Catégorie : Economie

  • Encore un petit effort Monsieur Juppé

    Juppé-le-raide se bonifie avec le temps. Alors qu’on lui aurait proposé de succéder à Seguin à la Cour des Comptes il préfère rester tranquillement maire de Bordeaux et profiter de la vie à l’ombre des vignobles. C’est bien.

    Il dit par ailleurs dans Les Echos :

    Les banques ont-elles tiré les leçons de la crise ?

    Je regardais la une d’un grand journal ce week-end. A gauche, il y avait Haïti, à droite le milliard de bonus que les banques françaises s’apprêtent à distribuer. C’est obscène et inacceptable. Rien ne justifie à mes yeux qu’on puisse avoir de telles dérives et de tels excès. J’espère que la taxation dont il est question en France va se concrétiser.

    Le gouvernement prévoit une taxe de 50% sur les bonus au-delà de 27.500 euros…

    Si on n’arrive pas à se faire entendre des banques, je pense qu’il faudra aller plus loin au parlement. On nous dit toujours : « Il y a la concurrence, les banquiers vont filer ailleurs… » Mais la concurrence ne justifie pas l’immoralité.

  • Pas facile de justifier les sur-rémunérations de certains banquiers !

    Michel Pébereau sur France Culture ce matin, pédégé de la BNP, enfume le petit monde des chroniqueurs matinaux en parlant (ce qu’il sait très bien faire) de divers sujets financiers dont les bonus des opérateurs de marché. Devant les rémunérations très élevées de certains d’entre eux il explique qu’il s’agit d’un marché international de compétences rares et qu’il faut donc s’aligner sur la concurrence. Concernant les dirigeants dont lui-même, il mentionne un récent article du Journal du Dimanche qui citait les salaires des entraîneurs d’équipes françaises de fouteballe il était tout heureux d’annoncer que son directeur général gagnait moins le mieux payé de ces entraîneurs.

    C’est sans doute vrai mais intellectuellement peu convaincant quand on voit les performances desdits opérateurs de marché qui ont mis l’économie mondiale à terre lors de la crise financière de 2008 de part leur incompétence. Leurs rémunérations excessives fut sans doute l’un des facteurs explicatifs de cette situation, les amenant à arbitrer plus en faveur de leurs intérêts personnels au détriment de ceux de leurs employeurs.

  • Il faut y croire

    Dans la lettre aux actionnaires d’EDF, le nouveau pédégé Proglio répond à des questions, notamment :

    Vous accordez une place particulière à l’humain dans cette grande ambition [le développement industriel et humain de la compagnie]. Pourquoi ?

    C’est une conviction profonde, nourrie de mon expérience de dirigeant : la réussite d’une entreprise repose sur la motivation et le savoir-faire de ses équipes. L’engagement des hommes et des femmes d’EDF est connu et apprécié ; ils doivent être au cœur du projet. Il faut faire revivre une grande ambition sociale, en particulier pour développer et transmettre les compétences. Les clients et les actionnaires y gagneront aussi : plus de compétence, c’est plus de performance !

    Un modèle du genre…

  • Copenhague et la poissonnière

    Le sommet de Copenhague est qualifié d’échec retentissant par ma poissonnière. La lecture des conclusions de ce sommet pour le climat amène à des conclusions plus mesurées. Malgré ce que clame la vendeuse de merlans du chroniquer il y a tout de même quelques engagements chiffrés : ceux de l’aide financière que les pays développés s’engagent à fournir aux pays émergents pour les aider à s’adapter pour limiter les changements du climat, soit 30 milliards de dollars pour la période 2010/2012, puis 100 milliards par an à partir de 2020. Ce n’est pas rien, n’en déplaise à Mme. Michu.

    Il par contre vrai que les annexes 1 & 2 ont été signées en blanc et doivent être remplies d’ici le 31/01/2010. La n°1 concerne les objectifs de réduction de gaz à effet de serre d’ici 2020 et la n°2 les actions à prendre par les pays en voie de développement (developing) qui ne sont pas dans l’annexe 1, c’est-à-dire ceux qui ne prendront pas d’objectifs chiffrés. Il sera d’ailleurs intéressant de voir comment se répartiront les 192 pays membres de l’ONU entre annexes 1 et 2…

    A suivre donc d’ici le 31 janvier, et en reparler à la poissonnière si besoin est…

  • Goldman Sachs au tableau d’honneur

    La finance s’auto-congratule en cette année 2009 et le Financial Times a désigné person of the year Lyod Blankfein, pédégé de la banque américaine Goldman Sachs. Et il faut quand même le faire… En 2009 alors que tous ces banquiers d’affaires par leur incompétence et leur rapacité ont explosé la planète finance et dû faire la manche auprès du contribuable international pour survivre, délivrer cette reconnaissance à un des leurs relève vraiment de la faute de goût. Le FT aurait peut-être pu regarder du côté des industriels méritants plutôt que de désigner un représentant des services financiers gorgé de rémunérations imméritées ?

