Ma supérette change de look en passant de la marque « Attac » à celle de « Simply Market ». Le caissier m’explique doctement qu’il s’agit d’un nouveau concept ! En gros tous les rayons ont été secoués, on y trouve la même chose mais à des endroits différents, un peu comme lorsque l’on passe de Windows XP à Windows Vista. Et au lieu de recevoir son bonus à la demande, il est déduit de chaque achat. Pipeautez, pipeautez, il en restera toujours quelque chose. Et puis je suggère que l’on réserve ce terme de « concept » qui veut dire « idée conçue par l’esprit » à des choses moins bestiales que la supérette du coin…
Catégorie : Economie
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Ne poussez pas, il y en aura pour tout le monde
Et pendant ce temps on continue à servir la soupe à la SOCIETE GENERALE (et probablement dans bien d’autres banques) en distribuant des stock-options. Le conseil d’administration de la banque a publié un communiqué du 18/03/2009 pour annoncer un programme de distribution de stock-options aux quatre mandataires sociaux du groupe. Evidemment les prix d’exercice sont proches des cours du jours, donc particulièrement bas par rapport à la moyenne des dernières années.
Devant la levée de boucliers déclenchée par ces largesses, un nouveau communiqué du 20/03/2009 est publié informant que l’opération concerne également la distribution d’actions gratuites et de stock-options pour les salariés du groupe. Le communiqué se termine en précisant que
« …afin de favoriser un retour à une plus grande sérénité dans le débat sur la rémunération à long terme des dirigeants, les mandataires sociaux du groupe s’engagent à renoncer à lever ces stock-options tant que Société Générale bénéficie d’un appui en fonds propres de l’Etat. »
Même si de mauvais goût, toutes ces décisions sont prises bien entendu de façon parfaitement légale par assemblée générale et conseil d’administration. On serait curieux de connaître les mécanismes conduisant les conseils mettre en œuvre ces résolutions de leurs actionnaires. Est-ce qu’il a au moins un administrateur qui lève le doigt en disant à ses camarades que ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour de telles distributions ? Est-ce qu’il n’y en a pas même un qui pense que cela pourrait poser un problème éthique ? Ou alors est-ce que tout le monde en est conscient mais s’en fout royalement compte tenu de la capacité de nuisance des banques même en période d’effondrement du secteur financier ? La dernière option est sans doute la plus proche de la réalité.
Après Merrill Lynch, AIG, les banques françaises, l’une des préoccupations importantes des top-managements des grandes banques mondiales semble être la rémunération des troupes et la leur. La refondation du capitalisme a encore du chemin à faire…
Lire aussi : La Société Générale sauvée par les contribuables américains – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)
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La Société Générale sauvée par les contribuables américains
Outre les émois provoqués par les bonus versés aux dirigeants d’AIG, assureur américain, n°1 mondial, sauvé de la faillite (pour le moment) par le contribuable de l’Oncle Sam, un point plus ou moins passé sous silence est qu’une bonne partie du prêt de sauvetage d’AIG de 170 milliards de dollars a servi à honorer ses engagements vis-à-vis d’autres banques de la planète. On parle, en milliards de dollars, de 12,9 pour GOLDMAN SACHS, 11,9 pour SOCIETE GENERALE, 11,8 pour DEUTSCHE BANK, 4,9 pour BNP PARIBAS, 2,3 pour CALYON et la liste est longue.
En renflouant AIG le contribuable américain a sauvé d’une mort probable certaines banques européennes. La SOCIETE GENERALE a affiché 2 Mds EUR de profit en 2008 si elle n’avait pas reçu les 12 d’AIG elle aurait sans doute perdu 10, donc c’était le dépôt de bilan… Hum, hum, hum.
Et tous ces bons banquiers se sont évidemment bien gardés de dévoiler le pot aux roses. On imagine qu’ils ont « serré les fesses » en attendant de voir si le contribuable américain allait sauver AIG ou pas. Il y a dû y avoir un sacré lobbying entre les capitales européennes et Washington sur le sujet. Si les contribuables américains n’avaient pas payé ce sont probablement leurs homologues européens qui auraient dû le faire,en plus de ce qu’ils ont déjà déboursé, pour sauver leurs banques.
