Catégorie : Economie

  • Les impôts vont augmenter

    Un des grands mensonges d’Etat en cours tient toujours le haut du pavé des enfumages politiques d’électeurs naïfs : les impôts n’augmenteront pas. En fait il reste assez peu de citoyens qui y croient encore ne serait-ce car ils ont vu augmenter leurs propres prélèvements fiscaux comme nous tous.

    Cette grande escroquerie intellectuelle vit ses dernières heures avec les plans d’austérité qui déboulent sur l’Europe surendettée et qui ne vont pas épargner la France malgré les ridicules circonvolutions du monde politique et médiatique sur « rigueur ou pas rigueur » !

  • Des forbans mal éduqués

    Le plus rageant dans l’agitation actuelle qui saisit les marchés est que dans le fond ils ont (tardivement) raison mais la forme est insupportable. Ces forbans ont prêté jusqu’à plus soif à des Etats défaillants, se sont fait sauver de la faillite pour incompétence par les contribuables mondiaux, se gorgent à nouveau de profits et bonus indécents, et finalement se permettent de faire la morale à nos Etats en jouant les vierges effarouchées par le risque et diffusant un message de rigueur et de bonne gestion.

    Ces barbares ont même eu le culot de baptiser PIGS (Portugal, Italy, Greece & Spain) les Etats qualifiés de club-méditerranée par Angela. Et ils viennent d’inventer un nouvel acronyme pour désigner leurs prochaines cibles : FUK (France & United-Kingdom). On marche sur la tête.

    Mais dans le fond ils vont réussir là où les contraintes économiques de la crise, les pressions politiques de l’Allemagne et autres gouvernements vertueux et les propositions de la commission européenne ont échoué : faire entendre raison aux Etats en les alignant sur Madame Michu qui ne peut pas durablement dépenser plus qu’elle ne gagne.

    Eh oui, la réalité revient au galop : lorsque l’on est endetté on dépend de ses créanciers. Heureusement les débiteurs gardent quelques moyens de pression, dont celui de faire exploser le système en cas de défaut, il leur reste à savoir en jouer avec subtilité face aux nouveaux barbares.

  • Mauvaise gestion étatique

    L’un des problèmes de fond de la dette publique est qu’elle relève du tonneau des Danaïdes : on emprunte toujours plus pour rembourser la dette. Au moins lorsque Madame Michu prend un découvert à sa banque pour payer sa machine à laver chez Darty, elle passe trois mois difficiles le temps de rembourser sa banque puis retrouve son pouvoir d’achat jusqu’à ce qu’elle reprenne un crédit pour changer sa voiture.

    Sauf quelques rares exceptions les Etats ne savent pas équilibrer leurs dépenses et leurs recettes ou quand ils le font c’est sur période si limitée qu’elle ne suffit pas à inverser la tendance de fond d’augmentation de la dette publique. La période actuelle va peut-être entraîner des révisions déchirantes !

  • Les agences de notations notent

    L’agence de notation Moody’s offre des comptes gratuits pour ceux qui veulent découvrir les antres de ces institutions. Beaucoup de documents sont réservés en accès payant mais on peut quand même accéder à certains et notamment constater que l’Etat français est toujours affublé de la meilleure note Aaa, « sans surveillance » (la meilleure, par exemple le Portugal est Aa2 « sous surveillance négative ») quand la Grèce est A3, la pire note étant C, réservée aux valeurs spéculatives.

    L’agence explique par ailleurs que le plan d’austérité mis en place en Grèce aura des conséquences négatives sur la qualité du crédit de ce pays, donc nouvelle dégradation de note à prévoir. C’est le serpent qui se mord la queue. S’il faut augmenter la dette pour financer la croissance et rembourser la dette on est dégradé, si on lance un plan de rigueur pour contrôler la dette on est dégradé. Entre les deux, personne n’ose vraiment annoncer la solution qui sera un défaut partiel de la Grèce (et probablement d’autres pays) sur une partie de la dette. Le mot qui fâche est celui de restructuration et il est plus que probable qu’une partie de la dette gigantesque qui pèse sur les économies occidentales ne sera pas remboursée.

