Catégorie : Economie

  • Les traders au chômage

    Les crânes d’œuf transformés en divas du trading financier dans les années 80/90’s au sortir de leurs écoles scientifiques (polytechnique et autres) et qui ont cru pouvoir modéliser « l’exubérance irrationnelle des marchés » se retrouvent au chômage pour cause de crise mondiale. Ils vont pouvoir retourner à « l’économie réelle » : construire des ponts et des voitures. Après-tout il y a de quoi faire aussi dans ces domaines.

  • Le marché cannibale

    La chambre des représentants américains rejette le plan de lancement d’une structure de cantonnement des actifs toxiques de nos brillants banquiers, dont le coût a été évalué à 700 milliards d’USD. Deux représentants républicains sur trois ont voté contre au nom de l’américain moyen qui ne voit pas pourquoi il paierait pour les errements des divas de Wall Street. Ce serait presque risible si nos petites économies n’étaient pas en jeu. Après-tout peut-être le paysan du Middle-west n’a-t-il pas tout à fait tort. Jusqu’à maintenant, les banques en difficultés ou en faillite qui n’ont pas été rachetées par l’Etat l’ont été par leurs congénères, elles continuent donc leurs activités sous une autre casquette et sans doute avec de la casse sociale. Alors à quoi sert véritablement ce plan de sauvetage, ne peut-on laisser le marché cannibale régler son problème tout seul ?

  • Le massacre

    Le Benelux nationalise Fortis et la Belgique risque de devoir en faire autant pour Dexia, issu de la fusion de l’ex-Crédit Local de France avec son alter-égo belge. En fait ces deux banques ont été attaquées par « le marché » qui a massacré la valeur de leurs actions en pariant sur leur baisse. On ne sait pas trop si ces entreprises avaient véritablement des problèmes réels de trésorerie mais en tout cas le marché en a diffusé la rumeur, basée sans doute sur un identique manque d’analyse comme lorsqu’on voulait nous faire croire que les profits pouvaient augmenter durablement plus vite que le chiffre d’affaires…

    Ce soi-disant marché, encore appelé « les investisseurs », un magma spéculant qui s’agite devant des écrans, est en train de scier la branche sur laquelle il est encore assis. Pour le moment ce sont ses représentants les plus éminents qui trinquent : faillite de banques d’affaires, démission de pédégés milliardaires, licenciements de traders divas, etc. Mais en précipitant la chute de leurs propres congénères banquiers par souci de spéculation (à la baisse) effrénée, les investisseurs s’auto-dévorent telles des mantes religieuses après l’orgie.

  • A quoi sert un économiste ?

    Pendant ce temps les économistes mondains continuent à déverser leurs oracles incantatoires. Le plus délicieux dans cette affaire c’est que tous ces prévisionnistes de salon, qui ont brillé par leur incapacité à analyser les vrais risques de notre économie capitaliste, continuent à avoir portes ouvertes dans toute la presse internationale. Les Echos, pourtant un journal de qualité, interviewe dans son numéro du 17/09/2008 Ethan Harris et continue à le qualifier de gourou de Wall Street… lorsque ledit Ethan est l’économiste en chef de Lehmann Brothers banque d’affaires mise en faillite la veille de l’interview.

    Patrick Arthus, alter ego d’Ethan chez NATIXIS continue à s’afficher sur les plateaux lorsque son employeur est la banque française qui se porte le plus mal sur le CAC 40 et qui vient difficilement de boucler une augmentation de capital pour combler quelques milliards de pertes !

    Soit ces économistes sont impuissants à prévoir l’avenir (c’est plutôt notre version), soit ils dispensent des conseils à leurs employeurs qui ne les suivent pas. Mais on peut raisonnablement se poser la question de leur utilité.

