Catégorie : No Europe

  • La faiblesse des démocraties

    Entendu un peu partout :

    « Mais comment les armées occidentales n’arrivent-elles pas à réduire les combattants du groupe Etat Islamique ? »

    Les peuples ont la mémoire courte… Ils ont oublié comment Ho-Chi-Min et ses Viêt-Cong va-nu-pieds ont poussé la France hors d’Indochine en portant les canons de Diem-Bien-Phu en pièces détachées sur des vélos et sur des centaines de kilomètres, comment le FLN a fait de même en Algérie, comment le Vietminh a chassé piteusement la grande Amérique du Vietnam, comment les Talibans ont vaincu l’Armée rouge en Afghanistan, comment Al-Qaida a pu balancer des avions contre des tours de New-York, comment des mouvements islamiques ont transformé en cauchemars les interventions occidentales en Irak ou en Afghanistan, etc. etc.

    Les scénarios ont chaque fois été relativement similaires : une armée en campagne envoyée par des démocraties occidentales sur un terrain de bataille lointain se frotte à des mouvements locaux de « libération nationale ». Des soldats des pays développés, biberonnés depuis des générations à la démocratie de Tocqueville, se retrouvent embarqués à des milliers de kilomètres de chez eux pour lutter pour une cause à laquelle ils ne croient pas vraiment et la comprennent encore moins : maintien d’une présence coloniale, lutte contre le communisme, combat d’une insurrection religieuse, etc. Ces soldats dépaysés se retrouvent à chaque fois face à des mouvements nationalistes sûrs de leur droit, dirigés d’une main de fer et ne se sentant pas bêtement limités par des conventions de Genève ou autres billevesées constitutionnelles ou légales. Dans tous les cas l’armement moderne occidental n’a pas suppléé des buts de guerre incertains ni un manque de foi des combattants servant cet armement ! Qu’on le veuille ou non, un soldat français, quelle que soit sa loyauté, mettra plus de cœur à l’ouvrage pour récupérer l’Alsace et la Lorraine que pour maintenir ou rétablir au pouvoir des dirigeants douteux en Afghanistan ou en Irak.

    En 2014, le groupe Etat islamique déclenche des attentats terroristes dans Mossoul, deuxième ville irakienne. Des kamikazes se faufilent pour se faire exploser à des endroits stratégiques, puis, après quelques jours d’accrochages, des massacres ciblés et un peu de guerre psychologique, l’armée officielle irakienne fuit la ville sans vraiment avoir combattu, abandonnant au passage un important matériel militaire financé à grands frais par les contribuables occidentaux. Il y a 40 ans en 1975 Saigon tombait comme un fruit mûr dans l’escarcelle du Nord communiste : face à une armée Nord-Vietnamienne motivée, l’armée du Sud-Vietnam ne combat quasiment pas malgré ses instructeurs américains, malgré un matériel moderne laissé sur place par les Etats-Unis… il leur manquait simplement la motivation et l’envie de se battre. Cherchez l’erreur !

    Dans le cas du groupe Etat Islamique les bombardements aériens d’une coalition improbable menée par les Etats-Unis ne suffisent pas à réduire la rébellion. On imagine l’efficacité des réunions d’état-major où se retrouvent des représentants américains, européens, saoudiens, qataris, jordaniens, bahreïnis, émiratis, canadiens et australiens… La moindre décision doit prendre une semaine ! Avant que le bombardement d’une cible ne soit autorisé, celle-ci doit avoir été reconnue et filmée par des drones pour s’assurer que les risques de dommages collatéraux sont faibles, une fois sur la ciblé identifiée l’avion bombardier doit communiquer avec son commandement pour obtenir le permis de tirer et une fois détruite il faut de nouveau drones et films pour pouvoir se justifier le cas échéant.