Dernière interrogation : comment la SOCIETE GENERALE a pu perdre 12 milliards de dollars (!!!) qu’une compagnie d’assurance américaine a dû lui rembourser ? Sans doute des produits « dérivés » auxquels ses traders divas n’ont rien compris à leur création et qui se sont effondrés avec la crise actuelle. Tout ceci devait être couvert par des produits non moins sophistiqués auxquels les traders divas d’AIG n’y comprenaient pas plus. Les engagements réciproques sont montés, montés, sans que personne ne soit capable d’évaluer les risques véritables, pris dans « l’exubérance irrationnelle du marché » et on en est arrivé où nous en sommes.
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L’irresponsabilité des banques
Les Etats-Unis découvrent que l’assureur AIG, n°1 mondial, qui a été sauvé de la faillite par le contribuable américain via un prêt public de 150 milliards de dollars en échange d’une nationalisation à hauteur de 80% de son capital, est en train de verser des bonus à ses salariés à hauteur de 450 millions de dollars. L’assureur, empêtré avec des actifs sans valeur (credit defaut swap) a perdu 99,3 milliards de dollars en 2008. Le pédégé du groupe auditionné par les parlementaires a déclaré :
« Nous devons continuer à gérer notre entreprise comme une entreprise… en tenant compte de la froide réalité. A cause de cela et de certaines obligations légales, AIG a récemment versé des bonus, dont certains sont une faute de goût. »
Une faute de goût, c’est peu dire. Il s’est aussi engagé à demander à ses cadres de reverser la moitié des bonus perçus pour ceux qui ont touchés plus de 100 000 USD.
Quand il parle de « froide réalité » c’est l’un des paradoxes de cette gigantissime escroquerie aux contribuables : ceux qui ont mis en place ces instruments financiers « dérivés » tellement complexes que plus personne, pas même eux, n’y comprend plus rien, et qui ont générés les faramineuses pertes actuelles du système financier sont les seuls à pouvoir essayer de « démêler les pelotes ». De ce fait les banques en quasi-faillite sont tout de même obligées de garder les coupables dans leurs effectifs et, qui plus est, de leur verser des bonus en principe destinés à récompenser leurs performances, sous peine de les voir partir à la concurrence…
On marche sur la tête et ce type de situation a le don d’exaspérer les contribuables. On peut le comprendre. C’est la négation même des principes capitalistes.
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La dette est remboursable
Pour lutter contre le surendettement des ménages les banques (qui en sont il est vrai en partie responsables) vont devoir signifier à leurs emprunteurs que : « le crédit est remboursable » ! Cela me fait penser au logo qu’il a fallu ajouter sur les bouteilles d’alcool pour rappeler qu’il est dangereux pour les femmes enceintes.
Le message sur le crédit est un bon message. Il pourrait avec utilité être complété par une information similaire aux contribuables français, et autres, rappelant que les montagnes de dettes en cours d’empilement par les Etats aux abois devront également être remboursées, et que cela ne pourra être fait que par une augmentation massive des impôts et une réduction drastique des dépenses publiques dès que la fin de la crise sera en vue. Tout gouvernement qui raconterait autre chose devrait être brûlé vif en place publique pour les chefs d’accusation de mensonge, félonie, escroquerie, duperie, manipulation, forfanterie et faux-jettonerie, bref, pour politicaillerie aggravée.
On a toutefois du mal à imaginer que toute cette dette pourra être intégralement remboursée un jour… Il y aura bien à un moment ou à un autre des accords de rééchelonnement/annulation du style Club de Paris, mais cette fois-ci débiteurs et créditeurs seront sans doute issus du même club de pays riches. L’accord n’en sera que plus compliqué à trouver.
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Total poursuit sa route
Ils n’ont pas un communiquant chez Total ? A priori non car sinon ils auraient sinon été un plus discrets pour virer 600 personnes un mois après avoir annoncé un profit consolidé de 14 milliards. Il aurait sans doute suffi de laisser faire tranquillement les départs naturels plutôt que des annonces de licenciement évidemment mal à propos. Cela aurait peut-être coûté quelques centaines de milliers d’euros supplémentaires mais serait resté plus anonyme. On ne nous fera pas croire que Total est à ça prêt. Même un actionnaire, financièrement rapace, intellectuellement borné et géographiquement domicilié à Andorre est capable de comprendre, parfois, la nécessité d’un investissement « politique ». Soit cette boîte le fait exprès soit elle manque du plus élémentaire sens politique. J’avoue qu’entre les deux hypothèses mon cœur balance.