  • Démesure et irresponsabilité

    Le Financial Times évalue à 92 milliards de dollars la rémunération des dirigeants divas des grandes banques américaines depuis 3 ans à comparer aux 700 milliards du plan de rachat des créances douteuses de ces mêmes banquiers au frais du contribuable américain (en attendant la participation des contribuables d’autres pays). Même si tout le monde s’entend sur le fait ne rien faire couterait encore plus cher au contribuable, on a mal à sa morale devant un tel désastre sans responsable…

  • La curée

    Barclays Bank qui a racheté les activités américaines de courtage de Lehman Brothers s’est mis de côté une enveloppe de 2,5 Mds. USD à verser aux traders de la banque défunte pour les conserver sous sa bannière. On dirait que les leçons des évènements récents n’ont pas été bien assimilées par tout le monde. C’est étonnant de constater que le cours de la banque d’affaire frôle le 0 alors que la cotation de la diva des marchés, que l’on peut pourtant imaginer en partie responsable de l’effondrement, reste haute.

    Pour avoir l’air intelligent dans les dîners en ville et comprendre les mécanismes techniques de la plus grande escroquerie de ce début du XXème siècle, on peut lire le document suivant.

  • De Mao à Friedman

    De Mao à Friedman

    Besancenot constate sur Canal+ que les Etats-Unis nationalisent certaines de leurs banques et compagnies d’assurance au moment où la France lance le processus de privatisation de La Poste. Comme à Poutine à qui l’Occident explique que le Kosovo ne n’est pas pareil que l’Ossétie, il va falloir être convaincant pour que notre facteur Mao accepte la diversité des situations… hum, hum !

    Pendant ce temps, Georges Soros, grand spéculateur devant l’éternel à qui Le Monde de samedi demande s’il a des remords en tant que « père » des hedge funds, répond :

    Si c’était à refaire ? Je spéculerais mieux…

    Il y a encore un peu de chemin à faire pour que les divas de la finance internationale avalent leur chapeau.

  • L’incertitude et le chaos

    L’incertitude et le chaos

    Un très bon article dans le journal Les Echos :

    JEAN-MARC VITTORI

    Crise : ne les croyez plus ! 

    A la messe du dimanche, le credo est un moment essentiel où toute l’assemblée exprime sa foi en Dieu. Dans la finance moderne, il n’y a pas de tels rites et encore moins de musique composée par Mozart ou Schubert pour en souligner la beauté. Pourtant, le crédit repose sur une autre forme de credo. Car la confiance et la croyance sont au cœur de la finance (c’est même l’étymologie du mot « crédit »). Mais qui croire ? En tirant les leçons provisoires d’une crise encore en devenir, difficile de trouver une réponse à cette question…

    Ne croyez plus les Pangloss ! Depuis maintenant plus d’un an, politiques, banquiers et experts ne cessent d’expliquer que « le pire est derrière nous » (comme le disait il y a cinq mois le patron de la banque Lehman Brothers aujourd’hui en faillite), que les effets de la crise « seront mesurés » (la ministre Christine Lagarde fin 2007) ou que « la crise est finie » (un hebdomadaire de qualité le mois dernier). En réalité, ils ne savent strictement rien, pas plus que l’équipage d’un navire pris dans une effroyable tempête ne sait quand ça va finir. La crise échappe aujourd’hui à toute compréhension d’ensemble. Elle est démesurée. Chaque fois qu’on ouvre un placard financier, des cadavres dégringolent. Au mieux, l’optimisme vient d’une volonté de rassurer qui n’aboutit finalement qu’au contraire. Au pire, c’est un mensonge avancé par leurs auteurs pour sauver leur place, gagner du temps… ou de l’argent.

    Ne croyez plus les banquiers ! Ils ont fait n’importe quoi. En Amérique, ils ont prêté à des hommes ou des femmes qui n’avaient ni revenu, ni emploi, ni actifs. Ils ont conçu des produits financiers qu’eux-mêmes ne comprennent pas. Ils ont dessiné d’invraisemblables spirales d’endettement pour afficher une forte rentabilité. Ils ont oublié leur cœur de métier qu’est l’évaluation du risque. En un mot, ils ont joué les apprentis sorciers. Leurs collègues européens ont fait un peu moins n’importe quoi… mais à leur corps défendant car ils rêvaient d’atteindre l’imagination, la vivacité et la maestria de leurs collègues new-yorkais. En quête de profits faciles, certains d’entre eux ont fini par acheter les yeux fermés de miraculeux produits « structurés » « made in Wall Street », avec lesquels ils ont finalement perdu des milliards d’euros. D’après le décompte, hélas très provisoire, établi par le FMI en avril dernier, les banques européennes avaient perdu jusqu’en mars presque autant que leurs collègues américaines… dans une crise purement américaine. Fermez le ban.

