Catégorie : No Europe

  • Religion au Burkina-Faso

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    Des extrémistes religieux attaquent des hôtels et terrasses de restaurants à Ouagadougou au Burkina-Faso en tirant au hasard sur les clients. Il y a une trentaine de morts dont au moins deux français, c’est un peu le renouvellement des attaques de Paris en décembre dernier, ou de Jakarta il y a quelques jours. Ces actes sont revendiqués par un mouvement islamiste sunnite concurrent du groupe Etat Islamique. Leurs auteurs sont guidés par la même conduite suicidaire. Ils veulent tuer le plus possible de mécréants et ensuite « mourir en martyr ». Comme il se doit ces crimes sont commis « au nom de Dieu » et revendiqués comme tels. L’empire de la bêtise continue à étendre ses tentacules mortifères.

  • Religion aux Philippines

    Des extrémistes religieux attaquent des hôtels et terrasses de restaurants à Jakarta aux Philippines en tirant au hasard sur les clients. Ces actes sont revendiqués par le groupe Etat Islamique.

  • Religion au Moyen-Orient… toujours

    L’Arabie Saoudite et quelques autres Etats du Golfe persique annoncent la rupture de leurs relations diplomatiques suite aux réactions chiites intervenues après l’exécution d’un iman chiite en terre sunnite.

    Rappelons de quoi nous parlons :

    • Les musulmans chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet (mort en 632) est Abou Bakr qui deviendra effectivement calife
    • Les musulmans sunnites chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Ali, son gendre et fils spirituel

    Pour ne pas être en reste, précisons que :

    • Les chrétiens pensent que Jésus est leur prophète avec des variantes entre ceux qui croient à la sainte-vierge et ceux qui n’y croient pas
    • Les juifs pensent que Jésus n’est pas leur prophète et attendent toujours leur messie
    • Les yézidistes croient en un Dieu qui façonna le monde comme une grosse perle blanche qu’il brisa et dont les éclats formèrent le ciel, la terre et la mer
    • Les zoroastriens considèrent que leur Dieu n’a pas besoin d’adoration, pas besoin d’intermédiaires
    • Etc. etc…

    Tous croient à la vie éternelle au paradis où chacun rejoindra son Dieu. Mais en attendant, au nom de celui-ci, on sème la mort et la désorganisation sur une bonne partie de la planète.

    Ce qui serait profitable à l’Humanité serait que toute cette énergie dépensée pour défendre par les armes des dogmes incertains soient consacrée à instaurer des Etats apaisés avec des règles de gouvernance démocratique et un développement économique à peu près partagé entre les administrés.

    Cette évolution a été engagée au XXème siècle par l’Occident, gageons qu’elle le sera aussi, un jour, au Moyen-Orient, reléguant ainsi les conflits religieux d’un autre âge au rang des mauvais souvenirs.

  • Religion… encore au Moyen-Orient

    L’Arabie-Saoudite sunnite exécute 47 condamnés à mort dont un imam opposant, saoudien amis chiite. Il n’en faut pas plus pour que l’Iran chiite s’insurge et que ces deux pays théocratiques s’invectivent en s’accusant mutuellement de terrorisme.

    Téhéran accusant Ryad de terrorisme, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité ! Venant de ces deux Etats religieux musulmans qui ont profondément inséré le terrorisme dans les modes de fonctionnement du XXème siècle et du XXIème débutant pour régler leurs contentieux ou diffuser leurs idéologies, cela pourrait prêter à sourire ne serait-ce le contexte qui pourrait encore déraper dans une nouvelle guerre arabo-perse si la diplomatie intelligente ne reprenait pas le dessus.

    L’Arabie-Saoudite en diffusant largement son courant wahhabite très conservateur est devenue l’inspiratrice de nombre de ces mouvements qui dynamitent actuellement la planète. L’Iran a trempé dans beaucoup des complots terroristes de la fin du XXème siècle et la France a été particulièrement touchée que ce soit sur son propre sol ou au Liban (attentat sur l’immeuble du Drakkar, entre autres, 58 militaires français morts, plus la famille libanaise du gardien de l’immeuble).

    Avec un pays comme l’autre la France a commercé et continue de le faire, initiant d’ailleurs il y a quelques décennies l’industrie nucléaire iranienne, quelle folie ! Il est des situations où le commerce permet d’apaiser les tensions en modernisant ses acteurs. Nous n’en somme manifestement pas là dans ce Moyen-Orient compliqué.

  • La Turquie comme la Géorgie

    On se souvient de la Géorgie qui en 2008, dirigée par M. Saakachvili, n’avait rien trouvé de mieux que de déclarer la guerre à la Russie pour une sombre histoire de revendication territoriale. Son armée de pacotille avait bien sût été balayée en quelques jours par la puissance russe et l’Europe, alors présidée par M. Sarkozy, avait fait le petit télégraphiste pour essayer de calmer l’ours russe, ce qui fut fait après moult concessions dont la quasi indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, territoires revendiqués par la Géorgie bien que majoritairement russophones et russophiles. On eut des cauchemars a posteriori en songeant au fait que Tbilissi voulait intégrer l’OTAN et que si cette adhésion eut été réalisée, cette folie géorgienne eut mis l’alliance militaire occidentale en bien fâcheuse position face à Moscou !

    L’Histoire se répète et aujourd’hui c’est la Turquie qui s’offre le luxe de mener des actions agressives contre la Russie en abattant un avion de combat russe qui aurait empiété sur son territoire lors d’une mission de bombardement sur la Syrie. Il est assez peu probable que ce chasseur Soukhoï menaçait Ankara et on aurait apprécié que la Turquie modère un peu ses réactions, ou à tout le moins les rende proportionnelle avec la menace. Il y eut deux pilotes russes tués lors de l’incident : l’un des deux équipiers de l’avion abattu et un deuxième lors de l’opération d’exfiltration du second pilote de l’avion.