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Madoff le trader-fraudeur du siècle plaide coupable
Madoff risque 150 ans de prison, il va plaider coupable. Il sera sans doute plus tranquille à Sin Sin pour le restant de ses jours car sinon, en liberté, on peut craindre qu’un jour ou l’autre un investisseur ruiné ne le pende par ses boyaux à un lampadaire de Time Square ! D’ailleurs il paraît que la police lui fait porter un gilet pare-balles lorsqu’elle l’amène voir le juge.
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Le cynisme des marchés
Encore un exploit de « Monsieur le Marché ». Les bourses n’arrêtent pas de dévisser et la dernière explication avancée serait que « Monsieur le Marché » estime insuffisant les plans de relance mondiaux mis en place pour refinancer ses propres errements. C’est à se taper la tête contre les murs ! Les marchés que l’on découvre aujourd’hui peuplés de banquiers divas, d’analystes mondains et moutonniers, et de traders parfois fraudeurs, ces marchés qui depuis 15 ans s’évertuent à pousser les entreprises à cracher du cash-flow au-delà du raisonnable à grand coups d’OPA hostiles, de synergies industrielles, de dézinguage de patrons, de démontage de filières, d’extraction de valeur, et autres pipeautages divers, ces marchés par définition parfaits ont conduit la planète finance à la banqueroute totale.
Pour éviter la fin du monde, les Etats sont en train de pressuriser leurs contribuables à un point tel que nos arrière-petits-enfants continueront à payer des impôts pour rembourser les dettes colossales accumulées pour combler les pertes abyssales générées par les visions de « Monsieur le Marché » (il est d’ailleurs ces dettes ne pourront jamais être intégralement remboursées mais c’est une autre histoire dont nous reparlerons un jour). A côté de ces montagnes de dettes, la RDS/CRDS mise en place par Juppé pour combler les déficits sociaux sur 10 ou 15 ans est de la petite bière. Et donc « Monsieur le Marché » estimant insuffisants ces efforts de plusieurs générations de contribuables et continuent à casser les bourses histoire de marquer son mécontentement. C’est l’hôpital qui se moque de la charité.
Petit coin d’espoir dans ce monde fou, les ex-patrons britanniques des banques RBS (la plus grosse perte jamais enregistrée par une entreprise au Royaume-Uni : 27 milliards d’euros en 2008) et HBOS, nationalisées par le contribuable anglais pour les sauver de la faillite, ont fait acte de contrition à Westminster avec quelques formules sans doute plus ou moins imposées du style : « je présente mes profondes excuses sans réserve », « nous sommes désolés de la tournure des évènements », « j’accepte pleinement ma responsabilité », « nous avons échoué à prédire ce qui s’est passé sur les marchés du financement » sans pour cela s’empêcher de tempérer leurs fautes personnelles par l’aveuglement collectif : « je ne me sens pas particulièrement coupable à titre personnel. »
Malgré tout, Sir Fred Goodwin, 50 ans, ex-directeur-général de RBS se fait servir une retraite à vie de 720 000 euros/an, sans doute pour bons et loyaux services, qui fait actuellement scandale à Londres où même le premier ministre s’en est ému.
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Encore un peu tôt pour crier au génie de François Pérol
Polémique sur la déontologie de la nomination du Sieur Pérol à la tête des Banques Populaires mariées en urgence avec les Caisses d’épargne, les unes et les autres coupablse d’avoir joué et perdu avec notre épargne. Le contribuable est appelé à la rescousse pour réparer les bêtises de la gestion passée d’une direction défaillante qui a voulu faire de la « banque d’affaires » avec l’épargne populaire. Que l’Etat nomme un patron de son cru alors qu’il met quelques milliards au pot se comprend. Que la commission de déontologie anti-pantouflage soit un peu bousculée en ces temps de crise ne nous empêchera pas de dormir. En revanche que la classe politique unanime reconnaisse a priori des compétences incontestables audit Pérol est pour le moins étrange.
Ce monsieur a traîné dans de nombreux cabinets ministériels puis a fait un petit tour à la banque Rothschild, archétype de la banque d’affaires, institutions dont on ne dira jamais assez combien elles portent une lourde responsabilité dans la crise actuelle. Peuplées de divas surpayées elles ont des années durant poussé les entreprises à se manger les unes les autres, mis dans la tête « des investisseurs » qu’ils pouvaient escompter jusqu’à la fin des temps des rendements de 15% et autres billevesées. Pérol fut l’un des leurs. Comme le remarque l’hebdomadaire Marianne, son cv est assez proche de celui de Messier lorsqu’il a pris les commandes de la Générale des Eaux et dont l’un comme l’autre n’ont guère eu à gérer vraiment que leur secrétaire… selon le mot de Jacques Calvet, l’ex PDG de PSA, lorsqu’il s’était opposé à la nomination de Jean-Marie Messier au sein du Conseil d’administration de la Générale des Eaux. On peut bien laisser le bénéfice du doute à Pérol pour le moment mais il n’est sans doute pas encore temps de crier au génie !
