des acheteurs immobiliers non solvables. Avant que la crise n’éclate, nombre d’entre eux ont fait de substantielles plus-values en revendant leur maison bien plus chère qu’ils ne l’avaient achetée, comme d’ailleurs nombre de propriétaires immobiliers français qui ont estimé durant des années qu’une plus-value annuelle de 15% sur leur patrimoine immobilier était la norme. Le problème c’est pour ceux qui ont acheté un appartement début 2007 et qui veulent le revendre aujourd’hui…

    La soupe a été bonne pour tout le monde, sauf quand elle a commencé à refroidir.

  • La démesure !

    Retour sur les bonus : le patron de PHILBRO, filiale de CITIGROUP, Andrew HALL, est en litige avec sa maison mère car l’application de son contrat lui donnerait droit à percevoir un bonus d’environ 100 millions de dollars au titre de l’année 2009. CITIGROUP estime que cela fait un peu beaucoup… Ce n’est pas faux !

  • Succession dynastique au Gabon

    Le Gabon qui a été géré de façon relativement opaque et autocratique par Omar Bongo 41 ans durant, va maintenant devoir se colleter le fiston : Ali. Il est peu probable qu’il réitère l’exploit de papa qui a tenu presqu’un demi-siècle mais comme tout ceci est indécent, pauvre Gabon !

  • Des morts dans la guerre d’Afghanistan

    Un soldat français est tué en Afghanistan et un deuxième décède à l’hôpital en Allemagne, suite à une attaque à la bombe d’un convoi de l’OTAN. Dans le même temps un bombardement bavure fait 50 ou 80 morts civils, y inclus sans doute quelques talibans, personne ne sait exactement. La disproportion de l’information sur ces morts est frappante et à l’image des contradictions de cette guerre qualifiée « d’asymétrique ».

  • Lutte de classe

    Retour sur le discours d’Obama au Ghana le 11 juillet 2009 qui est marquant. Son statut afro-américain et son charisme lui ont permis les mots que beaucoup de monde pense mais que rares sont ceux qui se risquent à les prononcer de peur de les prendre en boomerang-retour. Obama rend hommage à la vigueur du Ghana, sa route vers la démocratie et la réussite économique tout en rappelant que l’Occident n’est plus responsable de tous les malheurs du continent et que l’Afrique doit s’atteler à la résolution des maux qui la pénalisent. Pour ce faire elle aura l’aide des Etats-Unis. Il a fait un triomphe !

    Le plus cocasse c’est que le fameux discours de Sarkozy à Dakar en 2007 ne disait pas des choses fondamentalement différentes. Elles étaient exprimées de façon sensiblement plus maladroite : beaucoup trop de « je » (c’est l’égocentrisme, péché-mignon propre à Sarkozy), un ton professoral et moralisateur, et beaucoup trop de temps passé à l’autojustification de la colonisation tout en admettant ses excès. Le fonds y était mais la forme a fait défaut. Il y a des choses que l’ancienne puissance coloniale ne peut pas dire, Sarkozy en a fait l’expérience.

  • Pile je gagne, face tu perds

    Le dernier rapport de Cuomo, du nom du ministre de la Justice de l’Etat de New-York est titré :

    « No rhyme or reason: the ‘heads I win Tails you lose’ Bank Bonus Culture » (Sans rime ni raison : ‘pile je gagne, face tu perds’ la culture bancaire du bonus).

    Dans ce rapport sorti en juillet 2009, Cuomo passe en revue les bonus distribués en 2008 par les banques américaines ayant été sauvées de la faillite par le contribuable américain. Le thème principal est de démontrer par les chiffres que les rémunérations du secteur financier sont déliées (unmoored) des résultats de ces institutions :

    « Quand les banques vont bien les employés sont bien payés. Quand les banques vont moins bien les employés sont bien payés. Et quand les banques vont très mal, elles sont sauvées par les contribuables et leurs employés sont toujours bien payés. Les bonus et diverses compensations ne varient pas significativement lorsque les profits diminuent. »

    Suit une analyse des chiffres publiées par les neuf banques ayant bénéficié de fonds publics en 2008 (Troubled Asset Relief Programm – TARP) avec comparaison des bonus distribués en comparaison des résultats affichés et des fonds de sauvetage reçus. Intéressant !

    Intéressant également le fait de savoir que Andrew M. Cuomo (Attorney general de l’Etat de New-York) depuis 2007 était auparavant chef de la Housing and Urban Development (HUD) assurant la tutelle de Freddy Mac et Fanny May les deux institutions de refinancement des crédits hypothécaires qui ont dû être nationalisées en 2008 par l’Etat américain pour éviter leur faillite qui aurait eu un effet systémique dévastateur. Ces deux banques ont eu une responsabilité non négligeable dans l’aveuglement général sur le marché des crédits subprime ayant mené à la crise financière mondiale actuelle. Leurs dirigeants de l’époque ont eu des comptes à rendre à la justice américaine pour pratiques comptables douteuses, sans parler de bonus gigantesques dont ils ont eu à reverser une partie.

  • On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif

    Obama revient sur un vieux projet américain de mise en place d’une assurance médicale pour ceux qui n’en bénéficient pas aux Etats-Unis, ce qui fait quand même 40 à 50 millions de citoyens. Cela déclenche une véritable levée de bouclier, on le traite de communiste ou de fasciste, c’est selon, en l’accusant de vouloir dilapider l’argent public. Un projet identique avait échoué sous la présidence Clinton, pour des raisons similaires.

