Catégorie : Economie

  • Incompétence et irresponsabilité

    Certaines municipalités françaises qui se sont fait fourguer de la dette « toxique » par des banquiers spéculateurs se retournent maintenant contre ces pourvoyeurs indélicats et plaident leur incompétence devant la sophistication des produits financiers qu’elles ont achetés et auxquelles elles ne comprennent rien si ce n’est que le service de leur dette explose. Dans la majorité des cas les banques acceptent leur culpabilité et un arrangement financier est trouvé pour que les surcoûts soient partagés.

    Incompétence des municipalités certes, mais à défaut de technicité on aurait espéré un peu de bon sens des élus qui nous gouvernent. Las, qu’on en juge : la municipalité de Saint-Etienne a emprunté à un taux d’intérêt adossé à l’évolution de l’écart de parité de la Livre Sterling sur le Franc Suisse. La Livre s’étant effondrée, les intérêts dus explosent et Saint-Etienne est pris au piège. Il ne faut tout de même pas être un grand clerc pour deviner que personne au monde n’est capable d’anticiper l’évolution du taux de change Livre Sterling / Franc Suisse et que jouer à ce jeu-là s’appelle spéculer avec l’argent des contribuables ! Même l’épicier du coin de la rue est capable d’arriver seul à une telle conclusion. Pas nos élus signataires de ce type d’emprunt. En l’occurrence Saint-Etienne a assigné en justice Deutsche Bank pour résilier son contrat de prêt dans des conditions acceptables.

    Les Caisses d’Epargne qui sont censées gérer les bas de laine de nos grands-mères ont plongé dans les délices toxiques et ont placé du prêt spéculatif dans des départements incompétents. On croit rêver !

  • Dégradation des biens publics : les contribuables paieront

    Dégradation des biens publics : les contribuables paieront

    Le Lion de Belfort sur la Place Denfert-Rochereau est recouvert d’autocollants Continental du nom de ce fabricant de pneumatiques allemand qui a fermé une usine en France. Le nettoyage risque d’être pénible… Le mieux serait d’envoyer la facture à Continental ou à ses syndicats. Malheureusement le plus probable est que le coût sera supporté par le contribuable parisien. D’ailleurs à ce sujet la taxe d’habitation 2009 dans le XIVème arrondissement a déjà augmenté de 11,5% en 2009, et ce n’est sans doute pas fini.

  • La publicité abrutissante

    La publicité abrutissante

    C’est le retour de la publicité de la Matmut, campagne automnale qui occupe même les radios publiques. Campagne toujours aussi débilitante et consternante avec les mêmes deux crétins de service couronnés qui affichent leurs têtes de merlans frits sur les panneaux parisiens, et probablement nationaux, et crient leur message commercial comme deux déments dans une cour d’hôpital psychiatrique. Est-ce vraiment indispensables de faire dans l’aussi primaire pour vendre une compagnie d’assurance ? Et comment une banale société d’assurance est-elle autorisée à envahir les ondes publiques avec sa publicité ? Elle est certes mutualiste mais publie néanmoins sur son site web un rapport financier digne du CAC40.

  • A la soupe

    En pleine crise financière et économique l’Irlande se sent soudainement plus proche de l’Union européenne et a finalement approuvé le Traité de Lisbonne à plus de 60% par référendum. Comme l’Islande en plein effondrement financier, l’Irlande se sent soudain pousser des ailes européennes. En gros, l’Union européenne est vue comme un vulgaire tiroir-caisse. Il y a encore à faire pour forger l’idéal européen que les pères fondateurs ont tenté avec mérite d’insuffler lors de sa construction.

  • Des suicides au CAC40

    Dans un dîner en ville vient sur la table le sujet des suicides chez France Télécom : 23 en 18 mois. Renseignement pris sur le site de l’Organisation mondiale de la santé il s’avère que le taux de suicide en France est de 16,2 par 100 000 habitants (dernier chiffre datant de 2005), soit grosso-modo un taux comparable à celui de notre opérateur historique de téléphone. Evidemment une fois que l’on a dit ceci, on n’a pas dit grand-chose. Les statistiques sont froides et cachent certainement des situations différenciées. Il faudrait en savoir plus sur les méthodes de management de France Télécom, ce que l’on ne sait pas vraiment. Sont-elles le fait d’une bande de kapos recrutés chez des sauvages ? Ou le personnel est-il un peu trop cœur tendre pour vivre les contraintes de notre capitalisme débridé ?