    Ne croyez plus l’argent des banquiers ! Ou plus précisément, ne croyez plus aux effets vertueux du mode de rémunération des banquiers sur la qualité de leur gestion. Ils ont gagné des millions, mais ils ont perdu des milliards. Sauf que les uns restent dans leur portefeuille tandis que les autres sont sortis pour toujours de la poche de leurs actionnaires. Les systèmes de paie devaient aligner les intérêts des dirigeants sur ceux des actionnaires. Ils justifiaient des montants hallucinants par le veau d’or de la création de valeur. Ils ont tourné à l’envers des espérances, avec un gouffre sans précédent entre les PDG et leurs mandants. Des plumes du « Financial Times » et du « Figaro » affirment qu’il est essentiel d’agir sur la question. C’est dire s’il y a urgence.

    Ne croyez plus les régulateurs privés ! Les agences de notation étaient censées incarner la régulation de l’avenir. Des firmes privées évaluent la qualité des emprunteurs, dans une saine émulation les incitant à la meilleure notation possible. Las ! Incapables de résister à la perspective d’énormes commissions, elles ont noté n’importe quoi n’importe comment. Elles ont donné aux fameux produits structurés des notes analogues à celles des obligations classiques alors que leur comportement financier n’a rien à voir, comme le prouvent les événements de ces derniers trimestres. Une autre forme de régulation privée montre ses limites : les fameuses normes IFRS décidées par un collège de comptables contraignent les banques à recalculer sans cesse la valeur de leurs actifs dès qu’une maison en péril brade ses bijoux de famille. Elles rajoutent du vent dans la tempête.

    Ne croyez plus les autorités publiques ! Evidemment, là, c’est plus difficile. Le Trésor et la Réserve fédérale des Etats-Unis, et la Banque centrale européenne de ce côté-ci de l’Atlantique, ne sont-ils pas en train de sauver la planète finance ? C’est vrai, mais il y a bien d’autres institutions en cause. Aux Etats-Unis, la surveillance des marchés financiers, mission vitale s’il en est, est éclatée en une quarantaine d’officines, chacune accrochée à son pré carré et incapable de la moindre vision d’ensemble. Et le gouvernement lui-même a du mal à trouver une ligne d’action lisible. Il sauve deux banques un dimanche (Fannie Mae et Freddie Mac), en laisse couler une autre le dimanche d’après (Lehman Brothers), sauve un assureur (AIG) le mardi suivant… Sans parvenir à sortir de la terrible équation profits privés-pertes nationalisées. Ce n’est guère mieux du côté des banquiers centraux. S’ils deviennent aujourd’hui les saint-bernard des banquiers pris dans l’avalanche, ils ont aussi fait de grosses boulettes. Avant la crise, ils ont laissé s’accumuler d’énormes fatras de dettes sans agir, car ils avaient une foi aveugle dans le marché, que révèle bien, par exemple, le livre d’Alan Greenspan, l’ancien président de la Fed. Depuis la crise, ils dépensent des fortunes pour sauver des canards boiteux dont la chute risquerait d’enclencher un redoutable effet domino. Ce faisant, les banques centrales gorgent leurs bilans d’actifs de piètre qualité sans avoir la certitude de pouvoir s’en débarrasser demain. Elles ont aussi du mal à coordonner leurs interventions entre elles. Au bout du compte, c’est leur précieuse crédibilité qui est en jeu.

    Mais que faire quand on ne croit plus personne, quand le monde de la finance a perdu tout crédit ? Revenir aux principes de base. Ne plus croire, mais se fier. Pratiquer non plus seulement le « stock picking » (choix minutieux d’actions pour constituer un portefeuille boursier), mais aussi le « bank picking », le « ideas picking », le « people picking » : sélectionner des banques, des idées, des hommes et des femmes. Car il y a beaucoup de financiers fiables (littéralement, à qui l’on peut se fier) qui s’efforcent de maîtriser le risque, des régulateurs efficaces, des experts assez honnêtes pour admettre que nous n’avons pas encore l’intelligence de cette tempête sans précédent, des politiques prêts à réfléchir à des formes de régulation financière moins absurdes. Laissons la croyance à la religion. Délaissons le credo pour le crédit. Renouons avec la confiance. Revenons à la finance des yeux ouverts.