    On peut imaginer que si de telles règles d’engagement avaient existé en 1945 à Dresde ou Tokyo la guerre contre les forces de l’Axe aurait duré un peu plus longtemps… La terreur générée par l’explosion de la bombe d’Hiroshima a probablement précipité la capitulation de l’empereur du Japon. Aujourd’hui les démocraties occidentales hésitent à déclencher la terreur, c’est tout à leur honneur. Restons toutefois optimistes et pensons à ce que serait la situation du Moyen-Orient si cette coalition ne combattait pas depuis un an ; le groupe Etat islamique serait sans doute déjà douillettement installé à Damas et à Bagdad.

    Personne n’a envie d’engager une guerre totale contre cette rébellion guidée par des motifs religieux. Qui plus est, les interventions étrangères récentes en Irak, en Afghanistan, en Libye se sont toutes terminées par un tel chaos que l’on peut raisonnablement se demander s’il a été opportun de les mener. Autant ne pas recommencer.

    Les problèmes locaux se régleront localement par des pouvoirs locaux qui devront négocier ou faire la guerre. C’est seulement quand une majorité des populations actuellement sous le joug de ces organisations religieuses se rebellera qu’il y aura une chance de les voir vaincues, avec éventuellement un coup de main occidental de temps à autres. Les interventions étrangères lourdes des uns chez les autres ne fonctionnent pas.

    En attendant, les puissances occidentales doivent maintenant gérer le terrorisme religieux sur leurs propres territoires, pratiqué dans bien des cas par leurs propres citoyens et assumer par ailleurs un afflux massif de réfugiés provoqué notamment par ces conflits. L’agenda est assez chargé pour le moment…

    Il faut se rendre à l’évidence, le groupe Etat islamique, après Al-Qaida, a élevé son organisation au niveau de force combattante redoutable, usant de toutes les ficelles de la guerre moderne et suppléant largement un manque d’armes lourdes par des actions de terreur maniées avec sans doute plus de résultats qu’un porte-avions dans le Golfe persique. Il faut s’y résoudre, la mondialisation qui a fait émerger de nouvelles puissances économiques fait aussi émerger de nouvelles forces militaires. L’Occident tout puissant qui régentait la planète sur les marchés financiers comme sur les terrains militaires relève d’une époque révolue. N’en déplaise à Mme. Michu il faut affronter cette nouvelle situation et compromettre en attendant, peut-être de rétablir la puissance perdue, qui sait ?

  • Le parti communiste chinois et Monsieur le Marché

    La bulle financière chinoise est en train de se dégonfler au grand dam des autorités de ce pays particulièrement gênées car l’actionnariat chinois est très majoritairement composé de particuliers. Cette situation crée du mécontentement populaire de cette classe bourgeoise et le parti communiste au pouvoir craint la contagion. Il se met donc en quête de soutenir la bourse avec les méthodes autoritaires qui lui sont chères : convocation des sociétés de bourse à qui on ordonne de racheter des titres pour soutenir les cours… Evidemment l’exercice a ses limites qui sont celles des moyens financiers disponibles.

    On parle de plus d’une centaine de milliards de dollars dépensés pour soutenir Monsieur le Marché décidemment très gourmand… Tout ceci ne fait que repousser le problème à plus tard. La première conséquence de la bulle financière est une surévaluation de la valeur des actifs qui, tôt ou tard, retrouvera sa valeur d’équilibre.

    Le parti communiste chinois soutenant la valeur des actifs de la bourgeoisie locale, il fallait quand même le faire.

  • La guerre civile reprend en Turquie

    Pour des motifs encore un peu mystérieux, la Turquie a rouvert les hostilités armées contre sa minorité kurde alors qu’un processus de paix était en cours et s’était même traduit par la présentation de candidats kurdes lors des dernières élections législatives dans ce pays. Certes les élus de ce parti (HDP) en entrant au parlement avec 13% des voix avaient empêché le parti islamiste au pouvoir de conserver la majorité absolue, mais on pensait que la situation de cette minorité était en voie de normalisation avec une gestion enfin apaisée de la situation par le pouvoir.

