Catégorie : Economie

  • Le couturier pitoyable gestionnaire

    Christian Lacroix où l’histoire d’un couturier qui a voulu jouer au capitaliste et s’est brûlé les ailes. Fondé avec LVMH en 1987, son business n’a jamais été rentable et LVMH en désespoir de cause a refourgué la maison Lacroix à une boîte américaine de duty-free, avec ledit Lacroix comme créateur salarié. Celui-ci se plaint de n’avoir jamais été écouté par ses actionnaires, les frères Falic (un nom qu’il faut réussir à porter en France). Toujours est-il qu’en 2008 le chiffre d’affaires a été de 30 millions d’EUR et la perte de 10 d’où le redressement judiciaire en cours !

    Le milieu artistico-mondain parisien s’émeut de cette fin annoncée d’un pan du patrimoine national. Il ne faudrait tout de même pas exagérer, heureusement que l’Italie n’en a pas dit autant quand Pinault a racheté Gucci ! Christian Lacroix est un gentil ce garçon, mais c’est tout de même lui qui a vendu son nom à LVMH en 1987 comme un banquier américain qui fourgue des subprimes à un hedgefund ! Personne ne l’y a forcé. Il aurait sans doute valu mieux choisir les acheteurs ou ne pas faire la transaction.

    Soyons positif, arrêtons de faire pleurer dans les chaumières, il faut que Lacrix rachète son nom et s’associe avec des gens sérieux, gestionnaires compétents, qui surtout ne lui laisseront aucune responsabilité managériale mais l’occuperont à 100% avec ses frous-frous colorés dans le cadre d’un business-plan avisé et contraignant.

  • Des finances publiques françaises à la dérive

    Intéressant Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques de la Cour des comptes sorti en juin 2009 ; le bilan est plutôt déprimant mais ce n’est pas une surprise. Il s’agit de l’incapacité structurelle (culturelle) de la France à se rapprocher d’un équilibre budgétaire même en période de croissance, quand ses concurrents européens y réussirent plutôt mieux (le dernier budget équilibré remonte en France à 1974). Le résultat est un endettement supérieur à la moyenne et une situation financière plus dégradée fin 2008 pour affronter la tempête financière. Petite illustration : en France le paiement des intérêts de la dette en 2008 est intégralement assuré par un endettement supplémentaire, c’est dire que les recettes ordinaires ne suffisent même pas à payer les intérêts de la dette.

    Le déficit 2008 serait surtout dû aux mesures d’allègements fiscaux et non encore à la récession économique, mais l’impact de la crise va être massif sur les comptes 2009 et suivants. La fuite en avant du financement des dépenses sociales est soulignée : l’Etat finance ces déficits en s’endettant faisant ainsi porter sur les générations futures le financement d’une partie des prestations d’aujourd’hui. Ce financement par la dette doit être remplacé par une augmentation des cotisations qui est de toute façon incontournables du fait du vieillissement de la population.

    Les prévisions de déficit public pour 2009 sont… abyssales (-5,4%) et devraient rester très dégradées jusqu’en 2012. Le rapport évoque la possibilité d’un emballement de la dette : « Une dérive incontrôlée de l’endettement aboutira inévitablement à un appauvrissement des français et, pour ce qui concerne la dette sociale, pourrait remettre en cause la pérennité des régimes sociaux. Il faut donc arrêter au plus vite cet engrenage. »

    L’ajustement est jugé inévitable dès qu’une amorce de reprise sera annoncée. Il sera le fait d’une baisse des dépenses, d’une augmentation des recettes (donc des prélèvements obligatoires) et d’une remise en cause des interventions de l’Etat de leur efficacité.

    Toutes ces analyses sont frappées au coin du bon sens et sont partagées par tout un chacun dans la gestion quotidienne du budget de son ménage. Il n’y a rien de bien sorcier à comprendre. Il ne reste plus qu’à faire.