    Goldman Sachs récompensé par le FT, c’est Benoît 16 soupapes qui béatifie Pie XII, autocongratulation et consanguinité, bref, de la dégénérescence annoncée.

  • Problème bureaucratique

    La presse s’en donne à cœur joie pour descendre le monde politique après la censure du Conseil constitutionnel de la taxe carbone. Les hyènes hurlent devant le cadavre mais on aurait aussi aimé les entendre analyser les dysfonctionnements potentiels de ce mécanisme de taxe carbone lorsqu’il a été présenté par le gouvernement ! Même Le Monde titre en première page sur le « désaveu fait à Sarkozy ».

    Que notre hyper agité du ciboulot Sarkozy soit désavoué n’est pas grave en soi, et guère intéressant finalement. En revanche si cette taxe était utile nous avons un vrai problème à résoudre et devons trouver une solution pour la remettre en vigueur via un mécanisme compatible avec la Constitution. Ou alors il faut changer la Constitution.

  • La Loi doit être la même pour tous

    Le Conseil constitutionnel censure la taxe carbone pour cause d’iniquité fiscale et d’inefficacité industrielle. Les exemptions octroyées pour différents secteurs comme les transports, la chimie, l’énergie, et bien d’autres, auraient conduit à ce que 93% des émissions industrielles soient exonérées. On avait bien compris que le contribuable de base allait connaître des années difficiles. Le Conseil constitutionnel tente de faire valoir quelques principes républicains pour adoucir leur sort et ce n’est pas facile.

  • Le péché financier de notre génération

    Communiqué de l’Agence France Trésor :

    Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi, a arrêté le montant des émissions à moyen et long terme (BTAN et OAT) nettes des rachats de l’Etat à 188 milliards d’euros pour 2010.

    Le programme prévoit que les émissions d’obligations indexées, tant sur l’inflation française qu’européenne, représenteront environ 10 % des émissions nettes à moyen et long terme. Comme au cours des années précédentes, l’Agence France Trésor ajustera ses émissions pour répondre à la demande et assurer la liquidité des titres.

    En 2009, l’AFT a procédé à 13,6 Md€ de rachats de titres avant leur échéances se répartissant entre 11 Md€ arrivant à maturité en 2010 et 2,6 Md€ de titres 2011. L’AFT procédera en 2010 à des rachats de titres venant à échéance dans les prochaines années, en fonction des conditions de marché.

    Le bilan du programme de financement 2009

    Le montant en nominal des emprunts bruts à moyen et long terme pour l’année 2009 a atteint 178,6Md€ répartis entre 83,6 Md€ d’OAT à taux fixe, 12,3 Md€ d’obligations indexées sur l’inflation (OATi, OAT€i et BTAN€i) et 82,7 Md€ de BTAN.

    22 déc. 09 : DÉTAIL DU PROGRAMME DES ÉMISSIONS À MOYEN ET LONG TERME DE L’ETAT POUR 2010

    Le programme de dépenses supplémentaires qualifié de grand emprunt à 35 milliards sera financé par ce programme. En rentrant plus dans les détails, on lit que des émissions vont être faites à 40 et 50 ans, ce quo en dit long sur la capacité de notre génération à transférer ses péchés sur les suivantes…

  • Le béton et les marchés

    Martin Bouygues, bétonneur mondial proche du pouvoir hexagonal, se plaint amèrement des réformes en cours des marchés financiers qui aboutit à ce que des titres Bouygues soient échangés sur les marchés financiers sans que l’intéressé ne soit informé de ces transactions.

    Bah oui mon grand, c’est la dernière mode en matière de boursicotage : les dark pools (ou autres crossing networks), sortes de plateformes informatiques ultrasophistiquées, fruits de la créativité malsaine des financiers mathématiciens qui ont mis à terre la planète finance en 2008 et où s’achètent et se vendent des titres en gré-à-gré de façon plus ou moins confidentielle en dehors des marchés boursiers classiques et de leur transparence.