    Le problème est que, contrairement à la Géorgie, la Turquie fait, elle, partie intégrante de l’OTAN et que si Moscou ouvre les hostilités contre Ankara c’est l’ensemble des pays de l’alliance qui devront défendre la Turquie. Il serait utile que les coups de sang des dirigeants turcs soient mis sous contrôle d’autant plus que le rôle de ce pays dans la crise au Moyen-Orient mériterait par ailleurs un examen plus que critique.

  • Etonnant !

    Le ministère français de la défense a communiqué le 17/11/2015 à 8h05 :

    Dans la nuit du 16 au 17 novembre 2015 à 1h30 (heure française), l’armée française a de nouveau mené un raid contre Daech – à Raqqah en Syrie. La force Chammal a détruit deux sites opérationnels de combattants terroristes.

    Le raid était constitué de dix avions. Les équipages ont décollé à partir des bases situées en Jordanie et dans le Golfe arabo-persique (GAP) pour se rejoindre au-dessus de la Syrie. Réalisé en coordination avec la coalition, le raid aérien composé de six Mirage 2000 et quatre Rafale a frappé simultanément un centre de commandement qui abrite l’un des quartiers généraux de Daech, et un centre d’entraînement. Au total 16 bombes ont été délivrées…

    16 bombes lâchées par 10 avions sur deux sites opérationnels… on s’étonne qu’il reste encore des sites opérationnels du groupe Etat islamique après plus d’un an et demi de bombardements syriens, occidentaux et maintenant russes sur cette malheureuse Syrie ! De quoi s’agit-il exactement ? Deux tentes de bédouins dans le désert ? Des bâtiments en dur ? Qu’est-ce que bombardent les avions de la coalition depuis 18 mois sinon les centres opérationnels ? Tout ceci reste est un peu mystérieux pour les citoyens que nous sommes.

  • Nouveau nihilisme

    Le terrorisme religieux de nos temps met les Etats, démocratiques ou pas, à rude épreuve. Les acteurs du terrorisme moyen-oriental ou européen des années 70-80’ (brigades rouges, Fatah, OLP et autres bandes à Baader) laissaient place à la négociation. Ils détournaient un avion, enlevaient une personnalité, prenaient des otages pour forcer les Etats à les écouter poser leurs revendications politiques. Evidemment ils tuaient parfois mais pas en masse comme c’est le cas désormais. Quand il faisait parler les armes c’était pour appuyer leurs demandes et non pour plaire à Dieu. Et puis ils avaient la volonté de survivre et négociaient aussi un sauf-conduit pour eux-mêmes.

    Notons au passage que nombre de ces terroristes ont alors trouvé refuge en… Syrie, accueillis par le régime Assad alors dirigé par le père de l’actuel président. Le vénézuélien Carlos a coulé des jours paisibles à Damas avec sa compagne allemande Magdalena Kopp proche de la mouvance Baader-Meinhof et leur fille, plusieurs années durant à la fin de la décennie 80’. Bien d’autres terroristes moyen-orientaux se sont également installés en Syrie à cette période. Et lorsque Damas a voulu essayer de réintégrer le concert des nations, grosso-modo à la suite de l’invasion du Koweit par l’Irak en 1990, elle a expulsé tout ce beau monde vers des pays avoisinants moins en vue. Alors quand la Syrie d’aujourd’hui dirigée par son fiston explique comme elle l’a fait aujourd’hui que la France a favorisé le développement du terrorisme et récolte les fruits de ses dérives, cela prêterait à sourire si ce n’étaient les conditions dramatiques du moment.

    Les terroristes religieux aujourd’hui veulent tuer méthodiquement puis mourir. Ils n’ont pas peur, ils recherchent la fin qui les rapprochera de leur Dieu. Le communiqué du groupe Etat Islamique revendiquant les attaques d’hier relate celle de la salle de concert du Bataclan avec la mort des « croisés … idolâtres dans une fête de perversité » au cœur de Paris « capitale des abominations et de la perversion, qui porte la croix en Europe… ». Ces attaques sont présentées dans ce même communiqué, ponctué de référence à Allah et ses sourates, comme une réponse à l’engagement militaire français en Irak et en Syrie.

    Les terroristes des années70’ avaient lu Marx et Mao, ceux d’aujourd’hui s’inspirent du coran.

    La révolte des citoyens contre ce terrorisme islamique ne changera pas grand-chose à la détermination fanatique et terrifiante de ses acteurs. Leur plus grande « réussite », si l’on ose dire, réside dans le fait qu’ils ont réussi à insuffler leur idéologie mortifère à des gamins français, et pas uniquement ceux issus de banlieues défavorisées. Même dans l’hypothèse où le groupe Etat Islamique serait éliminé il faudra sans doute au moins une génération avant que ces gamins français embrigadés puissent revenir à de meilleurs sentiments. Et encore n’a-t-on pour le moment pas beaucoup d’idées sur comment arriver à neutraliser l’extrémisme religieux !

     « Vers l’Orient compliqué je m’envole avec des idées simples » disait MonGénéral lors de la deuxième guerre mondiale quand il allait visiter les pays sous mandats français et britannique. Idées simples ou compliquées, l’Occident a failli dans son implication dans la question du proche et du moyen orient : guerre, accords de paix, coopération, rapprochement, éloignement, immigration, fermeture des frontières, coups bas ou interventions en pleine lumière, presque tout a été essayé depuis 70 ans et rien n’a réussi à extirper la violence endémique de cette région qui maintenant se répand en Occident. Tout n’est que guerre et décombres dans ce proche et Moyen-Orient « compliqué ».