    Les créanciers largement appuyés par les agences de notation panurgistes anticipent ce risque. L’énergie qu’ils ont déployée pour forcer l’Union européenne à mettre en place un plan de sauvetage de la Grèce procède de cette évaluation. Ils ont réussi à forcer les Etats européens à prendre en charge la dette publique grecque en cas de défaut de cet Etat. En gros ils ont mutualisé leur risque en le transférant sur le contribuable européen. C’est l’éternelle histoire de la privatisation des profits et de la publicisation des pertes. Des banques et fonds privés qui ont prêté à leurs propres risques à des Etats impécunieux ont réussi à faire prendre en charge leurs pertes futures par les contribuables. Evidemment ce sont notamment nos petites économies que ces banques ont prêtées et un défaut total des débiteurs posera des problèmes non seulement aux banques, mais aussi à leurs déposants, c’est-à-dire nous tous.

    C’est à ça que servent les restructurations de dettes. Créanciers et débiteurs se mettent autour d’une table et discutaillent sur ce qu’il est possible d’abandonner. L’exercice a été mené en Amérique Latine dans les années 80, en Asie en 1998. Il y a eu de la casse mais chacun y a mis du sien : les contribuables des Etats concernés, les banques créancières et une solution a été trouvée. Il s’agit que les prêteurs qui ont pris du risque y laisse quelques plumes, ni trop ni pas assez, cela amènera une baisse provisoire de leurs profits. Les contribuables devront payer un peu plus d’impôt, c’est la vie et l’inéluctable conséquence d’avoir vécu trop longtemps au-dessus de ses moyens.

  • Des agences de notation moutonnières

    Les agences de notation se payent désormais le Portugal et l’Espagne. En gros elles délivrent un bonnet d’âne à la dette de ces pays qui est désormais mal notée. Du coup les créanciers qui achètent les bons du trésor de ces pays en exigent une rémunération supérieure.

    Ces agences ont fait preuve de leur incompétence lors de la crise financière de 2008, sans remonter jusqu’aux scandales Enron, WorldCom ou Vivendi auxquels elles n’ont vu que du feu. Leur caractère moutonnier n’est plus à démontrer et l’on se demande bien sur quoi elles se basent pour attaquer le Portugal et pas la France, dont le niveau d’endettement et l’incapacité à équilibrer leurs budgets sont tout à fait comparables.

    Le plus étonnant dans l’affaire est le suivisme des investisseurs, c’est à dire des spéculateurs, certes, mais aussi de toutes les banques et institutions financières qui investissent nos petites économies dans l’achat de titres de ces Etats. En principe les fameux génies des mathématiques qui peuplent leurs salles de marché ne devraient pas avoir eu besoin d’agences de notation pour analyser depuis des années que l’endettement de nos pays européens n’est pas financièrement tenable et que cela dure depuis des décennies. Ce qui arrive est une crise de l’endettement comme celle que subit ma concierge lorsqu’elle prend un découvert à la banque pour acheter une voiture au-dessus de ses moyens et qui ne peut plus rembourser. La France n’a pas eu de budget en équilibre depuis plus de 35 ans. Qu’elle fut en croissance ou en récession, gouvernée par la droite ou par la gauche, elle a systématiquement dépensé plus qu’elle n’encaissait et financé la différence avec de la dette qui pèsera sur les enfants de nos enfants. Il n’y a pas besoin d’être un grand clerc pour diagnostiquer un léger problème, il suffit d’ailleurs de lire les rapports de la cour des comptes… mais les agences de notation continuent à surnoter la France alors qu’elles se tapent l’Espagne e le Portugal.

    Les investisseurs continuent du coup à prêter à taux préférentiel à la France. Tant mieux pour les contribuables que nous sommes tous mais tout ceci est parfaitement illogique et bien loin de reposer sur une soi-disant analyse mathématique des situations respectives de ces pays. Et confirme une fois encore que les investisseurs ne mènent pas leurs propres analyses économiques mais se cachent derrière celles des agences alors que ce sont eux qui devraient être décisionnaires sur ces sujets puisqu’ils détiennent les cordons de la bourse ?