    Las, prenant l’occasion de son entrée dans la coalition internationale armée contre le groupe Etat Islamique, la Turquie en profite en réalité pour bombarder beaucoup plus les kurdes en Irak et sur son propre territoire plutôt que de viser les milices de l’Etat Islamique… C’est un élément de perturbation supplémentaire dans la situation agitée du Moyen-Orient qui n’en demandait pas tant. On peut anticiper que la reprise de la guerre civile turco-kurde va durer et être violente.

    Au moins ne parle-t-on quasiment plus de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne qui semble repoussée à l’infini…

  • Religion en Israël

    Des extrémistes religieux, colons israéliens, mettent le feu à une maison palestinienne : un nourrisson de 18 mois meurt brûlé vif, ses deux parents sont gravement blessés. Les colons agissent au nom de Dieu et de la recomposition du Grand Israël tel que prévu dans la bible. Comme souvent lorsque la religion prend le pas sur la raison, il ne reste qu’un océan de ruines. Il n’y a guère moyen de parler avec ces religieux qui sont inspirés par Dieu et imperméables au discours des Hommes. Quand on leur avance le droit et l’humanité ils répondent avec la bible et le message du tout-puissant…

  • Boston gère l’argent de ses contribuables

    La ville de Boston était candidate annoncée mais non encore confirmée à l’organisation des jeux olympiques d’été de 2024 comme Paris. Toutefois le maire de Boston vient de refuser « d’engager la responsabilité de Boston pour des dépassements » et « de signer une garantie qui utilise l’argent des contribuables pour payer les Jeux olympiques » énonçant que « si s’engager à signer une garantie aujourd’hui est nécessaire pour avancer, alors Boston ne convoite plus les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques de 2024. »

    On ne peut que saluer cette décision de bonne gestion qui hélas ne semble pas déteindre sur Paris qui s’apprête à dépenser des milliards d’euros soustrait au pouvoir d’achat des contribuables parisiens et nationaux pour organiser des compétitions de sport alors que les finances publiques clairement ne l’autorisent pas.

    Lorsqu’il s’agit de dépenser l’argent publique la France est toujours au premier rang des (très) mauvais élèves. Cette candidature parisienne aux jeux olympiques de 2024 va générer des dépenses de confort qui ne sont pas indispensables. La France n’était pas non plus formellement engagée alors il suffisait d’expliquer à Mme. Michu que compte tenu des circonstances budgétaires il était plus raisonnable d’allouer nos ressources sur des emplois plus productifs pour la République. Las, la France court vers cette nouvelle dépense déraisonnable étendard au vent.

  • Grèce : le désenchantement

    CH_20150715_GreceAprès les premiers mois de rêves révolutionnaires, le gouvernement d’extrême gauche grec en revient aux réalités : il n’y a plus de sous dans la caisse et ceux qui acceptent encore d’en prêter pour financer les fins de mois, c’est-à-dire les contribuables européens, imposent leurs conditions à savoir réformer le pays et y créer un Etat moderne. L’affaire est complexe. La redescente sur terre plutôt brutale.

    Dans un réflexe un peu désespéré le gouvernement grec a soumis la conditionnalité européenne à un référendum populaire. La réponse fut « Non » bien entendu mais plutôt que d’en tirer les conséquences et de négocier un programme de redressement avec un retour ordonné à une monnaie nationale qui pourrait donc être dévaluée pour pouvoir restructurer l’économie, le même gouvernement est revenu vers les prêteurs de la zone euro en imaginant que le résultat du référendum les ferait plier. Ce ne fut pas le cas et un nouveau prêt des 85 milliards d’euros va être négocié en échange d’un programme de réformes économiques imposé au forceps.

    Ce programme a été approuvé par le parlement grec après que le premier ministre ait expliqué à la télévision qu’il avait signé cet accord pour éviter un désastre mais qu’il n’y croyait pas, ce qui augure plutôt mal de son avenir. Une partie de son gouvernement a voté contre.