    En fait la seule stratégie qui n’ait jamais été vraiment essayée est le retrait pur et simple des pays occidentaux de cette région : les laisser se débrouiller et cesser d’intervenir à tout bout de champ avec des buts occidentaux et des objectifs démocratiques. Décision pas facile à prendre quand on connaît les liens entre Israël et les Etats-Unis, entre les pays producteurs de pétrole et leurs pays clients, entre les multiples communautés du proche et du Moyen-Orient installées en Europe depuis des générations, quand on entend les chrétiens d’Orient appeler au secours ceux d’Occident, etc.

    Stratégie jamais finalement adoptée, qu’il est sans doute trop tard pour décider, mais qui ne devrait pas empêcher de remettre sur la table l’actuelle politique occidentale en Orient compte tenu de son efficacité plutôt limitée au regard des critères occidentaux et des intérêts nationaux.

  • Sud-Soudan : l’actualité percute le cinéma

    Nous-venons-en-amis A peine quelques jours après la sortie sur les écrans du documentaire We come as friends l’actualité rattrape le cinéma en faisant le bilan catastrophique de quatre premières années d’existence de l’Etat du Sud-Soudan en pleine guerre civile. Un quart de la population de 11 millions d’habitants déplacé, une espérance de vie qui ne dépasse pas 55 ans, le taux d’alphabétisation le plus bas de la planète, au moins 50 000 personnes tuées dans la guerre civile, des milliers d’enfants soldats enrôlés dans les milices, sous-alimentation chronique, journalistes assassinés, économie pétrolière à l’arrêt, etc. le tout malgré la présence d’une forte présence de l’ONU avec entre autre 12 000 casques bleus et des dizaines d’organisations non gouvernementales.

    « L’indépendance n’a pas été un décollage, mais un crash » résume le dirigeant d’un organisme œuvrant pour la réussite d’un plan de paix.

  • L’incompétence des sondeurs

    La Turquie dirigée par un parti islamiste conservateur AKP depuis une dizaine d’années vient de redonner la majorité absolue à ce parti représenté au sommet de la République par son président. Après avoir été plus de dix années premier ministre il a été élu président de la République en 2014, poste plus honorifique que vraiment exécutif, et cherche donc à faire transférer légalement les pouvoirs du premier ministre vers le président histoire de continuer à diriger et préserver ainsi son standing.

    L’élection législative remportée le week-end dernier devrait lui faciliter la tâche et lui permettre de garder le pouvoir encore une dizaine d’années. Cela sera peut-être assez pour éteindre l’incendie rallumé en 2015 de la guerre civile avec les kurdes. Ce serait tout de même mieux qu’il marque l’Histoire pour avoir résolu ce conflit plutôt que pour s’être accroché au pouvoir de façon relativement indécente.

    Elément très rassurant dans cette élection récente : les sondeurs sont aussi incompétents en Turquie qu’en Europe, ils avaient tous annoncé que le parti islamiste conservateur AKP ne récupèrerait pas la majorité… Il y a un fort gisement d’amélioration des performances des sondeurs des trois côtés de la Méditerranée.

  • Un accord international pour contrer l’optimisation fiscale

    On a peu parlé du sujet en France mais il a son importance : 62 pays ont signé un accord pour lutter contre l’optimisation fiscale agressive baptisé BEPS (Base erosion and profit shifting). Il s’agit en gros de forcer les firmes multinationales à payer leurs impôts dans les pays où elles réalisent leurs activités. Cet accord a été approuvé par les ministres des finances du G20 en réunion à Lima le 09/20/2015 et doit être validé par les chefs d’Etats et de gouvernements de ce même G20 en novembre.

    C’est une première et un début de commencement d’une stratégie internationale pour tenter de limiter l’exubérante créativité des fiscalistes d’entreprise pour faire payer les impôts de leurs employeurs dans les pays les plus compétitifs dans ce domaine. La route sera longue et complexe avant de revenir à des pratiques plus décentes mais ce qui est intéressant dans cette affaire est la prise de conscience par des Etats, y compris les plus riches et les plus libéraux de la planète (Etats-Unis, Japon, Allemagne,…), que le ver est dans le fruit et qu’à force de surexploiter toutes les avantages du dumping fiscal international des entreprises globalisées en arrivent à assécher la base fiscale de leurs Etats d’origine dans des proportions jamais vues.

    « Les pratiques d’érosion de la base d’imposition et de transfert de bénéfices privent nos pays des ressources nécessaires pour relancer la croissance, surmonter les effets de la crise économique mondiale et offrir à tous de meilleures opportunités », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría. « Le G20 a reconnu que les stratégies de BEPS sapent la confiance des citoyens dans l’équité des systèmes fiscaux internationaux. C’est pourquoi l’OCDE a été invitée à préparer le plus important remaniement des règles fiscales internationales depuis près d’un siècle. L’enjeu consiste désormais à mettre en place les mesures prévues, afin de mettre en échec les dispositifs de planification fiscale qui utilisent des pratiques de BEPS et de créer un meilleur environnement pour les entreprises comme pour les citoyens », a ajouté M. Gurría.

    Les pratiques de BEPS induisent un manque à gagner pour les recettes publiques qui représenterait, selon des hypothèses prudentes, 100 à 240 milliards USD par an, soit entre 4 et 10 % des recettes issues de l’impôt sur les sociétés dans le monde. Ces pratiques pénalisent tout particulièrement les pays en développement, pour lesquels l’impôt sur les sociétés représente une part plus importante des recettes fiscales.