  • La folie et la cupidité

    Kerviel le trader-fraudeur mène sa campagne de communication à la veille de son procès : interview dans le Journal du dimanche ce matin, interview sur France 2 ce soir, publication d’un livre le mois prochain, et ce n’est probablement pas fini. Il prépare sa défense plutôt bien il nous semble pour sensibiliser la ménagère de moins de cinquante ans. Propres sur lui et modeste, il ne nie pas sa faute mais cherche à mouiller sa direction qui selon lui, était au courant et couvrait ses agissements, qui avaient abouti, rappelons-le, à engager 50 milliards d’euros dans une opération de casino qui a mal tourné.

    Peut-être sera-t-il entendu par le juge mais à défaut, et si au moins sa culpabilité est prouvée et pas celle de sa direction, que la justice passe. Ce n’est pas parce que ses chefs ont été plus malins que lui qu’il faudrait l’absoudre. Et si et lui et sa direction sont convaincus d’actes illégaux, eh bien que la justice passe avec la même sévérité pour tout ce petit monde qui a failli par cupidité et folie des grandeurs avec, notamment, l’argent des déposants.

  • Goldman Sachs avoue

    L’état-major de Goldman Sachs passe au confessionnal devant les sénateurs américains agacés par l’affairisme spéculateur du Dark Vador de la communauté des nouveaux barbares. Les gros poissons de Goldman ont amené avec eux un de leur fusible de service, un matheux français qui a conçu des produits financiers toxiques en se qualifiant lui-même de Frankenstein, pour expliquer leurs intentions si pures que jamais ils n’auraient joué à la baisse contre des produits qu’ils vendaient en même temps à leurs clients.

    En fait depuis la crise financière de 2008 et la succession des affaires Kerviel, Madoff et autres, sans parler des fonds spéculatifs pariant sur la hausse des produits alimentaires en 2007 au point de favoriser cette hausse et de provoquer des émeutes de la faim dans nombre de pays alors qu’il n’y avait pas de pénurie, on sait que ces forbans sont capables de tout et surtout du pire. Donc Goldman peut tout à fait être coupable de ce dont on l’accuse, cela ne surprendrait personne et a priori pas les sénateurs. Si même le Sénat des Etats-Unis d’Amérique se pose la question de la culpabilité des barbares de la finance c’est que l’on peut raisonnablement croire que celle-ci ne soit avérée.

    La plainte déposée contre Goldman Sachs par l’autorité des marchés financiers américains va suivre son cours qui ne va pas manquer d’être intéressant.

  • Dépenses inconséquentes

    A quoi sert une exposition universelle ? Pour le moment à pas grand-chose sinon pour la France à s’incliner devant l’Empereur du Milieu qui organise l’actuelle exposition et à dépenser les sous de ses contribuables dans des futilités.

  • Désarmante faute de goût en Grèce

    Le premier ministre grec demande l’aide européenne sonnante et trébuchante au bord de la Méditerranée. C’est touchant mais signe d’un manque total de psychologie. Faire la manche sur fond de mer bleue et de village néo-classique c’est prendre les mouches allemandes avec du vinaigre méditerranéen. Les allemands sont déjà outragés de devoir payer pour les dépenses incongrues des cigales athéniennes, mais alors leur annoncer le presque défaut de paiement de son pays devant un paysage de rêve, c’est au mieux maladroit, au pire provocateur. Un vieux bureau de l’administration grecque aurait été mieux indiqué.

  • Les nouveaux barbares de la finance

    Quelques soucis pour le Dark Vador des nouveaux barbares : Goldman Sachs, banque d’affaires new-yorkaises, officine à traders bonusés et services sophistiqués. Les autorités financières américaines attaquent cette banque pour fraude. Un trader français est même expressément désigné dans l’acte d’accusation, rejetant ainsi les performances de Kerviel-le-fraudeur au niveau de l’école maternelle.

    En gros, Goldman Sachs a constitué pour le compte du fonds spéculatifs John Paulson (par ailleurs donateur à l’association humanitaire de Carla Bruni-Sarkozy) un portefeuille de titres plus ou moins immobiliers comme actifs de ce nouveau fonds. Goldman aurait ensuite fourgué ce produit financier à des investisseurs alors que dans le même temps Paulson, pariant sur à la baisse des titres immobiliers gangrénés par les subprimes, achetait des Credit default swap – CDS sorte de certificats d’assurance contre l’insolvabilité des émetteurs des titres qui prennent de la valeur à mesure que le risque augmente.