  • A la caisse !

    Nous assistons à un débat proprement surréaliste au sujet du « grand emprunt » qui va consister à tondre encore un peu plus le contribuable. La politicaillerie et les analystes mondains glosent sur le montant idéal de cet emprunt qualifié de « grand ». Fitoussi dans Les Echos nous assène : « Je verrais bien 100 milliards d’euros et même plus », Rocard veut le limiter à 30, Sarkozy parle de 30 à 50, Fillon est sur une autre partition, 63 députés UMP écrivent une tribune dans Le Monde que le bon montant pour eux se situe entre 50 et 100 milliards. Bref, tout le monde y va de son paquet de milliards et on ne parle quasiment plus de l’affectation de ces fonds et encore moins de la rentabilité attendue de ces investissements pour la collectivité. C’est… indicible. La basse-cour caquète en remuant les plumes de son derrière et le gogo qui paiera l’addition à la fin n’en croit pas ses yeux ni ses oreilles. Ce n’est pas étonnant que la France soit en quasi-faillite avec de telles méthodes de gestion.

    Au milieu d’une logorrhée communicante où l’on parle de lisibilité, de défi environnemental, d’ancrage territorial, de dynamique nouvelle, etc. les 63 félons écrivent tout de même que les investissements financés par cet emprunt devront concerner des programmes « …rentables, susceptibles de générer des retours sur investissement sous forme de croissance, d’emploi et de [incontournable !] développement durable, à un horizon raisonnable. » C’est déjà bien de le dire même si l’on oublie au passage de rappeler que la trésorerie de l’Etat est fongible et ne peut être affectée à des dépenses particulières. Les fonds levés par la République, soit forme de grand emprunt ou d’emprunt journalier viennent financer un panier de dépenses et en l’occurrence un grand trou qui sépare le niveau des recettes de celui des dépenses. Si ces dépenses sont effectivement plus orientées sur les investissements productifs que des dépenses de fonctionnement on ne pourrait que s’en réjouir mais il faut être bien optimistes pour espérer que nous ferons aujourd’hui ce que nous avons été incapables de faire depuis 35 ans (le dernier budget équilibré remonte en France à 1974).

    Parmi les 63 signataires on retrouve les sportifs du Palais Bourbon : Jean-François Lamour et David Douillet ainsi qu’un revenant : Jean Tibéri.

  • Bourrage de crânes

    Deux grands bobards d’Etat sont en cours d’infusion dans les neurones des électeurs :

    • Le premier sur lequel nous avons déjà lourdement insisté veut qu’il n’y ait pas d’augmentation des impôts à venir. C’est évidemment un engagement irréaliste compte tenu de notre incapacité à dépenser moins que nous gagnons.
    • Le deuxième concerne le statut de La Poste et assène que l’Etat restera actionnaire à 100% de cette institution, même transformée en société par actions. C’est un engagement qui ne trompe plus personne après les transformations de France Telecom, Gaz de France.
  • Un jeu où tout le monde ne perd pas

    La justice américaine découvre qu’un client de Madoff sur deux n’a pas perdu d’argent. Evidemment et c’est bien là le principe de cette fraude : ce sont les derniers qui se font avoir, leurs fonds ayant été distribués aux premiers. C’est la pyramide de Ponzi.  

    C’est comme la crise des subprimes, ce diabolique concept de prêter de l’argent à des acheteurs immobiliers non solvables. Avant que la crise n’éclate, nombre d’entre eux ont fait de substantielles plus-values en revendant leur maison bien plus chère qu’ils ne l’avaient achetée, comme d’ailleurs nombre de propriétaires immobiliers français qui ont estimé durant des années qu’une plus-value annuelle de 15% sur leur patrimoine immobilier était la norme. Le problème c’est pour ceux qui ont acheté un appartement début 2007 et qui veulent le revendre aujourd’hui…

    La soupe a été bonne pour tout le monde, sauf quand elle a commencé à refroidir.