    JEAN-MARC VITTORI est éditorialiste aux « Echos ». jmvittori@lesechos.fr
  • Lehman Brothers : la curée

    Lehman Brothers : la curée

    A peine son dernier souffle rendu, Lehman est dépecée, vendue à l’encan et la Réserve fédérale débloque une ligne de crédit de 80 milliards de dollars pour l’assureur AIG au bord de la faillite.

    En quarante-huit heures, la crise a pris une tournure dramatique d’autant plus surprenante que nos politiques et la quasi-totalité des experts assuraient encore lundi que la situation était « sous contrôle », parfaitement « tenable » et donc « gérable ». Mensonge ? Mauvaise foi ? Incompétence ? Plus sûrement, ce décalage est la traduction funeste que la finance mondiale échappe à tout le monde. Y compris aux principaux intéressés : les banquiers et leurs régulateurs.

    Libération – Florilège
  • Adieu Lehman

    Adieu Lehman

    Lehman Brothers tombe. On ne va pas pleurer sur le sort de ces banques d’affaires peuplées de divas de la finance qui ont presté leurs conseils en fusion, synergies et bobards idéologiques à prix d’or pendant des années et qui ont eu tort de n’en point rester aux conseils, investissant de plus dans des produits tellement compliqués que les divas susnommées en ont oublié leurs leçons de première année d’économie, du coup elles ont beaucoup perdu… Les basiques sont notamment (comme nous l’avons déjà souligné à de nombreuses reprises) que les bénéfices ne peuvent pas durablement augmenter plus que les chiffres d’affaires sous peine que le plancher rejoigne le plafond. Lorsque les soi-disant analystes financiers exigent de « l’effet de levier » à tous les étages des compagnies cotées, ils précipitent le clash. En fait la réalité revient au galop et lorsque tout ceci sera terminé, si l’on déduit les pertes abyssales qu’auront enregistré les banques mondiales, des gains hallucinants réalisés ces dernières années on aura leur rentabilité réelle.

    Les économistes mondains font d’ailleurs la différence entre « l’économie réelle » et l’autre économie que l’on peut sans doute qualifier d’irréelle et qui montre actuellement ses limites.

  • Le contribuable américain à la rescousse des forbans de la finance

    Ça y est, le contribuable américain est appelé à la rescousse pour refinancer les deux établissements de crédit américains qui portent 50% des encours de crédits immobiliers du pays. Comme quoi l’idéologie ne doit pas exclure le pragmatisme, même s’il est vrai qu’il est tout de même fatiguant d’entendre « les marchés » nous seriner à longueur d’année via leurs soi-disant analystes : synergies par-ci, relais de croissance par-là, gisement de productivité et autres slogans du même acabit, pour se voir renflouer par le contribuable quand ça ne va plus ! Ce n’est pas juste mais c’est malheureusement nécessaire. On aimerait entendre les divas de la finance faire amende honorable mais il ne faut pas rêver, elles se contentent de faire la manche auprès des actionnaires et d’augmenter leur capital pour renflouer les pertes et rebooter le système.

    On a quand même entendu les petits actionnaires en assemblée générale de NATIXIS demander la liste de leurs diplômes à la direction qui a dû ressentir un grand moment de solitude, avant d’être confirmée par ladite assemblée. L’histoire ne dit pas si la liste demandée a été fournie, sans doute.