    Dans un monde financier basé sur la spéculation on trouve toujours des hurluberlus prêts à parier sur des positions opposées. Paulson qui avait pressenti à l’avance l’effondrement des titres subprimes avait trouvé des investisseurs prédisant le contraire. C’est Paulson qui a gagné, il a revendu ses CDS et les gogos investisseurs dans le fonds Goldman Sachs ont tout perdu.

    L’Etat américain s’émeut du rôle trouble de Dark Vador. On pourrait l’être à moins. A suivre.

  • La Grèce à la recherche de financements

    La Grèce pourra finalement faire la manche auprès du FMI et de l’Union européenne si jamais elle ne pouvait plus trouver de sous auprès des marchés financiers internationaux. L’intervention conjointe du FMI et des contribuables européens est adaptée à la situation, permet de répartir la charge et surtout d’introduire une instance multilatérale mieux à même d’imposer des mesures de redressement économique aux pays défaillants.

    Les engagements pris par la Grèce en matière de redressement budgétaire sont parfaitement irréalistes et chacun le sait, mais un voile pudique a été jeté sur cet aspect des choses. Des efforts vont être menés et vont dans le bon sens, outre qu’ils indiquent également le chemin à suivre sous peu par d’autres.

    L’Allemagne dont les exigences ont retardé l’accord final, est accusée de toutes parts de manquer de solidarité, y compris bien sûr par la France jamais en retard pour faire la morale aux autres. Les allemands sont outragés ; on le serait à moins. Il est en train de se passer exactement ce qu’ils avaient prévu qu’il se passerait lors de la création de l’euro : les pays incapables de gérer leur budget dépensent sans compter en pensant « l’Allemagne paiera… » Le pacte de stabilité qui avait été imposé outre-Rhin pour forcer les cigales à un peu de rigueur, ou du moins à s’engager à le faire, a été balayé et ce bien avant la crise de 2008. La France et l’Italie ont largement dépassé la norme maximum de déficit public de 3% du PIB, une nouvelle fois avant le déclenchement de la crise de 2008 de la spéculation des nouveaux barbares, et n’ont éprouvé bien sûr aucun remord à ravaler leurs engagements.

    Pendant ce temps les allemands finissaient d’absorber leurs régions de l’Est, augmentaient la durée du travail, redressaient leurs exportations et leurs finances publiques, amélioraient leur compétitivité et se maintenait donc comme première puissance économique de l’Europe.

    Alors maintenant que la Grèce tend la main et que d’autres pays ne vont pas tarder à faire de même, ils vivent assez mal de devoir payer et en plus de se faire critiquer par le reste de l’Europe. La ministre française des finances est même allée jusqu’à leur reprocher leur compétitivité et leur faibles salaires… Il faut le faire et elle l’a dit. On peut craindre que lorsque Paris aura à son tour besoin des subsides de ses pairs ce genre de reproches déplacés ne soient resservis un jour.

    Mais les allemands ont aussi besoin d’une économie européenne qui fonctionne alors ils vont payer, mais il serait tout de même plus décent que les pays impécunieux fassent preuve d’un peu plus de décence dans leur demande d’aide. Il ne faut jamais taper sur la main qui signe le chèque.

  • La publicité très abrutissante

    C’est le printemps et les deux crétins qui assurent la publicité de la Matmut depuis plusieurs années couvrent à nouveau les murs de France avec leurs têtes de cadavres embaumés ; et les ondes nationales de leurs cris débilitants « La Matmut elle assure. »

    La recommandation est de maintenir la décision de ne jamais souscrire un contrat d’assurance dans cette compagnie tant qu’elle persistera à viser une clientèle qui se satisfait de pareilles imbécilités.

  • La rigueur allemande à l’épreuve du laxisme financier des pays européens du sud

    Les allemands sont ulcérés devant le laxisme des pays européens clubmed pour lesquels ils vont devoir payer alors qu’eux-mêmes se sont imposés de la rigueur budgétaire depuis plusieurs années, et d’autant plus que d’autres pays sont inscrits derrière pour faire la manche auprès de la fourmi germanique, dont la France.