Extrêmement comique également dans cette affaire, c’est que Pérol lorsqu’il était chez Rothshild a participé à la création de la « banque d’affaires » Natixis, filiale commune des Banques populaires et des Caisses d’épargne, et source de tous leurs problèmes. Pour paraître à la hauteur dans les dîners mondains ces deux institutions ont créé leur banque d’investissement… qui a perdu 2,8 milliards d’euros en 2008, mettant ses deux maisons mère au bord de la faillite.
Pour diriger ce nouvel ensemble Banques Populaires / Caisses d’épargne le bon patron régional de l’une ou l’autre institution, les pieds sur terre, le bon sens vrillé au corps, loin des mondanités financières et de leur « exubérante irrationalité » aurait semblé plus raisonnable.
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Moustache et profit

La moustache la plus risible du CAC40, chef pompiste chez Total, affiche les plus gros profits d’une société française. Comme quoi on peut être clownesque et profitable.
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La justice américaine s’intéresse à ses banques
Le procureur américain de l’Etat de New York adresse une lettre au président de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants le 10 févier pour expliquer le résultat de ses investigations aboutissant à la conclusion que, au bord de la faillite avec 27 milliards de pertes sur l’année 2008, quelques jours avant de se faire racheter par Bank of America, sous l’impulsion et avec les sous du contribuable, américain distribuait des centaines de milliards de dollars d’aide, la direction de Merrill Lynch a versé 3,6 milliards de dollars de bonus à 700 de ses cadres et s’est octroyée une très grosse part :
- Les quatre premiers bonus ont reçu 121 millions de dollars
- Les quatre suivant 62 millions,
- Les six suivant 66 millions,
- 14 personnes ont reçu des bonus de plus de 10 millions, totalisant 250 millions
- 20 personnes ont reçu des bonus de plus de 8 millions
- 53 personnes des bonus de plus de 5 millions
- 149 personnes des bonus de plus de 3 millions
- Au total, les 149 plus gros bonus représentent 858 millions. Et 696 personnes ont reçu des bonus d’un million ou plus.
Dans le même temps le contribuable américain avait annoncé qu’il investirait 20 milliards de dollars dans le sauvetage de Merrill Linch et offrait une garantie de 188 milliards contre les pertes futures de son portefeuille. Le patron de Merrill vient d’être débarqué par Bank of America pour ces broutilles plus les frais d’1,2 de dollars qu’il venait d’engager pour la rénovation de son bureau. Les bras continuent de nous en tomber en de désespérés moulinets avant de frapper sinistrement le sol…
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Un jeu à somme nulle
Il n’y a pas de morale dans le capitalisme. Nous le savions déjà mais l’affaire de la banque belge Fortis vient le confirmer. Les actionnaires d’ABN AMRO qui avaient décidé l’an passé « d’extraire de la valeur » en démantelant leur banque vendue par tranches à Royal Bank of Scotland, Fortis et Santander s’en sont bien tirés. Le prix fixé juste avant la crise a semble-t-il été rémunérateur mais du coup RBS et Fortis sont au tapis et les contribuables nationaux renflouent. Santander est à genoux mais cette fois-ci à cause de Madoff.
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Une succession de chartes un peu pathétique
Vous avez aimé la Charte des Investisseurs en capital ? Vous allez adorer la future Chartre de la rémunération des professionnels des marchés financiers à publier bientôt par la Fédération bancaire française. De même qu’il n’y a plus une entreprise cotée qui n’affiche ses « valeurs », en interne comme en externe, toute fédération professionnelle, et particulièrement celles objet d’attaques médiatiques, se croient obligées de sortir leur « charte éthique » pour faire bonne figure. Celle annoncée par la FBF est belle et bien bonne mais elle ne pose pas la vraie question qui est de savoir si des rémunérations de plusieurs dizaines de millions (ou même simplement plusieurs millions) d’EUR sont justifiables pour des individus qui jouent l’argent des autres ?