  • La Poste à la dérive

    Libération appelle à un référendum national sur la question de la privatisation de La Poste. Ce qui amuse dans cette histoire c’est que tout le monde continue à tonner contre Bruxelles qui forcerait la France à privatiser son service public postal et qu’il n’y a personne pour rétablir la vérité, à savoir :

    • Ce qui a été approuvé par les Etats-membres et le parlement européen (et non pas « Bruxelles »), dont la France en tant qu’Etat et les députés européens français élus, c’est la fin du monopole et l’ouverture à la concurrence du service postal, c’est-à-dire que demain Deutsche Post pourra venir distribuer le courrier des citoyens français au même titre que La Poste.
    • Personne, encore moins « Bruxelles » ou le parlement européen, n’a jamais forcé la France à privatiser son service public ; elle envisage de le faire parce qu’elle n’a pas les moyens d’assurer son rôle actuel de propriétaire unique et de financer la modernisation de l’établissement, à défaut de taper les contribuables on va taper les marchés financiers.

    Si par exemple, et c’est une pure fiction, la République était capable d’économiser 2 à 3 milliards d’euros et de les affecter à sa dotation au capital de La Poste, personne n’y trouverait à redire, le service public serait maintenu et (en principe) en ordre de marche pour se frotter à la concurrence.

    Si par exemple, et c’est un pur cauchemar, la République créait un nouvel impôt qui rapporterait 2 à 3 milliards d’euros et les affectait à sa dotation de l’Etat au capital de La Poste, personne n’y trouverait à redire, le service public serait maintenu et (en principe) en ordre de marche pour se frotter à la concurrence.

    En gros citoyen, si tu es propriétaire de ta bicoque il faut payer pour l’entretien et les réparations, sinon tu es obligé de vendre. Malheureusement Libération est plutôt avare de propositions pour indiquer où aller dénicher les 2 à 3 milliards qui permettraient de remettre la maison en état de fonctionnement satisfaisant. Si un référendum d’initiative populaire réussi à être organisé, on votera contre la privatisation de La Poste et pour son financement par le contribuable via des économies à réaliser sur d’autres postes.

  • Décès boursier

    Le cours de bourse de PININFARINA a bondi de 10% après l’annonce du décès accidentel de son pédégé, petit-fils du fondateur. Le marché, toujours subtil et délicat, fête ainsi la perspective de rachat pur et simple du designer automobile par des investisseurs prêts à le payer au prix fort. On connaissait déjà les licenciements boursiers, va-t-on, en venir aux décès boursiers ?

  • Naufrage en vue dans l’affaire des « frégates de Taiwan »

    Non-lieu probable dans l’affaire des frégates de Taiwan ; l’Etat français a maintenu le couvercle sur la marmite en refusant de lever le secret défense sur ce dossier. La justice n’a donc pas pu investiguer plus avant sur les centaines de millions d’euros qui ont valsé en commissions diverses entre Paris, Taiwan et, peut-être, retour à Paris. La raison d’Etat pour couvrir de telles malversations ce n’est pas bien ! Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir de si stratégique à cacher ? On a tout su sur les bottes Berluti de Roland Dumas payées par la carte de crédit Elf mise à disposition de Christine Deviers-Joncour, auto-qualifiée de « putain de la République » ! Le reste ne peut être que billevesées après une telle révélation.

    En attendant, le gouvernement de Taiwan risque de réclamer à son homologue français, via une procédure d’arbitrage, entre 0,5 et 1 milliard d’USD. Cela représente le surcoût des frégates, payé pour le moment par le contribuable taïwanais. Comme on imagine qu’une partie de ces commissions occultes sont revenues en France par des voies détournées, il n’est pas illégitime que le contribuable taïwanais les refacture au contribuable français… à moins que le gouvernement français nous explique où sont allés ces sous !

    Bon, si on en juge par la procédure arbitrale qui a estimé à 40 millions d’euros l’atteinte à la bonne moralité de Bernard Tapie, on peut tout de même espérer gagner contre Taiwan.