  • Les bourses se dévorent

    La bourse de Paris qui a été absorbée par la bourse de New-York après avoir fusionné avec quelques autres bourses européennes il y a déjà quelques temps, voit une partie de ses activités informatiques déplacées à Londres. Les autorités françaises s’en émeuvent. C’est drôle parce que c’est l’histoire de l’arroseur arrosé, une nouvelle fois. On a mis les sociétés de bourse… en bourse. Elles se sont donc comportées comme des entreprises « normales » et se sont entre-dévorées les unes les autres pour être toujours plus grosses et mieux cotées… en bourse. La Compagnie des agents de change est devenue la Société des bourses françaises, qui est devenue EURONEXT après avoir fusionné avec quelques-unes de ses congénères, puis NYSE-EURONEXT (pour New-York stock exchange-EURONEXT) après avoir été avalée par la bourse de New-York.

    Aujourd’hui NYSE-EURONEXT déménage son siège informatique européen de Paris à Londres, demain ce sera autre chose et ainsi va la vie, à la recherche de toujours plus de synergies pour « créer de la valeur » pour l’actionnaire, mais bien entendu « en respectant les cultures et les valeurs de chacun, et bla-bla-bla ». Tu parles Charles !

    Soit les autorités françaises considèrent que le maintien d’une bourse de valeurs opérationnelle sur le territoire français est stratégique et alors il ne fallait pas privatiser cet outil (mais c’est un peu tard pour s’en apercevoir), soit on retient l’inverse et on vend l’activité de services boursiers au capitalisme. C’est l’option qui a été choisie et alors il ne faut pas s’étonner de ce qui se passe aujourd’hui.

  • La sous-traitance chaotique chez Boeing

    Intéressante évolution en cours chez Boeing qui avait structuré tout son projet de construction du B787 sur une externalisation importante de la fabrication des différents éléments de cet avion révolutionnaire, le montage étant finalisé chez Boeing. De retards de fabrication en faillite de sous-traitants, de crise financière en reports (6 fois) du vol inaugural, le mythe de l’industrie sans usine prend encore du plomb dans l’aile. Du coup, après que son action a perdu le quart de sa valeur en un mois Boeing est en train de racheter un de ses sous-traitants majeurs pour essayer de reprendre le contrôle du processus et de limiter les dégâts.

  • La prison pour les trader-fraudeurs

    Maddoff a escroqué 50 à 65 Mds d’USD, Kerviel 5 Mds seulement mais en EUR. Le premier est condamné à 150 ans de prison, en faisant une règle de trois approximative, le second devrait prendre à peu près 5 ans.

  • 150 ans de prison pour le trader-fraudeur américain

    Maddoff condamné à 150 de prison aux Etats-Unis par suite d’une escroquerie estimée (pour le moment) entre 50 et 65 milliards de dollars. Coup de semonce pour la finance internationale qui va peut-être devoir réviser certaines de ses frontières. Maddoff a avoué qu’il n’avait pas investi un seul cent de tous les sous reçus de la part des investisseurs qui lui ont fait confiance et qu’il avait agi seul. Il a plaidé coupable ce qui a pour effet, si l’on comprend bien, d’arrêter les enquêtes. Si 0 dollar a été investi, on se demande alors ce que faisaient tous ces traders qui posent derrière l’escroc du siècle devant leurs écrans ? Ils devaient chatter sur Facebook sans doute.

  • La France dans l’abime de la dette

    Réuni en « séminaire dominical » le gouvernement constate que les ressources manquent pour financer des dépenses supplémentaires d’où l’opportunité de lancer un « grand emprunt national » ! On se demande s’il était bien nécessaire de réunir une palanquée de ministres et sous-ministres en ce dimanche ensoleillé sous les ors de Matignon pour arriver à une si brillante conclusion ? Cela doit faire plus de 30 ans que le budget de l’Etat est déficitaire et que la République dépense plus qu’elle ne gagne. Cela doit donc faire plus de 30 ans que des fonctionnaires du Trésor empruntent tous les matins en arrivant au bureau les sous nécessaires pour combler l’insuffisance des recettes encaissées par rapport aux dépenses décaissées. Donc rien de nouveau sous le soleil et qu’on arrête ce lavage de cerveaux pour arriver à démontrer au contribuable assailli que ce « grand emprunt national » est un concept pour relancer la France alors qu’il n’est qu’un outil parmi d’autres pour combler les trous.