Rémunération des professionnels des marchés financiers : la FBF adopte des principes communs La FBF a adopté les conclusions du groupe de travail relatives à la rémunération des professionnels des marchés financiers. Ce groupe, mis en place à l’initiative de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi et présidé par Georges Pauget, Président de la FBF, a réuni les associations professionnelles*, l’AMF, la Commission bancaire et la DGTPE afin d’élaborer des principes professionnels. Les conclusions vont être transmises à Mme Lagarde, en vue de la prochaine réunion du Haut Comité de Place.
Dans le souci de l’intérêt économique général, les principes en matière de rémunération des professionnels des marchés financiers ont pour objet de renforcer la cohérence entre leur comportement et les objectifs à long terme de l’entreprise qui les emploie, particulièrement dans le domaine du risque. Les superviseurs (CB, ACAM, AMF) examineront les systèmes de rémunération des professionnels à la lumière de ces principes, afin d’évaluer les risques.…
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Madoff, escroc presque parfait

Une liste de 163 pages des victimes de Madoff est disponible sur internet. On y trouve même les noms de son avocat, ses enfants, sa femme et son frère. C’était vraiment un escroc compulsif ce garçon ! Une dernière évaluation du montant de la fraude la ramène maintenant à 15 ou 25 milliards d’USD au lieu des 50 initialement annoncés. C’est déjà mieux mais moi qui ai déjà du mal à imaginer comment un patron de banque peut dépenser 50 millions de bonus annuel alors je ne comprends même pas comment un fraudeur peut dépenser 20 milliards. S’il a étalé ceci sur 20 ans cela fait 1 milliard par an. On achète quoi avec 1 milliard par an ? 10 000 Ferrari à 100 000 USD pièce ? 100 duplex sur la 5ème avenue à 10 millions l’unité ? C’est tout simplement insensé
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Les salons de Davos
Davos et ses mondanités nous ont offert un vrai festival de retournements de veste et de faux-jetonneries :
- Poutine qui explique que la croyance aveugle dans l’omnipotence de l’Etat… « est dangereuse pour l’économie »
- Alan Greenspan, ancien patron de la banque centrale américaine, est désormais voué aux gémonies pour avoir inondé la planète de liquidités et favorisé le surendettement globalisé
- Jean-Claude Trichet est désormais cité en exemple lorsqu’il continue d’affirmer avec constance ce qu’il explique depuis 10 ans, notamment que les marchés se trompent
- Henry Kravis, l’un des patrons-propriétaires d’un des fonds de « private equity » les plus rapaces de la planète déclare : « Si nous en sommes là, c’est parce que nous nous sommes trop focalisés sur le profit. »
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Des rémunérations indécentes

Bien vu Barack Obama ! Les rémunérations des dirigeants d’entreprises américaines qui font appel aux contribuables pour survivre seront limitées à 500 000 USD par an et « on va ôter l’air » de leurs parachutes dorés. Selon Les Echos d’aujourd’hui, les rémunérations-bonus-stock-options de ces patrons en 2007 étaient en millions de dollars (par personne) : 70,3 chez Goldman Sachs, 40 chez Lehman Brothers, 30,4 chez JP Morgan Chase, 17,3 chez Merrill Lynch, 22,8 chez Ford ou 15,7 chez General Motors. Pour leurs équivalents en France, il faut diviser par 8 ou 10. Qu’est-ce qui peut justifier des rémunérations pareilles ? Sans doute plus la cupidité et l’indécence que la compétence et la modestie… On a même à imaginer comment on peut dépenser de pareils montants annuels.
Evidemment ce n’est pas l’économie de ces sommes qui sauvera la planète finance mais leur suppression ne fera pas de mal. Un peu de morale dans un monde déliquescent. Et encore faudrait-il faire les mêmes coupes claires avec les traders divas. Les Cassandres craignent leur départ ? Eh bien on les remplacera avec des traders payés moins cher.