    En France le texte de l’accord a été passé au vote de l’assemblée nationale qui l’a approuvé plutôt massivement à 412 pour, 69 contre et 49 abstentions. Le groupe Les Républicains de 198 membres a voté pour à 93 voix, 41 contre et 35 abstention. Notons dans les contres Les Républicains : Eric Ciotti, Christian Estrosi, Henri Guaino, Thierry Mariani, Hervé Mariton. Ce programme économique conviendrait parfaitement à la France et à nombre des pays en dérive budgétaire alors on voit mal comment l’ex-UMP aurait pu s’y opposer frontalement elle qui veut faire baisser les dépenses publiques françaises de 150 milliards au cours du prochain quinquennat ! La majorité de Les Républicains a au moins eu la décence de l’approuver mis à part quelques porte-flingues du courant de la Droite forte. C’est bien ainsi.

    En fait les opposants à cet accord sur un préprogramme ne proposaient pas vraiment d’alternative sinon… de reprendre la dépense publique. Mais pour dépenser il faut être financé et on en revient à la case départ. Ils voulaient également faire entériner l’annulation de tout ou partie des créances des contribuables européens sur l’Etat grec ce qui n’a été formellement obtenu, l’accord en mentionnant seulement l’éventualité. En fait chacun a fait de cette question un point de blocage mais il suffit de laisser faire et la restructuration de la dette viendra d’elle-même, par annulation partielle ou sous forme d’allongement des échéances accompagnée de baisse des taux d’intérêt, ce qui revient au même en termes financiers. Chacun a ses contraintes et les gouvernements prêteurs doivent également faire avaler la pilule à leurs propres électeurs ce qui demande un peu de temps et de doigté.

    Le texte de l’accord en cliquant ici.

    Le vote de l’assemblée nationale française en cliquant là.

  • Grèce : et une dernière tournée pour la route

    Allez hop ! 85 milliards d’euros de prêt en plus pour un nouveau programme d’aide des contribuables européens pour la Grèce plus la mobilisation de 35 milliards dans le cadre des différents programmes de l’Union européenne pour de l’investissement. C’est le besoin de financement estimé par le sommet de la zone euro dans un document de sept pages qui comporte par ailleurs un catalogue général de mesures de réformes économiques dont la France ferait d’ailleurs bien de s’inspire pour ses propres finances publiques. La durée de ce programme n’est pas précisée, en fait personne ne sait bien quand ces financements seront épuisés, peut-être deux ou trois ans et quand il faudra les renouveler d’une façon ou d’une autre ?

    Le texte de l’accord en cliquant ici.

    On a ainsi paré au plus pressé en renonçant, pour le moment, à l’aventure qu’aurait été une sortie d’un pays de la zone euro. Là encore personne ne sait si les conséquences en auraient été positives ou pas. Ce que tout le monde sait en revanche c’est que dans l’euro ou en dehors, la Grèce aura encore besoin longtemps de programmes d’aide des contribuables européens avant de pouvoir accéder de nouveau aux marchés financiers.

  • Grèce : la synthèse de Charlie

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    La (bonne) synthèse de Charlie Hebdo sur la situation grecque –> CH_20150708_Grece

  • Les JO plutôt que la Grèce

    Drapeau_GreeceLes dirigeants français ont annoncés récemment la candidature de Paris à des jeux olympiques futurs dont l’addition sera au (très) bas mot d’une dizaine de milliards d’euros. Le moment venu des élus de rencontre voteront ces dépenses sans sourciller de la même façon qu’ils ont engagé la France dans les dépenses de l’organisation en 2016 d’un championnat d’Europe de fouteballe. On parle même d’une exposition universelle à financer dans l’hexagone on ne sait pas bien ni où ni quand.

    Entre des dépenses pour des compétions de sport ou des expositions de prestige et des prêts à un pays membre de l’Union européenne, la France choisit son camp : elle se bat sans compter pour le fouteballe ou la course à pieds !