    Mon grand, la meilleure façon de ne pas être touché par les turpitudes des marchés financiers et leurs avatars c’est de ne pas solliciter leurs sous. A partir du moment où une société est en bourse ses créateurs historiques se défaussent de leurs titres de propriété dans les mains d’inconnus dont une partie de forbans. Il est toujours possible ensuite de réclamer plus de réglementation mais c’est un peu tard et légèrement incohérent…

  • Il faut renoncer au business avec l’Irak qui se termine toujours très mal

    « Moustaches en ballet de chiottes », ainsi nommé le pédégé de Total, porteur de la moustache la plus ridicule du CAC 40, regrette de n’avoir pu emporter de marchés significatifs lors d’un appel d’offres de champs pétroliers en Irak.

    Il a bien fait de ne pas surenchérir pour aller pomper de l’or noir dans ce pays dans lequel de tous temps le business s’est terminé en faillites, non-paiement de dettes et pertes gigantesques comblées généralement par les contribuables des pays fournisseurs. Il vaut mieux consentir directement de l’aide au développement à ce pays plutôt que d’y lancer les entreprises françaises privées qui, d’une façon ou d’une autres, vont se retourner vers les contribuables français après le défaut de l’Irak.

  • La fin du suspense sur le « grand emprunt »

    Le masque est tombé, le grand emprunt n’est finalement qu’un programme de dépenses publiques supplémentaires qui seront financées sur les marchés financiers comme les 150 milliards de déficit du budget de l’Etat 2010. Des dépenses peut-être plus intelligentes que les autres, l’avenir le dira, mais il n’est pas même certain qu’elles ne soient jamais réalisées, tout dépendra des priorités budgétaires le moment venu. Et de priorités nous n’allons pas manquer…

  • Spéculation immobilière à Dubaï

    Après l’Islande qui a été gérée comme un hedge-fund et s’est écroulée comme Lehman-Brothers, voici l’Emirat de Dubaï qui a été administré comme un promoteur immobilier, en sérieuses difficultés financières. A l’occasion d’un voyage à Dubaï on avait relevé que la sky line, une espèce de 5ème avenue au milieu du désert, avait encore progressé de quelques kilomètres, bordé de buildings futuristes et généralement plutôt élégants, depuis le voyage précédent. A la question sur qui pouvait habiter des immeubles si nombreux, on me répondait : « les personnes qui construisent les immeubles suivants. »

    Bref, une parfaite définition de bulle auto-entretenue, jusqu’à ce que le cercle vicieux se brise, généralement sur l’écueil du prix au m² qui ne peut grimper jusqu’au ciel malgré l’appellation sky-line de ce lotissement de luxe au milieu du désert.

  • L’Etat cherche à récupérer d’une main ce qu’il a donné de l’autre

    La France envisage « une taxation exceptionnelle des bonus 2009 » en coordination avec le Royaume-Uni et sur le thème que ces bonus sont en partie le résultat du soutien apporté par les contribuables au sauvetage des banques. Cette alliance franco-britannique est plutôt étonnante sur un sujet où Londres se fait généralement le chantre du libéralisme effréné. A l’écoute des déclarations politiques et à la lecture de la presse on ne comprend pas bien qui sera taxé : les banques ou les bénéficiaires des bonus, ou les deux peut-être ?

  • Gâchis d’argent public

    La fédération française de fouteballe publie le montant de la prime versée à l’entraîneur de l’équipe de France pour prix de la récente sélection de ladite équipe à la coupe du monde 2010 : elle s’élève à 820 000 EUR. C’est un montant significatif. Il n’est pas précisé quels sont les modes de financement de cette fédération mais à mon avis il doit y avoir des fonds publics. Le contribuable a donc certainement apporté son obole à cette prime.

    Outre cette somme exorbitante, le plus intriguant dans l’affaire est le processus de décision de son octroi. Tout le monde s’accorde à dire qu’elle n’est pas méritée (quel que soit d’ailleurs le résultat et la manière de la sélection obtenue) mais elle a pourtant été attribuée, sans doute par une instance de décision de la fédération. Il y a donc eu un aréopage de dirigeants fouteux qui se sont réunis un beau jour et décidé de verser 820 000 EUR à un entraîneur de foute. Un mandataire a dû signer un contrat en ce sens avec l’impétrant. Est-ce qu’à un moment ou un autre du processus quelqu’un s’est demandé : « p…, c’est tout de même beaucoup d’argent » ou est-ce que personne n’a même été effleuré par le moindre doute devant l’incohérence d’une telle rémunération par rapport à la prestation attendue ?