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Les « fat cats » font bombance
Barack Obama s’énerve contre les primes « honteuses » que les banques de Wall Street auraient versées à leurs traders diva en 2008 alors que les contribuables américains (et internationaux) financent leur survie. Il déclare :
« Au moment où la plupart de ces institutions étaient près de s’effondrer et où elles demandent l’aide des contribuables pour les soutenir, et où les contribuables eux-mêmes sont dans une situation difficile parce que le système tout entier pourrait leur tomber sur la tête s’ils ne leur venaient pas en aide, c’est le comble de l’irresponsabilité, c’est honteux »
« Et ce qu’il va falloir entre autres, c’est que les gens de Wall Street, qui demandent de l’aide, fassent preuve de retenue, de discipline et de davantage de sens des responsabilités »
Libération précise que Les autorités de l’Etat de New York ont indiqué mercredi que les établissements de Wall Street avaient versé 18,4 milliards de dollars de primes à leurs salariés l’an dernier. C’est beaucoup moins que l’année précédente (32,9 milliards en 2007). La baisse est aussi la plus forte en pourcentage (44%) depuis 30 ans. Mais la somme reste la sixième de l’histoire en valeur absolue. Bon, pour être juste il faudrait savoir combien cela fait par bénéficiaire… mais a priori cela doit faire plus que le salaire moyen français.
Certains économistes mondains y vont de leurs commentaires sceptiques sur le fait que si on ne verse plus de prime, ou si l’on baisse leur niveau, on verra s’effondrer de nouveaux établissements financiers. Bon, et alors ? Nous faisons partie ici de ceux qui pensent que la chute de Lehman Brothers n’a pas été une si mauvaise chose. Si la survie d’une banque, ou de n’importe quelle autre entreprise, repose uniquement sur un système de rémunération aberrant eh bien la moralisation du système peut justifier qu’elle disparaisse. L’objet social d’une entreprise n’est pas la rémunération de ses dirigeants !
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Grève générale

Demain grève générale en France. Une manifestation nationale contre la crise c’est un peu comme une grève contre la tempête dans le sud-ouest, cela ne sert à rien mais ça fait toujours plaisir à ceux qui manifestent. Après tout on laisse bien pérorer les analystes-experts-mondains sur les ondes à longueur de journée avec la même inutilité-vacuité que les marcheurs de demain. Alors pourquoi le bon peuple ne pourrait-il pas aussi s’exprimer ?
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Un comble !
Au secours, Messier revient ! Le culot de certains loosers communiquant est sans limite. Jean-Marie Messier, plus obnubilé par son image que par les comptes des entreprises qu’il a dirigées, commet un livre explicatif sur… la crise financière, le tout assorti d’un plan média avec interventions télé et radio soutenues où il donne des leçons de gestion aux dirigeants de notre pauvre planète. C’est l’hôpital qui fait la charité à l’hospice. Le manque de décence et l’aplomb de ce personnage sont assez éblouissants. On ne résiste pas au plaisir de rappeler le communiqué Reuters d’avril 2003 :
VU ignorait que Messier avait vendu 258.669 actions en 2001
PARIS, le 10 avril 2003 (Reuters) – Le groupe Vivendi Universal a déclaré jeudi n’avoir appris qu’il y a deux jours que l’ancien président du groupe, Jean-Marie Messier, avait vendu 258.669 actions du groupe en décembre 2001.
« Vivendi Universal n’a appris que le 8 avril 2003 que M. Messier avait vendu 152.000 actions le 21 décembre 2001 et 106.669 actions le 27 décembre 2001, soit un total de 258.669 actions Vivendi Universal », a déclaré le groupe dans un communiqué.
VU déclare avoir immédiatement transmis ces informations aux autorités boursières compétentes, la COB en France et la SEC aux Etats-Unis.
Jean-Marie Messier avait déclaré jeudi que le rapport annuel 2001 de Vivendi Universal comportait une information incorrecte concernant le montant des titres qu’il détenait dans le groupe de médias, dont il est l’ancien président.
« Au 31 décembre 2001, je possédais 333.243 actions VU, et le chiffre cité par le rapport annuel 2001 n’a pas pris en compte l’ensemble des opérations de décembre 2001 en raison semble-t-il d’un décalage de leur transcription par la banque gérant les titres pour Vivendi Universal. Le rapport annuel a été établi sur la foi de ce relevé bancaire », soulignait alors Jean-Marie Messier dans un communiqué transmis à Reuters par son avocat.
Dans un communiqué, la BNP, qui assure les services liés au titre VU et en particulier les plans d’options de la société, « dément l’existence d’erreurs sur la comptabilisation de l’exercice des options et la conservation au nominatif des actions de M. Messier au 31 décembre 2001 dans les comptes dont elle a la responsabilité ».