  • La France dépensière

    Sarkozy, le président hyper-agité présente le principe d’un emprunt national comme une grande avancée conceptuelle et le fruit d’une politique subtile. Bon, en fait, c’est juste un moyen de financement qui tombera dans le trou du déficit de la République. Il est étonnant qu’il n’y ait pas un journaliste ou un économiste pour rappeler aux citoyens que la trésorerie de l’Etat est fongible et quelle que soit l’origine de ses ressources : impôts, bons du trésor, emprunts sur les marchés financiers ou chez les particuliers, ces ressources ne sont pas affectées à des dépenses particulières mais financent les besoins de l’Etat.

    Il vaudrait donc mieux expliquer les tenants et aboutissants du plan de survie/relance de l’économie française, ainsi que ses coûts, plutôt que de citer les outils techniques mis en œuvre pour payer ces coûts. Ce ne sont que des outils au service d’une politique, sans grand intérêt à détailler.

    En réalité se cache derrière cette communication tonitruante une illusion : la volonté de l’Etat de montrer le soutien du peuple qui souscrira à cet emprunt. Pour remporter ce succès, il consentira des conditions attractives pour le particulier et sans doute plus coûteuses que pour une émission de bons du trésor sur les marchés financiers qui sont plutôt gourmands ces derniers temps de la signature française.

    Beaucoup plus grave, l’affirmation présidentielle que les impôts n’augmenteront pas. C’est un mensonge lourd de conséquence car il est clair que les montagnes de dettes accumulées ces derniers mois (et le pire reste à venir) vont évidemment générer un accroissement de la pression fiscale. Ce n’est pas le retour d’une molle croissance qui permettra de rembourser les créanciers de la République. Les enfants de nos enfants continueront à payer pour les errements financiers de notre génération. On ne réduit pas un déficit en lançant un emprunt mais en diminuant l’écart entre les dépenses et les recettes. On ne règle pas une crise de l’endettement en empruntant.

  • Une perte de 160 milliards en quelques années

    Time Warner remet AOL sur le marché en le vendant en bourse. Acheté 167 milliards d’USD en 2000, dévalorisé de 100 milliards dès l’année suivante, son prix est estimé aujourd’hui à 2,7 milliards. Si c’est effectivement le prix auquel le marché achètera les actions AOL, il s’agira du plus important hold-up légal de l’histoire de l’Humanité (enfin de la bourse) réalisé par une classe de dirigeants illuminés au profit des actionnaires d’AOL puisque ce sont effectivement eux qui ont touché le gros lot.

  • Les banquiers veulent augmenter leurs salaires

    Dans Les Echos du 25, le patron de Bank Of America précise son souhait de rembourser les fonds étatiques injectés par le contribuable américain pour sauver le système financier par suite des errements se son management, et que sa première décision sera de revoir le système de rémunération et de rétablir les bonus. Au mois c’est clair ! On aurait pu penser qu’il allait consacrer son temps et ses ressources à mieux financer de l’économie ou à essayer de comprendre les mécanismes fondamentaux de la crise financière pour éviter qu’un tel séisme ne se reproduise ou à remercier le contribuable de l’avoir sauver de la banqueroute, à faire son travail tout simplement. Que nenni ! Sa première décision, il le dit, sera se rétablir les bonus… Le bonus est-il vraiment l’unique carburant qui fait fonctionner le secteur financier ?