    Comme Proglio qui a réussi à faire croire qu’il était le seul pédégé possible pour EDF et donc à imposer des conditions également exorbitantes à son conseil d’administration, un entraîneur de fouteballe enfume son employeur et obtient des rémunérations déplacées. L’un comme l’autre ont au moins cette qualité d’arriver à se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas, alors que tous ces dirigeants sont, ô combien, largement interchangeables.

  • Le citoyen protégé par la République

    A l’occasion d’un concert organisé dans les locaux de la Cour des Comptes, le spectateur peut lire, gravé au fronton de la porte de la salle, un article de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :

    Art. 15 – La société a le droit de demander des comptes à tout agent public de son administration.

    26/08/1789
  • Faire prospérer sa boutique

    Henri Proglio nommé récemment pédégé d’EDF après avoir été débauché de Veolia semble manifester un entregent exceptionnel pour obtenir ce qu’il veut, et à tout le moins faire peur à ceux qui l’ont désigné. Il a exigé et obtenu de continuer à exercer la fonction de président « non exécutif » chez Veolia, et le voilà maintenant en train de faire augmenter sa rémunération chez EDF pour qu’elle atteigne rapidement celle qu’il percevait chez Veolia.

    Sans se prononcer sur le fonds de ses exigences personnelles (cumul de mandats et rémunération en hausse substantielle et immédiate), le processus est intéressant en ce qu’il révèle une capacité de nuisance certainement surévaluée par le gouvernement qui l’a nommé. Proglio est à n’en pas douter un homme compétent mais il n’est pas le seul dans le monde des affaires. Vous shootez sur un marronnier du VIIIème arrondissement et vous avez 10 hommes compétents, pédégés d’EDF en puissance, qui tombent sur le pavé. Alors comment fait-il pour imposer des exigences qui n’ont rien à voir avec l’avenir d’EDF et ne concernent que sa stricte situation personnelle ? Que se passerait-il si ses autorités de tutelle cherchaient à le calmer un peu sur ses requêtes individuelles ? Sans doute rien, mais on n’ose pas le faire. C’est là toute la force de l’impétrant : non seulement il est persuadé d’être irremplaçable mais ses dirigeants le croient aussi.

  • Les emprunts se remboursent

    A une question des Echos sur le « grand emprunt », Thierry Breton ex-ministre des finances répond : « Vous aurez compris que l’ère qui s’ouvre est d’abord, pour notre génération, celle du grand remboursement ! » On ne saurait mieux dire mais ajouter : « …pour notre génération et celle de nos enfants voir également nos petits-enfants ! »

  • Tour de passe-passe fiscal

    La France râle… encore. La taxe professionnelle, dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle est un mauvais impôt, va être supprimée. Comme il ne saurait être question de baisser les dépenses, cette taxe bientôt défunte sera remplacée par d’autres impôts. Alors les élus s’agitent comme des mouches dans un bocal pour savoir qui va payer. Et à ce petit jeu, l’impôt nouveau est toujours mieux à instaurer chez les autres que dans son pré-carré électoral alors chacun se relance la patate chaude et le dernier qui l’attrape aura perdu. On peut craindre qu’il ne s’agisse du contribuable électeur…

  • Rien n’est éternel, surtout pas les engagements politiques

    Il est marrant Henri Guaino ! A l’imprécation d’on ne sait plus quel sous-ministre des postes ou de l’industrie affirmant que La Poste serait « inprivatisable » (sic) il a répondu que « rien n’est éternel ». Il est marrant car non content de reprendre en public l’engagement aventureux d’un sous-ministre de la République, en plus il a raison, il est plus que très probable que La Poste sera privatisée.

  • Chantage des pousseurs de baballe

    Une niche fiscale est supprimée par nos députés avisés : celle du droit à l’image qui permettait à des clubs sportifs de haut niveau (fouteballeurs à 90%) de bénéficier d’exonération de charges au titre du « droit à l’image ». Cette mesure qui coûtait 36 millions d’EUR/an aux contribuables était destinée à empêcher le départ desdits footeux vers des clubs étrangers. L’objectif semble-t-il n’a pas été atteint et la niche a été fermée par droite et gauche réunies, malgré une dernière bataille du massif Douillet, judoka médaillé et chiraquien reconverti dans la politique.

    Le footeux en chef du club de ballon de Toulon menace de grève pour la journée de foute de jeudi prochain. On en est tout effrayé à l’avance.

    « S’il n’y avait plus eu de matches de basket-ball, volley-ball, handball et rugby depuis quinze jours, je ne pense pas que la loi serait passée jeudi. »

    Le pire c’est qu’il a sans doute raison…