  • Les banquiers devraient relire La Fontaine

    Les banques mondiales font la manche et recapitalisent à coups de dizaines de milliards d’euros pour couvrir leurs pertes insensées de ces derniers mois durant lesquels elles ont joué aux apprenti-sorciers en laissant des divas surpayées manipuler des produits auxquels plus personne ne comprenait rien pour générer des taux de croissance artificiels de leurs bénéfices, en oubliant leur fonction sociale de base qui est toute de même de financer la vraie vie ! Maintenant que la fête semble terminée pour un petit moment il faut remettre des sous dans la caisse pour reconstituer tous ceux qui ont été absorbés par les pertes, rachats d’actions, bonus des divas et autres dividendes. C’est peut-être ça le capitalisme d’aujourd’hui : on rase la bête tant qu’on peut et quand il y a besoin on repasse à la caisse, plutôt que le principe du bas de laine ? Après-tout c’est la fable de la cigale et la fourmi. D’ailleurs, relisons La Fontaine, que nous pouvons dédier aux divas de la banque :

    La Cigale, ayant chanté
    Tout l’été
    Se trouva fort dépourvue
    Quand la bise fut venue:
    Pas un seul petit morceau
    De mouche ou de vermisseau.
    Elle alla crier famine
    Chez la Fourmi sa voisine,
    La priant de lui prêter
    Quelque grain pour subsister
    Jusqu’à la saison nouvelle.
    Je vous paierai, lui dit-elle,
    Avant l’août, foi d’animal,
    Intérêt et principal.
    La Fourmi n’est pas prêteuse:
    C’est là son moindre défaut.
    Que faisiez-vous au temps chaud ?
    Dit-elle à cette emprunteuse.
    Nuit et jour à tout venantJe chantais, ne vous déplaise.
    Vous chantiez? j’en suis fort aise:
    Eh bien! dansez maintenant.

    Peut-être un jour n’y aura-t-il plus rien à remettre dans la caisse.

  • Un Etat-actionnaire qui n’a plus de sous

    Le nouveau débat philosophique du jour : la Poste va se transformer d’une classique administration en société anonyme, sans doute une première étape vers une privatisation rampante. Le plus drôle dans cette affaire est qu’il n’est nulle question de débat idéologique mais simplement d’une histoire de gros sous. Personne, ni Bruxelles, ni l’organisation mondiale du commerce, ni la droite, ni la gauche n’oblige à cette évolution mais l’Etat actionnaire n’est plus capable d’investir à hauteur des besoins de cette institution qui va bientôt se colleter à l’ouverture du marché du courrier. Il manque 2 ou 3 milliards d’euros, une goutte d’eau au regard de l’océan de dettes dans lequel sombre notre budget, alors comme il n’est pas envisagé d’augmenter le prix du timbre ou de créer une taxe supplémentaire, on se prépare à faire appel au marché, juste car l’Etat impécunieux n’a plus les moyens d’entretenir les bijoux de famille. Le vrai sujet idéologique est là : comment expliquer au contribuable grincheux que pour garder une poste service public il faille soit augmenter ses impôts de 2 à 3 milliards, soit faire une économie équivalente sur d’autres lignes ? Généralement le grincheux contribuable a toujours une idée ou deux pour faire des économies budgétaires… chez son voisin. A défaut, on fourgue La Poste en bourse.

  • Alcatel, un ex-fleuron à la dérive

    Les analystes mondains se déchaînent contre la direction d’Alcatel Lucent démissionnaire pour cause de mauvais résultats et coupables de tous les maux de ce pauvre groupe de télécommunication en déconfiture. Il est vrai qu’à la relecture des papiers de la presse de l’époque, les avis étaient plutôt mitigés sur l’efficacité potentielle de la fusion Alcatel / Lucent. Cela étant dit c’est aussi sur la pression du marché (et de ses analystes visionnaires) qu’Alcatel s’est auto-démantelée de ses activités hors télécommunications. A l’époque c’était la mode du recentrage sur le core business qui était vantée dans les salons financiers. Peut-être qu’aujourd’hui les activités revendues auraient pu amener un peu de beurre dans les épinards en ces temps de disette ?

  • Les économistes de plateaux télévisés

    Marc Touati, « économiste » mondain dans les salons du VIIIème arrondissement, à la radio, à la télé, et accessoirement chez Global Equities nous explique sur son nouveau site web www.stoptrichet.com que la banque centrale européenne ne comprend rien à l’économie alors que lui Touati 1er sait bien que l’inflation n’est pas un risque car elle s’éteindra quand le cours de matières premières descendra, autant dire quand les poules auront des dents !