    Et Les Echos titrent aujourd’hui en première page : « Pour accélérer son désendettement EDF lance un emprunt auprès des particuliers de l’ordre de 1 milliard ». Heu… emprunter auprès des particuliers ce n’est pas de l’endettement ? EDF n’a pas l’intention de les rembourser ? C’est la dernière mode financière : lancer des emprunts auprès du public en les assortissant d’un discours brain washing sur l’engagement émotionnel du public en faveur de l’émetteur (voir campagne de publicité actuelle d’EDF).Dans les dîners en ville des patrons du CAC 40 ce doit être le dernier sujet dont on cause : « tu as vu le succès de mon gros emprunt auprès du public ? » Il n’y a pas à dire cela doit classer son pédégé au milieu des petits fours.

  • La protection sociale française coûte cher

    Intéressant (mais compliqué) rapport de l’INSEE (dit rapport « Cotis » du nom de son directeur général) sur le partage de la valeur ajoutée, des profits et les écarts de rémunérations en France : il en ressort que la part des rémunérations dans la valeur ajoutée des entreprises non financières (donc hors administration, sociétés financières et ménages, soit environ 60% de la valeur ajoutée nationale en 2007) est restée stable depuis 1950 aux environs des 2/3, avec un pic post-choc pétrolier dans les années 70 puis une redescente dans les années 90. Mais à l’intérieur de ce bloc de 2/3, la part consacrée aux charges sociales a progressé plus vite que le salaire net. De même que la progression du millième le mieux rémunéré a été plus forte que celle des salaires médians, elle-même moins forte que celle des bas salaires.

    On y découvre que les 10% des plus hauts revenus salariaux appartiennent aux trois secteurs du conseil, des activités financières et du commerce de gros. En 2005 le revenu moyen (salaires + divers transferts) était de 20 500 EUR, avec une progression très forte à partir des années 90 pour les 0,01% des plus hauts revenus que pour les 90%. Il semble que le creusement de cet écart en faveur des plus riches soit beaucoup plus fort dans les autres pays. La France est dans la moyenne, entre les Etats-Unis où les inégalités sont les plus fortes et la Suède à l’autre bout de l’échelle.

    L’excédent brut d’exploitation, c’est-à-dire les 40% de valeur ajoutée restant après déduction des 60% consacrés aux rémunérations, est réparti en 2007 est réparti entre l’autofinancement des entreprises (40%), les revenus du capital versés aux propriétaires du capital (25%), les impôts (15%), les frais financiers (10%) et divers dont (10%).

    La conclusion note que malgré la stabilité sur longue période de la part de la valeur ajoutée consacrée aux rémunérations (60%), la faible « dynamique » (ce qui signifie croissance) des salaires nets s’explique notamment par l’augmentation de la part des salaires bruts consacrée au financement de la protection sociale de haut niveau (choix politique français), la montée en puissance de l’emploi précaire.

    Bref, une réflexion sophistiquée afin de donner un peu de sens aux débats « café du commerce » que l’on entend dans les enceintes politiques relayées par les journaux de TF1.

    Lire le rapport ici

  • Gros égo et compétence limitée

    Marc Touati, oracle économique mondain devant les caméras et les micros, explique que la moitié des chômeurs actuels est due à la crise et l’autre à la « peur de l’avenir » ! Et la peur de l’avenir elle est due à quoi ?

    Pour rappel, Touati avait commis un site web intitulé www.stoptrichet.com qui vouait aux gémonies le patron de la banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, accusé de dogmatisme, de cynisme, d’attitude méprisante, on en en passe et des meilleures. Evidemment ce brûlot a été lancé fin 2006 début 2007, depuis les choses ont un peu évolué, les prévisions et analyses de Trichet se sont peut-être révélées plus adaptées que les envolées mondaines de Marc Touati. Le site web existe toujours mais avec bien moins de promotion.

    Touati tient un blog vidéo : www.marctouati.com, sorte de café du commerce financier où le chroniqueur parade chaque semaine avec une nouvelle cravate à rayures, et continue sa charge contre la banque centrale qui semble relever de l’obsession.