    Le microcosme européen s’agite en tous sens car si l’Allemagne refuse de payer qui donc va bien pouvoir le faire. Berlin veut refourguer la Grèce au Fonds monétaire international (FMI), qui après tout est fait pour ça comme l’indiquent les alinéas rappelés ci-dessous de l’article 1 de ses statuts sur les buts du FMI :

    V) Donner confiance aux États membres en mettant les ressources générales du Fonds temporairement à leur disposition moyennant des garanties adéquates, leur fournissant ainsi la possibilité de corriger les déséquilibres de leurs balances des paiements sans recourir à des mesures préjudiciables à la prospérité nationale ou internationale.
    VI) Conformément à ce qui précède, abréger la durée et réduire l’ampleur des déséquilibres des balances des paiements des États membres.

    On a donc l’outil adapté à la situation avec en plus l’avantage que cette institution sera mieux à même d’imposer des mesures de saine gestion à des gouvernements défaillants.

    D’autres pays proposent de noyer le poisson en créant un Fonds monétaire européen (FME) qui éviterait aux pays européens mal gérés d’aller taper à la porte du FMI que l’on voudrait voir réservé aux pays pauvres. En gros tout le monde cherche à se débarrasser de la patate chaude sur le voisin car il va falloir s’endetter pour combler les trous budgétaires grecs pour autant que l’on sache les évaluer. Donc si l’on passe le bébé au FMI cela permettra de multilatéraliser le plan de sauvetage et d’éviter d’augmenter les dettes nationales déjà gigantesques.

    La création d’un FME est une galéjade compte tenu des années qu’il faudra pour la réaliser et de l’inutilité de ce machin qui ferait double emploi avec le FMI, et ce uniquement pour préserver la susceptibilité de nations européennes qui ne veulent pas se retrouver dans la même queue que le Nigéria et la Papouasie.

  • L’Islande et la spéculation

    L’Islande, qui a été gérée comme un fonds spéculatif en confiant son système financier à une bande de vikings délinquants, vote aujourd’hui pour savoir si ses contribuables vont devoir payer environ 4 milliards d’euros aux gouvernements britanniques et néerlandais pour rembourser ces Royaumes qui eux-mêmes ont déjà couvert leurs nationaux ayant déposé leur épargne dans la banque en ligne Icesave. C’est une incroyable histoire dans laquelle cette banque islandaise est allé démarcher des déposants à l’extérieur de son marché national, est tombée ne pouvant ainsi rembourser ses déposants, et met son gouvernement dans une impossible situation. Ces déposants qui ont pris leurs risques et perdu ont réussi à se faire rembourser par leurs Trésors publics respectifs en agitant plus ou moins consciemment le chiffon rouge de la panique bancaire. Pour le moment le contribuable britannique a payé pour le déposant britannique, mais voudrait transférer la charge sur le contribuable islandais. Idem pour les Pays-Bas.

    Eva Joly a été mandatée par le gouvernement islandais pour essayer de comprendre comment 50 barbares locaux, financiers au sein d’un pays de 300 000 habitants, ont pu provoquer quelques unes des plus formidables faillites bancaires de l’humanité. On peut compter sur sa perspicacité pour gratter le fumier et on peut imaginer que l’Etat Islandais sera moins pervers que le français pour couvrir les turpitudes de ses élites financières.

    Le peuple islandais a voté « Non » et ne veut pas rembourser les contribuables britanniques et néerlandais. C’est un problème car des accords gouvernementaux auraient plus ou moins été convenus pour ce transfert de charges. Le gouvernement islandais va devoir trouver une solution plus présentable mais il semble bien qu’à la fin il va payer d’une façon ou d’une autre puisque les déposants qui ont pris leurs risques n’ont pas voulu assumer leurs responsabilités. Eternel renvoi de patate chaude entre le consommateur et le contribuable dans nos civilisations-providence !