  • Une drôle d’affaire mêlant prévarication et ambitions

    L’affaire Clearstream est pathétique, quelle triste image ainsi donnée du pouvoir français et de ses affidés. Une bande de forbans, dont certains payés (ou qui ont été payés) grassement par la République, sont pris les doigts dans le pot de confiture :

    • Un auditeur externe qui vole des documents informatiques dans la société qu’il audite (Clearstream) et qui s’est reclassée depuis dans la gestion de crèches…
    • Un journaliste histoire de racler dans le caniveau
    • Un informaticien, repris de justice, apprenti-sorcier employé, chez EADS, qui consacre son temps à falsifier les documents volés par l’auditeur de Clearstream
    • Un vice-président d’EADS qui au lieu de vendre ses Airbus traîne sous les ors de Matignon avec les listings bidouillés et envoie des courriers anonymes à un juge
    • Un général d’opérette des services secrets qui ne sait même pas formaterun disque dur d’ordinateur sans laisser de trace
    • Un ex-premier ministre et un ex-ministre de l’intérieur (recyclé depuis à l’Elysée) qui se comportent comme deux gamins en maternelle 1ère année

    et tout ce petit monde s’écharpe consciencieusement en public et devant le tribunal, ment, manipule, cache, accuse, dénie… Ne serait-ce le niveau de responsabilité des impétrants tout ceci serait risible. C’est malheureusement hallucinant de vulgarité, de bassesse et de beaufitude.  Mon Dieu qu’avons-nous fait pour mériter de tels édiles ?

  • La démesure !

    Retour sur les bonus : le patron de PHILBRO, filiale de CITIGROUP, Andrew HALL, est en litige avec sa maison mère car l’application de son contrat lui donnerait droit à percevoir un bonus d’environ 100 millions de dollars au titre de l’année 2009. CITIGROUP estime que cela fait un peu beaucoup… Ce n’est pas faux !

  • Une dernière chance pour les fraudeurs

    L’administration fiscale française affirme détenir la liste de 3 000 contribuables qui possèderaient 3 milliards d’euros dans des comptes bancaires en Suisse, et leur donne jusqu’au 31/12/2009 pour régulariser leur situation, pour ceux qui seraient dans l’illégalité. Il n’est pas précisé combien sur les 3 000 sont soupçonnés de fraude car après tout il n’est pas interdit de détenir des avoirs en Suisse. Certains pensent qu’il s’agit d’un grand coup de bluff ! Fraudeurs contre bluffeurs, il suffit d’attendre pour savoir qui va demander à voir.

    Il paraît peu probable que l’administration se soit lancée dans une pareille affaire sans « biscuits ». Chasser le gros fraudeur va remettre du baume au cœur à la France profonde à défaut d’assurer des ressources substantielles. Même si les euros ne coulent pas dans les caisses de l’Etat à la suite de cette action, au moins le flux d’un peu plus de morale irriguera la morne plaine des perspectives budgétaires nationales. Tirer le petit fraudeur est en revanche une tâche hors d’atteinte, même pour une des administrations des pléthorique du monde. Elle serait susceptible de rapporter de gros flux car la fraude est surtout le fait des petites incivilités ordinaires : non déclaration de personnel de maison, non facturation de divers travaux et services, etc…

  • Des rémunérations qui dépassent l’entendement

    A l’issue d’un dîner en ville où l’on revient sur les rémunérations gigantesques de certains patrons, quelques clics sur internet permettent de mesurer celles-ci.

    Le site de Total expose les rémunérations de son Top-2 (avec valorisation des actions et options au cours de l’exercice :

    • Thierry Desmaret, président du conseil d’administration, 2007 => 3 792 905 EUR, 2008 => 2 069 430 EUR
    • Christophe de Margerie de « moustache en balai de chiotte », directeur général, 2007 => 5 473 435 EUR, 2008 => 3 806 395 EUR

    A priori 2008 est moins rentable que 2007, il est vrai que les cours du pétrole ont diminué à cause de la crise financière. Il y a sûrement des à cotés divers et variés, mais globalement ces rémunérations sont contenues entre 3 et 5 millions d’euros, ce qui semble correct pour une entreprise de cette taille.

    En revanche chez Goldman Sachs, on boxe dans une autre catégorie !