  • Adieu pédégé de la Société Générale

    Daniel Bouton, président de la Société Générale, jette l’éponge et démissionne, cette fois-ci pour de bon. Ancien fonctionnaire de la République il n’a finalement été ni meilleur ni moins bon que ses coreligionnaires ou ses employés, il a simplement été plus voyant. Il y a une vidéo repassée en boucle ces derniers temps par les télévisions qui le montre dans une réunion en train de rallumer un gros cigare coincé entre ses dents, serrées dans un rictus pour tenir la bête. Ces images lui ont fait autant de mal que ses stock-options.

    Il a participé à la grande fête financière de ces dix dernières années, attisant les illusions auxquelles il a sans doute cru, que le monde serait financier ou ne serait pas. Il a mangé dans la même soupe que toute la communauté financière, il l’a même aussi servie d’ailleurs. Il a réussi à maintenir sa banque indépendante ce qui n’est pas le plus mince de ses exploits. Il l’a sauvée après la découverte de l’escroquerie de Kerviel le trader-fraudeur. Mais il aurait bien voulu rester encore quelques années dans son fauteuil car lorsque l’on a goûté aux charmes des hauteurs il est bien difficile d’en redescendre.

    Dans sa lettre adressée au personnel il explique que les attaques personnelles dont il est l’objet en permanence lui sont insupportables et risquent de nuire à la banque. C’est vrai, à force d’être trop voyant et de rallumer ses cigares devant les caméras il est devenu le symbole de tous les excès du capitalisme financier et la cible préférée des médias et gouvernants. En ces temps de débâcle mondiale il a tellement incarné le patron arrogant repu de rémunération à 6 zéros que le petit monde des internautes et autres blogueurs en est venu à l’exécrer quand dans le même temps il glorifiait Kerviel le trader-fraudeur. Déplorable inversion des rôles mais résultat prévisible d’un comportement général du monde de la finance.

    Il se retire, c’est correct de sa part et utile pour son entreprise. Il ne sera pas irremplaçable, la Société-Générale vivra après Bouton.

  • Des anticipations anticipatrices

    Le Fonds monétaire internationale (FMI) publie des prévisions économiques pessimistes, expliquant que les actifs des banques sont encore sérieusement surévalués et que des pertes sont encore à craindre. Les gouvernements s’émeuvent de cette communication non susceptible de remonter le moral des consommateurs, et sans vraiment justifier leurs divergences d’analyse. Comme on ne peut pas dire que globalement les économistes mondains, publics ou privés, aient brillé ces dernières années par la pertinence de leurs analyses ni la clairvoyance de leurs oracles, on ne voit pas pourquoi les dernières prévisions de FMI seraient moins fondées que leurs propres visions mainte fois démenties par les faits.

    Ce qui est sûr c’est que l’on ne peut rien avancer de certain en termes de prévisions économiques et que les analystes seraient bien inspirés d’être un peu plus modestes.

  • Bernard Tapie en pleine forme

    Bernard Tapie, ancien taulard, repris de justice, truqueur de matchs de fouteballe, ex-ministre, ex-député, comédien de boulevard, en faillite personnelle mais refinancé par le contribuable français, se remet à l’ouvrage et fait la une de l’actualité. Il fait part de son intérêt pour racheter des entreprises comme Le Club Méditerranée. Aussitôt le cours en bourse de celle-ci flambe. C’est dire que les soi-disant analystes financiers et investisseurs en mal de bonnes idées estiment que Tapie à la barre du Club pourrait apporter de « la valeur » pour l’actionnaire. A quel point de désespoir en sont-ils arrivés !

    Ce Tapie est tout de même un incroyable phénomène. On peut lui reprocher tout ce qui précède et percevoir son retour avec effroi dans les différents mondes qu’il a déjà fréquentés, mais on ne peut guère l’accuser de manque de pugnacité. Bien d’autres que lui seraient allé se la couler douce au soleil grâce au magot empoché sur le dos du contribuable français et du fait des errements du Crédit Lyonnais (parmi bien d’autres). Eh bien non, lui il remet ça.