  • La France roule pour la Grèce

    CH_20150708_GreceLa France a des points communs avec la Grèce : sa gestion budgétaire déplorable depuis des décennies, sa dette en croissance quasiment incontrôlable pour financer des déficits abyssaux, ses citoyens râleurs et rebelles à toute réforme, ses dirigeants hâbleurs et se faisant élire sur des promesses électorales irréalistes, etc.

    Deux différences néanmoins : la France n’arrive pas même à rétablir l’équilibre « primaire » de ses finances publiques avant paiement de sa dette comme la Grèce avait réussi à la faire sous son ancien gouvernement, mais pour le moment la France arrive encore à trouver des prêteurs sur les marchés financiers à des taux très compétitifs.

    Cette proximité de situation crée des liens et on apprend que des hauts-fonctionnaires français aideraient les autorités grecques à rédiger leurs contre-propositions au plan d’aide des contribuables européens. François Hollande joue un peu le facilitateur entre l’intransigeance des prêteurs du nord et le marxisme dépensier de la Grèce.

    En fait la France joue pour son camp. Une faillite de la Grèce, qu’elle reste ou non dans la zone euro ou dans l’Union européenne déclenchera sans doute une hausse des taux d’intérêt sur l’euro. La théorie libérale nous a appris que le taux d’intérêt couvre le risque pris par le prêteur, plus le risque augmente et plus le taux d’intérêt est à la hausse. Pour un pays surendetté comme la France ce serait aussi une catastrophe financière qu’il est préférable d’éviter à court terme. Sur le long terme on peut se demander si une hausse des taux de la dette française ne serait pas un moyen rédhibitoire pour ramener les dépenses publiques françaises au niveau des recettes.

    En attendant la France roule pour la Grèce et il semble que nous allons bien aboutir à un accord sur un troisième plan d’aide des contribuables européens à la Grèce. Il devrait durer deux ou trois ans ce qui repousse les prochaines discussions à l’après élections présidentielles en France. On parle d’un ordre de 50 milliards sur trois ans auxquels il faudra bien sûr ajouter le coût financier des annulation-rééchelonnement des dettes actuelles. Compte tenu des échéances dont on parle, en principe les enfants des enfants de nos enfants en parleront encore.

  • Grèce : effet collatéral du référendum

    GR_Vafourakis_201502

    Vakourakis, ministre grec des finances (ici en photo avec sa femme) s’auto-qualifiant de « marxiste libertaire » et ayant assimilé la conditionnalité des plans d’aide des contribuables de la zone euro de « terrorisme », a démissionné en ce début de semaine post-référendaire. Il semble que ce soit une sorte de gage donné par la Grèce en faillite à ses créanciers contribuables de la zone euro dont il avait le don d’agacer les représentants lors des négociations sur l’aide financière à octroyer à son pays ruiné. Il est remplacé par un marxiste orthodoxe dont on ne sait pas si sa terrasse donne sur le Parthénon ou pas comme celle de son prédécesseur.

  • Grèce : et maintenant ?

    Drapeau_GreeceAprès la victoire du non au référendum sur le plan d’aide européen, les citoyens grecs exultent avec le sentiment de fierté que la démocratie grecque a vaincu la dictature de l’euro. Mais il n’y toujours pas plus de sous dans les caisses publiques que la semaine dernière (plutôt moins d’ailleurs) et les banques sont fermées.

    En vérité les gens raisonnables savent que, dans la zone euro ou en dehors, il faudra des décennies d’aides financières et politiques pour réformer la Grèce, voire un siècle avec de la bonne volonté. Bien entendu une très grande partie des dettes dues aux contribuables européens ne sera pas remboursée et il faudra encore ajouter d’autres financements pour soutenir ce pays. Alors autant le faire en gardant Athènes dans le bateau.