  • François 1er à l’assaut du conservatisme des siens

    Rigolo : François 1er, pape catholique et représentant de leur Dieu sur terre essaye de faire changer la mentalité légèrement conservatrice de ses ouailles et cela n’a pas l’air de tout repos. Un synode réunit actuellement des évêques de tous pays et ce petit monde planche sur le sort que l’Eglise doit réserver aux divorcés et aux homosexuels.

    Aujourd’hui le dogme catholique interdit aux de communier. Ils ne sont pas vraiment chassés de l’Eglise mais ils n’ont pas accès à la communion. Les homosexuels ne sont guère mieux lotis car ils commettent des actes ne permettant pas le don de la vie. François 1er voudrait faire évoluer le dogme vers un peu plus de tolérance.

    Ce synode planche sur un document intitulé Instrumentum laboris, publié en juin dernier, dégoulinant de bonnes intentions et d’amour du prochain mais ne pouvant sortir trop franchement des contraintes du dogme malgré quelques timides tentatives. En fait l’Eglise catholique a un problème commercial : son marché dans les pays occidentaux tend à s’effondrer. Les catholiques abandonnent la bible au profit de l’aïe-phone, se marient de moins en moins, divorcent de plus en plus, utilisent la contraception et vont même jusqu’à marier les homosexuels. Pas facile dans ces conditions de les faire cohabiter avec le dogme, sauf à faire évoluer celui-ci, mais comment changer un dogme qui descend du Ciel en ligne directe ? C’est l’exercice difficile auquel s’essaye courageusement François 1er.

    Il se heurte à l’opposition de certains évêques, pour le moment majoritaires, issus des pays émergeants qui eux ne veulent pas du mariage homosexuel ni donner la communion aux divorcés. Le problème est que ces pays sont le marché en croissance du catholicisme alors on ne peut plus forcément leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Certains évêques conservateurs de la vieille Europe ne sont pas non plus en reste pour s’opposer aux tentatives d’évolution de dogme considérées comme quasiment révolutionnaires.

    La bulle Instrumentum laboris fait 36 pages et voici quelques extraits :

    Le développement de la société de consommation a séparé sexualité et procréation. C’est aussi une des causes de la dénatalité croissante. Dans certains contextes, elle est liée à la pauvreté ou à l’impossibilité de s’occuper des enfants ; chez d’autres, à la difficulté de vouloir assumer des responsabilités et à la perception que les enfants pourraient limiter le libre épanouissement de soi.

    Il est réaffirmé que chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et accueillie avec sensibilité et délicatesse, aussi bien dans l’Église que dans la société. Il serait souhaitable que les projets pastoraux diocésains réservent une attention spécifique à l’accompagnement des familles où vivent des personnes ayant une tendance homosexuelle et à ces mêmes personnes.

    Il est totalement inacceptable que les pasteurs de l’Église subissent des pressions en ce domaine et que les organismes internationaux subordonnent leurs aides financières aux pays pauvres à l’introduction de lois qui instituent le « mariage » entre des personnes du même sexe.

    Sur l’homosexualité on voit la prudence de la rédaction.

    François 1er et son synode sur la famille c’est un peu comme Cambadélis au parti socialiste français : il y a des frondeurs, des courants, des conciliants, des râleurs, des emmerdeurs… et il faudra bien trouver une motion de synthèse qui soit votée par la majorité.  « Votée » c’est un peu vite dit pour le synode où la démocratie électorale n’est pas vraiment de mise, mais disons plutôt « adoptée ». D’ailleurs la presse a publié une lettre adressée au pape au début du synode, signée par treize cardinaux rebelles qui dénonçaient la méthode visant à leur forcer la main pour « faciliter l’obtention de résultats prédéterminés ».

    François 1er est un peu le Macron du Vatican : il cherche à moderniser ses ouailles contre leur volonté quand Macron cherche à moderniser la gauche française et lui faire abandonner ses dogmes marxo-syndicalistes. La tâche est rude mais les deux garçons sont courageux et sans doute désintéressés. Que Dieu leur prête réussite !

  • Le bal des cadors

    Platini et Blatter, respectivement chef de la fédération internationale de fouteballe (FIFA) et chef de la fédération européenne de fouteballe (UEFA) sont mis à pieds par la commission d’éthique de la FIFA. Oui vous avez bien lu, il y a une « Commission d’Éthique indépendante » à la FIFA et elle semble avoir fort à faire comme l’indique son communiqué du 8 octobre :

    La chambre de jugement de la Commission d’Éthique, présidée par Hans‑Joachim Eckert, a provisoirement suspendu le Président de la FIFA, Joseph S. Blatter, le président de l’UEFA et vice-président de la FIFA Michel Platini, ainsi que le Secrétaire Général de la FIFA, Jérôme Valcke, (qui a déjà été relevé de ses fonctions par son employeur, la FIFA) pour une durée de 90 jours. La durée de ces suspensions pourra être étendue pour une période supplémentaire qui n’excèdera toutefois pas 45 jours. L’ancien vice-président de la FIFA Chung Mong-joon a été suspendu six ans et s’est vu infliger une amende de CHF 100 000. Durant ces périodes, les personnes susmentionnées sont suspendues de toutes activités liées au football sur un plan national comme international. Ces suspensions entrent immédiatement en vigueur.

    Ces décisions sont motivées par les enquêtes actuellement menées par la chambre d’instruction de la Commission d’Éthique, le président de cette chambre étant Cornel Borbély. L’enquête portant sur Joseph S. Blatter est menée par Robert Torres, tandis que celle portant sur Michel Platini est menée par Vanessa Allard.