  • Les barbares et Goldman Sachs

    Goldman Sachs pris les doigts dans le pot de confiture grecque, et a priori cela colle un peu. Le gouverneur de la banque centrale américaine déclare : « Nous sommes en train d’examiner un certain nombre de questions relatives à Goldman Sachs et à d’autres sociétés concernant leurs accords sur les dérivés de crédit conclus avec la Grèce ». Il faudrait surtout vérifier, si comme le dit la rumeur, la banque aurait en parallèle spéculé contre le pays qu’elle conseillait (via CDS), ou suggéré à ses clients de le faire, ce qui relève de la même perversité financière. Comme elle en est largement capable, si cela est avéré, que faire et comment arrêter cette machine infernale nourrie par l’infinie cupidité, assaisonnée du sentiment d’impunité épicé, de ces nouveaux barbares ? Je ne vois que deux directions : (i) mettre tout ceci sur la place publique car derrière leur rapacité, les barbares craignent encore pour leur image de rois du Monde (la preuve, le soin méticuleux que Goldman Sachs met à répondre sur son site web aux analyses dont il est l’objet dans la presse financière) et, (ii) taxer les profits ou augmenter les exigences de fonds propres, ce qui revient au même et rabaisse le Dieu leverage, car dans leur furieuse cavalcade vers toujours plus de profit et moins de principes, ces Visigoths des temps soi-disant modernes peuvent être arrêtés si leurs intérêts sont touchés au porte-monnaie.

  • La Grèce au ClubMed

    La crise grecque est très intéressante. La spéculation des nouveaux barbares est dirigée, pour le moment, contre un Etat clubmed (comme qualifié par les allemands) qui a géré son budget pas beaucoup plus mal que la France, soit dit en passant, mais moins habilement semble-t-il. Ladite France qui oublie d’ailleurs qu’en 1983, après 18 mois de nationalisations à marche forcée, elle avait fait la manche auprès de la Communauté européenne pour obtenir un prêt de trésorerie de plusieurs milliards de francs et éviter le déshonneur d’aller frapper à la porte du FMI. Mais tout ceci est du passé et nous pouvons maintenant faire la morale aux autres membres de l’Union en difficulté. L’une des caractéristiques majeures du politique communicant (comme d’ailleurs de l’électeur) est son absence de mémoire au-delà du jour de son élection.

    • Le premier impact de cette spéculation effrénée est la baisse du cours de l’euro contre le dollar. Qui s’en plaint en Europe ? Pas grand monde bien entendu, et surtout pas EADS ou Volkswagen…
    • La deuxième conséquence est la hausse du taux d’intérêt exigée de la Grèce par ses prêteurs. Est-ce un problème ? Non puisque c’est la seule solution pour forcer un Etat à équilibrer son budget pour moins s’endetter.
    • Existe-t-il un risque de défaut de la Grèce (et demain de l’Espagne ou de la France) comme hier l’Amérique latine ou la Russie ? S’il existe il est très théorique, le contribuable allemand paiera (le contribuable français quant à lui a déjà du mal à couvrir sa propre dette) car les conséquences d’un défaut d’un des Etats de la zone euro seraient trop négativement considérables pour tous les autres. Il s’en suivrait bien entendu des règlements de compte à Bruxelles post-sauvetage, mais l’honneur serait sauf.
    • La Grèce a-t-elle des difficultés pour se financer ? Non, ses émissions de bons du trésor sont couvertes sans difficulté. Le banquier gorgé de liquidités (générés par l’émission monétaire et les versements du contribuable) qui a prêté pendant des années à des ménages américains impécunieux tient avec le débiteur grec un bien meilleur risque.
    • Conclusion, jusqu’ici tout va bien même si les nouveaux barbares-traders arrivent à déclencher des frayeurs mondiales incontrôlées à coup de menaces en chocolat.
  • Le travail de Dieu et les swaps

    Les banques d’affaires et particulièrement Goldman Sachs (celle dont le patron affirmait qu’il accomplissait le travail de Dieu) sont accusées d’avoir aidé les Etats à maquiller leurs comptes. C’est certainement vrai mais le terme maquiller est sans doute inapproprié. Elles ont plus certainement simplement mis à la disposition des trésors publics les instruments financiers sophistiqués (swaps de taux, de devises, credit default swap et autres) qui ont déjà fait exploser la planète finance en 2008, sauvée grâce aux contribuables mondiaux. Ce sont des outils légaux qui respectent la lettre de la Loi et des règles comptables mais en détournent largement l’esprit. Proposés par les banquiers malins et intéressés à des Etats exsangues qui n’y comprennent pas grand-chose, ils sont discrètement mis en place et permettent de passer sous le tapis des risques ou des échéances qui immanquablement ressortent de derrière les fagots un jour ou l’autre.