    Mais évidemment ce n’est pas un message très facile à diffuser à ses électeurs prêteurs d’où les difficultés des dirigeants des autres pays pour avouer à leurs électeurs l’étendue du désastre financier. Contrairement à ce que semble penser l’extrême gauche grecque, il y a également de la démocratie dans les pays prêteurs et des citoyens qui vont bien devoir se substituer d’une façon ou d’une autre aux débiteurs défaillants. En famille comme dans l’Union européenne, dès que des histoires d’argent se mêlent aux réunions, cela dégénère rapidement.

  • Grèce : le référendum dangereux

    CH_20150624_GreceLe gouvernement grec marxiste allié avec un parti de droite minoritaire dure et souverainiste a demandé par référendum à ses citoyens de se prononcer pour ou contre le plan d’aide européen et sa conditionnalité. La réponse est non à 61% et quelques. Il n’a pas été dit aux électeurs ce qui se passerait après car personne ne le sait vraiment. En gros on a demandé aux citoyens : « voulez-vous continuer à vous serrer la ceinture ». Ils ont répondu non.

    Tous les camps font assaut de démagogie et de simplisme, en Grèce comme à l’extérieur, les pays de l’Europe s’écharpent, la France n’est pas en reste : Mélanchon éructe contre l’euro, Sarkozy argue pour préserver d’abord la zone euro avant la Grèce, les économistes de plateaux télévisés expliquent qu’aider coûtera plus cher aux contribuables français que de lâcher, d’autres disent le contraire puis changent d’avis. Les dirigeants grecs marxistes font… du marxisme. Bref, on est sous le niveau de la mer pour ce qui concerne la qualité du débat, au fond de l’abysse pour l’intelligence.

  • Varoufakis fait dans la mesure

    GR_Vafourakis_201502Varoufakis, le ministre grec des finances qui posait en février dernier dans Paris-Match avec sa femme sur la terrasse de leur appartement aux pieds du Parthénon, évoque les pays créanciers de son pays en expliquant : « Ce qu’ils font avec la Grèce a un nom : terrorisme ». Il ne précise pas comment qualifier la gestion de l’Etat grec ces dernières années.

  • Grèce : la solution DSK

    CH_20150624_GreceDSK qui a bénéficié d’un non-lieu dans une affaire de proxénétisme aggravé s’implique maintenant dans le dossier grec. Sur son compte Twitter il propose :

    Ma proposition est que la Grèce ne reçoive plus aucun financement nouveau de la part de l’UE comme du FMI mais qu’elle bénéficie d’une très large extension de la maturité et même d’une réduction nominale massive de sa dette à l’égard des institutions publiques (Office Sector Involvement). Insister sur un ajustement budgétaire préalable dans l’environnement économique actuel est irresponsable à la fois économiquement et politiquement. Fournir plus d’aide pour seulement rembourser les créanciers publics existant est tout simplement inepte.

    Pourquoi pas mais il ne sera pas facile de stopper de nouvelles aides, même si la dette générée par les anciennes est annulée. Il faudrait savoir dire non, qualité parfaitement inexistante dans les instances diplomatico-européennes.

  • Grèce : la solution de Sarkozy

    Nicolas_SarkozyNicolas Sarkozy s’exprime dans Le Monde :

    C’est un changement de paradigme qui a conduit le gouvernement grec à suspendre de fait, de lui-même, l’appartenance de la Grèce à la zone euro. Alexis Tsipras en porte l’entière responsabilité. … Avec ce référendum, il se met d’ailleurs dans une situation impossible. Si les grecs répondent « oui » au plan proposé par l’Eurogroupe, M. Tsipras ne pourra pas rester premier ministre. Mais s’ils répondent « non » au plan, cela voudra dire qu’il reviendra avec un mandat de négociation encore plus dur. La situation sera encore plus intenable. L’Europe ne peut pas céder devant un gouvernement dans lequel figurent l’extrême gauche et l’extrême droite. …

    Une position de fier-à-bras qui ne surprend pas. Sarkozy diffuse l’idée générale qu’un vote négatif ferait sortir la Grèce de l’euro. En réalité il n’y a pas de lien direct tant que les autres pays sont prêts à payer pour maintenir ce pays à flot. Et de toute façon, même si la Grèce sortait de l’union monétaire, il conviendrait de poursuivre l’aide à cet Etat ruiné par des années de mauvaise gestion. Il n’en demeure pas moins que si la Grèce avait les moyens de dévaluer leur monnaie, cela aiderait à sortir du trou. C’est en ce sens qu’une sortie de l’euro pourrait avoir des avantages pour Athènes.