    La procédure menée à l’encontre de l’officiel sud-coréen Chung Mong-joon a été ouverte en janvier 2015 à partir des conclusions du rapport sur l’enquête portant sur la procédure de candidature pour les éditions 2018 et 2022 de la Coupe du Monde de la FIFA™. Ce dernier a été reconnu coupable d’infractions de l’article 13 (Règles de conduite générales), l’article 16 (Confidentialité), l’article 18 (Obligation de déclaration, de coopération et de rapport), l’article 41 (Obligation de collaboration des parties) et l’article 42 (Obligation de collaboration) du Code d’éthique de la FIFA.

    La Commission d’Éthique n’est pas en mesure de commenter les détails de ces décisions avant qu’elles ne deviennent fermes et définitives en raison des dispositions de l’article 36 (Confidentialité) du Code d’éthique de la FIFA.

    Guéant, haut fonctionnaire de la République, comparaissait devant le tribunal correctionnel pour recel et détournement de fonds. Une peine de trente mois de prison avec sursis et 75 000 EUR ont été requis.

    Les suspensions fouteballistiques sont provisoires. Les réquisitions contre le ministre Guéant seront ou pas confirmées par le tribunal. Les deux affaires se percutent étrangement.

  • L’Arabie saoudite en vedette à l’ONU

    Un jeune homme saoudien a été condamné à mort par décapitation avec ensuite crucifixion de son corps sans tête jusqu’à ce que ses chairs commencent à se décomposer. Il lui est reproché d’avoir participé à une manifestation contre la famille royale, le tout dans un contexte de manifestants musulmans chiites dans un pays majoritairement sunnite.

    Rappelons que ce qui différencie ces deux courants depuis l’an 632 est que :

    • Les chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Ali, son gendre et fils spirituel.
    • Les sunnites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Abou Bakr qui deviendra effectivement calife.

    La communauté internationale, majoritairement occidentale, s’émeut de cette condamnation qui n’a pas encore été mise en œuvre à l’heure où nous parlons. L’émotion est d’autant plus grande qu’au même moment l’Arabie saoudite vient d’être nommée à la tête d’une commission consultative du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Ce machin n’a sans doute pas grande influence ni importance, il n’en demeure pas moins que les démocraties réagissent sur les plateaux télévisés mais personne ne sait bien comment s’opposer à ce mouvement. Ce pays a été nommé sur proposition du groupe Asie du Conseil au sein duquel les pratiques judiciaires saoudiennes choquent sans doute beaucoup moins qu’en Europe ou qu’aux Etats-Unis… Si vous ajoutez les enjeux commerciaux et financiers que représentent Ryad vous en arrivez à cette proposition.

    L’ONU c’est aussi ce mélange interlope où se côtoient tous ces pays aux croyances et coutumes différentes. L’ethnocentrisme propre à nos démocraties occidentales nous fait considérer que les droits de l’homme tels qu’ils ressortent de la déclaration de 1948 portant le même nom sont universels et devraient être applicables partout. Ce n’est hélas pas le cas au sein des 193 pays membres de l’ONU. D’ailleurs cette fameuse déclaration a été suivie de toute une série de traités et protocoles internationaux liés aux droits de l’homme. Tous les pays n’ont pas signé ni ratifié ceux-ci, ou alors l’ont fait avec des réserves. Certains de ces documents sont d’ailleurs bizarrement qualifiés de « facultatifs » ce qui en dit long sur leur robustesse…

    Malgré tout l’enceinte de l’ONU à New York est la seule où se retrouvent les 193 Etats membres, plus quelques satellites, pour y discourir, confronter beaucoup de mauvaise foi, cacher nombre d’intérêts inavouables, jauger leurs capacités de nuisance respectives, parfois détourner de l’argent, mais aussi de temps en temps, adopter des résolutions qui ont fait progresser l’Humanité. Alors il faut parfois compromettre pour maintenir ce dialogue et puis, au moins en ce qui concerne les droits de l’homme on sait que les peuples quand ils en ont l’occasion votent avec leurs pieds comme actuellement les réfugiés syriens qui prennent la route de l’Europe plutôt que celle de l’Arabie saoudite. Leurs dirigeants évolueront un jour… Quand on songe au nombre de dictatures galonnées qui existaient en Amérique latine, voire en Europe de l’est, dans les années 70’ on peut espérer une évolution identique sur les autres continents. L’ONU est là pour ça et en attendant l’organisation arrivera peut-être à faire éviter l’exécution barbare de ce citoyen saoudien.

  • Scandale chez Volkswagen

    Le constructeur automobile allemand Volkswagen (VW) est pris les doigts dans le pot de confiture : il a admis par la voix de son pédégé avoir équipé ses modèles à moteur diesel d’un logiciel permettant de masquer lors des contrôles techniques le véritable niveau d’émission de particules polluantes. Cela concerne pour le moment le marché américain mais aussi probablement le reste du monde.

    C’est un coup de tonnerre sur l’horizon bleu immaculé de la puissance industrielle allemande et une atteinte qui sera sans doute durable à la réputation de rigueur et d’intégrité germanique. Accessoirement Volkswagen pourrait ne pas s’en remettre compte tenu des coûts considérables que cette fraude va engendrer, amendes et rappel de véhicules, il y en a pour des dizaines de milliards d’euros.

    Ce qui prête à sourire dans cette affaire est qu’une nouvelle fois se confirme le fait que derrière les slogans sur la libre concurrence et les poncifs sur leurs valeurs, les entreprises lorsqu’elles sont laissées à elles-mêmes ne songent qu’à s’entendre entre elles sur le dos des consommateurs et à contourner les règles que fixent les Etats pour protéger leurs citoyens. Les exemples sont multiples, des cartels aux escroqueries financières.