    On ne peut sans doute pas castrer la créativité débordante des financiers matheux, ni la recherche désespérée de ficelles par des responsables politiques impécunieux. Afin de limiter les dommages considérables de telles pratiques la voie fiscale semble la plus logique. Taper au portefeuille reste le seul langage compréhensible par ces nouveaux barbares. On pourrait imposer des normes de fonds propres plus drastiques aux banques, limitant ainsi le pouvoir de leur nouveau Dieu leverage. Il faudrait également contraindre les utilisateurs de tels instruments à passer des provisions pour risques dans leurs comptes, règle inconnue des comptabilités publiques. Mais pourquoi les puissances publiques ne seraient-elles pas aussi créatives que les barbares ? Hélas, hélas, pour le moment la puissance (et la transparence) n’est pas du côté des Etats qui agissent en ordre dispersé. Mais ne désespérons pas !

  • Le bien-être au travail…

    Un rapport sur « Bien-être et efficacité au travail », commandé par le premier ministre, est rendu publique. Rédigé par deux patrons d’entreprise et un membre du Conseil économique et social (dont on découvre qu’il est désormais appelé Conseil économique, social et environnemental) il contient un pieux catalogue de dix propositions, sympathiques comme tout, mais relevant d’une faux-jetonnerie de circonstance. Qu’on en juge :

    1. L’implication de la direction générale et de son conseil d’administration est indispensable. L’évaluation de la performance doit intégrer le facteur humain, et donc la santé des salariés.

    2. La santé des salariés est d’abord l’affaire des managers, elle ne s’externalise pas. Les managers de proximité sont les premiers acteurs de santé.

    3. Donner aux salariés les moyens de se réaliser dans le travail. Restaurer des espaces de discussion et d’autonomie dans le travail.

    4. Impliquer les partenaires sociaux dans la construction des conditions de santé. Le dialogue social, dans l’entreprise et en dehors, est une priorité.

    5. La mesure induit les comportements. Mesurer les conditions de santé et sécurité au travail est une condition du développement du bien-être en entreprise.

    6. Préparer et former les managers au rôle de manager. Affirmer et concrétiser la responsabilité du manager vis-à-vis des équipes et des hommes.

    7. Ne pas réduire le collectif de travail à une addition d’individus. Valoriser la performance collective pour rendre les organisations de travail plus motivantes et plus efficientes.

    8. Anticiper et prendre en compte l’impact humain des changements. Tout projet de réorganisation ou de restructuration doit mesurer l’impact et la faisabilité humaine du changement.

    9. La santé au travail ne se limite pas aux frontières de l’entreprise. L’entreprise a un impact humain sur son environnement, en particulier sur ses fournisseurs.

    10. Ne pas laisser le salarié seul face à ses problèmes. Accompagner les salariés en difficulté.

    A notre époque où la restructuration permanente et l’agitation à tout va sont érigées en mode de fonctionnement des entreprises, petites et grandes, ces idées en feront sourire plus d’un… Personne ne peut contester la justesse de ces propositions mais qui pourra se targuer d’en respecter l’esprit ?

  • Les forbans à l’attaque

    On nous ressasse avec les marchés financiers attaquant l’euro et la Grèce, en attendant que Portugal, Espagne ou France passent également à la moulinette de ces marchés financiers. Il est toujours étrange de voir comment le monde extérieur évoque les marchés financiers comme une abstraction que l’on dirait émanant du Saint-Esprit.

    Comme nous l’avons déjà fait à de nombreuses reprises dans ces lignes, rappelons quelques évidences permettant de se remettre les idées en place et de démystifier ce qui n’a vraiment pas lieu de l’être.