    • Lloyd C. Blankfein, pédégé, 2007 => 70 324 352 USD, 2008 => 1 113 771 USD
    • Gary D. Cohn, sous-pédégé, 2007 => 72 511 357 USD, 2008 => 3 661 729 USD
    • Jon Winkelried, sous-pédégé, 2007 => 71 477 910 USD, 2008 => 3 380 773 USD
    • David A. Vilniar, directeur financier, 2007 => 58 467 136 USD, 2008 => 1 100 320 USD

    La-encore le top-management a joué « petits-bras » pour 2008 mais après tout le monde financier a mis la planète à genoux et taper dans les poches des contribuables mondiaux, donc une petite réduction du train de vie des banquiers-divas ne sera pas non plus un drame. Rassurons-nous, on sait que la soupe est de nouveau fort goûteuse pour 2009 et que Goldman Sachs a déjà provisionné plus de 10 milliards de dollars au premier semestre pour reprendre la route de rémunérations annuelles supérieures à 50 millions de dollars pour les plus gâtés… Rien ne peut justifier à nos yeux qu’une personne qui fait travailler l’argent des autres touche 70 millions de dollars par an ; ni sa compétence, ni les bénéfices dont il est plus ou moins à l’origine, ni quoi que ce soit d’autre. La « norme de moralité » de 5 millions d’EUR annuels est ici largement enfoncée.

  • Les comptes de la sécurité sociale à la dérive

    Il semble que les comptes de la sécurité sociale de notre vieux pays soient lourdement déficitaires depuis des années, voire des décennies. Il semble que les multiples plans de redressement élaborés par les gouvernements successifs de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel n’aient été que des cautères sur une jambe de bois et chaque fois la course folle des dépenses a repris sans commune mesure avec l’augmentation des recettes. Tout ceci est pour la bonne cause puisqu’est c’est pour soigner le peuple !

    Mais il semble également que la réalité comptable soit aussi incontournable que la croissance des charges. On a beau essayer de passer les chiffres sous le tapis de divers artifices budgétaires, quand on dépense plus qu’on ne gagne, l’exercice a ses limites. La presse se croit maligne en annonçant une augmentation probable du forfait hospitalier journalier restant à la charge des patients de 16 à 20 EUR/j, la politicaille s’emmêle les pinceaux devant cette affaire et ladite presse revient à la charge en se réjouissant de voir bafouiller les hommes politiques et les harcèle sur le thème « allez-vous continuer à tondre les pauvres malades ? »

    C’est du niveau école maternelle ! Il n’est quand même pas indécent que les décideurs en charge des finances sociales s’interrogent sur les voies et moyens de redresser celles-ci. Quand Libération ou le Monde ont frôlé le dépôt de bilan, les managements de ces quotidiens ont réfléchi à des plans de restructuration qu’ils ont mis en œuvre pour sauver ces journaux. Il y a eu des réductions drastiques de coûts et des suppressions de postes.

    Il est probable que l’augmentation éventuelle du forfait hospitalier n’est qu’un des éléments d’un plan de redressement global de la sécurité sociale mais les médias se focalisent dessus car il est vendeur auprès du bon peuple qui s’en émeut. D’une façon ou d’une autre il va bien falloir trouver un cocktail avec augmentation des recettes et diminution des dépenses sociales. Le vrai sujet est de savoir comment le poids de ces mesures sera réparti entre les contribuables et les consommateurs de services hospitaliers, mais de ceci personne ne parle sur les plateaux télévisés.

    Peut-être pouvons-nous espérer un jour équilibrer les comptes sociaux français, mais pour arriver à ce que les médias hexagonaux soient un peu plus pédagogues et moins concierges, la route sera certainement encore très longue.

  • La taxe carbone est bien un prélèvement supplémentaire

    Taxe carbone : c’est un nouvel impôt, c’est incontestable. Le discours officiel est que la pression fiscale globale restera constante. Il va donc falloir diminuer d’autres impôts et là commencent les soucis. Non seulement la France est peu habituée au concept de baisse d’impôts, mais tous les lobbys de l’hexagone fourbissent déjà leurs armes pour expliquer que la taxe carbone ne peut pas s’appliquer pour les agriculteurs, ni pour les routiers, ni pour les grosses entreprises polluantes, ni pour un tel, ni pour un autre, par contre tout le monde sera volontaire pour la baisse à venir. Bref, un cauchemar technocratique et un psychodrame politique en prévision.

    De toute façon, la hausse du pétrole a repris, le brut est aux alentours de 68 USD aujourd’hui et il est plus que probable que la grimpette va se poursuivre, crise ou pas. La taxe carbone sera d’impact négligeable et le consommateur (ménages et entreprises) poussés vers les énergies plus économiques, dont certaines préservent également l’avenir de la planète qui nous abrite.