    La réaction face à cette réalité blafarde n’est pas évidente, entre le libéralisme échevelé tablant sur le fait que les fraudeurs tomberont d’eux-mêmes (comme cela est en train de se passer avec VW), ou l’excès de règles et de contrôles qui poussent les entreprises à redoubler d’inventivité pour s’en arranger. A priori VW a tout de même été rattrapé par ces contrôles administratifs dont les résultats exagérément bons et de façon permanente ont fini par attirer l’attention. A moins qu’ils n’aient été dénoncés par les concurrents…

    On mesure enfin la vacuité des discours actuels sur l’environnement quand on constate que la mesure de la pollution automobile est laissée dans les mains des constructeurs dont certains choisissent de les manipuler…

  • « Nous venons en amis » d’Hubert Sauper

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    L’histoire de la partition du Soudan en 2011 avec la création du Sud-Soudan, chrétien et animiste, après des années de guerre civile contre les soudanais du nord, arabes musulmans. Une guerre qui a duré des décennies, fait des millions de morts et de déplacés avec son lot de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité sur fond d’un pays dramatiquement sous-développé mais avec des ressources pétrolières et minières attisant les convoitises internationales.

    Le film interviewe des habitants du Sud-Soudan, avant et après le référendum qui vota leur indépendance, ressassant l’histoire coloniale de leur pays responsable selon eux de tous leurs maux. Il montre l’implication actuelle des chinois dans l’industrie pétrolière et celles des prêcheurs américains cherchant à « civiliser » les chrétiens. Le réalisateur Hubert Sauper (déjà auteur du documentaire Le Cauchemar de Darwin) se promène dans le pays aux commandes d’un petit avion façon ULM renforcé pour deux personnes ce qui donne l’occasion de quelques vues du pays improbables brisant la monotonie des interviews. Le titre du film Nous venons en amis se réfère à la phrase prononcée par tous les colonisateurs de l’Histoire prenant le pouvoir dans leurs colonies. La thèse du film est un peu simpliste et ne rentre pas vraiment dans l’analyse de la faillite politique actuelle des Soudan, nord et sud.

    Dernier Etat apparu sur la planète le Sud-Soudan a créé beaucoup d’espoirs et de convoitises. Il n’aura pas fallu attendre 2013 pour qu’une guerre civile inter-Sud-Soudan ne reprenne… Le film se termine sur cette triste image.

  • Inattendu !

    Il s’avère que les migrants qui affluent en Europe pour fuir le Moyen-Orient en guerre, ceux qui ont le plus de chance d’obtenir un statut de réfugié, sont assez peu intéressés par la destination France. Ils préfèreraient a priori les pays mieux gérés… Certains déjà accueillis en France seraient déjà repartis vers l’Allemagne ou la Scandinavie. Paris aura peut-être du mal à remplir son quota, un comble.

    De toute façon une fois obtenu son statut de réfugié dans un pays ou un autre, l’impétrant pourra voyager librement partout où il le voudra à l’intérieur de la zone Schengen. A court terme ce rejet de la France fera plutôt les affaires de ses dirigeants et de nombre de ses citoyens. A plus long terme ce n’est pas forcément un bienfait. Au-delà de l’éventuelle blessure d’ego qui sera vite digérée, cela veut dire que les meilleurs iront de préférence chez nos voisins. La-aussi la loi de l’offre et la demande est maître du jeu.

  • I have a dream…

    On aurait espéré que sur un sujet comme celui de la crise actuelle des migrants le monde politique français républicain fasse preuve d’un peu de réflexion avec une parcelle de responsabilité et de sens de l’intérêt général. Las, il n’en est rien. Ce sujet qui touche d’abord à l’humain déclenche des batailles politicardes navrantes. Lorsqu’un chroniqueur ou un élu est interrogé sur le sujet dans une presse avide de sensations il répond en critiquant ce que fait ou pense la partie adverse avec une argumentation de café du commerce. Et l’on ne parle même pas des éructations de l’extrême droite qui veut repousser les immigrants à la mer sans trop expliquer par quels moyens il procédera s’il en avait un jour le pouvoir.

    En réalité l’immigration est un phénomène ancien en Europe comme en France et la partie illégale de celle-ci ne date pas des accords de libre circulation de Schengen et encore moins de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2012. Elle est consubstantielle de l’immigration légale et existait déjà bien entendu du temps où les frontières entre les Etats n’avaient pas encore été démantelées dans le cadre des accords dits de Schengen.

    Aucun pouvoir en France, de droite comme de gauche, n’a jamais réussi à enrayer significativement cette immigration illégale, ni même à renvoyer les immigrés illégaux en dehors de France. Des charters Pasqua dans les années 80’ aux conférences sur l’identité nationale dans les années 2000, en passant par les régularisations d’illégaux, toutes ces politiques ont échoué à remplir leurs objectifs. Il fallait sans doute les tenter ne serait-ce que pour en mesurer les limites. Mais surtout, aucun pouvoir en France, de droite comme de gauche, n’a jamais réussi à faire en sorte que ces candidats à l’immigration préfèrent rester chez eux plutôt que de venir en France. Les actions de co-développement et autres lubies tiers-mondistes ont des effets tellement microscopiques et de long terme que la richesse et la démocratie de notre vieille Europe continue pour le moment à attirer les citoyens du monde en développement. Les Etats-Unis d’Amérique connaissent une immigration comparable en provenance du Mexique, sous présidence démocrate comme républicaine, avec ou sans le mur en construction à la frontière entre ces deux pays.

    L’immigration des pays pauvres et en guerre ou sous dictature vers les pays riches en démocratie est donc un mouvement ancien, puissant, profond, irréversible qu’il faut gérer avec intelligence et autorité, si possible avec unité, au moins au niveau national, en évitant les coups de menton démagogiques.