    L’Amérique répugne depuis toujours à un système public de santé élargie au-delà de Medicare et Medicaid pour les vieux et les femmes. C’est le capitalisme dans son expression la plus extrême : soit tu as les moyens de te soigner toi-même, soit tu crèves. C’est étonnant cette répulsion à inclure dans la sphère publique la santé des concitoyens. Les Américains n’ont pas de difficultés majeures à concevoir que l’armée, la sécurité, les pompiers, et bien d’autres services soient financés par la communauté des contribuables, en revanche l’idée que des malades, et en plus pauvres, soient soignés aux frais de la communauté, les révulse. Il existe une espèce de blocage psychologique qu’Obama va avoir du mal à contourner.

  • Les relations troubles franco-iraniennes

    Une gamine française de 24 ans, Clotilde Reiss, accusée d’espionnage est mise en scène dans un procès à grand spectacle en Iran pour avoir participé aux manifestations post-élection présidentielles. On espère que les agents des services secrets français sont plus féroces que cette Mata-Hari à peine sortie de l’adolescence. On ne peut évidemment rien exclure ni que cette jeune femme soit une espionne de haut vol, mais le plus probable est qu’elle soit ce qu’elle dit : une passionnée de la civilisation perse venue enseigner en Iran pour s’imprégner de cette culture millénaire qui l’intéresse depuis toujours.

    Le pouvoir conservateur local organise des aveux collectifs avec auto-flagellation, télévisions et diffusion internationale. Le pouvoir iranien est malin, très malin et imbattable pour mettre l’Occident face à ses faiblesses. On se souvient de l’affaire Walid Gordji…, peut-être pas alors la-voici résumée.

    En 1974 la France de Giscard dit d’Estaing (président)/ Chirac (premier ministre) signe des accords de coopération nucléaire avec le Shah d’Iran, qui prévoient notamment des transferts de technologie, la construction de réacteurs et le cofinancement par ce pays du consortium Eurodif à hauteur de 1 milliard d’USD. Arrivée au pouvoir en 1979 la théocratie iranienne dénonce les accords et réclame le remboursement du prêt. De 1980 à 1988 la France soutient lourdement l’Irak dans la guerre qui l’oppose à Téhéran. Des navires français sont attaqués dans le golfe persique.

    Anis Nacache, chiite d’origine libanaise tente d’assassiner à Neuilly en 1980 avec des complices iraniens et palestiniens de Chapour Bakhtiar, organisateur de la répression des derniers mois de la monarchie en Iran. Cette tentative infructueuse avait quand même fait deux morts dont un policier, plus quelques blessés. Les coupables sont arrêtés et condamnés à des peines entre perpétuité et 20 ans.

    En 1985/86, vague d’attentats à la bombe dans Paris et en province, une douzaine de morts et de nombreux blessés, prise d’otages français au Liban (2 journalistes et 2 diplomates). Paris voit la main de Téhéran dans toutes ces actions et négocie plus ou moins officiellement avec ce pays pour traiter le problème « politique ». Un accord est trouvé pour rembourser le prêt et au passage évacuer des opposants iraniens du sol français. On dit qu’une clause secrète prévoyait également la fourniture par Paris de combustible nucléaire pour les futures centrales nucléaires iraniennes. On ne sait si cette clause a véritablement existé ni si, le cas échéant, elle a été appliquée.

    Dans le même temps la justice française instruit le dossier des attentats de 1986 et veut entendre Walid Gordji, officiellement interprète de l’ambassade d’Iran, soupçonné d’avoir trempé dans les attentats de Paris. Il est réfugié dans son ambassade d’Iran à Paris dont le blocus est mis en place par la police. Rétorsion immédiate des autorités iraniennes qui bloquent l’ambassade de France et accuse le consul Paul Torri d’espionnage, de soutien à la contre-révolution, de participation à des trafics divers de stupéfiants, œuvres d’art, etc. Il se réfugie dans l’ambassade de France dans un surréaliste parallélisme des formes. La France rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran, qui seront rétablies un an plus tard. Les négociations se poursuivent et aboutissent en novembre 1986 à l’expulsion de Gordji vers Téhéran après un passage éclair au Palais de justice pour la forme. Torri lui rentre à Paris.

    Au même moment les derniers otages du Liban sont libérés. Ils faisaient sans doute partie de la négociation avec l’Iran. On dit que Chirac aurait demandé à Téhéran de faire retarder leur libération après les législatives de 1986 pour ne pas avantager la gauche alors au pouvoir à Paris.

    En 1990 Anis Nacache est gracié par les autorités françaises avec ses comparses, après 10 de réclusion criminelle par suite de la tentative d’assassinat de Chapour Bakhtiar, organisateur de la répression des derniers mois de la monarchie en Iran. Cet attentat de Neuilly en 1980 qui a quand même fait deux morts dont un policier, plus quelques blessés.

    Voilà pour quelques années de piètre politique, coups bas, affairisme entre deux pays qui ont décidemment du mal à se comprendre. Et encore n’est-pas remonté aux temps de Mossadegh ou de Neauphle-le-Château… Vingt ans plus tard, on remet ça sur fond d’embargo, d’industrie nucléaire (toujours…), de re-battage des cartes au Moyen-Orient, d’élection présidentielle contestée en Iran. Alors tout ceci est bien compliqué pour Clotilde qui paraît légèrement dépassée par les évènements et qui doit de demander ce qu’elle fait dans ce panier de serpents. Le mieux aurait sans doute été de rester chez elle durant les manifestations iraniennes.

  • Prise d’otages français en Somalie

    Deux officiers français en mission d’on ne sait trop quoi se font enlever en Somalie par des hordes locales. Quels que soient les contours (plutôt flous) de leur mission, il faut quand même avoir du cran pour aller marauder dans ce pays alors que l’armée française y a tué plusieurs pirates dans des opérations médiatisées de récupération de navires et la justice française détient certains autres dans ses geôles à Paris, et que l’on connait la frénésie de vengeance qui anime ces pirates !