    La France connaît bien cette situation avec la zone monétaire du Franc CFA dont sont membres ses anciennes colonies. Tant que le contribuable français a eu les moyens de financer les déficits des pays concernés, la France a maintenu un cours fixe du Franc CFA vis-à-vis du Franc français malgré la dégradation des termes de l’échange due à la surévaluation de ce Franc crypto-colonial. Et puis, en 1994 lorsque Paris n’eut plus les moyens, ni vraiment la volonté, eh bien la France a cessé de soutenir artificiellement cette monnaie et l’a laissé dévaluer.

    C’est une situation assez similaire qui se déroule aujourd’hui en Europe. Il arrivera un moment où les contribuables européens se lasseront et le retour de la Grèce à une monnaie propre sera la seule solution pour gérer une dévaluation pour redresser l’économie de ce pays.

  • La Grèce devant les urnes

    Drapeau_GreeceA défaut d’avoir obtenu un engagement ferme d’annulation totale ou partielle de la dette qu’elle doit aux contribuables européens, la Grèce décide d’organiser un référendum le 5 juillet pour demander à ses électeurs s’ils acceptent ou non la conditionnalité posée par les gouvernements représentant les prêteurs, c’est-à-dire nous tous. Le gouvernement grec appelle quant à lui ses citoyens à voter non… Il n’est pas encore question à ce stade d’organiser des référendums dans les pays prêteurs pour demander à leurs citoyens s’ils sont d’accord pour continuer à prêter à la Grèce.

    Le référendum est un outil délicat à utiliser pour des questions complexes. Surtout son organisation déclenche en toutes circonstances assaut de populisme et de simplification partisane. Le cas actuel de la Grèce en est oh combien l’illustration.

    Le pays est en faillite pour avoir vécu trop longtemps au-dessus de ses moyens. La baisse de son niveau de vie a été lancée pour le ramener plus ou moins au niveau de ses revenus comme ce fut également le cas en Espagne, au Portugal ou en Irlande, comme ce n’est malheureusement pas assez le cas en France. Il est d’ailleurs intéressant de voir que ce sont les « petits » pays de l’Union européenne où souvent le niveau de vie est inférieur à celui de la Grèce qui s’opposent avec le plus de fermeté à continuer à financer un pays qui refuse de se réformer. Le gouvernement grec ne veut plus imposer de sacrifices à ses citoyens et va donc leur demander de se prononcer dimanche prochain pour la poursuite ou non de ce programme d’austérité.

    Que la réponse soit oui ou non, les contribuables européens vont devoir continuer à financer la Grèce et pour encore des années. Si les électeurs répondent non et marquent ainsi leur refus de la poursuite des plans d’aide européens actuels le pays devra sans doute se tourner vers les institutions multilatérales FMI et Banque Mondiale qui imposeront des conditions certainement encore plus dures et l’Europe participera à ces financements mais en deuxième ligne, sans mener les négociations. Le pays sera soumis à une disette encore plus drastique. Si le non l’emporte les effets sur le reste de l’Europe sont pour le moment inconnus et imprévisibles. Le pire est possible mais personne n’est vraiment capable de l’anticiper.