    La seule mesure qui n’a jamais été véritablement tentée serait de repousser ces flux d’immigration par la force, c’est-à-dire en déployant l’armée aux frontières et la marine de guerre sur mer. La force cela veut dire l’utilisation des armes et des militaires tirant sur des populations civiles, autant dire un massacre. Cette option n’est pas sur la table dans notre démocratie. Certains de ceux qui prônent la répression contre l’immigration y pensent sans doute sans pour autant oser la formuler.

    Entre les armes et l’ouverture complète des frontières il faudrait compromettre et définir une politique saine et évolutive en fonction des évènements. C’est difficile. A ce jour tout le monde y a échoué, c’est la raison pour laquelle une union nationale entre gens intelligents et de bonne compagnie est souhaitable, au-delà des slogans de circonstances agitant des sentiments nauséabonds racoleurs de votes. Tout doit pouvoir être discuté, y compris les accords de Schengen qui ne sont pas tabous et peuvent être remis en cause si une analyse fondée et documentée montre qu’il y a avantage à le faire pour l’intérêt général de la République. La convention de 1951 relative au statut des réfugiés, à laquelle adhère la majorité de nos Etats, doit pouvoir également être discutée, ajustée, adaptée, confirmée, conditionnée, toujours en fonction de l’évolution de la situation géopolitique mondiale, qui n’est plus la même qu’en 1951, et du sens de l’intérêt général, de la France comme de l’Humanité.

    Bien sûr l’Europe avec ses valeurs et son PIB représente un appel d’air pour des migrants issus de de pays pauvres ou en guerre, comme la Suisse représente un appel d’air pour les français vivant le long de sa frontière et qui ne se gênent pas pour aller y travailler et y bénéficier de salaires plus élevés. Bien sûr ces personnes cherchant à fuir leurs pays en guerre ou dévastés par un sous-développement endémique viennent d’abord en Europe de l’Ouest où l’herbe est plus verte et l’accueil plus généreux, plutôt qu’en Russie ou en Arabie Saoudite. Bien sûr l’accueil de ces populations va générer des dépenses publiques imprévues. Bien sûr au sein de ces flux peuvent se cacher des gens aux idées malveillantes et des extrémistes de tous poils.

    Est-ce que monde (et la France) seraient plus tranquilles si ces migrants ne fuyaient pas leur pays pour venir chez nous ? Certainement. Est-ce que l’arrivée de ces migrants va créer des perturbations et des réactions de rejet au sein des populations accueillantes ? Certainement aussi. Est-ce qu’il serait plus moral de financer les besoins de ces arrivants plutôt que dilapider des centaines de millions d’euros pour organiser des compétitions de pousseurs de ballons (notamment des stades de fouteballe climatisés au Qatar…) ? Certainement encore.

    Mais les migrants sont là, avec leur lot de réfugiés et de misère, qui forcent tous les barrages. Et ils sont là pour longtemps alors Il faut bien en faire quelque chose ne serait-ce que pour s’occuper de ceux qui sont déjà rendus chez nous et essayer de tarir le flux des départs. C’est ce à quoi s’essayent les dirigeants européens dans la plus grande division. Ils tentent de parer au plus pressé et de reprendre le contrôle d’une situation qui leur échappe. Alors il est facile de critiquer sur Tweeter et de faire dans la polémique sur les plateaux télévisés, il est plus difficile d’agir dans la vraie vie pour ceux qui sont aux commandes, comme toujours.

    A défaut de stratégie évidente qui ménage les valeurs humaines et le refus majoritaire des citoyens français d’accueillir ces migrants, qu’ils soient réfugiés ou immigrants, le pouvoir devrait au minimum expliquer et réexpliquer ce qu’on l’on tente de faire et pourquoi on le fait. Si une seule photo d’un gamin mort sur une plage a pu émouvoir à ce point la planète entière eh bien pour une fois utilisons les ficelles de la communication pour une bonne cause et communiquons sur une position française républicaine, arrêtée de façon unanime par les partis. L’image de ces mêmes partis remonterait d’un coup dans l’opinion si au moins, pour une fois, des dirigeants responsables arrivaient à un consensus sur un sujet si brûlant et si humain. On peut rêver…

    Ensuite il resterait à arrêter une position commune avec les 27 autres membres de l’Union européenne ce qui relèverait sans doute du miracle, mais au moins la France aurait eu la décence de surmonter ses petits égoïsmes nationaux et son court-termisme politicard pour s’élever, un peu, au-dessus de la mêlée.

  • Festival de faux-jettonerie

    La publication de la photo du corps d’un enfant syrien de trois ans sur une plage de Turquie émeut la planète entière et il est vrai qu’elle est bouleversante. Son frère et sa mère sont également morts noyés au cours du chavirage du rafiot de fortune sur lequel ils avaient pris place pour essayer de rejoindre la Grèce et donc l’Europe.

    Le monde politique et médiatique s’agite en assénant des slogans « il faut agir », « l’Europe doit bouger », « il faut réformer la politique d’accueil des réfugiés », etc. Mais aucun dirigeant n’ose encore vraiment dire aux citoyens que ces migrants sont là pour longtemps et qu’il va bien falloir les installer et les financer en Europe de façon durable. Ces mêmes dirigeants essayent d’ailleurs de faire croire à la possibilité de différencier les réfugiés politiques des migrants économiques, ces derniers ayant vocation à être renvoyés dans leurs pays d’origine tout en sachant pertinemment que ces raccompagnements n’ont jamais été techniquement possibles au départ de nos vieilles démocraties.

    Il n’est pas dit d’ailleurs que cette photo déchirante fasse changer fondamentalement l’avis populaire sur l’immigration en France.