L’établissement financier ajoute que sa filiale BNP Paribas Securities Services « a fait parvenir à Vivendi Universal toutes les informations nécessaires et a précisé récemment le détail ».
Dans son propre communiqué, Jean-Marie Messier avait alors détaillé un certain nombre d’opérations réalisées sur les titres VU, dont celles réalisées en décembre, mentionnées par le groupe de médias dans son communiqué.
Cette mise au point de l’ancien patron de Vivendi Univeral contredisait ainsi des articles de presse selon lesquels il aurait cédé des titres du groupe avant qu’une crise financière majeure ne le pousse à la démission en juillet dernier. Jean-Marie Messier indique ainsi qu’il détient actuellement 410.366 titres VU d’une valeur de 5,58 millions d’euros, équivalente à son emprunt non remboursé.
Dans ce même communiqué, Jean-Marie Messier a indiqué qu’il n’avait cédé aucune action VU en 2002 et en 2003 et qu’il avait quitté l’appartement de Park Avenue à New York, propriété du groupe de communication français.
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Les banquiers se flagellent
Les banquiers français après avoir fait la sourde oreille aux stances de Sarkozy, notre agité du ciboulot, s’entichant de les faire renoncer à leurs bonus, tout au moins pour les dirigeants, font maintenant amende honorable.
Euh…, il y a quelque chose que je ne comprends pas bien : malgré les résultats des banques françaises en 2008, réduites à faire la manche auprès des contribuables, leurs dirigeants auraient eu droit à des bonus dont le calcul est en principe basé sur la performance ? Si tel est le cas, il y a effectivement un petit problème conceptuel dans le système de rémunération de ces nababs.
Hier le Crédit Agricole a publié le communiqué suivant :
Paris, le 20 janvier 2009
Réuni ce jour, le Conseil d’administration de Crédit Agricole S.A. a statué sur les rémunérations variables des dirigeants. Soulignant que le Crédit Agricole s’en est toujours tenu à des niveaux modérés, il a rappelé que si la rémunération du Directeur général de Crédit Agricole S.A., Georges Pauget, intègre une part variable, celle du Président, René Carron, n’en comporte pas.
Le Comité des Rémunérations et le Conseil d’administration ont souligné la qualité du travail réalisé par Georges Pauget dans la gestion de la crise et son engagement au service de l’entreprise. A l’initiative de Georges Pauget, le Comité des Rémunérations a proposé au Conseil d’administration qui l’a validée, la suppression de la partie variable de sa rémunération 2008.
Le communiqué de la Société Générale est du même ordre :
Paris, le 20 janvier 2009
Le Conseil d’Administration de la Société Générale, réuni le 20 janvier 2009, a notamment examiné les conditions de rémunération des dirigeants du Groupe. Dans le respect de la gouvernance du Groupe, le Conseil a accepté la proposition de Daniel Bouton, Président, et Frédéric Oudéa, Directeur général, de renoncer sans considération de performances de Société Générale ou de sa situation de fonds propres, à la part variable de leurs rémunérations pour l’année 2008.
La Société Générale rappelle par ailleurs que les parts variables de Daniel Bouton et Philippe Citerne avaient été fixées à zéro pour l’année 2007.
Ce que ne précise pas la Société Générale c’est que les bonus 2007 ont été annulés par suite de la malversation du trader-fraudeur Kerviel qui a coûté 5 milliards d’euros, et non du fait d’un élan de générosité et de sacrifice de ses dirigeants. Cependant elle publie un autre communiqué ce matin informant le bon public des investisseurs ébahis qu’elle est favorable au déblocage de la deuxième tranche de fonds publics dont sa part est de 1,7 milliard, payée par le contribuable.
Donc il semble bien que les dirigeants du Crédit Agricole et de la Société Générale auraient pu prétendre à des bonus au titre de l’année 2008 malgré l’effondrement du secteur financier avec les conséquences que l’on connaît. Et il semble également qu’ils n’avaient aucune intention d’y renoncer si l’Etat ne les y avait pas poussés très fort dans le dos. On espère que leur seule rémunération fixe leur permettra de survivre.
On aurait pu imaginer un peu d’élégance dans ce monde de voracité et de faillite, d’avidité et d’illusions, voire ces nababs, sinon démissionner devant l’échec de leur gestion, à tout le moins renoncer à une partie de ces rémunérations imméritées et injustifiables. Une telle attitude aurait fait souffler une brise fraîche sur ce monde de ruines qu’est devenu la Finance internationale. I have a dream…