    On risque même de le revoir en politique car en France les repris de justice se présentant au vote des électeurs remportent généralement un franc succès (Emmanuelli, Mellick, Juppé). Il lui faudra tout de même veiller au grain car c’est un domaine où il a trouvé plus roué que lui par passé.

  • Goldman Sachs réfléchit

    La banque d’affaires Goldman Sachs lance une augmentation de capital de 5 milliards de dollars pour pouvoir rembourser, au moins en partie l’aide de 10 milliards que le contribuable américain lui a versée pour lui sortir la tête hors de l’eau. Il semble que le but principal soit de se défaire de la limitation des rémunérations imposée par l’Etat fédéral américain aux dirigeants des banques aidées par la ressource publique. On va donc demander aux actionnaires de souscrire 5 milliards de capital pour permettre aux dirigeants de Goldman Sachs de revenir à leurs salaires d’avant crise qui se chiffraient en dizaines de millions de dollars. Sans doute lesdits actionnaires estiment que si les dirigeants des entreprises qu’ils possèdent sont mieux payés, leurs propres dividendes seront eux aussi à la hausse. L’expérience récente prouve que ce n’est pas toujours le cas. En plein ouragan financier international, il y a des dirigeants de banque qui passent une partie de leur temps à se demander comment pouvoir rétablir leurs rémunérations dantesques. On pensait qu’ils consacraient plutôt leurs belles intelligences à redresser un système bancaire sérieusement défaillant ou à analyser les erreurs commises… Le plus extraordinaire dans cette affaire est que les enseignements de la crise à peine tirés sont déjà oubliés et tout recommence comme avant.

  • Des états d’âme chez Natixis

    Chez NATIXIS (1,5 milliard de pertes en 2008 à la suite de spéculations hasardeuses, 500 suppressions de poste ou plus, quelques échos de parachutes dorés et autres bonus, sans parler de la nomination contestée du nouveau pédégé des deux maisons mères Caisses d’Epargne et Banques Populaires) il y a une commission « Stress, prévention du harcèlement et souffrance au travail » très fréquentée en ce moment parait-il par les traders éprouvés par les états d’âme…

  • La France n’arrive toujours pas à maîtriser ses dépenses publiques

    L’Etat se fait des nœuds au cerveau pour trouver comment expliquer aux élus locaux que l’on va supprimer leur taxe professionnelle mais que ce trou dans leur budget sera intégralement compensé par d’autres ressources. C’est là que le bât blesse pour une France budgétivore. Si l’on supprime un impôt il faudrait arriver à supprimer des dépenses en conséquence, mais si aussitôt la taxe professionnelle passée à la trappe on la compense avec d’autres impôts, on revient au point de départ. Eternel recommencement !

    Et les impôts locaux 2009 sont annoncés en forte hausse dans quasiment toutes les villes de France. En fait les municipalités spéculaient sur l’immobilier en encaissant des droits de mutation en constante progression. Du fait de la baisse des transactions immobilières, en nombre et en valeur, l’assiette taxable se réduit comme peau de chagrin. Les dépenses ne suivant pas la même voie, il faut bien se rattraper sur d’autres impôts. Les municipalités, comme les propriétaires, petits et grands, avaient fini par considérer comme normal que la valeur immobilière progresse de plus de 10% par an. Cela s’appelle de la spéculation, au sens propre du terme.

  • Dette américaine : les écuries d’Augias

    Un point intéressant dans le plan d’assainissement des écuries d’Augias du système financier américain c’est que les tombereaux de fumier de la dette de ces établissements vont être rachetés en association entre le contribuable américain et des fonds spéculatifs. L’objectif est évidemment de revendre cette dette en encaissant une plus-value lorsque les jours seront meilleurs. C’est un peu désarmant de voir rentrer ces institutions par la fenêtre alors qu’on les avait chassées par la porte, mais il semble que l’on ne puisse se passer d’eux. Ils sont prêts à spéculer sur une dette dont la valeur s’est effondrée notamment du fait de leurs propres spéculations débridées. C’est un peu comme si l’on demandait à un cambrioleur de donner des conseils pour protéger les maisons.