  • Les niches fiscales qui bloquent la réflexion

    Les « niches fiscales » de l’impôt sur les revenus sont la nouvelle cible de la démagogie médiatico-parlementaire. Le même Parlement a en son temps voté des avantages fiscaux pour favoriser certains secteurs économiques ou certaines corporations. Les chiffres avancés parlent d’une centaine de milliards de recettes fiscales « abandonnées ». Des mesures de défiscalisation pour les investissements dans les départements et territoires d’outre-mer, pour relancer la construction immobilière locative et pour bien d’autres sujets.

    A l’origine, ces avantages fiscaux sont destinés à promouvoir les investissements dans les secteurs concernés et non d’abord à favoriser des copains et des coquins. En gros un avantage fiscal est censé générer du développement économique (« de la création de valeur »), c’est le rendement de l’investissement fiscal. Les députés seraient bien avisés d’analyser d’abord le rendement de ces mesures fiscales avant de tailler dans le vif. Supprimer les mesures de défiscalisation pour investissements dans les DOM-TOM va-t-il faire baisser le niveau des investissements dans ces zones ? Si non cela veut dire que la mesure était inutile et doit donc être supprimée. Si oui, est-ce un problème ? Si oui encore, comment gère-t-on le problème ? Etc. Voici quelques questions préalables auxquelles nos élus pourraient peut-être réfléchir, bref, faire un peu d’évaluation rétrospective de leurs décisions ou celles de leurs prédécesseurs. Accessoirement ils pourraient étendre le champ de leurs investigations aux autres exonérations délivrées : charges sociales, TVA, pour les jeunes, les vieux, les chômeurs, les zones défavorisées, etc. Sont-elles efficaces ? Si oui, comment gère-t-on leur suppression ou comment finance-t-on leur maintien ?

    Bien sûr la presse devrait aussi poser ces questions, ce qui pousserait les élus à se les approprier, mais il est probablement illusoire d’attendre trop de réflexion de ce côté. Hélas !

  • Du rififi dans l’industrie automobile allemande

    Dénouement de l’affaire Porsche / Volkswagen (VW), ou comment le capitalisme allemand se déchire et l’arroseur se retrouve arrosé. Les deux groupes dirigés par deux familles aux intérêts entrecroisés (c’est le fils de Ferdinand Porsche, le créateur de la première Volkswagen, qui a fondé Porsche) vont finalement fusionner mais c’est clairement VW qui absorbe Porsche et non l’inverse comme l’histoire avait commencé.

    Cette affaire avait déjà entraîné indirectement le chute de l’empire Merckle : Adolph Merckle a la tête d’un groupe industriel d’importance (pharmacie et construction), une espèce de Bouygues outre-rhénan, dans le top 10 des plus grosses fortunes allemandes, au lieu de mener tranquillement son business, avait spéculé très lourdement sur la baisse du titre VW fin 2008 au moment où la rumeur de la montée de Porsche dans le capital de VW avait fait exploser le cours en bourse. Du coup, le groupe est ruiné (on parle de 800 MEUR de pertes à couvrir), les banques démantèlent l’empire à vendre par appartements, et Adolphe se suicide en se jetant sous un train le 7 janvier 2009, à 74 ans. Triste fin.

    Pendant ce temps, Porsche qui veut devenir majoritaire au capital de VW s’endette à coups de milliards d’euros pour acheter des actions, la conjoncture se retourne, le constructeur le plus rentable du monde affronte la mévente et ne peut plus supporter son endettement, sans parler des batailles d’égos surdimensionnés qui agitent les conseils d’administration des deux groupes, et qui influent considérablement décisions et stratégies. Fin de l’histoire, Porsche doit avaler son chapeau et pour respecter ses engagements (en clair, payer ses dettes) accepter l’arrivée d’un fonds souverain du Qatar et devenir la 10ème marque du groupe Volkswagen… Les égos surdimensionnés ont du mal à digérer le chapeau.

  • Pile je gagne, face tu perds

    Le dernier rapport de Cuomo, du nom du ministre de la Justice de l’Etat de New-York est titré :

    « No rhyme or reason: the ‘heads I win Tails you lose’ Bank Bonus Culture » (Sans rime ni raison : ‘pile je gagne, face tu perds’ la culture bancaire du bonus).