    Bien sûr l’installation de camps de réfugiés, puis la tentative de leur intégration, dans notre vieille Europe va être difficile à faire accepter par les populations, bien sûr il y aura des effets dévastateurs comme des poussées de l’extrême droite, des réactions populistes et de violence de certains mais aussi sans doute de l’empathie, bien sûr il y aura des éditoriaux affligeants de Guillaume Roquette, mais bien sûr l’Europe doit prendre sa part du fardeau pour le moment surtout porté par le Liban, la Turquie, la Jordanie qui accueillent des millions de réfugiés syriens.

    La question suivante qui doit déjà se poser dans quelques états-majors est celle d’une intervention militaire occidentale dans ces pays du Moyen-Orient pour y rétablir l’ordre et endiguer le flux des départs de leurs habitants. Mais les dernières interventions de ce type ont plutôt eu pour résultats d’accélérer le désordre et ces départs alors s’il fallait les retenter il faudrait à tout le moins en changer le format.

    En attendant on rêve d’une unanimité mondiale qui, par exemple, annulerait les prochains jeux olympiques pour consacrer les dépenses et l’énergie ainsi économisées au financement de ces réfugiés. Mais ce n’est qu’un rêve !

  • Les ayatollahs de la dépense sont de retour

    Montebourg_ParisMath_201508Arnaud Montebourg, ancien ministre socialiste recyclé dans le privé, ne délaisse pas pour autant le plaisir égocentrique de voir sa binette affichée en première page de Paris-Match. Et comme il aime vraiment les médias, il a organisé ce week-end son annuelle « fête de la rose » où il a reçu Varoufakis, ex-ministre grec des finances marxiste-libertaire, qui lui aussi avait les honneurs de Paris-Match, mais pas en couverture.

    Ensemble ils ont ânonné, devant micros, caméras et quelques militants, leur désaccord sur « les-politiques-d’austérité-inspirées-par-Angela-Merkel-qui-poussent-les-Etats-à-la-faillite ». Ils ont au moins le mérite de la permanence dans leurs idées. En fait le problème de fond de leur critique est qu’ils n’énoncent pas de solution alternative sinon de reprendre la dépense publique. Oui, très bien, mais avec quels sous ? Dans le cas de la Grèce, si Athènes avait refusé de signer le programme international d’aide proposé, où aurait-elle trouvé les financements nécessaires pour financer son propre programme ? La réponse est hélas claire et c’est la raison pour laquelle son premier ministre a signé un plan auquel il ne croyait pas mais qui a évité la catastrophe financière immédiate qu’aurait représenté l’effondrement de la Grèce comme un château de cartes.

    Le cas de la France est assez similaire bien que moins aigu. Il serait évidemment sympathique de pouvoir augmenter le nombre et la rémunération des fonctionnaires, de baisser les impôts, d’augmenter les prestations sociales etc. Mais qui finance ces dépenses ?

    Varoufakis comme Montebourg étaient partisans d’un passage en force espérant que les créanciers suivraient leur programme de reprise de la dépense publique. Pour l’un comme pour l’autre ce ne furent qu’effets de manche et ventilation médiatique. Leur solution n’a pas été mise en œuvre. Leurs chefs respectifs ont fait prévaloir le principe de réalité et les impétrants ont quitté le pouvoir politique.

    Montebourg travaille désormais dans le secteur privé chez le distributeur de meubles Habitat, dont il est membre du conseil de surveillance, et la société de services informatiques Talan où il participe au comité d’orientation stratégique. On est curieux d’imaginer les positions qu’il affiche dans ces organisations où il assure des responsabilités de gestion ?

  • Accord avec l’Iran : n’oublions pas !

    L’ONU a validé un accord passé entre l’Iran d’une part, et le concert des nations représenté par les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France. Cet accord prévoit que l’Iran reporte à plus tard l’enrichissement de l’uranium et la production du plutonium nécessaires à la confection d’une bombe atomique, en échange de quoi les sanctions économiques prises à l’encontre de ce pays seront levées progressivement.

    Cet accord est-il pleinement satisfaisant pour l’Occident ? Non. L’Iran renonce-t-il pour toujours à devenir une puissance nucléaire ? Non. Existe-t-il un risque qu’il ne soit pas respecté ? Oui. Fallait-il de ce fait ne pas le signer ? Evidemment non.

    Ce n’est pas le Munich auquel font référence les conservateurs américains, ce n’est pas non plus la panacée, mais c’est un accord signé entre gens consentants et intelligents. L’Iran aura un jour la bombe atomique puisque cela semble être son objectif primordial, envers et contre tout. Espérons que ce moment viendra quand le pays aura mûri.

    Le retour de l’Iran sur la scène internationale est un pari qui peut tourner bien ou mal. L’influence de ce pays dans divers conflits au Moyen-Orient peut être mise à profit dans un sens ou un autre, ce sera d’ailleurs un signe intéressant de l’orientation que Téhéran donnera à son retour sur l’échiquier de la politique mondiale.

    En attendant il est un peu indécent de voir le monde politique français se bousculer à Téhéran pour y favoriser les affaires. Cet accord est signé, certes, chacun y a mis du sien et le compromis est minimum. Mais n’oublions pas que les relations entre la France et l’Iran sont très durablement entachées par le fait que Paris est à l’origine de l’industrie nucléaire iranienne au temps du Shah et que l’Iran a trempé dans nombre de complots terroristes contre la France, sur le territoire national ou à l’étranger (au Liban notamment) ou contre ses propres opposants sur le sol français. Cette implication a donné lieu à d’improbables imbroglios diplomatico-criminels dont personne n’a vraiment à se sentir très fiers. N’oublions pas ; ce qui s’est déjà passé peut se renouveler et il conviendrait d’aborder la mise en œuvre de cet accord avec prudence !