    On est face à un classique problème de dérive budgétaire et d’endettement d’un Etat mal géré et il faut bien ramener les dépenses au niveau des recettes. De multiples situations similaires ont été gérées dans le passé avec plus ou moins de succès : crise de la dette sud-américaine dans les années 70, asiatique dans les années 90, occidentale dans les années 2008/10, etc. La spécificité du cas grec est son appartenance à une Union européenne et à une zone monétaire euro qui lui a permis un accès quasiment illimité à des financements sous forme de subventions et de prêts. La faiblesse politique endémique de l’Union qui ne sait pas dire non et à personne a conduit au désastre. L’addition est présentée aujourd’hui et il faudra bien trouver quelqu’un pour la payer.

    Tout ou partie de la dette grecque sera bien évidemment annulée et prise en charge par la communauté internationale. Il faudra alors prévoir des compensations pour les pays comme le Portugal ou l’Espagne qui elles sont en train de s’acquitter de leurs dettes.

    La leçon la plus évidente à l’heure actuelle de ces évènements est l’inextricable blocage de l’Union européenne qui n’est plus vraiment en mesure de défendre les intérêts de ses citoyens. Tout le monde s’accorde à admettre que Chypre partiellement occupée par la Turquie n’aurait jamais dû intégrer l’Union tant qu’un accord politique n’avait pas été trouvé avec les turques, que la Grèce n’aurait jamais dû entrer dans  la zone euro, que la Roumanie ou la Bulgarie n’étaient pas prêtes ni économiquement ni politiquement à adhérer à l’Union, etc. etc. Mais malgré tout, les partenaires européens englués dans leurs intérêts nationaux et leurs égoïsmes populistes n’ont pas pris les décisions rigoureuses qui s’imposaient à l’époque. Et les choses ne s’arrangent pas avec les négociations d’adhésion en cours avec d’autres pays qui ne sont pas plus en état d’adhérer.

    Peut-être que le désastre financier grec, outre son coût considérable pour les contribuables européen, permettra aux dirigeants qu’ils soient un peu plus conscients de leurs responsabilités ?

  • Attaques religieuses multiples

    Dans l’Isère un citoyen français, a priori islamique radical, décapite son patron, expose sa tête à l’extérieur d’une entreprise entourée de drapeaux religieux avec l’inscription en arabe « Il n’y a de Dieu que Dieu et Muhammad est son prophète », avant de tenter de faire exploser les bouteilles de gaz se trouvant sur les lieux. Il a été arrêté.

    En Tunisie, un islamiste mitraille des touristes sur une plage de Sousse : 37 morts et autant de blessés. Au Koweït un terroriste islamique pose une bombe dans une mosquée chiite au moment de la prière : des dizaines de morts. Pendant ce temps, en Somalie, en Syrie, en Irak et ailleurs, on continue de massacrer au nom de Dieu.

  • La Grèce fait la manche

    CH_20150624_GreceLa Grèce n’a plus de sous pour rembourser ses échéances. L’Union européenne (c’est-à-dire ses contribuables) est prête à débloquer de nouveaux prêts en faveur de ce pays sous réserve d’appliquer de nouvelles mesures de rigueur, en gros ramener leurs dépenses au niveau de leurs recettes sur une durée limitée. Le gouvernement grec qui a été élu sur le thème « demain on rase gratis et on fait annuler notre dette » se retrouve face à la réalité.

    Il a beau clamer (avec une partie de la gauche française) que « l’austérité » appliquée ces dernières années sous contrainte des créanciers a mené le pays au désastre et à l’explosion de sa dette, la vraie question à poser serait de savoir ce que serait devenu la Grèce sans ce programme de prêts consentis par les contribuables européens. Il est plus que probable que l’ajustement aurait été encore plus violent.

    La Grèce comme nombre de pays européens, la France y compris, vit au-dessus de ses moyens depuis plusieurs années. L’objectif de ramener les dépenses au niveau des recettes a forcément comme conséquence de faire baisser le niveau de vie du pays et de ses citoyens pour que le pays revienne à vivre… au niveau de ses moyens. La seule alternative est de trouver de généreux contributeurs prêts à financer les déficits. C’est encore le cas de la France, de façon plutôt inattendue, c’est n’est plus la situation de la Grèce.