    • Les marchés financiers sont une bande de forbans, quelques milliers à travers la planète, qui jouent derrière des écrans d’ordinateur à être les maîtres du Monde, grassement payés par des banques et établissements financiers.
    • Ces forbans jouent avec notre argent, celui de nos petites économies placées de ci de là, et non avec le leur ou celui de leurs employeurs, et nous n’avons pas les moyens d’empêcher leurs jeux diaboliques car nous nous sommes dépossédés de cet argent en le confiant à des banques.
    • Comment peut-on attaquer une monnaie. Il suffit de spéculer à la baisse en vendant à terme aujourd’hui un euro que l’on ne possède pas encore mais dont on parie qu’il va baisser. Exemple : aujourd’hui l’euro vaut 1,35 dollar et je parie que dans un mois il vaudra 1,20 dollar, donc je vends aujourd’hui mon euro, que je ne possède pas, au cours d’aujourd’hui de 1,35 dollar avec promesse de le livrer dans un mois ; dans 29 jours je l’achète sur le marché à 1,20 et le trentième jour je le livre au prix convenu de 1,35 ; j’ai gagné 1,35 – 1,20 = 0,15 dollar.
    • Et comment peut-on attaquer un pays qui n’a plus de monnaie nationale mais l’euro, monnaie multilatérale ? Il suffit de faire monter les taux d’intérêt auquel les forbans leur prêtent nos petites économies, puisque bien entendu ce ne sont pas les leurs qu’ils prêtent à la Grèce.
    • Comment les forbans ont-ils inventé le mouvement perpétuel ? En vendant à terme l’euro, je précipite la baisse de son cours contre dollar ; plus l’euro baisse et plus je vais gagner ; et plus je vais pousser la spéculation à la baisse. On les avait vus, à l’inverse, spéculer à la hausse des produits alimentaires en 2007, alors que les stocks ne justifiaient en rien un tel accroissement des cours. Il suffisait d’acheter aujourd’hui un kilo de blé à 100 pour réception dans un mois lorsqu’il vaudrait 130.
    • Et l’on voit les forbans faire la morale au monde politique en expliquant que la Grèce est mal gérée. Alors là on tire son chapeau devant ce culot qui dépasse l’entendement, lesdits forbans ayant mis le système financier international en faillite en 2008 du fait de leur incompétence, et n’ayant survécu pour la plupart que grâce aux subsides des contribuables mondiaux. En gros, les Etats se sont endettés pour sauver les banques qui maintenant spéculent joyeusement contre ces mêmes Etats.
    • Qu’attendent les forbans ? De fourguer leur risque sur quelqu’un d’autre. En fait ils paniquent à l’idée qu’ils puissent ne pas être remboursés des prêts faits à quelques pays exotiques comme la Grèce. Le contribuable européen a réaffirmé sa volonté de soutenir la Grèce, c’est-à-dire de payer si ce pays faisait défaut et de lui imposer un régime de rigueur. Comme à leur habitude les marchés financiers encaissent les profits et nationalisent les risques mais ils arrivent par la menace à forcer un pays à rentrer dans le rang là où la politique échoue.
    • Comment arrêter les forbans ? Il faut les taxer sur les profits générés par la spéculation. Est-ce facile ? Non, mais est-il satisfaisant de voir quelques centaines de forbans mettre à bas un ou des Etats ? Pas plus, alors il faut les attaquer.
    • Est-ce que tout ceci est condamnable ? C’est surtout cocasse et symptomatique des dérèglements de notre monde où la spéculation est érigée en régulateur et seule capable d’imposer la rigueur à un pays clubmed. En ce sens ce n’est pas sain.
  • Courage et finances publiques

    La présidence de la République réunit demain les principaux acteurs de la dépense publique, bref, les élus nationaux et régionaux qui tiennent les cordons de la bourse pour les sensibiliser sur l’état des finances publiques, plutôt inquiétant si l’on en juge par les chiffres annoncés, les impôts qui grimpent, sans parler des rapports successifs de la cour des comptes signé de l’impayable plume de feu de son président Philippe Séguin.

    Messieurs et Mesdames les élus et les ministres, vous verrez qu’une fois le chiffrage établi les solutions sont techniquement très simples. Réduire un déficit c’est exactement comme augmenter un profit, il faut pousser les recettes et diminuer les dépenses. Nous faisons ceci dans les entreprises tous les matins en arrivant au bureau, c’est à la portée d’un BTS comptable de 1ère année. Après il est juste nécessaire d’avoir un peu de courage politique pour imposer une ligne directrice et s’y tenir. Dans le cas des déficits de la République il faut ajouter une touche de pédagogie pour expliquer la situation aux électeurs. Dans l’entreprise ce n’est pas la peine.