    Le Touati a intégré Global Equities en décembre 2007, société de services dont le site internet nous apprend que les métiers sont les suivants :

    FRONT OFFICE : UNE ARCHITECTURE TRÈS OUVERTE

    A l’écoute des besoins de nos clients, nos équipes IT savent adapter aux mieux notre architecture de négociation afin d’interfacer facilement toutes les plateformes. Nos systèmes de trading s’appuient sur les nouvelles normes FIX-Protocol. Nous pouvons, ainsi, vous proposer d’accéder directement à nos environnements de trading depuis votre propre architecture. De plus, nos algorithmes de trading nous permettent de travailler au mieux vos exécutions.

    BACK OFFICE : DES RETOURS D’EXÉCUTIONS PERSONNALISÉES ET AUTOMATIQUE

    Nos équipes d’ingénieurs développent et adaptent au cas par cas des formats d’échange de fichiers spécifiques en fonctions de vos besoins. Les contraintes règlementaires de la MIF nous ont amené à développer un ensemble d’outils d’audit et de rapports personnalisables au cas par cas. Nous sommes toujours à l’écoute de vos besoins.

    UN SUPPORT SUR MESURE

    La disponibilité de nos ingénieurs permet d’avoir une grande réactivité. La pluralité de compétences de notre équipe IT nous permet de répondre efficacement, quelque soit la situation.
    Parce que nous voulons apporter à nos clients le maximum de nous même, nous avons redessiné très récemment toute notre architecture technique.
    Extrêmement moderne et issue d’une réflexion très aboutie, l’architecture technique de notre Système d’Information a reçu le premier prix de l’innovation technologique 2008, décerné par « 01 Informatique » et « BFM »

    Bref, le genre de sociétés dont les excellents conseils et prévisions ont mené la planète finance où elle en est aujourd’hui ; sans doute pas les mieux placées pour se poser en penseurs de l’économie. Par contre, de grandes compétences pour communiquer et se faire délivrer des prix de pipeauterie.

  • La régulation des profits promue par le patronat ?

    Comble de la faux-jetonnerie, l’Association des investisseurs en capital (AFIC) s’émeut des profits personnels gigantesques encaissés par des investisseurs et/ou des équipes dirigeantes à l’occasion d’opérations d’achats-reventes de sociétés. Quelques cabinets de communication de crise ont dû indiquer à cette institution qu’une charte éthique ferait bon effet dans ce paysage de bonus alors ils y sont allés de leur Charte des investisseurs en capital qui est un véritable sommet de mauvaise foi, un monument de faux-culterie, une escroquerie intellectuelle de première catégorie.

    On y apprend que ces « actionnaires professionnels » expriment des valeurs, promeuvent des responsabilités et souscrivent à des engagements. C’est une accumulation de poncifs verbeux qui ont du faire se tordre de rire les rédacteurs de ce torchon. On y parle vision globale, bonne gouvernance, partage de la valeur créée, bien entendu aussi environnement, transparence et dialogue social. Le personnel est qualifié de richesse fondamentale des entreprises. Un monument vous dis-je, un monument !

    Au même moment, une nièce Wendel, actionnaire du groupe familial attaque en justice une opération de partage d’un fromage de 320 millions d’euros entre une quinzaine de dirigeants de ce groupe. Ils vont sûrement lui adresser cette charte entourée d’un ruban rose pour la consoler.

  • La démesure des barons du CAC40

    La démesure des barons du CAC40

    Antoine Zacharias, ex-pédégé à l’égo aussi surdimensionné que ses émoluments, qui a démissionné avec fracas de chez Vinci il y a un an ou deux quand son égo justement a été attaqué sur la base des primes et bonus gigantesques qu’il se faisait octroyer (on parle de plus d’une centaine de millions), avant de vouloir faire annuler cette démission, réclamait 81 millions d’euros supplémentaires à Vinci pour préjudice. Il vient d’être débouté par la justice. On est consterné devant le manque de reconnaissance de son ex-employeur.

    Comment ce pauvre garçon va-t-il s’en sortir sans ce pécule juste destiné à financer ses vieux jours après tant d’années de bons et loyaux services ?