    Dans ce rapport sorti en juillet 2009, Cuomo passe en revue les bonus distribués en 2008 par les banques américaines ayant été sauvées de la faillite par le contribuable américain. Le thème principal est de démontrer par les chiffres que les rémunérations du secteur financier sont déliées (unmoored) des résultats de ces institutions :

    « Quand les banques vont bien les employés sont bien payés. Quand les banques vont moins bien les employés sont bien payés. Et quand les banques vont très mal, elles sont sauvées par les contribuables et leurs employés sont toujours bien payés. Les bonus et diverses compensations ne varient pas significativement lorsque les profits diminuent. »

    Suit une analyse des chiffres publiées par les neuf banques ayant bénéficié de fonds publics en 2008 (Troubled Asset Relief Programm – TARP) avec comparaison des bonus distribués en comparaison des résultats affichés et des fonds de sauvetage reçus. Intéressant !

    Intéressant également le fait de savoir que Andrew M. Cuomo (Attorney general de l’Etat de New-York) depuis 2007 était auparavant chef de la Housing and Urban Development (HUD) assurant la tutelle de Freddy Mac et Fanny May les deux institutions de refinancement des crédits hypothécaires qui ont dû être nationalisées en 2008 par l’Etat américain pour éviter leur faillite qui aurait eu un effet systémique dévastateur. Ces deux banques ont eu une responsabilité non négligeable dans l’aveuglement général sur le marché des crédits subprime ayant mené à la crise financière mondiale actuelle. Leurs dirigeants de l’époque ont eu des comptes à rendre à la justice américaine pour pratiques comptables douteuses, sans parler de bonus gigantesques dont ils ont eu à reverser une partie.

  • Des financiers aveuglés par leurs performances

    Il semble que les analystes économiques mondains aient été éberlués par la croissance française et européenne du 2ème trimestre. Il semble donc que leurs prévisions étaient fausses, ce n’est pas la première fois, c’est la vie. Souvenons-nous-en lors de leurs prochaines prestations sur les plateaux télé au lieu de tirer des plans sur la comète sur leurs élucubrations, à prendre avec bien plus de réserves que ne le font habituellement médias et monde politique.

    Il semble que personne ne mesure bien encore le nombre et l’ampleur des bombes à retardement qui restent cachées dans les bilans des banques et qui vont se révéler avec le temps. Les banquiers eux-mêmes ont fait preuve de sérieuses limites dans leur capacité à évaluer les risques pris par leurs équipes ces dernières années, c’est le moins que l’on puisse dire. Comme grosso-modo ce sont les mêmes qui restent en place, on peut se méfier de leur optimisme affiché aujourd’hui.

  • Courage, fuyons nos responsabilités

    Baudoin Prot, chef de BNP Paribas explique à Jacques Attali dans son émission estivale sur France Culture Le Sens des Choses que le responsable de tout ce désastre financier international c’est évidemment le chef de la banque centrale américaine qui a inondé la planète de liquidités et rendu possible le mauvais crédit distribué par les banques commerciales. La BNP a plutôt moins plongé sa cuillère que la moyenne dans la bonne soupedu subprime mais il est un peu facile de rejeter la responsabilité du désastre sur la puissance publique maîtresse de la planche à billets.

    Même pour les tenants d’un libéralisme pur et dur qui déifient Monsieur le Marché, il est toujours rassurant de pouvoir rendre l’Etat responsable de ses propres errements et dérives.

  • Natixis : l’escroquerie continue

    Le cours de NATIXIS flambe en bourse alors qu’il s’agit de la banque la plus touchée par la crise financière, et qu’elle aurait sans doute déjà déposé son bilan si le contribuable français n’avait mis la main à la poche. Il est vrai qu’il y a de quoi remonter la pente : introduit en bourse à 19,55 EUR en décembre 2006 le cours est se balade depuis plusieurs mois autour de 1,50 EUR (à l’époque de sa mise sur le marché, nombre d’analystes mondains pariaient bien entendu sur des perspectives de croissance himalayennes…)

    Pour quoi cette embellie soudaine ? Dans sa grande et moutonnière clairvoyance, le marché parie sur la mise en place d’une structure défaisance qui mettrait à la charge du contribuable la cession des actifs pourris de la banque, générés par quelques années de gestion hasardeuse de ses risques. En gros, c’est : « Réjouissez-vous bonnes gens, on a réussi à refourguer nos pertes abyssales à ces pigeons de contribuables qui vont payer pour nos errements, il ne nous reste que le gras à nous départager. »